Publié le 29 Septembre 2019

Le Château des animaux T1, ou le règne du despotisme

Les hommes ont quitté depuis fort longtemps le château et ont été rapidement remplacés par les animaux pour leur plus grand plaisir de ces derniers. Hélas, ce que tous les animaux ont pris pour une victoire  va rapidement se transformer en cauchemar pour quasiment tous, hormis quelques despotes qui ont décidé de faire régner la terreur. Exploiter ses congénères en les terrorisant, n’est-ce pas une triste méthode déjà bien rôdée et adaptée par bon nombre de tyrans ?

Comme l’indique le scénariste du présent ouvrage, Xavier Dorison, si l’excellente fable animalière de Georges Orwell, La Ferme des animaux, « met en exergue le processus de confiscation des idéaux démocratiques par des dictateurs sanguinaires », sa vision reste irrémédiablement sans avenir. Peut-être existe-t-il une lueur d’espoir pour une rémission ? C’est assurément avec une ténacité et une volonté de fer que la néanmoins timide chatte Miss Bengalore va s’employer, avec l’aide de quelques amis, lapin et rat, à tenter de renverser dans la douceur et la dérision le pouvoir de ce diable de président Sylvio, taureau de son état, et de ses sbires de chiens. Seulement, le chemin est semé d’embûches et les soi-disant amis se rallient au pouvoir, de peur d’être attachés au poteau d’exécution. Vont-ils réussir l’impossible, renverser le pouvoir ?

Xavier Dorison livre là une histoire bien singulière, peuplée d’animaux souvent plus humains que le commun des mortels, et qui va assurément faire réfléchir le lecteur et lui rappeler que le despotisme ne date pas, hélas, d’hier et qu’il est encore bien présent dans bon nombre de pays. Des dialogues percutants, souvent drôles alors que les situations ne s’y prêtent pas forcément, entraînent le lecteur dans une aventure qui ne laissera pas indifférent. Avec le premier opus d’une série qui en comptera quatre, Xavier Dorison plante bien le décor d’une barbare autocratie que bon nombre d’animaux ne se sont pas encore résignés à subir ad vitam aeterman.

Avec un scénario pareil, le dessinateur Félix Delep ne pouvait être en reste et nous gratifie d’un splendide dessin animalier, que beaucoup de ses collègues rêveraient de pouvoir exécuter avec autant de talent. Les animaux sont plus vrais que nature et leurs expressions et mimiques dignes de productions de dessins animés.

Enfin, on attribuera une mention particulière à la coloriste Jessica Bodard qui met bien en valeur le dessin de Félix Delep.

LE CHATEAU DES ANIMAUX T1 Miss Bengalore  DORISON/DELEP Editions CASTERMAN 72 pages, 15,95€

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 29 Septembre 2019

1ère  vente aux enchères de la société DANIEL MAGHEN ENCHERES le 11 octobre 2019 à 18 heures à la Maison de l’Amérique Latine

Dans le monde de l’expertise de la bande dessinée, de la vente d’originaux mais également dans l’édition, Daniel Maghen est passé, depuis bien longtemps, maître en la matière. Seulement, après tous ces succès fort mérités, connaissant Daniel Maghen, il fallait bien se douter qu’il n’allait pas en rester là, notamment à rester expert pour des ventes aux enchères organisées par les maisons Tajan et Christie’s. Fort de ses expériences acquises durant sept ventes, il était temps pour lui de franchir le pas en créant sa société de vente aux enchères et de proposer assurément, l’évènement de l’automne ! Deux ventes de prestige seront organisées par an et seront composées d’un catalogue général et d’un catalogue spécial dédié à un artiste contemporain.

Pour cette 1ère vente, le catalogue spécial est consacré au grand auteur André Juillard, premier auteur majeur à avoir faire confiance à Daniel Maghen. Les nostalgiques se sont souviendront assurément de la première exposition à la Galerie Maghen de la rue Descartes, à l’occasion de la sortie du deuxième album de la série Plume aux vents.

A cette occasion, deux luxueux catalogues sont proposés à la vente. D’une part, un catalogue spécial  réservé à André Juillard qui présente plus d’une trentaine d’originaux à la vente dont des aquarelles réalisées par l’auteur pour cette occasion ainsi qu’une interview de l’auteur et d’autre part, le catalogue général qui présent les 226 pièces.

De Bess à Zep en passant par Batem, Franquin, Hergé, Benjamin Lacombe, Hugo Pratt, Manara, Moebius, Rosinski, Uderzo, la liste de 226 lots est impressionnante tant dans la variété des plus grands auteurs de bd, qu’en matière de qualité des œuvres proposées et fera tourner la tête de bon nombre de collectionneurs et amateurs d’art.

