Publié le 19 Novembre 2012

Encore du western allez-vous me dire, surtout que ce n'est pas la première fois que je chroniquerai un album de cette série. Mais là, je ne résiste pas à vous faire partager mon enthousiasme pour ce nouveau cycle prometteur. Attention, la routine n'est pas au rendez-vous et il va falloir vous accrocher aux pages car ça déménage !

 

BouncerT8.jpgLa nouvelle vie de Bouncer, plutôt alcoolisée et se résumant à prendre du bon temps, notamment en tapant le carton, va voler en éclats avec l'arrivée de geôliers qui viennent prendre livraison d'un malfrat auprès du shérif de Barrio City. Le seul problème, et il est de taille, c'est que Pretty John, le fils du directeur du pénitencier et à la tête des geôliers, ne va pas trouver mieux que de s'en prendre à une jeune indienne enceinte qui finira par succomber sous ses coups, ainsi que d’amocher salement le tenancier du bar qui tentait de s'interposer. Averti du carnage par un habitant, Bouncer ne fera que constater la mort de la jeune femme. Rapidement dessaoulé il décide alors de ramener le coupable à la ville afin qu'il soit jugé.

L'affaire n'est pas simple car il va falloir rejoindre le terrible pénitencier de Deep End d'où ne revient aucun prisonnier, et convaincre son féroce directeur de livrer son fils à la justice ! Autant dire, mission impossible pour un Bouncer qui, malgré ses forces décuplées lorsqu'il est épris de justice, n'est pas sorti de l'affaire.

C'est un scénario aux apparences classiques dont Alejandro JODOROWSKY a le secret qu'il nousBouncerT8-1 propose, avec des "méchants" d'un côté qui, bien que censés représenter la loi, ne sont que d'infâmes brutes sanguinaires, et des "gentils" de l'autre qui ne supportent, à juste titre, que des personnages ne soient impunis de leurs méfaits. Le superbe dessin de François BOUCQ, que l'on reconnaitrait entre mille, fait là encore des ravages avec son trait qui apporte toute la puissance, la brutalité à cette terrible histoire.

Alors, saisissez l'occasion de (re)découvrir ununivers impitoyable, cette vie de Far West dont la guimauve et le sucre d'orge ne font pas partie,   et je vous assure que vous n’en serez pas déçus !

 

BOUNCER T8 BOUCQ/JODOROWSKY Editions GLENAT 64 pages 14.95 €

 

Bernard LAUNOIS

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Publié le 12 Novembre 2012

Moi René TARDILa sortie d'un nouvel album de Jacques TARDI est toujours un événement dans le monde de la bande dessinée et celui-ci n'y déroge pas ! Cette fois-ci, pas de première guerre mondiale dont Jacques TARDI s'est fait un éminent spécialiste, mais la réalisation d'un projet longuement mûri dans la transposition de carnets de son propre père, narrant sa vie de prisonnier de guerre pendant la 2ème guerre mondiale.

Le ton de cette bande dessinée est vite donné puisque dès la préface de Dominique LAGRANGE complétée par celle de son compagnon et auteur Jacques TARDI, les propos cadrent tout de suite et de fort belle manière l'histoire qui va suivre, celle de prisonniers de guerre qui ont perdu leur jeunesse et leur illusion dans des camps allemands.

Cet album, assurément pas édulcoré au point de vue historique, comme peuvent l'être bon nombre de nos livres scolaires d'histoire, nous replonge dans une période que l'on aurait tendance à vouloir trop aisément évacuer de la mémoire collective.

Si le talentueux scénariste et dessinateur Jacques TARDI n'a jamais fait dans la dentelle quand il s'agit de décrire des situations parfois dérangeantes notamment pour la nation et plus particulièrement pour la grande "muette", on peut dire que dans cet album, il ne s'en prive pas !

On appréciera l'idée de représenter le fils Jacques TARDI dans les cases de l'album interrogeant son père René, comme s'il assistait en direct à ces moments si douloureux de la vie, qui donne une dynamique particulièrement intéressante à ces presque 200 pages que l'on dévore avidement, partagé entre l'humour noir de l'auteur et la description de la misère humaine ; au détour, on rit des phrases choc du narrateur qui contraste tellement avec le dessin. On retrouve souvent la gouaillerie de Jacques TARDI au point de se demander si les propos de son père ne font pas qu'un avec l'auteur.

Le trait de dessin, reconnaissable entre mille, est toujours aussi efficace et il est particulièrement bien mis en valeur par des couleurs appropriées à cette période noire qu'ont vécue des millions de prisonniers de guerre dont beaucoup ne sont, hélas, jamais revenus.

