Publié le 9 Mars 2021

Anatole(s), toute une vie en 80 pages

L’auteur James n’est pas à un défi près et consacrer une page à chaque année de la vie d’un homme, ce n’est pas banal, voire compliqué car il faut tenir sur la longueur, et l’on peut dire que c’est plutôt réussi. Banal par contre, c’est assurément le qualificatif que l’on peut donner à Anatole, le personnage principal de l’album : ni beau, ni moche, ni pauvre, ni riche. Plutôt l’archétype de ce que l’on appelait encore il y a quelques décennies un « français moyen », avec une enfance couvée par une mère qui, comme toutes les mères, rêve de faire de son enfant un être d’exception. Suit une adolescence tumultueuse en recherche de personnalité ; puis, les vies professionnelle et personnelle où ce brave Anatole va, sans cesse, chercher sa place d’homme « moderne » qui peut se résumer à être un bon copain, un bon ami, un bon père, un bon grand-père et bien sûr, un bon amant ! 

Car toute sa vie est jalonnée d’amour, pas avec un grand A loin s’en faut mais plutôt avec des hauts et des bas. James manie avec talent la dérision, le cynisme, et une de fois de plus le lecteur va être servi. Mais pas que, c’est parfois attendrissant, souvent drôle voire hilarant, mais c’est avant tout terriblement humain. Avec un découpage millimétré et concentré sur six cases par pages, le dessin de James fait mouche et sert fort bien son scénario.

Mais attention, au fond de chacun de nous ne réside-t-il pas un petit Anatole ? Ce serait bien étonnant que  les lecteurs ne retrouvent pas, au travers d’une ou plusieurs de ces planches de bd, une histoire analogue vécue ou entendue.

ANATOLE(S) JAMES Editions FLUIDE GLACIAL 80 pages, 12,90 €

Bernard Launois

 

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Publié le 7 Mars 2021

FUKUSHIMA, chronique d’un accident sans fin…  Mais pas sans conséquence !

11 mars 2011, voilà dix ans que la centrale de Fukushima Daiichi, victime d’un tsunami suite à un tremblement de terre de magnitude sur l’échelle de Richter, allait devenir le théâtre de la plus grande catastrophe nucléaire après Tchernobyl que nous ayons connue depuis l’exploitation de l’atome à des fins industrielles. Dix ans déjà et pourtant ça semblait hier tellement cet événement médiatisé a pu marquer les esprits.

C’est notamment à partir des auditions de commissions d’enquêtes, rendues publiques, de Masao Yoshida directeur de la centrale au moment de la catastrophe que le scénariste Bertrand Galic a conçu ce scénario terrifiant en s’appuyant sur les  cinq premiers jours qui ont été déterminants pour la suite. Comme si la nature ne suffisait pas à déclencher le malheur, il a fallu la conjonction de trois éléments d’importance pour plonger l’équipe sur place dans le plus profond désarroi : fusion des cœurs des quatre réacteurs entrainant le perçage des cuves, puis leur explosion entrainant la diffusion de nuages radioactifs incontrôlables. Avec un découpage précis associé à des dialogues percutants, le scénariste arrive à immerger le lecteur au milieu de ces femmes et ces hommes dévoués à leur cause pour sauver tout ce qui peut être sauvé sans penser un seul instant au point de non-retour qui pendait au dessus de leur tête. Entre des dirigeants inconséquents au siège de Tepco incapables de donner des instructions cohérentes et un gouvernement qui ne cherche qu’à garder la face, c’est un miracle que le pragmatisme du directeur d’exploitation l’emporte, en faisant fi des directives et en motivant ses troupes pour que l’esprit de groupe  l’emporte dans ces moments désespérés. Bien que nous en connaissions l’issue fatale, le scénario bien ficelé incite le lecteur, dès les premières pages, à se plonger au cœur de cette aventure héroïque d’une poignée de valeureux guerriers face à l’adversité nucléaire.

