Publié le 25 Août 2025

L’HISTOIRE DE LA MER, un univers encore riche d’enseignements

S’attaquer à scénariser une histoire de la mer peut s’avérer un vaste programme, surtout quand on veut la rendre passionnante à lire. Ce n’est guère étonnant que ce soit le scénariste Matz, dont les talents narratifs ne sont plus à prouver, qui s’y soit attelé.

Si Matz est plutôt habitué généralement à entrainer le lecteur dans des scénarios policiers de haute volée, le concept réside plutôt cette fois à donner envie au lecteur de lire plus de 300 pages et l’on peut dire que le défi est réussi. Comme on a pu le voir précédemment dans l’excellent album La Bombe scénarisée par Laurent Frédéric Bollée et mis en images par Didier Alcante, Matz s’est attaché à personnifier la mer, donnant une tout autre dimension à cette dernière, la rendant presque humaine dans certains passages.

Du premier voyage maritime initié par la pharaonne Hatchepsout en 1493 avant JC aux différentes découvertes des navigateurs, c’est tout un panorama des plus exhaustifs qui est proposé au lecteur auquel s’ajoutent les dernières évolutions de la mer dues aux diverses pollutions engendrées par l’homme. 

Pour cette dernière partie, et pas des moindres, il importe de préciser que le scénariste Matz a travaillé avec le concours d’Olivier Chaline et François Lefèvre, directeurs scientifiques de la Sorbonne, permettant ainsi d’avoir des réponses exhaustives sur l’état de la mer aujourd’hui et les conséquences si l’on ne prend pas rapidement les mesures qui s’imposent.

Avec son dessin réaliste, Jörg Mailliet met particulièrement en valeur les propos de Matz, et l’on se prend au jeu de (re)découvrir cet univers si incroyable et riche de tant de choses à connaitre.

Cette bande dessinée mérite d’être lue par tous, petits et grands, ne serait-ce que pour connaitre la genèse des océans, ses évolutions et assurément son avenir dont tout à chacun doit prendre conscience du rôle primordial qu’elle joue dans notre écosystème.

HISTOIRE DE LA MER MATZ/Jörg MAILLIET éditions LES ARENES BD 320 pages, 33,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 6 Juillet 2025

TUMPIE, des bas-fonds de Saint-Louis du Missouri aux dorures du Théâtre des Champs Élysées

Qui connait Ferda Joséphine McDonald, surnommée Tumpie dans sa prime jeunesse ? Assurément pas grand monde mais quand on apprend que derrière ce nom se cache Joséphine Baker, la plus célèbre danseuse du début du XXème siècle, l’on veut en connaître un peu plus de cette jeune et jolie métisse qui, le moins que l’on puisse dire, n’a pas débuté dans la vie avec une cuillère d’argent dans la bouche.

Très vite, Tumpie va faire face à une singulière réalité de la vie, vivre en guenille dans une cabane, ne pas manger tous les jours à sa faim, voir sa mère se prostituer pour subvenir aux besoins de la famille, se trouver confrontée aux actes racistes des blancs… La liste s’avère très longue et malgré tout, cette jeune fille reste habitée par ses rêves de devenir une artiste et de se produire dans le monde entier.

Difficile de scénariser un tel biopic sans tomber dans les clichés misérabilistes d’une enfance de traine misère et c’est pourtant avec talent que le scénariste Jean-Luc Cornette, rompu aux portraits de femmes, réussit le pari en livrant là un récit touchant, voire attachant de cette jeune fille quelque peu candide qui s’accroche à la vie entre résilience et combativité. Le récit linéaire s’avère plutôt rythmé à l’image de son personnage principal que l’on se plait à suivre dans toutes ses pérégrinations.

Le dessin réaliste et aux couleurs chatoyantes d’Agnese Innocente, s’accorde parfaitement au récit et eu égard à la carrière de Joséphine Baker, et pas seulement comme meneuse de revue, l’histoire de Tumpie mériterait assurément une suite.

