Publié le 4 Décembre 2021

Interview Thierry Martin, un forçat du dessin !

Quai des bulles fait partie des festivals où les toutes les conditions sont réunies pour s’adonner aux interviews. Cette année, j’ai eu plaisir notamment à rencontrer Thierry Martin pour son album Mickey et les mille Pat, réalisé avec le scénariste Jean-Luc Cornette et plus généralement revenir sur ses méthodes de travail.

Comment avez-vous été approché pour intégrer cette belle série Disney by Glénat ?

C’est nous qui avons fait la démarche. On est allé voir GLENAT mais ça été un peu alambiqué comme parcours. Quand la série a commencé, je n’étais pas dans l’idée de vouloir absolument faire un Mickey. D’abord, je ne m’en sentais pas forcément légitime. Je ne suis pas forcément un auteur très connu, qui vend beaucoup. Ceux qui étaient déjà sorties, il y avait déjà un nom et je me disais, je ne vais pas préparer un dossier si ça se trouve, pour rien. Et puis, un soir au festival d’Angoulême, un auteur me dit que j’en ferais un bien, de Mickey. Ça m’a trotté dans la tête et et j’ai commencé à en dessiner et je me suis aperçu que ça venait plutôt facilement. Je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire et sauf, que si je faisais un Mickey, il devait impérativement se situer au Moyen-âge. Le travail sur le Roman de Renart que j’avais fait, je voulais aller plus loin dans cette démarche et aussi l’occasion de faire pleinement un hommage à ce qui m’a donné envie de faire de la bd, en l’occurrence les Johan et Pirlouit.  J’ai posé quelques dessins sur le net et ça a bien réagi. Entre temps, on est allé à un super festival en Guyane notamment avec Keramidas et Jean-Luc Cornette avec lesquels j’ai bien sympathisé. En rentrant, Jean-Luc me contacte pour me dire qu’il avait dormi chez l’éditeur qui s’occupe de la collection et Jean-Luc voulait en faire un. L’éditeur lui a dit que s’il trouvait un dessinateur pour en faire un qui soit à la hauteur, pourquoi pas ? On a donc décidé de tenter le truc à deux. J’ai indiqué à Jean-Luc mon souhait de faire un album qui se situerait dans le Moyen-Âge. Ça a mis un petit bout de temps à se débloquer et pour le faire court, tout le monde était au courant que j’allais en faire un sauf moi ! Puis, une fois partie, planche d’essai, présentation de projet !

 C’est bien quand même, quand on voit cette belle pléiade d’auteurs qui ont déjà participé à l’aventure.

J’en suis très content ! En même temps, c’était l’occasion d’avoir un coup de projecteur sur mon travail car il y a quand même 5 à 7 000 albums par an et les chances sont assez minces d’être un petit peu vu. On fait aussi un peu ça pour ça. Là, il y avait le deux en un, le plaisir d’en faire un, de plus un Moyen-Âge et puis un coup de projecteur sur mon travail.

Disney est quand même emblématique et je suppose qu’autour de vous, on a été plutôt content ?

Tout à fait, d’autant plus que j’avais déjà fait un Batman. Sauf que là, ce n’était pas calculé !

Quel est votre rapport avec Mickey et plus généralement avec l’œuvre de Disney ?

En fait, je n’ai pas un grand grand rapport avec Mickey, dans le sens où je ne lisais pas forcément Mickey magazine quand j’étais petit. Je connaissais Mickey, j’en feuilletais mais c’était plus Spirou ou Tintin. Mais par contre, c’est peut-être plus dans l’animation. Ayant travaillé dans l’animation, je suis plus le travail de Disney dans l’animation et notamment un épisode de Mickey qu’on peut voir sur le net, Mickey, le brave petit tailleur. 15’ d’animation hyper joyeuse et visuellement, je ne peux que faire encore le lien avec Johan et Pirlouit, en fait j’aime bien le Moyen-Âge. Tout simplement ça ! C’est plus donc un rapport avec l’animation qu’avec la bande dessinée.

Il y a un petit côté Fantasia dans cette bd, avez-vous le sentiment d’avoir été influencé ?

Oui, oui !

Ces multiplications des balais que l’on pourrait rapprocher de la multiplication des Pat Hibulaire, des Minnie…

C’est aussi un clin d’œil aux Schtroumpfs et on revient à Johan et Pirlouit. Je retourne toujours sur mes pattes, sur mes mille pattes (rires). Une fois que nous avons mis en place notre synopsis, j’ai peut-être été un peu chiant au départ car je voulais le faire un peu pour me faire plaisir aussi et Jean-Luc a été très à l’écoute. Donc, on a eu beaucoup d’échanges sur quoi faire, ce qu’il se passe dans l’aventure, etc. Puis, une fois que tout a été établi, après plusieurs synopsis, il a fait son histoire. J’ai découvert la multiplication des Minnie, clin d’œil à Fantasia. Même le début de l’histoire est un clin d’œil à Blanche Neige. Ça, c’est le seul petit retour que nous avons eu de Disney : Minnie qui arrive dans une maison et qui décide de faire ménage en cette période Metoo, c’est pas terrible ! En même temps, c’est juste un clin d’œil à Blanche neige. Mais bon, on a dû modifier quelques passages, au niveau du scénario. Donc, ce n’est pas dans la maison d’un inconnu et pour le coup, ça passe mieux.

