Publié le 10 Octobre 2017

Le Nouveau monde, l’épée du conquistador

« Le premier homme blanc qui rencontra les Indiens était un Noir ».

Une vingtaine d’années après la victoire de l’Espagne sur les Aztèques, Marcos, un jeune moine empli d’idéaux, est envoyé en 1538 au Mexique pour convertir les Indiens. D’abord ébloui par les fastes de la cour du Vice-roi, il va rapidement prendre la mesure de la férocité de ses compatriotes, et tenter de sauver une princesse Aztèque des griffes de Guzman, un protégé de Charles Quint cruel et sans scrupules. Il prépare alors une expédition d’évangélisation vers Cibola, la cité de l’or, en s’associant à un valeureux guerrier noir, ancien esclave maure, qui serait le seul conquistador à déjà connaitre ces régions.

C’est une épopée grandiose et flamboyante qui nous est proposée dans ce premier épisode d’une histoire prévue en deux tomes. Réussissant l’alchimie entre aventures romanesques et une réalité historique bien documentée, les scénaristes François Armanet et Jean Helpert se sont attachés à montrer qu’aucun des deux camps ne détenait le monopole de l’innocence ou de la sauvagerie, avec un scénario riche en rebondissements dans lequel les alliances souvent contre nature ne se font pas sans arrière-pensées.

Avec un trait réaliste, le dessinateur Xavier Coyère se montre à la hauteur du scénario qu’il sert par un découpage rythmé et efficace, enrichissant le récit de somptueux décors joliment mis en couleurs par Isa Cochet et Christian Lerolle.

Une bonne histoire dans un bel album, qu’aimeront autant les amateurs de western que ceux d’Apocalypto.

 

Le Nouveau monde, T1 l’épée du conquistador

par François Armanet, Jean Helpert et Xavier Coyère, éditions Dargaud septembre 2017, 13,99 €

 

Illustrations ©Dargaud 2017

Jérôme Boutelier

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Chronique de Jérôme BOUTELIER

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Publié le 4 Octobre 2017

Panama Al Brown

Qui est vraiment Panama Al Brown ? Un gamin pauvre de Panama parti vivre d’expédients à Harlem ? Ou la coqueluche du Tout-Paris ? Un immense champion de boxe aux poings fragiles comme du cristal et qui déteste son sport ? Ou un joyeux fêtard, buveur et homosexuel ? Un flambeur généreux, joueur invétéré et vivant à crédit ? Ou un dandy, danseur élégant et plein de poésie, amant de Jean Cocteau ?

Sommé par son patron de pondre un article spectaculaire, un journaliste alcoolique et en pleine déchéance se lance sur les traces du boxeur disparu pour tenter de découvrir sa véritable personnalité, et  va enquêter de Paris à New-York pour retrouver ceux qui l’ont croisé.

 

Un an après son premier album déjà très remarqué, le dessinateur nordiste Alex W. Inker nous livre un nouvel opus original, étonnant et passionnant, sur un scénario de Jacques Goldstein. Il plonge le lecteur dans le Paris des années folles et de l’entre-deux-guerres, dans le monde de la boxe et dans celui du jazz, construisant patiemment toutes les pièces du puzzle.

Le dessin tout en rondeur, très soigné, fait référence à la fois au cinéma américain en noir et blanc et au dessin un brin caricatural de l’époque, notamment dans la représentation des personnages noirs. Reprenant la technique utilisée de façon fort réussie dans Apache, Inker fait onduler le contour de ses cases lorsqu’il évoque des flash-back, et insère des bandes son endiablées.

Un spectacle total, qui fait de cet album un des musts de la rentrée.

