Publié le 16 Mai 2026

FILS DE BOURGE, LE DOUX PRINTEMPS, un bel exemple de résilience et de résistances

Si être le fils du nouveau sous-directeur d’une usine de papier dans la petite ville de Gramont au fin fond du Lot-et-Garonne aurait pu s’avérer un atout pour s’intégrer, force est de constater qu’il n’en est rien !

Rapidement, François se retrouve rejeté par bon nombre de ses camarades de classe qui, contrairement à lui, ont des parents qui triment dans la seule usine de la région, aujourd’hui en grève et en conflit avec la direction pour obtenir de meilleures conditions de travail et de rémunération. Il faut dire que nous sommes en 1935, à une période où il ne fait pas bon être ouvrier eu égard à l’exploitation des patrons de l’époque, où les cadences infernales remplissent des journées harassantes et interminables pour un maigre salaire.

Ce que ses camarades de classe ne savent pas, c’est que contrairement à ce que l’on pourrait croire ce n’est pas la vie de château pour François, régulièrement rabaissé, voire battu par son père.  Aussi, pour se protéger de cette emprise, François se créer une carapace et se rêve en libellule poursuivie par un crapaud. Arrivera-t-il à s’imposer dans le groupe de jeunes communistes qu’il côtoie malgré leurs différences sociales, la libellule arrivera-t-elle à se défaire du crapaud et enfin voler à sa guise ?

Sur fond de lutte sociale, le scénariste Éric Stalner revient sur cette période troublée notamment par la montée du fascisme à travers le prisme d’un jeune garçon qui n’a en tête que la résistance, celle de s’opposer à son père mais également de combattre les différences sociales…

Alors que l’on s’apprête à fêter les quatre-vingt-dix ans du Front Populaire, le scénario d’Éric Stalner souligne avec justesse le climat si particulier qui a précédé ce gouvernement de gauche dont on parle tant encore aujourd’hui. Le scénario s’avère bien construit avec une alternance de moments forts et d’autres plus propices à la méditation, profitant d’un découpage des plus soignés.

Quant au dessin d’Éric Stalner, on le reconnait et on l’apprécie dès les premières cases avec son trait fin et ses personnages expressifs évoluant dans des décors des plus fouillés remarquablement mis en couleurs.

FILS DE BOURGE, LE DOUX PRINTEMPS Éric STALNER collection Grand Angle éditions BAMBOO 80 pages, 18,90 € 30/04/2026

Bernard LAUNOIS

 

 

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

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Publié le 12 Mai 2026

NINI CORDY 1949, quand la célèbre meneuse de revue belge mène l’enquête

Alors que Léonie Cooreman alias Nini Cordy s’apprête à entamer une répétition au cabaret Le bœuf sur le toit, voilà qu’elle apprend que Sergueï Drugayatserkov le trompettiste de la troupe vient d’être retrouvé assassiné. Voyant son heure arrivée, le trompettiste, dissident russe, avait juste trouvé le temps d’écrire une partition chiffrée laissée sur une table à l’intention de Nini, certain qu’elle en ferait bon usage.

La partition trouvée, Nini fait vite le rapprochement avec l’assassinat de Serguëi d’autant plus qu’elle s’aperçoit qu’elle est suivie par deux hommes à lamine patibulaire. Sergueï avait eu de bonnes raisons de croire en la détermination et la pugnacité de Nini à déchiffrer la partition et résoudre l’énigme.

Quelle heureuse et originale idée du scénariste Bernard Swysen de transformer la meneuse de revue qui deviendra quelques années plus tard la célèbre chanteuse Anny Cordy en une enquêtrice hors pair.

Avec un scénario fort bien construit permettant de dérouler l’enquête, il revient en même temps sur les pas de la chanteuse donnant l’occasion de découvrir des pans de sa jeunesse. Les dialogues émaillés d’expressions bruxelloises, que l’auteur aura eu la délicatesse de traduire pour les lecteurs qui ne sont pas familiers avec le dialecte, s’avèrent tout aussi savoureux que la découverte d’une famille haute en couleurs à la gouaille fleurie.

Enfin, il conviendra d’apprécier la véracité du récit de la jeunesse de Nini et ce, grâce à l’étroite collaboration de Michèle Lebon-Cooreman, nièce, filleule et fille adoptive d’Annie Cordy qui a mis à disposition ses archives personnelles qui ont permis notamment d’illustrer le cahier Annie avant Cordy en fin d’album.

