Publié le 30 Juin 2020

21 jours avant la fin du monde, quel programme !

Lisa pense souvent à Alex, son ami d’enfance, d’autant plus quand elle passe devant la maison qu’il a désertée avec son père un été d’il y a maintenant quatre ans. Aucune réponse à ses missives envoyées régulièrement quand… Alex réapparait pour trois semaines, à l’occasion de la mise en vente de sa maison. Bien que le père d’Alex lui défende de revoir Lisa, ce dernier ne peut s’empêcher de renouer avec sa camarade de jeu. Si leur complicité n’a pas pris une ride, Lisa sent bien que le petit garçon qu’elle a connu n’est plus le même.  Peut-être faut-il l’attribuer au décès de sa mère qui aura également précipité leur départ de la maison ? Lisa veut en avoir le cœur net et qui sait, arrivera peut-être à percer le secret de son ami alors que le compte à rebours a commencé… Après tout,  21 jours, c’est à la fois long et court pour comprendre pourquoi le 15 août aura été une date déterminante dans le destin d’Alex mais aussi dans le sien.

Le duo fusionnel à la ville comme à la scène, Silvia Vecchini au scénario et Sualzo au dessin, a fait de l’album jeunesse son créneau de prédilection. Il réussit encore un bel album plein de sensibilité avec un passage de l’enfance à l’adolescence marqué par le décès de la mère du jeune garçon. Rythmés comme le décompte d’une bombe à retardement, les jours matérialisés par un panneau sur le porte-bagages d’un vieux cycliste s’égrènent lentement mais inexorablement,  jusqu’à l’apothéose de ce fameux 15 août, date du dénouement. Avec un dessin semi-réaliste, faussement enfantin, Sualzo met en image de belle manière la vie bouleversée de ces deux jeunes adolescents.

21 JOURS AVANT LA FIN DU MONDE Silvia VECCHINI/SUALZO Editions RUE DE SEVRES 200 pages, 16,00 €

Bernard Launois

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Publié le 28 Juin 2020

Les Voyages d’Ibn Battûta, de la réalité aux rêves

Ibn Battûta ne vous dit sûrement rien mais quand vous saurez qu’il a décidé, à l’âge de 21 ans, de parcourir le monde musulman et ce, pendant 25 ans, alors que nous sommes dans la première moitié du 14ème siècle, son parcours ne pourra que susciter votre curiosité. Sa première destination était de se rendre en pèlerinage dans la patrie de Mahomet. Vaste et périlleux programme quand on sait que les routes sont peuplés de brigands et de guerriers prêts à vous dépecer et vous tailler en pièces. Mais qu’importe, Ibn Battûta a la foi et rien de ne l’empêchera, aux travers de déserts, de rencontres improbables, d’atteindre son but, celui de se recueillir à la

Mecque. Mais, une fois l’objectif atteint, pourquoi donc s’arrêter là et ne pas entreprendre de visiter d’autres contrées, rencontrer d’autres populations, fréquenter des femmes, de tout pays, dont il est particulièrement friand ? De Tanger à Pékin en passant par la Mecque, Alexandra, Kaboul… L’infatigable voyageur aurait parcouru près de 120 000 kms, dessinant inlassablement les paysages, les gens rencontrés et les légendes racontées, seules traces tangibles de son passage et qui feront l’objet de la rédaction d’un livre dénommé Rilha, rédigé par Ibn Juzayy. C’est à partir de la version moderne de ce texte rédigé par l’écrivain Lofti Akalay que l’auteur Joël Alessandra, inlassable voyageur et conteur, s’est lancé dans l’aventure de ce récit que ce dernier a remarquablement scénarisé et mis en images.

Alors mythe ou réalité, le Sultan a qui il vient narrer ses voyages ne sait s’il doit croire tous les dires de son sujet ? Toujours est-il que ses voyages incitent aux rêves et peut importe s’il reste une once de vérité, tellement on aura été transporté. C’est assurément le tour de force qu’a réussi l’auteur Joël Alessandra en promenant le lecteur au travers d’un monde onirique et poétique. De superbes aquarelles, dont le dessinateur a le secret, subliment un album digne de rentrer dans la prestigieuse collection Aire Libre.

Alors, prêt à suivre l’aventure d’Ibn Battûta qui ne pourra assurément ne pas vous laisser de marbre ?

