coup de coeur bernard launois

Publié le 25 Septembre 2021

LES CATASTROPHOBES, RIONS AVEC LA FIN DU MONDE, et si c’était nous ?

A l’heure où la transition écologique est dans l’air du temps, le lecteur ne sera pas surpris de la manière dont l’auteur Didier Tronchet aborde le sujet sur un ton humoristique. Mais n’est-ce pas un des meilleurs moyens de faire passer le message alarmant d’un monde qui s’autodétruit ?  Ne dit-on pas qu’un dessin vaut mieux qu’un grand discours ? Didier Tronchet l’a fort bien compris depuis longtemps et après plus d’une soixantaine d’albums à son actif, Les Catastrophobes font encore mouche !

Après une belle préface de Pablo Servigne, chercheur en agroécologie, place à la BD de Didier Tronchet qui, sous forme de sketchs d’une page, met le lecteur face à ses contradictions. Il nous faudrait prendre conscience de la gravité de la dégradation de notre planète, ne serait-ce que par les constatations des désordres météorologiques, mais a contrario personne, ou presque, n’est prêt à renier son petit confort en trouvant tous les prétextes fallacieux. Clairement, les efforts sont à faire par les autres mais surtout pas par soi.

Alors, c’est drôle quand on se dit que beaucoup de nos concitoyens rentrent pleinement dans les considérations de l’auteur mais par contre, là où le bât blesse, c’est lorsqu’on s’aperçoit que l’on fait partie également de ces gens-là !

Avec son dessin plutôt caricatural, souvent épuré, voire dénué de tout décor pour mieux mettre en valeur ses personnages, Didier Tronchet atteint parfaitement son but, celui de faire rire… jaune et assurément de remuer le lecteur, de le mettre face à ses réalités et avec quel talent ! Les personnages apparaissent niais, non sans rappeler un de ses précédents albums Les Ducon et Ducon, et devraient interroger le lecteur sur sa propre condition à l’aube de ce XXIème siècle.

Après le Petit traité de vélosophie où le thème de l’écologie avait été abordé, les Catastrophobes en remettent une couche finalement pour notre plus grand plaisir.

LES CATASTROPHOBES Rions avec la fin du monde Didier TRONCHET Editions FLUIDE GLACIAL 56 pages, 12,90 €

 

Bernard LAUNOIS

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Publié le 20 Septembre 2021

L’ECHELLE DE RICHTER, le polar noir qui ne peut laisser indifférent

C’est à partir d’un fait divers, un homicide comme on en dénombre environ 700 chaque année en France, que commence ce roman graphique : le lecteur ne le lâchera plus jusqu’à son épilogue, tellement le récit est prenant. Stéphanie Delattre vient à peine d’avoir 21 ans et voilà qu’elle finit sa vie dans un sordide hôtel parisien. Que s’est-il passé, qui peut bien avoir réalisé ce forfait et quel en était le mobile ? C’est ce que va s’employer à trouver Laurent, jeune flic de la PJ rôdé et rompu à cet exercice.

Au travers de sept chapitres, tout aussi déroutants les uns que les autres, le scénariste Raphaël Frydman dresse le portrait des protagonistes. Qu’ont-ils en commun, Hassan le cuisinier sans-papiers de l’hôtel, Laurent le flic désabusé, Ruben le rappeur déchu, J.O. le drôle de dealer, Karl le raté et père de la morte, Dany le médecin volage et enfin Noémie, l’actrice en herbe, sinon que d’avoir, au minimum, approché de près ou de loin le destin de Stéphanie ?

Si Raphaël Frydman distille au fur et à et mesure les clés de l’énigme, c’est l’occasion pour lui de revenir sur la personnalité et le parcours de chacun. Avec des dialogues durs et cyniques, les violences physiques et verbales sont omniprésentes, générant parfois un sentiment de malaise. Le rythme du récit s’avère soutenu et ce sont près de 500 pages qui se dévorent comme un bon film policier.

Usant d’un trait noir, à l’image du récit, le dessinateur Luc Desportes n’épargne pas le lecteur, au moyen d’une succession de dessins qui s’affranchit de la conformité des cases pour mieux le dérouter. Le trait est juste, sans fioritures, comme une lame qui s’enfonce dans la barbaque et qui fait mal.

