Publié le 28 Mai 2026

BELLE DE SOIE, un conte aussi fantastique que machiavélique

Madame Sorel, tisserande de son état, jouit d’une excellente réputation auprès des seigneurs de la région notamment grâce à la confection d’étoffes à partir d’une soie précieuse dont la provenance reste un secret.

Une gente dame, Isolde, découvre à l’occasion sa venue Jeanne, la fille de Mme Sorel qui s’évertue à l’initier à la couture. Elle la trouve ravissante au point de demander à sa mère de l’accompagner pendant son séjour à la cour du roi.

Bien que la formation au métier de tisserande pour que Jeanne succède à sa mère ne soit encore guère concluant, Madame Sorel s’avère réticente à son départ pour la cour, mais finit pas accepter car l’avenir de sa fille apparait plus radieux que celui de s’user les yeux et les mains sur l’ouvrage.

Ainsi Jeanne accompagna Isolde et son jeune fils, Raymondin, à qui elle destine un avenir dans la séduction d’Ajar, la fille unique du roi.

Jeanne, à peine partie, voilà que Mère Sorel se morfond jusqu’à ce qu’elle découvre dans un coffre un oiseau qui lui susurre qu’elle n’est pas près de la revoir. Terrassée par cette prophétie, elle tente tout d’abord de trucider cet oiseau de malheur puis décide d’aller la rechercher…

Pour son premier album, le scénariste Pavel Bart parvient, avec talent, à transporter le lecteur dans un conte médiéval truffé de rebondissements tout aussi peu ordinaires les uns que les autres et où s’entremêlent des histoires de conquête de pouvoir amoureux comme politique.

Le dessin réaliste de Pavel Bart s’avère tout à la hauteur du récit, bien dans l’esprit médiéval avec des décors particulièrement fouillés accompagnés de couleurs tantôt lumineuses tantôt sombres renforçant le contraste des scènes.

BELLE DE SOIE Pavel BART collection Mirages éditions DELCOURT 224 pages 27,95 € 21/05/2026

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 24 Mai 2026

SECCOTINE T1 Mystère à Champignac, la bd qui vous colle à la peau

Voilà que Seccotine, la jeune journaliste belge, personnage pas si secondaire que ça des aventures de Spirou et Fantasio, devient l’héroïne de sa propre série. Bon nombre de lecteurs l’attendaient depuis longtemps et c’est une bonne nouvelle de découvrir comment l’un des premiers grands personnages féminins de la bd belge va tirer son épingle du jeu dans cette aventure !

Quel meilleur décor que Champignac, le village où il se passe toujours quelque chose, berceau de nombreuses péripéties, pour démarrer cette nouvelle série. Cette fois, Spirou et Fantasio profitent du déménagement à la campagne de Seccotine, décidée à se mettre au vert au sens propre comme au figuré, pour lui demander de faire un papier sur une affaire de disparition d’animaux. Elle n’est pas étonnée de la demande de nos deux compères car, à peine arrivée, elle tombe en pleine bataille rangée entre les écologistes d’Arthur Nature et les chasseurs du GSC, le Groupement pour la sécurité de Champignac, qui se soupçonnent les uns les autres d’être à l’origine des mystérieuses disparitions, mais elle réalise néanmoins rapidement que l’enquête va se révéler ardue.

Scénariser une nouvelle série avec des héros emblématiques en donnant la vedette à un personnage qui a souvent servi de faire valoir s’avère un exercice des plus difficiles, mais l’on peut dire que la scénariste Sophie Guerrive a parfaitement relevé le défi en servant un récit dynamique, plein de références sans en faire de trop, et donnant enfin le rôle principal à ce personnage perspicace, enjoué, taquin, et rusé…

Le dessin et la mise en couleurs d’Elric ne sont pas en reste en s’appropriant, avec talent, tous les codes établis par le maître André Franquin pour réaliser un album fort réussi, à l’image du Spirou et Fantasio Classique La baie des cochons réalisé en 2024.

Il ne reste plus qu’à souhaiter que cet opus remporte le succès auprès du public de petits et grands afin que la série puisse perdurer.

