Publié le 28 Mars 2016

LE SIGNE, qui a dit que la musique adoucissait les mœurs ?

Après un succès retentissant dans le milieu littéraire avec son livre « Perte d’Auréole », voilà que l’écrivain Alex Morsen découvre une tout autre facette de sa vie : aux fastes de la réussite d’un premier roman font place les affres de la page blanche ! Hélas, cette panne sèche va faire de notre romancier un être acariâtre, ne supportant plus rien et surtout plus le piano de sa voisine !

Les gammes répétées inlassablement lui deviennent de plus en plus insupportables, au point de rendre sa voisine responsable de ses manques de concentration et d’inspiration. Comment se débarrasser de cette satanée pianiste ?

La solution, il finira par la trouver dans la lecture d’un livre traitant des sciences occultes, en lui jetant un sort ! Il n’y croit pas trop mais qui sait, ce sera peut-être la meilleure solution ? Hélas, le mot « meilleure » s’avère plus néfaste que prévu et va engendrer inéluctablement tout ce qu’il n’attendait pas…

Ambiance glauque, personnages mystérieux au mental paranormal, le scénariste Philippe Thirault entraîne le lecteur dans une spirale sans fin dont personne ne sortira indemne.

Le trait noir, souvent dépouillé, du dessinateur Manuel Garcia, renforce le côté sordide de cette histoire à ne pas manquer, assurément.

Décidément, cette nouvelle collection « Flesh Bones » frappe fort ! Après « Sunlight », déjà commentée dans une chronique précédente, le comics « Le signe » ne laissera incontestablement pas le lecteur indifférent !

 

LE SIGNE  GARCIA/THIRAULT Collection COMICS éditions GLENAT, 128 pages 14.95 €

 

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

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Publié le 28 Mars 2016

Plutôt plus tard

Le voyageur égaré, la jeune fille aux mille perles, et les Femmes de Tahiti

Quand Luc Leroi, pierrot lunaire fragile et maladroit, décide de partir à Tahiti pour raccompagner sa fiancée Alinéa, courtière en perles, mais également marcher sur les traces de Gauguin, il ne se doute pas que cette escapade va bouleverser sa vie. Son voyage retour vers Paris le plonge dans une anomalie temporelle du décalage horaire qui va l’amener à côtoyer le grand peintre et dialoguer avec lui.

L’amour et son intérêt pour l’art qui motivent les pérégrinations de Luc Leroi sont ici pour Jean-Claude Denis prétextes à une balade intemporelle sur le thème de la relativité des choses selon le temps qui passe. Entre rêve et réalité, nostalgie d’une époque ancienne et certitudes du monde moderne, le fil des rencontres entre Luc Leroi et Paul Gauguin et leurs échanges permettent d’esquisser quelques réflexions sur la reconnaissance de l’artiste et la valeur de l’œuvre, sur la jouissance fugitive de l’instant présent et l’appréciation de la postérité, sur la place de l’amour… Reprenant à son compte quelques questionnements de Gauguin, l’auteur ne donne pour autant ni réponse ni leçon, et reste à promener sur le temps qui passe un regard poétique, un brin étonné, mélancolique et désabusé.

Au sommet de son art, l’auteur complet Jean-Claude Denis entraine allègrement le lecteur des ambiances chaudes de Tahiti à la grisaille d’un Paris du 19ème siècle, au rythme alerte d’un récit qui ne cède aucune place à l’ennui. Son dessin plutôt ligne claire et son traitement de la lumière servent parfaitement son interprétation de Gauguin dans sa recherche de l’innocence et de la naïveté.

Comme toujours Jean-Claude Denis excelle dans le récit intimiste du quotidien, et cette huitième aventure de Luc Leroi, qui aura été longtemps attendue par les amateurs du personnage, se révèle être une bien belle réussite qu’il faut lire absolument !

Luc Leroi, Plutôt plus tard, par Jean-Caude Denis

Futuropolis Mars 2016 – 66 pages – 16,50 €

 

Jérôme Boutelier

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Publié le 24 Mars 2016

Mila Racine, une "femme en résistance" encore trop méconnue

1943, la guerre fait rage dans toute l'Europe et l'étau se resserre pour les juifs qui cherchent désespérément à se cacher pour échapper à la déportation. Mila Racine, jeune fille résistante, n'aura de cesse de toute sa jeune vie [supprimer la virgule] d'aider les enfants juifs à passer clandestinement la frontière franco-suisse au risque de tomber aux mains de la milice allemande.

Avec ce dernier opus le tome 4 de "femmes en résistance" clôture une série de femmes "fortes", au caractère bien trempé et qui forcent l'admiration encore aujourd'hui. La vie de Mila Racine, narrée de fort belle manière, apparaît comme la moins connue de toutes mais pas la moins intéressante. Au travers de Claire, la narratrice et fil conducteur de toute la série, le lecteur va découvrir un personnage bien singulier n'hésitant pas à braver les autorités allemandes pour défendre chèrement la peau de jeunes enfants qui seraient voués à une mort certaine s'ils venaient à être découverts.

Quel cruel destin ! A 22 ans, on pense plutôt à faire la fête et profiter de la vie, mais assurément pas à arpenter les sentiers montagneux flanqués d'enfants désorientés et terrorisés pour leur assurer un monde meilleur. Arrêtée en octobre 1943, elle meurt en déportation à Mauthausen lors d'un bombardement allié, le 20 mars 1945, à l'âge de 23 ans. Avec ce scénario, plutôt bien construit par les scénaristes Régis Hautière, Emmanuelle Polack et Francis Laboutique, le dessinateur Olivier Frasier avec son trait réaliste, rend toute l’émotion et la gravité du destin de Mila Racine.