Moi René TARDI-2

On notera également que ce roman "familial" prend tout son sens quand on sait que les enfants de l'auteur y ont activement participé, Rachel pour la mise en couleurs et Oscar pour les documentations et les recherches iconographiques qui ont permis de réaliser l'album, mais également Dominique GRANGE tout particulièrement dans ses recherches photographiques sur la période.

A n'en point douter, faire revivre les heures difficiles de leur aïeul au travers du dessin de leur père a sûrement dû être un exercice passionnant et riche en émotions qui d'ailleurs, transpirent à chaque case !

Merci Monsieur TARDI d'avoir mis un coup de projecteur sur cette période sombre en mettant en texte et en images les propos de votre père ! Ces pages sont importantes car elles contribuent à perpétuer une mémoire que chacun de nous se doit surtout de conserver !

 

Il ne nous reste plus qu'à attendre impatiemment la 2ème partie...


MOI RENE TARDI PRISONNIER DE GUERRE AU STALGE IIB, TARDI Editions CASTERMAN 192 pages 25.00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 11 Novembre 2012

Julius-II.jpgLe duo DORISON/ALICE nous avait tour à tour, intrigués, enchantés dans la saga du troisième testament, saga qui avait révolutionné, à sa sortie, la bande dessinée historique en associant, pour la première fois, grande aventure et quête ésotérique !  

Avec le concours des dessinateurs Robin RECHT (1er tome) et Thimothée MONTAIGNE (2ème tome), les auteurs ont eu la riche idée de prolonger la série en revenant sur la genèse de l’histoire, pour nous narrer celle du nom du prophète oublié, Julius de Samarie.

Le premier tome s'achevait par la déchéance du général Julius, persécuteur de juifs et de chrétiens, envoyé dans les mines de Judée à cause de sa fille Julia ; elle l'avait trahi, ne supportant pas que son père fomente l’extermination des chrétiens romains et qu’il accuse celui qu’il avait ramené de sa dernière conquête d'Alexandrie.

La période vécue au fin fonds de la Judée transformera la haine de Julius pour ce "messie" en un besoin impératif de le sauver. Evidemment, on va vite se demander les raisons de son revirement : Julius fait-il cela pour se racheter auprès de sa fille Livia, avec laquelle il s'est réconcilié ? La dure vie dans la mine a-t-elle transformé le prétentieux Julius au point qu’il vouerait une adoration à ce "messie", le prince des princes ? N'est-ce pas plutôt pour le soutenir afin qu'il devienne un chef de guerre capable de libérer le pays ?

Julius-II-2.jpgDans la pure lignée de l'esprit qu'a voulu donner Alex ALICE à la saga du Troisième Testament, le dessin de Thimothée MONTAIGNE, est alerte, épuré juste ce qu'il faut pour donner toute la force à cette belle histoire. Si vous aimez les péplums, c'est le moment de (re)découvrir la série et vous (re)plonger dans les cités babyloniennes, découvertes au détour d'un désert mystérieux, envoutant.

A l'occasion de la sortie de ce tome 2, les éditions GLENAT nous offrent la possibilité de découvrir les coulisses de la série en sortant un coffret collector en édition limitée, qui regroupe l'album et un making off réunissant les storyboards et les crayonnés d'Alex ALICE et de Thimothée MONTAIGNE. Cette excellente initiative n'est pas sans rappeler la sortie en 1998 du coffret comprenant le tome 2 accompagné d'un cahier "esquisses", aujourd'hui recherché par bon nombre de collectionneurs.

 

Le Troisième Testament Julius II, La révélation chapitre 1 ALICE/DORISON/MONTAIGNE

Editions GLENAT Collection Grafica 56 pages 13.90€ et Coffret Collector 35.00€

 

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bernard LAUNOIS

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Publié le 9 Novembre 2012

PromoBluesSeine2012.jpg

Dans le cadre de notre partenariat avec le festival Blues s/Seine qui se déroule cette année, du 9 au 24 novembre 2012, l’association Bulles de Mantes a le plaisir, cette année, à l'occasion de la sortie toute récente du tome 2 "Tournée d'adieux" de Bourbon Street, de vous présenter quelques unes des belles planches de cet album consacré au jazz.

Cette exposition d'une vingtaine d'originaux se déroulera au Conservatoire à Rayonnement Départemental à l’ENM de Mantes en Yvelines et sera ouverte au public pendant toute la durée du Festival Blues s/Seine, soit du 9 au 24 novembre 2012.

