À l’occasion de la remise du prix de la bande dessinée aux couleurs du blues 2025 qui se déroulera le 10 novembre à l’espace Faure à Limay avant le concert programmé par Blues s/Seine, l’auteur Gradimir SMUDJA fera deux séances de dédicaces avec l’album Jess Owens :
Le dimanche 9 novembre, de 16h30 à 18h30 à l’espace Brassens de Mantes-la-Jolie, dans le cadre du Tremplin Blues s/Seine.
Le lundi 10 novembre, à partir de 20 heures avant le concert d’Anna Popovic, dans le cadre du festival Blues sur Seine (entrée : 18€).
L’album « Jesse Owens » sera en vente sur place et son achat ouvrira le droit à la dédicace. Gradimir SMUDJA se fera un plaisir de vous dédicacer votre exemplaire.
Lire un album dessiné par Gradimir Smudja, c’est découvrir une histoire bien sûr mais au-delà d’un découpage soigné, c’est s’émerveiller devant tout le talent d’un peintre et ce, à chaque page, à chaque case qui pourraient être encadrées tant elles ressemblent à un tableau de maître. Encore un de ces livres qu’il faut lire à minimum deux fois, une pour apprécier le récit et l’autre pour s’arrêter devant chaque case afin d’en apprécier la qualité.
Cet auteur de talent n’est jamais venu en région mantaise et c’est donc l’occasion rêvée de le rencontrer à l’occasion de ces deux séances de dédicaces.
Espace culturel Georges BRASSENS 18 rue de Gassicourt 78200 MANTES-LA-JOLIE
Espace culturel Christiane FAURE 34 rue des quatre chemins 78520 LIMAY
Après Shangri-La consacré à la hard science, Carbone & Silicium avec pour thème le cyber-punk, il aura fallu attendre quatre ans pour pouvoir dévorer Silent Jenny, le dernier tome de la trilogie avec pour thème le post-apocalyptique… mais quel régal de science-fiction !
Le récit s’inscrit dans un futur plutôt lointain, quoique, où notre pauvre planète n’est plus que désolation notamment à cause de la disparition des insectes pollinisateurs et de la biodiversité, rendant la vie quasi impossible. Malgré tout quelques humains habitant dans des monades, sortes de maisons sur roues qui se déplacent au gré des conditions météorologiques, tentent de survivre.
Chercheuse d’abeilles, la taciturne Jenny s’escrime chaque jour à bord de son char à voile à parcourir les étendues désolées afin de fouiller la moindre parcelle de terre qui pourrait recéler des traces du fameux insecte, avec l’espoir de trouver l’échantillon qui permettra de toucher une prime auprès de Pyrrhocorp et qui sait, de relancer la pollinisation.
Seulement, malgré de plus en plus de difficultés rencontrées pour exercer son activité, la routine s’installe, et en même temps que l’espoir s’amenuise de trouver des jours meilleurs Jenny s’étiole, fuyant la compagnie de ses congénères jusqu’à…
Le scénariste Mathieu Bablet conclut sa trilogie par un excellent road-trip avec une fiction alternant les moments forts dans la quête perpétuelle de l’héroïne et d’autres plus intimistes dans ses moments de repos et d’introspection. Et si l’on met quelques pages à se familiariser avec ce monde peuplé de créatures étranges allant des Mange-Cailloux, êtres immunodéprimés voués rapidement à la mort aux Thanatopracteurs, personnages indispensables aux rituels de l’enterrement, ou à l’errance des pénitents, etc, on rentre rapidement dans le récit pour découvrir un univers incroyable.
Comme le dessinateur Mathieu Bablet a l’habitude de nous en gratifier dans ses albums, la remarquable mise en images et en couleurs permet au lecteur de se retrouver immergé dans ce récit onirique aux décors extrêmement fouillés où évoluent des personnages qui par certains côtés s’avèrent attachants.
Enfin, pour parfaire la lecture de Silent Jenny, il ne reste plus qu’à se procurer et écouter le vinyle Inframonde, fiction sonore composée et produite par The Toxic Avenger, imaginée comme la BO de l’album.
