Publié le 17 Mai 2014

Le tirailleur, mort deux fois pour la France !

"C'est aujourd'hui que la France prend les armes pour défendre son sol, son honneur, sa dignité, son avenir et le nôtre... Nous étions liés à elle dans les temps de tranquillité et d'opulence et il est juste que nous soyons à ses côtés dans l'épreuve qu'elle traverse..." C'est avec le discours du sultan Sidi Mohamed Ben Youssef prononcé le 4 septembre 1939, alors que la France entrait en guerre avec l'Allemagne, que la vie de bon nombre de paysans marocains va basculer. Le jeune Abdesslem fait partie de ces jeunes à être enrôlés pour aller combattre auprès des Français et ce... pour quinze ans, de la drôle de guerre à celle d'Indochine. Ce n'est qu'en 1954 qu'il retourne vivre dans son village... jusqu'à ?

La lecture de cet émouvant récit vous apprendra plus de cet étonnant jeune homme devenu un vénérable vieillard qui ne mérite que le respect.

Relaté à la manière d'un reportage graphique, le scénariste photographe Alain Bujak a su recueillir avec justesse, à l'occasion de son reportage dans une résidence sociale ADOMA, ex-SONACOTRA de la région parisienne, la dure réalité d'une vie en partie dédiée à un pays que le jeune marocain ne connaissait pas, et pour qui il aura combattu sans démériter. Ce récit est remarquablement mis en image par le dessin soigné de Piero Macola qui manie le pastel avec talent, pour nous transporter dans une histoire incroyable mais hélas, vraie.

On en prend plein la tête pendant 98 pages avec une foultitude d'émotions et tout autant d'interrogations pour Abdesslem, le personnage principal. Beaucoup de mots viennent à l'esprit à la lecture de ce récit sobre et si fort, et nous nous contenterons de ceux-ci : tout d'abord de la dignité lorsqu'il raconte au journaliste médusé son parcours chaotique qui ne l'aura pas épargné ; de la candeur de sa part, d'avoir cru que les autorités françaises puissent être à la hauteur des nombreux engagements qu'il a honorés de fort belle manière ; de l'incompréhension aussi, à voir les autorités militaires tenir si peu compte des sacrifices qui ont été consentis par le tirailleur ; de la révolte enfin, quand on découvre le vieil homme contraint de résider en France et ce, dans des conditions déplorables, loin de ses proches pendant neuf mois de l'année pour prétendre à toucher une maigre pension vieillesse lui permet à peine de subvenir à ses besoins.

Un cahier photographique d'une trentaine de pages complète opportunément ce récit bouleversant qui ne peut, pour un être normalement constitué, laisser indifférent.

À lire, instamment.

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

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Publié le 10 Mai 2014

Black Crow T5, vengeance quand tu nous tiens !

Alors certes, encore une histoire de pirates, mais quelle histoire ! Racontée de main de maître et sublimée par un superbe dessin, elle nous prouve encore une fois que Jean-Yves Delitte n'a pas usurpé le titre de peintre officiel de la Marine belge. La dernière bataille contre les Français a été terrible pour l'équipage de Black Crow. Après la perte de son bateau, Le " Revenge", mais également d’un bon nombre de ses amis, Black Crow n'a en tête qu'une obsession, la revanche ! Mais les plans diaboliques envisagés pour assouvir sa vengeance ne vont-ils pas être contrariés ? Ne va-t-il pas continuer à jouer de malchance et tomber de Charybde en Scylla ?

Après quatre albums tout aussi captivants les uns que les autres, Jean-Yves Delitte trouve encore les ressources de maintenir le suspense et de nous transporter dans un scénario rempli de rebondissements, au milieu de décors qui font rêver le lecteur. On appréciera tout particulièrement les trois double-pages de superbes illustrations qui viennent agrémenter l'album et rappeler, si on ne l'avait pas encore découvert, les talents de cet artiste. Alors, pour ceux qui ne connaîtraient pas encore l'incroyable épopée de Samuel Prescott, plus connu par son état de corsaire et sous le nom de Black Crow, c'est le moment de partager l'aventure de cet incroyable pirate.

A (re)découvrir, résolument !

