coup de coeur bernard launois

Publié le 13 Août 2020

BATMAN UNIVERSE, qui vole un œuf…

Le vol d’un œuf Fabergé dans le Flugelheim Museum de Gotham city fait grand bruit, d’autant plus que celui-ci possèderait des pouvoirs surnaturels.  C’est ce que Batman ne va pas tarder à découvrir à ses dépens. Hormis le Sphinx, qui peut avoir intérêt à se procurer cet objet de collection ? Il va s’ensuivre une course poursuite dans un univers spatio-temporel où les protagonistes vont évoluer dans l’espace, la préhistoire, ou le Far-West afin de s’emparer du larcin et d’en neutraliser les effets.

 

Cet album propose une histoire complète, scénarisée par Michaël Bendis, auteur notamment des dernières séries de Superman, Cover et autres Action Comics. Dans un rythme des plus soutenus entrecoupé de bastons mémorables, le lecteur sera absorbé par un Batman de bon aloi pour qui la compagnie de Green Lantern et Jonax Hex le chasseur de primes du Far West ne sera pas de trop, afin de venir à bout d’un certain Vandal Savage prêt à tout pour honorer son contrat avec le Sphinx.

Le dessin alerte de Nick Derington, accompagné du coloriste Dave Stewart, met remarquablement en valeur le scénario haletant. Avec un dessin hyperréaliste, l’histoire prend toute sa dimension. Les paysages sont fouillés, les personnages sont dessinés de manière dynamique dans un découpage qui l’est tout autant. Voilà donc une belle réussite qui ne demande qu’à se perpétuer  pour le plus grand plaisir des lecteurs. 

Enfin, saluons l’heureuse initiative éditoriale de proposer Citizen Wayne, la première histoire de Batman scénarisée par l’auteur de l’album, ainsi qu’un florilège de couvertures, toutes aussi belles les unes que les autres.

BATMAN UNIVERSE T0 Michaël BENDIS/Nick DERINGTON Collection DC  DELUXE Editions URBAN COMICS 192 pages, 17,50€

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 19 Juillet 2020

GREEN ARROW The longbow Hunters, une sacrée flèche !

Scénarisé et dessiné dans les années 80 par Mike Grell, ce comics, jusque là inédit en France, n’a pas vieilli d’un iota et c’est avec un plaisir non feint dissimulé que le lecteur va découvrir les arcanes de Green Arrow, le Guillaume Tell des temps modernes.

 

Voici l’histoire du milliardaire Oliver Queen, plus connu sous le surnom de Green Arrow, qui  s’étant réfugié sur une ile déserte après un naufrage, a pu assurer sa survie grâce au maniement d’un arc pour chasser des animaux dans l’unique but de se nourrir. Revenu dans la société dite civilisée, l’arc, cette artillerie d’un autre temps, deviendra l’arme absolue pour rendre la justice alors qu’il a été dépossédé de sa fortune pendant son exil forcé et qu’il a décidé de consacrer sa vie à défendre les  braves gens sans défense en s’adjoignant  le concours de sa compagne Dinah Lance, plus connue sous le nom de Black Canary. Les aventures nocturnes vont s’enchainer avec un succès non démenti jusqu’à l’enquête de trop, celle qui les amènera dans le milieu de la drogue où la violence règne. Comment nos deux tourtereaux vont-ils se sortir de ce mauvais pas alors que Shado, une sémillante archère, vient perturber leur amour ?

L’auteur Mike Grell emporte le lecteur dans un récit haletant où l’inaction n’a pas sa place. De sa période Robinson Crusoë à ses règlements de compte dans les bas fonds de Seattle, le scénario balaie toute la genèse du jeune milliardaire qui deviendra, quelques années plus tard, l’un des plus grands justiciers des temps modernes. Mêlant le crayonné à un encrage profond en passant par des aquarelles, le dessin réaliste de Mike Grell sied parfaitement à son récit.

Voilà donc une belle initiative des éditions Urban Comics d’éditer la version française de l’archer vert le plus connu des américains.

