Publié le 5 Février 2021

LOVE LOVE LOVE T1, amour quand tu nous tiens

Dans un monde futur où les robots sont soumis à une obsolescence programmée par leurs concepteurs, Karel, jeune Cherish bot, porte les traits d’un joli garçon toujours en quête d’amour. Il faut dire que son espérance de vie tient dans sa capacité à avoir une vie sentimentale remplie et ce n’est guère aisé de rencontrer une humaine : comme tous ses congénères, il est rejeté par bon nombre d’habitants, encore moins considéré que les animaux, il est entassé dans un ghetto et finit par être obligé de partager son appartement. Alors quand il rencontre Elle, une jeune fille de caractère, sur son chemin de retour, c’est  le coup de foudre et c’est là que les ennuis commencent.

Si les deux tourtereaux apprennent à se connaître et à s’apprécier, ce n’est guère le cas pour leurs entourages respectifs, que ce soit chez les humains comme chez les robots, qui considèrent que leur amour est impossible et bien évidemment voué à l’échec. De nombreuses embûches jonchent leur quotidien, depuis les tracasseries administratives pour que Karel puisse obtenir des pièces de rechange, nécessaires à sa vie, jusqu’à la jalousie de prétendants de Elle qui ne comprennent pas qu’elle se soit entichée d’un robot.

Aussi, cet amour résistera-t-il aux pressions exercées de part et d’autre ? Leur jeune couple arrivera-t-il à être compris et apprécié de tous ? Par le biais d’un récit de science-fiction, le scénariste Kid Toussaint aborde, avec talent, les thèmes de la différence, de la tolérance, du respect des uns pour les autres. Les personnages d’Elle et de Karel apparaissent rapidement attachants et le lecteur n’aura de cesse de suivre leurs péripéties, car la vie d’un androïde comme d’un humain est loin d’être un long fleuve tranquille.

Ce premier opus d’un triptyque ne manque pas de sel et appelle assurément une suite des plus palpitantes.

LOVE LOVE LOVE T1 Kid TOUSSAINT/Andrés GARRIDO Editions DUPUIS, 56 pages, 12,50 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 2 Février 2021

11407 vues, quand les réseaux  sociaux deviennent la référence pour  se singulariser

Comme tous les jeunes ados, ceux du lycée Lilian Thuram ne font pas exception dans leur quête d’une vie où ils seront reconnus par leurs petits camarades et au-delà par tous.  Et quoi de mieux que de s’emparer des réseaux sociaux pour arriver à ses fins.

Aussi, quand Aïssa comme Fodé et Maël aspirent à devenir des YouTubeurs célèbres en enregistrant leurs scènes de rap ou encore des chroniques, la démarche s’avère plutôt saine et de bon aloi. En revanche, quand un petit malin ne trouve pas mieux que de mettre une caméra dans les toilettes des filles au lycée et de mettre en ligne les visuels sur un site, son action s’apparente à un acte délictueux des plus répréhensibles.

 

Si les deux manières de se singulariser ont atteint leur objectif, celui de recueillir autant de vues l’une que l’autre, l’impact n’aura pas été le même ! Avec ces deux récits, le scénariste Vincent Brunner plonge le lecteur dans le quotidien d’une nouvelle génération branchée sur les réseaux sociaux H24, qui d’une part, rêve d’atteindre une popularité et une aura qui peut-être les rendra riches et pourquoi pas célèbres. Et qui, concomitamment, doit rester sur ses gardes, tenter de protéger sa vie privée et éviter de faire l’objet d’harcèlements divers et variés. Avec des dialogues plutôt alertes, le scénariste Vincent Brunner fait passer le lecteur par toutes les phases, de l’amusement à l’indignation devant l’utilisation de ce nouveau média et ne manque pas de l’interroger sur le phénomène interplanétaire qui a notamment gagné toute une génération.

Claire de Gastold s’empare de belle manière des deux histoires, avec un dessin réaliste et efficace, rendant la lecture très plaisante.