SILENT JENNY Mathieu BABLET collection Label 619 éditions RUE DE SEVRES 320 pages, 31,90 € 15/10/2025
Créé il y a onze ans maintenant, le Prix 2025 de la BD aux couleurs du blues a été décerné à Jesse Owens, des miles et des miles, un album scénarisé et dessiné parGradimir Smudja et publié aux éditions Futuropolis en juin 2024.
Né en 1913 en Alabama dans une fratrie de 11 enfants, petit-fils d’esclave, Jesse Owens est resté célèbre comme quadruple champion olympique aux Jeux de Berlin. Si on n’oublie jamais de préciser qu’Hitler avait refusé de lui serrer la main, Jesse Owens complétait : « c’est le président Roosevelt qui m’a snobé. Il ne m’a même pas envoyé un télégramme. À mon retour aux États-Unis, je ne pouvais pas m’asseoir à l’avant des autobus, je devais m’asseoir à l’arrière, je ne pouvais pas vivre là où je le voulais ».
Lire un album dessiné par Gradimir Smudja, c’est découvrir une histoire bien sûr mais au-delà d’un découpage soigné, c’est s’émerveiller devant tout le talent d’un peintre et ce, à chaque page, chaque case qui pourraient être encadrées tant elles ressemblent à un tableau de maître. Encore un de ces livres qu’il faut lire au minimum deux fois, l’une pour apprécier le récit et l’autre pour s’arrêter devant chaque case afin d’en apprécier la qualité.
Le Prix sera décerné à Gradimir Smudja à l’occasion du concert d’Anna Popovic, dans le cadre du festival Blues sur Seine, le 10 novembre 2025 à l’Espace culturel Christiane Faure de Limay.
Une séance de dédicaces de Gradimir Smudja devrait être réalisée à cette occasion (les albums de Jesse Owens seront à la vente sur place)
Nous sommes au XVIème siècle, période de découvertes de mondes nouveaux mais aussi de tentatives pour les conquérants d’avoir la fâcheuse tendance à vouloir façonner le pays conquis et sa population à leur gré, que ce soit dans leur manière de vivre mais également par le convertissement à leur dieu. En l’occurrence c’est la tâche principale du missionnaire franciscain, le Padre Bernardino de Sahagun, mais pas que. Voilà que celui-ci, intéressé par la culture aztèque et convaincu que c’est maintenant qu’il faut graver dans le marbre les us et coutumes des Aztèques avant qu’elles ne tombent dans les oubliettes, entreprend de réaliser un livre consacré aux origines et tout particulièrement à Anahuac, ce monde disparu et ce, avec le concours d’Antonio Valeriano, un jeune Indien.
Ce dernier se révèle particulièrement apte à remplir la tâche de collecte d’information dans les bibliothèques et de restitution. Une complicité entre les deux êtres se tisse au fil du temps et le jeune Antonio s’avère un remarquable chef d’orchestre dans la rédaction du monumental Codex de Florence.
Épaulé par l’éminent historien Romain Bertrand, le scénariste Jean Dytar embarque le lecteur dans un récit des plus passionnants, revenant sur la période consécutive à l’occupation espagnole du Mexique et le désir du Franciscain de découvrir cet univers voué à l’oubli, et de le consigner ne serait-ce que pour un devoir de mémoire.
Le dessinateur Jean Dytar attache pour ses bandes dessinées autant d’importance au fond qu’à la forme et Les Sentiers d’Anahuac ne fait pas exception. Le début de l’album avec des pages remplies de hiéroglyphes aztèques symbolisant la période avant l’invasion va, petit à petit faire place à des pages « ligne claire », européanisées.
Enfin, il convient d’apporter une mention particulière pour la qualité dans la conception et l’impression de cet ouvrage, qui sublime le récit.