L’ECHELLE DE RICHTER Raphaël FRYDMAN/Luc DESPORTES Editions GALLIMARD, 496 pages, 29,00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 18 Septembre 2021

TANANARIVE, un attendrissant regard sur la fabulation

Mieux vaut tard que jamais ! C’est assurément ce que peut se dire Amédée, notaire octogénaire qui subitement va voir son existence se transformer. Il a toujours mené une petite vie pépère entre son étude, sa maison et… son voisin pour lequel il s’est pris d’amitié : Jo le baroudeur, qui lui fait vivre l’aventure par procuration. Les histoires sont éculées mais ce n’est pas grave, chaque soir, Amédée ne cesse de lui réclamer les aventures extraordinaires vécues aux quatre coins de la planète, ce que se complait à narrer l’ineffable Jo.

Seulement, un matin, Jo n’est plus, crise cardiaque et tout s’effondre, il va se retrouver avec sa bourgeoise qui passe son temps à lui dire que le courage ne l’étouffe pas ! Soudain, Amédée se souvient que Jo avait eu un fils et son sang ne fait qu’un tour, il faut le retrouver pour la succession. Voilà donc qu’Amédée, qui s’était juré de ne plus replonger, se lance dans l’aventure de retrouver ce fils mais… rapidement, cela se complique car Jo n’est jamais né à Tananarive, mais à Charleville-Mézières. Quelle claque, que cela cache-t-il, les surprises vont-elles s’arrêter là ou est-ce le commencement de la fin ?

Quel road-movie concocté par le scénariste Mark Eacersall où, au fur et à mesure du récit, Amédée tombe de Charybde en Scylla, apprenant beaucoup sur son meilleur ami mais également sur sa propre vie qu’il croyait tranquille ! Grâce à des dialogues souvent drôles, toujours justes, et des moments de tendresse, le lecteur se laisse rapidement envahir par cette tragi-comédie bien ficelée.

On ne présente plus Sylvain Vallée, l’auteur de bon nombre de séries à succès, d’une partie de Gil St André à Katanga en passant par Il était une fois en France, qui s’attaque pour la première fois à un roman graphique et de quelle manière ! L’album est bien rythmé, avec un dessin réaliste au style plutôt rond qui sied parfaitement aux personnages qui évoluent dans décors alternant entre le Nord de la France et l’Afrique. On ajoutera une jolie mise en couleurs de Delf pour parfaire ce beau roman graphique qui a tous les atouts pour devenir un succès de librairie.

TANANARIVE Mark EACERSALL/ Sylvain VALLEE Collection Millefeuilles Editions GLENAT, 120 pages, 19,50 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 15 Septembre 2021

BONS BAISERS DE LIMON, des photos surannées qui amènent à délier les langues

Ramiro ne pensait pas qu’en récupérant une boite remplie de photos, retrouvée par sa mère, il se lançait dans une aventure à la découverte de ses ancêtres qui avaient vécu dans les années 40-50 à Limón, un petit village côtier du Costa-Rica. Passée la surprise de découvrir ces tirages papier jaunis mais tant chargés d’histoires familiales, Ramiro décide d’aller interroger les protagonistes qui restent la mémoire de cette époque qu’ils qualifient de période dorée, alors que Limón était un village très pauvre.

Si les premières intentions de Ramiro étaient de recueillir des propos et des anecdotes, il était de loin de s’attendre à apprendre aussi un terrible secret de famille… Sans en dévoiler l’histoire, des destins tragiques, des amours contrariés ponctuent ce bel opus.

En voulant redonner vie à Limón, l’auteur Edo Brenes, originaire du Costa-Rica, immerge le lecteur dans cette oasis, aux travers des clichés et interviews d’une vie simple, loin des tumultes de la ville, où l’on n’avait d’autre solution que de survivre dans un environnement, heureusement adouci par les conditions climatiques et la proximité de la mer. Avec une narration fort bien construite alternant les photos noir et blanc, les récits d’un autre temps et la quête présente, Edo Brenes entremêle avec brio tous ces éléments rendant la fiction fluide.