On notera l’excellent initiative des éditions Dupuis, de sortir une version augmentée de l’album avec une jaquette et un frontispice inédit, numéroté et signé.

LES VOYAGES D’IBN BATTÛTA Lofti AKALAY/Joël ALESSANDRA Collection Aire Libre Editions DUPUIS, 248 pages, 29.90 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 23 Juin 2020

OCTOFIGHT  T1, Ô vieillesse ennemie, bienvenue au pays des gérontophobes !

Les Vieux Fourneaux, série bd mettant en scène des quatrième âge, n'a qu'à bien se tenir : voici que débarque la saga Octofight, narrant l’histoire d’un octogénaire qui, n'ayant pu se résoudre à arrêter de fumer, se retrouve embringué dans une histoire rocambolesque. Il faut dire qu’en 2048 sous le régime totalitaire de Mohamed-Maréchal Le Pen, tirer sur la sèche s’avère un délit qui mène tout droit à l'euthanasie pour les plus de 80 ans en fin de droits… Et Stéphane qui n’a su résister aux volutes, ne veut pas mourir si tôt, et surtout pas pour ce qu’il juge comme étant une peccadille, contrairement à son fils Mattéo, accablé devant l’inconscience de son père. Quant à Nadège, son épouse, elle ne veut pas se retrouver veuve : alors que faire, attendre sagement que la police vienne le cueillir ou prendre la route vers l’inconnu ?

Va s’ensuivre un road-movie des plus hilarants, où les situations tout autant ubuesques que cyniques défilent à la vitesse grand V. Des nouvelles technologies sécuritaires des plus flippantes, dont les nôtres ne sont d’ailleurs pas si loin, aux rencontres improbables de communautés dont les pratiques s’avèrent douteuses, Nicolas Juncker, par son récit et ses dialogues, nous transporte dans une histoire jubilatoire avec juste ce qu’il faut d’impertinence pour ravir le lecteur.

Le dessin noir et blanc semi-réaliste de Chico Pacheco, plutôt dynamique, colle parfaitement au scénario enlevé d’un premier album laissant présager une belle série qui devrait compter trois tomes.

OCTOFIGHT  T1 Ô VIEILLESSE ENNEMIE collection TREIZE ETRANGE Editions GLENAT, 128 pages 12,90 €

Bernard Launois

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Publié le 23 Juin 2020

« C’est l’été : lisez des BD ! » Les 10 indispensables de l'été 2020 par l'ACBD

Communiqué de presse ACBD — 22 juin 2020
 

Toute l’année, les journalistes de l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée (ACBD), ont la chance de lire des milliers d’albums... et souhaitent faciliter l’orientation des lecteurs parmi la masse des nouveautés. Pour vous aider à choisir les BD que vous emporterez en vacances, voici par ordre alphabétique les 10 titres qui ont le plus retenu leur attention ces derniers mois :

Aldobrando par Gipi et Luigi Critone (éditions Casterman)
La Bombepar Didier Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier (éditions Glénat)
L’Homme qui tua Chris Kyle par Fabien Nury et Brüno (éditions Dargaud)
La Nuit est mon royaumepar Claire Fauvel (éditions Rue de Sèvres)
Mind MGMT par Matt Kindt (éditions Monsieur Toussaint Louverture)
Paul à la maisonpar Michel Rabagliati (éditions La Pastèque)
Payer la terrepar Joe Sacco (éditions Futuropolis)
Peau d'hommepar Hubert et Zanzim (éditions Glénat)
Pucelle T.1par Florence Dupré la Tour (éditions Dargaud)
Un travail comme un autre par Alex W. Inker (éditions Sarbacane)
 

À partir de la liste de toutes les nouveautés bande dessinée parues entre le 1er novembre 2019 et le 6 juin 2020 (environ 1900 titres), les 96 membres actifs de l’ACBD ont choisi, chacun, 10 albums qui leur ont semblé incontournables. Cette liste est le résultat de leur vote.
 