LES SENTIERS D’ANAHUAC Romain BERTRAND/Jean DYTAR collection La découverte éditions DELCOURT 160 pages 34,00 € 08/10/2025
La recette pour réaliser un bon western semble aisée surtout quand tous les ingrédients sont au rendez-vous : des mines patibulaires avides d’argent et particulièrement chatouilleuses de la gâchette, des diligences dépouillées et leurs occupants retrouvés lâchement assassinés, des autorités locales véreuses et poltronnes, de braves gens qui ne demandent qu’à vivre en harmonie et sont continuellement à se demander de quoi demain sera fait. Seulement, c’est comme en cuisine, il faut l’art et la manière de captiver le lecteur de bout en bout et c’est ce qu’ont réussi, de fort belle manière, les auteurs Roger Seiter au scénario et Chris Regnault au dessin et à la couleur.
Nous sommes en 1874, dans le tranquille relais Dead indian Peak, en plein Ouest américain, régi par la mamie Marian et Elfie sa petite fille, vivant au rythme du passage des convois qui s’arrêtent pour restaurer voyageurs et chevaux lorsqu’une succession d’événements va troubler cette quiétude : l’arrivée concomitamment de Mattie, une jeune femme à pied complètement terrorisée, d’une horde de pillards à la recherche de l’on ne sait quoi, ainsi que d’un drôle de cow-boy solitaire qui semble être un habitué des lieux… Et c’est ainsi que les deux résidents du relais ne vont pas tarder à passer de spectateurs ébahis à acteurs résolus.
Grâce à un scénario à tiroir bien construit on sent bien dès les premières pages qu’il va y avoir du grabuge, que les événements vont s’enchainer et qu’on appréciera que le suspense soit maintenu jusqu’à la dernière page. Avec un découpage efficace, alternant les plans larges et les gros plans, le scénario n’en est que rendu plus vivant.
Avec son dessin semi-réaliste rehaussé par de belles couleurs chaudes, à l’image des paysages traversés, Chris Regnault s’avère être un amoureux des westerns et particulièrement ceux réalisés par le maître Jean Giraud, et ça se sent.
Une belle surprise de rentrée que tout fan de western se doit de lire.
LEAVE THEM ALONE Roger SEITER/Chris REIGNAULT collection Grand Angle éditions BAMBOO, 160 pages, 24,90 € 15/10/2025
Que demander de plus sinon que le beau temps soit au rendez-vous de Quai des Bulles, l’incontournable festival automnal où l’on pourra encore découvrir les belles expositions concoctées par l’organisation, un plateau d’auteurs toujours aussi fourni mais également des projections de films, des rencontres, des contes à bulles…
Le dernier week-end du mois d’octobre voit venir le changement en heure d’hiver, mais pas seulement : c’est aussi l’occasion de se rendre à Saint-Malo, en plein milieu des vacances scolaires de la Toussaint, pour profiter de cette pépite qu’est le festival Quai des bulles incontournable pour petits et grands. D’autant que pour cette 44ème édition, il y en aura pour tous les amoureux de l’image qu’elle soit sur papier, numérique ou encore projetée.
Le festival Quai des Bulles s’inscrit, depuis de bons nombres d’années, comme faisant partie des festivals bd les plus réputés. Mais comme dans beaucoup de manifestations, le plus dur n’est pas d’atteindre le sommet mais de s’y maintenir, et cette année encore Quai des bulles tient toujours fermement la barre contre vents et marées pour présenter un programme de qualité. Jugez-en à la lecture de ces propositions tout aussi alléchantes les unes que les autres.
En tout bien tout honneur, commençons par parler du vainqueur du Grand Prix de l’Affiche décerné en 2024 pour illustrer cette nouvelle édition 2025 : Nicolas Barral (L’intranquille monsieur Pessoa, Sur un air de Fado, Nestor Burma, Dieu n’a pas toujours raison…) qui a réalisé une superbe affiche très poétique sur fond du célèbre Fort National de Saint-Malo et qui devrait plaire à beaucoup, amateur de bandes dessinées ou pas.