 

Concernant les estimations, de 1000 € à 300 000 €, la fourchette est grande et permet à un grand nombre de se faire plaisir !

Alors, avant de vous rendre à la vente aux enchères à la Maison de l’Amérique Latine le 11 octobre à 18 heures, on ne peut que vous suggérer de venir voir les œuvres à l’occasion de l’exposition publique à la galerie Daniel Maghen (entrée libre) au 36, rue du Louvre à Paris (75001) qui aura lieu, du mercredi 25 septembre au jeudi 10 octobre, de 10h30 à 19h et le vendredi 11 octobre, de 9h à 13h.

Plus d’informations sur mailto:https://www.danielmaghen-encheres.com/


Galerie Daniel Maghen

36, rue du Louvre, 75001 Paris
Tél :  +33 (0)1 42 84 37 39
contact@danielmaghenencheres.com

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Divers

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Publié le 25 Septembre 2019

Notre part des ténèbres, quand l’énergie du désespoir mène à toutes les extrémités…

Adapté de son roman éponyme, le scénariste Gérard Mordillat relate un drame de la révolte sociale. Un de ces drames, hélas, vécu par bon nombre de salariés depuis quelques années, sous le joug des fonds spéculatifs qui ne cherchent qu’à rentabiliser leurs investissements, quitte à faire retrouver sur la paille la main d’œuvre dont on fait peu cas et qui détruit la vie des salariés et de toutes leurs familles.

Milan, employé de Mondial Laser fait partie du lot des laissés-pour-compte, tout juste bon à pointer au chômage, après bon nombre d’années de bons et loyaux services. Mais le drame de Milan ne s’arrête pas là, son fils employé stagiaire est également renvoyé comme un malpropre et ne l’a pas supporté au point de mettre fin à ses jours.  Vengeance ! Milan n’a que ça en tête et l’opportunité de frapper un grand coup contre ces actionnaires va voir le jour à l’occasion d’une croisière organisée sur le Nausicaa pour la nuit de la Sylvestre. Prendre les commandes du bateau, en compagnie de ses collègues, va s’avérer des plus simples car c’était sur ce projet que travaillait le fils de Milan. La fête sera alors vite gâchée lorsque les convives, comprenant notamment des pontes et des membres du gouvernement, apprendront que le bateau est miné et que la détermination des ex-employés s’avère des plus prégnantes. Quelle angoisse ! Jusqu’où les preneurs d’otage iront-ils ? Les autorités vont-ils pouvoir enrayer cette machination diabolique ?

Ces questions vont trouver leurs réponses tout au long des 96 pages de cet album haletant.

Gérard Mordillat dépeint avec cynisme notamment la couardise et l’égoïsme de dirigeants d’entreprises et membres du gouvernement, prêts à tout eux aussi, pour sauver leurs peaux. Le suspens est bien ménagé et sur fonds de remake du Titanic, le lecteur suivra avec intérêt la partie de poker-menteur qui se développe entre les actionnaires et les ex-salariés mais également, chacuns entre eux.

Remarquablement mis en scène par le dessin hyperréaliste du dessinateur Eric Liberge, le lecteur va vite se prendre au jeu. On ajoutera des couleurs particulièrement sombres, renforçant encore un peu plus le côté anxiogène de cet opus.

NOTRE PART DES TENEBRES MORDILLAT/LIBERGE Editions LES ARENES BD 96 pages, 20,00€

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 15 Septembre 2019

BIJOU, Belliaciano, la pierre de légende qui roule

Qui n’a rêvé de posséder une des plus belles pierres du monde ? Seulement, ces fameux diamants, avant de se retrouver en pendentifs ou au bout d’un doigt, doivent être extraits du ventre de la terre, apportés chez un tailleur pour être dégrossis et enfin, être dignes d’être portés, adulés… convoités. Alors, quand Gregor Mc Gregor déniche dans une mine africaine un gros caillou, il prend rapidement conscience qu’il a touché le jackpot. Ce qu’il ne sait pas lorsqu’il le découvre, c’est le chemin que va parcourir ce bout de pierre, taillé, retaillé, mis en sautoir, en bague, vendu, revendu, perdu, volé. La liste est longue et le scénariste Fred Bernard va prendre un malin plaisir à promener le lecteur à travers 72 pages de péripéties de la pierre, marqués par des événements tantôt heureux, tantôt tragiques qui ont marqué le siècle dernier.