 

Panama Al Brown, l’énigme de la force

par Jacques Goldstein et Alex W. Inker, éditions Sarbacane, septembre 2017, 24,00 €

 

Jérôme Boutelier

 

Illustrations ©Sarbacane 2017

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 3 Octobre 2017

CORTO MALTESE T14 EQUATORIA, où mènent les mythes…

Venise 1911, l’inlassable Corto Maltese, toujours prêt à traverser les steppes, les mers, et autres

jungles susurre à Aïda son amie journaliste de l’accompagner dans la recherche du « miroir du prêtre Jean », un miroir magique rapporté des croisades dans lequel il  pouvait observer n’importe quelle partie de son royaume, et dont on aurait perdu la trace entre l’Afrique et l’Inde. Une lettre du prêtre Jean préciserait la situation géographique dudit trésor, autant dire que les indices sont minces. Aïda n’est certes pas dupe mais que ne ferait-elle pas pour emboiter les pas du célèbre voyageur ?

L’aventurier Corto aime les voyages surtout quand il peut les faire en compagnie des femmes qu’il vénère, et la rencontre avec Ferida, l’exploratrice en quête de son père disparu sur le bateau qui les emmène pour Malte, et avec Afra l’ancienne esclave ne sont pas pour lui déplaire.

Le scénariste Juan Diaz Canalès livre là un scénario des plus « Prattien » avec un Corto toujours aussi énigmatique et des personnages inquiétants, dans une histoire à rebondissements qui emmène le lecteur suivre Corto à travers le monde, virevoltant d’un continent à un autre en quête de chimères. Avec ce deuxième opus sous sa plume, Juan Diaz Canalès s’est approprié tous les codes qui ont fait le succès de la série depuis Ballade au bord de la mer salée réalisé il ya maintenant cinquante ans. De Venise aux jungles d’Afrique équatoriale en passant par Alexandrie, les rencontres sont nombreuses au point de croiser sur les mers le célèbre contrebandier Henri de Monfreid, ou encore de déjouer un attentat contre Winston Churchill.

Le dessinateur Ruben Pellejero n’est pas en reste en se rapprochant du maître dans la réalisation des personnages.  Il va même jusqu’à donner une nouvelle dynamique à ce diable de Corto, et le faire évoluer sous la pluie dans les forêts équatoriales, ce qui n’a pas été beaucoup fait précédemment.

Une mention spéciale est à faire pour le tirage noir et blanc qui permet de mieux appréhender l’excellent travail de Ruben Pellejero.

CORTO MALTESE T14 EQUATORIA Editions CASTERMAN 76 pages, 16,00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 3 Octobre 2017

AFTERZ, vers des après désenchantés

Afterz, quel drôle de titre pour un album ! Peut-être le pluriel d’after ? Assurément pour les fêtards une vie après, mais après quoi ? C’est toute la question, peut-être une recherche de moment que le commun des mortels n’aura pas le privilège de vivre : les instants d’après la fête, dans les petits matins où le jour ne va pas tarder à poindre. Peut-être encore la recherche d’un idéal que les personnages du récit pensent atteindre en vivant ces moments après qui n’appartiennent qu’à eux.

L’auteur complet Charles Berberian s'ingénie à dépeindre dans une description souvent plus grinçante les unes que les autres. Ils n’ont vraiment pas le sentiment d’être nés à la bonne période, traînant leur mélancolie et leur solitude au fin fond des boîtes de nuit, d'un canapé voire d’un plumard. Même les animaux domestiques de ces historiettes sont déroutés et déroutants. Comme à l’accoutumée, les dialogues sont drôles et la dérision est au rendez-vous de chaque strip.

A la manière des comics strips, où en peu de cases, deux, trois, voire quatre, le dessin et les textes doivent être percutants, pour aller à l’essentiel et dans cet exercice périlleux, Charles Berberian excelle. Si le découpage particulier en bande verticale apparait de prime abord déroutant, cette impression s’estompe très rapidement et le lecteur se délecte en découvrant les facéties de cette bande de loosers pour qui l’avenir se résume à vivre les après forcément mieux que les avant.

A lire, relire et relire et à déguster comme un drink, mais sans modération. 

AFTERZ BERBERIAN édition FLUIDE GLACIAL 120 pages, 18.90€

Bernard LAUNOIS

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Publié le 2 Octobre 2017

Avery's Blues lauréat du Prix 2017 de la BD aux couleurs du blues

Angux et Tamarit © Steinkis 2016

Le jury du Prix de la BD aux couleurs du blues a désigné le lauréat du millésime 2017: c'est l'album Avery's Blues, dessiné par Tamarit sur un scénario de Angux, et paru aux éditions Steinkis en septembre 2016.

