coup de coeur bernard launois

Publié le 14 Mai 2024

GEN WAR Level 2, jeunisme contre âgisme, demandez le programme !

Depuis que les vieux sont arrivés à interdire le retrait des trottinettes en libre-service, les jeunes ne décolèrent pas et tous les coups sont permis pour que les uns et les autres affirment leur suprématie.

On retrouve, sans déplaisir, tout ce petit monde qui se déteste. Les vieux affublés de toutes les qualités qui s’imposent à leur rang : râleurs, bagarreurs, passéistes, revanchards, couchés comme les poules, accros à la télé de Nagui, c’est dire… La liste s’avère, hélas, loin d’être exhaustive mais les jeunes en ont tout autant à leur palmarès quoique dans un autre genre : sales, fainéants au point de ne pas être opérationnels avant 16 heures, perdus sans leur internet, accros à la malbouffe…. Comment voulez-vous que ces êtres que tout oppose puissent un jour se réconcilier ? Assurément pas dans ce deuxième opus tout aussi hilarant que le premier.

Auréolé du très mérité prix Gotlib 2024 pour Tirez sur mon doigt Monsieur le Président, Mo/CDM fait travailler nos zygomatiques depuis plus d’une trentaine d’années et autant d’albums, et cet opus n’y fait pas exception.

Avec son dessin « gros nez » renforcé par des couleurs souvent criardes, Mo/CDM aime forcer le trait de ses personnages jusqu’à la caricature créant déjà l’hilarité avant même d’avoir lu les dialogues.

Alors, attention, amis neurasthéniques, passez votre chemin, cette bd n’est pas pour vous, à moins que vous arriviez à vous identifier à l’un des groupes protagonistes, jeunes ou vieux.

Enfin, à l’occasion de la sortie de cet opus, voilà que Geek War, publié en 2013 vient d’être réédité sous le titre de GEN WAR level 1. D’aucuns pourraient penser au plagiat, voire une basse manœuvre commerciale pour pouvoir relancer la série. Que les lecteurs se rassurent, cet opus a été entièrement relooké, des dialogues au couleurs en passant par le sens de certaines scènes pour pouvoir mieux coller à cet album.

GEN WAR level 2 Mo/CDM Editions FLUIDE GLACIAL  64 pages, 15,90 €

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 10 Mai 2024

HORIZONS OBLIQUES, à la recherche du temps perdu

Nous sommes en 4044, au fin fond de la galaxie et les parents d’Adley, cartographes, ne sont jamais revenus de leur dernière expédition. Sont-ils morts ? Bon nombre de l’entourage d’Adley en sont intimement persuadés mais pas elle. Il faut dire qu’elle dispose de facultés particulièrement pointues à commencer par un don de télépathie qui lui fait dire que ses parents sont toujours vivants. Les années ont passé et devenue adulte, Adley décide de partir à leur recherche, flanquée de Staden, un robot humanoïde doté d’une intelligence artificielle.

Folie douce, intuition raisonnée, Adley sait au fond d’elle-même que si elle traverse la « passerelle », frontière passée par ses parents quelques années plus tôt, elle ne tardera pas à les retrouver.

Mais pourquoi personne ne semble avoir voulu tenter de les retrouver, que vont découvrir nos deux compagnons, peut-être des êtres et des paysages urbains différents de ceux qu’ils fréquentent ? Les seuls liens de communication qui les maintiennent avec leur civilisation vont-ils tenir ?

Quel univers sorti de l’imagination foisonnante de l’auteur Richard Blake ! Si l’histoire peut paraitre simple au début du récit consistant à partir à la recherche d’êtres chers, elle se complexifie au fur et à mesure, montrant rapidement que cette aventure peut s’écrire avec un grand A.

Concernant le graphisme de cet opus, quand on apprend que c’est le premier album de bande dessinée réalisé par l’auteur, on comprend aisément les raisons de l’engouement du maître des Cités Obscures François Schuiten pour un univers graphique tellement maitrisé digne d’un dessinateur de longue expérience. Les dessins de Richard Blake apparaissent prodigieusement extraordinaires, augmentés par des couleurs envoutantes qui transportent le lecteur dans un univers fantasmagorique dont il ne sortira assurément pas indemne.

Une mention spéciale sera à ajouter au cahier graphique de fin de récit ainsi que l’étonnant entretien entre Richard Blake et François Schuiten.