On ne présente plus Monsieur Jacques de Loustal, avec tout le talent qui le caractérise. Voilà un dessinateur qui aura su imposer, avec goût, un style de bande dessinée sans bulles mais avec un texte narratif sous chaque vignette. Ce style, que l’on pourrait croire sorti tout droit de l’art naïf,  lui appartient en propre dans le sens où il se dégage une dynamique hors du commun rehaussée par de belles couleurs éclatantes. Ici, 128 vignettes pour planter le décor et quel décor ! Tout y est et le lecteur se prendra au jeu de la pierre qui roule.

A lire, ne serait-ce que pour faire un retour sur le 20ème siècle qui aura vu tellement de transformations.

BIJOU BERNARD/LOUSTAL Éditions CASTERMAN 72 pages, 19,00 €

Bernard Launois

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Publié le 13 Septembre 2019

Chaplin en Amérique, l’irrésistible ascension !

Charles Spencer Chaplin trouve le continent européen et plus particulièrement l’Angleterre trop étriqués pour ses ambitions. Ce qu’il veut, c’est conquérir l’Amérique et s’y faire un nom ! Que de prétentions, peut-être bien présomptueuses, pour ce jeune homme ?  L’histoire nous montrera qu’il avait assurément raison… Le jeune homme débarqué de son Londres natal va devenir un monument  hollywoodien en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Quel contraste entre le jeune et pétillant Charlie et son ami Stanley, réservé et inquiet de leur devenir sur le Nouveau Continent !

Quel biopic de ses premières années de gloire : la narration est fluide et les dialogues sont alertes. Ainsi, tous les ingrédients d’un bon scénario sont présents pour un premier tome où l’on découvre le jeune Chaplin, prêt à tout pour réussir et se hisser en haut de l’affiche.

Voilà 72 pages tourbillonnantes, à l’image de la conquête de l’Amérique par le jeune acteur, qui deviendra rapidement réalisateur pour le bonheur de tous. Avec un découpage dynamique, alternant les doubles-pages et les planches de quatre à huit cases selon la narration, le dessinateur David François plante rapidement le décor, de l’arrivée tonitruante de Chaplin en paquebot à ses tournages dans les studios hollywoodiens. Le dessin semi-réaliste de David, reconnaissable entre tous, sied parfaitement au récit envoutant, parfois émouvant mais toujours captivant de Laurent Seksik. Alors François, quand son dessin est rehaussé par des couleurs pastel, il n’en est que plus expressif et accrocheur pour un lecteur qui sera rapidement conquis.

Un bel album qui laisse augurer une fort belle série. A ne pas manquer.

CHAPLIN EN AMERIQUE T1, SEKSIK/FRANCOIS Éditions RUE DE SÈVRES 72 pages, 17,00 €

Bernard Launois

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Publié le 9 Septembre 2019

La marche, vers une fuite en avant

 

Mais que diable allaient-ils faire dans cette galère ? Nous sommes en plein hiver 1812, au fin fond de la Russie où un groupe d’une dizaine de femmes et d’hommes tente d’échapper aux troupes napoléoniennes qui marchent sur Moscou. Fuir pour quoi, pour qui, assurément pour un monde meilleur ? Comment toutes ces individualités se retrouvent à être soudées dans cette fuite en avant, par la force des choses, ne serait-ce que pour l’instinct de survie ? Aux difficultés du froid sibérien s’ajoute une neige tenace qui tapisse toutes les forêts qu’ils traversent, le but étant de ne se faire voir de personne. Rapidement, les ennuis et les tiraillements entre les protagonistes vont empoisonner les relations et déranger la bonne marche de cette déroute. Sont-ils voués à l’échec, seront-ils découverts ?

 

Le scénario d’Anne-Laure Reboul va tenir le lecteur en haleine pendant 120 pages. Pas de répit dans cette histoire où il faut lutter pour survivre, faire des concessions. Quand ce ne sont pas les loups qui se rapprochent dangereusement du campement, c’est l’une des carrioles qui les transporte qui vient à se renverser, obligeant à  éliminer le cheval qui la tirait. Petit à petit l’échiquier humain prend une dimension des plus dramatiques.

Régis Penet livre là un bel album, tout en noir et blanc, collant parfaitement au scénario angoissant d’Anne-Laure Reboul. Avec un dessin hyperréaliste, le lecteur va rapidement plonger dans ces forêts mystérieuses et inquiétantes où le danger est derrière chaque bouleau.

Magnifique !