Comme chaque année depuis 2014, date à laquelle il a été créé conjointement par Bulles de Mantes et Blues sur Seine, le Prix de la BD aux couleurs du blues choisit le meilleur album paru entre le 1er juin de l’année précédente et le 31 mai de l’année en cours, et illustrant une thématique autour du blues et des musiques qui lui sont proches, ou du contexte social et historique en relation.

Le prix 2017 sera remis aux lauréats pendant le festival Blues-sur-Seine, à l'occasion d'un concert dans l'Espace Maurice Béjart à Verneuil-sur-Seine, et en présence des deux auteurs venus tout droit d'Espagne pour cette soirée.

Une exposition des planches de l’album sera présentée à la fois à la Médiathèque Duhamel de Mantes-la-Jolie et à celle de Verneuil-sur-Seine pendant toute la durée du festival Blues-sur-Seine, du 10 au 26 novembre 2017.

http://www.bullesdemantes.fr

http://www.blues-sur-seine.com

http://steinkis.com

Jérôme Boutelier

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Publié le 1 Octobre 2017

CES JOURS QUI DISPARAISSENT, rêves, cauchemars ou réalité

 

 

Lubin, 23 ans, ne rêve que d'une chose, embrasser la carrière d'acrobate. Magasinier la journée, il s'entraîne dur pendant ses moments de détente jusqu'à une mauvaise chute sur la tête qui va bouleverser toute son existence. Voilà que Lubin se réveille chaque surlendemain sans se souvenir de ce qu'il a pu faire le lendemain. A-t-il dormi pendant 24 heures ? Fait-il des amnésies passagères ? Toujours est-il que chacun s'inquiète autour de lui car il n'assure plus son travail régulièrement, et manque les auditions prévues avec sa troupe.

 

 

 

 

L'histoire va se compliquer lorsqu'il découvre que le jour "manquant", un sosie prend sa place, avec la même enveloppe physique mais un caractère diamétralement opposé. 

Le surnaturel se mêle au quotidien déroutant.

Peut-on attribuer son état à sa chute ? Ne sommes-nous pas devant un doublement de la personnalité ? L'auteur complet Thimothée LE BOUCHER jette le trouble chez ses lecteurs et pour les entraîner dans un tourbillon de questionnement. Voilà un scénario bien construit qui ne lâchera pas le lecteur jusqu'à la fin de ses 192 pages, avec le récit haletant d'une vie entière où le lecteur va sans cesse s'interroger sur le phénomène surnaturel qui habite Lubin.

Avec un dessin réaliste plutôt épuré, laissant place à la dramatique du sujet, Thimothée LE BOUCHER immerge le lecteur dans un univers pour le moins surréaliste qui ne laissera personne indifférent.

Indispensable !

CES JOURS QUI DISPARAISSENT LE BOUCHER collection 1000feuilles Éditions GLENAT 192 pages, 22,50€

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 30 Septembre 2017

WINGED MERMAIDS T1, pleins feux sur terre, air et mer…

Asagito, jeune prince héritier du royaume d'Aizen déploie des trésors de diplomatie pour que son royaume redevienne aussi paisible qu'avant la rivalité du royaume d'Yggland.

Seulement, sa stratégie ne fait pas que des heureux et il se sait sans cesse menacé au point de se faire remplacer par un sosie dans les manifestations publiques car il craint les attentats sur sa personne.

C'est Ishito, jeune pilote d'une compagnie aérospatiale qui se voit intimé de remplacer au pied levé le jeune prince alors que ce dernier doit inaugurer une base militaire stratégique. Bien lui en a pris, la base est bombardée et Ishito, blessé, en réchappe et se retrouve en convalescence dans un camp d'entraînement. Misuzu, sa sœur, capitaine de l'air, est obsédée par l'idée de vengeance pour son frère et son prince qu'elle vénère et monte un stratagème pour contre-attaquer.