Avec un dessin vif et précis, le dessinateur Roger Vidal a su remarquablement mettre en images la dramaturgie de ce récit haletant. Après Au cœur de Fukushima, un manga documentaire relatant la vie d’un dessinateur qui s’était fait engagé pour nettoyer la centrale après la catastrophe, Fukushima, chronique d’un accident sans fin apporte un éclairage salutaire sur un événement qui n’aurait sûrement jamais dû prendre de telles proportions si des mesures préventives avaient été mises en place alors que la région est sujette à des tremblements de terre fréquents.

Enfin, le lecteur appréciera le dossier fort complet d’une douzaine de pages de Pierre Fetet qui complète le récit en revenant sur les enquêtes ainsi que sur les conséquences de la catastrophe.

FUKUSHIMA, chronique d’un accident sans fin Bertand GALIC/Roger VIDAL Editions GLENAT 128 pages, 18,50 €

Bernard Launois

 

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Publié le 5 Mars 2021

MEGAFAUNA, quand la duperie s’avère un fin stratagème

En l’an 1488, nanti de son diplôme de médecin, Timoléon de Veyre se voit confier par son oncle la difficile tâche d’aller rencontrer derrière la Haute Muraille les Nors, un peuple de Néandertaliens. Quelle idée saugrenue pour un Homo Sapiens, d’aller de se rendre auprès de ce peuple avec lequel ils sont en guerre et qui, ayant fermé ses frontières depuis fort longtemps, ne commerce plus avec eux ! Fier d’avoir été choisi pour cette mission, c’est accompagné de son ami  Pontus, également médecin, qu’il va relever le défi de rencontrer les Nors et de les inciter à commercer à nouveau car il en va de la survivance de ses congénères dans leur contrée, devenue désertique. Seulement comme les Néandertaliens ont la triste réputation d’être obtus,  peu fiables et plutôt enclins à suivre leurs instincts bestiaux, il a de forts doutes sur ses qualités de diplomate.

Passée la Haute Muraille, c’est un tout autre paysage qui s’offre à eux, luxuriant  à souhait. Quant aux Nors, sorte de géants, ils ne ressemblent pas vraiment à la réputation dont les affublent les Homo Sapiens. Reçus avec les honneurs de leur rang, les deux compères gagnent rapidement la confiance du chef Vorel en réussissant un accouchement réputé difficile, et c’est en compagnie de Gasgar, la fille du chef, que Timoléon découvre le pays. Gasgar ne va pas tarder à s’amouracher de lui et à le mettre dans la confidence de problèmes mettant en danger toute la population des Néandertaliens. Quelle attitude adoptera alors Timoléon devant de telles révélations ? Ses relations avec Gasgar ne vont-elles pas entacher le climat de confiance qui s’était établi petit à petit avec le chef ?

L’auteur Nicolas Puzenat livre là un beau récit sur les relations humaines souvent complexes, l’appréhension de tout un chacun devant l’inconnu mais également sur les stratagèmes de certains pour arriver à leurs fins. Les lecteurs se prendront vite à cette histoire haletante et n’auront de cesse d’arriver au dénouement qui en surprendra plus d’un.

Le dessin réaliste, associé à des couleurs de belle facture, agrémente de belle manière un récit surprenant et envoutant qui ne laissera personne indifférent.

Une mention particulière pour la réalisation de ce bel objet qui mérite assurément de s’y arrêter.

MEGAFAUNA Nicolas PUZENAT Éditions SARBACANE, 92 pages 18,00 €

Bernard Launois

 

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Publié le 3 Mars 2021

LE MINISTERE SECRET T1 Héros de la République, quand les ex-présidents rempilent !

Attention, dossier SECRET DEFENSE et pourtant à partager avec les lecteurs et ce, absolument sans modération ! C’est l’histoire loufoque que proposent les deux compères, Joann Sfar et Mathieu Sapin qui mettent en scène deux ex-premiers personnages de la République, Nicolas Sarkozy et François Hollande, chargés de sauver le monde en compagnie du dessinateur Mathieu Sapin.