Ça ne vous pas inquiéter, lorsque vous avez reçu le scénario, d’avoir à dessiner un nombre incommensurable de Minnie ?

Non, au contraire, il faut que ça bouge, que ça fourmille. Et j’ai dit à l’éditeur que je n’en ferai qu’un, car je crois que je vais sortir épuisé du truc. Bon, j’ai mis un peu de temps quand même. En fait, je voulais faire quelque chose de très généreux. Je ne sais pas si j’aurai l’occasion d’en faire un deuxième. Je ne voulais pas faire 46 pages, tant que l’histoire me permet de développer et bien je vais développer. Et puis je voulais, là pour le coup, je n’ai plus la mémoire si les Johan et Pirlouit étaient sur douze cases comme ça, mais là les Mickey, les premiers de Gottfredson, c’est plusieurs cases par pages. Je voulais rentrer dans ce côté un peu « Old school » de la bd et jouer avec cette dynamique-là. Développer des scènes, se rapprocher de l’animation. Il y a des scènes là-dedans où le personnage, on le voit rarement bouger, presque. Après qu’il y ait un maximum de personnages, j’aurai plus en mettre plus mais à un moment donné, je me suis dit qu’il fallait peut-être un peu se calmer.

Avez-vous beaucoup d’aller-retour entre vous deux ?

En fait, avec Jean-Luc, ça c’est super bien passé, un vrai plaisir ! Comme je papillonnais sur d’autres projets aussi en même temps, j’ai pris un peu de retard et quand je faisais mon story-board, parce que j’avais discuté avec l’éditeur de mon intention de le réaliser mon story-board d’une seule traite avant de me lancer. Il se trouve qu’il y avait quatre chapitres et j’ai donc réalisé pour chaque chapitre, un story-board complet. Et comme j’avais mis du temps entre le moment où il avait écrit son histoire et ma réalisation que je lui envoyais, il avait presque oublié ce qu’il avait écrit et il découvrait en story-board. Et du coup, il était content de ses vannes, parce que ça marchait bien et effectivement, s’il y avait eu des choses qui l’auraient dérangé, je n’ai pas souvenir que l’on ait changé grand-chose.

Alors, est-ce que cela correspond avec la période du dernier souffle, est-ce la période où vous faisiez, journellement, un dessin publié sur Instagram ?

Eh oui ! Le dernier souffle est né d’une frustration de faire Mickey, en fait dans la façon de travailler Mickey. Il se trouve que parce que l’on pouvait avoir quand même des contraintes avec Disney, nous avions convenu avec l’éditeur, d’envoyer une bonne partie crayonnée pendant que eux, dans l’attente de leurs réponses, je pouvais avancer sur autre chose. Il se trouve que je suis un dessinateur qui aime bien dessiner et encrer tout de suite, ne serait-ce que pour ne pas avoir de routine. Comme c’était difficile pour moi, de cette frustration-là, je me suis dit qu’après avoir fait du crayonné toute la journée, je vais faire un truc où j’encre de suite.

C’est un truc de fou, ça aussi ?

Non, je dis toujours qu’il y a deux sortes de dessinateur : celui qui fait son travail jusqu’à dix-huit heures puis, il oublie totalement ce qu’il a fait et il passe autre chose et puis, il y a le dessinateur compulsif qui n’arrête jamais. Pour moi, je crois que c’est le deuxième cas. En fait, j’avais besoin de me lâcher dans une exigence graphique et narrative et donc avec les contraintes que je me suis fixé.

Je suis toujours admiratif devant la capacité de certains dessinateurs de changer radicalement de style comme de passer de l’univers de Mickey à celui du Dernier souffle.