Avec un dessin réaliste de bon aloi, Edo Brenes a su rendre son récit en s’appliquant à marquer les époques de son récit par des couleurs propres à chaque période et des polices distinguant le passé du présent.

Une histoire bien attachante qui fait que ce roman graphique ne peut laisser indifférent…

BONS BAISERS DE LIMÓN Edo BRENES Édition CASTERMAN 272 pages, 23,00 €

Bernard LAUNOIS

 

 

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Publié le 11 Septembre 2021

LES CONTES DROLATIQUES, une remarquable mise en images des écrits d’Honoré de Balzac

Des Cent contes drolatiques écrits par Honoré de Balzac à partir de 1832 et qui se sont finalement résumés à une trentaine, les auteurs Paul et Gaëtan Brizzi ont scénarisé et mis en images avec le talent qu’on leur connait quatre contes tirés du premier dixain, aussi truculents et légers les uns que les autres.

De La belle impéria à La Connétable en passant par Le péché véniel et L’héritier du diable, les nouvelles prennent vie dans les 120 pages qui constituent cet album à ne pas mettre entre toutes les mains.

Après une introduction pour chaque récit mettant en scène l’écrivain Honoré de Balzac alors qu’il écrit ses contes, c’est au tour de découvrir les historiettes. Tout d’abord, les frasques de La belle impéria qui n’hésite pas à s’encanailler avec des ecclésiastiques. Puis, Le péché véniel, où la très jolie Blanche d’Azay-Le-Ridel va très vite comprendre la subtilité de faire la différence entre péché mortel et péché véniel afin d’assouvir ses pulsions. Ne jamais sous-estimer les ressources d’un vieillard soi-disant en fin de vie, au risque de l’apprendre à ses dépens, c’est ce que relate L’héritier du diable. Enfin, La Connétable, avec l’aventure d’une belle comtesse qui n’aura de cesse de trouver tous les stratagèmes pour tromper son mari sans aiguiser sa jalousie.

Si l’œuvre originale est écrite en « vieux françois », à la manière de Rabelais qu’Honoré de Balzac admirait tant, les frères Buzzi l’ont retranscrite et adaptée pour une belle lisibilité. Les dialogues sont alertes et les histoires souvent satiriques de la bourgeoisie tourangelle s’enchaînent, pour le grand plaisir du lecteur, qui (re)découvre un pan plutôt méconnu des écrits d’Honoré de Balzac avec un style plus lâché et que n’aurait assurément pas renié Rabelais.

Avec un dessin hyperréaliste, Paul et Gaëtan Bruzzi magnifient le tout par de superbes planches en sépia mettant de belle manière les nouvelles en images.

A découvrir instamment !

LES CENT CONTES DROLATIQUES Honoré de BALZAC/ Paul et Gaëtan BRUZZI Editions FUTUROPOLIS 120 pages, 21,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 8 Septembre 2021

RENÉ.E AU BOIS DORMANT ou le pouvoir de l’imagination

René vit avec sa maman dans un gratte-ciel de Toronto, souvent seul, car elle travaille dur et n’a guère de temps à lui consacrer. René ne sent pas bien, nulle part, que ce soit dans sa chambre où il se réfugie alors parmi les jouets qu’il affectionne, notamment ses petits soldats avec lesquels il organise des batailles mémorables, mais également lorsqu’il en sort pour se rendre à l’école, réalisant rapidement qu’il n’est pas comme tous les autres enfants de race blanche, lui, l’enfant typé.

Les sarcasmes et les réflexions sont monnaie courante et il en vient jusqu’à demander à sa mère s’il n’a pas été volé. Devant le mutisme de cette mère dure, froide, il va se réfugier dans le monde fantasmagorique de ses rêveries. La fuite de Sucre-doux, son lapin-doudou, va l’entraîner dans une quête effrénée où, tour à tour, créatures avenantes et effrayantes vont peupler son rêve qui s’apparente, cette fois, plus à un cauchemar. Où cela le mènera-t-il, sortira-t-il indemne de ce voyage onirique ? Pourquoi René devient Renée au fil du récit ?