Bédéphilement vôtre,
Le bureau de l’ACBD
Président : Fabrice Piault (Livres Hebdo)
Vice-président : Antoine Guillot (France Culture)
Vice-présidente : Laurence Le Saux (Télérama, Bodoi.info)
Secrétaire général : Laurent Turpin (BDzoom.com)
                                 Secrétaire adjointe : Anne Douhaire (Franceinter.fr)
                                 Trésorier : Patrick Gaumer (Dictionnaire mondial de la BD Larousse)
                                 Trésorier adjoint : Benoît Cassel (Planetebd.com)

 

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Publié le 16 Juin 2020

BLACK SQUAW T1, ou les ailes du désir de réussir

Bessie Coleman n’a encore que l’âge de courir dans les champs de blé texans,  mais elle ne rêve déjà que de voler. Seulement, nous sommes à l’orée du 20ème siècle et elle doit surmonter, a minima, deux handicaps de taille, celui d’être une femme et qui plus est une métisse dans un pays où le Ku Klux Klan fait régner la terreur sur les populations qui ne sont pas de race blanche.

Pour ce premier album d’une nouvelle série, d’un duo d’auteurs déjà célèbre avec la série DENT D’OURS, le lecteur est  transporté dans l’histoire romancée de Bessie, jeune femme intrépide, animée par une volonté de réussir dans un monde où personne ne l’attend. Le scénariste Yann, après nous avoir tout d’abord plongés dans un vol à risques, eu égard notamment aux conditions météo, afin de récupérer de l’alcool de contrebande pour le compte d’Al Capone, revient sur le passé de cette jeune aviatrice née avec du sang  indien dans les veines. Enfance compliquée au sein d’une famille de huit frères et sœurs, où les fins de mois sont toujours difficiles à boucler, Bessie, éprise de justice, ne cessera toute sa prime jeunesse de vouloir faire évoluer sa condition et celles des siens. Le récit s’avère dynamique, empreint de dialogues enlevés, et accompagné par le dessin hyperréaliste d’Alain Henriet rehaussé par les belles couleurs vives d’Usagi.

Un making-of de six pages agrémentées de crayonnés, relatant le début du parcours de Bessie, première aviatrice afro-américaine ainsi que les conditions de vie des « lighthhorsemen », police tribale indienne, et un focus sur le Ku Klux Klan, complète ce premier opus d’une série qui semble des plus prometteuses.

BLACK SQUAW T1, NIGHT HAWK Editions DUPUIS 56 pages, 14,50 €

Bernard Launois

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Publié le 4 Juin 2020

RAVEN T1 Némésis, l’Aventure avec un grand A !

« Mieux vaut être seul que mal accompagné », c’est assurément la citation du philosophe Pierre Gringoire qui sied le mieux à ce diable de Raven, le pirate solitaire. Sa confiance, il ne se l’accorde qu’à lui, et ses rencontres, pas toujours heureuses, vont le conforter dans son état d’esprit. Rien ne l’arrête, surtout quand un trésor est à portée de main, et quand bien même il vient à peine de réchapper à une mort certaine dans un des abordages les plus difficiles qu’il ait connu.

Si la Jamaïque est aujourd’hui synonyme de farniente et de plages chaudes, il n’en est pas de même au XVIIème siècle où les truands pullulent sur les flots, plus nombreux que les squales dans la mer des Caraïbes. Seulement le trésor de Chichén Itza, enterré sur l’île du Morne-du-Diable, est également convoité par la diablesse Lady Darksee, prête à tout pour arriver à ses fins.  Et pour couronner le tout, il apparait que cette fameuse île est peuplée de cannibales qui accommoderaient bien leur repas de quelques pirates.

Voilà un tableau bien dressé pour une aventure héroïque qui démarre sous les meilleurs auspices dans ce premier opus, avec un talentueux Mathieu Lauffray à la fois au scénario et au dessin. Le lecteur va, dès les premières pages, se prendre au jeu d’un pirate haut en couleurs, conscient de ses faiblesses, qui se jette à corps perdu dans une aventure de l’impossible. Réussira-t-il à dompter son impétuosité, à tenir tête à la belle pirate Lady Darksee ? Avec des dialogues enlevés ajoutés à des situations romanesques pleines de suspense, Mathieu Lauffray qui nous avait déjà enchanté dans la série Long John Silver, revient en force avec un scénario à la hauteur de son dessin.