Alors qu’un gros balourd, doué d’une force surhumaine, écrase tout sur son passage dans l’aéroport JFK de New-York, la pimpante Julie tire son François du sommeil du juste pour répondre à un appel pressant de Nicolas et l’aventure commence ! A part la consigne reçue de venir sans garde du corps, François n’a aucune idée des intentions de Nicolas lorsqu’il va l’attendre dans un café. Il est accompagné par son pote Mathieu, rompu aux arcanes du pouvoir et prêt à le seconder dans la mission secrète de Nicolas. Eric Cantona, également attablé, apparait très nerveux et insiste beaucoup auprès de François pour connaître la fameuse mission secrète, rendant Mathieu très soupçonneux… à juste titre car la discussion tourne court quand Cantona, se sentant découvert, sort un flingue et poursuit François dans la rue. En fait, de l’enveloppe de Cantona émerge un  horrible reptilien, rapidement neutralisé par Mathieu qui en sortira salement amoché. L’apparition de Sarkozy, planqué dans une ambulance, apportera-t-elle des éléments susceptibles d’éclairer la lanterne de François et de Mathieu ? Et puis, cette invasion de reptiliens a-t-elle un rapport avec les frasques du géant à New-York ?

Si Joann Sfar et Mathieu Sapin sont réputés, tous les deux séparément, pour ne pas engendrer la mélancolie, autant dire que leur association dans cette nouvelle série décuple leur capacité à manier le rire et l’autodérision dans un thriller déjanté, où l’on s’amuse tour à tour d’un Hollande en Batman aux commandes d’un scooter volant, d’un Donald Trump plus bête que jamais, ou d’un Poutine bodybuildé. Mis en images par Mathieu Sapin avec son dessin semi-réaliste très efficace, cette nouvelle série mérite d’avoir une belle carrière, ne serait-ce que pour faire travailler les zygomatiques, plutôt en chômage ces derniers temps, des lecteurs.

LE  MINISTERE SECRET T1 Héros de la République Joann SFAR/Mathieu SAPIN Editions DUPUIS, 64 pages, 14,95 €

Bernard Launois

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Publié le 24 Février 2021

Les Rivières du passé tome 1 La voleuse, bien mal acquis ne profite jamais !

Telle est la devise que Linn aurait bien dû prendre à son compte ! Voleuse, de père en fille, rien ne résiste à la jeune fille rousse, pas même les dispositifs les plus sophistiqués : et ça, Benjamin Argonovitch l’a bien compris lorsqu’il s’est s’adjoint ses services pour récupérer un bijou ancien égyptien qui appartient à une belle et grande dame archéologue répondant au nom de Lamia.

Seulement, le bijou dérobé à Lamia plaît trop à Linn pour le rétrocéder, contre récompense, à Argonovitch. Elle se retrouve alors pourchassée et bientôt rattrapée par les sbires d’Argonovitch et par Lamia laquelle, dans la confusion ambiante, finit par récupérer son bien et disparaitre. Que reste-t-il à Argonovitch sinon faire confiance à nouveau à Linn pour traquer Lamia ? Cette course poursuite les mènera jusqu’à la demeure où s’est réfugiée l’archéologue. C’est grâce à une porte magistrale que Linn pousse par inadvertance qu’elle échappera à Argonovitch mais pour se voir téléportée dans... un Paris moyenâgeux.

Alors, pourquoi ce pendentif suscite-t-il tant d’intérêt ? Peut-être parce qu’il a appartenu à Akhenaton, inventeur du culte d’Aton, le premier monothéisme de l’histoire ? Que va découvrir notre jeune voleuse dans ce Paris à feu et à sang, envahi de Shayks, créatures fantasmagoriques assoiffées de vengeance ?

Dans quelle aventure rocambolesque, le scénariste Stephan Desberg nous emmène-t-il ?