11407 VUES Vincent BRUNNER/Claire de Gastold Editions CASTERMAN 136 pages, 13,90 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 26 Janvier 2021

Tomino la maudite T1, bienvenue dans l’enfer des hommes

Les jumeaux, fille et garçon, n’ont pas l’occasion de fêter leur premier anniversaire avec leur mère qui vient de les abandonner à leur oncle, lui laissant un mot pour demander qu’on leur donne des prénoms et pour lui promettre une pension alimentaire mensuelle.

Recueillis par cette famille qui  finit par les affubler des prénoms Shoyu et Miso, les deux orphelins deviennent rapidement des souffre-douleurs et ne cessent de subir des sévices, à commencer par des pluies régulières de coups ajoutés à la privation de nourriture. Quelques années plus tard, Ils finissent par apprendre qu’ils sont dans une famille d’adoption avant d’être vendus à un directeur de cirque de Tokyo.

Une nouvelle vie commence, celle où ils vont enfin manger à leur faim, fréquenter les écoles mais aussi découvrir une nouvelle famille composée de phénomènes de cirque. D’Elise, l’enfant à quatre jambes à Shin le bébé poilu en passant par Ken le nabot, les jeunes jumeaux rebaptisés Katan et Tomino ne tardent pas à intégrer cette tribu hors norme mais autrement plus attachante que les Thénardier précédents. Seulement le monde du spectacle n’est pas que froufrous et paillettes et les jumeaux ne vont-ils pas l’apprendre à leurs dépens ?

En jouant sur l’apitoiement sur les deux jeunes orphelins, l’auteur Suehiro Maruo saisit rapidement le lecteur au point de ne plus le lâcher et ce, pendant plus de 300 pages. On découvre ainsi l’identité de la mère et les raisons pour lesquelles elle les a abandonnés ainsi  que sa quête pour les retrouver…

Avec un dessin hyperréaliste, dans des décors fouillés, Suehiro Maruo met remarquablement en valeur un scénario dense qui sera développé en deux tomes qui sont déjà parus au Japon.

TOMINO LA MAUDITE Volume I Suehiro MARUO Editions CASTERMAN 336 pages, 22,00 €

Bernard  Launois

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 26 Janvier 2021

La guerre invisible T1, quand tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins

Nous sommes en septembre 1951 quand Cassandra Bromby débarque à l’aéroport du Caire, accompagnée d’un jeune garçon qu’elle présente comme son fils. Mais ne nous méprenons pas, la jeune femme travaille pour la CIA sous le nom d’emprunt de Kathryn, et sa mission est d’exfiltrer Manfred Fürbringer, un scientifique allemand spécialiste en armement, réfugié en Egypte depuis la Seconde Guerre mondiale. Quant au jeune Rudy qui a fait le voyage avec elle, c’est un orphelin rescapé de la guerre qui va servir à approcher le fils de celui qu’elle veut convaincre de venir vivre aux Etats-Unis pour y développer ses talents.

Attendus à l’aéroport par Max, un soi-disant beau-frère qui est chargé de lui faciliter les contacts dans cette ville qu’elle découvre, le duo couple diabolique met au point une stratégie, pour rencontrer le fameux dignitaire, qui finit par payer.  Mais le scientifique voudra-t-il les suivre en Amérique, ne réalisera-t-il pas que la rencontre des deux jeunes garçons est loin d’être fortuite ? Ne faudra-t-il pas revoir leur copie et ce, dans les meilleurs délais car le scientifique est convoité par d’autres nations qui voudraient bien s’adjoindre ses services ?

Grâce à un scénario enlevé et bien ficelé, comme Frank Giroud en a le secret, le lecteur se trouvera rapidement embringué dans une course folle contre la montre où les rebondissements sont savamment distillés au fur et à mesure du récit, le maintenant ainsi en haleine jusqu’à la dernière page.