Indispensable…

RAVEN T1 NEMESIS  LAUFFRAY Editions DARGAUD 56 pages, 15,00 €

Bernard Launois

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Publié le 1 Juin 2020

Coluche président ! Pour le meilleur et pour le rire

 

Et si l’humoriste Coluche avait accédé à la plus haute marche de l’Etat ? Revenons sur notre histoire, il y a bientôt près de quarante ans, lorsque la gauche de François Mitterrand rêvait de prendre le pouvoir, que la droite de Valéry Giscard semblait assurée d’une réélection, et que Coluche prenait toute la classe politique à contre-courant en proposant un programme sur le thème de la rigolade.

C’est dans une uchronie fondée sur ce postulat que les deux frères Erre, Jean-Marcel au scénario et Fabrice au dessin,  vont embarquer les lecteurs au cœur des coulisses de l’Elysée alors que notre amuseur public, talentueux et ô combien médiatique, vient d’endosser le costume de chef d’état.

Passée la griserie des premiers jours dans le fauteuil présidentiel, l’humoriste président réalise qu’il ne suffit pas de décréter l’apéro général pour que le Français s’y retrouve. Finis la rigolade et le club des « enfoirés » cher à Coluche, place au doute et à la remise en question de son rôle de chef d’état. Que faire pour transformer le quotidien des Français, pour changer la face du monde quand les grands de la planète frappent à la porte de l’Elysée ? Peut-être rester dans l’immobilisme pour ne pas risquer de reproduire ce qui a déjà été fait ?

Sous forme de saynètes retraçant chaque étape importante de sa première année en tant que chef de l’état, le scénariste Jean-Marcel Erre dresse un portait aussi drôle que grinçant d’un homme qui n’a jamais vraiment cru à son élection et qui se retrouve à diriger un pays qui était, en 1981, la cinquième puissance mondiale, et ce sans vraiment avoir eu de programme.

Avec un dessin « gros nez » des plus efficaces, le dessinateur Fabrice Erre met remarquablement bien en images des dialogues drôles dans des situations souvent des plus pathétiques qui pourront toucher tous les  publics, autant ceux qui ont connu cette période que les générations suivantes.

COLUCHE PRESIDENT ! Jean-Marcel ERRE/Fabrice ERRE Editions FLUIDE GLACIAL 56 pages, 12,90 €

Bernard Launois

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Publié le 31 Mai 2020

PANDORA n°5, spécial été, un laboratoire de talents qui fait du bien

De Benjamin Adam à Melek Zertal en passant par Alfred, Blain, Blutch, Nicolas de Crécy, Daphné Colligon, ils sont une soixantaine cette fois-ci à investir le Pandora new-look, spécial été. Voilà bientôt un an que nous attendions ces historiettes, d’une page à près d’une dizaine et ce, dans tous les styles. Le lecteur va pouvoir  passer du rire aux larmes sur près de 300 pages.

Des autrices et auteurs sur la grève, prêts à rejoindre la cohorte de ceux qui surfent sur la vague bd depuis quelques années, il y en a pour tous les goûts. Leur dessin, du stylisé au plus sophistiqué, haut en couleurs ou noir & blanc, accompagne de la meilleure des manières de jolis scénarios souvent des plus originaux.

Alors, si faire un choix parmi plus d’une soixantaine de récits s’avère forcément cornélien et risque d’en laisser injustement sur le sable, on pourra retenir pêle-mêle quelques histoires telles que Les vacances sous la plume de la talentueuse Daphné Collignon, les frasques de Francis Blaireau farceur disséminées tout au long de l’album comme leitmotiv, ou encore Variation de Blutch et Anouk Ricard. On n’oubliera pas non plus Nager la nuit du regretté maître Jiro Taniguchi.

Par contre, on regrettera pour nombre d’autrices et d’auteurs que leurs récits ne soient pas plus paginés, pour le plaisir de nos yeux et de nos zygomatiques, souvent sollicités. Alors comme le suggèrent les éditions Casterman de manière légèrement grivoise, « parce qu’un petit bout ne suffit pas toujours.. », il suffira au lecteur de se (re)plonger dans le catalogue de l’éditeur pour prolonger le plaisir.

Indispensable cet été, sur la plage ou pas, et assurément un vrai moment de bonheur qui n’est pas sans rappeler ceux que nous aura procurés la revue « A suivre » des éditions CASTERMAN, qui aura déniché et mis tant de talents au grand jour.

