coup de coeur bernard launois

Publié le 18 Janvier 2022

VILLEVERMINE, LE TOMBEAU DU GÉANT, une drôle d’enquête dans les bas-fonds…

Voilà que Jacques Peuplier, le célèbre détective qui parle aux objets, revient dans de nouvelles aventures ! Après une enquête rondement menée (voir le diptyque précédent), cette nouvelle affaire s’avère beaucoup plus ardue car il va falloir retrouver le Fendeur, l’arme qui aurait servi il y a maintenant un demi-siècle à détailler un géant qui se terrait dans les égouts de Villevermine. Et pourquoi me direz-vous, si ce n’est satisfaire la petite fille de Boris Tassard, le sauveur de la ville, et brandir l’objet lors de la fête du cinquantenaire donnée en l’honneur de son grand-père ? Ne reculant devant rien - surtout lorsqu’il s’agit de se faire rétribuer pour sa prestation – Jacques Peuplier  ne va pas hésiter à s’immerger dans cet univers souterrain où il va découvrir tout un monde parallèle des plus singuliers.

 

Du géant aux fleuvistes, nettoyeurs d’égouts, le détective ne sait où marcher ni surtout s’il ressortira de ce trou : peut-être les pieds devant car ces gens du bas-fonds, les rejetés de la société, aiment leur tranquillité et leurs petits secrets pas toujours avouables. Son don de pouvoir dialoguer avec les objets va-t-il lui servir cette fois-ci ?

L’auteur Julien Lambert réalise un one shot qui s’avère tout aussi plaisant que le diptyque, pour autant que l’on aime les univers glauques avec des personnages qui le sont tout autant. Si le récit démarre avec un simple objet, certes ancien, à retrouver, l’affaire va vite se complexifier au fur et à mesure et tenir le lecteur en haleine. Pour accompagner le scénario, on retrouvera un dessin semi-réaliste aux traits hachurés et torturés, avec lequel Julien Lambert crée une ambiance des plus lugubres, propice au récit.

VILLEVERMINE, LE TOMBEAU DES GÉANTS Julien LAMBERT Éditions SARBACANE 96 pages 18,90 €

Bernard Launois

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Publié le 15 Janvier 2022

U4, une série culte qui vous tient et… Ne vous lâchera pas !

Il n’aura fallu qu’une dizaine de jours pour que la planète voie disparaitre quatre-vingts pour cent de sa population et ce, à un cause d’un virus ! Seule une tranche de population, celle des 15-18 ans, a résisté. La France n’est, hélas, pas épargnée et parmi ces jeunes disséminés dans tout l’Hexagone, Stéphane la Lyonnaise, Yannis le jeune métissé marseillais, Julien le Parisien et Koridwen la Bretonne, atterrés par l’étendue du désastre, ne tardent pas à se ressaisir pour un but commun, celui de se rejoindre sous la plus vieille horloge de Paris.

Mais qu’est-ce qui peut bien les motiver de se retrouver alors qu’ils ne se sont jamais rencontrés auparavant ? Qu’attendent-ils de ce rendez-vous parisien ? La réponse se trouve assurément dans Warriors of Time, un jeu en ligne auquel ces quatre adolescents excellaient et où Khronos, le maître du jeu leur a donné, avant que le réseau soit coupé, rendez-vous le 24 décembre pour réécrire le passé et qui sait, empêcher cette terrible pandémie. Rêve, fiction, utopie, restent que ce sont les seuls éléments auxquels ils se raccrochent pour un avenir moins cauchemardesque.

Adaptant librement les quatre romans éponymes U4 respectivement d'Yves Grevet, Florence Hinckel, Carole Trébor et Vincent Villeminot, les scénaristes Pierre-Paul Renders et Denis Lapière réalisent le tour de force de captiver le lecteur de bout en bout et ce, indifféremment dans chacun des quatre albums de la série. De Stéphane à Yannis, les quatre ados, issus de milieux radicalement différents mais unis par le jeu, ne doivent leur survie qu’à leur capacité de s’adapter à un monde apocalyptique, un monde dans lequel ils n’auraient pu imaginer vivre le moindre événement contrairement à l’univers virtuel dans lequel ils s’immergent pour échapper à leur quotidien.  

Associé aux couleurs numériques de bon aloi d’Ampero Crespo, le dessin semi-réaliste d’Adriãn Huelvan colle parfaitement aux scénarios et l’on soulignera la belle homogénéité entre les quatre opus.

