Publié le 5 Novembre 2020

Le Mangeur d’espoir, tant qu’il y a de la vie, il faut se battre

Rachel, jeune orpheline, n’a guère le moral depuis que son père est décédé des suites d’une longue maladie et que sa mère sombre de plus en plus dans une dépression profonde. Pour survivre à cette période si difficile, elle s’accroche aux souvenirs heureux quand petite, elle courait sur la plage accompagnée de ses parents. Seulement la réalité lui revient comme un boomerang et la plonge dans un abîme de perplexité lorsqu’un certain Adrian Stern, accompagné d’un chat noir, frappe à leur porte et lui assène un drôle de secret. Et si Judith, sa mère, était prisonnière du Mangeur d’espoir, celui qui se nourrit de la joie dans les plus beaux souvenirs et ne laisse que ténèbres et désolation ?

Comment croire cet inconnu et ne pas le prendre pour un de ces charlatans qui exploitent la misère d’autrui à son profit ? Rachel est désemparée et c’est Sohan, un camarade de classe, qui lui confie que cet homme lui a sauvé la vie, redonnant ainsi espoir à la jeune ado de pouvoir peut-être sauver sa maman. Mais sait-elle où elle met les pieds, dans quel engrenage infernal elle va se trouver embringuée ?

 

S’appuyant sur la malédiction peuplée de créatures monstrueuses et d’esprits maléfiques dont le quartier Montmartre serait atteint, l’auteur Karim Friha emporte rapidement le lecteur dans une histoire fantasmagorique des plus intriguantes où courage et abnégation des protagonistes sont les maîtres mots. Car du courage, Rachel va devoir en avoir pour combattre le Mangeur d’espoir qui ruine la santé de Judith. Avec un dessin réaliste rehaussé par des aplats de couleurs dignes d’une série tirée d’Halloween, renforçant le caractère anxiogène du récit, Karim Friha réalise là un bel album attachant.

Avec un dénouement qui laisse présager une suite, Karim Friha donne une belle leçon de vie que tout un chacun pourra méditer.

LE MANGEUR D’ESPOIR Karim FRIHA Editions GALLIMARD BD 110 pages, 18,50 €

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 4 Novembre 2020

Van Gogh, fragments d'une vie en peintures

Une âme fragmentée.

En quinze chapitres de 4 à 8 pages chacun, Van Gogh, fragments d'une vie en peintures explore les tourments du prodigieux et sublime artiste que fut Vincent Willem Van Gogh. La progression du récit est chronologique et le suit pendant les 17 ans de sa vie d’adulte sur les différents lieux où l’ont conduit ses pas: d’abord l’Angleterre, les Pays-Bas, la Belgique, où il fut marchand d’art, enseignant ou missionnaire ; puis les épisodes bien connus de sa vie d’artiste à Paris, Arles, Saint-Rémy-de-Provence et Auvers-sur-Oise.

Mais l’album n’en est pas pour autant une biographie de Van Gogh, pas plus qu’il ne s’attarde à évoquer son œuvre. Il s’attache à suivre en quinze flashes les tourments de son âme, ses angoisses hitchcockiennes et ses délires hallucinatoires. Il laisse deviner sa quête artistique éternelle et inachevée, ses découragements et ses bouffées d’excitation, ses moments de paix comme de prostration. Des images transpirent son isolement, son emmurement, sa conscience aigüe de la mort et le long glissement dans une insondable mélancolie jusqu’à sa fin funeste.

Pour rendre tout cela, Zezelj présente de grandes et puissantes planches sans marges tout en noir et blanc, qui nous transportent dans les recoins obscurs de la pensée de l’artiste. Le découpage alternant pleines pages, fenêtres incrustées et larges cases empilées participe à un effet de cloisonnement de son être, et le clair-obscur des noirs et blancs enchevêtrés reflète ses souffrances et ses luttes internes.