Ce qui m’a servi pendant pas mal d’années, c’est le travail dans l’animation où l’on faisait des story-boards et où l’on apprend à travailler dans différents styles. Après, ce n’est que des volumes. Mickey, ça m’est venu assez naturellement. Le dernier souffle, c’est un défi, je vais voir où ça va m’amener mais, il y a un point commun entre tout ce que je fais dans tous ces différents styles, là où j’attache beaucoup d’importance, c’est la narration en fait. Quand je parlais de Peyo tout à l’heure, ce j’ai appris dans son univers, quand j’étais enfant, je ne lisais pas les bd de Johan et Pirlouit, je les regardais et c’est comme ça que je rentrai dans l’histoire.  C’est quelque chose qui m’a énormément marqué. Je regardais également les films de Chaplin, j’ai connu les films noir et blanc, les films muets et j’aimais ça. Buster Keaton après, le rapport à l’image sans dialogue ou sans texte est quelque chose qui me passionne vraiment parce que c’est la première approche visuellement d’une histoire. Après tout le reste, le texte, le dialogue sont des informations supplémentaires qui enrichissent l’histoire, lui donne du fond. Mon travail dans l’animation a aussi permis ça, quand on fait des story-boards pour les enfants, on apprend à être très clair parce que l’enfant voit l’image en une seconde. Il faut qu’en une seconde, il faut qu’il ait capté qui est qui et qui va où. Pour le coup, quand j’étais sur ces deux projets, cela ne m’a pas posé d’effort particulier. Si j’ai un talent, c’est celui-là, celui de visualiser rapidement une scène pour la mettre en image. Après, effectivement le dessin, c’est du travail : on fait, on refait, on recommence. Et là, sur Le dernier souffle, je me suis dit, je ne le refais pas ! C’est un premier jet et un jet unique. En acceptant cette idée-là, c’est-à-dire que j’ai tendance à refaire mes planches et là, ça a duré plus de deux cents jours. Aujourd’hui, sur une telle expérience comme ça, je ne le referai pas parce qu’en fait, ça m’a fait un choix de travail, de projet pour le futur. Au niveau médium bd, je pense qu’il y a encore beaucoup de choses à explorer.

S’il fallait choisir parmi les dessinateurs emblématiques de chez Disney, tels que Floyd Gottfredson, Romano Scarpa, Carl Barks ou que sais-je encore ?

Le premier, Floyd Gottfredson, dont je me sens le plus proche.

Après Mickey, Batman, the world collectif, vos collaborations sur des personnages emblématiques en verront-ils d’autres ?

Je ne peux rien dire, (rires) ! Sinon, j’ai actuellement un projet pour Fluide Glacial autour d’un cow-boy qui s’appelle Jerry Alone qui est un peu mon alter égo et où je raconte mon rapport à la paternité, de façon plus ou moins humoristique.

J’aurai voulu revenir sur vos diversions sur les enveloppes qui ont donné lieu à de forts belles expos, à commencer par celles de Quai des Bulles en 2019, qui a remporté un franc succès. Continuez-vous toujours à vous adonner à cette activité ?

C’est Vince qui a commencé à faire des pin-ups sur des enveloppes et j’ai trouvé ça trop génial ! La première fois que j’ai rencontré Vince dans un festival, j’étais venu avec une enveloppe pour qu’il m’en fasse une et de là, je me suis amusé à en faire comme ça. J’ai trouvé que c’était intéressant de travailler sur des objets que l’on jette à la poubelle et là, tu lui donnes une sorte de valeurs en la dessinant. A force d’en faire et toujours avec mon rapport avec la narration, je me suis dit qu’avec les enveloppes qui avait une fenêtre, ce serait intéressant de jouer avec. De là, j’ai commencé à partir en vrille. Je faisais ça aussi le soir quand j’étais un peu fatigué de ma journée, je me disais : « tiens, je vais me défouler avec une petite pin-up ». Alors des fois, c’est inspiré par le style d’enveloppe, des fois, c’est totalement gratuit, simplement un désir de dessin. C’est au festival d’Amiens que l’on a organisé une exposition où une vingtaine d’auteurs devaient raconter une histoire sur trois enveloppes et de là, a germé l’idée d’aller plus loin avec ça.

Mais avec tout ça, vous arrivez à avoir une vie de famille ?

Bah oui, ce qui est rassurant pour mes enfants, c’est qu’ils savent toujours où je suis ! Ils rentrent dans mon bureau, je suis là ! C’est vrai que des fois, j’ai un peu pourri des vacances mais, je m’en occupe, j’ai pris le temps de jouer avec eux, les emmener à l’école. J’ai fait ça aussi, de travailler à la maison, car quand j’étais en studio, je n’ai pas vu grandir mon ainé et j’ai décidé pour les jumeaux, de travailler à la maison pour en profiter. On n’est pas parti souvent ensemble en vacances mais on a été quand même souvent ensemble !

Interview réalisé par Bernard Launois à l’occasion de Quai des Bulles 2021

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Interviews

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Publié le 28 Novembre 2021

Une inauguration de la fresque Uderzo réussie malgré une météo hors norme !

Par Toutatis, l’inauguration de la fresque Uderzo a bien eu lieu vendredi 26 novembre 2021 à 16 heures 30 !