Habituellement cantonné dans la pagination classique d’un album, Stephen Desberg s’en affranchit de belle manière avec les éditions Daniel Maghen, en proposant un diptyque plus étoffé. Celui-ci met en opposition monothéisme et polythéisme au travers de personnages qui possèdent tous de drôles de singularités et chez qui l’intolérance reste un point commun. Avec un récit des plus endiablés, le lecteur vivra au rythme des protagonistes, tous animés de ferveur mais avec des buts fort différents.

Avec un graphisme semi-réaliste et un découpage des plus originaux dont notamment des incrustations de cases sur fond de paysages, Yannick Corboz met remarquablement en valeur ce scénario mystique, et ses couleurs renforcent l’ambiance souvent dramatique.

Un cahier graphique, comme on ne s’en lasse pas chez les éditions Daniel Maghen, montre les esquisses préparatoires des personnages qui peuplent ce premier opus d’une série qui démarre sous de beaux auspices.

LES RIVIERES DU PASSE T1 La voleuse Stéphan DESBERG/Yannick CORBOZ Editions Daniel MAGHEN, 76 pages, 16,00 €

 

Bernard Launois

 

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Publié le 23 Février 2021

LA FEE ASSASSINE, c’était inéluctable...

C’est Noël ce soir et cette année, c’est au tour Fanny de recevoir Tania sa sœur jumelle et sa maman, alors que Thibault son compagnon médecin assure une garde. Noël habituellement s’avère une période privilégiée pour se retrouver en famille mais Fanny craint que cette énième confrontation avec sa mère soit encore difficile alors qu’elle n’a pas son compagnon à ses côtés pour l’épauler.

Elle ne le retrouvera qu’au commissariat de Police à l’occasion de sa garde à vue, car visiblement la réunion de famille ne s’est pas déroulée dans les meilleures conditions. Mais qu’a-t-il donc bien pu se passer cette nuit-là pour que Fanny Duroy se retrouve emprisonnée entre quatre murs, dans l’attente de Maître Garelle, son avocat ?

Voilà une histoire bien singulière concoctée par la scénariste Sylvie Roge qui signe là son premier scénario, en narrant les entretiens que son avocat mène avec Fanny pour tenter de comprendre les raisons qui ont poussé la jeune fille à commettre l’irréparable et de construire une ligne de défense. Si le lecteur est plongé rapidement dans une affaire de meurtre, ce n’est qu’au fur et à mesure que la scénariste Sylvie Roge déroule la pelote de l’intrigue, remplie de drames pour un final des plus poignants. Beaucoup d’émotions à la lecture de ce bel album qui touche avec talent à des sujets encore trop rarement abordés,  la complexité de la gémellité mais également des relations familiales compliquées parents-enfants qui laissent souvent pour héritage des traces indélébiles toute une vie.

La sensibilité graphique du dessinateur Olivier Grenson magnifie cette dure et belle histoire avec un dessin hyperréaliste léché, rehaussé par un panel de couleurs pastel en parfaite adéquation avec le récit. De Paris au Touquet, les décors enchanteurs réalisés par le dessinateur contrebalancent les moments pathétiques qui peuplent l’enfance de ces deux jumelles.

Indispensable.

LA FEE ASSASSINE Sylvie ROGE/Olivier GRENSON Editions LE LOMBARD 192 pages, 22,50 €

Bernard Launois

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Publié le 21 Février 2021

IRIS, 2  FOIS ou la vie à double facette

Que désirer de plus lorsque tout vous réussit, sinon qu’aucun grain de sable ne vienne enrayer cette belle mécanique de la vie ? Iris a tout gagné, côté personnel avec un mari aimant et attentionné, et côté professionnel avec des succès littéraires. Les journées dans son bel appartement sont bien remplies dans l’attente d’une potentielle remise du prix Renaudot qui assiérait un peu plus sa notoriété, mais entrecoupées par des nuits… cauchemardesques, peuplées d’une vie de looser avec son ex alcoolique et son fils attardé.