D’ailleurs, pas de texte dans les planches : ni dialogues, ni pensées. Van Gogh s’est toujours senti incompris et Zezelj ne cherche pas à le faire s’expliquer mais l’abandonne dans la mutité. Seuls sont présentés en miroir de chaque chapitre un extrait de sa correspondance avec son frère Théo, exutoire dans lequel l’homme se livre enfin un peu.

L’ensemble pourrait paraitre lugubre, mais il est absolument splendide, à couper le souffle.

Le grand format de l’album, 262 x 370 mm, en fait autant un livre d’art qu’une bande dessinée, enrichi de courtes et utiles notes biographiques insérées en fin d’ouvrage.

 

Van Gogh, fragments d'une vie en peintures

de Danijel Zezelj

Hors Collection, Glénat, août 2020

152 pages N&B, 22,00 €

 

Illustrations : Zezelj © Glénat, 2020

 

Jérôme Boutelier

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Rédigé par Jérôme Boutelier

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Publié le 2 Novembre 2020

Atom Agency T2 ou les tribulations d’un privé en quête de réussite

Voilà cinq ans que l’armistice a sonné et Krikkor, un ancien de la 2ème DB, est à la recherche d’Annette, une ravissante ambulancière pour qui il en pince toujours. Il fait appel à son vieux pote d’armée le commissaire Vercorian. Seulement ce dernier, officiant au 36 quai des Orfèvres, a d’autres chats à fouetter que de rechercher la belle Annette et refile le bébé à son fils, le détective privé de l’Atom

Agency. Flanqué de son assistante et néanmoins petite amie, Atom le sémillant détective privé accepte la mission. Retrouvera-t-il Annette qui répondait au surnom de Petit hanneton ? Une longue enquête semée d’embûches guette notre détective dans le Paris de l’après-guerre alors que son commissaire de père ne cesse de chercher à coffrer René la canne, l’ennemi public n°1 de l’époque.

Le scénariste Yann plonge le lecteur dans le ravissement en l’embarquant dans le Paris d’après-guerre pour distiller au fil des pages, sur fond de diaspora arménienne, une gouaille digne des films Quai des Brumes ou encore un certain Pépé le moko. Les dialogues, comme les situations, sont souvent drôles et les personnages s’avèrent attendrissants.

Avec le dernier tome de ce diptyque, Yann a su ménager l’intrigue avec talent pour un final des plus inattendus où le hasard des rencontres fait souvent bien les choses.

On retrouve avec grand plaisir le dessin ligne claire d’Olivier Schwartz, que ne renierait pas un certain Yves Chaland, un style auquel Schwartz a su avec talent apporter sa touche personnelle, faisant de ce diptyque un petit bijou fort plaisant. On accordera une mention particulière aux coloristes Hubert et Isabelle Merlet qui renforcent les ambiances années 50 en collant parfaitement au dessin d’Olivier Schwartz.

ATOM AGENCY T2 PETIT HANNETON  YANN/Olivier SCHWARTZ Editions DUPUIS, 56 pages 15,95 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 1 Novembre 2020

Bella Ciao (uno)

 

Le prix de la transparence.

 

Le soleil et les coups, la haine, la peur. Les cris, les pierres, les couteaux, les fourches et même les fusils, ils hurlent et frappent. Dans un superbe lavis de gris, les 32 premières pages de Bella Ciao nous assènent un coup de poing en pleine figure. La scène d’un réalisme saisissant et très cinématographique décrit la tragédie d’Aigues-Mortes en 1893, où les ouvriers italiens ont été massacrés par des Français jaloux de leur emploi.

Bella Ciao évoque l’histoire de l’immigration transalpine, entremêlant des faits historiques, fictionnels et semi-autobiographiques dans une narration volontairement décousue, comme un processus de reconstruction de la mémoire. Une fois passée la terrible introduction, le récit change d’époque et de couleur et s’enracine dans la Lorraine du milieu du 20e siècle pour se muer en univers de comédie à l’italienne. Dans le désordre des souvenirs du narrateur se succèdent les scènes hautes en couleur de réunions familiales et de querelles de clocher. L’atmosphère est chaleureuse et enjouée, tendre et ironique, et les pages laissent exsuder le parfum de l’italianité que chacun veut à la fois éloigner et conserver. La trajectoire de la chanson Bella Ciao en est le symbole.

