Publié le 27 Mars 2026

DIPLOMATIE CLANDESTINE, un travail de fourmi et sans filet

Quand on pense à diplomatie, on pense de premier abord aux ambassades et autres consulats où l’on reçoit dans des salons privés à mettre de l’huile dans les rouages afin que les pays trouvent un terrain d’entente. Seulement ça, sans en minimiser l’importance, c’est le décorum aux antipodes du terrain quand il faut intervenir dans des contrées où l’on n’est pas forcément accueilli les bras ouverts.

C’est ce que va vivre Raphaël, l’officier de renseignements généraux, débarqué à Kaboul en zone de crise afin de recruter des personnes susceptibles d’apporter des renseignements sur les éventuels attentats qui pourraient arriver ces prochains jours. Seulement, l’affaire ne se présente pas vraiment comme il l’aurait espéré quand il rencontre le contact Omar afin de le congédier pour absence de renseignement probant, car celui-ci se rebiffe et finit par lâcher une info concernant un futur attentat suicide contre les Allemands, tuyau qu’il détiendrait d’Aramis, membre de l’état-major des Talibans. Info, intox, toujours est-il que les Allemands prévenus ont pu se protéger, évitant le carnage.

A cet instant, Raphaël comprend qu’il va falloir, par tous les moyens, rentrer en contact avec Aramis et c’est un jeu à trois bandes qui va se jouer, Raphaël qui veut absolument rentrer en contact, la source en la personne d’Omar et Aramis, la cible…

Le scénariste Hubert Maury, ancien officier ayant par ailleurs œuvré dans le milieu diplomatique, réalise une intrigante fiction en plongeant le lecteur dans les arcanes des services secrets français. Des méthodes d’approche accompagnées d’un traducteur aux conditions d’insécurité permanente en passant par les manipulations et les coups fourrés, le récit s’avère saisissant.

Le dessin semi-réaliste d’Hubert Maury met bien en images les différentes phases de cette incroyable histoire dont on peut penser qu’elle est  le quotidien de ces hommes de l’ombre dont le travail s’avère indispensable.

DIPLOMATIE CLANDESTINE Hubert MAURY collection 1000 feuilles éditions GLENAT 256 pages, 28,00 € 25/03/2026

Bernard LAUNOIS

 

 

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Publié le 26 Mars 2026

 Ne loupez pas la 29ème Foire aux vinyls, BD et cinéma de Limay les 28 et 29 mars 2026 !

Avis aux chineurs et autres collectionneurs, la foire débute cette année à 9 heures !

Collectionneurs de vinyles, de CD  ou de BD d’occasion, tous vont pouvoir se régaler comme chaque année au Salon Disques et BD de Limay les 28 et 29 mars prochains. On y trouve toujours autant d’exposants, et qui proposent pour tous les goûts et pour toutes les bourses : du pas cher (c’est la crise !), mais aussi, pour celui qui court après la perle rare, des « collectors » certes plus onéreux mais qu’à aucun prix on ne voudrait rater.

Big Band Vexinée nous régale donc pour la 29ème fois avec ses quelques 80 exposants invités pour 300 mètres de bacs remplis de pièces de collection, que se disputent plus de 1000 visiteurs.

Et puis comme tous les ans, Big Band Vexinée confie à Bulles de Mantes le soin d’organiser les séances de dédicaces avec des auteurs de BD : cette année, quatre auteurs seront présents chacun avec son univers : Christophe ANSAR (sam-dim), Pierre-Emmanuel DEQUEST (dim),  Philippe GUILLAUME (sam-dim) et Virginio VONA (sam-dim).

- Comme chaque année des œuvres de Jérôme Delangre seront présentes, un artiste venant du Graf Park.

- Sera présent : Jean Louis Rancurel, photographe professionnel ayant immortalisé les plus grands artistes, ses photos seront à la vente.

Enfin, Bulles de Mantes présente l’exposition Jesse OWENS, des miles et des miles de l’auteur Gradimir SMUDJA, prix 2025 de la bd aux couleurs du blues, avec une vingtaine de planches de l'album. Venez suivre l’incroyable histoire de Jesse OWENS, né en 1913 en Alabama dans une fratrie de 11 enfants, petit-fils d’esclave, Jesse Owens est resté célèbre comme quadruple champion olympique aux jeux de Berlin. Si on n’oublie jamais de préciser qu’Hitler avait refusé de lui serrer la main, Jesse Owens complétait : « c’est le président Roosevelt qui m’a snobé. Il ne m’a même pas envoyé un télégramme. À mon retour aux États-Unis, je ne pouvais pas m’asseoir à l’avant des autobus, je devais m’asseoir à l’arrière, je ne pouvais pas vivre là où je le voulais ».

