Publié le 11 Décembre 2021

Tout est fort ! Un scénario haletant et angoissant rythmé par un dessin dynamique associé à des couleurs attachées à chaque lieu. On avait quitté Raven s’étant joué de Lady Darksee, prêt à faire cavalier seul pour récupérer le trésor perdu de Chickén Itza sur l’île de Morne au Diable. Le décor est planté et l’aventure peut continuer.

Sans dévoiler le dénouement de cet opus, pouvez-vous en raconter un peu plus ?

Oui, en fait j’ai une thématique que je traine dans cette histoire de Raven, c’est le prix de la liberté. Et donc, j’ai choisi de raconter une histoire de pirates pour expliquer en quoi je pense que la liberté est une belle idée mais qui a un coût très élevé et il faut savoir ce que ça veut dire, il faut savoir quel prix on est prêt à la payer. Je montre un personnage qui va passer par trois stades importants : le premier qui est l’insouciance d’une vie qui lui convient et d’une jeunesse qui lui permet de faire tout ce qu’il souhaite et qui est adapté à son environnement on peut dire mais avec un problème sous-jacent qui est, qu’il n’arrive pas à se faire à son univers. Il aime cet univers mais lui ne l’aime pas et il ne comprend pas pourquoi ! Et, dans le deuxième tome, je montre un affrontement tellurique entre deux pirates que tout oppose, un qui vit au jour le jour et qui n’est que spontanéité et intuition et romanesque et une autre qui est pragmatique, avec un projet clair, un pouvoir de projection évident. Qui sait parfaitement ce qu’elle veut et qui prendra les moyens pour les obtenir. Quelqu’un qui a des encrages et un qui n’en pas et la rencontre entre les deux est insupportable parce que Raven considère que cette femme ne profite pas du tout de la vie de pirate et que c’est une traitresse qui pactise avec les aristocrates et qui a donc des projets contraires même à la nature de la piraterie, qui a dit non à la société pour créer une alternative. Et pour Darksee, Raven est quelqu’un de compétent éventuellement mais qui ne fait rien de sa compétence, qui ne sert à rien à personne et qui n’a aucun intérêt, qui ne devrait pas exister. Or, je m’arrange pour qu’ils soient obligés de se fréquenter et de faire une aventure ensemble. Et pourquoi ? Parce que ça m’intéresse de voir, de faire faire cet itinéraire à Raven pour qu’il comprenne pourquoi ça foire ! Pourquoi, il est toujours celui qui se retrouve seul, rejeté par les autres. Qui, au final commence des aventures, même extraordinaires et qui au final, termine tout seul sur une chaloupe ou sur un radeau selon les circonstances.

Il finit par devenir sympathique, en fait.

Parce qu’il se bat beaucoup ! Il y met de l’énergie et c’est une ode à la vitalité, en fait. C’est-à-dire que toute cette histoire montre qu’est-ce que c’est qu’une vie sans lendemain dans lequel le jour fait l’essentiel du travail. Et donc, on voit les choses de manière très différente et j’aime bien mettre en scène, ça. J’aime bien monter l’agacement des gens qui construisent face à des gens qui sont inconstants et inconséquents parce que c’est infernal et qu’il n’y a rien de pire qu’une compétence mal utilisée et mal employée et j’aime bien cette idée de mouche du coche que Raven fait en permanence pour prouver sans arrêt à Darksee qu’il est capable, qu’il mérite le respect. Et elle n’en a rien à faire de respecter Raven, elle a un projet et juste il l’emmerde ! Ce n’est pas possible, il va falloir qu’il sorte de sa vie et lui reviendra éternellement tant qu’elle n’aura pas reconnu l’intérêt, le respect et l’attention.

Un moment, dans cet opus, on avait l’impression qu’ils allaient faire quelque chose ensemble.

Il y a un vrai moment de complicité parce qu’ils ont un projet et c’est un indice que moi je mets quand je raconte cette histoire qui m’amuse. Et je mets un certain nombre d’indices pour expliquer quel vont être le trajet pour que Raven comprenne pourquoi ça ne marche jamais, pourquoi il n’y arrive pas. Il y a une rivalité directe avec Darksee qui ne va pas forcément mal se passer pour lui dans ce tome 2 mais il n’en tirera pas grand-chose finalement. Et, encore une fois, sa compétence aura été mal employée. Et lui, il ne comprend pas avec pourquoi une telle débauche d’énergie et de capacité ne l’amène absolument pas à voir ce qu’elle a, à savoir un équipage, un navire. J’aime bien cette espèce de proposition de mettre en scène ces gens à la vitalité exacerbée avec un mélange d’idéo et de sur-gourmandise de vie, confronté à la brutalité d’une vie dans laquelle ils ont été projetés car c’est vrai qu’ils ne l’ont pas choisi. Le pirate ne nait pas par choix. Il a été catapulté là parce qu’on l’a vendu, on l’a arrêté, on l’a déporté, il a été enrôlé de force et qu’il s’en est échappé. Enfin bref, ça n’a jamais été simple et quand il sort là, c’est qu’ils ne peuvent pas être ailleurs. Très pragmatiquement, ils ne peuvent retourner nulle part. Donc, il va falloir vivre comme ça et il se réinvente des individualités, des sur-compétences pour avoir mérité de participer à quelque chose, de faire partie d’un groupe. D’ailleurs sur le terrain, c’étaient des gens assez étonnants. Mais pour deux raisons d’abord, ils voulaient mériter le droit de vivre mais de faire partie de quelque chose et ensuite, je pense qu’il y avait un désir de revanche assez marqué contre les sociétés qui les avaient chassées en disant « vous m’avez mal parlé, je ne suis pas le gros nul que vous pensez et maintenant vous allez voir, vous allez comprendre.

On a toujours besoin d’un plus petit que soi. Ne pourrait-elle pas être la devise de Raven au contact d’Arthur, le jeune garçon ?

Oui, oui ! Alors, puisqu’il y a toujours un côté infantile dans les énergies développées par les pirates. Pourquoi ? Parce qu’ils ne vivent que l’instant et la beauté du geste. Ils ne sont pas dans la construction, dans l’épargne ou dans bâtir une maison, bâtir une famille. Ils sont dans l’idée, ensemble on va faire des trucs, vivons des choses et essayons de monter que l’on en ait capable et que l’on n’a pas peur et que l’on mérite d’être respecté et qu’on a sa place dans la famille, quelque part. Et donc, les enfants et les pirates communiquent très bien. Pour moi, c’est quelque chose d’intuitif et ça m’amuse de voir ces espèces de chicaneries entre Raven et Arthur, qui explique à Arthur qu’il faut qu’il arrête de jouer les gros bras parce que dès l’instant où il a un problème, les autres le résolvent pour lui, ce qui fait