Avec un dessin réaliste, dynamique et fouillé collant parfaitement au scénario,  augmenté des belles couleurs chatoyantes de Gaétan Georges, Olivier Martin transporte le lecteur dans les quartiers typiques du Caire des années 50.

De Louis la guigne à Babylone en passant notamment par l’excellente saga Le décalogue, le talentueux et regretté Frank Giroud aura marqué sa génération par des scénarios de haute volée et il importait ici de le souligner à l’occasion de la parution de La guerre invisible, son ultime album.

LA GUERRE INVISIBLE T1 L’agence Frank GIROUD/Olivier MARTIN Editions RUE DE SEVRES 56 pages, 15,00€

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 20 Janvier 2021

IVALU, récit poignant d’un drame au Groenland

Ivalu et Pipaluk sont deux jeunes filles inuit qui vivent avec leur vieux père alcoolique dans une de ces jolies maisons colorées qui font tout le charme d’un pays inféodé au Danemark. Leur vie d’adolescentes au quotidien s’avère paisible, entre l’école et les promenades en barque.

Demain, c’est le grand jour, celui de la fête nationale où il faudra se vêtir de ses plus beaux atours pour recevoir la reine qui leur fait l’honneur de leur rendre visite. Miné par l’alcool, leur vieux père dilapide l’argent du ménage sans se préoccuper de ce que ses filles mangent à leur faim. Quant à leur procurer à toutes les deux un beau costume traditionnel pour parader avec les autres ados en ce jour de fête, il faut oublier… Seule Ivalu dispose d’un costume, mais elle a disparu de la maison depuis ce matin suite à l’intrusion du père dans sa chambre, et Pipaluk n’a pas su interpréter ses cris et ses pleurs…

Où est-elle partie se réfugier, que s’est-il  vraiment passé avec son père ? Pipaluk est aux abois et n’aura de cesse de retrouver sa sœur, se souciant alors peu de la fête.

Le scénariste Morten Dürr entraine le lecteur dans un univers rude, celui d’un peuple inuit sous souveraineté danoise depuis le début du 18ème siècle, à la recherche d’une autonomie et pour qui la vie au quotidien n’est pas toujours simple. Il aborde également un sujet difficile, trop souvent tu, celui de l’inceste.  

Avec un dessin réaliste, plutôt stylisé, accompagné de couleurs froides, le dessinateur Lars Horneman plante rapidement le décor pour nous plonger dans un drame qui ne cesse de se perpétuer depuis la nuit des temps.

Voilà une bande dessinée au ton grave, qui n’aura jamais tant d’actualité qu’en cette période où la culpabilité des victimes s’efface au profit de langues qui se délient. Saluons ici la qualité de la réalisation de cet album, tant dans le récit que dans l’illustration d’auteurs à succès pour qui c’est la première bande dessinée.

Une bande dessinée à lire instamment et à méditer…

IVALU Morten DÜRR/Lars HORNEMAN Editions SARBACANE 128 pages, 19,50 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 18 Janvier 2021

Yellow cab, help taxi !

Voilà maintenant un an que Benoit, scénariste pour le cinéma, s’immerge à New York quand il décide de tenter l’expérience de se mettre dans la peau d’un chauffeur de taxi. Rien de bien compliqué parait-il, il suffit de débourser 500 dollars s’inscrire dans une école spécialisée, valider un minimum de 24 heures de cours, passer l’examen écrit et prouver, par test, que l’on ne se drogue pas. Hélas, le chemin est pavé d’embûches, et une fois le sésame en poche la galère ne fait que commencer…

 

D’après une libre interprétation du roman de Benoit Cohen, l’auteur Christophe Chabouté plonge le lecteur dans l’aventure new-yorkaise où l’on va suivre les pérégrinations d’un Français, de son désir de devenir chauffeur de taxi jusqu’à sa déambulation dans la ville au bon vouloir des clients. C’est qu’il y en a, des clients, et la palette est large : des jeunes, des  vieux, des traîne-misère, des salaces… L’univers de la banquette arrière s’avère hétéroclite et les courses défilent, ponctuées par des démêlés avec les forces de police qui n’aiment pas les taxis et les gratifiant d’amendes salées pour un oui, pour un non.