Tel est le postulat de départ du nouveau triptyque de Baru : pour devenir transparents ou que leurs enfants le soient, les immigrants italiens ont dû payer un lourd tribut fait de sueur, de sacrifices et de sang. Avec cette histoire qui est aussi la sienne, Baru touchera au plus profond du cœur les très nombreux Français descendants d’Italiens : certains s’y retrouveront, d’autres mêmes s’en serviront pour s’imaginer ou s’inventer des pièces manquantes de leur propre histoire familiale.

Mais pour tous les lecteurs, le discours répercute au-delà de la propre origine de l’auteur un message d’une portée beaucoup plus étendue, et nous parle de l’étranger qui vit aujourd’hui à côté de nous de quelque contrée qu’il vienne, ou de celui que nous-mêmes avons été.

Dans la continuité de la démarche artistique de Baru, Bella Ciao est un récit subtil et personnel qui invite tout un chacun à réfléchir sur la part de son héritage et de ses acquis culturels.

Un réel coup de cœur !

Bella Ciao (Uno)

Scénario et dessin Baru

Futuropolis, septembre 2020

128 pages, 20,00 €

Jérôme Boutelier

Illustrations : Baru © Futuropolis, 2020

 

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Rédigé par Jérôme Boutelier

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Publié le 31 Octobre 2020

Un Cow-boy dans le coton

Dérangé de la chaudière.

Alors que Lucky Luke se ménage un temps de vacances dans un petit bled isolé, il apprend qu’une riche admiratrice, trépassée sans postérité, lui a légué toute sa fortune. Le voici donc quittant son Far-West pour un séjour en Louisiane à la découverte de la Plantation Pinkwater, la plus grosse de la région, avec la ferme intention de partager ses nouveaux biens entre tous les employés. Mais son projet s’avère presque impossible à mettre en œuvre : il se retrouve en butte à la farouche opposition des planteurs voisins, la méfiance des employés, la rapacité des inévitables Dalton ou la férocité du Ku Klux Klan. Saura-t-il se sortir de cette périlleuse situation ?

L’actualité des derniers mois aux Etats-Unis aura donné raison à Jul de s’être emparé du sujet depuis plus d’un an pour réaliser le scénario d’Un Cow-boy dans le coton : dans le western, le 9e art - comme le 7e art - ne laisse que les strapontins aux Afro-

américains. Pourtant, ainsi que le rapporte la postface, 25% des cow-boys étaient noirs. Jul nous convie alors à découvrir en compagnie du cow-boy solitaire un univers très éloigné du sien, la Louisiane latifundiaire raciste, violente, inégalitaire. Bien plus, il inverse les rôles : le héros justicier pétri de bonnes intentions se révélant plutôt candide et quelque peu désarmé, le salut viendra des descendants d’esclaves !

Tout le mérite de Jul est aussi d’être parvenu à traiter le sujet tout en conservant les codes traditionnels de la série. Il nous offre bons mots, situations cocasses (ah les Dalton extirpés d’un bayou putride par un Cajun bien authentique !) et clins d’œil ou parodies de l’actualité.

Le récit est bien sûr remarquablement servi par le dessin d'un Achdé toujours aussi virtuose et fidèle au style du père de Lucky Luke, à s’y méprendre. Les deux compères réalisent ainsi un album très réussi, peut-être le plus abouti depuis la disparition de Morris.

 

Un Cow-boy dans le coton

Scénario Jul / dessin Achdé

Editions Lucky Comics, octobre 2020

48 pages couleur, 10,95 €

 

Illustrations : Jul et Achdé © Lucky Comics, 2020

Jérôme Boutelier

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Rédigé par Jérôme Boutelier

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Publié le 28 Octobre 2020

Les Reines de sang : Njinga, tome 1

La Lionne du Matamba.