HORIZONS OBLIQUES Richard BLAKE collection URBAN INDIES Éditions URBAN COMICS, 144 pages, 21,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 7 Mai 2024

DRACULA L’ordre du dragon, un retour ensorcelant et horrifique du comte Vlad III

Décidément l’œuvre de l’écrivain irlandais Bram Stoker aura marqué les esprits du monde de l’art que ce soit dans le cinéma, le théâtre, la littérature mais également, la bande dessinée. Ce nouvel opus que l’on doit au scénariste Marco Cannavo et au dessinateur Corrado Roi revisite de belle manière le mythe du roman de Dracula.

Alors, âmes sensibles s’abstenir car tous les ingrédients pour hanter les nuits des lecteurs sont omniprésents.

Quelle idée aura eue ce jeune clerc de notaire, Jonathan Harker, de rendre visite à Dracula au fin fond de la Transylvanie pour se retrouver séquestré dans son cachot ? A peine remis de ses émotions, il apprend par Greta, l’épouse répudiée par Dracula, que celui-ci file vers l’Angleterre afin d’épouser Lucy, la fiancée de Jonathan.

Voulant se venger des affres subies, Greta libère aussitôt Jonathan et lui indique le chemin pris par Dracula pour l’arrêter avant qu’il ne soit arrivé à ses fins. Va s’ensuivre une course contre la montre effrénée car Jonathan sait maintenant de la bouche de Greta que Dracula est un vampire et que la vie de sa bien-aimée est en danger.

Avec ce récit haletant, le scénariste Marco Cannavo renoue avec la légende du comte Dracula, prince sanguinaire qui survit au fil des siècles en se nourrissant du sang de ses victimes et en se ressourçant dans la terre meuble de son pays.

Si l’on pensait que le genre avait trop vieilli voire qu’il était éculé, force est de reconnaitre qu’avec cet opus, il n’en est rien.

Des dialogues alertes, des situations rocambolesques, des poursuites incessantes, tous les ingrédients sont là pour le plus grand plaisir des amoureux du genre et quand il est sublimé par le superbe noir et blanc du dessinateur Corrado Roi, on ne peut qu’applaudir des deux mains.

DRACULA L’ordre du dragon Marco CANNAVO/Corrado ROI Editions GLENAT 112 pages, 22,50 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 4 Mai 2024

LE FEU ET LA GLACE, un casting de rêve pour un rendez-vous manqué

Ça devait être le fim de la décennie des années 30, tourné sur un paquebot avec, excusez du peu, un plateau rêvé d’actrices et d’acteurs les plus en vue de cette période tels que Louise Brooks, Marlène Dietrich, Adélaïde Hall, ou Charles Vanel sous la direction du réalisateur Georg Wilhelm Pabst. À cette énumération dithyrambique, il faut ajouter que ce film doit être le premier parlant en Europe.

Si la décision de réaliser un script avec pour décors un paquebot ne s’avère guère fortuite, on comprend rapidement que les rencontres et discussions du réalisateur et des scénaristes avec les acteurs ont débouché sur ce choix car Georg Wilhelm Pabst tenait absolument à avoir Louise Brooks quelque peu surbookée dans son agenda alors qu’elle avait déjà son billet de retour pour l’Amérique.

Le scénariste Jean-Luc Cornette immerge le lecteur dans les quelques semaines de folie et d’insouciance qui ont précédé le tournage et les fameux six jours sur le S.S. Homéric pour mettre en boite la pellicule. Au-delà de cette histoire plutôt à classer dans les anecdotes du 7e art, Jean-Luc Cornette a su magnifier cette péripétie en brossant un tableau complètement incroyable d’une période d’entre-deux-guerres mêlant inventivité et insouciance mais aussi préjugés raciaux et guerres d’égo.

Avec un trait semi-réaliste et rétro choisi pour le récit, Jurgen Hermant, qui signe sous le pseudonyme de Jürg, s’adapte parfaitement au scénario, et s’il s’avère toujours aussi difficile de dessiner des huis clos, il a su renouveler les décors et donner le dynamisme qui s’impose à ce genre de récit.

Une mention particulière est à décerner pour le cahier du récit d’un film qui n’a jamais existé, réalisé par Jean-Luc Cornette qui revient, photos à l’appui, sur cette incroyable aventure cinématographique avec les acteurs qui l’ont animée.

