Publié le 21 Octobre 2012

Le roi Joachim est intimement convaincu que le refus d'Aline de devenir sa  reine est l'unique raisoBalade-au-bout-du-monde.jpgn du marasme que traverse son royaume oublié. Alors, quand il a l'opportunité de pouvoir faire revenir Aline dans son royaume pour la reconquérir, il n'hésite pas un seul instant. Mais quel stratagème va-t-il utiliser pour arriver à ses fins ? Arthis et Aline sont parents depuis peu d'un petit Azhen qu'ils chérissent, et bien qu'ils pensent encore souvent au petit royaume du bout du  monde, ils n'envisagent pas du tout d'y retourner; et pourtant...

Son épilogue va nous replonger dans l'univers médiéval de cette série incontournable où les acteurs d'aujourd'hui ont du mal à trouver leurs marques, et pour cause... Du suspense, vous allez en avoir jusqu'à la fin de l'album et peut-être vous dire que finalement, ce n'est qu'un au revoir...

Le scénario de Pierre Makyo est très bien construit, à l'image de la série qui nous aura tenus en alerte pendant tant d'années. La riche idée d'avoir réuni  quatre des dessinateurs  de la série(LAVAL  N.G., Claude PELET, Eric HERENGUEL et Michel FAURE) dans le même opus rappelle  que ces talentueux artistes ont été à même d'apporter une belle unité à cette fabuleuse série et jusqu’à son dernier épisode . N'oublions pas non plus le beau rendu des couleurs d'Irène HÄFLIGER qui rajoute à son harmonie. Nous n'aurons qu'un regret, c'est celui de ne pas y voir Laurent Vicomte, l'un des auteurs majeurs de la bande dessinée contemporaine.

Parler de la fin d'une série est toujours un moment nostalgique , et celle-ci ne déroge pas à la règle.

Si 'Balade au bout du monde' a peut-être eu un peu de mal à repartir au début du deuxième cycle, ne serait-ce parce qu'elle n'était plus composée du couple mythique Vicomte/Makyo, elle a fini par prendre son rythme et les  deux cycles suivants auront permis de découvrir  de nouvelles religiosités.

Après seize albums en un peu plus de trente ans, la saga des années 80 voit la fin de série qui aura marqué le monde de la bande dessinée de toute une génération, avec un excellent épilogue qui va nous faire regretter qu'il n'y ait plus de suite.

Enfin, à l'occasion de la publication de l'épilogue, les éditions GLENAT ont eu la riche idée de rééditer les intégrales des quatre précédents cycles ! A ne pas manquer si vous en aviez laissé passé un !


BALADE AU BOUT DU MONDE, EPILOGUE MAKYO/HERENGUEL/FAURE/LAVAL N.G./PELET éditions GLENAT 64 pages 14.95€


Bernard LAUNOIS

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Publié le 19 Octobre 2012

QuaiDesBulles2012-1.jpgLes vacances de la Toussaint se profilent et son incontournable festival Quai des Bulles est encore fidèle au rendez-vous de cette année 2012.

Depuis quelques années déjà, l'organisation du festival présente un programme dense et riche aux festivaliers et cette année 2012 ne déroge pas à la règle en promettant encore de bons  moments.

Une énumération de toutes les manifestations organisées à l'occasion de cette manifestation serait longue et fastidieuse et je vous conseille fortement de vous reporter sur le site http://www.quaidesbulles.com où vous aurez tout à loisir de faire votre choix.

Néanmoins, j'attire tout particulièrement votre attention sur des moments forts qu'il serait dommage de manquer.

Ainsi les expositions au Palais du Grand Large telles que "Les arcanes d’Andreas", le 10ème anniversaire de la création des éditions Emmanuel Proust avec une sélection de 10 titres représentatifs de cette décennie éditoriale. Il ne faut pas oublier non plus une exposition consacrée au dernier album de Nicolas MALFIN et Hervé BOIVIN, dénommé "Cézembre, août 1944"  dans les murs de La Maison du Québec.