En cette première moitié du 17e siècle l’Afrique subsaharienne ne connait encore vraiment de la colonisation que quelques comptoirs, des têtes de pont pour se fournir en esclaves afin d’alimenter le lucratif commerce triangulaire. Le Portugal occupe ainsi Luanda, que dirige un gouverneur avide entouré de ses troupes et accompagné de quelques jésuites l’esprit empli de leur mission salvatrice.

Dans le Royaume du Matamba, aux confins de l’Angola, Njinga est devenue la reine en succédant à son frère après de sanglants événements. Lorsque son peuple se retrouve confronté aux ambitions portugaises, il lui faut exercer tout son art de la négociation.

Elle est sans doute la moins connue en France parmi les héroïnes de la série Les Reines de sang, car il n’existe dans les archives que peu de traces des royaumes africains à ces débuts de l’ère moderne. Njinga n’en est pas restée pour autant une obscure figure de l’Afrique précoloniale, sa renommée ayant traversé les siècles et fait d’elle un modèle et une source d’inspiration pour les femmes de l’Angola contemporain. Se servant des quelques données historiques existantes, le scénariste Jean-Pierre Pécau  brode autour de ces faits pour construire un récit trépidant qui courra sur 2 tomes. Il met en valeur la force de caractère de la reine et sa personnalité hors du commun, dressant le portrait d’une femme fière et décidée, intelligente, habile et impitoyable lorsque nécessité se fait sentir.

La dessinatrice transalpine Alessia de Vincenzi illustre le récit dans un style classique et efficace. Les personnages sont bien campés, et les paysages joliment dessinés autorisent de superbes scènes qu’habillent les couleurs chaudes réalisées par Nuria Sarayo. L’ensemble est réussi.

La bande dessinée n’a que rarement abordé cette période de l’Afrique, et Njinga comble très heureusement la lacune en proposant une histoire intéressante et bien agréable à lire.

 

Njinga T1, la lionne du Matamba

Scénario Jean-Pierre Pécau / dessin Alessia de Vincenzi / couleurs Nuria Sarayo

Editions Delcourt, septembre 2020

56 pages couleur, 14,95 €

Illustrations : Pécau, De Vincenzi et Sarayo © Delcourt, 2020

Jérôme Boutelier

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Publié le 27 Octobre 2020

Tropiques toxiques

« 22 ans d’épandage, 70 à 700 ans de pollution».

Ce pourrait être l’histoire banale d’une pollution agricole, à l’échelle de tout un territoire: Tropiques toxiques décrit pourtant une pollution exceptionnelle. De 1972 à 1993, les planteurs de banane de Guadeloupe et de Martinique ont légalement utilisé un pesticide aux effets ravageurs pour l’environnement, le chlordécone. Les conséquences sont dramatiques : la majeure partie des deux îles irrémédiablement polluée pour plusieurs siècles et des filières économiques dévastées. La santé de l’ensemble de la population est menacée, les modes de vie domestique sont bousculés et le scandale altère la confiance.

Comment les gouvernements successifs et les administrations ont-ils pu autoriser durant plus de vingt ans un produit que l’on savait être un dangereux poison pour l’homme et la nature ?

Dès les premières pages les intentions de l’auteur apparaissent : ce roman graphique est une BD documentaire destinée à mieux informer les générations montantes. La scénariste Jessica Oublié a mené deux années d’investigations pour une enquête extrêmement fouillée, réalisant 136 interviews et s’appuyant sur nombre de données chiffrées. Il s’ensuit des pages très touffues, mais le propos conserve toute sa clarté. Les différentes décisions administratives et gouvernementales prises depuis 50 ans constituent autant de surprises et de coups de théâtre qui dynamisent le récit en interpellant le lecteur. En abordant tour à tour les problématiques historiques et sociologiques, politiques et économiques, écologiques, sanitaires et sociales, Jessica Oublié dresse un tableau exhaustif de la situation. Laissant affleurer ses questionnements et ses colères, sans parti-pris mais sans concession, elle permet d’avancer dans la compréhension des responsabilités.

