Publié le 16 Juin 2020

BLACK SQUAW T1, ou les ailes du désir de réussir

Bessie Coleman n’a encore que l’âge de courir dans les champs de blé texans,  mais elle ne rêve déjà que de voler. Seulement, nous sommes à l’orée du 20ème siècle et elle doit surmonter, a minima, deux handicaps de taille, celui d’être une femme et qui plus est une métisse dans un pays où le Ku Klux Klan fait régner la terreur sur les populations qui ne sont pas de race blanche.

Pour ce premier album d’une nouvelle série, d’un duo d’auteurs déjà célèbre avec la série DENT D’OURS, le lecteur est  transporté dans l’histoire romancée de Bessie, jeune femme intrépide, animée par une volonté de réussir dans un monde où personne ne l’attend. Le scénariste Yann, après nous avoir tout d’abord plongés dans un vol à risques, eu égard notamment aux conditions météo, afin de récupérer de l’alcool de contrebande pour le compte d’Al Capone, revient sur le passé de cette jeune aviatrice née avec du sang  indien dans les veines. Enfance compliquée au sein d’une famille de huit frères et sœurs, où les fins de mois sont toujours difficiles à boucler, Bessie, éprise de justice, ne cessera toute sa prime jeunesse de vouloir faire évoluer sa condition et celles des siens. Le récit s’avère dynamique, empreint de dialogues enlevés, et accompagné par le dessin hyperréaliste d’Alain Henriet rehaussé par les belles couleurs vives d’Usagi.

Un making-of de six pages agrémentées de crayonnés, relatant le début du parcours de Bessie, première aviatrice afro-américaine ainsi que les conditions de vie des « lighthhorsemen », police tribale indienne, et un focus sur le Ku Klux Klan, complète ce premier opus d’une série qui semble des plus prometteuses.

BLACK SQUAW T1, NIGHT HAWK Editions DUPUIS 56 pages, 14,50 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 4 Juin 2020

RAVEN T1 Némésis, l’Aventure avec un grand A !

« Mieux vaut être seul que mal accompagné », c’est assurément la citation du philosophe Pierre Gringoire qui sied le mieux à ce diable de Raven, le pirate solitaire. Sa confiance, il ne se l’accorde qu’à lui, et ses rencontres, pas toujours heureuses, vont le conforter dans son état d’esprit. Rien ne l’arrête, surtout quand un trésor est à portée de main, et quand bien même il vient à peine de réchapper à une mort certaine dans un des abordages les plus difficiles qu’il ait connu.

Si la Jamaïque est aujourd’hui synonyme de farniente et de plages chaudes, il n’en est pas de même au XVIIème siècle où les truands pullulent sur les flots, plus nombreux que les squales dans la mer des Caraïbes. Seulement le trésor de Chichén Itza, enterré sur l’île du Morne-du-Diable, est également convoité par la diablesse Lady Darksee, prête à tout pour arriver à ses fins.  Et pour couronner le tout, il apparait que cette fameuse île est peuplée de cannibales qui accommoderaient bien leur repas de quelques pirates.

Voilà un tableau bien dressé pour une aventure héroïque qui démarre sous les meilleurs auspices dans ce premier opus, avec un talentueux Mathieu Lauffray à la fois au scénario et au dessin. Le lecteur va, dès les premières pages, se prendre au jeu d’un pirate haut en couleurs, conscient de ses faiblesses, qui se jette à corps perdu dans une aventure de l’impossible. Réussira-t-il à dompter son impétuosité, à tenir tête à la belle pirate Lady Darksee ? Avec des dialogues enlevés ajoutés à des situations romanesques pleines de suspense, Mathieu Lauffray qui nous avait déjà enchanté dans la série Long John Silver, revient en force avec un scénario à la hauteur de son dessin.