Quai des bulles, c'est aussi des rencontres amateurs/pros souvent très enrichissantes,  des lectures de contes mais aussi un match à bulles avec pour thème le retour d'expérience des rencontres de 7 auteurs dans 7 prisons et la présentation de leurs travaux effectués pour l'occasion.

QuaiDesBulles2012-2.jpgEnfin, des auteurs présents, comme s'il en pleuvait qu'on a toujours plaisir à rencontrer dans ce cadre malouin.

 Alors, c'est décidé, vous allez rejoindre l'équipe de Quai des Bulles et son festival ?  Ne trainez pas pour réserver votre logement car ce serait dommage de ne pas pouvoir profiter de ces 3 jours qui s'annoncent festifs !

 

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bernard LAUNOIS

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Publié le 15 Octobre 2012

 

Un printemps à Tchernobyl« Un printemps à Tchernobyl » nous révèle dès même son titre toute l’ambiguïté du voyage qu’Emmanuel Lepage, en s’associant à une action humanitaire pour aider des enfants contaminés, a fait sur les lieux de Tchernobyl.

A la rencontre des quelques habitants vivant en lisière de la zone interdite, Emmanuel Lepage nous dévoile la découverte progressive et maladroite de l’autre, à la faveur de portraits tout empreints de finesse et de sensibilité. L’image de la centrale maudite reste sinistre dans l’inconscient collectif, et pourtant rapidement, la beauté trompeuse de la nature le conduit sur des sentiers insoupçonnés.

Plus qu’un pamphlet militant, plus qu’un témoignage journalistique, il nous entraine en immersion dans un univers où la réalité a rejoint la fiction la plus terrible, où les repères ont disparu tant le visible et l’invisible s’imposent tour à tour pour troubler les perceptions du monde environnant. C’est un conte philosophique qu’il nous offre, balançant entre éloge funèbre et hymne à la vie, dans lequel il se confronte aux mystères insondables du beau et du laid, du bien et du mal, de la vie et de la mort, en une quête initiatique où l’auteur est inéluctablement ramené à la recherche de lui-même.

Par le rythme de la construction, par la délicatesse extrême du dessin, par la progression chromatique et l’aboutissement du trait, par le cheminement de la réflexion et l’élégance du propos, Emmanuel Lepage nous livre un chef d’œuvre à couper le souffle.

« Un printemps à Tchernobyl » ne se raconte pas, il nous emporte dans une recherche dont la réponse est à discerner au profond de notre être.

Un témoignage bouleversant pour un album qui soulève des questions essentielles.

Vous avez dit la mort ? Et c‘est la vie !

Un Printemps à Tchernobyl, par Emmanuel Lepage, 164 pages, éditions Futuropolis

 

Jérôme BOUTELIER

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Rédigé par Jérôme BOUTELIER

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Publié le 15 Octobre 2012

La sortie d'un album des Bidochon est toujours attendue avec impatience même si on l'aLes-Bidochons-T21.jpg déjà dégusté dans les pages de l'incontournable mensuel Fluide Glacial.

Malgré tout, on peut se poser la question de savoir si Les Bidochon sont encore capables de nous étonner après tant d'années de sujets traités avec humour et grincement de dents ? La réponse est assurément oui et l'on s'en réjouit.

Le scénariste/dessinateur Binet a encore réussi le pari en nous entraînant cette fois sur le terrain de l'écologie. Vous connaissez, l'écologie à la sauce pays industrialisé qui ne sait plus comment s'y prendre pour endiguer ses déchets, sa pollution de l'air et de l'eau et j'en passe !

Notre pauvre Robert est un peu dépassé par les événements et les velléités de sa chère et tendre à vouloir se lancer à fond dans les dernières élucubrations, pardon inventions, pour économiser l'électricité, l'eau, mais également  protéger le règne animal à commencer par l'Orang Outang. Imaginez, tout un programme !

Robert râle beaucoup, souvent à juste titre et sa Raymonde l'abreuve de consignes à respecter pour sauver la planète ! Les traits physiques comme psychologiques sont poussés au maximum afin d'en tirer la quintessence, en l'occurrence la bêtise.