 GREEN ARROW The longbow Hunters  Mike GRELL  Collection DC CONFIDENTIAL Editions URBAN COMICS, 192 pages, 17,50 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 9 Juillet 2020

La vengeance est un plat qui se mange froid, c’est assurément ce que rumine Clyde en décidant de revenir sur son terrain de prédilection pour enfin récupérer son honneur et l’argent qu’on lui doit après des mois passés à l’ombre. Seulement, tout ne se déroule pas toujours comme on le voudrait et la rencontre fortuite de Vicky la tatouée, à la recherche d’un avorteur, va bouleverser tous ses plans.

Nous sommes à la fin des années 60 à Reno, bourgade du Nevada, au demeurant une cité des plus paisibles… quand les trafics de came ne pas viennent la troubler.

Sur fond de règlements de comptes, le scénariste Dobbs emmène le lecteur dans un road trip des plus singuliers dans lequel le dénominateur commun des vies de nos deux protagonistes, alors que leurs routes ne s’étaient jamais croisées, s’avère être Granny, la matriarche de la plus puissante famille de crapules  qui règne sur la ville et ses alentours. Rythmée par les couplets de chansons des Beatles, Everly Brothers et autres Roy Orbison qui auront marqué les années 70, la musique censée adoucir les mœurs a plutôt tendance ici à les électriser. Le scénario se déroule à une vitesse grand V, au rythme des interminables asphaltes ouest-américains remarquablement mis en images par le dessinateur Khaled, qui s’empare de ce récit de la plus belle des manières avec son dessin hyperréaliste joliment rehaussé par les couleurs de Josie de Rosa. Avec des décors fouillés qui donnent envie de les visiter, et des personnages souvent peu rassurants que l’on préfèrera éviter,  voilà une bonne bande dessinée qui fleure le soufre, le stupre et le sang pour une fin des plus inattendues.

HIT THE ROAD DOBBS/KHALED collection Hors Collection Editions GLENAT, 48 pages, 14,95 €

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 5 Juillet 2020

ANTHOLOGIE EDIKA Volume 1, sérieux s’abstenir, l’un des piliers de FLUIDE GLACIAL s’expose
ANTHOLOGIE EDIKA Volume 1, sérieux s’abstenir, l’un des piliers de FLUIDE GLACIAL s’expose
ANTHOLOGIE EDIKA Volume 1, sérieux s’abstenir, l’un des piliers de FLUIDE GLACIAL s’expose

Si on avait dit, à ses débuts à Fluide Glacial en 1979, à ce discret personnage qu’est l’auteur Edika, qu’il lui serait consacré un jour une anthologie, il n’en aurait pas cru un traitre mot !

Et pourtant, c’est une riche idée de mettre en avant un auteur qui aura marqué sa génération avec des personnages tout aussi loufoques les uns que les autres, dans des histoires qui ont l’apparence quelquefois ne n’avoir « ni queue ni tête », ceci dit sans arrière-pensée salace. Après un début dans le journal Pif, puis dans Charlie Mensuel et Métal Hurlant¸ Edika finit par débarquer chez Fluide Glacial par qui il rêvait d’être édité, et ce depuis ses premières lectures du magazine lorsqu’il faisait ses débuts dans la bande dessinée, au Liban.

Lire ou relire les frasques de Bronsky Proko et de l’inénarrable Clark Gaybeul, le seul chat dans la bd qui peut se targuer, avec son air débonnaire, d’évoluer en slip kangourou, reste un grand moment de franche rigolade. Mais réduire la production de l’auteur à ces deux personnages serait faire offense notamment à une pléiade de « blondasses » à forte poitrine dont le QI ne dépasse pas souvent celui d’une huitre, mais qui ont le mérite de faire rire, d’autant plus lorsqu’elles sont affublées de partenaires vieux, petits, moches, voire libidineux. Vous aurez compris, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, qu’Edika n’engendre pas la mélancolie.

Les récits d’Edika, c’est aussi l’art et la manière d’emmener le lecteur dans une histoire sans fin dont la dérision reste la substantifique moelle.

Cette anthologie sera composée de six volumes, à raison de deux volumes édités par an : décidément, les zygomatiques du lecteur risquent d’être mis à dure épreuve et ce, pour notre plus grand plaisir !