LES AVENTURES DE SECCOTINE T1 Mystère à Champignac Sophie GUERRIVE/ELRIC éditions DUPUIS 56 pages, 13,50 € 22/05/2026

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 22 Mai 2026

AVILA, un récit fort et remarquablement mis en images

Le récit se situe dans la France du XVIIème siècle, période trouble où il ne fait pas bon disposer de talents d’herboriste si l’on ne veut pas rapidement être taxé de sorcellerie et pourchassé pour être brûlé. C’est hélas ce qui attend Avila, une jeune orpheline qui a hérité des talents de sa mère etqui va devoir fuir un certain Trébuchet mandaté par le cardinal de Richelieu, si elle ne veut se retrouver sur le bûcher.

Mais si cette jeune et jolie demoiselle ne ressemble en rien à une sorcière, elle n’en détient pas moins quelques pouvoirs lui permettant notamment de converser avec Altor, son ombre maléfique mais aussi de communiquer avec les animaux de la forêt qui vont lui être d’un précieux secours dans son échappée. 

On retrouve avec grand plaisir le duo à la scène comme à la ville, Teresa Radice au scénario et Stefano Turconi au dessin qui nous emmènent cette fois dans une grande aventure de cape et de sorcellerie. Le lecteur va suivre une course-poursuite, pleine de rebondissements qui fourmille de références littéraires et artistiques, de Molière à Alexandre Dumas en passant par Johannes Veermer évoqué par son célèbre tableau de la laitière …

La scénariste Teresa Radice a habitué le lecteur à glisser dans ses scénarios beaucoup de thèmes qui lui sont chers à commencer par l’amour, la filiation, l’émancipation et surtout la liberté, sans oublier le voyage et ce récit ne fait pas exception et ce, pour notre grand plaisir.

Le dessin réaliste de Stefano Turconi, accompagné de superbes aquarelles, fait merveille en orchestrant de manière magistrale ce récitant haletant. On reconnait, dès les premières planches, sa manière de dessiner ses personnages à la Disney avec un côté cinématographique qui dynamise le récit, le tout dans de superbes décors fournis.

Encore une belle réussite de ce duo d’artistes à consommer sans modération !

AVILA Teresa RADICE/Stefano TURCONI éditions GLÉNAT 192 pages, 25,00 € 15/04/2026

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 18 Mai 2026

LA LANGUE DES VIPÈRES, une enquête bien singulière en vase clos

Iodis, fille illégitime de son éminence le prélat, vit cloîtrée au sein de l'abbaye de Réol depuis sa plus tendre enfance, contrainte et forçée de suivre une éducation monastique qui ne la passionne guère mais elle ne désespère de sortir de cette prison à ciel ouvert.

Et pour s’en sortir, elle n’a d’autre alternative que de réussir son admission comme doctorante d’autant plus que son père vient de décéder et que la congrégation a décidé de ne plus payer ses études, ce qui la ferait alors intégrer les ordres.

En attendant, Iodis apprend la Langue dont le pouvoir donne de curieuses visions à ceux qui la maîtrisent, notamment la dernière arrivée, Halcyon de Monterréol qui se révèle aussi performante qu’intrigante. Iodis ne l’apprécie guère et bon nombre de faits de violence survenus depuis son arrivée va l’inciter à mener une enquête…

La scénariste Juliette Brocal livre là un excellent thriller, entre fantastique et mystique, en ménageant le suspense dans un environnement tout aussi mystérieux que dans Le Nom de la rose et qu’Umberto Eco aurait certainement apprécié.

Le scénario haletant est servi par le dessin hyperréaliste des plus réussis de Juliette Brocal, rehaussé par de superbes pastels adoucissant l’ambiance prégnante du vase­ clos.

Quelle réussite que ce premier album réalisé au scénario et au dessin par Juliette Brocal qui fait preuve d’une certaine maturité et qui laisse augurer un bel avenir dans la bande dessinée.

Enfin, on notera une édition collector enrichie notamment d’un carnet graphique avec des crayonnés de recherche de personnages et des illustrations pour s’immerger dans les coulisses du projet.

LA LANGUE DES VIPÈRES Julie BROCAL éditions RUE DE SÈVRES 224 pages, 28,00 € 15/04/2026

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 16 Mai 2026

FILS DE BOURGE, LE DOUX PRINTEMPS, un bel exemple de résilience et de résistances

Si être le fils du nouveau sous-directeur d’une usine de papier dans la petite ville de Gramont au fin fond du Lot-et-Garonne aurait pu s’avérer un atout pour s’intégrer, force est de constater qu’il n’en est rien !