Alors, attention, qui mettra le nez dans un des quatre albums, qui peuvent se lire séparément, n’aura qu’une hâte, c’est celle de dévorer les trois autres… avant un cinquième album qui viendra, en mai prochain, clore le cycle.

U4 tomes 1 à 4 Pierre-Paul Renders/Denis Lapière/ Adriãn Huelvan Editions DUPUIS 144 pages chacun, 14,50 €

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 14 Janvier 2022

SHADOW LIFE, un beau pied de nez à la mort !

Du haut de ses 76 printemps, Kumiko ne s’en laisse pas conter et n’a pas hésité à déserter la maison de retraite choisie par ses enfants pour un petit appartement où elle pourra séjourner seule. Lire, manger, dormir, sortir, faire des longueurs à la piscine et ce, quand elle veut, à son rythme, tout ce à quoi elle aspirait depuis le décès de son mari : voilà, le moment est arrivé de s’émanciper.

Après tout, on ne choisit pas la période pour faire sa crise d’adolescence. Seulement, ses enfants ne l’entendent pas ainsi et elle n’a pas eu deux semaines de répit que sa boite mail déborde de messages angoissés, voire menaçants de sa progéniture qui pense qu’elle est hospitalisée, ou peut-être morte, et qui l’enjoint à répondre sous peine d’appeler les forces de l’ordre. Il faut dire que quelques semaines auparavant, la Grande Faucheuse est venue lui rendre visite sans arriver à ses fins. Aussi, ne risque-t-elle pas de revenir rapidement et de lui gâcher ces quelques moments de sérénité et d’indépendance ? Voilà alors qu’elle se met en tête de se procurer un appareil qui lui permettrait de neutraliser cette empêcheuse de vivre. Mais où donc cela la mènera-t-elle ?

La scénariste Hiromi Goto n’est pas à son coup d’essai en mettant en scène des personnes âgées, considérant que cette tranche d’âge n’est jamais vraiment représentée dans la littérature et encore moins dans la bande dessinée et qu’au fond, elle a tout sa place.

Avec un ton tour à tour enjoué ou grave, la scénariste rend rapidement son personnage rebelle très attachant dans sa quête de liberté et le lecteur aura grand plaisir à suivre tous ses démêlés pour tenter d’arriver à ses fins.

Servie par le beau dessin réaliste d’Ann Xu, cette belle histoire narrée sur près de 400 pages se lit d’une traite et devrait ravir tous les âges.

SHADOW LIFE Hiromi GOTO/Ann XU Collection ANKAMA BD 368 pages, 22,90 €

Bernard Launois

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Publié le 6 Janvier 2022

LES ÉTOILES S’ÉTEIGNENT À L’AUBE, vers un voyage initiatique bien singulier

Quand Franklin Starlight, jeune garçon de seize ans élevé par Red, est appelé au chevet de Eldon, son père, il sait qu’il va trouver un homme malade, bouffé par l’alcool, mais il ne s’attendait pas à le voir parvenu à ce stade de fin de vie. Et quand Eldon lui demande de le conduire dans les montagnes pour en faire sa dernière demeure, il se résigne à respecter ses dernières volontés. Mais, nous sommes en hiver et la montagne du fin fonds de la Colombie britannique ne fait pas de cadeaux : arriveront-ils à leurs fins ?

C’est au travers de ce long voyage initiatique, ponctué de nombreux arrêts pour reprendre un semblant de souffle de vie afin d’atteindre le but, que père et fils se découvrent. De leurs origines indiennes et des difficultés que cela leur aura causé depuis leur naissance, aux terribles concessions concédées par ce père au nom de l’amour, Frank va réaliser beaucoup de choses. Mais Elden finira-t-il par avoir le courage de raconter l’histoire qu’il a vécue avec la mère de Frank et les raisons pour lesquelles Frank a été élevé par ce monsieur qui répond au nom de Red ?

L’auteur Vincent Turhan livre là une belle adaptation du roman de Richard Wagamese en en tirant toute la quintessence, s’exprimant avec talent tour à tour par des dialogues forts, emprunts de pudeur et d’amour par ce père qui a vécu une vie des plus difficiles, et par des cases où les images se suffisent à elles-mêmes pour exprimer toute la sensibilité à fleur de peau des deux êtres meurtris par la vie.

De superbes dessins s’égrènent au fur et à mesure de l’avancée dans des paysages où la sauvagerie de la  nature s’ajoute à la rudesse des découvertes. Un beau moment émouvant à découvrir instamment !