Cette année encore, les expositions sont à l’honneur avec pas moins d’une dizaine qui devraient retenir l’attention de chacun à commencer par celle du grand maître André Franquin consacrée à son travail à la mine de plomb ; remarquons aussi Radiant, dessiné par le manfra Tony Valente et devenu, au fil des albums, un phénomène éditorial au sein du panorama manga, ou encore celle consacrée au dessinateur Sylvain Vallée qui, en une vingtaine d’albums (Gil St André, Il était une fois en France, Katanga, Tananarive…) s’est imposé comme l’un des grands noms de la bande dessinée contemporaine francophone. Seront aussi exposées une vingtaine de planches originales en noir et blanc, à l’encre de Chine et au fusain de Sixtine Dano, révélée par son premier roman graphique Sibylline, chroniques d’une escort girl. N’oublions pas de visiter également Léa Mazé, fragments d’un univers sensible, Aime comme métal, Transidentités en BD, Jeunes Talents – par-delà les frontières et De façade en façade.
Les prix remis à l’occasion de Quai des bulles revêtent toujours une grande importance tant pour les auteurs que pour
le public, à commencer par le Grand Prix de l’affiche 2025 qui aura l’infime honneur de remplacer Nicolas Barral, le Prix Jeunes Talents qui s’avère un bon coup de boost pour des auteurs en herbe et bien sûr, le Prix Ouest-France/Quai des Bulles qui désignera un ouvrage paru dans l’année et viendra récompenser son auteur. Notons la particularité de ce prix très populaire, d’être décerné par un jury de lecteurs âgés de 18 à 35 ans.
Près de 40 rencontres auront lieu, parfois surprise comme celle de Mathieu Bablet qui vient de clôturer sa trilogie de SF avec Silent Jenny, ou encore avec Patrick Sobral et Cécile Corbel pour le film Les Légendaires, engagées avec Sixtine Dano sur le thème du récit de vie et la précarité, jeunesse avec la scénariste Émilie Tronche à propos de la série et la bd Le Journal de Samuel, poétique avec Léa Mazé, graphique et théâtrale avec Genis Rigol… Et puis citons aussi les masterclass avec Nicolas Barral, Tony Valente et Naokuren… Enfin, saluons l’initiative de la revue ZOO, avec ses off, offrant l’opportunité de faire partager des moments privilégiés avec les auteurs tels que Nicolas Kéramidas, Zanzim, Léo, Marguerite Abouet et Donatien Mary, Julien Solé et Ariane Gotlib, Espé et Philippe Pelaez à l’occasion d’un petit-déjeuner, un café ou un apéro.
Les maisons d’édition et leurs libraires se sont à nouveau pliés en quatre pour vous présenter leurs stands avec leurs auteurs qui auront tout le loisir de vous rencontrer tout au long de ces trois jours, que ce soit en bandes dessinées franco-belge ou en manga. A noter que pour la troisième année, le manga dispose d’un espace dédié.
Des contes à bulles, au nombre de trois, accessibles à tout public, sont consacrés avec trois auteurs de grand talent qui illustreront en direct des contes de Chine et de Taïwan transmis par Blanche Chia-Ping Chiu, qui sera accompagnée par Jean-Louis Cuenne, percussionniste multi-instrumentiste.
Les amoureux de l’animation projetée, qui sont souvent les mêmes que les afficionados de la bande dessinée, sont encore gâtés avec près d’une dizaine de projections, de Tom Boy à Mutafukaz en passant par La princesse Dragon et Le règne animal …
Avec ces quelques mots, vous aurez compris que le programme Quai des Bulles 2025 s’avère toujours aussi riche et varié.
Ici pas de bulle spéculative mais des phylactères remplis de malice pour un Picsou complètement désemparé ! Rendez-vous compte, voilà qu’il a perdu la place de « number one » du canard le plus riche du monde. Et le comble, c’est que c’est tout au profit d’un vulgaire canard dénommé Carsten Duck qui a l’outrecuidance de surfer sur l’argent virtuel !
Que faire pour redorer le blason de notre ex-richissime oligarque qui ne connait que les espèces sonnantes et trébuchantes, sinon que de faire appel à la nouvelle génération ! Qu’à ne cela ne tienne, écoutons les neveux de Donald férus de réseaux sociaux et plus connus des internautes en tant qu’influenceurs « Re-reel », « Wiffi » et « Loo-look », et investissons également dans la cryptomonnaie.
Seulement à ce jeu, on risque d’y laisser des plumes, surtout que Carsten Duck, averti de l’investissement de l’oncle Picsou, va s’employer à dénicher tous les stratagèmes pour le ruiner en s’adjoignant notamment les services des Rapetou, toujours aussi bêtes et méchants.