Le lecteur va rapidement s’immerger dans cette aventure, aussi grâce au dessin réaliste de l’auteur qui manie le noir et blanc avec talent, et se laisser porter par les superbes plans sur cette ville toujours en mouvement.

Il faut dire qu’illustrer les rues de la Big Apple n’est pas étranger à Christophe Chabouté car il nous avait déjà enchantés dans deux  expositions avec Charlélie Couture sur  New York rêvée et New York vécue, dont on peut (re)voir les visuels dans l’Artbook qui lui est consacré. On retrouvera également avec plaisir une série de dessins qui ne comportent pas de phylactères, se suffisant largement à eux-mêmes.

Alors, prêt à affronter la ville la plus bouillonnante du monde en compagnie de Benoit, c’est ce qu’on peut  vous souhaiter de mieux ?

 

YELLOW CAB Christophe CHABOUTE Editions VENTS d’OUEST 168 pages, 22,00 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 15 Janvier 2021

Au-delà des étoiles, la naissance d’un crew (tome 1).

Au Quartier des étoiles, une petite bande de six adolescents vibre au rythme du beat et du hip-hop, et voit leurs rêves se confronter à la réalité de la vie de la cité. Entre eux nait une belle histoire d’amitié empreinte de poésie, illustrée par un graphisme dynamique aux couleurs chaleureuses: c’est l’album « Au-delà des étoiles », de Cee Cee Mia et Lesdeuxpareilles (Editions Dupuis, 2020), dont le premier tome fait l’objet d’une exposition BD que Bulles de Mantes présente à la Médiathèque de Limay du 8 janvier au 2 février 2021.

Cette exposition est organisée dans le cadre de la 3ème biennale de la danse de GPS&O, « Sur quel pied danser » … initialement programmée en janvier de cette année, et qui a du être reportée à l’année 2022 en raison des contraintes sanitaires. Mais les médiathèques restant ouvertes au public la programmation de l’expo a été maintenue, en lointaine avant-première « Sur un pied suspendu » de la future biennale.

Une exposition de Bulles de Mantes, du 8 janvier au 2 février 2021.

Médiathèque de Limay, 8 Avenue du Président Wilson, 78520 Limay. Entrée libre.

Le mardi de 14h à 18h, le mercredi et le vendredi de 10h à 12h30 et 14h à 18h, et le samedi de 10h à 12h30 et 14h à 17h.

illustration © Dupuis, 2020

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Bulles en villes

Repost0

Publié le 15 Janvier 2021

L’homme de la situation… De Charybde en scylla, ou la longue descente aux enfers

Comment ne pas être déstabilisé quand on perd coup sur coup sa femme et son job ? Manu, un jeune instituteur, ne sait plus où il en est, lui qui avait le sentiment de maîtriser tous ceux qu’il avait autour de lui, et il commence à se poser beaucoup de questions. Sa compagne ne supporte plus ses attitudes dominatrices. Quant à son travail, voilà une promotion promise qui lui est soufflée, qui plus est par la gent féminine et là, c’est la goutte qui fait déborder le vase… Et c’est ainsi qu’il se retrouve mis en vacances forcées par son supérieur. Sa déambulation dans la ville, histoire de se calmer, va lui faire rencontrer une drôle de fratrie déscolarisée et à qui il va se mettre en tête de redonner, notamment,  goût aux études.

Seulement, rien ne se passe comme il voudrait, et cette drôle de famille va l’entrainer dans une spirale infernale. Petit à petit, Manu fait partie de la famille au point de ne plus pouvoir quitter l’hôtel et de se demander ce qu’il se trame.

Alors qu’il est fragilisé psychologiquement ces derniers temps, la famille, au demeurant accueillante, devient de plus en plus exigeante. Sera-t-il condamné à finir ses jours, coincé entre une matrone envahissante et une jeune adolescente un brin aguichante ?