partie de la thématique de Raven qui est que, que l’on soit un homme ou une femme, on doit se démerder et ne dépendre de personne et que c’est comme cela que l’on gagne la liberté. Arthur va lui prouver, du coup, que ce n’est pas vrai du tout et qu’il est capable de s’en sortir et donc, il va relever le gant.  Et c’est pour ça qu’il y a une petite histoire qui se passe entre eux et moi, j’assimile le fait que dans le tome 3. Raven va être confronté au fond du fond de sa mythologie en fait et qui est, si je suis mon dogme et si je suis mes idées, je serai forcément en opposition avec le groupe et donc, je devrai sacrifier le groupe à mes idées. Et pour quelqu’un qui en pâtit, et qui estime agir avec une éthique et avec ce qui lui paraît être juste, comme il fait dans la première scène. La première scène du tome 1, il attaque un navire parce que ce sont des vilains espagnols qui ont pillé les richesses d’Amérique du sud sauf qu’il y a une jeune fille là-dedans qui va se faire repasser par l’intégralité de l’équipage pirate et ça, ce n’est pas tolérable. Donc, en une seconde, il protège la fille et se retourne contre tout l’équipage, de ses alliés avec lesquels il avait mené la campagne, ça ce n’est pas tolérable. C’est quelque chose qui est inacceptable par un groupe et donc il va donc se mettre tout le monde à dos alors qu’il a sauvé une jeune fille et que vu de l’extérieur, on va considérer qu’il avait raison de ce qu’il a fait. Et, c’est toujours ma question sous-jacente qui est, quand on fait partie d’un groupe, il faut savoir mettre un petit peu son éthique personnelle de côté parce que celle du groupe passe devant.  Et la fidélité au groupe est une valeur qui est très belle et qui est moins facile à tenir, entre guillemets, du point de vue personnel que de faire toujours tout à sa façon mais si on veut bénéficier du groupe, et si on veut faire partie d’un groupe, c’est quand même quelque chose d’intuitivement puissant et de viscéral chez tout le monde. Eh bien, il y a un prix à payer et il faut le savoir.

On est toujours plus fort lorsqu’on est en groupe

Bien sûr, et on le sait tous, c’est une condition de survie. Et j’aime ce moment où les idéologies des individus se fracassent contre la réalité communautaire. Une communauté qui va construire ensemble et il va falloir accepter que l’intérêt commun passe devant l’intérêt individuel et donc, même chez les pirates, c’est quelque chose qui fait sens. Et j’aime bien parler de ça !

Pouvez-vous nous décrire vos méthodes de travail, tout d’abord au niveau du scénario, storyboard, que du dessin crayonnés, encrage mais aussi mise en couleurs ?

C’est construit comme une fable, je raconte vraiment une petite parabole sur des comportements humains et c’est pour ça que je suis retourné vers les pirates parce que je voulais parler du prix de la liberté. J’ai construit mon histoire en 3 volets : l’état des lieux, où en est ce personnage, qu’est-ce qui marche chez lui ce qui ne marche pas. J’ai créé ma dramaturgie là-dessus. J’avais besoin de mes 3 pôles : du personnage protagoniste, sa Némésis qui est en fait, tout ce qu’il n’est pas et une reconstitution d’une société organisée et donc, qui a tout sacrifié au collectif. J’ai donc mis ces 3 pôles dans un lieu qui ne leur est familier à aucun et je vois comment chacun de ces systèmes peut cohabiter, s’affronter ou affronter un problème commun qui est la survie dans ce lieu et le fait qu’ils sont des envahisseurs dans une ile qui ne veut pas d’eux.

J’ai donc créé ma fable n°1 en présentant les protagonistes, la mission. Pour le 2, j’avais besoin d’avoir un duel entre Némésis et Raven pour savoir s’ils arrivaient à se supporter devant l’adversité. Le fait qu’il y est un objectif commun rend naturel que la collaboration va donner davantage de chance de succès et c’est la beauté de l’affaire. J’assimile progressivement le fait que Raven va devoir accepter l’idée que le groupe a raison sur lui. Et donc, je vais le mener très loin dans le 3 puisqu’il va falloir qu’il choisisse de faire seul ou avec les autres et qu’il aille au bout de sa logique.

Choisir, c’est renoncer ! J’aime l’idée que l’on a nos programmes pour réagir, ce qui nous paraît bien, logique… Mais l’apprentissage ne s’arrête jamais ! Nous sommes des paresseux et il faut être confronté à des situations inhabituelles pour que l’énergie à se sortir de l’inconfort soit légitime à ce moment-là et, tout d’un coup, faire le saut que l’on n’aurait fait en terrain habituel.

Sortir de sa zone de confort ? Exactement et là, il va le faire !

Et pour le dessin ?  Pour les couvertures, je vais avoir une tonalité différente par rapport à l’intensité du chapitre, c’est quelque chose qui est important pour moi. Je commence dans les froids, je continue dans les chauds et je vais carrément terminer dans le tumulte dans le 3ème tome qui va s’appeler Furie parce que là, c’est toutes les personnes qui vont aller au bout d’elle-même, etc. Il y a un code chromatique qui va avec la nature de l’émotion traitée. J’accorde aussi de plus en plus de l’importance à ce que j’appelle l’incarnation : aller de moins en moins dans l’ellipse pour aller de plus en plus dans la scène, ce que provoque la scène, le conflit de la scène et il y a la conséquence de la scène, ce que j’appelle la question de sortie qui est le moment où on avait un état de départ, un conflit interne de milieu de scène, faut faire un choix. Ce choix vous amène vers une nouvelle conséquence qui pose une nouvelle question en fin de scène.

J’aime ce moment où l’on traite de la conséquence humaine et là, je suis obligé d’aller très vite dans mon format parce que j’ai 54 pages, énormément d’action et je trouve qu’en développement interpersonnel, j’ai la substance et je veux la montrer. Je suis maintenant en train de travailler, c’est vraiment de la tuyauterie, de telle manière à montrer ce rapport interpersonnel où le personnage va réagir émotionnellement à la conséquence de ses choix mais pas uniquement factuellement. Ça prend un peu de place mais c’est chouette, c’est là je pense que le lecteur ou spectateur, je suis comme ça, ont créé le lien magique. C’est là où l’attachement au personnage devient très fort. C’est pour ça que dans la bd, on appelle nouvelle bd ou plus contemporaine, on minimise l’action au profit de la réaction interpersonnelle. Parce que, du coup, on créer un attachement viscéral à la psyché du personnage et l’action est moins efficace pour créer le lien que la réaction émotionnelle ou affective à l’action elle-même, même si elle est traitée. Voilà, moi j’ai besoin de cette action, j’ai besoin de confronter mes personnages aux périls pour qu’ils se transfigurent mais je ne veux pas faire l’impasse complète sur l’interpersonnel et sa conséquence.

Quand on lit cette série, on ne peut s’empêcher de penser qu’elle va servir de support à la réalisation d’un film, qu’en pensez-vous ?

Ah, disons que je n’ai jamais pu faire vraiment la différence entre les médias, sachant que et c’est ça que j’aime, que ce soit ce que je lis, j’écoute, je regarde un film ou une bande dessinée, ça finit par faire une espèce d’image dans ma tête, de sensation globale et chacun a ses moyens. Et oui, il y aurait moyen à faire du cinéma avec Raven parce que la nature des émotions est très cinématographique mais je sais aussi que la logistique du cinéma demande à ce que l’on soit à l’aise en communauté et il faut savoir gérer les affaires de groupe : les affaires de politique, de financement, de séduction et c’est dur ! J’ai côtoyé ce milieu, il faut être armé pour ça et ce n’est pas quelque chose dans lequel je suis… Je trouve les couleuvres assez rudes, je trouve cette guerre assez féroce et c’est la force du projet qui rend l’affaire légitime. Toujours est-il que je n’irai pas la fleur au fusil dans cette expérience.