Rapidement, François se retrouve rejeté par bon nombre de ses camarades de classe qui, contrairement à lui, ont des parents qui triment dans la seule usine de la région, aujourd’hui en grève et en conflit avec la direction pour obtenir de meilleures conditions de travail et de rémunération. Il faut dire que nous sommes en 1935, à une période où il ne fait pas bon être ouvrier eu égard à l’exploitation des patrons de l’époque, où les cadences infernales remplissent des journées harassantes et interminables pour un maigre salaire.

Ce que ses camarades de classe ne savent pas, c’est que contrairement à ce que l’on pourrait croire ce n’est pas la vie de château pour François, régulièrement rabaissé, voire battu par son père.  Aussi, pour se protéger de cette emprise, François se créer une carapace et se rêve en libellule poursuivie par un crapaud. Arrivera-t-il à s’imposer dans le groupe de jeunes communistes qu’il côtoie malgré leurs différences sociales, la libellule arrivera-t-elle à se défaire du crapaud et enfin voler à sa guise ?

Sur fond de lutte sociale, le scénariste Éric Stalner revient sur cette période troublée notamment par la montée du fascisme à travers le prisme d’un jeune garçon qui n’a en tête que la résistance, celle de s’opposer à son père mais également de combattre les différences sociales…

Alors que l’on s’apprête à fêter les quatre-vingt-dix ans du Front Populaire, le scénario d’Éric Stalner souligne avec justesse le climat si particulier qui a précédé ce gouvernement de gauche dont on parle tant encore aujourd’hui. Le scénario s’avère bien construit avec une alternance de moments forts et d’autres plus propices à la méditation, profitant d’un découpage des plus soignés.

Quant au dessin d’Éric Stalner, on le reconnait et on l’apprécie dès les premières cases avec son trait fin et ses personnages expressifs évoluant dans des décors des plus fouillés remarquablement mis en couleurs.

FILS DE BOURGE, LE DOUX PRINTEMPS Éric STALNER collection Grand Angle éditions BAMBOO 80 pages, 18,90 € 30/04/2026

Bernard LAUNOIS

 

 

 

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Publié le 12 Mai 2026

NINI CORDY 1949, quand la célèbre meneuse de revue belge mène l’enquête

Alors que Léonie Cooreman alias Nini Cordy s’apprête à entamer une répétition au cabaret Le bœuf sur le toit, voilà qu’elle apprend que Sergueï Drugayatserkov le trompettiste de la troupe vient d’être retrouvé assassiné. Voyant son heure arrivée, le trompettiste, dissident russe, avait juste trouvé le temps d’écrire une partition chiffrée laissée sur une table à l’intention de Nini, certain qu’elle en ferait bon usage.

La partition trouvée, Nini fait vite le rapprochement avec l’assassinat de Serguëi d’autant plus qu’elle s’aperçoit qu’elle est suivie par deux hommes à lamine patibulaire. Sergueï avait eu de bonnes raisons de croire en la détermination et la pugnacité de Nini à déchiffrer la partition et résoudre l’énigme.

Quelle heureuse et originale idée du scénariste Bernard Swysen de transformer la meneuse de revue qui deviendra quelques années plus tard la célèbre chanteuse Anny Cordy en une enquêtrice hors pair.

Avec un scénario fort bien construit permettant de dérouler l’enquête, il revient en même temps sur les pas de la chanteuse donnant l’occasion de découvrir des pans de sa jeunesse. Les dialogues émaillés d’expressions bruxelloises, que l’auteur aura eu la délicatesse de traduire pour les lecteurs qui ne sont pas familiers avec le dialecte, s’avèrent tout aussi savoureux que la découverte d’une famille haute en couleurs à la gouaille fleurie.

Enfin, il conviendra d’apprécier la véracité du récit de la jeunesse de Nini et ce, grâce à l’étroite collaboration de Michèle Lebon-Cooreman, nièce, filleule et fille adoptive d’Annie Cordy qui a mis à disposition ses archives personnelles qui ont permis notamment d’illustrer le cahier Annie avant Cordy en fin d’album.

Le dessin réaliste, très ligne claire de Christophe Alvès, retranscrit parfaitement l’ambiance du Bruxelles des années 50 avec des décors soignés permettant une reconstitution des plus fidèles. Les couleurs de Drac sont des plus réussies, alternant de beaux aplats de couleurs pour la période du récit avec de chauds tons bistres pour revenir sur la prime jeunesse de l’héroïne.