LES ETOILES S’ETEIGNENT À L’AUBE Vincent Turhan adaptation du roman de Richard Wagamese Éditions SARBACANE 152 pages 24,00 €

Bernard Launois

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Publié le 21 Novembre 2021

SANGOMA, les damnés de Cape Town, quand le présent n’arrive pas à faire oublier le passé

Le jeune lieutenant Shane Shepperd ne s’attendait pas à se retrouver dans un drôle d’engrenage en enquêtant sur la mort de Sam. Ce dernier, un jeune viticulteur, est retrouvé assassiné sur les terres de la ferme des Pienaar, alors que le Parlement est confronté à de vives discussions autour d’une réforme agraire consistant à redistribuer les terrains acquis par les blancs à l’époque de l’apartheid.

Partagé entre ses amours tumultueux avec une jeune femme noire et son enquête truffée de non-dits, Shane le bad boy, plutôt loser, ne sait plus où donner de la tête : des éléments troublants et concomitants viennent rebattre les cartes, avec la découverte d’un bébé émasculé non loin du lieu du meurtre de Sam, ainsi que la présence de signes caractéristiques de sorcellerie à laquelle aurait recours un des protagonistes. Qui pourrait faire appel à un sangoma, sorte de chaman guérisseur, et pourquoi ? Et puis, pourquoi autant de violences exacerbées dans un pays en reconstruction ?

Caryl Férey captive le lecteur dès les premières pages de l’album en l’intrigant avec cette drôle d’enquête, mais aussi en brouillant les pistes pour mieux qu’il s’y retrouve. Le lieutenant Shane est-il aussi sot et maladroit qu’il veut le faire croire dans son approche de l’enquête, mais également dans la manière de gérer sa vie personnelle ?

Fort de bon nombre de succès tant dans la littérature que dans la bande dessinée, l’écrivain et scénariste français Caryl Férey revient au 9ème art avec un polar se situant en Afrique du Sud, région qu’il affectionne et qui servait déjà de cadre à Zulu, son roman aux dix prix littéraires adapté quelques années plus tard au cinéma.

Si on ne présente plus Corentin Rouge avec son superbe dessin réaliste et ses belles couleurs qui ont conquis son lectorat notamment avec la série Rio, on appréciera son découpage des plus dynamiques qui dynamise le récit haletant de Caryl Férey.

Vous avez aimé Zulu, vous adorerez Sangoma !

SANGOMA, les damnés de Cape Town Caryl Férey/Corentin Rouge Editions GLENAT 152 pages, 25,00 €

Bernard Launois

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Publié le 15 Novembre 2021

GO WEST YOUNG MAN, un western aux multiples facettes avec un casting d’auteurs à faire pâlir !

Quelle aventure ! L’auteur Tiburce Oger avait rêvé de réunir une pléiade de dessinateurs autour d’un projet fou et il l’a fait !  Quel casting, dix-sept auteurs de bande dessinée qui ont déjà réalisé des albums western, et pas des moindres, pour quatorze récits qui retracent la conquête de l’Ouest Américain, de 1763 à 1916 !

Tiburce Oger, scénariste et dessinateur a réalisé cette fois uniquement le scénario mais a également orchestré tous les projets proposés aux dessinateurs et ce, avec maestria. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’ensemble des récits constituent bien une seule et même histoire avec pour fil conducteur une montre gousset qui voyage au travers du temps, de la Pennsylvanie en 1933 au Nouveau-Mexique en 1938.

Le récit s’avère linéaire avec à chaque fois, un personnage pour faire la liaison sur le chapitre suivant rendant une belle cohésion et un vrai plaisir de lecture.

Il faut souligner la performance de Tiburce Oger à faire traverser 150 ans d’histoire américaine en un peu plus d’une centaine de pages en donnant à chaque dessinateur le moyen de s’exprimer de la plus belle des manières.

Dominique Bertail, Michel Blanc-Dumont, Benjamin Blasco-Martinez, François Boucq, Steve Cuzor, Paul Gastine, Eric Herenguel, Hugues Labiano, Enrico Marini, Ralph Meyer, Félix Meynet, Patrick Prugne, Christian Rossi, Michel Rouge, Taduc, Ronan Toulhoat, quel bonheur de retrouver tous ces dessinateurs dont on sent, au fil des pages, qu’ils ont pris un immense plaisir à participer à ce beau projet. Alors que les styles de dessin sont fort différents, on peut néanmoins noter une certaine unité rendant la lecture des plus aisées.

Clairement, cet album marque tant par son originalité que par sa performance que tout amateur de western se doit de lire.