Ne manquez pas cette exposition consacrée à l’album BOURBON STREET T2  aux éditions GRAND ANGLE du dessinateur Alexis CHABERT sur un scénario de Philippe CHARLOT.

BourbonStreetT2-1.jpg

Une séance de dédicaces avec l’auteur se déroulera le samedi 17 novembre 2012, de 15 heures à 17 heures 30, autour de son exposition à l’ENM de Mantes en Yvelines.

Venez donc nombreux voir cette exposition et rencontrer l'auteur avant d’assister aux nombreux spectacles de qualité que nous a encore concocté l’association Blues s/Seine !

 

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bernard LAUNOIS

Publié dans #Bulles en villes

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Publié le 7 Novembre 2012

Nous avions beaucoup aimé le premier tome de KARMA SALSA (cf. chronique), et nous attendons la suite  de cette série plutôt prometteuse. La venue du dessinateur palois Frédéric CAMPOY à Quai des bulles nous a donné l'occasion d'une rencontre décalée.

L'histoire se déroule dans les Caraïbes, pourquoi aussi loin ?

fred_Campoy.jpg« Au départ, j'étais à l'initiative de ce projet et dans mon idée, le personnage principal devait être "black" style Mike TYSON, épris de bagarre. Pour les besoins de l'ambiance, il fallait que l'action se situe dans un environnement plus exotique aux couleurs chaudes incitant au rêve, et les Caraïbes conjuguaient la proximité des Amériques et les paysages colorés que je recherchais.

Mais finalement, un tel homme aurait été trop stéréotypé et avec les scénaristes Joël CALLEDE et Philippe CHARLOT, il a été décidé de mettre plutôt en scène des personnages de type européen. C'est ainsi qu'apparaît Lars, le maître spirituel d'Ange, qui a beaucoup bourlingué de par le monde et qui s'est fait sa propre philosophie : Tibet, bouddhisme, Himalaya ... »

 

 Finalement, vous n'avez pas écrit vous-même le scénario, quelle en est la raison ?

« Menant une autre activité professionnelle (je donne des cours de bande dessinée à l'Ecole supérieure d'art des Pyrénées), je ne me sentais pas tout mener de front. Et puis, c'est tellement rassurant d'avoir des partenaires pour réaliser un tel projet. De plus, Joël CALLEDE pratique la méditation, et c'est un ami. Lui-même, travaillant sur plusieurs scénarios,  a fait appel pour les dialogues à Philippe CHARLOT, un autre régional. »

« J'aime garder une part d'improvisation »

Pouvez-vous nous préciser vos méthodes de travail avec vos deux scénaristes ?

« Les deux scénaristes se voient toutes les trois semaines et proposent un synopsis sur lequel je fais un story board de cinq pages. S'ensuivent plusieurs allers et retours entre les scénaristes et moi : validation du story board,  réalisation du crayonné en A3, re-soumission et enfin, encrage. Pour cet encrage effectué à la plume calligraphique et au stylo feutre noir, j'aime garder une part d'improvisation qui donne plus de dynamisme au dessin.

Je réfléchis aujourd'hui à la possibilité de concevoir mon travail entièrement à la palette graphique et garder le plaisir de l'original pour notamment des ex-libris. »

 

Et le travail avec votre coloriste ?

« J'ai tendance à donner des indications concernant les couleurs de jour et de nuit, et de laisser par ailleurs beaucoup de liberté ; elle connait bien son métier ! »

Vous avez parlé de vos cours à l'école d'art, quelles sont les raisons de cet engagement, est-ce seulement alimentaire ?

« J'aime la pédagogie, la transmission du savoir. Etant autodidacte, j'ai dû travailler pour acquérir toutes les bases et je suis fier de pouvoir aider mes élèves à se les approprier. »

La musique est assez présente dans ce premier tome, quelle place tient-elle dans votre vie ?

« En fait, c'est surtout Philippe CHARLOT qui est musicien et c'est lui qui a eu l'idée du rappeur. Ce flic devait rêver être américain. »

« Il faut savoir équilibrer dans la vie »

Au final, vous êtes vous-même plutôt Karma ou plutôt Salsa ?

« Le Karma, c'est pour moi la somme des actes positifs et négatifs, et qui amène à plus de sérénité. Ces temps-ci, je suis plutôt Karma ! Mais il faut savoir équilibrer dans la vie et je reviens doucement vers la Salsa. D'ailleurs, je me suis mis au théâtre, et cette expression aide à diminuer le stress. »

Propos recueillis le 27 octobre 2012 par Bernard LAUNOIS et Jérôme BOUTELIER à l'occasion du festival BD de St Malo

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Interviews

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