ANTHOLOGIE EDIKA Volume 1 1979>1984 Editions FLUIDE GLACIAL 240 pages, 29,90 €

Bernard Launois

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Publié le 2 Juillet 2020

ANTHOLOGIE EDIKA Volume 1, sérieux s’abstenir, l’un des piliers de FLUIDE GLACIAL s’expose

Si on avait dit, à ses débuts à Fluide Glacial en 1979, à ce discret personnage qu’est l’auteur Edika, qu’il lui serait consacré un jour une anthologie, il n’en aurait pas cru un traitre mot !

Et pourtant, c’est une riche idée de mettre en avant un auteur qui aura marqué sa génération avec des personnages tout aussi loufoques les uns que les autres, dans des histoires qui ont l’apparence quelquefois ne n’avoir « ni queue ni tête », ceci dit sans arrière-pensée salace. Après un début dans le journal Pif, puis dans Charlie Mensuel et Métal Hurlant¸ Edika finit par débarquer chez Fluide Glacial par qui il rêvait d’être édité, et ce depuis ses premières lectures du magazine lorsqu’il faisait ses débuts dans la bande dessinée, au Liban.

Lire ou relire les frasques de Bronsky Proko et de l’inénarrable Clark Gaybeul, le seul chat dans la bd qui peut se targuer, avec son air débonnaire, d’évoluer en slip kangourou, reste un grand moment de franche rigolade. Mais réduire la production de l’auteur à ces deux personnages serait faire offense notamment à une pléiade de « blondasses » à forte poitrine dont le QI ne dépasse pas souvent celui d’une huitre, mais qui ont le mérite de faire rire, d’autant plus lorsqu’elles sont affublées de partenaires vieux, petits, moches, voire libidineux. Vous aurez compris, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, qu’Edika n’engendre pas la mélancolie.

Les récits d’Edika, c’est aussi l’art et la manière d’emmener le lecteur dans une histoire sans fin dont la dérision reste la substantifique moelle.

Cette anthologie sera composée de six volumes, à raison de deux volumes édités par an : décidément, les zygomatiques du lecteur risquent d’être mis à dure épreuve et ce, pour notre plus grand plaisir !

ANTHOLOGIE EDIKA Volume 1 1979>1984 Editions FLUIDE GLACIAL 240 pages, 29,90 €

Bernard Launois

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Publié le 30 Juin 2020

21 jours avant la fin du monde, quel programme !

Lisa pense souvent à Alex, son ami d’enfance, d’autant plus quand elle passe devant la maison qu’il a désertée avec son père un été d’il y a maintenant quatre ans. Aucune réponse à ses missives envoyées régulièrement quand… Alex réapparait pour trois semaines, à l’occasion de la mise en vente de sa maison. Bien que le père d’Alex lui défende de revoir Lisa, ce dernier ne peut s’empêcher de renouer avec sa camarade de jeu. Si leur complicité n’a pas pris une ride, Lisa sent bien que le petit garçon qu’elle a connu n’est plus le même.  Peut-être faut-il l’attribuer au décès de sa mère qui aura également précipité leur départ de la maison ? Lisa veut en avoir le cœur net et qui sait, arrivera peut-être à percer le secret de son ami alors que le compte à rebours a commencé… Après tout,  21 jours, c’est à la fois long et court pour comprendre pourquoi le 15 août aura été une date déterminante dans le destin d’Alex mais aussi dans le sien.

Le duo fusionnel à la ville comme à la scène, Silvia Vecchini au scénario et Sualzo au dessin, a fait de l’album jeunesse son créneau de prédilection. Il réussit encore un bel album plein de sensibilité avec un passage de l’enfance à l’adolescence marqué par le décès de la mère du jeune garçon. Rythmés comme le décompte d’une bombe à retardement, les jours matérialisés par un panneau sur le porte-bagages d’un vieux cycliste s’égrènent lentement mais inexorablement,  jusqu’à l’apothéose de ce fameux 15 août, date du dénouement. Avec un dessin semi-réaliste, faussement enfantin, Sualzo met en image de belle manière la vie bouleversée de ces deux jeunes adolescents.