Indispensable…

RAVEN T1 NEMESIS  LAUFFRAY Editions DARGAUD 56 pages, 15,00 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 1 Juin 2020

Coluche président ! Pour le meilleur et pour le rire

 

Et si l’humoriste Coluche avait accédé à la plus haute marche de l’Etat ? Revenons sur notre histoire, il y a bientôt près de quarante ans, lorsque la gauche de François Mitterrand rêvait de prendre le pouvoir, que la droite de Valéry Giscard semblait assurée d’une réélection, et que Coluche prenait toute la classe politique à contre-courant en proposant un programme sur le thème de la rigolade.

C’est dans une uchronie fondée sur ce postulat que les deux frères Erre, Jean-Marcel au scénario et Fabrice au dessin,  vont embarquer les lecteurs au cœur des coulisses de l’Elysée alors que notre amuseur public, talentueux et ô combien médiatique, vient d’endosser le costume de chef d’état.

Passée la griserie des premiers jours dans le fauteuil présidentiel, l’humoriste président réalise qu’il ne suffit pas de décréter l’apéro général pour que le Français s’y retrouve. Finis la rigolade et le club des « enfoirés » cher à Coluche, place au doute et à la remise en question de son rôle de chef d’état. Que faire pour transformer le quotidien des Français, pour changer la face du monde quand les grands de la planète frappent à la porte de l’Elysée ? Peut-être rester dans l’immobilisme pour ne pas risquer de reproduire ce qui a déjà été fait ?

Sous forme de saynètes retraçant chaque étape importante de sa première année en tant que chef de l’état, le scénariste Jean-Marcel Erre dresse un portait aussi drôle que grinçant d’un homme qui n’a jamais vraiment cru à son élection et qui se retrouve à diriger un pays qui était, en 1981, la cinquième puissance mondiale, et ce sans vraiment avoir eu de programme.

Avec un dessin « gros nez » des plus efficaces, le dessinateur Fabrice Erre met remarquablement bien en images des dialogues drôles dans des situations souvent des plus pathétiques qui pourront toucher tous les  publics, autant ceux qui ont connu cette période que les générations suivantes.

COLUCHE PRESIDENT ! Jean-Marcel ERRE/Fabrice ERRE Editions FLUIDE GLACIAL 56 pages, 12,90 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 31 Mai 2020

PANDORA n°5, spécial été, un laboratoire de talents qui fait du bien

De Benjamin Adam à Melek Zertal en passant par Alfred, Blain, Blutch, Nicolas de Crécy, Daphné Colligon, ils sont une soixantaine cette fois-ci à investir le Pandora new-look, spécial été. Voilà bientôt un an que nous attendions ces historiettes, d’une page à près d’une dizaine et ce, dans tous les styles. Le lecteur va pouvoir  passer du rire aux larmes sur près de 300 pages.

Des autrices et auteurs sur la grève, prêts à rejoindre la cohorte de ceux qui surfent sur la vague bd depuis quelques années, il y en a pour tous les goûts. Leur dessin, du stylisé au plus sophistiqué, haut en couleurs ou noir & blanc, accompagne de la meilleure des manières de jolis scénarios souvent des plus originaux.

Alors, si faire un choix parmi plus d’une soixantaine de récits s’avère forcément cornélien et risque d’en laisser injustement sur le sable, on pourra retenir pêle-mêle quelques histoires telles que Les vacances sous la plume de la talentueuse Daphné Collignon, les frasques de Francis Blaireau farceur disséminées tout au long de l’album comme leitmotiv, ou encore Variation de Blutch et Anouk Ricard. On n’oubliera pas non plus Nager la nuit du regretté maître Jiro Taniguchi.

Par contre, on regrettera pour nombre d’autrices et d’auteurs que leurs récits ne soient pas plus paginés, pour le plaisir de nos yeux et de nos zygomatiques, souvent sollicités. Alors comme le suggèrent les éditions Casterman de manière légèrement grivoise, « parce qu’un petit bout ne suffit pas toujours.. », il suffira au lecteur de se (re)plonger dans le catalogue de l’éditeur pour prolonger le plaisir.

Indispensable cet été, sur la plage ou pas, et assurément un vrai moment de bonheur qui n’est pas sans rappeler ceux que nous aura procurés la revue « A suivre » des éditions CASTERMAN, qui aura déniché et mis tant de talents au grand jour.