Une ambiance conviviale et détendue qui favorise d’agréables moments de rencontre avec les auteurs : ne les manquez pas !

Gymnase Guy MOQUET, Rue Charles Tellier, 78520 Limay

28 et 29 mars 2026 de 9h à 18h Entrée : 1 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 23 Mars 2026

HERMANN, un monument de la BD nous a quitté

L'association Bulles de Mantes a eu l'honneur de sa venue sur cinq festivals (2013-2015-2019-2023 et 2025) et nous garderons le souvenir d'un grand Monsieur toujours attentif à son public.

Nous remercions le service de la communication des éditions LE LOMBARD et plus particulièrement Madame Diane Rayer pour ce communiqué de presse que nous nous permettons de relayer.

« Un artisan doit rester insatisfait. S'il ne se remet pas constamment en question, il cesse d'évoluer. » HERMANN

C'est avec douleur et tristesse que les éditions du Lombard sont au regret de vous faire part du décès d'Hermann. Pilier de la bande dessinée européenne et Grand Prix de la Ville d'Angoulême en 2016, il s'est éteint le 22 mars 2026, à l'âge de 88 ans. Figure du journal Tintin et des éditions du Lombard durant 60 ans, il y a notamment publié Bernard Prince et Comanche, des séries devenues mythiques, ainsi que plusieurs albums de la collection Signé.

Les éditions du Lombard ont une pensée émue pour la famille, les amis, et les proches d'Hermann, en particulier son épouse et son fils Yves H., qui est aussi son scénariste et plus proche collaborateur. Plus largement, c'est le monde de la bande dessinée et tous les amoureux du 9e art qui viennent de perdre un immense auteur. Hermann Huppen, dit Hermann, est né le 17 juillet 1938 à Bévercé, dans la province de Liège, en Belgique, non loin de la frontière allemande. Après un apprentissage en ébénisterie, il travaille dans un cabinet d'architecte, avant de se lancer dans la bande dessinée au milieu des années 1960. Un univers qu'il découvre par l'intermédiaire de son beau-frère Philippe Vandooren, romancier et futur rédacteur en chef du journal Spirou. En 1965, Hermann y publie ses premières planches de bande dessinée, un récit court de la collection des Belles histoires de l'oncle Paul. Dès l'année suivante, et avant de travailler sur Jugurtha, il entame une fructueuse collaboration avec un scénariste alors en pleine ascension : Michel Greg. « J'ai véritablement appris mon métier auprès de Greg », disait Hermann. Ensemble, ils créent deux séries majeures, qui sont publiées dans les pages du journal Tintin, avant de paraître en albums aux éditions du Lombard.

La première, Bernard Prince, évoque les aventures d'un ancien policier d'Interpol devenu baroudeur, qui parcourt le monde à bord de son navire, le Cormoran. Jusqu'en 1980, Hermann illustre 14 albums de la saga, puis cède sa place à Dany et Aidans, avant de signer son retour pour un ultime épisode scénarisé par Yves H. et sorti en ti010. Dans la foulée de Bernard Prince, Greg et Hermann lancent également Comanche, en 1969. Un western remarqué pour son réalisme et sa nervosité, qui a aussi pour particularité sa protagoniste féminine, dans un genre et un registre habituellement réservés aux héros masculins. Le dessinateur signe pas moins de dix albums de Comanche, avant que Michel Rouge ne prenne le relais. Ces deux séries proposent une approche plus réaliste et surtout plus adulte de la bande dessinée, à une époque où celle-ci est encore essentiellement destinée aux jeunes lecteurs. Elles n'hésitent pas à aborder frontalement la question de la violence. Hermann s'inscrit alors dans la lignée d'auteurs tels que William Vance, Franz, ou Dany.

Après une décennie passée aux côtés de Greg, Hermann souhaite voler de ses propres ailes. Un rêve qu'il concrétise en créant Jeremiah en 1977, qui apparaît pour la première fois dans le magazine de bande dessinée allemand Zack, des éditions Koralle. Reprise par Dupuis en 1988, la série s'est imposée au fil des années comme un incontournable de la bande dessinée de science-fiction post-apocalyptique. Les pérégrinations de Jeremiah et Kurdy dans les ruines d'une Amérique pulvérisée en disent long sur le regard désenchanté que porte Hermann sur cette humanité qui sait tant se complaire dans la violence. Fort de ce troisième grand succès,

Hermann scénarise et dessine en solo pas moins de 42 volumes de Jeremiah en près d'un demi-siècle. Le dernier épisode, intitulé Les Larbins, est paru en octobre 2025.