Biberonné aux bandes dessinées franco-belges mais également à l’univers Disney, l’auteur Jul, notamment scénariste du cow-boy solitaire depuis douze ans, s’attaque avec talent et maestria à Picsou la série culte de Disney en dynamisant notre sympathique canard, toujours aussi pingre mais tellement attachant.
Reprenant un concept cher au maitre René Goscinny d’offrir plusieurs degrés de lecture dans les phylactères de telle manière à toucher tout public, Jul fait rire petits et grands. On retrouve avec plaisir tous les protagonistes qui ont fait la renommée de la série Picsou, de Donald à Riri, Fifi, Loulou en passant par Géo Trouvetout et son fidèle Filament, Daisy… entrainés dans une aventure menée tambour battant.
Après qu’il ait travaillé une dizaine d’années sur les long-métrages au studio Walt Disney Feature Animation France et dessiné deux albums de la prestigieuse collection Créations originales dédiés respectivement à Mickey et à Donald, le choix du dessinateur Nicolas Keramidas coulait de source pour servir le scénario de Jul. Avec son dessin très dynamique, il fait évoluer les personnages dans des décors fouillés rehaussés par de superbes couleurs.
Souhaitons tout le succès qu’il mérite à cet opus et que soit prolongée la magie de la collaboration Jul/Keramidas
PICSOU ET LES BIT-COINCOINS JUL/Nicolas KERAMIDAS collection Créations Originales 48 pages, 11,50 € 08/10/2025
On choisit ses amis, pas sa famille, c’est sûrement une maxime qui a dû effleurer Marie-Barbara, alias Barbie, quand elle a débarqué au sein de sa nouvelle tribu en rejoignant son mari Bram après un mariage arrangé par correspondance.
Elle est accueillie par son beau-frère Hank et son pick-up dans la petite ville de Hazard, Bram étant trop occupé pour daigner venir à la gare en guise de bienvenue. La pimpante Barbie se demande si, en venant s’enterrer dans ce trou perdu, elle n’a pas quitté la proie pour l’ombre.
Mais au diable les regrets, adieu l’institution religieuse et sa sévérité, bonjour l’inconnu, synonyme de liberté et… Elle ne va pas être déçue ! Du père lubrique à son mari brut de décoffrage en passant par Eddie la crapule, Evy la névrosée, etc… Les Wayne s’apparentent plutôt à une famille « tuyau de poêle » mais heureusement qu’il y a Hank et sa passion communicative pour sa guitare et le rock’n roll pour lui changer les idées.
En l’absence de la mère Wayne, Barbie ne va tarder à devenir la boniche dans la maison où il y a fort à faire. Les événements s’enchainant, la vie au sein de cette famille déjantée devient de plus en plus pesante jusqu’à…
Tenant à la fois du polar et d’une chronique de la vie sociale dans les années 50 au fin fond du Kentucky, le scénariste Rodolphe transporte le lecteur dans un univers à la Steinbeck, rempli de rudesse de cette vie de misère, le tout dans une atmosphère des plus pesantes.
Le dessinateur Christophe Dubois s’est emparé du scénario de fort belle manière avec son dessin réaliste, rendant le climat délétère lorsqu’elle se trouve confrontée à la vie de tous les jours, mais contrastant avec les moments de détente en compagnie de Hank.
Cette passion pour le rock partagée par les auteurs transpire dans le récit et le lecteur prendra assurément encore plus de plaisir à écouter leur playlist tout en se délectant de cet excellent album.
Rien ne va plus sur l’île de Themyscira aux pays des Amazones, voilà que Lyssipée se retrouve enceinte alors que les dieux ont rendu stériles ces guerrières afin qu’elles se consacrent pleinement au combat ! Passées la stupeur et la consternation, la reine Hippolyte va user de tous ses pouvoirs et de tous les stratagèmes au grand dam de sa fille Diana, alias Wonder Woman, qui a pris Lyssipée sous son aile.