PANDORA N°5, spécial été collectif Editions CASTERMAN 280 pages, 19,00 €

Bernard Launois

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Publié le 26 Mai 2020

VENT MAUVAIS, quand la campagne sert de planche de salut

Béranger Frich, jeune quadragénaire parisien, ne sait plus où il en est : divorcé avec ses deux jeunes filles hébergées en alternance, et surtout avec un boulot de scénariste de films pour lesquels il est en panne d’inspiration. Alors un déménagement à la campagne, ne serait-ce pas la solution à tous ses problèmes ? Finis, les soirées bobo qui finissaient par le lasser, sans parler, d’une part, de ses démêlés avec son ex et d’autre part de sa relation avec  sa nouvelle compagne avec laquelle ce n’était pas le nirvana. Et puis, ses filles viendront le voir de temps en temps et il pourra enfin se consacrer à la rédaction de la suite du film qui l’a consacré. Il finit par jeter son dévolu sur une bicoque bordée d’éoliennes située à une centaine de kilomètres de Paname. Ne finira-t-il pas par regretter la présence de ces pales géantes qui brassent de l’air ? La vie à la campagne sera-t-elle aussi salvatrice qu’il l’aurait souhaité ? L’arrivée de la singulière Marjolaine ne va-t-elle pas bousculer son plan à la campagne ?

Toutes ces questions vont bien finir par trouver des réponses mais peut-être pas forcément celles que l’on attendait. L’auteur Cati Baur réalise un scénario fort bien construit, mettant en scène des personnages assurément pas bien dans leur peau et ce, pour des raisons diverses. Le lecteur va se retrouver, tour à tour, amusé par les situations cocasses - à commencer par les attitudes du parisien qui débarque à la campagne avec ses certitudes, ou peiné par les tournures que prennent les affres de l’écriture quand l’inspiration ne vient pas. Les dialogues sont savoureux et les situations d’un réalisme évident, à se demander pour certaines scènes si ce n’est pas du vécu.

Avec un trait semi-réaliste de bon aloi rehaussé par des couleurs chatoyantes, Cati Baur aura réussi le pari d’entrainer, sur 200 pages, un lecteur qui n’aura de cesse d’en connaitre l’épilogue.

 VENT MAUVAIS CATI BAUR Editions Rue de Sèvres 192 pages, 20,00 €

Bernard Launois

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Publié le 10 Mai 2020

RETOUR DE FLAMMES T1, quand le cinéma devient une arme de guerre

Les autorités allemandes sont sur les dents, voilà que deux cinémas parisiens qui projettent des films de propagande nazis viennent d’être incendiés. Le commissaire Engelbert Lange, à qui sont confiées les affaires,  va rapidement se retrouver sous la pression de la Gestapo qui n’hésite pas à le pister afin de s’assurer qu’il mène correctement ses recherches. Les enquêtes s’avèrent compliquées à élucider et le jeune commissaire va devoir développer des trésors d’ingéniosité pour les faire avancer dans ce milieu particulier qu’est le 7ème art,  un monde qu’il semble avoir des réticences à côtoyer. Qui peut bien se cacher derrière les destructions de salles, sont-elles l’œuvre  d’un individu ou celles d’un groupuscule bien organisé ? Pourquoi le commissaire n’apparait-il pas très à l’aise dans le milieu du cinéma ?

Avec le premier tome de ce diptyque, le scénariste Laurent Galandon transporte le lecteur dans un polar endiablé en plein Paris occupé où les enquêteurs font face à un drôle de dilemme : mener à bien l’enquête, au risque de démonter un complot antinazi et servir ainsi la Gestapo, ou faire un simulacre d’enquête  et prendre la responsabilité que d’autres salles de cinéma disparaissent sans parler du danger d’embraser les immeubles environnants. Cette enquête policière, sur fond du 7ème art, souligne également le rôle de la culture comme vecteur de contestation ou de maintien du pouvoir, à un moment où  les préoccupations de la France sont tout autres.

Bien servi par la jeune dessinatrice Alicia Grande avec un graphisme réaliste et fouillé, Retour de Flammes (re)plongera le lecteur dans les années 40 où le cinéma restait une des rares distractions du Paris confiné.

A découvrir instamment.

RETOUR DE FLAMMES T1 Premier rendez-vous Alicia GRANDE/Laurent GALANDON collection 24X32 Editions GLENAT 64 pages, 14,95 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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