NINI CORDY 1949 Bernard SWYSEN/Christophe ALVÈS éditions ANSPACH 56 pages, 16,50 € 24/04/2026

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 6 Mai 2026

GHOST PEPPER T1, un récit qui ne manque pas de sel

Le monde d’avant n’existe plus depuis le chaos, place à un monde de survie dirigé par un certain Bataar qui a monté une milice escortée de robots volants chargés de surveiller les survivants de la Terre. Il faut en effet qu’ils ne fassent pas un pas de travers et qu’ils continuent à vénérer le fameux Bataar et ce, grâce au bourrage de crâne savamment organisé.

Parmi ces rescapés, la jeune et pulpeuse Loloï réalise une tournée des villages environnants à bord de son food truck afin de faire profiter leurs habitants de ses talents de cuisinière et plus particulièrement d’un plat à base d’essence de piment fantôme qui a la particularité d’exciter les papilles. Seulement, le chef Taoka ne voit pas son installation d’un bon œil car lorsqu’elle est là, il perd toute sa clientèle. Il décide de la coincer pour qu’elle lui donne sa fameuse recette et surtout les ingrédients secrets qu’elle recèle.

L’arrivée des contrôleurs à ailerons tourne au vinaigre car s’estimant être en règle Loloï ne veut pas céder à leurs sommations. Elle ne doit alors son salut qu’à Ash, un personnage jusque-là inconnu venu goûter ses spécialités et qui prend fait et cause pour elle, neutralisant les contrôleurs. L’arrivée d’Ash, ce personnage haut en couleurs, ne va-t-il transformer la vie des villageois et au-delà le pouvoir du despote Bataar ?

Avec ce premier tome tonitruant, le scénariste Ludo Lullabi transporte le lecteur dans un univers apocalyptique peuplé d’une myriade de soldats humanoïdes commandés par un despote afin d’asservir le peuple. De l’action à chaque page, des rebondissements divers et variés ajoutés à des dialogues alertes s’avèrent de bons ingrédients pour un comics de bon aloi.

Après notamment le succès de World of Warcraft édité par Marvel USA et de Lanfeust Quest édité par Soleil, le dessinateur Ludo Lullabi revient en force avec ce premier opus. Le trait s’avère toujours nerveux, dynamique comme si ses personnages étaient taillés à la serpe dans des décors fantasmagoriques particulièrement bien mis en couleurs par Adriano Lucas.

GHOST PEPPER T1 COMME UN GOÛT DE CENDRES Ludo LULLABI collection Contrebande éditions DELCOURT 176 pages 17,95 € 23/04/2026

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 5 Mai 2026

Exposition du 7 au 30 mai 2026 à la médiathèque Georges-Duhamel

Rencontre avec Yan Le Pon le 9 mai à 15h00

Dédicaces le 9 mai à 17h00

 

Dans le cadre de l’opération Mémoires et Résistance, Bulles de Mantes propose une exposition de planches de l’album BD L’Escadron bleu, 1945, paru en janvier 2026 aux éditions Dupuis dans sa prestigieuse collection Aire Libre.

Les auteurs – la scénariste Virginie Ollagnier et le dessinateur Yan Le Pon – ont mis en images la véritable histoire d’une femme médecin membre des F.F.I. qui réunit un groupe d’infirmières à la fin de la Seconde Guerre Mondiale pour aller rechercher et rapatrier les soldats français prisonniers de Staline, ou errant en Pologne et en Allemagne.

L’exposition sera visible du 7 au 30 mai 2026 à la médiathèque Georges-Duhamel de Mantes-la-Jolie, (entrée gratuite aux jours et heurs d’ouverture de la médiathèque).

Bulles de Mantes et la médiathèque ont aussi invité le dessinateur de l’album, Yan Le Pon, à venir présenter son œuvre à la médiathèque au cours d’une conférence le samedi 9 mai à 15h00. La conférence sera suivie d’une séance de dédicaces de Yan Le Pon à 17h00.

 

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Rédigé par Jérôme Boutelier

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Publié le 4 Mai 2026

CARTAGENA, la dernière pépite d’HERMANN

Junkie ou dealer, voilà la triste perspective qui s’offre aux jeunes nés dans un des quartiers défavorisés de la ville de Cartagena au Mexique, et pour Alvaro et Nacho le choix est vite trouvé.