TUMPIE LA JEUNESSE TUMULTUEUSE DE JOSEPHINE BAKER Jean-Luc CORNETTE/Agnese INNOCENTE collection Mille Feuilles éditions GLENAT, 127 pages 16/04/2025

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 2 Juillet 2025

LE CARNET A SPIRALE, la dernière étape d’un voyage au bout de soi-même

Après Le chanteur perdu et L’année fantôme l’auteur Didier Tronchet clôture remarquablement son introspection avec Le carnet à spirales, le fameux cahier que l’on peut emmener partout, que l’on peut griffonner lorsque le besoin s’en fait sentir afin d‘y consigner ses joies et ses peines et que l’on peut relire à souhait.

C’est décidé, le carnet à spirale acheté, il va pouvoir rendre visite à la seule personne avec laquelle il n’avait jamais eu de discussions sérieuses sur la famille : sa mère ! Seulement, allait-elle enfin répondre à ses nombreuses interrogations alors qu’elle les avait éludées dans sa jeunesse ? Mais à sa grande surprise, voilà qu’elle était prête à tout déballer et dire ce qu’elle avait toujours tu. L’auteur allait enfin tout savoir et qui sait, combler les pièces manquantes de son puzzle familial, et autant dire qu’il n’allait pas être déçu !

Avec un récit des plus linéaires, entrecoupé de rencontres avec son éditeur inquiet de la tournure que prend l’album, l’auteur prend le lecteur à témoin des propos narrés par sa génitrice sans misérabilisme, mais plutôt avec une grande pudeur qu’il tente de cacher tant bien que mal au moyen de son talent d’humoriste qu’il a su si bien distiller tout au long de ses albums.

Et si se mettre à nu s’avère une tâche difficile bien que souvent salvatrice et parfois bien plus efficace que les séances sur le divan d’un psychanalyste, il n’en reste pas moins le courage de le mettre en images, avec son dessin gros nez si caractéristique et le rendre public au risque de remuer l’entourage, voire le fâcher.

Du grand Tronchet comme on l’aime, avec un cœur grand comme ça, ce roman graphique fera assurément date.

LE CARNET A SPIRALE Didier TRONCHET collection Aire Libre éditions DUPUIS 190 pages, 23,00 € 28/03/2025

Bernard LAUNOIS

 

 

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Publié le 2 Juillet 2025

DOOMSDAY WAR T1, quand l’avenir d’une nation repose sur son héros

Nous sommes en 2206 et cent ans, voilà ce qui reste à vivre à la Terre selon Gaia, l’Intelligence Artificiel, dont toutes les prédictions depuis plus de 150 ans se sont réalisées. C’est à partir de ces prévisions terrifiantes que William Svalbard, représentant de la Norvège et président du 39ème sommet des seize nations survivantes, propose d’organiser le tournoi de l’annihilation.

Passée la sidération des membres présents mais également les remises en question de cette fameuse IA, la décision d’organiser le tournoi dans un an se prend et il ne reste plus pour chaque nation qu’à désigner un héros délégué qui, s’il perd son combat, entrainera la mort de ses compatriotes.

Seulement, ces héros délégués ne sont pas des êtres ordinaires, dans le sens où ils possèdent des cellules de Thésée, celles qui leur donnent le pouvoir d’altérer leur physiologie en fonction des menaces rencontrées. Le gagnant ne sera donc pas le plus fort ni le plus intelligent, mais clairement celui qui sera capable de faire face à toutes les situations.

Le dessinateur Natsuko URUMA signe cette fois également le scénario avec un thriller des plus diaboliques où en raison des conditions climatiques apocalyptiques la perspective d’une éradication de l’espèce humaine, après qu’aient déjà disparu les espèces animales, serait imminente et ne laisserait comme seule alternative que de confier les rênes du monde à la désormais devenue toute puissance, l’intelligence artificielle.  

Le dessin réaliste renforce le scénario en immergeant le lecteur dans cet environnement haletant et anxiogène.