PANDORA N°5, spécial été collectif Editions CASTERMAN 280 pages, 19,00 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 26 Mai 2020

VENT MAUVAIS, quand la campagne sert de planche de salut

Béranger Frich, jeune quadragénaire parisien, ne sait plus où il en est : divorcé avec ses deux jeunes filles hébergées en alternance, et surtout avec un boulot de scénariste de films pour lesquels il est en panne d’inspiration. Alors un déménagement à la campagne, ne serait-ce pas la solution à tous ses problèmes ? Finis, les soirées bobo qui finissaient par le lasser, sans parler, d’une part, de ses démêlés avec son ex et d’autre part de sa relation avec  sa nouvelle compagne avec laquelle ce n’était pas le nirvana. Et puis, ses filles viendront le voir de temps en temps et il pourra enfin se consacrer à la rédaction de la suite du film qui l’a consacré. Il finit par jeter son dévolu sur une bicoque bordée d’éoliennes située à une centaine de kilomètres de Paname. Ne finira-t-il pas par regretter la présence de ces pales géantes qui brassent de l’air ? La vie à la campagne sera-t-elle aussi salvatrice qu’il l’aurait souhaité ? L’arrivée de la singulière Marjolaine ne va-t-elle pas bousculer son plan à la campagne ?

Toutes ces questions vont bien finir par trouver des réponses mais peut-être pas forcément celles que l’on attendait. L’auteur Cati Baur réalise un scénario fort bien construit, mettant en scène des personnages assurément pas bien dans leur peau et ce, pour des raisons diverses. Le lecteur va se retrouver, tour à tour, amusé par les situations cocasses - à commencer par les attitudes du parisien qui débarque à la campagne avec ses certitudes, ou peiné par les tournures que prennent les affres de l’écriture quand l’inspiration ne vient pas. Les dialogues sont savoureux et les situations d’un réalisme évident, à se demander pour certaines scènes si ce n’est pas du vécu.

Avec un trait semi-réaliste de bon aloi rehaussé par des couleurs chatoyantes, Cati Baur aura réussi le pari d’entrainer, sur 200 pages, un lecteur qui n’aura de cesse d’en connaitre l’épilogue.

 VENT MAUVAIS CATI BAUR Editions Rue de Sèvres 192 pages, 20,00 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 10 Mai 2020

RETOUR DE FLAMMES T1, quand le cinéma devient une arme de guerre

Les autorités allemandes sont sur les dents, voilà que deux cinémas parisiens qui projettent des films de propagande nazis viennent d’être incendiés. Le commissaire Engelbert Lange, à qui sont confiées les affaires,  va rapidement se retrouver sous la pression de la Gestapo qui n’hésite pas à le pister afin de s’assurer qu’il mène correctement ses recherches. Les enquêtes s’avèrent compliquées à élucider et le jeune commissaire va devoir développer des trésors d’ingéniosité pour les faire avancer dans ce milieu particulier qu’est le 7ème art,  un monde qu’il semble avoir des réticences à côtoyer. Qui peut bien se cacher derrière les destructions de salles, sont-elles l’œuvre  d’un individu ou celles d’un groupuscule bien organisé ? Pourquoi le commissaire n’apparait-il pas très à l’aise dans le milieu du cinéma ?

Avec le premier tome de ce diptyque, le scénariste Laurent Galandon transporte le lecteur dans un polar endiablé en plein Paris occupé où les enquêteurs font face à un drôle de dilemme : mener à bien l’enquête, au risque de démonter un complot antinazi et servir ainsi la Gestapo, ou faire un simulacre d’enquête  et prendre la responsabilité que d’autres salles de cinéma disparaissent sans parler du danger d’embraser les immeubles environnants. Cette enquête policière, sur fond du 7ème art, souligne également le rôle de la culture comme vecteur de contestation ou de maintien du pouvoir, à un moment où  les préoccupations de la France sont tout autres.