LE FEU ET LA GLACE Jean-Luc CORNETTE/JÜRG Éditions FUTUROPOLIS 88 pages, 20,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 1 Mai 2024

OCTOPOLIS, à la recherche du temps perdu

C’est quand un proche disparait que l’on s’aperçoit du vide qu’il laisse. Alors que depuis le décès de sa mère il ya sept ans Mona n’a plus revu son père, un chercheur-paléontologue, elle apprend qu’il a disparu depuis un mois. Bouleversée par cette nouvelle, elle débarque en catastrophe à Paris dans l’appartement de ses parents où elle décide de mener l’enquête pour qui sait, renouer avec lui.

Elle trouve peu d’indices sur place pour commencer les recherches sinon la présence d’un ara bleu effarouché, gardé par la concierge lors des longs déplacements de son aventurier de père. Reste quand même un ordinateur qui va révéler des informations sur ses derniers contacts, ainsi que la présence d’un répertoire dénommé Octopolis, protégé par un mot de passe qu’elle ne tardera pas à craquer pour découvrir un essai sur l’évolution du vivant et sur le comportement et l’intelligence des poulpes.

Bon nombre de questions fusent à commencer par celles-ci : pourquoi cet essai était-il protégé, son père avait-il peur d’un piratage ou que des éléments compromettants correspondant à ses découvertes soient dérobés ?

Du Musée d’histoire naturelle de Paris au centre de formation en plongée sous-marine de l’Estaque en passant par une galerie d’art océanien, Mona tente de rencontrer les derniers contacts de son père et reconstituer son parcours depuis qu’il n’a plus donné signe de vie.

Au travers de la quête d’une jeune femme à la recherche d’un père qu’elle a délaissé, l’auteur Gaétan Nocq tisse un thriller écologique fort documenté et puissant entrainant le lecteur dans les profondeurs abyssales, à la découverte d’un monde en danger, souvent méconnu du grand public.

Passé maître dans l’art du croquis sur le vif, notamment dans la réalisation de bons nombres de carnets de voyage, il s’inspire de cette technique pour réaliser un dessin tout en nuances et tout en couleurs fort approprié au récit, captivant encore mieux son lectorat.

Voilà un remarquable manifeste pour la préservation des grands fonds et espaces naturels protégés ainsi que pour la défense de la faune marine et des coraux, qui va apporter du moulin à la prise de conscience de l’emprise de l’homme sur la nature qu’il ne cesse de détruire.

OCTOPOLIS Gaétan NOCQ Éditions DANIEL MAGHEN 280 pages, 30,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 25 Avril 2024

UN SI GRAND AMOUR, récit d’une mort amoureuse pas annoncée

« Les histoires d’amour finissent mal en général » chantaient les Rita Mitsouko en 1986. Cette chanson a dû résonner souvent dans la tête de l’autrice Pauline Aubry alors qu’elle s’attelait à ce roman graphique touchant racontant la séparation d’avec son amoureux et ses conséquences.

Pauline Aubry revient sur les années d’amour, d’insouciance, de complicité avec sa moitié puis de cette cassure qu’elle n’avait pas vu venir. S’ensuit une lente et longue descente aux enfers jusqu’à...

Scindé en sept épisodes, le récit s’étale sur une période de près de six ans, de mai 2018 à décembre 2023 allant du choc de l’annonce de la rupture jusqu’à l’acceptation en passant par toutes les phases, du déni à la tristesse voire à la colère.

Dès les premières pages, son autobiographie d’une douloureuse période de sa vie est placée sous le signe de l’auto-dérision que l’autrice manie parfaitement. Car quitte à narrer une période compliquée, autant le faire sur le ton de l’humour, souvent sarcastique.

Le récit chronologique, fort bien construit, s’apparente à une mise à nu psychologique où Pauline Aubry ne passe rien sous silence.

Si le dessin de Pauline Aubry s’avère alerte, sans fioriture mais très efficace, il est à l’image des dialogues, allant droit au but et souvent touchant, là où ça fait mal.

On notera le petit clin d’œil à la génération des soixante-huitards avec l’utilisation astucieuse du fameux « carré blanc », dispositif apposé sur les films pouvant comporter des scènes réservées à un public averti et utilisé ici pour cacher ce que l’on ne saurait voir.

Après Les mutants et Les descendants, ce nouveau roman graphique achève une trilogie sur la construction de soi, sans pudeur, sans faux semblant et sous des airs tragicomiques, qui se révèle d’une grande sensibilité.