Voilà un premier tome très prometteur où, une fois les principes de la survie posés, l’on rentre dans le premier combat des nations britanniques et japonaises, avec les qualités et les défauts des héros.

DOOMSDAY WAR T1 Natsuko URUMA collection DOKI-DOKI éditions BAMBOO 160 pages, 7,95 € 02/07/2025

Bernard Launois

 

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Publié le 29 Juin 2025

Révélation des nominés au prix de la BD aux couleurs du blues 2025

Pour la 12e année consécutive l'association BULLES DE MANTES et le festival international de blues BLUES SUR SEINE s'associent pour décerner le Prix de la BD aux couleurs du blues. 

Pour mémoire, le prix de la BD aux couleurs du blues récompensera un album paru entre le 1er juin de l’année précédente et le 31 mai de l’année en cours, et mettant en évidence une des thématiques recherchées, à savoir : blues, jazz, gospel, negro spiritual, soul, toutes musiques inspirées par le blues ... ou le contexte social et historique en relation.

Le jury, composé d’une vingtaine de membres répartis (4 membres de l'association Blues s/Seine, 4 membres de l'association Bulles e Mantes, 1 représentant de la société SELMER, manufacturier de saxophones sur Mantes, 1 scénariste/journaliste, 1 directrice d'école de musique, 4 bibliothécaires spécialisée dans la bd réparties sur le territoire, 4 libraires) se réunira le mercredi 24 septembre 2025 pour délibérer.

Comme à chaque prix, le bureau de l’association BULLES DE MANTES retient cinq titres et cette année, dont voici la sélection :

- Clapton is god aux éditions Petit à Petit

- Jesse Owens aux éditions Futuropolis

- Paul aux éditions Casterman

- Strange fruit aux éditions Dupuis

- Tumpie aux éditions Glénat

 

Clapton is god En plus d’être un virtuose de la guitare, est un artiste à part entière. Pour preuve, il siège aujourd’hui en quatrième position du célèbre classement des cent meilleurs guitaristes de tous les temps du magazine Rolling Stone. Mais Clapton, ce n’est pas qu’une musique.
C’est un homme à la vie bouleversante et compliquée.

 

 

Jesse Owens Né en 1913 en Alabama dans une fratrie de 11 enfants, petit-fils d’esclave, Jesse Owens est resté célèbre comme quadruple champion olympique aux jeux de Berlin. Si on n’oublie jamais de préciser qu’Hitler avait refusé de lui serrer la main, Jesse Owens complétait : « c’est le président Roosevelt qui m’a snobé. Il ne m’a même pas envoyé un télégramme. À mon retour aux États-Unis, je ne pouvais pas m’asseoir à l’avant des autobus, je devais m’asseoir à l’arrière, je ne pouvais pas vivre là où je le voulais ».

 

Paul La réinvention d’un génie de la pop. 1969. « J’étais un demi-dieu, aujourd'hui je suis un chômeur. »   Paul McCartney fait ce constat amer après la séparation des Beatles. Tandis que John Lennon fait la couverture du Time, Paul devient le méchant de l'histoire.  Sans groupe, sans argent, détesté de tous, il trouve néanmoins la force de se reconstruire grâce à l'amour de sa femme Linda, de ses filles et de ses amis fidèles.

 

Strange fruit New York, un soir de mars 1939, dans le quartier de Greenwich Village, une foule bohème se presse au sous-sol du Café Society, le nouveau club de jazz. Le lieu est unique en son genre : on y joue de la bonne musique et ici tout le monde est bienvenu, les Noirs, les Blancs... On s'assoit où on veut, une véritable bulle de liberté dans l'Amérique toujours ségrégationniste de Roosevelt. Ce soir, ils sont venus écouter la star du jazz new-yorkais : Billie Holiday. 1956, dans les coulisses d'un petit club de jazz miteux de Harlem, Abel Meeropol, poète et activiste politique pourchassé par les maccarthystes, retrouve la chanteuse de jazz Billie Holiday, pour qui il avait écrit la chanson Strange Fruit. Cette dernière, minée par l'alcool et la drogue, n'est plus que l'ombre de la star qu'elle a été et elle revendique désormais être la créatrice de cette chanson mythique.