Interview réalisée le 30 octobre 2021 dans le cadre du festival Quai des Bulles

Bernard Launois

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Interviews

Repost0

Publié le 8 Décembre 2021

René.e aux bois dormants, Grand Prix de l'ACBD 2022 !

Au terme d’un troisième tour de vote, l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée (ACBD) couronne René.e aux bois dormants de Elene Usdin, publié aux éditions Sarbacane, de son Grand Prix 2022.

Comme Alice au pays des merveilles, René cherche un lapin, son doudou en peluche, mystérieusement disparu. Sa quête mène le petit garçon dans un monde étrange et beau, où il questionne ses origines, lui qui ne se sent bien nulle part – en particulier avec sa mère, à qui il ne ressemble pas. Dans René.e aux bois dormants, son premier album de bande dessinée, l'illustratrice et photographe Elene Usdin interroge le sort des enfants des peuples autochtones enlevés à leurs familles, au Canada dans les années 1960. Elle le fait de façon onirique et engagée, traitant aussi le thème du genre, avec un graphisme riche, puissant, très coloré.
Le prix sera remis à l’autrice et à son éditeur le jeudi 27 janvier 2022 à 12h30, premier jour du Festival International de Bande dessinée d’Angoulême, au Musée de la Bande Dessinée.René.e aux bois dormants succède à Peau d’homme de Hubert et Zanzim, Grand Prix 2021. L’album a été choisi par les membres de l’ACBD parmi les cinq titres de leur dernière sélection établie en novembre.

Les quatre autres finalistes étaient :

● Écoute, jolie Márcia, par Marcello Quintanilha (éditions Çà et Là)

● Le Grand Vide, par Léa Murawiec (éditions 2024)

● Les Grands Cerfs, par Gaëtan Nocq, d’après Claudie Hunzinger (éditions Daniel Maghen)

● Jours de sable, par Aimée de Jongh (éditions Dargaud Benelux)

Les prix de l’ACBD ont pour ambition de « soutenir et mettre en valeur, dans un esprit de découverte, des livresde bande dessinée, publiés en langue française, à forte exigence narrative et graphique, marquants par leur puissance, leur originalité, la nouveauté de leur propos ou des moyens que les auteurs et autrices y déploient ».

L’ACBD compte 96 journalistes et critiques actifs qui parlent régulièrement de bande dessinée dans la presse régionale et nationale écrite, audiovisuelle et numérique. Le Grand Prix de la Critique ACBD 2022 a été choisi parmi les 4196 nouveaux titres publiés dans l’espace francophone européen (France, Belgique, Suisse) entre le 1er novembre 2020 et le 31 octobre 2021.

 

Le bureau de l’ACBD : Fabrice Piault (Livres Hebdo), Antoine Guillot (France Culture),

Laurence Le Saux(Télérama, BoDoï),

Laurent Turpin (bdzoom.com),

Anne Douhaire (franceinter.fr),

Patrick Gaumer (Dictionnaire mondial de la BD “Larousse”),

Benoît Cassel (PlaneteBD.com).

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #album

Repost0

Publié le 7 Décembre 2021

Ne perdez pas instant de découvrir la hotte de Bulles de Mantes !

Les années se suivent et heureusement pour les cadeaux de noël, se ressemblent !

Après une année 2021, pleine de bonnes surprises en bandes dessinées, de chroniques diverses et variées, il est temps pour l’association Bulles de Mantes de faire une petite sélection qui nous l’espérons, vous aidera à faire votre choix parmi près de 5 000 titres parus dans l’année.

Les romans graphiques

La sélection de Bernard Launois :

René.e aux bois dormants (par Elene Usdin, Éditions Sarbacane) :  (cf. article sur le blog de Bulles de Mantes) :

René n’est à sa place nulle part. Ni dans l’appartement qu’il partage seul avec sa mère, femme absente, aux manières froides ; ni avec les autres enfants de son école ; ni dans cette ville canadienne trop grande. Hypersensible, sauvage, il est sujet aux évanouissements durant lesquels il voyage dans des mondes fantasmagoriques. Un retour sur cette période douloureuse de l’Amérique avec ce que l’on appelle plus communément la  rafle des années soixante, où bon nombre d’enfants autochtones ont été volés à leurs familles pour permettre l’adoption à des gens de la classe moyenne des États-Unis et du Canada. Récit intense et poignant remarquablement mis en images. René.e aux bois dormants a reçu le Grand Prix de la Critique ACBD 2022.

 

 

La fée assassine (par Sylvie Roge et Olivier Grenson, Éditions Lombard) : Si l’on connait la criminelle dès les premières pages, les auteurs dévoilent avec talent, au fur et à mesure, ce qui a conduit à de telles agissements. Quand on le prend, on ne le lâche plus ! (cf. article sur le blog de Bulles de Mantes)

 

La sélection de Jérôme Boutelier

Le Peintre hors-la-loi (par Frantz Duchazeau, Éditions Casterman) :

un récit inspiré de la vie de Lazare Bruandet à l’époque de la Révolution de 1789, un peintre tout à la fois émouvant et repoussant, animé tant par sa passion pour l’art que par l’alcool et la violence. Duchazeau fait une nouvelle fois preuve d’une maitrise accomplie dans le trait, le rythme et le découpage pour livrer un album éblouissant.

 

Blanc autour (par Wilfrid Lupano et Stéphane Fert, Éditions Dargaud) : Contrairement aux états du sud, l’esclavage n’existe plus au Connecticut en 1832, mais pourtant le scandale éclate dans une petite ville quand une école pour filles de bonne famille est transformée par la directrice Prudence Crandall en école pour élèves noires. Les habitants de Canterbury s’y opposent par tous les moyens, estimant l’initiative trop dangereuse pour être tolérée, et les petites élèves découvrent la haine qu’elles suscitent quand elles ont la prétention de vouloir s’instruire. Avec douceur  et délicatesse, les auteurs, qui se sont inspirés de faits réels, brossent une belle histoire de solidarité au milieu d’un monde hostile où s’exerce encore un racisme impitoyable.  Blanc Autour a reçu le Prix 2021 de la BD aux couleurs du blues.

La jeune femme et la mer (par Catherine Meurisse, Éditions Dargaud) : La découverte de la culture japonaise par Catherine Meurisse et le rapport avec la nature. De magnifiques décors emplis de références aux estampes japonaises abritent les déambulations d’une autrice contemplative et nostalgique, découvrant l’influence des paysages sur l’art. Splendide !