LA MARCHE REBOUL/PENET Collection Integra Editions VENT D’OUEST  120 pages, 22,00 €

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 8 Septembre 2019

Mondo Reverso T2 La bonne, la brute et la truande, l’épopée mexicaine

Si Cornelia, devenue nouvellement shérife, et Lindbergh son mari potiche semblent mener maintenant une vie pépère, ce n’est que répit car bientôt la Shérife va devoir partir à la recherche du fils Thompson qui aurait été kidnappé par un cirque de Freaks. Autant dire que Lindbergh est jaloux, refuse d’être en reste et tente de rejoindre sa moitié. Vont s’en suivre des courses-poursuite endiablées au travers de la Rio Grande où Cornelia va finir enterrée vivante, ne devant son salut qu’à la sorcière Yaqui. Quant à Lindbergh, il trouvera le moyen, après forces rasades de Mezcal, d’atterrir dans un harem. Arriveront-ils à retrouver Thomson, et au-delà leur couple résistera-t-il à toutes les tentations qui se présentent à eux ?

Le délire continue et c’est avec un plaisir non dissimulé que le lecteur retrouvera tous ces personnages aussi loufoques les uns que les autres dans un road-movie endiablé. L’inversion des rôles homme/femme est encore plus en exergue dans ce deuxième tome, et les situations cocasses se multiplient, de la femme à barbe qui fume le cigare et joue du pétard, à l’homme soumis aux aléas de la gent féminine.

Le dessin de Dominique Bertail est toujours aussi efficace et sa couleur directe fait merveille. Si l’on peut penser dans les premières pages que la couleur bistre risque d’affadir le dessin, il n’en est rien et le lecteur va prendre à nouveau grand plaisir à se délecter de ses superbes décors mexicains. On sent encore que le dessinateur a pris un réel plaisir à réaliser l’album. De Myrtille, le Blueberry en anglais, à l’héroïne de Paris 2119 que l’on retrouve dans le harem, les clins d’œil sont nombreux. Quant à l’autodérision, elle va jusqu’au dessinateur qui se retrouve sous les traits de Lindbergh.

Cet album s’avère aussi jubilatoire que le premier et on se prend à regretter qu’on ne  retrouve pas ces biens singuliers personnages dans d’autres aventures.

MONDO REVERSO T2 LA BONNE, LA BRUTE ET LA TRUANDE LE GOUËFFLEC/BERTAIL Editions FLUIDE GLACIAL  96 pages 16,90 €

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 3 Septembre 2019

La fin du monde en trinquant… qui vivra, « verrat » !

Mais que diable allait-il faire dans cette galère, le cochon Nikita Petrovitch astronome de profession affublé d’Yvan le chien, son crétin d’assistant ? Nous sommes en janvier 1774 au fin fond de la Sibérie où les deux compères d’infortune sont chargés d’alerter la population locale de l’écrasement imminent d’une météorite sur leur terre. Seulement, les rustres et soudards qui les détroussent sont à des années-lumière de les croire et ils n’ont qu’une seule idée en tête, envoyer un émissaire auprès de l’impératrice, la Grande Catherine, pour obtenir une rançon. Dans l’attente du retour de l’estafette, les deux prisonniers tenteront d’amadouer leurs geôliers afin d’obtenir une séquestration plus douce. Ainsi, Yvan s’entiche d’une jeune renarde pas farouche avec qui il envisage de s’évader. Quand à Nikita, il se morfond à tenter de convaincre la bande de brigands du bien fondé de sa venue dans ces austères contrées.

L’émissaire reviendra-t-il avec des espèces sonnantes et trébuchantes ? La comète finira-t-elle par tomber et anéantir toute la population ?

L’auteur complet Jean-Paul Krassinsky réussit là une belle fable animalière, inspirée de l’improbable tandem que constituent Bourvil et Louis de Funès dans La grande vadrouille, le benêt et l’intellectuel qui vont devoir cohabiter coûte que coûte et finalement s’entraider même s’ils n’ont aucune estime l’un pour l’autre. La fatuité du jeune sot et la suffisance de l’intellectuel, confrontés à une population de rustauds aux premiers abords, ne finiront-elles pas par devenir un atout ? Avec un scénario bien construit et des dialogues drôles, le lecteur va découvrir toute la cruauté et la bêtise réunies dans un vaudeville de haute lignée.

Le dessin est à l’image du scénario, aussi bon ! Les animaux sont croqués avec délice et les expressions et mimiques de chacun sont un vrai régal ; la fine aquarelle complète merveilleusement le tableau. Un must, à lire instamment !