Tumpie Née dans le Missouri en 1906, celle que l’on surnommait Tumpie grandit dans la misère. Élevée par une mère chanteuse dans une Amérique où la violence à l’encontre des Afro-Américains est omniprésente, rien ne prédestinait Freda Josephine McDonald, de son vrai nom, à conquérir le music-hall parisien dans les années 1920. Enfant, elle quitte l’école et travaille comme domestique dans des familles aisées pour subvenir aux besoins de la fratrie. Malgré les mauvais traitements, la fillette affiche un tempérament solaire et un large sourire qui semble venir à bout des épreuves de la vie. Avec une énergie débordante, elle improvise des spectacles et n’a qu’un seul rêve : devenir danseuse...

La remise du prix de la BD aux couleurs du blues aura lieu lors d’une soirée du festival BLUES SUR SEINE qui se déroulera cette année, du 7 au 22 novembre.

Nous remercions les éditeurs pour leurs concours à la promotion de ce douzième prix.

Bernard Launois

 

 

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Publié le 26 Juin 2025

BLACK GOSPEL, un vingtième anniversaire du discours de Martin Luther King bien singulier.

Alors que l’on s’apprête, à Washington, à célébrer le retentissant discours de Martin Luther King à l’occasion de la marche pour le travail et la liberté, voilà que deux jeunes filles noires, stagiaires d’un cabinet d’avocats de Manhattan, sont massacrées dans leur colocation. Pure coïncidence ou manifestation d’un serial killer qui veut célébrer à sa manière le massacre de deux jeunes filles blanches vingt ans plus tôt alors que Martin Luther King prononçait « I have a dream » ? Toujours est-il qu’il va falloir trouver au plus vite le meurtrier avant qu’il ne perpétue d’autres meurtres.

L’enquête va être confiée à deux policiers respectivement, Kovalski, un vieux flic raciste quelque peu imbu de sa personne, et Jimmy Cheng, un jeune pétri de talent notamment en manière d’investigation mais handicapé par sa jeunesse, et le moins que l’on puisse dire est que le courant ne passe pas vraiment entre eux dans les premiers jours de l’enquête.

Féru d’histoire avec un grand H, Laurent-Frédéric Bollée affectionne tout particulièrement d’associer son récit à un fait historique et Black gospel ne fait pas exception.

L’originalité du scénario réside assurément avec le fait que dès les premières pages, l’on connait le meurtrier permettant ainsi au lecteur de mieux se focaliser sur les péripéties des deux policiers chargés de l’affaire et de s’attarder sur les arcanes de la traque. Le scénario s’avère très rythmé, très dense notamment avec de nombreux flashbacks au Ghana.

Le dessin noir et blanc de Boris Beuzelin convient particulièrement au récit en rajoutant une intensité dramatique palpable dès les premières pages. À découvrir instamment !

BLACK GOSPEL Boris BEUZELIN/Laurent-Frédéric BOLLEE éditions ROBINSON 168 pages, 25,95 € 04/06/2025

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 22 Juin 2025

LES SPECTACULAIRES T7 Une enquête truculente à la recherche de la Joconde subtilisée

Le directeur du Louvre est aux quatre cents coups, voilà que son célèbre tableau s’est volatilisé aux yeux et à la barbe des surveillants de salle. Et pour en rajouter une couche dans l’ironie du sort, voilà que la forfaiture est signée Le Pitre, cet odieux personnage qui se déguise en clown pour réaliser ses larcins. Que faire alors sinon cacher le vol en le remplaçant par une copie, et prévenir le préfet Lépine qui décide de faire appel à ceux qui avait déjà mis Le Pitre en échec : l’équipe des Spectaculaires, ces fameux limiers réputés pour leur opiniâtreté.