Alors quelle est la véritable histoire d’Iris ? Celle qui hante ses nuits, en jeune femme perdue, indécise, qui ne cesse de faire des mauvais choix ou celle qui rayonne du matin au soir, sûre de tout ce qu’elle entreprend ?

La scénariste Anne-Laure Reboul prend, dès les premières pages, un malin plaisir à brouiller les cartes et à embarquer le lecteur dans un imbroglio savamment dosé, qui ne sera démêlé que dans les dernières pages d’un opus de près de deux cents pages. Les rebondissements de situation sont nombreux et le lecteur se trouvera partagé entre ces deux vies que tout oppose.

Avec un dessin réaliste, Naomi Reboul dresse joliment les portraits de la jeune femme qui évolue physiquement et virtuellement, deux fois.

Pour une première, scénario en solo pour Anne-Laure Reboul et roman graphique pour la dessinatrice Naomi Reboul, on peut dire que l’essai du duo familial s’avère fort réussi.

IRIS, DEUX FOIS Anne-Laure REBOUL/Naomi REBOUL Editions SARBACANE 192 pages, 24,00 €

Bernard Launois

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Publié le 13 Février 2021

Adventureman T1, et si l’histoire reprenait ?

Dans tous les bons récits, les héros s’en sortent toujours bien, au détriment des méchants qui n’incarnent que le mal et ne récoltent que ce qu’ils méritent. Et bien là, c’est l’infâme baron Bizarre qui terrasse le beau et fringant héros Adventureman, et le jeune Tommy n’en croit pas ses yeux en lisant le dernier chapitre des aventures de son héros préféré. Interrogeant Claire, sa mère, sur cette incongruité, il espère secrètement que cette dernière a une solution. Hélas, pas de recette miracle jusqu’à l’irruption dans la boutique de la maman de Claire, d’une mystérieuse jeune femme qui espère vendre quelques beaux spécimens dont une version inédite des dernières aventures d’Adventureman, version qui s’avère être une édition pirate. Serait-ce là le début d’une suite pour le héros malheureux, ou bien le commencement d’une aventure hors du commun pour Claire ?

 

 

Matt Fraction, scénariste de renom avec notamment les séries Uncanny X-Men ou encore Hawkeye, se lance  avec panache dans un bel hommage aux récits d’aventures pulp, que l’on trouvait dans des revues bon marché dans les kiosques pour le plus grand plaisir des teenagers américains des années quarante. Si le récit démarre doucement avec la vie plutôt bien réglée de Claire, une mère célibataire entourée de ses six sœurs adoptées comme elle, il ne tarde guère à monter en puissance, faisant d’elle une aventurière sans frontières qui se découvre des ressources et des pouvoirs qu’elle n’aurait jamais imaginés, toujours oscillant entre la réalité et la fiction.

 

 

Le dessin de Terry Dodson s’avère tout aussi dynamique et rythmé que le scénario, embarquant le lecteur sur le scooter de Claire dans les rues newyorkaises, à la défense de la veuve et l’orphelin. Avec des décors fantasmagoriques, des combats homériques, remarquablement mis en couleurs, ce premier album, enrichi d’une quinzaine de pages de présentation de la série, laisse augurer une excellente série.

ADVENTUREMAN T1 La fin et tout ce qui s'en suit Matt FRACTION/Terry DODSON Collection HORS COLLECTION Editions GLENAT, 167 pages 19,95 €

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 10 Février 2021

USS CONSTITUTION T2, en route pour l’aventure

Novembre 1803, alors que le navire amiral l’USS Constitution fait escale dans le port de Syracuse pour y effectuer des réparations, le jeune marin Powler a découvert que l’aspirant Pierre-Mary Corbières est une jeune femme. Quelle aubaine pour ce fieffé fêtard que d’avoir prise sur l’aspirant : il a des vues sur la demoiselle et a bien l’intention de lui faire payer son silence, en nature. Que doit faire celle-ci, se plaindre auprès des gradés au risque de se retrouver aux fers et ne pas atteindre son objectif, celui de mettre la main sur son oncle, l’assassin de sa mère ? L’horizon s’avère bien sombre pour l’aspirant Corbières qui ne supporte plus les contraintes de ce Powell dont elle n’aspire qu’à le voir disparaitre alors que la route est encore longue pour atteindre l’ile de Malte, lieu de résidence de Louis Corbières, son tyran d’oncle.