GO WEST YOUNG MAN Tiburce OGER/COLLECTIF collection GRAND ANGLE Éditions BAMBOO 112 pages, 19,90 €

Bernard Launois

 

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Publié le 13 Novembre 2021

Frank Lee, l’après-Alcatraz, de l’enfer au… paradis

Frank Lee Morris peut se targuer d’être l’un des rares prisonniers à avoir pu s’évader de la célèbre prison d’Alcatraz où l’on vous martèle, dès votre incarcération, que toutes les tentatives ont lamentablement échoué ! Il faut dire que ce cloaque, situé sur une ile à 1,2 mile de la côte dans la baie de San Francisco, requiert une sacrée dose de ruse pour échapper à la vigilance des matons et de détermination pour s’extirper de cette forteresse. Dans l’évasion de 1962, aucun corps des trois fugitifs n’a été retrouvé par le FBI, pas plus Frank Lee que les frères Anglin. Que sont-ils devenus ? Ont-ils refait leur vie à des milliers de miles de là ?

Le scénariste David Hasteda s’est attardé sur la nouvelle vie de Frank Lee en imaginant un après-Alcatraz. Blessé lors de la traque, alors qu’il tentait d’échapper aux meutes de chiens à ses trousses, Frank Lee se retrouve dans un lit, soigné par une famille qui a rapidement compris d’où il venait mais qui tient à l’en faire sien, ne serait-ce que pour « remplacer » leur fils unique décédé quelques années plus tôt. Va s’ensuivre un long et difficile apprentissage avec un entourage aimant, contrastant avec sa vie antérieure. Seulement, ce bonheur ne va-t-il pas s’avérer éphémère ? Ne dit-on pas que l’on se fait toujours rattraper par son passé ?

Le scénario est fort bien construit en deux parties : tout d’abord, la lente résurrection de ce jeune homme qui reste sur le qui-vive alors que les mois et les années passent et que les médias et le FBI ont fini par l’oublier, puis une période plus difficile des plus haletantes que le lecteur n’aura de cesse de découvrir jusqu’à son dénouement.

Le dessin semi-réaliste de Ludovic Chesnot, rehaussé par des couleurs soignées, plonge le lecteur, dès les premières pages dans une ambiance particulière qui sied parfaitement au scénario, mêlant l’inquiétude à la quiétude.

A découvrir instamment !

FRANK LEE L’après-Alcatraz David HASTEDA/Ludovic CHESNOT Collection Label 619 Editions ANKAMA 128 pages 19,90 €

Bernard Launois

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Publié le 8 Novembre 2021

Largo Winch T23, La frontière de la nuit, en route pour une aventure stellaire des plus réussies !

Une fois encore, le jeune et sémillant Largo Winch est sur tous les fronts, à commencer par régler ses problèmes concernant le respect des droits internationaux sur son site d’Indonésie, où les enfants sont exploités dans des mines d’étain. Il lui faut également songer à l’avenir du groupe Largo Winch et rien n’est plus porteur aujourd’hui que les nouvelles technologies, même si c’est au grand dam de son conseil d’administration, peu enclin à se lancer dans l’aventure.

Seulement, il n’est pas le seul à avoir cette idée et la concurrence s’avère rude, et si Largo ne recule devant rien, il va rapidement s’apercevoir que ses projets sont bien évidemment semés d’embûches et que les résultats ne sont assurément pas ceux auxquels il aurait pu s’attendre.

A l’heure des initiatives des géants de l’informatique de se lancer dans la conquête spatiale, ce diptyque tombe à pic en délaissant quelque peu l’économie et la finance au profit de l’aventure avec un grand A, et c’est réussi.

Si le récit peut apparaitre parfois romancé, il faut souligner que les coscénaristes Éric Giacometti et Philippe Francq se sont attachés à être le plus proche de la réalité en se documentant auprès de spécialiste des vols spatiaux et autres technologies innovantes.

Alors, avec un découpage dynamique d’un récit haletant, le scénario se déroule à vitesse supersonique sous le trait efficace du dessinateur Philippe Francq. Il ne reste plus qu’à y adjoindre les couleurs de Bertrand Denoullet et de Philippe Francq pour parfaire l’ensemble.

Enfin si l’action s’avère être le maitre mot de cet opus, le plaisir de la lecture est quelque peu gâché par le suspense de la dernière page qui demandera au lecteur un peu de patience pour en connaitre le dénouement.

Déjà fort de ses vingt-deux albums avec une série vendue à onze millions d’exemplaires, le phénomène Largo Winch n’a jamais cessé de truster les rayons des libraires et cette vingt-troisième aventure ne fera pas exception !