Alors qu’une heure avant l’événement, on se demandait si le ciel n’allait pas nous tomber sur la tête, une éclaircie de courte durée a permis à Sylvie UDERZO, accompagné de son mari Bernard de Choisy, de découvrir la fresque réalisée par la ville de Mantes-la-Jolie à l’initiative de l’association Bulles de Mantes.

Une fois que les photographes ont pu immortaliser ces moments de découverte pendant que Bernard Launois, président de l’association Bulles de Mantes, donnait des explications sur les différentes phases de réalisation de la fresque, les éléments naturels se sont à nouveau déchainés.

Toutes les personnes présentes ont alors été invitées à rejoindre la salle des inaugurations au sein de l’hôtel de ville de Mantes-la-Jolie.

Les invités ont d’abord été reçus par Raphaël Cognet, Maire de Mantes-la-Jolie puis vint l’heure des discours respectivement du premier magistrat de la ville, d’Alexandre Keita directeur de la société Art-Fresque réalisatrice de la fresque, de Bernard Launois Président de Bulles de Mantes, de Sylvie Uderzo fille d’Albert Uderzo et de Catherine Graziuzo, Inspectrice de l’Éducation Nationale de la circonscription de Mantes-la-Jolie 2.

Beaucoup d’émotion pour cette inauguration notamment pour Sylvie Uderzo qui reçut des mains de Raphaël Cognet la grande médaille de la ville accompagnée d’un bouquet, fleurs qu’elle a indiqué vouloir donner à sa mère, Ada Uderzo, qui n’avait pu faire le déplacement à cette occasion.

Et, comme dans toute histoire des aventures d’Astérix, c’est autour d’un verre de l’amitié que se termina le chapitre de cette belle organisation…Sans que le barde chante, eu égard au mauvais temps qui avait entaché  les débuts de la cérémonie.

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Bulles en villes

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Publié le 21 Novembre 2021

SANGOMA, les damnés de Cape Town, quand le présent n’arrive pas à faire oublier le passé

Le jeune lieutenant Shane Shepperd ne s’attendait pas à se retrouver dans un drôle d’engrenage en enquêtant sur la mort de Sam. Ce dernier, un jeune viticulteur, est retrouvé assassiné sur les terres de la ferme des Pienaar, alors que le Parlement est confronté à de vives discussions autour d’une réforme agraire consistant à redistribuer les terrains acquis par les blancs à l’époque de l’apartheid.

Partagé entre ses amours tumultueux avec une jeune femme noire et son enquête truffée de non-dits, Shane le bad boy, plutôt loser, ne sait plus où donner de la tête : des éléments troublants et concomitants viennent rebattre les cartes, avec la découverte d’un bébé émasculé non loin du lieu du meurtre de Sam, ainsi que la présence de signes caractéristiques de sorcellerie à laquelle aurait recours un des protagonistes. Qui pourrait faire appel à un sangoma, sorte de chaman guérisseur, et pourquoi ? Et puis, pourquoi autant de violences exacerbées dans un pays en reconstruction ?

Caryl Férey captive le lecteur dès les premières pages de l’album en l’intrigant avec cette drôle d’enquête, mais aussi en brouillant les pistes pour mieux qu’il s’y retrouve. Le lieutenant Shane est-il aussi sot et maladroit qu’il veut le faire croire dans son approche de l’enquête, mais également dans la manière de gérer sa vie personnelle ?

Fort de bon nombre de succès tant dans la littérature que dans la bande dessinée, l’écrivain et scénariste français Caryl Férey revient au 9ème art avec un polar se situant en Afrique du Sud, région qu’il affectionne et qui servait déjà de cadre à Zulu, son roman aux dix prix littéraires adapté quelques années plus tard au cinéma.

Si on ne présente plus Corentin Rouge avec son superbe dessin réaliste et ses belles couleurs qui ont conquis son lectorat notamment avec la série Rio, on appréciera son découpage des plus dynamiques qui dynamise le récit haletant de Caryl Férey.

Vous avez aimé Zulu, vous adorerez Sangoma !

SANGOMA, les damnés de Cape Town Caryl Férey/Corentin Rouge Editions GLENAT 152 pages, 25,00 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

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Publié le 15 Novembre 2021

GO WEST YOUNG MAN, un western aux multiples facettes avec un casting d’auteurs à faire pâlir !

Quelle aventure ! L’auteur Tiburce Oger avait rêvé de réunir une pléiade de dessinateurs autour d’un projet fou et il l’a fait !  Quel casting, dix-sept auteurs de bande dessinée qui ont déjà réalisé des albums western, et pas des moindres, pour quatorze récits qui retracent la conquête de l’Ouest Américain, de 1763 à 1916 !