Le dessinateur Nicola Gobbi illustre le propos avec inspiration et énergie, gratifiant les planches de portraits expressifs et d’allégories inventives agréablement colorisés par Kathrine Avraam. Enfin, les clichés pertinents pris par la photographe Vinciane Lebrun et insérés dans les pages apportent une authentique touche d’émotion et de proximité avec les témoignages.

Par-delà l’information complète que sa formidable enquête offre sur le scandale du chlordécone, Tropiques toxiques possède, à l’heure des débats enflammés sur le glyphosate ou les néonicotinoïdes, une portée universelle en démêlant les entrelacs de mécanismes politiques et économiques typiquement générateurs d’un désastre écologique. Une BD indispensable pour mieux comprendre !

Tropiques toxiques

Scénario Jessica Oublié / dessin Nicola Gobbi / couleurs Kathrine Avraam / photos Vinciane Lebrun

Editions Les Escales - Steinkis, collection Témoins du monde, octobre 2020

240 pages couleur, 22,00 €

Illustrations : Oublié, Gobbi, Avraam et Lebrun © Les Escales - Steinkis 2020

Jérôme Boutelier

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Rédigé par Jérôme Boutelier

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Publié le 26 Octobre 2020

Hitler est mort ! T1, ou les dessous d’une bataille entre les services d’espionnage soviétiques

Nous sommes début mai 1945 et alors que l’Allemagne s’apprête à capituler après une guerre mondiale qui aura tué des milliers de gens et mis l’Europe à feu et à sang, personne n’a la certitude du décès du Führer et de sa compagne Eva Braun. Or, Staline veut être sûr que le IIIe Reich n’a pas maquillé la vérité afin que son chef suprême échappe aux griffes de l’Union Soviétique pour lui éviter de finir ses jours en prison. Le seul moyen pour le dirigeant soviétique consiste donc à récupérer des preuves, et il ne va hésiter à mettre en compétition ses deux services de renseignement, le puissant NKVD, ancien nom du tristement célèbre KGB et un service du contre-espionnage, le Smersh qui dépend du comité de défense de l’état.

Il va s’ensuivre une course avec la mort à celui des services qui rapportera les preuves de la mort d’Hitler, gage de sa survie,,. car pour Staline un service qui n’assure pas ne mérite que la mort.

Tous les ruses et les stratagèmes vont être déployés pour qu’ils arrivent à leurs fins, mais à quel prix ?

Jean-Christophe Brisard, le scénariste, narre avec talent cette course effrénée pour récupérer toutes les preuves et donner la possibilité à Staline de briller auprès de ses « alliés » dans le conflit qui les a unis contre l’hégémonie allemande. Avec ce premier tome haletant d’un triptyque historique, le scénariste capte rapidement l’attention du lecteur qu’il entraîne dans un imbroglio dans lequel tous les coups sont permis.

Avec un dessin semi-réaliste plutôt intéressant et collant bien au scénario, Alberto Pagliano décrit de belle manière et sans fioriture le Berlin qui vient de voir se terminer ses heures de gloire au profit d’une armée russe prête à tout.

Voilà une excellente entrée en matière qui ne demande qu’à être concrétisée dans les deux prochains opus.

Hitler est mort ! T1 Jean-Christophe BRISARD/Alberto PAGLIARO Collection 24X32 Editions GLENAT 64 pages, 14,95 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 21 Octobre 2020

Pirouette & Nymphéas

Les Passiflore au pays de Monet.