21 JOURS AVANT LA FIN DU MONDE Silvia VECCHINI/SUALZO Editions RUE DE SEVRES 200 pages, 16,00 €

Bernard Launois

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Publié le 28 Juin 2020

Les Voyages d’Ibn Battûta, de la réalité aux rêves

Ibn Battûta ne vous dit sûrement rien mais quand vous saurez qu’il a décidé, à l’âge de 21 ans, de parcourir le monde musulman et ce, pendant 25 ans, alors que nous sommes dans la première moitié du 14ème siècle, son parcours ne pourra que susciter votre curiosité. Sa première destination était de se rendre en pèlerinage dans la patrie de Mahomet. Vaste et périlleux programme quand on sait que les routes sont peuplés de brigands et de guerriers prêts à vous dépecer et vous tailler en pièces. Mais qu’importe, Ibn Battûta a la foi et rien de ne l’empêchera, aux travers de déserts, de rencontres improbables, d’atteindre son but, celui de se recueillir à la

Mecque. Mais, une fois l’objectif atteint, pourquoi donc s’arrêter là et ne pas entreprendre de visiter d’autres contrées, rencontrer d’autres populations, fréquenter des femmes, de tout pays, dont il est particulièrement friand ? De Tanger à Pékin en passant par la Mecque, Alexandra, Kaboul… L’infatigable voyageur aurait parcouru près de 120 000 kms, dessinant inlassablement les paysages, les gens rencontrés et les légendes racontées, seules traces tangibles de son passage et qui feront l’objet de la rédaction d’un livre dénommé Rilha, rédigé par Ibn Juzayy. C’est à partir de la version moderne de ce texte rédigé par l’écrivain Lofti Akalay que l’auteur Joël Alessandra, inlassable voyageur et conteur, s’est lancé dans l’aventure de ce récit que ce dernier a remarquablement scénarisé et mis en images.

Alors mythe ou réalité, le Sultan a qui il vient narrer ses voyages ne sait s’il doit croire tous les dires de son sujet ? Toujours est-il que ses voyages incitent aux rêves et peut importe s’il reste une once de vérité, tellement on aura été transporté. C’est assurément le tour de force qu’a réussi l’auteur Joël Alessandra en promenant le lecteur au travers d’un monde onirique et poétique. De superbes aquarelles, dont le dessinateur a le secret, subliment un album digne de rentrer dans la prestigieuse collection Aire Libre.

Alors, prêt à suivre l’aventure d’Ibn Battûta qui ne pourra assurément ne pas vous laisser de marbre ?

On notera l’excellent initiative des éditions Dupuis, de sortir une version augmentée de l’album avec une jaquette et un frontispice inédit, numéroté et signé.

LES VOYAGES D’IBN BATTÛTA Lofti AKALAY/Joël ALESSANDRA Collection Aire Libre Editions DUPUIS, 248 pages, 29.90 €

Bernard Launois

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Publié le 23 Juin 2020

OCTOFIGHT  T1, Ô vieillesse ennemie, bienvenue au pays des gérontophobes !

Les Vieux Fourneaux, série bd mettant en scène des quatrième âge, n'a qu'à bien se tenir : voici que débarque la saga Octofight, narrant l’histoire d’un octogénaire qui, n'ayant pu se résoudre à arrêter de fumer, se retrouve embringué dans une histoire rocambolesque. Il faut dire qu’en 2048 sous le régime totalitaire de Mohamed-Maréchal Le Pen, tirer sur la sèche s’avère un délit qui mène tout droit à l'euthanasie pour les plus de 80 ans en fin de droits… Et Stéphane qui n’a su résister aux volutes, ne veut pas mourir si tôt, et surtout pas pour ce qu’il juge comme étant une peccadille, contrairement à son fils Mattéo, accablé devant l’inconscience de son père. Quant à Nadège, son épouse, elle ne veut pas se retrouver veuve : alors que faire, attendre sagement que la police vienne le cueillir ou prendre la route vers l’inconnu ?

Va s’ensuivre un road-movie des plus hilarants, où les situations tout autant ubuesques que cyniques défilent à la vitesse grand V. Des nouvelles technologies sécuritaires des plus flippantes, dont les nôtres ne sont d’ailleurs pas si loin, aux rencontres improbables de communautés dont les pratiques s’avèrent douteuses, Nicolas Juncker, par son récit et ses dialogues, nous transporte dans une histoire jubilatoire avec juste ce qu’il faut d’impertinence pour ravir le lecteur.