 

 

Un peu d’histoire

La sélection de Bernard Launois :

 

Fukushima, chronique d’un accident sans fin (par Bertrand GALIC/Roger VIDAL, Éditions Glénat) : Et si vous viviez le désastre de Fukushima au cœur de la centrale nucléaire ? C’est ce que les auteurs proposent en s’appuyant sur les auditions de commissions d’enquête rendues publiques. Saisissant ! (cf. article sur le blog de Bulles de Mantes).

 

Madeleine, Résistante T1 (par Jean-David Morvan et Dominique Bertail, Éditions Dupuis) La vie héroïque de

Madeleine Riffaud, figure de la résistance, scénarisée par Jean-David Morvan à partir des entretiens avec Madeleine Riffaud et sublimée par le trait de Dominique Bertail. A lire, ne serait-ce que pour apporter sa pierre à l’édifice du devoir de mémoire. (cf. article sur le blog de Bulles de Mantes)

 

La sélection de Jérôme Boutelier

 

Idiss (par Richard Malka et Fred Bernard, d’après Robert Badinter, Éditions Rue de Sèvres) : C’est l’histoire personnelle de la grand-mère de Robert Badinter, et par-delà aussi l’histoire universelle des persécutions de l’humanité. Idiss évoque avec beaucoup de pudeur et d’émotion les persécutions antisémites dans l’Europe des années 30. Touchant et instructif.

 

 

Elise et les nouveaux partisans (par Dominique Grange et Jacques Tardi, Éditions Delcourt) : La sortie d’un nouveau

Tardi est bien sûr inévitable dans toute sélection, et celui-ci mérite encore toute sa place. Si l’album est fidèle à l’œuvre de Tardi, dans la continuité de sa fresque politique et avec son superbe et si efficace dessin noir et blanc, il est aussi innovant en raison d’un changement d’éditeur et, surtout, de l’écriture du scénario par la seule Dominique Grange, son épouse. Elise et les nouveaux partisans est une auto-fiction certes engagée et éminemment partisane, mais qui fait revivre aux lecteurs avec le plus grand réalisme et une intensité jamais démentie l’atmosphère qu’ont vécue les militants les plus contestataires des années 1960 et 70.

De l’aventure

La sélection de Bernard Launois :

 

Go west young man (par Tiburce Oger/collectif, Éditions Bamboo) : Un casting de rêve pour une belle rétrospective de l’ère du far-West avec, pour fil conducteur, une montre à gousset qui traversera le temps. À ne pas louper !

 

 

La sélection de Jérôme Boutelier

Le voyage du Commodore Anson (par Matthieu Blanchin et Christian Perrissin, Éditions Futuropolis) :

Une grande aventure maritime, celle du Commodore Anson qui réalisa une circumnavigation aux motivations guerrières dans les années 1740. Un véritable souffle épique emplit les pages d’un épais volume passionnant de bout en bout qui nous fait vivre au jour le jour avec l’équipage.

 

 

Tango T6, Le fleuve aux trois frontières (par Matz et Philippe Xavier, Éditions du Lombard) : Une fin de cycle très réussie pour les deux aventuriers en Amérique du Sud, avec un scénario haletant et un dessin magnifique : on ne s’ennuie pas un seul instant.

 

 

Pour les amateurs de SF

La sélection de Bernard Launois :

 

Negalyod (2 tomes) (par Vincent Perriot, Éditions Casterman) : L’auteur continue de s’intéresser aux problématiques contemporaines liées à l’environnement et aux technologies, rappelant subtilement la résilience de l’humanité dans un monde en plein bouleversement remarquablement mis en images et sublimé par les couleurs de Florence Breton (Le Monde d’Edena, de Moebius)

 

Du déjanté

La sélection de Bernard Launois :

 

Gun crazy T1 (par Stef D et Jef, Éditions Glénat): Vices et préjugés. La balade sauvage de deux filles prêtes à tout pour réaliser leur rêve d’une vie meilleure et qui n’hésitent pas à dégommer à tout va quand elles sont face à des bouseux white trash racistes et méchants. Un road trip détonnant au travers des States dans les années 70 qui ne laissera pas indifférent. (cf. le blog de Bulles de Mantes).

 

Rien ne vaut un bon polar

La sélection de Bernard Launois :

 

Sangoma, les damnés de Cape Town (par Caryl Férey et Corentin rouge, Éditions GLENAT): (re)plonger dans l’univers de Caryl Férey, auteur du polar Zulu dans une enquête avec pour décor l’Afrique du Sud, au temps de l’apartheid. Haletant, de la première à la dernière page avec le dessin hyperéaliste de Corentin Rouge. Une belle découverte !

 

La sélection de Jérôme Boutelier

A fake story (par Laurent Galandon et Jean-Denis Pendanx, Éditions Futuropolis) : une adaptation romancée de la

fameuse fake news d’Orson Wells, qui terrorisa les Américains en 1938 en racontant à la radio une invasion d’extra-terrestres. Le scénario met en place une passionnante enquête policière prétexte à une analyse du mécanisme des fausses nouvelles, qu’accompagne le dessin magnifique de Jean-Denis Pendanx. Une véritable prouesse.

 

 

 

Blacksad T6, Alors tout tombe (1ère partie) (par Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido, Éditions Dargaud) : après huit ans de silence, on retrouve avec un plaisir non dissimulé le fameux chat détective. Le scénario rythmé et les dessins toujours aussi splendides font de ce nouvel épisode une réussite à la hauteur de la légende.

 

Docu-BD :

La sélection de Jérôme Boutelier

# J’accuse… ! (par Jean Dytar, Éditions Delcourt) : une plongée détaillée dans les articles de presse qui ont accompagné toute l’affaire Dreyfus, avec une mise en scène imaginant les échanges sur les réseaux sociaux. Jean Dytar reconstitue de main de maitre l’Histoire tout en se servant de l’anachronisme qu’il a inventé pour mieux représenter les prolongements de l’affaire dans l’opinion publique. Le principe est génial et fonctionne jusqu’au bout d’un album peut-être un peu copieux. L’ouvrage est présenté dans un superbe écrin qui lui permettra de trôner avantageusement dans la bibliothèque de tout amateur d’histoire.

Manga :

La sélection de Bernard Launois :

 

Tomino la maudite (par Suehiro Maruo, Éditions Casterman) Considéré comme le grand-œuvre de ce divin marquis du manga, chef de file du courant érotique-grotesque, cette série en deux tomes transporte le lecteur dans un univers fantasmagorique au sein de la famille du cirque où deux jumeaux vont évoluer. Tour à tour déroutant, intrigant, captivant mais jamais ennuyant. (cf. le blog de Bulles de Mantes)

 

 

Les comics

La sélection de Bernard Launois :

 

Vei (par Sara Bergmark ELFGREN et Karl JOHNSSON Éditions ANKAMA) : Une belle saga nordique et mythologique, remarquablement bien construite et accessible dès l’adolescence. Comme quoi, le comics n’est pas réservé aux américains !  (cf. le blog de Bulles de Mantes)

 

 

À réserver aux lecteurs avertis

La sélection de Bernard Launois :

 

Faunes contes grivois et autres diableries (par Maryse & Jean-François Charles, Éditions Keynes) : Infatigables conteurs, les auteurs divertissent cette fois le lecteur avec des histoires d’antan, qui auraient été racontées au coin de la cheminée où fantasmes et réalités se mêlaient pour le grand plaisir des pèlerins. Alternant bandes dessinées, illustrations, tous les talents des auteurs sont concentrés dans ce bel objet, certes réservé aux adultes mais jamais vulgaire. A (re)compulser avec grand plaisir quand les petits sont couchés !

