Publié le 30 Avril 2017
On m’appelle Mandor, depuis que Maître Pip le dépouilleur de sépultures, vient de me découvrir nu et allongé dans une des tombes qu’il vient de visiter. J’ai approximativement trente ans et pour le plus grand malheur de Pip et des membres de son village, je suis amnésique et je ne parle pas ! Qui suis-je, d’où je viens, ne serais-je pas une sorte de messager, de guide, comme le professe une prédiction d’un psaume des prêtres d’en haut ? Toujours est-il que je suis l’attraction du village, allant même jusqu’à faire peur puisque je serais capable de réaliser des prophéties. Avec le concours d’Yss, la sœur de Pip et de la maitresse d’école, j’ai appris à parler mais hélas, je ne me souviens toujours pas de ma vie précédente.
Le scénariste Rodolphe, grand narrateur de fort belles histoires, excelle tout particulièrement dans les récits de science-fiction et frappe encore là très fort avec le premier tome de la série TER, entraînant le lecteur dans une intrigue dont il a le secret, et distillant petit à petit des indices à la fois pour découvrir le monde fantasmagorique dans lequel a atterri Mandor et pour suivre la quête de son identité.
Quel dessin, Christian Dubois signe là un superbe opus, avec le premier album du triptyque de la série TER ! Un découpage dynamique des planches avec une foultitude de décors tout aussi beaux que fantastiques où évoluent des personnages de belle facture. Quant aux couleurs, elles sont chatoyantes et complètent admirablement le dessin.

Une mention spéciale pour les quinze pages d’illustrations, entre crayonnés et recherches de personnage qui agrémentent de fort belle manière ce premier épisode.
Alors, c’est le moment de franchir le pas et partager la vie et les émotions de Mandor.
TER T1 RODOLPHE/DUBOIS Editions MAGHEN 80 pages, 16,00 €
Bernard LAUNOIS
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Rien ne prédestinait la jeune Tsuda Setsuko à embrasser la carrière d’une geisha. Il aura fallu la longue et triste déchéance de son père pour que celui-ci décide, après la perte accidentelle d’une jambe, de la vendre à une maison réputée de geisha. Huit ans, est-ce un âge pour découvrir ce monde d’adulte, et se plier à un apprentissage des arts des plus rigoureux ? Maintenant, si elle ne veut pas devenir une vulgaire servante ou pire une prostituée à vie dans cette maison, il lui faudra maîtriser l’art du chant, de la danse, de l’élégance et de la musique. Hélas, son visage disgracieux et ses difficultés à acquérir tous ces arts s’avèrent un frein à ses ambitions. Heureusement, le shamisen, guitare à trois cordes sera assurément sa planche de salut : elle va se révéler très douée dans le maniement de l’instrument et qui sait, peut-être pourra-t-elle gagner suffisamment d’argent pour aider ses parents dans le besoin ?
mystérieux de la vie de ces femmes japonaises cultivées des années 20, vouées au culte du raffinement. Formidablement bien documenté, ce premier album d’un diptyque fort prometteur entraîne le lecteur au long des vicissitudes de l’émouvante jeune enfant
Les scénaristes Pierre Boisserie et Didier Convard tissent petit à petit les fils d’une intrigue de plus en plus trouble, avec en filigrane la récupération de ces fameuses fiches perforées rédigées par les agents du gouvernement de Vichy, remplies d’information sur le passé plus ou moins douteux de bon nombre de personnes influentes pendant la guerre. Relations politiques, tendance religieuse, orientation sexuelle, ces fiches sont une mine de renseignements
à l'organisation d'une course auto extrême dans laquelle tous les coups seront permis, un peu à la manière des fameuses courses de chars romaines. L'information va se répandre comme une traînée de poudre et la station et ses alentours ne vont pas tarder à être envahis de personnages à la mine patibulaire, des médias à l'affût d'un reportage à sensation, ou des agents fédéraux dévoyés du Secret Service. Bref, une population plutôt hétéroclite venue en découdre pour des raisons diverses.
Joël Alessandra est diplômé de l’école Boulle en architecture d’intérieur. Grand voyageur, il a vécu à Djibouti de 1989 à 1991 et sur cette expérience a publié «Dikhil», puis «Fierté de Fer», album de voyage sur le train Djibouto-Ethiopien.