Rêvant de mener la belle vie en gagnant de l’argent trop facilement pour assouvir leurs envies telles que se balader avec un flingue pour en imposer auprès de leur entourage, aller voir les filles, ou rouler en belle américaine… Il ne leur reste plus qu’à se faire un nom parmi les caïds.

Les voilà donc devenus tueurs à gages mais sans avoir encore tué, et le chef du cartel local El Cocho Arriega veut savoir s’ils ont les nerfs suffisamment bien trempés pour régler le compte de deux traitres menottés. Seulement, ça ne se passe pas comme prévu car après les avoir réduits au silence, voilà qu’ils se font traiter de lopettes par Benito, le neveu d’Arriega. Alvaro ne le supporte pas et finit par descendre le neveu.

L’affaire se complique particulièrement car après que nos deux lascars ont réussi à s’échapper, quel avenir se réservent-ils puisque dans tous les cas, se rendre ou fuir, c’est la mort qui les attend. Parallèlement, Félix, un flic en planque pour arrêter le chef du cartel, assiste à la fuite d’Alvaro et Nacho…

Le scénariste Yves Huppen offre à Hermann, son père, un dernier récit sur mesure comme il les aime, haletant, dur et sans concession. Après une belle collaboration d’une trentaine d’albums, ce dernier opus s’inscrit dans la continuité des scénarios tels que Duke et Brigantus où l’on retrouve une parfaite complicité entre les deux auteurs.

On retrouve avec grand plaisir, le trait si caractéristique du dessinateur Hermann, empreint de réalisme mais également de nervosité particulièrement dans ses personnages. La mise en page, faite de cadrages et de prises de vues cinématographiques épouse le scénario. Quant à la couleur directe, elle sublime toujours autant le trait.

Savoir que cet album sera le dernier du monument de la bande dessinée qu’est Hermann ne peut qu’attrister sinon que l’on aura toujours grand plaisir à le lire et à le relire.

 

CARTAGENA Yves H./HERMANN édition LE LOMBARD 64 pages 16,95 € 30/04/2026

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 1 Mai 2026

LA CUISINE DES OGRES T2 une vie de vaurien, un album attendu qui tient toutes ses promesses

Retrouver cet environnement tant féérique que cruel ravira bon nombre de lecteurs qui ont suivi la jeune héroïne Trois-Fois-Morte dans l’univers fantastique d’une montagne recelant une horde d’ogres prêts à toutes les extravagances pour se remplir la panse à commencer par l’ingrédient principal, la chair humaine de jeunes enfants.

Comme l’avait précisé le scénariste Fabien Velhmann lors de la sortie du premier tome du triptyque, chaque album s’attache à faire un focus sur un des protagonistes de l’histoire, en l’occurrence cette fois sur le biquet, ami de Trois-Fois-Morte qui n’est pas né sous une bonne étoile. Il faut dire que le pauvre traine ses origines au sein de la cuisine des ogres, rejeton d’une korrigane délurée et d’un père aux origines douteuses sans parler de son défaut de prononciation dû à des sévices subis dans sa tendre jeunesse.

Son avenir alors au sein de cette organisation ne s’avère guère brillant quand il est apostrophé par Maître Grignotte, l’ogre-en-chef de la brigade Tout-Sucre, qui décide de le prendre à l’essai à son service. Quel honneur pour Brèche-dent, il va enfin ne plus être considéré comme un vaurien mais hélas, le démoniaque Grignotte va lui demander l’impossible, celui de voler des recettes de son amie Trois-fois-Morte pour son compte.

Le scénario fort bien construit de Fabien Velhmann entraine le lecteur dans son univers fantasmagorique en revenant sur son aversion pour l’ostracisation, la méchanceté, la vanité… Mais également en soulignant des valeurs qui lui sont chères telles que le sens de l’amitié, la loyauté, la résilience.

Le dessinateur Jean-Baptiste Andrea continue d’enchanter le lecteur avec son dessin fouillé, ses décors extraordinaires dans lesquels évoluent des créatures tout autant extraordinaires, ses couleurs directes incroyables qui font que l’on a plaisir à lire le récit pour en connaitre la fin et le reprendre pour en admirer les planches, un must !

LA CUISINE DES OGRES T2 une vie de vaurien Fabien VELHMANN/Jean-Baptiste ANDREAE édition RUE DE SÈVRES 80 pages, 20,00 € 08/04/2026

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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