Bien servi par la jeune dessinatrice Alicia Grande avec un graphisme réaliste et fouillé, Retour de Flammes (re)plongera le lecteur dans les années 40 où le cinéma restait une des rares distractions du Paris confiné.

A découvrir instamment.

RETOUR DE FLAMMES T1 Premier rendez-vous Alicia GRANDE/Laurent GALANDON collection 24X32 Editions GLENAT 64 pages, 14,95 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Repost0

Publié le 9 Mai 2020

LES AVENTURES DU ROI SINGE T1, à l’ère de la mythologie chinoise

Que rêver de plus beau pour son peuple, sinon qu’il soit le plus heureux… et c’est le cas ! Cet état de béatitude du roi Singe  sera, hélas, de courte durée, quand un de ses jeunes sujets vient à se noyer. Voilà ce qu’il manque à son peuple, le secret de l’immortalité !  Et ça, il n’y a que les dieux qui le détiennent et il faudra user de tous les stratagèmes pour le leur chaparder. Alors que son périple ne fait que commencer, le roi Singe va par le plus grand des hasards trouver un bâton, le Jingu Bang, qui va se révéler être l’arme la plus redoutable. Ragaillardi par cette découverte, le roi Singe va mettre les bouchées doubles pour ravir l’objet de son désir le plus fou. Y arrivera-t-il malgré tous les obstacles rencontrés ? C’est dans cette aventure des plus folles que le scénariste Stéphane Melchior et le dessinateur Vincent Sorel vont emmener le lecteur.

Avec des dialogues vifs et drôles, voici le premier album d’un triptyque qui fleure bon l’aventure, inspiré des péripéties de Sun Wukong, héros mythique de la littérature chinoise. Classé par l’éditeur dans la collection jeunesse FETICHE, cet album s’adresse vraiment à tous publics qui prendront, selon leur âge, les plaisirs d’une histoire rythmée et fort bien narrée, agrémentée d’un dessin tout aussi dynamique et de couleurs chatoyantes.

Le lecteur se prendra rapidement au jeu du roi Singe qui est prêt à toutes les facéties pour arriver ses fins.

LES AVENTURES DU ROI SINGE T1 Les Immortels Vincent SOREL/Stéphane MELCHIOR Collection FETICHE Editions GALLIMARD BD 64 pages, 12,50 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Repost0

Publié le 27 Avril 2020

EDEN T1, un retour au monde perdu des plus intrigants

Kathy Malone trépigne d’impatience depuis l’âge de ses douze ans, attendant de pouvoir récupérer les carnets de son arrière grand père maternel, le professeur Challenger : sa grand-mère les lui a promis à la condition qu’elle réussisse à devenir diplômée de paléontologie de la prestigieuse école Bristol. Le grand jour est arrivé de récupérer le précieux trésor, et flanquée de ses amis elle va enfin pouvoir réaliser son rêve de marcher sur les traces de son arrière grand-père maternel qui aurait découvert un monde perdu peuplé de ptérodactyles et autres bestioles préhistoriques évoluant dans une jungle luxuriante. Partis en mode vacances une fois leurs diplômes acquis de haute lutte, les jeunes amis menés par la sémillante et déterminée Kathy vont s’engouffrer dans deux vieux Combi Volkswagen pour une traversée brésilienne des plus aventureuses.

Remarquable conteur, l’auteur André Taymans embarque le lecteur dans une expédition où l’insouciance des jeunes adultes ne va pas tarder à se transformer en véritable cauchemar. Et comme si cela ne suffisait pas, la rencontre fortuite d’un jeune homme qui va les accompagner dans leur galère ne va guère arranger les choses. Si le  thème du Monde Perdu, cher à Sir Arthur Conan Doyle, a été déjà été visité ne serait-ce que par les œuvres de King Kong ou encore Jurassic Park, André Taymans lui donne une nouvelle dynamique en ajoutant un côté polar dont il s’est fait la spécialité avec notamment les exploits de la célèbre Caroline Baldwin.