Onésime Passiflore ayant fabriqué un petit pont japonais pour son ami Célestin Blanche et son épouse artiste-peintre, toute la famille Passiflore s’en va leur livrer l’ouvrage. Les cinq petits lapins sont tout heureux de jouer avec les enfants du couple Blanche, deux lapereaux bien décidés, et s'entendent avec eux pour construire une cabane sur l’étang aux nymphéas de leurs hôtes. Mais leurs nouveaux compagnons de jeu ont de drôles de règles : on ne joue pas avec les filles. Délaissée par ses frères, la débrouillarde Pirouette saura-t-elle se trouver des amies, et ne va-t-elle pas manquer aux garçons ?

L’adorable petite famille de lapins dessinée par Loïc Jouannigot enchante depuis plus de trente ans un large public de bambins, mais les parents sont tout autant conquis que leurs enfants par la merveilleuse poésie qui se dégage de leurs histoires. Pour le nouvel album

illustré des Passiflore paraissant aux éditions Daniel Maghen, Loïc Jouannigot, maintenant auteur aussi des textes, reprend avec bonheur la recette qui a fait le succès de la série. L’univers tendre et malicieux de la petite famille fleure à chaque page un doux parfum de bien-être : qu’il fait bon de se laisser emporter dans le monde délicieux des Passiflore et de se réfugier dans son douillet cocon !

Chacun trouvera son compte avec ravissement. Bercés par une jolie histoire avec une morale gentillette, les petits lecteurs seront charmés par un univers gai et familier, et captivés par les nombreux détails qui pullulent à leur hauteur, s’amusant à découvrir abeilles ou libellules, et souriceaux vaquant à leurs activités ludiques ou ménagères. Quant aux adultes, ils pourront s’extasier devant les aquarelles subtiles et délicates de Loïc Jouannigot et se régaler des évocations et des clins d’œil au grand maitre de l’impressionnisme : l’univers de Monet nourrit chaque instant, habillant la maison et sa décoration, parant le jardin et ses couleurs, inspirant les paysages et les personnages.

Pirouette & Nymphéas offre sa douceur à l’approche des fêtes en ces temps un peu moroses et angoissants, et se révèle un album immanquable à mettre entre toutes les mains.

 

Pirouette & Nymphéas

Textes et dessins de Loïc Jouannigot

Editions Daniel Maghen, collection jeunesse, octobre 2020

Album illustré, 24 pages couleur, 13,00 €

 

Illustrations : Jouannigot © Daniel Maghen 2020

 

Jérôme Boutelier

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Rédigé par Jérôme Boutelier

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Publié le 20 Octobre 2020

Bulles de Mantes présente du 16 octobre au 12 novembre à la médiathèque de Limay une exposition du dessinateur Juan-Maria Cordoba.

L’exposition met en évidence tout le talent du dessinateur avec de magnifiques planches encrées remplies de vie où s’exprime pleinement la verve comique qu’on lui connait, révélant ses influences.

Une vingtaine de planches ont été sélectionnées, axées principalement sur le nouvel album dessiné par Juan-Maria Cordoba et qui parait ce mois-ci aux éditions Varou : Les Vikings (tome 1 : Bienvenue en Neustrie, scénario de Céka). Rien d’étonnant à ce que le dessinateur d’origine espagnole se soit attaqué aux Vikings, lui qui, marchant sur les traces de ces farouches guerriers venus du Nord, a fait comme eux de la Normandie sa terre d’adoption.

Cette très belle exposition est visible aux horaires d’ouverture de la médiathèque, le mardi de 14h à 18h, le mercredi et le vendredi de 10h à 12h30 et 14h à 18h, et le samedi de 10h à 12h30 et 14h à 17h.

Juan-Maria Cordoba animera aussi deux ateliers à la médiathèque les 21 et 28 octobre.

 

Médiathèque de Limay, 8 Avenue du Président Wilson, 78520 Limay.

Entrée libre.

 

Illustration : Céka et Cordoba © Varou, 2020 

Photos © Bulles de Mantes  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Jérôme Boutelier

Publié dans #Bulles en villes

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