LARGO WINCH T23 La frontière de la nuit Philippe FRANCQ/Éric GIACOMETTI Editions DUPUIS 48 pages 14,95 €

Bernard Launois

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Publié le 16 Octobre 2021

L’homme n’a cessé depuis son arrivée sur terre de se sentir supérieur à l’animal, ne serait-ce que parce qu’il est doté de la parole et d’une âme, et qu’à ce titre il se donne des droits et peu de devoirs envers les autres espèces. Mais après tout, pourquoi si peu d’humilité et de reconnaissance vis-à-vis du monde animal qu’il côtoie, mais aussi exploite depuis la nuit des temps ? Peut-être alors faudrait-il se poser la question de savoir si l’on ne doit pas à l’espèce animale notre construction et in fine, notre évolution ?

C’est notamment à partir de ces réflexions que la scénariste et journaliste Karine-Lou Matignon propose au lecteur de tordre le cou à bon nombre de préjugés et d’idées reçues vis-à-vis des animaux et nous montre, au travers de ce récit, que ces derniers ont pesé dans le succès de l’évolution humaine.

Parmi les sept chapitres allant des « origines communes » entre l’animal et l’homme aux « animaux du XXIème siècle », le lecteur trouvera vite son rythme et pourra à son gré lire de manière chronologique ou picorer au gré de ses envies, attiré par tel ou tel thème ou dessin.

Fort de ses 176 pages, l’histoire incroyable des animaux recèle une succession de récits et d’anecdotes où tour à tour, l’animal sera vénéré, vilipendé, chassé, asservi et bien sûr mangé, le montrant ainsi sous une multitude de facettes, souvent méconnues.

Si les récits sont captivants, on le doit au remarquable travail du dessinateur Olivier Martin et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on peut admirer sa parfaite maitrise dans la réalisation de toutes ces espèces.

Mieux connaître les animaux, voire aider tout un chacun à réfléchir sur la manière dont on pourrait leur (re)donner toute leur place sur notre planète, c’est assurément le pari réussi de l’album.

L’INCROYABLE HISTOIRE DES ANIMAUX Karine-Lou MATIGNON/Olivier MARTIN Éditions LES ARENES BD,  176 pages 21,90 €

 

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 13 Octobre 2021

LE CLUB DES INADAPTE.E.S, quand la différence marginalise

Martin, Edwige, Fred et Erwan, jeunes adolescents aussi unis que les trois mousquetaires et ce, assurément grâce ou à cause de leur manière d’être, se font remarquer au collège par les autres élèves. Alors, que ce soit par leur façon de s’habiller plutôt de manière excentrique, de leur couleur de cheveux mais aussi dans leur faculté à truster les premières places de la  classe, ils se distinguent du commun des mortels et de fait, ils dérangent. Et comme il fallait s’y attendre, on ne va pas tarder à s’en prendre à eux et c’est finalement le plus gentil, Erwan le bricoleur fou, qui va en faire les frais.

Tabassé après avoir été pris par derrière et ce, sans aucune explication, il se retrouve à l’hôpital. Autant dire que ce n’était assurément pas la meilleure solution pour faire changer d’attitude les membres du club des inadapté.e.s, solidaires d’Erwan et qui ressortent encore plus déterminés que jamais, toujours prêts à s’insurger contre les injustices.

Et si Erwan le savant fou, s’ingéniait à quelque invention qui lui permettrait de combattre toutes ces personnes qui en veulent à son groupe ?

 

 

C’est à partir du roman éponyme de Martin Page que l’auteur Cati Baur scénarise et met en images de belle manière un récit contemporain relatant les difficultés que peuvent rencontrer les jeunes dans leurs relations avec leurs congénères, du fait de leur condition sociale, de leur appartenance à tel ou tel groupe… Et à l’heure où la « génération 2010 » fait l’objet d’harcèlements par les plus grands, Le Club des inadapté.e.s apparait comme un ballon d’oxygène sur la manière dont peut être abordé ce phénomène difficile qui touche beaucoup plus de jeunes que l’on croit. Si les dialogues de jeunes traduisent bien le mal-être que ces situations peuvent générer, le ton humoristique est toujours là pour mieux dédramatiser la gravité du propos.

 

 

Avec un dessin semi-réaliste associé à des couleurs acidulées de bon aloi, Cati Baur croque ses adolescents avec tendresse rendant le récit des plus attachants et qui devrait retenir, au minimum, l’attention des ados et de leurs parents.

LE CLUB DES INADAPTE.E.S Cati BAUR Éditions RUE DE SEVRES 96 pages, 14,00 €

Bernard Launois

 

 

 

 

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