Le dessin réaliste rehaussé par des aplats de couleurs numériques de belle facture convient parfaitement au récit, et c’est assurément avec impatience que le lecteur attendra les suites des aventures extraordinaires et glaçantes de la jeune exploratrice.

EDEN T1 Retour au monde perdu André TAYMANS Editions du Tiroir 48 pages, 14,50 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 26 Avril 2020

NEW CHERBOURG STORIES T1 Le monstre de Querqueville, le Cherbourg Belle Epoque réinventé

Un dossier top secret de la plus haute importance, volé au nez et à la barbe du service de contre-espionnage de Cherbourg, puis la découverte d’un drôle de cétacé échoué sur la plage, inconnu de la faune aquatique : voilà de quoi donner du pain sur la planche aux  frères Côme et Tacôme Glacère, à qui on a confié les affaires. Nos deux agents réussiront-ils à percer seuls le mystère de la baleine poilue et de là, découvrir tout un monde énigmatique et captivant ?  Heureusement, la nouvelle complicité de Julienne, jeune fille délurée accompagnée de son jeune frère Gus tout aussi dégourdi, ne sera pas de trop pour démêler les arcanes de cette enquête.

 

Particulièrement documentés, les Cherbourgeois Pierre Gabus au scénario et Romuald Reutimann  au dessin ont su emporter les lecteurs dans une histoire endiablée mêlée d’humour et de mystères de bon aloi.

Avec des situations et des dialogues drôles, le scénariste Pierre Gabus entraine le lecteur dans les méandres de la ville de Cherbourg-en-Cotentin, de la plage de Querqueville au Roule Palace en passant par l’arsenal.

 

Agrémenté d’aplats de couleurs réussis, le dessin semi-réaliste et tout en rondeur sied parfaitement au récit, avec des personnages alertes qui évoluent dans un décor fouillé.

Voilà un premier opus bien prometteur, qui ne demande qu’à être suivi d’histoires aussi rocambolesques dans une période qui ne l’est pas moins.

NEW CHERBOURG STORIES T1 Le monstre de Querqueville Romuald REUTIMANN/Pierre GABUS Editions CASTERMAN 72 pages, 14,50 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 24 Avril 2020

WILD WEST T1, ou la funeste destinée de Calamity Jane

Avant de devenir la célèbre Calamity Jane, assurément l’un des personnages les plus redoutés de l’Ouest américain, Martha Jane Cannary commence bien mal sa vie dans un bouge, l’un des innombrables saloons du fin fond de l’Utah, à s’occuper de chambres fréquentées par des demoiselles dites de petite vertu. Nous sommes autour des années 1860-1870, période où la violence tant physique que psychique règne en maître absolu. Seule la loi du plus fort a cours et Martha va vite l’apprendre à ses dépens. Trahison, agression sexuelle, sévices corporels, Martha va vite se forger un caractère un brin trempé car si elle veut gagner, de haute lutte, sa liberté, elle n’a d’autre solution que de s’affirmer dans ce monde de brutes.

Le scénariste Thierry Gloris entame, de fort belle manière, sa série Wild West avec un personnage haut en couleurs, souvent narré de façon humoristique dans les bandes dessinées avec notamment les récits de Morris ou encore de Christian Perrissin.  Ici, la barbarie et la cruauté sont au programme, plongeant le lecteur dans un univers rude où le plus faible n’a guère de solution que de se laisser avilir ou de prendre les armes à feu pour s’imposer et… vivre ! Les dialogues sont enlevés et le découpage intéressant, ménageant le suspense à chaque fin de page, technique qui a fait ses preuves dans les hebdomadaires bd des années 60-70.

Remarquablement servi par le dessin et la mise en couleurs de Jacques LAMONTAGNE qui sublime ce premier opus d’une série prometteuse, Wild West renoue avec les bons westerns et ce, pour le plus grand plaisir de tous.

WILD WEST T1 CALAMITY JANE Jacques LAMONTAGNE/Thierry GLORIS Editions DUPUIS 56 pages, 14,50 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0