Pour son premier roman graphique, l’auteure Elene Usdin livre là un beau scénario des plus originaux en transportant le lecteur dans un univers imaginaire où se découvrent petit à petit les raisons du mal-être de ce petit bonhomme. Elene Usdin revient sur cette période douloureuse de l’Amérique avec ce que l’on appelle plus communément la « rafle des années soixante », où bon nombre d’enfants autochtones ont été volés à leurs familles pour permettre l’adoption à des gens de la classe moyenne des États-Unis et du Canada.

Fort de ses 272 pages, ce « pavé » se lit d’une traite pour en connaitre le dénouement après tant et tant de rebondissements, et se relit tranquillement pour apprécier tant le découpage que les peintures, tout aussi belles les unes que les autres.

Assurément une des plus belles découvertes de cette rentrée. Indispensable !

RENÉ.E AU BOIS DORMANT Elene USDIN Éditions SARBACANE 272 pages, 29,50 € 

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 25 Août 2021

Madeleine, Résistante T1, un devoir de mémoire bien salutaire pour les générations futures

Madeleine Riffaud vient d’avoir à peine 18 ans lorsqu’elle intègre en 1942 un groupe de résistants parisiens, alors que la guerre fait rage. C’est une jeune fille frêle, au point d’être surnommée la « crevette » par ses pairs, mais tellement forte dans sa tête, allant jusqu’à éliminer un soldat nazi pour montrer que la résistance sait faire face à l’hégémonie de l’occupant. N’ayant peur de rien même de la mort, elle puise sa force dans son caractère bien trempé et sa détermination à combattre l’ennemi.

Avec cet émouvant premier volume d’une série qui en comptera trois, commence la saga de cette grande dame, hors du commun et au parcours hors norme, qui aura marqué la fin du 20ème siècle. C’est à partir de plusieurs centaines d’heures d’enregistrement que le scénariste Jean-David Morvan a confectionné un scénario dense tout en étant fluide, entraînant le lecteur dans un incroyable récit.

De sa prime jeunesse pleine d’insouciance aux affres de la Deuxième Guerre mondiale, le scénariste s’est attaché à respecter les propos de cette jeune résistante.

L’histoire est remarquablement mise en images par Dominique Bertail avec son dessin hyperréaliste rehaussé par des couleurs aux dégradés de bleu, comme si l’on assistait dans une salle obscure aux actualités diffusées avant le grand film.

Une belle réussite pour ce premier opus d’un biopic qui tient toutes ses promesses.

MADELEINE, RÉSISTANTE T1 la rose dégoupillée Jean-David MORVAN/Dominique BERTAIL Collection AIRE LIBRE ÉDITIONS DUPUIS 91 pages, 23,50 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 24 Juillet 2021

VEI, ou le récit fantastique d’une guerrière qui ne renonce jamais…

Quel destin pour Vei, cette jeune et belle jeune fille née à Jötunheim dans la tribu des géants, sinon qu’elle est née pour combattre ? Mi-humaine, mi-géante, ses pouvoirs sont colossaux, à commencer par la maîtrise des combats : cela va lui servir alors qu’elle doit affronter l’arène pour remporter le Meistarileikir, tournoi tant convoité par les dieux et dont l’enjeu reste le contrôle de Midgard, la terre des humains. Seulement, avant de démontrer ses talents de combattante, il lui faut s’extirper d’un bateau, enchaînée et confrontée aux déchainements de la mer. Arrivera-t-elle à se sortir de ce mauvais pas en se déjouant de ces Vikings, et rejoindre la terre ferme ?

Revisiter la mythologie nordique en la dynamisant n’était assurément pas gagné ! Force est de constater que le pari est réussi. Avec un récit de plus de 300 pages, la scénariste Sara Bergmark Elfgren envoute le lecteur et ce, dès les premières pages, dans une aventure héroïc fantasy de qualité où les actions s’enchainent sans relâche. On (re)découvre avec plaisir les dieux d’Asgard, d’Odin à Thor en passant par Freyja, etc., toujours prêts à combattre les géants de Jôtunheim qui ne s’en laissent pas compter.

Au scénario remarquablement construit s’ajoute toute la maîtrise graphique du dessinateur Karl Johnsson. Avec un dessin réaliste, digne des meilleurs albums d’Héroïc Fantasy, les personnages évoluent de manière dynamique dans des décors fantasmagoriques fouillés et servis par de belles couleurs numériques.