Et pour compléter la hotte, en vrac quelques petites pépites pour ceux qui n’auraient pas trouvé leurs bonheurs dans la sélection précédente : de Mademoiselle Baudelaire (Éditions Dupuis) à Wanted Lucky Luke (Éditions Lucky Comics) en passant par Le corps est un vêtement que l’on quitte (Éditions Glénat), Noir Burlesque (Éditions Dargaud), Tananarive (Éditions Glénat) ou encore le dernier Largo Winch (Éditions Dupuis), que de belles choses !

Bernard Launois & Jérôme Boutelier

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Divers

Repost0

Publié le 4 Décembre 2021

Interview Thierry Martin, un forçat du dessin !

Quai des bulles fait partie des festivals où les toutes les conditions sont réunies pour s’adonner aux interviews. Cette année, j’ai eu plaisir notamment à rencontrer Thierry Martin pour son album Mickey et les mille Pat, réalisé avec le scénariste Jean-Luc Cornette et plus généralement revenir sur ses méthodes de travail.

Comment avez-vous été approché pour intégrer cette belle série Disney by Glénat ?

C’est nous qui avons fait la démarche. On est allé voir GLENAT mais ça été un peu alambiqué comme parcours. Quand la série a commencé, je n’étais pas dans l’idée de vouloir absolument faire un Mickey. D’abord, je ne m’en sentais pas forcément légitime. Je ne suis pas forcément un auteur très connu, qui vend beaucoup. Ceux qui étaient déjà sorties, il y avait déjà un nom et je me disais, je ne vais pas préparer un dossier si ça se trouve, pour rien. Et puis, un soir au festival d’Angoulême, un auteur me dit que j’en ferais un bien, de Mickey. Ça m’a trotté dans la tête et et j’ai commencé à en dessiner et je me suis aperçu que ça venait plutôt facilement. Je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire et sauf, que si je faisais un Mickey, il devait impérativement se situer au Moyen-âge. Le travail sur le Roman de Renart que j’avais fait, je voulais aller plus loin dans cette démarche et aussi l’occasion de faire pleinement un hommage à ce qui m’a donné envie de faire de la bd, en l’occurrence les Johan et Pirlouit.  J’ai posé quelques dessins sur le net et ça a bien réagi. Entre temps, on est allé à un super festival en Guyane notamment avec Keramidas et Jean-Luc Cornette avec lesquels j’ai bien sympathisé. En rentrant, Jean-Luc me contacte pour me dire qu’il avait dormi chez l’éditeur qui s’occupe de la collection et Jean-Luc voulait en faire un. L’éditeur lui a dit que s’il trouvait un dessinateur pour en faire un qui soit à la hauteur, pourquoi pas ? On a donc décidé de tenter le truc à deux. J’ai indiqué à Jean-Luc mon souhait de faire un album qui se situerait dans le Moyen-Âge. Ça a mis un petit bout de temps à se débloquer et pour le faire court, tout le monde était au courant que j’allais en faire un sauf moi ! Puis, une fois partie, planche d’essai, présentation de projet !

 C’est bien quand même, quand on voit cette belle pléiade d’auteurs qui ont déjà participé à l’aventure.

J’en suis très content ! En même temps, c’était l’occasion d’avoir un coup de projecteur sur mon travail car il y a quand même 5 à 7 000 albums par an et les chances sont assez minces d’être un petit peu vu. On fait aussi un peu ça pour ça. Là, il y avait le deux en un, le plaisir d’en faire un, de plus un Moyen-Âge et puis un coup de projecteur sur mon travail.

Disney est quand même emblématique et je suppose qu’autour de vous, on a été plutôt content ?

Tout à fait, d’autant plus que j’avais déjà fait un Batman. Sauf que là, ce n’était pas calculé !

Quel est votre rapport avec Mickey et plus généralement avec l’œuvre de Disney ?

En fait, je n’ai pas un grand grand rapport avec Mickey, dans le sens où je ne lisais pas forcément Mickey magazine quand j’étais petit. Je connaissais Mickey, j’en feuilletais mais c’était plus Spirou ou Tintin. Mais par contre, c’est peut-être plus dans l’animation. Ayant travaillé dans l’animation, je suis plus le travail de Disney dans l’animation et notamment un épisode de Mickey qu’on peut voir sur le net, Mickey, le brave petit tailleur. 15’ d’animation hyper joyeuse et visuellement, je ne peux que faire encore le lien avec Johan et Pirlouit, en fait j’aime bien le Moyen-Âge. Tout simplement ça ! C’est plus donc un rapport avec l’animation qu’avec la bande dessinée.

Il y a un petit côté Fantasia dans cette bd, avez-vous le sentiment d’avoir été influencé ?

Oui, oui !

Ces multiplications des balais que l’on pourrait rapprocher de la multiplication des Pat Hibulaire, des Minnie…

C’est aussi un clin d’œil aux Schtroumpfs et on revient à Johan et Pirlouit. Je retourne toujours sur mes pattes, sur mes mille pattes (rires). Une fois que nous avons mis en place notre synopsis, j’ai peut-être été un peu chiant au départ car je voulais le faire un peu pour me faire plaisir aussi et Jean-Luc a été très à l’écoute. Donc, on a eu beaucoup d’échanges sur quoi faire, ce qu’il se passe dans l’aventure, etc. Puis, une fois que tout a été établi, après plusieurs synopsis, il a fait son histoire. J’ai découvert la multiplication des Minnie, clin d’œil à Fantasia. Même le début de l’histoire est un clin d’œil à Blanche Neige. Ça, c’est le seul petit retour que nous avons eu de Disney : Minnie qui arrive dans une maison et qui décide de faire ménage en cette période Metoo, c’est pas terrible ! En même temps, c’est juste un clin d’œil à Blanche neige. Mais bon, on a dû modifier quelques passages, au niveau du scénario. Donc, ce n’est pas dans la maison d’un inconnu et pour le coup, ça passe mieux.

Ça ne vous pas inquiéter, lorsque vous avez reçu le scénario, d’avoir à dessiner un nombre incommensurable de Minnie ?

Non, au contraire, il faut que ça bouge, que ça fourmille. Et j’ai dit à l’éditeur que je n’en ferai qu’un, car je crois que je vais sortir épuisé du truc. Bon, j’ai mis un peu de temps quand même. En fait, je voulais faire quelque chose de très généreux. Je ne sais pas si j’aurai l’occasion d’en faire un deuxième. Je ne voulais pas faire 46 pages, tant que l’histoire me permet de développer et bien je vais développer. Et puis je voulais, là pour le coup, je n’ai plus la mémoire si les Johan et Pirlouit étaient sur douze cases comme ça, mais là les Mickey, les premiers de Gottfredson, c’est plusieurs cases par pages. Je voulais rentrer dans ce côté un peu « Old school » de la bd et jouer avec cette dynamique-là. Développer des scènes, se rapprocher de l’animation. Il y a des scènes là-dedans où le personnage, on le voit rarement bouger, presque. Après qu’il y ait un maximum de personnages, j’aurai plus en mettre plus mais à un moment donné, je me suis dit qu’il fallait peut-être un peu se calmer.