Arrivera-t-elle à ses fins, Ishito devenue doublure officielle du prince sera-t-il à la hauteur des espérances de sa sœur ?

L'auteur Etorouji Shiono affectionne tout particulièrement revisiter les standards mangas  que ce soit médiéval avec Übel Blatt ou romantique avec  Zelphy. Cette fois-ci il s'attaque au récit de guerre et c'est plutôt réussi. Prévu en trois tomes, le récit est bien ficelé et le lecteur s'appropriera rapidement les personnages plutôt attachants que ce soient les protagonistes comme la bande de jeunes femmes rencontrés dans le camp d'entraînement, bien décidées à en découdre auprès du héros Ishito.

Au dessin hyperréaliste s’ajoute un découpage dynamique, et l'on prendra plaisir à suivre les pérégrinations des personnages d'Etorouji Shiono, évoluant dans des décors fouillés dans tous les éléments, terre, mer et air.

Une mention particulière pour les combats d'hydravions des plus réalistes.

WINGED MERMAIDS T1 ETOROUJI Éditions DOKI-DOKI 204 pages 7,50 €

 

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 22 Septembre 2017

The dead hand T1, entre guerre et paix

Après une enfance paisible au fin fond de l’Amérique, bercée par les super-héros de papier, Carter Carlson rêve d’embrasser une carrière militaire et plus particulièrement celle d’espion. C’est ce qu’il fera en intégrant un commando de cinq agents, et une de ses missions l’emmènera au cœur d’une base soviétique où résident encore des scientifiques qui ont été abandonnés par leur hiérarchie. Les voyant désargentés et presque affamés, Carter décide de les épargner et de les remmener dans ses bagages.

 

Revenu aux States, Carter tire un trait sur son passé de baroudeur pour se reconvertir en parfait shérif dans Mountain View, une petite ville plutôt calme où aucun étranger ne franchit la porte jusqu’au jour où… Un randonneur échoue dans l’unique bar de la ville, hébété, déshydraté, voire amnésique. Que vient-il faire là ? Pourquoi cet homme surgi de nulle part affole tant les résidents ?

 

Le scénariste Kyle Higgins entraine tout d’abord le lecteur dans les méandres de la guerre froide où les ennemis d’hier, Russie, Angleterre, France, Allemagne et USA,  après s’être ingéniés pendant près de quarante ans à s’espionner,  vont devoir maintenant se serrer les coudes pour contrer un groupe terroriste qui se serait emparé d’un programme de défense nucléaire du Kremlin. Si avec ce premier opus, le récit semble s’installer tranquillement, le lecteur va très rapidement s’apercevoir que ce qui se trame n’a rien de classique et la tension monte au fil des pages, inexorablement. Le découpage en chapitres s’avère efficace et Kyle Higgins semble beaucoup s’amuser avec le lecteur, passant du coq à l’âne pour mieux le ferrer.

Le dessin de Stephen Mooney, de style comics, sert parfaitement ce thriller avec des personnages semi-réalistes, plutôt taillés à la serpe et servis par les couleurs numériques froides de Jordie Bellaire. Si le lecteur pourra paraître un peu dérouté par le format classique qui ne correspond pas vraiment aux standards du comics, il va vite s’y habituer et profiter d’un découpage des plus dynamiques.

Avec une histoire fort bien construite, mise en valeur par un dessin efficace dans un format classique, voilà un concept des plus originals qui devrait combler les amateurs de comics et attirer ceux qui n’ont jamais franchi le pas.

THE DEAD HAND T1 LES RELIQUES DE LA GUERRE FROIDE HIGGINS/MOONEY Collection Grafica Editions GLENAT

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 18 Septembre 2017

Saint-Barthélemy T3, cette guerre de religion n’en finira-t-elle jamais ?

Avec Ainsi se fera l’histoire, troisième opus de la série Saint-Barthélemy, s’achève l’histoire d’une fratrie qui n’aura eu de cesse de se déchirer, tout d’abord séparée à l’occasion des guerres de religion puis divisée au moment du massacre de la Saint-Barthélemy.