Pour une première collaboration des deux auteurs, on peut dire que c’est un coup de maître et il faudra assurément suivre de près ce duo détonant, pétri de talent.

VEI Sara Bergmark ELFGREN/ Karl JOHNSSON Editions ANKAMA 344 pages, 26,90 €

Bernard Launois

 

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Publié le 14 Juillet 2021

LA FILLE DU QUAI, un conte qui ne laisse pas indifférent !

Le jeune Haurel, alors âgé de 8 ans, va trouver sa vie transformée lorsqu’il aperçoit sur le bout du quai la silhouette d’une élégante jeune femme abritée sous une ombrelle. Il faut dire que cette dernière traine une légende singulière, celle d’exterminer tous les gens qui auront eu la malchance de la rencontrer ! Ce conte incroyable n’est-il pas encore une de ces vieilles chimères qui se transmet de génération en génération sans aucun fondement, sinon de glacer les sangs des pauvres hères qui l’ont vue au détour d’une rue, d’un quai. Toujours est-il qu’Haurel ne vit plus et espère que la fameuse jeune fille ne viendra plus hanter ses jours et ses nuits. Hélas, il n’en est rien, plus il tente de lui échapper, plus son emprise grandit au point d’empêcher un amour… Que faire, quelle fin à ce destin qui ne cesse devenir funeste ?

La scénariste Alexine entraine avec talent le lecteur dans ce conte hallucinatoire, où le suspense s’avère omniprésent. S’attardant sur les caractères et la psychologie des protagonistes, particulièrement marqués, Alexine joue avec les extrêmes, de l’amour à l’horreur.

Les dialogues sont alertes et le découpage efficace remarquablement mis en images par le dessinateur Fabrice Meddour. Son dessin réaliste rehaussé par de superbes aquarelles, renforçant les situations, ravira le lecteur qui sera partagé entre s’attarder sur les dessins et n’avoir de cesse de connaitre la fin de cette fiction qui ne le laissera pas indifférent.

Un cahier graphique complète de belle manière cet opus en montrant tout le talent du dessinateur, si tant soit peu que l’album ne l’aurait démontré.

LA FILLE DU QUAI ALEXINE/Fabrice MEDDOUR collection 24X32 éditions GLENAT, 64 pages 15,50 €

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 2 Juin 2021

LA CHANSON DE RENART T2, toute une fable à déguster

Après Le Seigneur des entourloupes, aux accents plus enjoués, La Magie sans miracle termine ce diptyque de manière plus noire avec un Renart moins sarcastique et plutôt conscient que sa tâche de sauver le monde qui court à la catastrophe s’avère des plus difficiles. Et c’est sans son fidèle compère le loup Ysengrin, laissé en famille, qu’il s’adjoint les services de l’apprenti sorcier Takka alors que Merlin l’enchanteur reste désespérément momifié en pierre.

Que faire alors quand on est un goupil que tout le monde rencontré considère comme un chien ? Doit-on se révolter, le revendiquer ou se fondre dans la masse si l’on ne veut pas être chassé comme un vulgaire gibier ? Renart a fort à faire pour espérer sauver le monde et qui sait, arrivera-t-il à redonner vie à Merlin l’enchanteur ?  

Les talents de conteur de Joann Sfar ne se discutent pas et cette fois, il étonne et interroge son lectorat en le transportant au Moyen-Age, période où la magie s’apparentait au satanisme. L’auteur Joann Sfar aime faire parler les animaux et ce, de belle manière, en les rendant souvent plus intelligents que bon nombre d’humains.

Le lecteur se plaira à suivre le téméraire goupil au travers de cités du sud-ouest de la France, grâce au dessin vif de Joann Sfar, toujours remarquablement mis en valeur par les couleurs de Brigitte Findakly.

On pourra simplement regretter que cet hommage inédit au récit médiéval se finisse avec ce deuxième tome mais qui sait, il suffira d’une idée nouvelle de son créateur pour que rejaillissent de nouvelles aventures de la Chanson de Renart ?

LA CHANSON DE RENART T2 Le Seigneur des entourloupes Joann SFAR Editions GALLIMARD BANDE DESSINEE 56 pages, 16,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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