BLACK CROW T5 Vengeance DELITTE Collection GRAFICA Editions GLENAT

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Rédigé par Bernard LAUNOIS

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Publié le 8 Mai 2014

Lucifer Sam, quand le diable vous tient !

Quand Syd Frazier, jeune adolescent New-Yorkais, débarque à l'aéroport Charles de Gaulle, il ne se doute pas un seul instant que son cadeau d'anniversaire va très rapidement se transformer en une succession de cauchemars ! De l'assassinat de sa mère, Mme Frazier, célèbre romancière de la succes story "Lucifer Sam" à sa séquestration par un groupe satanique, Syd ne sait plus à quel saint se vouer ! Il va finir par s'échapper et tenter de refaire surface. Qui diable peut bien lui en vouloir ? Sa séquestration a-t-elle rapport avec le décès de sa mère ? Autant de questions qu’il va lui falloir résoudre s'il veut pouvoir se reconstruire.

Entre suspens haletant et scènes à la limite du supportable, le scénariste Michelango La Neve ne ménage pas le lecteur et on se demande bien comment cet apocalypse va finir !

Le dessin hyperréaliste très "léché" de Marco Nizzoli, empli de jolies créatures mais également de personnages habités par le démon, voire limite folie, tour à tour ravit et horrifie. On prend vite fait et cause pour Syd, un jeune homme qui va découvrir l'Europe de manière bien singulière !

LUCIFER SAM T1 Les portes de l'enfer NIZZOLI/LA NEVE éditions GLENAT 48 pages 13.90 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bernard LAUNOIS

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Publié le 4 Mai 2014

"Burn out" ou l'arroseur arrosé !

Jeune quadra en pleine force de l'âge, Ethan Karoski a tout pour lui : une bonne situation professionnelle de flic, une tranquille vie de famille agrémentée par ses passions pour la pêche auxquelles, il s'adonne, à raison de deux fois par semaine : à la ligne et ... aux femmes. Mais voilà que ses passions vont lui jouer un bien mauvais tour ! Finie la petite vie bien "normée", les journées torrides, si caractéristiques du Nevada, se suivent mais ne se ressemblent pas. Ethan va vite l'apprendre à ses dépens. Sa volcanique passion, au doux nom de Debra, vient d'être découverte étranglée avec un fil de pêche.

Qui peut bien avoir tué la belle et pour quel motif ? Notre fin limier, qui s'est emparé de l'enquête, ne va tarder à découvrir que son amante n'avait pas une vie si rangée qu'elle le prétendait. Et si c'était lui qui était visé au travers de ce meurtre ?

Un récit implacable dont on craint assez rapidement que l'issue va être fatale : voilà encore un nouvel opus d'Antoine Ozanam digne des meilleurs polars. Avec un découpage plutôt réussi et un dessin taillé à la serpe, le jeune dessinateur danois Mekkel Sommer réalise ici sa première bande dessinée pour le marché francophone et ce, de fort belle manière. Les couleurs numériques, à dominante jaune, siéent assez bien à ce polar "torride" tant par le récit que par le décor ouest américain.

A recommander, instamment.

BURN OUT SOMMER/OZANAM Collection KSTER, Editions CASTERMAN 104 pages 18,00 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 3 Mai 2014

Rodolphe et Christophe HOYAS s’exposent au FJT du 14 mai au 13 juillet 2014

Le Foyer des Jeunes Travailleurs de Mantes-la-Jolie, situé en plein centre ville, a la particularité de recevoir un public divers et varié, qui font de cet établissement et de son équipe, un lieu incontournable.

Aussi, pour la neuvième année, l'association Bulles de Mantes est heureuse de s’associer avec le Foyer des Jeunes Travailleurs de Mantes-la-Jolie pour présenter une exposition des œuvres des frères Hoyas.

Rodolphe et Christophe, artistes inséparables dans la vie comme dans leur art, sont des dessinateurs hors pairs. Leur marque de fabrique est la qualité du graphisme aux couleurs incroyables et une finesse inspirée notamment de l'art japonais. Chez eux, le choix de la technique utilisée pour la réalisation de leurs œuvres dépend du récit et chaque style est adapté au support.

Le vernissage de cette exposition aura lieu le mardi 13 mai 2014 à 19h00 en présence des auteurs qui dédicaceront leurs albums à cette occasion et ce, à partir de 18h00.