L’auteur Lou Lubie livre là un thriller psychologique des plus intrigants où le personnage principal et le lecteur sont entrainés dans une manipulation réellement diabolique. Si le scénario apparait fort classique dans les premières pages entre un jeune homme désorienté et une famille à problèmes qui ne demande qu’à être aidée, des événements concomitants surgissent, et le doute mêlé à une belle angoisse s’installe : l’histoire, au demeurant banale, prend  alors une toute autre dimension.

Ce récit de près de 150 pages, mis en images de manière plutôt réaliste, se lit d’une traite tellement le suspense est habilement ménagé, et ne pourra laisser indifférent le lecteur médusé.

Assurément, une excellente surprise en ce début 2021.

L’HOMME DE LA SITUATION Lou LUBIE Editions DUPUIS 144 pages, 19,95 €

Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 20 Décembre 2020

Greetings from Azur, retour sur la grande bleue, pas si bleue que ça

De La Grande-Motte, station balnéaire créée sur des marais insalubres, jusqu’à Menton, la reine des agrumes, en passant par les Saintes-Maries-de-la-Mer, la belle camarguaise, les auteurs Maxime Gueugneau et Simon Bournel-Bosson entrainent le lecteur dans un périple dont la grande bleue constitue le leitmotiv. Ils font cinq étapes dans des stations de villégiature  qui ont capitalisé leur renommée autour de deux couleurs, le bleu de la mer et le jaune du soleil qui brille tout au long de l’année, attirant des hordes de touristes, particulièrement d’avril à septembre. Mais peut-on s’arrêter à ces clichés véhiculés, depuis la révolution des congés payés, sur les villes du Sud ? Aux trois villes précitées s’ajoutent Fos-Sur-Mer et Port-Grimaud, et en avant pour arpenter ces bourgades à la rencontre des autochtones qu’ils ont su faire parler et ce, sans filtre, à la manière de la célèbre émission belge « Striptease ».

Si l’on peut être surpris dans un premier temps par le concept de l’album, composé pour chaque étape respectivement d’un reportage avec photos dessinées, de pages bd entrecoupées par une carte postale recto-verso, d’un commentaire à la Tripadvisor, d’une missive manuscrite, etc.,on se fait rapidement au rythme des plus plaisants imposé par le scénariste Maxime Gueugneau.  Ainsi le lecteur pouvant lire les étapes dans l’ordre qu’il désire, il retrouvera toujours le même concept et se surprendra peut-être à le lire par item. Mais il ne faut pas se méprendre, ce n’est assurément pas un énième guide touristique mais plutôt un ressenti des habitants qui y vivent à l’année, sans langue de bois auxquels les auteurs auront glissé quelques onces de fiction, histoire de broyer les pistes.

Avec un dessin semi-réaliste, rehaussé par des aplats de mêmes couleurs associées à chaque étape, Simon Bournel-Bosson donne rapidement le ton d’un album clairement atypique, mais tellement attachant qu’on ne peut que s’y plonger dans ce grand bleu… Azur.

GREETINGS FROM AZUR Maxime GUEUGNEAU/ Simon BOURNEL-BOSSON Editions KIBLIND 144 pages, 26,00 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 12 Décembre 2020

A l’approche des fêtes de fin d’année, voici des idées de cadeaux avec quelques albums BD parfaits pour se détendre ou occuper les longues soirées du couvre-feu : autant de titres incontournables à offrir ou à s’offrir et qu’il ne faudrait pas avoir manqués cette année. Nous vous proposons un choix de nos chroniqueurs...