Alors que s’est achevée LA journée terrifiante marquée par une incommensurable boucherie, Charles IX réalise la méprise et ordonne que cesse la traque des Huguenots, mais le lendemain ressemble hélas à la veille. L’odeur du sang est omniprésente dans les rues de Paris et il ne fait pas bon traîner dehors, surtout quand on ressemble à un Huguenot. Elie cherche désespérément un refuge après avoir retrouvé sa sœur, mais voilà que Clément, son frère catholique fanatisé, n’a de cesse de le retrouver pour le faire tuer et combattre les idéaux qu’il exècre. Pourquoi tant de haine entre les deux frères, quelle relation étroite le comploteur Scipion a-t-il avec la famille Sauveterre ?

Les cartes s’abattent et les rebondissements sont encore nombreux dans ce dernier opus remarquablement écrit à quatre mains par les complices Pierre Boisserie et Eric Stalner, qui ménagent le suspens jusqu’au bout de l’album. Narrer une histoire dans l’Histoire reste un exercice difficile car il faut rendre la fiction crédible sans pour autant dénaturer la grande Histoire : gageons que le contrat est rempli pour le plus grand bonheur des lecteurs.

L’auteur complet Eric Stalner a mis à nouveau tout son talent de dessinateur dans des personnages qui évoluent au milieu de décors particulièrement soignés, permettant de découvrir le Paris du XVIème siècle. Les scènes de tuerie auront été traitées sans complaisance mais néanmoins sans voyeurisme, relatant le climat de violence de ce qui restera une des plus sanglantes journées que notre histoire ait vécue. Une mention spéciale est à donner pour les belles couleurs de Florence Fantini qui auront sublimé le trait d’Eric Stalner.

Une série historique incontournable.

SAINT-BARTHÉLEMY AINSI SE FERA L’HISTOIRE T3 BOISSERIE/STALNER Éditions LES ARENES BD 56 pages 15,00 €



Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 16 Septembre 2017

L’Islande du moyen-âge a inventé le genre littéraire de la saga, récit réaliste de la vie d’un personnage remarquable que le destin a mis à l’épreuve et dont il a triomphé. La saga retrace tout le lignage du héros, et depuis la nuit des temps la généalogie et le culte de la famille ont été des fondements importants pour les Islandais.

 

Aussi, quand une éruption volcanique laisse Grimr orphelin, sans biens et privé d’histoire familiale, il ne représente plus rien pour la société islandaise du 18ème siècle et son avenir s’annonce des plus sombres. Mais sa force herculéenne, sa faroucherie et sa placidité à la fois, sont vite remarquées et des mentors le prennent sous leur aile pour l’aider à construire sa vie. Balloté au gré des événements et confronté aux épreuves les plus terribles, Grimr saura-t-il vaincre l’adversité et se construire un destin mémorable ?

 

En auteur complet, Jérémie Moreau est de nouveau aux manettes du scénario, comme il le fut déjà pour Max Winson, et nous révèle les valeurs de la saga et une solide observation des us islandais. L’implacable nature qui caractérise l’Islande l’a visiblement subjugué, pour lui donner une place éminente dans un album magnifique. De ces ingrédients il fait une harmonieuse composition en un récit tout en nuances, et nous entraine avec tendresse à suivre un héros auquel on est vite attaché.

 

Au travers de ses précédents opus, on avait déjà apprécié son trait vif et expressif. Dans La Saga de Grimr, on est frappé par la douceur qui émane de son héros dans des éléments aussi âpres et contraires, une impression favorisée par l’utilisation de l’aquarelle pour le premier album qu’il ait réalisé tout en couleurs directes. L’effet est remarquable, faisant ressortir la grandiose hostilité de cette terre sauvage dont il a su sublimer la beauté. Jérémie Moreau montre là une nouvelle facette d’un talent dont il est pourtant déjà bien pourvu.

 

Une œuvre émouvante.

 

La Saga de Grimr

par Jérémie Moreau, éditions Delcourt,

septembre 2017, 25,50 €

Illustrations ©Delcourt 2017

 

 

 

Jérôme Boutelier

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Rédigé par Bulles de Mantes

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