Tiburce Oger, scénariste et dessinateur a réalisé cette fois uniquement le scénario mais a également orchestré tous les projets proposés aux dessinateurs et ce, avec maestria. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’ensemble des récits constituent bien une seule et même histoire avec pour fil conducteur une montre gousset qui voyage au travers du temps, de la Pennsylvanie en 1933 au Nouveau-Mexique en 1938.

Le récit s’avère linéaire avec à chaque fois, un personnage pour faire la liaison sur le chapitre suivant rendant une belle cohésion et un vrai plaisir de lecture.

Il faut souligner la performance de Tiburce Oger à faire traverser 150 ans d’histoire américaine en un peu plus d’une centaine de pages en donnant à chaque dessinateur le moyen de s’exprimer de la plus belle des manières.

Dominique Bertail, Michel Blanc-Dumont, Benjamin Blasco-Martinez, François Boucq, Steve Cuzor, Paul Gastine, Eric Herenguel, Hugues Labiano, Enrico Marini, Ralph Meyer, Félix Meynet, Patrick Prugne, Christian Rossi, Michel Rouge, Taduc, Ronan Toulhoat, quel bonheur de retrouver tous ces dessinateurs dont on sent, au fil des pages, qu’ils ont pris un immense plaisir à participer à ce beau projet. Alors que les styles de dessin sont fort différents, on peut néanmoins noter une certaine unité rendant la lecture des plus aisées.

Clairement, cet album marque tant par son originalité que par sa performance que tout amateur de western se doit de lire.

GO WEST YOUNG MAN Tiburce OGER/COLLECTIF collection GRAND ANGLE Éditions BAMBOO 112 pages, 19,90 €

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 13 Novembre 2021

Frank Lee, l’après-Alcatraz, de l’enfer au… paradis

Frank Lee Morris peut se targuer d’être l’un des rares prisonniers à avoir pu s’évader de la célèbre prison d’Alcatraz où l’on vous martèle, dès votre incarcération, que toutes les tentatives ont lamentablement échoué ! Il faut dire que ce cloaque, situé sur une ile à 1,2 mile de la côte dans la baie de San Francisco, requiert une sacrée dose de ruse pour échapper à la vigilance des matons et de détermination pour s’extirper de cette forteresse. Dans l’évasion de 1962, aucun corps des trois fugitifs n’a été retrouvé par le FBI, pas plus Frank Lee que les frères Anglin. Que sont-ils devenus ? Ont-ils refait leur vie à des milliers de miles de là ?

Le scénariste David Hasteda s’est attardé sur la nouvelle vie de Frank Lee en imaginant un après-Alcatraz. Blessé lors de la traque, alors qu’il tentait d’échapper aux meutes de chiens à ses trousses, Frank Lee se retrouve dans un lit, soigné par une famille qui a rapidement compris d’où il venait mais qui tient à l’en faire sien, ne serait-ce que pour « remplacer » leur fils unique décédé quelques années plus tôt. Va s’ensuivre un long et difficile apprentissage avec un entourage aimant, contrastant avec sa vie antérieure. Seulement, ce bonheur ne va-t-il pas s’avérer éphémère ? Ne dit-on pas que l’on se fait toujours rattraper par son passé ?

Le scénario est fort bien construit en deux parties : tout d’abord, la lente résurrection de ce jeune homme qui reste sur le qui-vive alors que les mois et les années passent et que les médias et le FBI ont fini par l’oublier, puis une période plus difficile des plus haletantes que le lecteur n’aura de cesse de découvrir jusqu’à son dénouement.

Le dessin semi-réaliste de Ludovic Chesnot, rehaussé par des couleurs soignées, plonge le lecteur, dès les premières pages dans une ambiance particulière qui sied parfaitement au scénario, mêlant l’inquiétude à la quiétude.

A découvrir instamment !

FRANK LEE L’après-Alcatraz David HASTEDA/Ludovic CHESNOT Collection Label 619 Editions ANKAMA 128 pages 19,90 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 8 Novembre 2021

Largo Winch T23, La frontière de la nuit, en route pour une aventure stellaire des plus réussies !

Une fois encore, le jeune et sémillant Largo Winch est sur tous les fronts, à commencer par régler ses problèmes concernant le respect des droits internationaux sur son site d’Indonésie, où les enfants sont exploités dans des mines d’étain. Il lui faut également songer à l’avenir du groupe Largo Winch et rien n’est plus porteur aujourd’hui que les nouvelles technologies, même si c’est au grand dam de son conseil d’administration, peu enclin à se lancer dans l’aventure.

Seulement, il n’est pas le seul à avoir cette idée et la concurrence s’avère rude, et si Largo ne recule devant rien, il va rapidement s’apercevoir que ses projets sont bien évidemment semés d’embûches et que les résultats ne sont assurément pas ceux auxquels il aurait pu s’attendre.