Exposition du 14 mai au 13 juillet 2014

de 9h à 19h du lundi au samedi

FJT – 21, rue d’Alsace à Mantes-la-Jolie

contact 01 30 33 20 03 • www.fjt-mantes.org

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Bulles en villes

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Publié le 1 Mai 2014

Amour, passion & CX diesel, l'univers impitoyable !

Qui donc, des enfants, sera le digne héritier de la fameuse et tant convoitée Citroën CX diesel du patriarche Harold ? Cette saga démarrée en 2011 n'en finit pas de nous interpeller tantôt par son sexisme tantôt par sa bêtise, auquel on rajoutera une bonne dose de cynisme.

De Brando le beauf arriviste à Jean-Mortens le dépressif, en passant par Pamela la "bimbo", le lecteur va partager le quotidien d'une famille composée de personnages hauts en couleurs, souvent pathétiques, voire pitoyables et qui finiraient presque par se rendre attachants !

Les textes de James et Fabcaro sont jubilatoires, et il nous faut souligner la performance de savoir placer un strip de 6 cases avec, à chaque fois, une chute qui ne peut laisser le lecteur indifférent. On apprécie toujours le style "dépouillé" du dessin de BenGrrr qui cultive avec succès le zoomorphisme, peut-être pour mieux faire passer l'idée que ce sont des humains qui s'expriment.

Avec ce troisième opus, les auteurs développent toujours, avec talent, nos zygomatiques et devraient définitivement nous réconcilier avec les feuilletons Dallas et autre Feux de l'amour, et ce n'est pas un luxe !

Amour, passion & CX diesel t3 BENGRR/JAMES/FABCARO Editions FLUIDE GLACIAL 48 pages 12,00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 22 Avril 2014

Un marron, Caf’la bou

« Effets perdus : un beau noir malgache… »

 

Un esclave évadé, Caf’la bou, participe à une razzia dans une plantation de l’Ile de la Réunion et enlève Louise, jeune esclave au service des colons. Après avoir quitté leurs compagnons de rapine et poursuivis par leurs anciens maitres, les deux fuyards vont apprendre à se connaître et à s’apprécier au gré d’une course à la liberté. S’enfonçant toujours plus haut dans la forêt, ils ne peuvent vivre que d’expédients.

Le marronnage fait partie d’une histoire méconnue voire reniée en France, où l’on ignore la vie de ces esclaves qui se sont enfuis et ont survécu de façon précaire, à moins d’être repris et férocement punis. S’appuyant sur une solide documentation, Denis Vierge réussit à donner une véritable crédibilité à cette aventure, sachant retracer fidèlement à la fois la vie quotidienne des marrons et le contexte économique et culturel dans lequel se situe le récit.

Et pourtant, le réalisme historique sur lequel il s’appuie n’enlève rien de son intérêt à la fiction. L’intrigue romanesque, parfaitement servie par un scénario bien construit et rythmé, ne faiblit pas un instant. Un découpage efficace et des cadrages réussis font oublier quelques faiblesses du dessin, et donnent à l’album une unité qui entretient le plaisir à sa lecture.

La maison d’édition réunionnaise Des Bulles dans l’océan, spécialisée dans les bandes dessinées d’histoires ou d’auteurs de l’Océan Indien, nous sert ici un album à la fois passionnant et hautement instructif. Une vraie réussite, que les Editions Canal-BD n’ont pas manqué de remarquer, en sélectionnant ce titre pour le mettre en avant dans leurs éditions toilées.

 

Un marron, livre premier – Caf’la bou, par Denis Vierge, aux éditions Des Bulles dans l’océan et Canal-BD éditions

 

Jérôme Boutelier

 

Illustrations © Des Bulles dans l’océan 2014

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Chronique de Jérôme BOUTELIER

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Publié le 22 Avril 2014

"Rouge comme la neige", quand le désespoir mène à tout !

Colorado 1896, quand son enfant a été kidnappée, on est prêt à tout pour savoir ce qu'elle est devenue et la moindre information revêt un caractère des plus important. Aussi, lorsque la veuve MacKinley apprend qu'un kidnappeur est jugé à Ourey, son sang ne fait qu'un tour ! Convaincue assez rapidement qu'il sait quelque chose, elle décide de le faire échapper de la prison.