L’enquête s’avère tendue car Domitille, la sœur jumelle de la chef des Spectaculaires, avait juré qu’elle n’utiliserait plus cet accoutrement de clown (voir Les brigades du Pitre) et décide de se joindre à l’équipe pour déjouer l’imposteur.

Guet-apens tendus par les Spectaculaires, courses-poursuites sur les toits, dans les rues, le scénariste Régis Hautière entraine toujours le lecteur dans un récit au rythme endiablé n’hésitant pas aussi à coller à l’actualité historique, en l’occurrence dans ce tome 7 la présence du préfet Louis Lépine plus connu aujourd’hui pour son concours d’inventeurs ou encore Alphonse Bertillon, le pionnier de l’identification judiciaire. Les dialogues sont alertes, drôles, et les situations quelquefois abracadabresques.

Le dessin « gros nez » d’Arnaud Poitevin s’inscrit parfaitement dans ce style de récit en dynamisant, s’il en était encore besoin, le scénario. Les personnages, tout aussi singuliers les uns que les autres, évoluent dans de superbes décors fouillés du Paris du début vingtaine siècle, le tout mis joliment en couleurs par Christophe Bouchard

Voilà bientôt dix ans que le duo Hautière/Poitevin nous gratifie de beaux albums où petits et grands y trouvent leur compte et ce nouvel opus ne fait pas exception.

LES SPECTACULAIRES ET L’HEUREUX TOUR DU PITRE Régis HAUTIERE/Arnaud POITEVIN éditions RUE DE SEVRES 64 pages, 14,00€ 28/05/2025

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 18 Juin 2025

CANDY SUPERSTAR ET LES MUSES DU POP, un vibrant hommage pour une icône trans et muse d'Andy Warhol

Assurément peu de lecteurs savent que cette jeune femme, Candy Darling, a marqué l’histoire du cinéma underground et de la culture queer alors qu’elle vivait à New York de 1963 à 1972 en côtoyant notamment tout le gratin artistique et musical tels qu’Andy Wharol, Lou Reed, Mick Jagger, Nico…

C’est le parcours d’une jeune femme qui s’est battue pour exister dans une ville où la transphobie régnait à son époque que la scénariste Claire Translate a narré, mais aussi celui de ses amies, Jackie et Holly avec lesquelles elle partageait les mêmes conceptions de la vie dans une incroyable sororité.

Rejets de la gent masculine, rafles policières et humiliations sont le quotidien de ces jeunes femmes mais malgré tous les tracas, il faut profiter de la vie, montrer son talent artistique et c’est qu’elles font, chacune à leur manière, en fréquentant des artistes qui, quelques années plus tard, deviendront des références de ces années pop.

Remarquablement documenté, le récit de Claire Translate fait découvrir au lecteur avec ses personnages la vie New-Yorkaise mouvementée, avec son lot d’espoirs et de de désespoirs mais tout en apportant aussi une belle leçon de résilience.

Le dessin fouillé de Livio Bernado, rehaussé par des aplats de couleurs pop, égaie tantôt certains moments sombres et graves et donne par ailleurs, un peps qui sublime le récit.

Il ne restera plus au lecteur pour rester dans l’ambiance de cette saga, que de (re)mettre sur la platine le disque Transformer de Lou Reed et plus particulièrement Walk on the Wild Side pour parfaire la lecture et qui sait, se pencher sur la très riche bibliographie qui a permis d’être au plus près de la réalité de cette incroyable histoire qu’on aurait regretté de ne pas connaitre.

CANDY SUPERSTAR ET LES MUSES DU POP Claire TRANSLATE/Livio BERNARDO collection Encrages éditions DELCOURT 296 pages, 29,95 € 07/05/2025

Bernard Launois

 

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Publié le 18 Juin 2025

LE JOUR DU DEPASSEMENT, un récit de science-fiction transposable aujourd’hui

Plus d’alcanite, un minerai qui permet d’alimenter les vaisseaux spatiaux, plus de possibilité de passer d’une planète à une autre.  Et si l’on n’est pas arrivé à en collecter suffisamment, on n’aura pas le loisir de rejoindre une des rares planètes où il reste de quoi se la couler douce jusqu’à la fin de ses jours. Il ne restera alors qu’à vivoter dans la planète où l’on a échoué et ça les deux jeunes femmes Ada et Haika, flanquées de Mallic, la pieuvre intelligente, l’ont bien en tête.