 

Après l’excellente série Les Pirates de Barataria avec Marc Bourgne au scénario, Franck Bonnet se lance avec brio, en tant qu’auteur complet, dans une nouvelle aventure maritime dont il a le secret. Avec un scénario bien construit, fortement documenté, l’aventure avec un grand A est à portée du lecteur qui suivra avec passion la vie de la courageuse jeune femme, téméraire et déterminée dans sa soif de vengeance.

 

Aux crayons Franck Bonnet s’affirme aujourd’hui comme l’un des meilleurs dessinateurs maritimes actuels avec un dessin dynamique, des reproductions fidèles de ces bâtiments qui ont fait la fierté de l’Amérique du début du 19ème siècle. Devant son trait hyperréaliste, son souci du détail, le lecteur prendra plaisir à (re)découvrir son univers marin et n’aura de cesse de connaitre le destin de l’héroïne de cette belle histoire.

Soulignons que cet opus comporte, comme le précédent album, un glossaire salutaire afin de mieux appréhender les termes marins employés à l’époque.

USS CONSTITUTION T2 Il y a deux justices en mer, celle des gradés et celle des sans-grades Collection 24X32 Editions GLENAT 64 pages, 14,95 €

Bernard Launois

 

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Publié le 7 Février 2021

John Tanner T2, quand l’histoire dépasse la fiction

Voici la suite du diptyque narrant l’enlèvement d’un jeune blanc de neuf ans par deux indiens Ojibwe et son adoption par cette tribu. Protégé depuis son arrivée par l’épouse du chef Manitugeezik qui le considère comme son propre fils, John Tanner espère revoir un jour son peuple.

Mais les mois se succèdent aux années et les souvenirs de la vie d’avant s’estompent même s’il a l’occasion de rencontrer de ses congénères à l’occasion de la vente de pelleteries. Résigné à ne plus revoir les siens, le jeune garçon blond apprend sa nouvelle vie de nomade, souvent raillé et rabaissé par Wamegonabien, son frère d’adoption auquel il ne tarde pas à  vouer une haine tenace. Enfin, le temps de chasser et de montrer à la tribu qu’il est un homme arrive, et surtout l’occasion de s’affirmer auprès de Wamegonabien vient à point nommé. L’apprentissage de la chasse est rude, compte tenu notamment des conditions climatiques, et les occasions de se décourager sont légion. Bien que John soit courageux et téméraire, cela lui suffira-t-il pour être reconnu ?          

Christian Perrissin, passionné d’histoire, excelle dans la narration des grandes sagas avec des personnages hors norme et cette série ne fait pas exception.  Des Aventures d’Hélène Cartier à John Tanner en passant par l’excellent triptyque Martha Jane Cannary alias Calamity Jane, Christian Perrissin sait transmettre au lecteur sa passion de l’aventure romanesque.

Remarquablement mis en image par le dessinateur Boro Pavlovic et agrémenté des belles couleurs d’Alexandre Boucq, ce récit incroyable prend toute sa dimension au travers de paysages rupestres aussi vrais que nature auxquels le lecteur ne peut rester insensible.

Amoureux de grandes chevauchées au travers de plaines et forêts luxuriantes, traversées par d’immenses rivières, c’est le moment de plonger dans cette aventure.

Une mention toute particulière est à faire pour le cahier graphique qui clôture la série, retraçant les dates marquantes de la vie de John Tanner de 1828 à 1846.

JOHN TANNER T2 Christian PERRISSIN/Boro PAVLOVIC/Alexandre BOUCQ Collection 24X32 Editions GLENAT, 88 pages, 18,00 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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