La sélection de Jérôme Boutelier :

Les romans graphiques

  • Swan / tome 2 Le Chanteur espagnol (par Nejib, éditions Gallimard) : les débuts de l’impressionnisme dans une magistrale évocation romancée absolument passionnante, racontée avec une maestria étourdissante.
  • Géante (par Jean-Christophe Deveney et Nuria Tamarit, éditions Delcourt) : une jeune fille de taille gigantesque découvre sa différence en voyageant dans des contrées merveilleuses. Un conte initiatique et féministe au dessin naïf et poétique, dans un superbe album de 200 pages.
  • Peau d’homme (par Hubert et Zanzim, éditions Glénat) : en pleine Renaissance, une jeune italienne de bonne famille revêt une peau d’homme et découvre incognito l’amour et la sexualité dans un hymne à la tolérance aussi élégant que subtil.
  • Celestia (par Manuele Fior, éditions Atrabile) : dans une Venise post-apocalyptique au milieu d’un monde dépeuplé, l’épopée onirique de deux jeunes amoureux en quête de sens. Un univers graphique admirable sublimé par les couleurs, d’une merveilleuse poésie.

Un peu d’histoire

  • Bella Ciao, uno (par Baru, éditions Futuropolis) : une histoire populaire de l’immigration italienne en France à travers des souvenirs de famille mêlant réalité et fiction. Toute la maitrise de Baru dans son univers familier, avec son regard humaniste porté sur la société.
  • Le Banquier du Reich, tome 2 (par Pierre Boisserie, Philippe Guillaume et Cyril Ternon, éditions Glénat) : l'histoire de Hjalmar Schacht, banquier génial aux positions ambigües qui fut ministre d’Hitler, puis jugé et condamné à Nuremberg. Une très intéressante évocation historique menée avec dynamisme et joliment servie par un dessin réaliste minutieux.

Pour les amateurs de SF

  • Mécanique céleste (par Merwann, éditions Dargaud) : en plein monde post-apocalyptique une petite cité agricole tente d’éviter l’annexion par une ville puissante en acceptant de lier son avenir aux résultats d’un match entre leurs champions. Un rythme trépidant, un dessin maitrisé et dynamique, de belles couleurs, tout pour faire un album réussi.

 

Rien ne vaut un bon polar

  • Purple Heart / tome 2 Projet Blue Bird (par Eric Warnauts et Guy Raives, éditions du Lombard) : un privé enquête dans le Hawaï de l’après-guerre sur la mort d’un fils de bonne famille new-yorkais. Une intrigue captivante dans un scénario sans temps mort, avec le superbe dessin réaliste du duo d’auteurs et les couleurs splendides des tropiques.
  • La Dernière rose de l’été (par Lucas Harari, éditions Sarbacane) : dans une villa au bord d’une plage, un écrivain débutant est témoin des frasques d’une mystérieuse voisine. En vrai maitre des atmosphères l’auteur signe avec sensibilité un polar d’ambiance très réussi, au dessin ligne claire et au découpage efficace.

BD documentaire

  • Tropiques toxiques (par Jessica Oublié, Nicola Gobbi et Vinciane Lebrun, éditions Steinkis / Les Escales) : une enquête extrêmement fouillée et complète sur le scandale du chlordécone, un pesticide utilisé dans les bananeraies de Martinique et de Guadeloupe de 1972 à 1993 et ayant dramatiquement pollué les terres pour des centaines d’années.

 

Pour les plus jeunes (et les grands aussi)

  • Charbon / tome 1, L’Espoir (par Michel Colline, éditions Paquet) : sur une planète minière polluée à l’extrême et où toute trace de nature a disparu depuis longtemps, un enfant découvre une feuille au fond d’une mine. Mêlant science-fiction, écologie et combat contre les tyrannies, un excellent récit tout public et bien servi par un dessin efficace et de belles couleurs sombres.
  • Croc-Blanc, un monde sauvage (par Pierre-Emmanuel Dequest, Editions du Rocher) : une superbe adaptation en BD du célèbre roman de Jack London. Le scénario restitue parfaitement l’émotion,  le dessin très réaliste est splendide et les couleurs somptueuses. Un très bel hymne à la nature.

Le coin des tout-petits

  • La Famille Passiflore, Pirouette & Nymphéas (par Loïc Jouannigot, éditions Daniel Maghen) : l’adorable famille de petits lapins s’aventure dans les jardins de Giverny. Un magnifique album illustré aux aquarelles subtiles et délicates, pour un grand moment de douceur.