Avez-vous beaucoup d’aller-retour entre vous deux ?

En fait, avec Jean-Luc, ça c’est super bien passé, un vrai plaisir ! Comme je papillonnais sur d’autres projets aussi en même temps, j’ai pris un peu de retard et quand je faisais mon story-board, parce que j’avais discuté avec l’éditeur de mon intention de le réaliser mon story-board d’une seule traite avant de me lancer. Il se trouve qu’il y avait quatre chapitres et j’ai donc réalisé pour chaque chapitre, un story-board complet. Et comme j’avais mis du temps entre le moment où il avait écrit son histoire et ma réalisation que je lui envoyais, il avait presque oublié ce qu’il avait écrit et il découvrait en story-board. Et du coup, il était content de ses vannes, parce que ça marchait bien et effectivement, s’il y avait eu des choses qui l’auraient dérangé, je n’ai pas souvenir que l’on ait changé grand-chose.

Alors, est-ce que cela correspond avec la période du dernier souffle, est-ce la période où vous faisiez, journellement, un dessin publié sur Instagram ?

Eh oui ! Le dernier souffle est né d’une frustration de faire Mickey, en fait dans la façon de travailler Mickey. Il se trouve que parce que l’on pouvait avoir quand même des contraintes avec Disney, nous avions convenu avec l’éditeur, d’envoyer une bonne partie crayonnée pendant que eux, dans l’attente de leurs réponses, je pouvais avancer sur autre chose. Il se trouve que je suis un dessinateur qui aime bien dessiner et encrer tout de suite, ne serait-ce que pour ne pas avoir de routine. Comme c’était difficile pour moi, de cette frustration-là, je me suis dit qu’après avoir fait du crayonné toute la journée, je vais faire un truc où j’encre de suite.

C’est un truc de fou, ça aussi ?

Non, je dis toujours qu’il y a deux sortes de dessinateur : celui qui fait son travail jusqu’à dix-huit heures puis, il oublie totalement ce qu’il a fait et il passe autre chose et puis, il y a le dessinateur compulsif qui n’arrête jamais. Pour moi, je crois que c’est le deuxième cas. En fait, j’avais besoin de me lâcher dans une exigence graphique et narrative et donc avec les contraintes que je me suis fixé.

Je suis toujours admiratif devant la capacité de certains dessinateurs de changer radicalement de style comme de passer de l’univers de Mickey à celui du Dernier souffle.

Ce qui m’a servi pendant pas mal d’années, c’est le travail dans l’animation où l’on faisait des story-boards et où l’on apprend à travailler dans différents styles. Après, ce n’est que des volumes. Mickey, ça m’est venu assez naturellement. Le dernier souffle, c’est un défi, je vais voir où ça va m’amener mais, il y a un point commun entre tout ce que je fais dans tous ces différents styles, là où j’attache beaucoup d’importance, c’est la narration en fait. Quand je parlais de Peyo tout à l’heure, ce j’ai appris dans son univers, quand j’étais enfant, je ne lisais pas les bd de Johan et Pirlouit, je les regardais et c’est comme ça que je rentrai dans l’histoire.  C’est quelque chose qui m’a énormément marqué. Je regardais également les films de Chaplin, j’ai connu les films noir et blanc, les films muets et j’aimais ça. Buster Keaton après, le rapport à l’image sans dialogue ou sans texte est quelque chose qui me passionne vraiment parce que c’est la première approche visuellement d’une histoire. Après tout le reste, le texte, le dialogue sont des informations supplémentaires qui enrichissent l’histoire, lui donne du fond. Mon travail dans l’animation a aussi permis ça, quand on fait des story-boards pour les enfants, on apprend à être très clair parce que l’enfant voit l’image en une seconde. Il faut qu’en une seconde, il faut qu’il ait capté qui est qui et qui va où. Pour le coup, quand j’étais sur ces deux projets, cela ne m’a pas posé d’effort particulier. Si j’ai un talent, c’est celui-là, celui de visualiser rapidement une scène pour la mettre en image. Après, effectivement le dessin, c’est du travail : on fait, on refait, on recommence. Et là, sur Le dernier souffle, je me suis dit, je ne le refais pas ! C’est un premier jet et un jet unique. En acceptant cette idée-là, c’est-à-dire que j’ai tendance à refaire mes planches et là, ça a duré plus de deux cents jours. Aujourd’hui, sur une telle expérience comme ça, je ne le referai pas parce qu’en fait, ça m’a fait un choix de travail, de projet pour le futur. Au niveau médium bd, je pense qu’il y a encore beaucoup de choses à explorer.

S’il fallait choisir parmi les dessinateurs emblématiques de chez Disney, tels que Floyd Gottfredson, Romano Scarpa, Carl Barks ou que sais-je encore ?

Le premier, Floyd Gottfredson, dont je me sens le plus proche.

Après Mickey, Batman, the world collectif, vos collaborations sur des personnages emblématiques en verront-ils d’autres ?

Je ne peux rien dire, (rires) ! Sinon, j’ai actuellement un projet pour Fluide Glacial autour d’un cow-boy qui s’appelle Jerry Alone qui est un peu mon alter égo et où je raconte mon rapport à la paternité, de façon plus ou moins humoristique.

J’aurai voulu revenir sur vos diversions sur les enveloppes qui ont donné lieu à de forts belles expos, à commencer par celles de Quai des Bulles en 2019, qui a remporté un franc succès. Continuez-vous toujours à vous adonner à cette activité ?

C’est Vince qui a commencé à faire des pin-ups sur des enveloppes et j’ai trouvé ça trop génial ! La première fois que j’ai rencontré Vince dans un festival, j’étais venu avec une enveloppe pour qu’il m’en fasse une et de là, je me suis amusé à en faire comme ça. J’ai trouvé que c’était intéressant de travailler sur des objets que l’on jette à la poubelle et là, tu lui donnes une sorte de valeurs en la dessinant. A force d’en faire et toujours avec mon rapport avec la narration, je me suis dit qu’avec les enveloppes qui avait une fenêtre, ce serait intéressant de jouer avec. De là, j’ai commencé à partir en vrille. Je faisais ça aussi le soir quand j’étais un peu fatigué de ma journée, je me disais : « tiens, je vais me défouler avec une petite pin-up ». Alors des fois, c’est inspiré par le style d’enveloppe, des fois, c’est totalement gratuit, simplement un désir de dessin. C’est au festival d’Amiens que l’on a organisé une exposition où une vingtaine d’auteurs devaient raconter une histoire sur trois enveloppes et de là, a germé l’idée d’aller plus loin avec ça.

Mais avec tout ça, vous arrivez à avoir une vie de famille ?