La chasse commence alors, à traquer les épaves de vaisseaux éparpillées aux quatre coins de la galaxie mais hélas, d’autres qu’eux ont eu cette lumineuse idée et il va falloir se tenir sur ses gardes et qui sait, employer la force pour sauver sa peau et accessoirement récupérer du minerai si précieux pour effectuer ces bonds interstellaires.

L’auteur Owen D. Pomery nous emmène dans une histoire où la notion du jour du dépassement va bien au-delà de celle que nous connaissons en l’espèce, la détermination du jour de l’année où nous avons épuisé les ressources naturelles que la planète peut régénérer en une année. La dimension s’avère ici encore plus dramatique car le sentiment de fin du monde s’avère palpable dès les premières pages et ce tout au long du récit.

Avec un dessin des plus réalistes, Owen D. Pomery expédie le lecteur dans des paysages désertiques à la recherche de ces dépouilles sensées contenir encore de l’alcanite. Les scènes d’action, notamment à l’intérieur des véhicules, sont particulièrement réalistes.

Voilà un album bien alléchant qui mériterait une suite, ne serait-ce que pour connaitre un peu plus la destinée finale de cet équipage iconoclaste et qui sait, nous mener vers un avenir plus radieux.

LE JOUR DU DEPASSEMENT Owen D. POMERY éditions SARBACANE 112 pages, 19,90 € 04/06/2025

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 11 Juin 2025

KABUKI, un touchant récit dans l’univers théâtral au pays du soleil levant

Après l’excellent Shamisen qui avait pour toile de fond la musique de tradition nippone, le scénariste Tiago Minamisawa poursuit son exploration du patrimoine culturel japonais avec le théâtre Kabuki né au XVIIème siècle.

Dans un récit conçu comme une pièce en quatre actes, de l’été au printemps, le lecteur va suivre Kabuki, cet enfant qui s’est maquillé pour une représentation théâtrale et fut vite rabroué car c’était une aberration pour un garçon de se grimer en fille.

Devenue adulte, alors qu’elle est dans sa recherche d’une identité, celle d’une personne transgenre qui se sent rejetée de tous, elle finit par se réfugier dans les opiacés pour oublier sa condition.

Alors qu’elle se trouve dans une impasse, voilà que concomitamment deux apparitions vont changer la donne pour Kabuki. Tout d’abord Houou, une créature de la mythologie Japonaise qui s’apparente au Phénix puis la fantomatique Alma s’adressent à elle. Qu’adviendra-t-il alors de ces apparitions fortuites, les conseils prodigués par Houou et Alma seront-ils bénéfiques ?

Mais au-delà du récit qui se déroule principalement dans un milieu théâtral, le scénariste Tiago Minamisawa arrive, avec talent, à ce que le lecteur ne soit pas simplement un spectateur mais également le confident d’un véritable drame, celui d’un personnage qui va finir par passer, au fur et à mesure des saisons, du désespoir à l’espoir.

Le scénario, fort bien construit, s’avère aussi l’occasion pour les auteurs d’aborder le sujet de la transphobie dont ils constatent la montée en puissance dans leur pays, le Brésil, et amener le lecteur à réfléchir à ce phénomène de société.

Enfin, on s’attardera sur les superbes illustrations du dessinateur Guilherme Petreca qui transportent le lecteur dans cet univers théâtral avec maestria.

KABUKI Tiago MINAMISAWA/ Guilherme PETRECA éditions ANKAMA 152 pages, 19,95€ 06/06/2025

Bernard LAUNOIS

 

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