UN SI GRAND AMOUR Pauline AUBRY Histoire d’une rupture Editions LES ARENES BD 240 pages, 23,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 22 Avril 2024

AMERICAN PARANO T1, Black house, entre doute et certitude

À l’aube des années 70, la jeune inspectrice Kim Tayler n’en mène pas large alors qu’elle rejoint le Central de San Francisco pour y exercer. Il faut dire qu’elle espère faire honneur à son père qui a œuvré dans le service et laissé une belle réputation derrière lui. À peine est-elle arrivée, voilà qu’on lui confie l’enquête sur une étudiante retrouvée ligotée aux abords du Golden Gate National et portant sur son ventre la gravure au couteau d’un signe satanique.

Si pour Kim les frasques du fondateur de « l’église de Satan » apparaissent comme des éléments susceptibles de le désigner coupable, il va falloir maintenant s’assurer qu’il en est bien l’auteur. Seulement, être arrivée vice-major de sa promo en crim ne s’avère peut-être pas suffisant pour tout mener à bien, surtout quand on traine une persistante mélancolie.

Après Le labo, voici qu’à nouveau l’auteur Hervé Bourhis s’associe avec talent au dessinateur Lucas Varela pour un diptyque sur le thème du polar. Avec ce premier album plutôt alléchant, ne serait-ce parce que le suspense s’avère maintenu, Hervé Bourhis mène de front deux histoires en une seule : celle d’une enquête confiée à une jouvencelle dans le milieu glauque du démoniaque et du pervers plutôt à la mode dans les années 70, et peut-être la plus difficile, celle du combat de Kim pour s’affirmer dans un milieu macho où l’on considère que la gent féminine est tout juste bonne à taper sur une machine à écrire et servir le café.

Que dire du dessin mais aussi des couleurs de Lucas Varela sinon qu’ils mettent rapidement le lecteur dans le bain. Les personnages possèdent ce que l’on appelle des gueules, qui évoluent dans un San Francisco loin des clichés colorés que la ville véhicule.

Voilà tous les ingrédients d’un bon polar qui ne demande qu’à finir en beauté.

AMERICAN PARANO T1, Black house Hervé BOURHIS/Lucas VARELA collection Grand Public, éditions DUPUIS 64 pages, 16,50 €

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 18 Avril 2024

BORBOLETA, une quête identitaire salutaire

Cela fait déjà quelques années que Madeleine Pereira désire retrouver ses racines portugaises mais son entourage, à commencer par son père, s’avère peu loquace pour lui raconter sa jeunesse.

Et si elle prenait prétexte de réaliser une bande dessinée sur ce thème, peut-être alors que les langues se délieront ?

Il faut dire que ses parents ont émigré en France alors que la dictature de Salazar sévissait et que revenir sur cette période apparaît douloureux.

Sa quête commence en région parisienne mais s’arrête assez vite car bon nombre de ses congénères, en âge de prendre la retraite, sont repartis au Portugal et c’est tout naturellement qu’elle décide de rejoindre Lisbonne qu’elle va découvrir pour la première fois et pour finir, tenter d’en apprendre un peu plus sur elle.

Voilà un récit émouvant que nous livre l’autrice Madeleine Pereira en mettant en scène les rencontres des proches de sa famille ainsi que des amis de son père qui ont tous un ressenti et un vécu de cette période dictatoriale. Et c’est en butinant comme un borboleta, papillon en portugais, que Madeleine va découvrir auprès des Lisboètes le cheminement d’une vie difficile sous la terreur d’un régime despotique où l’on survit plutôt qu’on vit. C’est aussi un focus sur la condition féminine où le paternalisme règne, considérant la femme comme une moins que rien, corvéable corps et biens.

Si son autobiographie ne respire pas la gaieté eu égard à la période dictatoriale, l’effet est heureusement compensé par des dialogues alertes, souvent teintés d’humour et d’autodérision.

Le dessin faussement naïf de Madeleine Pereira s’adapte parfaitement au récit, associé à des couleurs plutôt chatoyantes qui apportent chaleur et réconfort à ce sujet fort.

BORBOLETA Madeleine PEREIRA Éditions SARBACANE 176 pages, 24,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 15 Avril 2024

BATMAN & ROBIN DYNAMIC DUO T1, tel père tel fils… Quoique !