Bah oui, ce qui est rassurant pour mes enfants, c’est qu’ils savent toujours où je suis ! Ils rentrent dans mon bureau, je suis là ! C’est vrai que des fois, j’ai un peu pourri des vacances mais, je m’en occupe, j’ai pris le temps de jouer avec eux, les emmener à l’école. J’ai fait ça aussi, de travailler à la maison, car quand j’étais en studio, je n’ai pas vu grandir mon ainé et j’ai décidé pour les jumeaux, de travailler à la maison pour en profiter. On n’est pas parti souvent ensemble en vacances mais on a été quand même souvent ensemble !

Interview réalisé par Bernard Launois à l’occasion de Quai des Bulles 2021

Bernard Launois

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Interviews

Repost0

Publié le 28 Novembre 2021

Une inauguration de la fresque Uderzo réussie malgré une météo hors norme !

Par Toutatis, l’inauguration de la fresque Uderzo a bien eu lieu vendredi 26 novembre 2021 à 16 heures 30 !

Alors qu’une heure avant l’événement, on se demandait si le ciel n’allait pas nous tomber sur la tête, une éclaircie de courte durée a permis à Sylvie UDERZO, accompagné de son mari Bernard de Choisy, de découvrir la fresque réalisée par la ville de Mantes-la-Jolie à l’initiative de l’association Bulles de Mantes.

Une fois que les photographes ont pu immortaliser ces moments de découverte pendant que Bernard Launois, président de l’association Bulles de Mantes, donnait des explications sur les différentes phases de réalisation de la fresque, les éléments naturels se sont à nouveau déchainés.

Toutes les personnes présentes ont alors été invitées à rejoindre la salle des inaugurations au sein de l’hôtel de ville de Mantes-la-Jolie.

Les invités ont d’abord été reçus par Raphaël Cognet, Maire de Mantes-la-Jolie puis vint l’heure des discours respectivement du premier magistrat de la ville, d’Alexandre Keita directeur de la société Art-Fresque réalisatrice de la fresque, de Bernard Launois Président de Bulles de Mantes, de Sylvie Uderzo fille d’Albert Uderzo et de Catherine Graziuzo, Inspectrice de l’Éducation Nationale de la circonscription de Mantes-la-Jolie 2.

Beaucoup d’émotion pour cette inauguration notamment pour Sylvie Uderzo qui reçut des mains de Raphaël Cognet la grande médaille de la ville accompagnée d’un bouquet, fleurs qu’elle a indiqué vouloir donner à sa mère, Ada Uderzo, qui n’avait pu faire le déplacement à cette occasion.

Et, comme dans toute histoire des aventures d’Astérix, c’est autour d’un verre de l’amitié que se termina le chapitre de cette belle organisation…Sans que le barde chante, eu égard au mauvais temps qui avait entaché  les débuts de la cérémonie.

Bernard Launois

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Bulles en villes

Repost0

Publié le 21 Novembre 2021

SANGOMA, les damnés de Cape Town, quand le présent n’arrive pas à faire oublier le passé

Le jeune lieutenant Shane Shepperd ne s’attendait pas à se retrouver dans un drôle d’engrenage en enquêtant sur la mort de Sam. Ce dernier, un jeune viticulteur, est retrouvé assassiné sur les terres de la ferme des Pienaar, alors que le Parlement est confronté à de vives discussions autour d’une réforme agraire consistant à redistribuer les terrains acquis par les blancs à l’époque de l’apartheid.

Partagé entre ses amours tumultueux avec une jeune femme noire et son enquête truffée de non-dits, Shane le bad boy, plutôt loser, ne sait plus où donner de la tête : des éléments troublants et concomitants viennent rebattre les cartes, avec la découverte d’un bébé émasculé non loin du lieu du meurtre de Sam, ainsi que la présence de signes caractéristiques de sorcellerie à laquelle aurait recours un des protagonistes. Qui pourrait faire appel à un sangoma, sorte de chaman guérisseur, et pourquoi ? Et puis, pourquoi autant de violences exacerbées dans un pays en reconstruction ?

Caryl Férey captive le lecteur dès les premières pages de l’album en l’intrigant avec cette drôle d’enquête, mais aussi en brouillant les pistes pour mieux qu’il s’y retrouve. Le lieutenant Shane est-il aussi sot et maladroit qu’il veut le faire croire dans son approche de l’enquête, mais également dans la manière de gérer sa vie personnelle ?

Fort de bon nombre de succès tant dans la littérature que dans la bande dessinée, l’écrivain et scénariste français Caryl Férey revient au 9ème art avec un polar se situant en Afrique du Sud, région qu’il affectionne et qui servait déjà de cadre à Zulu, son roman aux dix prix littéraires adapté quelques années plus tard au cinéma.

Si on ne présente plus Corentin Rouge avec son superbe dessin réaliste et ses belles couleurs qui ont conquis son lectorat notamment avec la série Rio, on appréciera son découpage des plus dynamiques qui dynamise le récit haletant de Caryl Férey.

Vous avez aimé Zulu, vous adorerez Sangoma !

SANGOMA, les damnés de Cape Town Caryl Férey/Corentin Rouge Editions GLENAT 152 pages, 25,00 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 15 Novembre 2021

GO WEST YOUNG MAN, un western aux multiples facettes avec un casting d’auteurs à faire pâlir !

Quelle aventure ! L’auteur Tiburce Oger avait rêvé de réunir une pléiade de dessinateurs autour d’un projet fou et il l’a fait !  Quel casting, dix-sept auteurs de bande dessinée qui ont déjà réalisé des albums western, et pas des moindres, pour quatorze récits qui retracent la conquête de l’Ouest Américain, de 1763 à 1916 !

Tiburce Oger, scénariste et dessinateur a réalisé cette fois uniquement le scénario mais a également orchestré tous les projets proposés aux dessinateurs et ce, avec maestria. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’ensemble des récits constituent bien une seule et même histoire avec pour fil conducteur une montre gousset qui voyage au travers du temps, de la Pennsylvanie en 1933 au Nouveau-Mexique en 1938.

Le récit s’avère linéaire avec à chaque fois, un personnage pour faire la liaison sur le chapitre suivant rendant une belle cohésion et un vrai plaisir de lecture.

Il faut souligner la performance de Tiburce Oger à faire traverser 150 ans d’histoire américaine en un peu plus d’une centaine de pages en donnant à chaque dessinateur le moyen de s’exprimer de la plus belle des manières.

Dominique Bertail, Michel Blanc-Dumont, Benjamin Blasco-Martinez, François Boucq, Steve Cuzor, Paul Gastine, Eric Herenguel, Hugues Labiano, Enrico Marini, Ralph Meyer, Félix Meynet, Patrick Prugne, Christian Rossi, Michel Rouge, Taduc, Ronan Toulhoat, quel bonheur de retrouver tous ces dessinateurs dont on sent, au fil des pages, qu’ils ont pris un immense plaisir à participer à ce beau projet. Alors que les styles de dessin sont fort différents, on peut néanmoins noter une certaine unité rendant la lecture des plus aisées.

Clairement, cet album marque tant par son originalité que par sa performance que tout amateur de western se doit de lire.