Un cahier graphique complète cette histoire d'une gamine hors du commun, habitée par la volonté de tenter de sauver ses coreligionnaires.

FEMMES EN RÉSISTANCE T4 Hautière/Polack/Laboutique/Olivier Frasier Editions Casterman 14.50 € 64 pages

Bernard LAUNOIS

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Publié le 17 Mars 2016

LIVRE PARIS 2016, un nouveau nom pour un nouveau salon plein d’allant !

Du 17 au 20 mars, c’est un salon du livre « new look » que nous proposent les organisateurs de cet évènement incontournable pour tous les amoureux de la lecture.

Le renouveau, c’est aussi de proposer la nocturne le jeudi soir et ce, jusqu’à 22 heures où les nouvelles scènes proposeront une programmation festive. Après cinq ans de vaches maigres, voilà que le secteur du livre semble redresser la tête. Des signes encourageants de fréquentation dans les librairies, concrétisés par des ventes en hausse devraient se traduire par une plus grande fréquentation de la plus grande bibliothèque « éphémère » de France.

Placé cette année sous le signe de la « résistance », déclinée sous toutes ces formes, ce fil conducteur du salon permettra de découvrir que la littérature, dans une période économique difficile, reste un élément primordial à l’équilibre de tout un chacun et participe activement à la Culture.

Alors LIVRE PARIS 2016, c'est près d'un millier d'exposants venant de 50 pays qui vous attendent pour faire partager leurs passions et comme à l'accoutumée, ils seront accompagnés d'une ribambelle d'auteurs pour le plus grand plaisir des visiteurs. La bande dessinée n'est évidemment pas en reste avec cette année, une belle représentation de la profession qui sera géographiquement regroupée au centre du salon.

Enfin, avec la Corée du Sud, pays invité de cette édition, c’est le moment opportun de (re) découvrir le manhwa, la bande dessinée coréenne qui recèle de petites pépites indispensables au lecteur de bande dessinée.

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 11 Mars 2016

Chlorophylle et le monstre des trois sources, un remake de bon aloi !

Qui n'a pas un jour eu envie de quitter la ville, bruyante, polluée, pour retrouver les joies de la campagne censées apporter la plénitude et le recueillement ? C’est le choix de la souris Particule qui retrouve avec allégresse ses amis Chlorophylle et Minimum. Mais le plaisir de se retrouver va être, hélas, de courte durée quand elle découvre que sa fraîche demeure est sans dessus dessous. Encore une histoire de rats des villes et de rats des champs diront quelques lecteurs grincheux, mais quand elle est écrite par le scénariste Jean-Luc Cornette et réalisée de main de maître par le dessinateur René Hausman, la magie s'opère.

Avec un scénario sur mesure de Jean-Luc Cornette pour le peintre animalier René Hausman, on entre rapidement dans l'histoire d'un enlèvement qui se révèle vite peu ordinaire. Reprenant le mythe de Frankenstein, Jean-Luc Cornette joue sur la corde sensible avec un père qui, pour sauver son fils, a fait l'apprenti sorcier en fabriquant un monstre que ne renierait pas Boris Karloff et dont il ne contrôle plus les pulsions.

Le dessin de René Hausman est particulièrement sublime et l'on se délecte de découvrir ses animaux, au caractère humain, évoluant dans un univers fantasmagorique. Des couleurs directes de toute beauté viennent parfaire cet univers bestiaire que tout amateur de fables se devra de découvrir !

Décidément, l'univers de Raymond Macherot n'est pas mort et c'est tant mieux pour notre plus grand plaisir.

Chlorophylle et le monstre des trois sources CORNETTE/HAUSMAN Editions LE LOMBARD 48 pages 14,99 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 11 Mars 2016

Corps et âme, à corps perdu !

Parfois, la vie est assurément plus difficile à supporter que la mort !

Quand on s’appelle Frank Kitchen et que l’on est considéré comme l’un des plus efficaces tueur à gages que l’Amérique ait porté, rien ne peut faire peur pas même le risque d’être dessoudé un jour ou l’autre … et pourtant ! Bien que la dernière commande qui consistait à se débarrasser de Sébastien Kaye, mannequin et designer s’exécute à merveille, elle va néanmoins entraîner le héros dans une affaire des plus inattendues.

Ce n’est que quelques semaines plus tard après être tombé dans un guet-apens qu’il va apprendre, à ses dépens, que la vengeance est un plat qui se mange froid et pour le coup d’une manière des plus déconcertantes : alors qu’il se croyait passé de vie à trépas, Frank se réveille et réalise qu’il ressemble plus à une momie égyptienne qu’à un tueur à gages. Que s’est-il passé ? Qu’est-il devenu ? Il est difficile de déflorer plus le début de cet incroyable histoire qui va tenir hors d’haleine le lecteur sur près de 130 pages.

Après l’excellent « Balles perdues », l’association du cinéaste Walter Hill et du scénariste Matz frappe à nouveau très fort avec ce scénario des plus original dans une Amérique où règne le ni foi ni loi. Le récit est bien rythmé avec un fort bon découpage, bien déjanté et remarquablement mis en images par le dessinateur Jef qui nous surprend encore avec un trait vif, parfois aussi dur que l’histoire narrée. On ajoutera une mise en couleurs sombre, par moments glaciale, à l’image du récit !

Indispensable pour tout amoureux de policier qui se respecte !

CORPS ET AME HILL/MATZ/JEF Editions RUE DE SEVRES 136 pages 18.00 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

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