Et comme généralement, les « emm… » volent en escadrilles, concomitamment la sulfureuse Harley Quinn échoue au bord de l’île de Themyscira en demandant l’asile aux Amazones, afin d’échapper à la tyrannie du démoniaque Joker. Comme si la reine Hippolyte n’était pas assez occupée à régler le problème de grossesse, voilà qu’elle va devoir décider de garder ou non cette criminelle car après réflexion, n’est-ce pas faire entrer le loup dans la bergerie ?
Aussi, rapidement une question taraude la reine Hippolyte, de savoir si cette coïncidence s’avère fortuite ou non.
Quel plaisir de retrouver le scénariste Sylvain Runberg qui, après la réalisation du scénario manga Captain Flame, n’hésite pas à nouveau à sortir de sa zone de confort pour se lancer dans ce récit à suspense où la gent féminine est mise à l’honneur et ce, de fort belle manière. L’idée originale de faire rencontrer les deux héroïnes fonctionne parfaitement dans ce récit où l’une et l’autre vont développer leur personnalité.
Le dessin dynamique de Miki Montllo, rompu à l’animation, renforce, s’il en était besoin le scénario.
Cette nouvelle collection DC Créations commence de fort belle manière avec cet album et laisse présager une longue série avec des auteurs européens qui n’ont rien à envier aux séries américaines.
WONDER WOMAN HARLEY QUINN La souffrance et le don Sylvain RUNBERG/Miki MONTLLO collection DC créations/éditions URBAN COMICS 128 pages, 20,50 € 26/09/2025
Nous sommes en 1912, période où le protectorat français bat son plein au Cambodge. Mais cette mainmise ne tient qu’à un fil car le roi Sisowath, qui ne va guère tarder à devenir aveugle, devra abdiquer et son futur remplaçant ne sera peut-être pas aussi coopératif avec l’état français. Et si l’on dépêchait le meilleur chirurgien ophtalmologiste français, en l’occurrence le professeur Hermentaire Truc ?
Et voilà que, s’étant senti quelque peu senti obligé, le professeur accompagné de son fidèle assistant Guerlet embarque pour Saïgon avec les recommandations d’usage de ne se fier à personne sur place.
Si nos deux acolytes sont conscients que ce ne sera pas une balade de santé, ils vont rapidement comprendre qu’ils ne sont pas les bienvenus et que beaucoup de personnes feront tout pour que l’opération chirurgicale n’ait pas lieu ou qu’elle échoue, les enjeux géopolitiques étant trop importants.
Complots, guet-apens, tentatives d’intimidation, approche de créatures féminines commanditées… La liste s’allonge de jour en jour et le séjour s’éternise sans que l’opération chirurgicale ne se fasse.
À partir des mémoires écrites du professeur Hermentaire Truc, ses deux arrière-petits-fils, Jean-Laurent et Olivier Truc, ont confectionné un bon récit romancé pour lequel ils ont pris quelques libertés, notamment celles de créer des personnages telles que Simala, la danseuse aux dents noires ainsi que des péripéties notamment dans les forêts au nord du Tonlé Sap.
Avec un découpage fort réussi, l’auteur Éric Stalner a su donner un dynamisme au récit d’un épisode palpitant de la vie du chirurgien ophtalmologiste aux antipodes de son quotidien. Le dessin d’Éric Stalner, toujours plaisant et diablement efficace, immerge le lecteur tantôt dans un univers luxuriant notamment dans les scènes autour du site d’Angkor mais aussi dans les palais clinquants du roi Sisowath, ou encore dans les bas-fonds de Saïgon et dans les fumeries d’opium qui sont légion.
Il faut ajouter une mention particulière au cahier d’une vingtaine de pages qui clôture fort bien l’ouvrage avec une présentation d’Hermentaire Truc agrémentée de photos d’époque, une remise dans le contexte du protectorat Français, du roi Sisowath, etc…
Voilà, à nouveau, un bel album réussi digne de rentrer dans la collection prestigieuse Aire Libre.
LA DANSEUSE AUX DENTS NOIRES Jean-Laurent et Olivier TRUC/Éric STALNER collection Aire Libre éditions DUPUIS, 128 pages 21,95 € 19/09/2025