LA FIN DU MONDE EN TRINQUANT KRASSINSKY Editions CASTERMAN 230 pages, 25,00 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 3 Septembre 2019

« Des cases à la toile », Boucq au Musée de l’Hôtel-Dieu à Mantes-la-Jolie, du 2 septembre au 30 décembre 2019

 

En parallèle du 8ème festival qui a lieu du 14 au 16 juin 2019, le musée de l’Hôtel-Dieu consacre pour la première fois une exposition à un artiste de bande dessinée : François Boucq, Grand prix de la ville d’Angoulême en 1998. Le choix de cet immense artiste réside dans sa manière de rendre hommage au travail de Maximilien LUCE, qui entre particulièrement en résonnance avec ses collections. Comme Maximilien Luce en son temps, Boucq met aussi son talent de dessinateur au service de la presse et des revues en illustrant ou caricaturant ses contemporains et les faits d’actualité. La Première Guerre mondiale a enfin intéressé ces deux artistes qui ont créé chacun une série d’œuvres à 90 ans d’intervalle.

 

L’exposition évoque aussi les multiples facettes de son œuvre : de l’emblématique série western Bouncer, scénarisée par Alessandro Jodorowsky, à son personnage fétiche de Jérôme Moucherot, sans cesse pris dans des aventures absurdes et comiques. Réunissant près de 80 œuvres, l’exposition présente des planches inédites, des très grands formats et même des peintures sur toiles. Le parcours permet de révéler la richesse et la variété du travail de Boucq et fait découvrir au public non initié les techniques de création d’une bande dessinée.

L’exposition, réalisée en partenariat avec Bulles de Mantes, présente pour la première fois un artiste dans un musée labellisé Musée de France.

L'association Bulles de Mantes remercient tout particulièrement Huberty & Breyne Gallery, les éditions du Lombard, les éditions e-invenit et I ainsi que les éditions Kanari Fims pour leurs contributions.

Musée de l’Hôtel-Dieu 1, rue Thiers - 78200 Mantes-la-Jolie

Tél. : 01 34 78 86 60 www.manteslajolie.fr / contact.musee@manteslajolie.fr

Bernard  Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 2 Septembre 2019

Les Indes Fourbes

Une épopée flamboyante.

 

« Gueux j’étais, gueux je resterai… ». Cherchant à échapper au destin misérable réservé à sa naissance, Pablos atteint le Nouveau Monde - les Indes – en quête de l’Eldorado, et se sert de tous les moyens pour assurer sa survie, déployant les ruses les plus perfides ou les roublardises les plus odieuses pour tromper les faibles comme les forts, suscitant mépris et ires vengeresses.

Le roman picaresque a marqué la littérature espagnole du 17e siècle. Alain Ayroles et Juanjo Guarnido se sont emparés d’un de ses fleurons, El Buscon, pour en imaginer la suite. Le scénario d’Alain Ayroles, dense et remarquablement complexe dans sa construction, engendre une suite de rebondissements rocambolesques et plonge le lecteur dans un récit haletant de la genèse à la conclusion de l’histoire.

Empruntant aux codes du genre, Ayroles livre un récit que raconte à la

première personne une voix off. Il déploie tout son art du verbe dans le style qu’il affectionne aux tournures un brin surannées et parfaitement écrit. Avec une extraordinaire maestria, les deux auteurs insufflent tout au long de l’album une force à souhait comique ou tragique au moyen de savants décalages : décalage entre le texte et l’image qui montre la réalité des événements, décalage entre les versions d’un chapitre à l’autre au gré des narrateurs successifs, décalage entre les émotions avec un dessin instillant ça et là un détail comique ou tragique à l’inverse de la situation.

 

Au sommet de son art, Juanjo Guarnido offre 145 planches époustouflantes. Illustrés dans un style réaliste, les paysages et les animaux sont sublimes, les décors somptueux, parés de couleurs aquarellées splendides et éclatantes.

Au cœur de l’album le récit glisse vers douze pages muettes sans qu’on s’en aperçoive tant la force expressive du dessin suffit. Les personnages, eux, sont croqués de façon semi-réaliste avec la verve cartoonesque dont il est passé maitre. Les références au peintre Velasquez sont nombreuses et plus particulièrement à l’un de ses tableaux les plus connus, Les Menines, dont l’énigmatique composition a subtilement inspiré les deux auteurs.

 

Dans une symbiose aboutie qui donne à chacun des deux toute sa place, le scénario et le dessin flamboyants de l’album font des Indes Fourbes un titre phare de l’année et qui restera immanquablement dans les annales.

 

 

 

Les Indes Fourbes,

par Alain Ayroles et Juanjo Guarnido

Delcourt août 2019

160 pages, 34,90 €

 

Illustrations : Ayroles et Guarnido© Delcourt 2019

 

 Jérôme Boutelier

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Chronique de Jérôme BOUTELIER

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