Quel plaisir de retrouver ce duo père et fils unis, réconciliés de fraiche date pour protéger Gotham des malfaiteurs qui ne cessent de pulluler.

Cette fois, une entente criminelle se dessine et nos justiciers sont dans un premier temps dans l’impossibilité de connaitre les tenants et les aboutissants sinon la présence d’intrigants personnages déguisés en lapins. Que faire alors sinon se jeter à corps perdu avec le risque de se retrouver piégés ?

Seulement Batman a d’autres vues quant à sa collaboration avec son fils, Damian, et plutôt que de livrer bataille ensemble il préfèrerait qu’il reprenne ses études trop rapidement arrêtées. Malgré une explication plutôt houleuse, Batman ne cède pas et voilà que Damian se retrouve résigné à fréquenter les bancs du lycée Gotham Heights.

L’intermède n’apparait pas du goût du jeune ado, pris entre un profond ennui et une cohabitation difficile avec ses camarades de classe, et il finit par faire l’école buissonnière. Arrivera-t-il à montrer à son père qu’il est bien plus utile à ses côtés plutôt qu’à user ses fonds de pantalon dans ce carcan scolaire ?

Le scénariste Joshua Williamson signe là un scénario bien singulier où sur fond de bataille entre les bons et les méchants, c’est un autre affrontement qui s’opère entre un père et son ado de fils. Le récit rythmé notamment dans les poursuites dans Gotham tranche singulièrement avec des périodes plus intimistes lors de discussions entre les deux êtres qui tentent de tenir leurs rôles, celui d’un père soucieux de l’éducation de son fils et de l’autre, celui d’un jeune adolescent, certes doué mais plutôt écervelé et en recherche de maturité.  

L’auteur Simone Di Meo démontre une fois de plus que son talent de dessinateur ne s’arrête pas à la réalisation de couvertures d’album. Les pages sont graphiquement très réussies, pleines d’allant et l’on se complait à les parcourir. On ajoutera une mention spéciale aux couleurs plutôt saturées qui siéent parfaitement au récit.

Voici une série qui commence sous les meilleurs auspices.

BATMAN & ROBIN DYNAMIC DUO T1 Joshua WILLIAMSON/Simone Di MEO collection DC INFINITE URBAN COMICS 192 pages, 19,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 9 Avril 2024

YAN T1, une musique qui n’adoucit pas vraiment les mœurs

Après avoir passé de nombreuses années entre les barreaux pour des crimes qu’elle n’a pas commis, la jeune Yan Tiehua devenue adulte n’a qu’une obsession en tête, celle de retrouver le ou les assassins de sa famille alors sociétaire de l’illustre troupe de l’Opéra de Pékin et de les venger et ce, à n’importe quel prix !

Comment réagir après un procès sommaire puis un emprisonnement au secret dans un centre pénitentiaire de recherche ? Pourquoi et pour qui a-t-elle servi de bouc émissaire et que représentait sa famille d’artistes pour avoir été froidement éliminée ?

C’est ce que va chercher Yan, tout au long de ce triptyque en y mettant toute son énergie et son intelligence. Grimée et revêtue du costume théâtral traditionnel comme l’étaient les membres de sa famille, Yan n’a pas l’intention de faire dans la dentelle et gare aux maîtres chanteurs qui risquent d’y laisser des plumes. L’enquête va apparaitre quelque peu compliquée mais pour Yan, sa détermination reste indestructible.

Avec ce premier tome d’un prometteur triptyque, l’auteur taiwanais Chang Sheng bouleverse les codes du Seinen en projetant son héroïne dans un univers pékinois entremêlant avec talent un théâtre hyper classique avec un univers ultra-moderne, voire désaxé. Le récit s’avère rythmé avec des dialogues percutants voire grossiers quand le besoin s’en fait sentir, concentré sur Yan et sa détermination à obtenir toutes les réponses aux questions qui l’obsèdent depuis son drame personnel.

Le dessin hyperréaliste et fouillé de Chang Sheng entraine le lecteur dans un décor urbain au rythme du scénario, c’est-à-dire tout aussi trépidant. Les courses-poursuites comme les échauffourées semblent tout droit sorties d’un polar en noir et blanc.

Alors, prêt(e)s à suivre la belle Yan dans les dédales de Pékin ?

YAN T1 Chang SHENG collection Seinen Éditions GLÉNAT 352 pages, 14,95 €

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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