On ne sait jamais à quoi ou à qui tient la réussite et si on en connaissait la recette, il y a bien longtemps qu'elle serait exploitée. En fait, le secret de la longévité de cette série tient assurément à la capacité de son auteur à se renouveler sur les sujets et tourner en dérision les frasques de notre société de consommation avec dextérité et humour.

Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire ? Vous précipiter chez votre libraire pour y prendre un grand bol d'oxygène (non pollué) à la lecture de ce bon album.

 

LES BIDOCHON BINET Editions FLUIDE GLACIAL, 48 pages 10,50 €

 

Bernard LAUNOIS

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Publié le 8 Octobre 2012

 

NotreMereLaGuerreT4.jpgVoici quatre  ans que cette enquête policière, sur fond de tranchée, attend son dénouement après nous avoir tenus en haleine dès le premier tome de cette saga.

Il convient de faire un résumé des trois tomes précédents afin de mieux en comprendre la fin. Nous sommes en 1915, alors que cette terrible guerre de tranchées bat son plein sur le front, et trois jeunes femmes vont être découvertes assassinées avec chacune une lettre d'adieu l' accompagnant. C'est au lieutenant Vialatte, gendarme de métier, que l'on confie l'enquête qui va le mener aux quatre coins de l'hexagone afin d'élucider cette tuerie organisée. Dès les premiers moments de l'histoire, nous allons forcément nous demander qui peut avoir intérêt à se débarrasser de ces demoiselles. Il y a-t-il un rapport entre elles ? Les accusés qui font de très bons coupables, le sont-ils vraiment ? L'enquête s'avère difficile, le pays est en guerre et le front charrie chaque jour son lot de désolation !  Il faudra attendre la fin de la guerre pour que le lieutenant Vialatte découvre la vérité, et quelle vérité, douloureuse et ô combien impitoyable ! L'horreur de la guerre ne suffit pas, il faut y rajouter la perfidie des hommes.

Ce récit va nous permettre de mieux encore appréhender cette guerre de tranchées, toutes ces injustices pour des soldats qui ne sont bons qu'à faire de la chair à canon dans des boyaux immondes qui puent la mort ,  alors que leurs officiers sont tranquillement à l'arrière à donner des ordres. Ne parlons pas du rejet de la population civile, loin des combats, qui ne comprend pas la rancœur de ces hommes que l'on envoie au charbon sans espoir d'en revenir un jour.

Au fil de l'enquête, vous découvrirez des êtres poignants qui ne survivent que pour faire la guerre, sans grand espoir que cela finisse un jour.

Plus jamais ça, c'est le raisonnement que l'on pourrait tenir en lisant cette saga, mais ce n'est, hélas, pas la leçon qui a été retenue par la vieille Europe qui se perdra dans un nouveau conflit généralisé vingt ans après ! Le scénario de KRIS est poignant, à l'image du dessin de MAËL. L'enquête est passionnante mais à se demander si quelquefois la description si poignante de la première guerre mondiale ne prend pas le pas sur elle. Les aquarelles rehaussent des êtres plus vrais que nature, avec des visages taillés à la serpe tour à tour, durs, tristes, à l'image de cette boucherie qui envahit l'Europe. Le scénariste KRIS a su faire, avec talent, un récit à plusieurs niveaux de lecture, la description d'une guerre absurde, la vie plutôt compliquée des soldats, voire même de l'enquêteur.

Le poids des mots et le choc des dessins, résument assez bien l'ambiance de cette série incontournable qui peut remplacer allègrement certains livres scolaires d'histoire.

Du grand KRIS et du grand MAËL que vous ne pouvez pas louper, au risque de passer à côté d'une belle page d'histoire.

 

NOTRE MERE LA GUERRE, 4 volumes MAËL/KRIS  Editions FUTUROPOLIS 64 pages 16.50 €

 

Bernard LAUNOIS

 

 

 

 

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