Hermann était un créateur insatiable. Les Tours de Bois-Maury, inaugurée en 1984 aux éditions Glénat, en est l'illustration parfaite. L'auteur cherche à se renouveler, et décide pour cela de changer radicalement d'époque. Il s'aventure pour la première fois au Moyen-Âge, déroulant les épisodes d'une fresque historique ambitieuse qui évoque la quête d'Aymar de Bois-Maury, puis de ses descendants. Hermann publie 15 volumes des Tours de Bois-Maury, étant rejoint au scénario par Yves H. à partir du tome 12.

Pour Hermann, les années 1990 sont ensuite marquées par la publication de ses premiers oneshots, à commencer par Missié Vandisandi et le très émouvant et engagé Sarajevo-Tango, tous deux publiés dans la collection Aire libre des éditions Dupuis. Sarajevo-Tango marque une rupture fondamentale dans l’œuvre d'Hermann, qui a pris goût à la couleur directe, et qui ne va désormais plus que travailler selon ce procédé. Sans pour autant en être pleinement satisfait. « J'ai dessiné avec toutes sortes de techniques. Je n'arrive jamais à conjuguer tous les éléments pour que la page soit telle que je le voudrais », avait-il déclaré à ce sujet. Avant d'ajouter : « ce métier est une frustration constante, au point que j'ai parfois l'impression de ne rien connaître du tout ».

Hermann publie par la suite plusieurs nouveaux récits complets dont Caa'nga et Afrika (Le Lombard) et On a tué Wild Bill (Dupuis), avant d'illustrer des scénarios de Jean Van Hamme (Lune de guerre) et surtout de son fils Yves H. À partir de ti000, le duo publie notamment Liens de sang, Manhatan Beach 1957, The Girl from Ipanema, Sta'on 16, et Old Pa Anderson dans la collection Signé des éditions du Lombard. On leur doit aussi Le Passeur dans la collection Aire libre. En 2017, à près de 80 ans, Hermann se lance un dernier grand défi : créer une nouvelle série. Intitulé Duke, ce western est développé sur sept tomes, comme à la grande époque. Hermann et Yves H. proposent encore Brigantus, puis Cartagena, qui paraîtra le 30 avril 2026. Hermann a publié pas moins de 120 albums tout au long de ses 60 ans de carrière. Il connaît la consécration en 2016, lorsqu'il est élu Grand Prix de la Ville d'Angoulême par ses pairs. Par sa productivité, sa longévité, son succès, et sa capacité à se réinventer, Hermann s'est imposé comme un monument du 9e art. Maître célébré de la couleur directe, gestionnaire hors pair du silence, il se démarque par son approche naturaliste. Ses personnages sont sincères et entiers, ni vraiment bons, ni totalement mauvais. Car l’art d’Hermann est à son image : appliqué, passionné, et imposant.

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Publié le 19 Mars 2026

ROCK’N’ROLL T1 SALAUDS DE BABY BOOMERS, une révolution dans les corps et dans les têtes

Au-delà du séisme musical qu’a généré l’arrivée du rock’n’roll au sein d’une jeunesse en mal de positionnement, c’est son influence sur le quotidien de cette génération qu’évoque Salauds de baby-boomers

Au travers de sept récits, dont cinq tirés de faits réels, dans le nord de la France et plus particulièrement dans la ville de Villerupt en Lorraine, l’auteur complet Baru (re)plonge le lecteur dans une période révolutionnaire musicalement mais pas que.

Au travers du prisme de la classe ouvrière, sujet de prédilection de l’auteur, Baru revient sur l’émancipation des jeunes qui ont vécu la période des blousons noirs, des mobylettes pétaradantes trafiquées pour pouvoir tutoyer le 100 kms/h, des jukebox et autres Scopitones où l’on enfournait les quelques centimes de francs que l’on ne mettait pas dans l’essence de la mob afin d’écouter les dernières élucubrations des Stones et autres Who… Toute une époque !

On retrouve, avec plaisir, le trait vif de Baru qui n’a pas pris une ride, avec toute sa fougue, sa hargne qu’il consacre cette fois au rock’n’roll, musique qui l’habite depuis sa tendre enfance et qui ne l’a pas quitté. Au fil de ses albums, les « gueules » des personnages de Baru sont toujours aussi caractéristiques et expressives et l’on ne s’en lasse pas.