GO WEST YOUNG MAN Tiburce OGER/COLLECTIF collection GRAND ANGLE Éditions BAMBOO 112 pages, 19,90 €

Bernard Launois

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 13 Novembre 2021

Frank Lee, l’après-Alcatraz, de l’enfer au… paradis

Frank Lee Morris peut se targuer d’être l’un des rares prisonniers à avoir pu s’évader de la célèbre prison d’Alcatraz où l’on vous martèle, dès votre incarcération, que toutes les tentatives ont lamentablement échoué ! Il faut dire que ce cloaque, situé sur une ile à 1,2 mile de la côte dans la baie de San Francisco, requiert une sacrée dose de ruse pour échapper à la vigilance des matons et de détermination pour s’extirper de cette forteresse. Dans l’évasion de 1962, aucun corps des trois fugitifs n’a été retrouvé par le FBI, pas plus Frank Lee que les frères Anglin. Que sont-ils devenus ? Ont-ils refait leur vie à des milliers de miles de là ?

Le scénariste David Hasteda s’est attardé sur la nouvelle vie de Frank Lee en imaginant un après-Alcatraz. Blessé lors de la traque, alors qu’il tentait d’échapper aux meutes de chiens à ses trousses, Frank Lee se retrouve dans un lit, soigné par une famille qui a rapidement compris d’où il venait mais qui tient à l’en faire sien, ne serait-ce que pour « remplacer » leur fils unique décédé quelques années plus tôt. Va s’ensuivre un long et difficile apprentissage avec un entourage aimant, contrastant avec sa vie antérieure. Seulement, ce bonheur ne va-t-il pas s’avérer éphémère ? Ne dit-on pas que l’on se fait toujours rattraper par son passé ?

Le scénario est fort bien construit en deux parties : tout d’abord, la lente résurrection de ce jeune homme qui reste sur le qui-vive alors que les mois et les années passent et que les médias et le FBI ont fini par l’oublier, puis une période plus difficile des plus haletantes que le lecteur n’aura de cesse de découvrir jusqu’à son dénouement.

Le dessin semi-réaliste de Ludovic Chesnot, rehaussé par des couleurs soignées, plonge le lecteur, dès les premières pages dans une ambiance particulière qui sied parfaitement au scénario, mêlant l’inquiétude à la quiétude.

A découvrir instamment !

FRANK LEE L’après-Alcatraz David HASTEDA/Ludovic CHESNOT Collection Label 619 Editions ANKAMA 128 pages 19,90 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 8 Novembre 2021

Largo Winch T23, La frontière de la nuit, en route pour une aventure stellaire des plus réussies !

Une fois encore, le jeune et sémillant Largo Winch est sur tous les fronts, à commencer par régler ses problèmes concernant le respect des droits internationaux sur son site d’Indonésie, où les enfants sont exploités dans des mines d’étain. Il lui faut également songer à l’avenir du groupe Largo Winch et rien n’est plus porteur aujourd’hui que les nouvelles technologies, même si c’est au grand dam de son conseil d’administration, peu enclin à se lancer dans l’aventure.

Seulement, il n’est pas le seul à avoir cette idée et la concurrence s’avère rude, et si Largo ne recule devant rien, il va rapidement s’apercevoir que ses projets sont bien évidemment semés d’embûches et que les résultats ne sont assurément pas ceux auxquels il aurait pu s’attendre.

A l’heure des initiatives des géants de l’informatique de se lancer dans la conquête spatiale, ce diptyque tombe à pic en délaissant quelque peu l’économie et la finance au profit de l’aventure avec un grand A, et c’est réussi.

Si le récit peut apparaitre parfois romancé, il faut souligner que les coscénaristes Éric Giacometti et Philippe Francq se sont attachés à être le plus proche de la réalité en se documentant auprès de spécialiste des vols spatiaux et autres technologies innovantes.

Alors, avec un découpage dynamique d’un récit haletant, le scénario se déroule à vitesse supersonique sous le trait efficace du dessinateur Philippe Francq. Il ne reste plus qu’à y adjoindre les couleurs de Bertrand Denoullet et de Philippe Francq pour parfaire l’ensemble.

Enfin si l’action s’avère être le maitre mot de cet opus, le plaisir de la lecture est quelque peu gâché par le suspense de la dernière page qui demandera au lecteur un peu de patience pour en connaitre le dénouement.

Déjà fort de ses vingt-deux albums avec une série vendue à onze millions d’exemplaires, le phénomène Largo Winch n’a jamais cessé de truster les rayons des libraires et cette vingt-troisième aventure ne fera pas exception !

LARGO WINCH T23 La frontière de la nuit Philippe FRANCQ/Éric GIACOMETTI Editions DUPUIS 48 pages 14,95 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 6 Novembre 2021

VENTE AUX ENCHERES Daniel MAGHEN du lundi 15 novembre 2021, les ventes se suivent mais ne se ressemblent pas !

Pas moins de 136 lots composeront cette nouvelle vente aux enchères qui se déroulera à la maison de l’Amérique Latine à partir de 18 heures.

Encore du beau monde avec 3 vacations, à commencer par celle de l’auteur André Juillard avec 31 œuvres où vous aurez le plaisir de retrouver une belle sélection de dessins et de planches issus de ses séries cultes tels que Le cahier bleu, Les 7 vies de l’Epervier et Plume aux vents ainsi que Blake et Mortimer, toute la quintessence de ce grand artiste.

Puis ce sera autour de Matthieu Bonhomme avec ses séries phares et one-shot, de Wanted Lucky Luke à Charlotte impératrice en passant par Le marquis d’Anaon. Il est à souligner que pour ce talentueux auteur c’est la première fois qu’un catalogue lui est consacré et ce, avec 25 œuvres !

Enfin, 105 lots termineront la dernière vacation avec une pléiade d’auteurs, d’Andreas à Bernard Yslaire en passant par Jean Giraud (6 lots), William Vance (5 lots), Milo Manara (3 lots), etc. La liste est loin d’être exhaustive et je ne peux que vous inciter à vous rendre sur ce lien du site des enchères Daniel MAGHEN pour découvrir toutes ses merveilles et qui sait, enchérir !

Comme à son habitude et pour le plus grand plaisir du collectionneur, la galerie Daniel MAGHEN a édité 3 magnifiques ouvrages regroupant toutes les œuvres à la vente avec, cerise sur le gâteau, celui consacré à André Juillard comprend une interview des plus intéressantes réalisée par le journaliste François Landon. Quant à celui de Matthieu Bonhomme, c’est à Stéphane Jarno qu’est confié l’interview pour nous fait découvrir un peu plus l’artiste.

Les 136 lots de la vente feront l’objet d’une exposition publique à la galerie Daniel MAGHEN au 36 rue du Louvre 75001 Paris, (entrée libre) les mardi 9 et mercredi 10 ainsi que vendredi 12 et samedi 13 novembre 2021 (10h30 à 19h00).

 

VENTE AUX ENCHÈRES


Lundi 15 novembre 2021 à 18h00 (Entrée libre)
Maison de l’Amérique Latine
217 Boulevard Saint-Germain 75007 Paris

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #divers

Repost0