Attitude suicidaire de croire un suspect au point de le soustraire à la justice, désespoir d'une mère qui se raccroche à une chimère ? La cavale va être riche d'enseignements... Vont-ils être rattrapés par l'équipe du shérif lancée à leurs trousses ? Cette mère désespérée va-t-elle enfin connaître la vérité sur la disparition de sa fille Abby ?

Que voilà un beau western, riche en rebondissements et avec un final des plus surprenants ! L'auteur complet Christian De Metter qui nous a déjà impressionné avec des albums tels que "Shutter Island" ou encore "Scarface' a remarquablement distillé ici un scénario au suspense allant crescendo... Le dessin hyperréaliste, tout en sépia, renforce ainsi le caractère angoissant qui transpire tout au long des 104 pages.

Le western, redevenu à la mode pour notre plus grand plaisir, vient de s'enrichir d'un opus supplémentaire des plus qualitatifs et qui se doit d'être lu sans retenue.

ROUGE COMME LA NEIGE DE METTER Editions CASTERMAN 104 pages 18,00 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 21 Avril 2014

"La banque", une BD qui va compter !

"L'expérience s'achète par le malheur", voilà une citation d'Honoré de Balzac que Charlotte de St Hubert pourrait aisément méditer, alors qu'elle tente, en compagnie de son frère Christian, de se refaire une santé financière au moment même où la famille de Rothschild va réussir le coup financier du siècle ! On apprend ainsi que Nathan de Rothschild, grâce aux pigeons voyageurs qui annoncent la défaite de Napoléon à Waterloo, va tromper le milieu boursier en faisant courir le bruit que Napoléon avait gagné... pour racheter au plus bas les titres dont s'étaient débarrassés les boursicoteurs. Les de St Hubert, ayant astucieusement découvert le stratagème, vont-ils pouvoir également profiter de la manne ? Va s'ensuivre une rocambolesque aventure dont nos compères scénaristes BOISSERIE/GUILLAUME ont le secret ! Partant d’un fait réel, un travail conséquent de recherches historiques donne toute sa crédibilité à la fiction, qui bénéficie d’un découpage efficace pour une histoire de personnages des plus attachants. Le dessin alerte de Julien Maffre apporte le rythme voulu à un scénario palpitant avec une mention particulière pour les couleurs justes de Delf.

Pour encadrer le récit, une belle préface de Jean Dufaux, scénariste émérite, est complétée par une postface de Philippe Guillaume sur les débuts de la banque en France, qui apporte un éclairage particulièrement salutaire à cette saga qui promet !

C'est donc le moment de sortir vos espèces, chéquiers et autres cartes bancaires pour vous payer La Banque !

LA BANQUE 1818-1848 Première génération MAFFRE/BOISSERIE/GUILLAUME Editions DARGAUD 56 pages 13.99 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

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Publié le 12 Avril 2014

"Il s'appelait Géronimo", ou le rêve d'Amérique brisé...

Quand Géronimo, jeune homme élevé dans une ferme française, tente de rejoindre clandestinement son rêve d'adolescent, il réalise un peu tard que son bateau ne l'a pas mené auprès des indiens d'Amérique mais en...Guyane. Que faire alors, sans papier, sans argent, bref, sans rien sur cette terre amazonienne qu'il trouve si peu hospitalière ? Après quelques errances en forêt et dans les villages environnants, il faudra un concours de circonstances pour que son horizon s'éclaircisse mais...pour quel avenir ?

Pensée et réalisée à quatre mains par nos deux compères Etienne Davodeau et Joub, scénaristes et dessinateurs, voici l'histoire bien singulière de Géronimo en quête de son identité qu'il n'aura de cesse de trouver, quitte à endosser celle d'un autre.

Le lecteur va découvrir, au fur et à mesure de ce one-shot, suspense, mais aussi émotion pour le parcours chaotique de cet attachant personnage.

"Sur les pas de Géronimo", un cahier graphique d'une vingtaine de pages, comportant photos qui auront servi de support à la réalisation de cases, story-board, etc...complète ce récit affectif des plus des plus réussis.

IL S'APPELAIT GERONIMO DAVODEAU/ JOUB éditions VENTS D'OUEST 128 pages 18,25 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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