Pour les fans de rock’n’roll mais aussi pour ceux qui le connaitraient moins, l’album de Baru permet de (re)découvrir une formidable période qui aura boosté bon nombre de générations et qui demeure encore dans les racines de beaucoup de courants musicaux actuels.

ROCK’N’ROLL T1 SALAUDS DE BABY BOOMERS BARU éditions FUTUROPOLIS 144 pages, 22,00 € 11/03/2026

Bernard LAUNOIS

 

 

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Publié le 16 Mars 2026

LE VISAGE DU CRÉATEUR, Chronique d’une mort annoncée

Après l’excellent album La Bombe, où le scénariste Laurent-Frédéric Bollée avait eu la bonne idée de personnifier l’explosif qui détruisit Hiroshima pour narrer un des moments-clés de la dernière Guerre Mondiale, voilà qu’il revient sur ses sujets de prédilection, en l’occurrence les romans graphiques à base historique particulièrement documentés, en réalisant ce récit.

Le repêchage d’une grosse pièce métallique par deux pêcheurs, père et fils, dix ans après l’explosion de la navette spatiale Challenger, va donner l’occasion au père de revenir sur l’incroyable histoire de Challenger.

Avec un scénario ponctué par un compte à rebours savamment efficace, qui dès le départ rythme l’histoire, Laurent-Frédéric Bollée tient le lecteur en haleine. Et bien que l’on connaisse la fin inéluctable de cette aventure, le scénario apparait particulièrement bien construit, s’attachant à prendre des tranches de vie de ces futurs voyageurs de l’espace, de leur recrutement au décollage de la navette en passant par tous les préparatifs pour que chacun puisse remplir son rôle au sein de la navette.

Moments de joie dans la nomination pour faire partie de la mission ou moments de doute dans la préparation physique, mais aussi l’omniprésence d’un cumul de difficultés techniques et des prises de décision hasardeuses… font partie de cette histoire fort bien documentée.

Le trait noir réaliste de Cristiano Spadoni, renforcé par quelques aplats de gris, ajoute à la tension qui règne tout au long du récit en immergeant le lecteur dans une ambiance bien particulière.

Si tous ceux qui ont vécu cette période-là s’en souviennent, rares sont ceux qui en connaissent les tenants et les aboutissants et c’est l’occasion de (re)découvrir un des pans de la conquête spatiale.

LE VISAGE DU CRÉATEUR Laurent-Frédéric BOLLÉE/Cristiano SPADONI éditions RUE DE SÈVRES 264 pages 25,00€ 11/02/2026

Bernard LAUNOIS

 

 

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Publié le 11 Mars 2026

LES HAUTES HERBES une belle aventure humaine

Un père et son fils ont entrepris un long chemin à la recherche de ciblétilles, sorte d’insectes imaginaires que l’on pourrait assimiler à des fées, imaginées par le père pour intéresser son fils à prendre la route. Mais au-delà de ces animaux imaginaires, leur quête est celle d’un monde meilleur auquel is aspirent, celui où ils se sentiront en sécurité et pourront enfin se reconstruire.

Il faut dire que la mère a été tué dans des circonstances troublantes et les règles répétées inlassablement par le père à son fils en disent long sur le climat régnant : « Jamais plus de trois nuits au même endroit. Les animaux sont sauvages et les hommes sont pires ».

Quel plaisir de retrouver un Héroïc Fantasy de qualité, avec une histoire bien construite où les informations nécessaires sont distillées au fur et à mesure du récit, comme par exemple les raisons pour lesquelles ils sont traqués.

Laurence Clin réalise ici son premier scénario, et c'est vraiment une belle réussite. Dès les premières pages, elle envoûte son lectorat en le transportant dans un univers mi-féérique, mi-réel, à une période que l’on pourrait estimer moyenâgeuse, où les protagonistes vont être tour à tour confrontés à la violence, pour enfin trouver la tolérance. Au travers du récit se distille un message de liberté, d’espoir en l’être humain.

Que dire du dessin de Grun, sinon qu’il est toujours aussi beau et que l’on sent que ce récit l’a habité de la première à la dernière page. Il se lâche sur de sublimes paysages, parfois inquiétants, des personnages hauts en couleurs et des animaux fantasmagoriques dont il a le secret. La couleur directe n’est certainement pas étrangère à ce superbe rendu d’un conte féérique.