Le dessin noir et blanc semi-réaliste de Chico Pacheco, plutôt dynamique, colle parfaitement au scénario enlevé d’un premier album laissant présager une belle série qui devrait compter trois tomes.

OCTOFIGHT  T1 Ô VIEILLESSE ENNEMIE collection TREIZE ETRANGE Editions GLENAT, 128 pages 12,90 €

Bernard Launois

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Publié le 16 Juin 2020

BLACK SQUAW T1, ou les ailes du désir de réussir

Bessie Coleman n’a encore que l’âge de courir dans les champs de blé texans,  mais elle ne rêve déjà que de voler. Seulement, nous sommes à l’orée du 20ème siècle et elle doit surmonter, a minima, deux handicaps de taille, celui d’être une femme et qui plus est une métisse dans un pays où le Ku Klux Klan fait régner la terreur sur les populations qui ne sont pas de race blanche.

Pour ce premier album d’une nouvelle série, d’un duo d’auteurs déjà célèbre avec la série DENT D’OURS, le lecteur est  transporté dans l’histoire romancée de Bessie, jeune femme intrépide, animée par une volonté de réussir dans un monde où personne ne l’attend. Le scénariste Yann, après nous avoir tout d’abord plongés dans un vol à risques, eu égard notamment aux conditions météo, afin de récupérer de l’alcool de contrebande pour le compte d’Al Capone, revient sur le passé de cette jeune aviatrice née avec du sang  indien dans les veines. Enfance compliquée au sein d’une famille de huit frères et sœurs, où les fins de mois sont toujours difficiles à boucler, Bessie, éprise de justice, ne cessera toute sa prime jeunesse de vouloir faire évoluer sa condition et celles des siens. Le récit s’avère dynamique, empreint de dialogues enlevés, et accompagné par le dessin hyperréaliste d’Alain Henriet rehaussé par les belles couleurs vives d’Usagi.

Un making-of de six pages agrémentées de crayonnés, relatant le début du parcours de Bessie, première aviatrice afro-américaine ainsi que les conditions de vie des « lighthhorsemen », police tribale indienne, et un focus sur le Ku Klux Klan, complète ce premier opus d’une série qui semble des plus prometteuses.

BLACK SQUAW T1, NIGHT HAWK Editions DUPUIS 56 pages, 14,50 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 4 Juin 2020

RAVEN T1 Némésis, l’Aventure avec un grand A !

« Mieux vaut être seul que mal accompagné », c’est assurément la citation du philosophe Pierre Gringoire qui sied le mieux à ce diable de Raven, le pirate solitaire. Sa confiance, il ne se l’accorde qu’à lui, et ses rencontres, pas toujours heureuses, vont le conforter dans son état d’esprit. Rien ne l’arrête, surtout quand un trésor est à portée de main, et quand bien même il vient à peine de réchapper à une mort certaine dans un des abordages les plus difficiles qu’il ait connu.

Si la Jamaïque est aujourd’hui synonyme de farniente et de plages chaudes, il n’en est pas de même au XVIIème siècle où les truands pullulent sur les flots, plus nombreux que les squales dans la mer des Caraïbes. Seulement le trésor de Chichén Itza, enterré sur l’île du Morne-du-Diable, est également convoité par la diablesse Lady Darksee, prête à tout pour arriver à ses fins.  Et pour couronner le tout, il apparait que cette fameuse île est peuplée de cannibales qui accommoderaient bien leur repas de quelques pirates.

Voilà un tableau bien dressé pour une aventure héroïque qui démarre sous les meilleurs auspices dans ce premier opus, avec un talentueux Mathieu Lauffray à la fois au scénario et au dessin. Le lecteur va, dès les premières pages, se prendre au jeu d’un pirate haut en couleurs, conscient de ses faiblesses, qui se jette à corps perdu dans une aventure de l’impossible. Réussira-t-il à dompter son impétuosité, à tenir tête à la belle pirate Lady Darksee ? Avec des dialogues enlevés ajoutés à des situations romanesques pleines de suspense, Mathieu Lauffray qui nous avait déjà enchanté dans la série Long John Silver, revient en force avec un scénario à la hauteur de son dessin.

Indispensable…

RAVEN T1 NEMESIS  LAUFFRAY Editions DARGAUD 56 pages, 15,00 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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