A l’heure des initiatives des géants de l’informatique de se lancer dans la conquête spatiale, ce diptyque tombe à pic en délaissant quelque peu l’économie et la finance au profit de l’aventure avec un grand A, et c’est réussi.

Si le récit peut apparaitre parfois romancé, il faut souligner que les coscénaristes Éric Giacometti et Philippe Francq se sont attachés à être le plus proche de la réalité en se documentant auprès de spécialiste des vols spatiaux et autres technologies innovantes.

Alors, avec un découpage dynamique d’un récit haletant, le scénario se déroule à vitesse supersonique sous le trait efficace du dessinateur Philippe Francq. Il ne reste plus qu’à y adjoindre les couleurs de Bertrand Denoullet et de Philippe Francq pour parfaire l’ensemble.

Enfin si l’action s’avère être le maitre mot de cet opus, le plaisir de la lecture est quelque peu gâché par le suspense de la dernière page qui demandera au lecteur un peu de patience pour en connaitre le dénouement.

Déjà fort de ses vingt-deux albums avec une série vendue à onze millions d’exemplaires, le phénomène Largo Winch n’a jamais cessé de truster les rayons des libraires et cette vingt-troisième aventure ne fera pas exception !

LARGO WINCH T23 La frontière de la nuit Philippe FRANCQ/Éric GIACOMETTI Editions DUPUIS 48 pages 14,95 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 6 Novembre 2021

VENTE AUX ENCHERES Daniel MAGHEN du lundi 15 novembre 2021, les ventes se suivent mais ne se ressemblent pas !

Pas moins de 136 lots composeront cette nouvelle vente aux enchères qui se déroulera à la maison de l’Amérique Latine à partir de 18 heures.

Encore du beau monde avec 3 vacations, à commencer par celle de l’auteur André Juillard avec 31 œuvres où vous aurez le plaisir de retrouver une belle sélection de dessins et de planches issus de ses séries cultes tels que Le cahier bleu, Les 7 vies de l’Epervier et Plume aux vents ainsi que Blake et Mortimer, toute la quintessence de ce grand artiste.

Puis ce sera autour de Matthieu Bonhomme avec ses séries phares et one-shot, de Wanted Lucky Luke à Charlotte impératrice en passant par Le marquis d’Anaon. Il est à souligner que pour ce talentueux auteur c’est la première fois qu’un catalogue lui est consacré et ce, avec 25 œuvres !

Enfin, 105 lots termineront la dernière vacation avec une pléiade d’auteurs, d’Andreas à Bernard Yslaire en passant par Jean Giraud (6 lots), William Vance (5 lots), Milo Manara (3 lots), etc. La liste est loin d’être exhaustive et je ne peux que vous inciter à vous rendre sur ce lien du site des enchères Daniel MAGHEN pour découvrir toutes ses merveilles et qui sait, enchérir !

Comme à son habitude et pour le plus grand plaisir du collectionneur, la galerie Daniel MAGHEN a édité 3 magnifiques ouvrages regroupant toutes les œuvres à la vente avec, cerise sur le gâteau, celui consacré à André Juillard comprend une interview des plus intéressantes réalisée par le journaliste François Landon. Quant à celui de Matthieu Bonhomme, c’est à Stéphane Jarno qu’est confié l’interview pour nous fait découvrir un peu plus l’artiste.

Les 136 lots de la vente feront l’objet d’une exposition publique à la galerie Daniel MAGHEN au 36 rue du Louvre 75001 Paris, (entrée libre) les mardi 9 et mercredi 10 ainsi que vendredi 12 et samedi 13 novembre 2021 (10h30 à 19h00).

 

VENTE AUX ENCHÈRES


Lundi 15 novembre 2021 à 18h00 (Entrée libre)
Maison de l’Amérique Latine
217 Boulevard Saint-Germain 75007 Paris

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Divers

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Publié le 18 Octobre 2021

Une fresque Astérix à Mantes-la-Jolie

Récit d’une aventure…

Entre Bulles de Mantes et le génial dessinateur d’Astérix, Albert Uderzo, c’est une longue histoire d’amour en plusieurs chapitres :

- En 2005 l’association Bulles de Mantes, dès sa création, propose au maire Michel Vialay de baptiser la future école primaire des bords de Seine du nom d’École Albert Uderzo. Suggestion adoptée à l’unanimité par le conseil municipal, qui charge Bulles de Mantes de faire la liaison avec Albert Uderzo et de l’inviter à l’inauguration en décembre 2006.

- En 2011, la mairie de Mantes-la-Jolie sollicite les services de l’association Bulles de Mantes pour porter un projet de plaques signalétiques sur les portes de salles de classe avec les différents personnages créés par Uderzo, lequel viendra une nouvelle fois à leur inauguration en décembre 2011. lien

- En 2018, construction de l’École maternelle Albert Uderzo, contigüe à l’école élémentaire.