Une mention particulière est à porter au cahier graphique qui clôture de fort belle manière un conte dont on n’aimerait pas voir arriver la dernière page.

LES HAUTES HERBES Laurine CLIN/GRUN éditions Daniel MAGHEN 112 pages 21,50 € 11/03/2026

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 5 Mars 2026

PRESIDIO, un road trip qui décoiffe au fin fond du Texas

Depuis déjà quelques années, Troy Falconer se complait dans la marginalité et vit de petits ou gros larcins en fonction des opportunités qui se présentent à lui. Sa méthode bien rodée consiste à sillonner le Texas en visitant les chambres des motels à la recherche de quelques portefeuilles et, si la chance lui sourit, des clés d’une voiture avec laquelle se faire la belle.

Cette vie dure depuis déjà quelques années tellement il excelle dans l’exercice, jusqu’à ce qu’il apprenne que son frère Harlan s’est fait plumer par son ex. Bien décidés à récupérer le maigre pécule hérité de leur père, les voilà tous les deux à la recherche de l’indélicate ex en continuant à changer de voiture quand l’opportunité se présente sauf que cette fois, dans la précipitation, ils n’ont pas vu la présence d’une gamine sur la banquette arrière.

Que faire alors, l’abandonner sur la route, ou la garder au risque d’être considéré comme coupable de kidnapping ? Clairement, l’affaire se corse et il va falloir la jouer serrée s’ils ne veulent pas se retrouver à croupir dans une prison texane.

Adaptant librement le roman éponyme de Randy Kennedy, le scénariste Simon Treins entraine le lecteur dans un univers particulièrement anxiogène et maintient le suspense jusqu’à la dernière page.

Le dessinateur de comics Guiu Vilanova n’est pas en reste, décrivant particulièrement bien le climat glauque dans un décor de plaines arides, de motels miteux et de nuits blafardes que soulignent parfaitement les couleurs de Bertrand Denoulet qui rend de belle manière ces ambiances délétères.

Un bon divertissement pour les amateurs qui aiment les poursuites haletantes.

PRESIDIO Simon TREINS/Guiu VILANOVA/Bertrand DENOULET éditions DELCOURT 64 pages 15,50 €

Bernard LAUNOIS

 

 

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Publié le 1 Mars 2026

LE PETIT MAIRE, travelling sur un couteau suisse sur le pont vingt-quatre heures sur vingt-quatre

On parle toujours des maires des grandes villes qui font les titres de la presse que ce soit pour leurs actions ou pour leurs démêlés…Mais entend-on les « petits maires », hormis quand ils se font agresser et qu’ils ont droit à cette occasion à un entrefilet dans le quotidien local ? Eux qui se décarcassent au quotidien pour s’occuper de leurs administrés, souvent sans personnel ou si peu, avec de maigres budgets avec lesquels il va bien falloir faire car une mairie doit se suffire à elle-même ?

Vivre au rythme du maire d’un petit village, c’est ce que le scénariste Laurent Turpin propose en près de 136 pages au lecteur, et ce dernier ne risque pas de s’ennuyer.

Voilà une plongée salvatrice dans le quotidien d’un vrp multi-tâches et ce, de la constitution de la liste jusqu’à la fin de la mandature, en passant par toutes les joies et les peines que peut générer cette période intense de six ans. Sur un ton mi-figue mi-raisin le récit bourré d’anecdotes est séquencé en six chapitres permettant d’avoir un panorama du quotidien du premier édile de la commune.

Saluons cette autobiographie où pendant 136 pages, le scénariste Laurent Turpin invite le lecteur à vivre à ses côtés pour de sacrées aventures.

Le dessinateur Olivier Berlion excelle toujours dans la réalisation de ses bandes dessinées et cette fois encore, si ce n’est pas le style de dessin auquel est habitué le lecteur car moins hyperréaliste, il n’en demeure pas moins diablement efficace. Les pages s’agrémentent de l’ajout d’un bleu gris réalisé par Christian Favelle qui s’avère de bon aloi.  

Enfin, l’album aurait pu s’appeler Le Petit maire… au grand cœur tellement ce qualitatif colle à la peau de ce singulier personnage haut en couleurs qui, avec talent et professionnalisme, n’a jamais ménagé sa peine dans toutes les actions qu’il a entreprises, et Dieu sait si elles ont été nombreuses et diversifiées.

LE PETIT MAIRE Laurent TURPIN/Olivier BERLION édition LES ARENES BD 136 pages 22,00€

Bernard LAUNOIS

 

 

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