     

La sélection de Bernard Launois :

Les romans graphiques

  • Aldobrando (par Gipi et Luigi, éditions Casterman) : Un grand récit d’initiation picaresque, savoureux et poignant que n’aurait pas renié l’écrivain Rabelais. L’histoire est originale, fort bien construite avec un suspense qui est maintenu tout au long de l’album.

Un peu d’histoire

  • La bombe (par Alcante, LF Bollée et Denis Rodier, éditions Glénat) : Assurément un ouvrage de référence pour (re)découvrir la genèse de la bombe qui a changé la face du monde lors de la dernière guerre mondiale.
  • Hitler est mort ! T1 (par Jean-Christophe Brisard et Alberto Pagliaro, éditions Glénat) les dessous d’une bataille entre les services d’espionnage soviétiques pour faire main basse sur la dépouille d’Hitler, réalité ou fiction.

 

Pour les amateurs de SF

  • Carbone et silicium (par Mathieu Bablet, éditions Ankama) : Derniers nés des laboratoires Tomorrow Foundation, Carbone et Silicium sont les prototypes d’une nouvelle génération de robots destinés à prendre soin de la population humaine vieillissante.
    Élevés dans un cocon protecteur, avides de découvrir le monde extérieur, c’est lors d’une tentative d’évasion qu’ils finiront par être séparés. Ils mènent alors chacun leurs propres expériences et luttent, pendant plusieurs siècles, afin de trouver leur place sur une planète à bout de souffle où les catastrophes climatiques et les bouleversements politiques et humains se succèdent...
  • La chute (par Jared Muralt, éditions Futuropolis) : Dans un futur plus ou moins proche, un virus s’apparentant à une grippe estivale sévit aux Etats-Unis et n’en finit pas de faire des ravages dans la population. C’en est au point que le gouvernement finit par instaurer une loi martiale, afin de juguler des conflits qui finissent par ressembler à un état de guerre civile. Cela ne vous rappelle rien ? Paru avant la pandémie, cet album ne serait-il pas prémonitoire ?

Rien ne vaut un bon polar

Il faut flinguer Ramirez acte II (par Nicolas Petrimaux, éditions Glénat) : Assurément la révélation 2018 qui confirme avec l’acte II, tout aussi tonitruant, d’un homme muet poursuivi à travers l’Arizona par une horde de tueurs à gages. Il n’est pas seulement le meilleur vendeur du célèbre aspirateur Robotop, mais il a aussi une double, voire triple vie… sans parler de son ascendance qu’il traîne comme un boulet.

 

Manga :

  • Sengo (actuellement 4 fascicules parus)  (par Yamada Sansuke, éditions Casterman) : Avec un premier album paru toute fin 2019, c’est le récit sur Les Pieds Nickelés chez Tardi. De retour du front, le mutique Kawashima, pourtant bien né, n'a jamais cherché à renouer avec les siens. Une rencontre inattendue avec une femme fait ressurgir le passé houleux d'un homme qui n'a jamais trouvé sa place au sein de sa famille. Dialogue enlevé, dessin hyperréaliste de belle facture, cette série a déjà reçu de nombreux prix mérités au Japon et en France, à commencer par le prix manga de l’ACBD. 

Pour les plus jeunes (et les grands aussi)

  • Le roi des oiseaux (par Alexander Utkin, éditions Gallimard Bande Dessinée) : La pomme, toujours la pomme. Ce fruit aura généré bien des soucis au cours de l'histoire ! Parce qu'une souris trop gourmande croqua dans un de ces délices sucrés en omettant d'en proposer à son ami le moineau, la guerre entre animaux à ailes et spécimens à poils est déclarée ! Ainsi commence cette histoire slave envoutante qui se lit au coin de la cheminée. (prix ACBD jeunesse 2020).

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Chronique de Jérôme BOUTELIER, #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0