- En 2021 l’association Bulles de Mantes, souhaitant rendre hommage au célèbre dessinateur décédé l’année précédente et inhumé dans la plus grande discrétion, propose au maire Raphaël Cognet de faire réaliser une fresque à proximité immédiate de l’école. La Ville s’empare avec enthousiasme du projet et charge Bulles de Mantes d’assurer la liaison avec les ayant-droits, la famille du dessinateur et la maison d’édition, et d’effectuer le suivi artistique de la réalisation de la fresque.

Le choix de l’emplacement se porte sur deux murs de la crèche L’Ile aux enfants, situés boulevard des Cygnes au coin de l’École Albert Uderzo.

 

La fresque a été réalisée par la société Art Fresque, spécialisée dans les décors muraux, soigneusement choisie pour son expérience et sa compétence artistique, et pour sa proposition que se démarquait des autres par une mise en scène du dessin particulièrement intéressante.

Après que la mairie a procédé à toutes les nombreuses étapes administratives, financières et logistiques du projet, la réalisation de la fresque a pu commencer avec ses différentes phases techniques :

-  les dessins sont choisis et fournis avec les droits de reproduction par la famille d’Albert Uderzo, Ada et Sylvie Uderzo, dans l’idée de faire lien avec l’école. Ils sont tirés de l'album Astérix et la Rentrée Gauloise, paru aux Editions Albert René, et montrent Obélix renvoyé sur les bancs de l’école.
 

 

 

 

Astérix®-Obélix®-Idéfix® / ©2003 Les Éditions Albert René / Goscinny - Uderzo

 

 

-  les services techniques de la Ville collaborent en amont au projet et effectuent une rénovation et préparation des murs pour offrir un support de qualité.

dans son atelier, Art Fresque dessine et peint sur toile les panneaux des deux murs: un long travail artistique réalisé par deux de ses collaborateurs, Patrick Guidot, artiste-peintre passé aussi par une école de bande dessinée, et Emmanuelle Tauss-Keita, spécialiste de trompe-l’œil et de fresques d‘extérieur.

-  l’étape suivante, réalisée en deux jours par quatre artistes, est le collage des toiles, dont la plus grande est découpée en deux morceaux distincts, sur les murs : marquage des emplacements, pré-encollage des murs, positionnement des toiles, encollage des toiles, raccords, peinture des copyrights.

-  après séchage, deux des artistes reviennent encore pendant deux jours pour la réalisation du décor autour des toiles, un décor de briques blanches dans le même esprit que les briques rouges du bâtiment qui font écrin autour de la fresque : protection des dessins sur toile, peinture d’un fond gris couleur ciment pour représenter celle des joints, séchage, traçage et positionnement de bandelettes de scotch à l’emplacement des joints, peinture blanche sur l’ensemble du décor pour les briques, enlèvement des bandelettes de scotch pour faire apparaitre les joints gris, peinture des ombres sur chaque brique pour souligner le relief, enlèvement des protections des toiles, peinture de la bordure des deux toiles.

De nombreux passants admiraient le travail en cours et questionnaient les artistes. Les enfants s’en inspiraient aussi !

Toutes les étapes, suivies par Bulles de Mantes, ont été validées au fur et à mesure par Ada et Sylvie Uderzo, l’épouse et la fille de l’illustre dessinateur.

Le résultat de l’œuvre d’Art Fresque est somptueux.

Il ne reste plus qu’à attendre la conclusion du projet : la future inauguration, organisée par la Ville avec la présence de la famille d’Albert Uderzo et de Bulles de Mantes, un événement dont la date sera bientôt fixée.

Cela nous laisse quelques jours pour réviser: quelle est la date de la bataille de Gergovie ?

A bientôt pour de nouvelles aventures !

Jérôme Boutelier

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Bulles en villes

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Publié le 18 Octobre 2021

QUAI DES BULLES 2021, les 29, 30 octobre et … 1er novembre, un ballon d'oxygène !

1, 2, 3 et 4 jours de festival Quai des Bulles, de quoi saliver après une année de disette, et pour fêter dignement les quarante ans de ce festival qui peut se targuer d’être la plus grande manifestation bd après Angoulême.

Alors que les festivités ne vont guère tarder à commencer, c’est le moment de faire un focus sur des événements qui ont retenu toute mon attention parmi le programme toujours aussi alléchant concocté par l’association Quai des Bulles et accessible sur le site du festival. Difficile encore cette année de faire une sélection des animations les plus marquantes tellement le programme est riche malgré les conditions difficiles rencontrées par les organisateurs eu égard à la crise sanitaire.

Des expositions nombreuses et variées aux séances de dédicaces avec la présence sur site de près de 500 auteurs, aux projections et autres animations en ville, Quai des bulles met encore les petits plats dans les grands.

Pas moins de 14 expositions sont prévues cette année 2021 avec notamment celles de :

  • Arnaud Poitevin au dessin et Régis Hautière au scénario avec leur série Les spectaculaires (Pole culturel La Grande Passerelle, 4ème lieu).
  • Frédéric Pillot, un auteur-illustrateur jeunesse parmi les plus doués et les plus appréciés de sa génération, l’expo mettant notamment l’accent sur l’album Balbuzar. (Palais du Grand Large, Salle Grand Large)
  • Patrick Prugne, un remarquable aquarelliste qui met tout son talent au service d’aventures que le festivalier aura grand plaisir à (re)découvrir.
  • Rues en bulles, une belle initiative consistant à parcourir la ville à la rencontre du patrimoine de Saint Malo au travers d’un parcours artistique, ludique et interactif.

 

Mais le festival Quai des Bulles, c’est aussi de l’image projetée avec entre autres la présentation de Hors norme, un film sur les adolescents autistes (Palais du Grand Large, Auditorium Chateaubriand) ou encore le dessin animé Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary (Pole Culturel La Grande Passerelle, Salle Vauban).

Quai des bulles c’est aussi des prix, et ceux organisés en partenariat avec Ouest France sont toujours de très belle tenue. Ainsi, la sélection 2021 n’est pas en reste avec 5 albums nominés qui sont respectivement : Kent State, de Derf Backderf (éditions Cà-et-là) Jours de sable d’Aimée De Jongh (éditions Dargaud), Les amants d’Hérouville de Yann Le Quellec et Romain Ronzeau, (éditions Delcourt), Ballade pour Sophie de Felipe Melo et Juan Cavia, (éditions Paquet) et Le spectateur de Théo Grosjean (éditions Soleil).

 

Enfin revenons sur la superbe idée de l’association Quai des Bulles consistant à organiser son troisième concours de vitrines sur le thème de la bande dessinée, ouvert à tous les commerçants de Saint-Malo, renforçant les liens entre le festival et l’intra-muros.

Comme évoqué précédemment, les conditions sanitaires restant préoccupantes, des mesures seront exigées à partir de 12 ans, telles que la présentation d’un passe sanitaire valide qui vous sera demandé à l’entrée du festival, ainsi que le port du masque qui sera obligatoire dans tous les lieux du festival.

 

Alors, prêt à aborder cette 40ème édition qui s’annonce des plus rugissantes ? Avec un tel programme, ce serait vraiment dommage de ne pas se rendre dans la cité malouine.

Bon festival !

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Divers

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Publié le 16 Octobre 2021

L’homme n’a cessé depuis son arrivée sur terre de se sentir supérieur à l’animal, ne serait-ce que parce qu’il est doté de la parole et d’une âme, et qu’à ce titre il se donne des droits et peu de devoirs envers les autres espèces. Mais après tout, pourquoi si peu d’humilité et de reconnaissance vis-à-vis du monde animal qu’il côtoie, mais aussi exploite depuis la nuit des temps ? Peut-être alors faudrait-il se poser la question de savoir si l’on ne doit pas à l’espèce animale notre construction et in fine, notre évolution ?

C’est notamment à partir de ces réflexions que la scénariste et journaliste Karine-Lou Matignon propose au lecteur de tordre le cou à bon nombre de préjugés et d’idées reçues vis-à-vis des animaux et nous montre, au travers de ce récit, que ces derniers ont pesé dans le succès de l’évolution humaine.

Parmi les sept chapitres allant des « origines communes » entre l’animal et l’homme aux « animaux du XXIème siècle », le lecteur trouvera vite son rythme et pourra à son gré lire de manière chronologique ou picorer au gré de ses envies, attiré par tel ou tel thème ou dessin.

Fort de ses 176 pages, l’histoire incroyable des animaux recèle une succession de récits et d’anecdotes où tour à tour, l’animal sera vénéré, vilipendé, chassé, asservi et bien sûr mangé, le montrant ainsi sous une multitude de facettes, souvent méconnues.

Si les récits sont captivants, on le doit au remarquable travail du dessinateur Olivier Martin et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on peut admirer sa parfaite maitrise dans la réalisation de toutes ces espèces.

Mieux connaître les animaux, voire aider tout un chacun à réfléchir sur la manière dont on pourrait leur (re)donner toute leur place sur notre planète, c’est assurément le pari réussi de l’album.

L’INCROYABLE HISTOIRE DES ANIMAUX Karine-Lou MATIGNON/Olivier MARTIN Éditions LES ARENES BD,  176 pages 21,90 €

 

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

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