Le dessin réaliste, très ligne claire de Christophe Alvès, retranscrit parfaitement l’ambiance du Bruxelles des années 50 avec des décors soignés permettant une reconstitution des plus fidèles. Les couleurs de Drac sont des plus réussies, alternant de beaux aplats de couleurs pour la période du récit avec de chauds tons bistres pour revenir sur la prime jeunesse de l’héroïne.

NINI CORDY 1949 Bernard SWYSEN/Christophe ALVÈS éditions ANSPACH 56 pages, 16,50 € 24/04/2026

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 6 Mai 2026

GHOST PEPPER T1, un récit qui ne manque pas de sel

Le monde d’avant n’existe plus depuis le chaos, place à un monde de survie dirigé par un certain Bataar qui a monté une milice escortée de robots volants chargés de surveiller les survivants de la Terre. Il faut en effet qu’ils ne fassent pas un pas de travers et qu’ils continuent à vénérer le fameux Bataar et ce, grâce au bourrage de crâne savamment organisé.

Parmi ces rescapés, la jeune et pulpeuse Loloï réalise une tournée des villages environnants à bord de son food truck afin de faire profiter leurs habitants de ses talents de cuisinière et plus particulièrement d’un plat à base d’essence de piment fantôme qui a la particularité d’exciter les papilles. Seulement, le chef Taoka ne voit pas son installation d’un bon œil car lorsqu’elle est là, il perd toute sa clientèle. Il décide de la coincer pour qu’elle lui donne sa fameuse recette et surtout les ingrédients secrets qu’elle recèle.

L’arrivée des contrôleurs à ailerons tourne au vinaigre car s’estimant être en règle Loloï ne veut pas céder à leurs sommations. Elle ne doit alors son salut qu’à Ash, un personnage jusque-là inconnu venu goûter ses spécialités et qui prend fait et cause pour elle, neutralisant les contrôleurs. L’arrivée d’Ash, ce personnage haut en couleurs, ne va-t-il transformer la vie des villageois et au-delà le pouvoir du despote Bataar ?

Avec ce premier tome tonitruant, le scénariste Ludo Lullabi transporte le lecteur dans un univers apocalyptique peuplé d’une myriade de soldats humanoïdes commandés par un despote afin d’asservir le peuple. De l’action à chaque page, des rebondissements divers et variés ajoutés à des dialogues alertes s’avèrent de bons ingrédients pour un comics de bon aloi.

Après notamment le succès de World of Warcraft édité par Marvel USA et de Lanfeust Quest édité par Soleil, le dessinateur Ludo Lullabi revient en force avec ce premier opus. Le trait s’avère toujours nerveux, dynamique comme si ses personnages étaient taillés à la serpe dans des décors fantasmagoriques particulièrement bien mis en couleurs par Adriano Lucas.

GHOST PEPPER T1 COMME UN GOÛT DE CENDRES Ludo LULLABI collection Contrebande éditions DELCOURT 176 pages 17,95 € 23/04/2026

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 5 Mai 2026

Exposition du 7 au 30 mai 2026 à la médiathèque Georges-Duhamel

Rencontre avec Yan Le Pon le 9 mai à 15h00

Dédicaces le 9 mai à 17h00

 

Dans le cadre de l’opération Mémoires et Résistance, Bulles de Mantes propose une exposition de planches de l’album BD L’Escadron bleu, 1945, paru en janvier 2026 aux éditions Dupuis dans sa prestigieuse collection Aire Libre.

Les auteurs – la scénariste Virginie Ollagnier et le dessinateur Yan Le Pon – ont mis en images la véritable histoire d’une femme médecin membre des F.F.I. qui réunit un groupe d’infirmières à la fin de la Seconde Guerre Mondiale pour aller rechercher et rapatrier les soldats français prisonniers de Staline, ou errant en Pologne et en Allemagne.

L’exposition sera visible du 7 au 30 mai 2026 à la médiathèque Georges-Duhamel de Mantes-la-Jolie, (entrée gratuite aux jours et heurs d’ouverture de la médiathèque).

Bulles de Mantes et la médiathèque ont aussi invité le dessinateur de l’album, Yan Le Pon, à venir présenter son œuvre à la médiathèque au cours d’une conférence le samedi 9 mai à 15h00. La conférence sera suivie d’une séance de dédicaces de Yan Le Pon à 17h00.

 

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Rédigé par Jérôme Boutelier

Publié dans #Divers

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Publié le 4 Mai 2026

CARTAGENA, la dernière pépite d’HERMANN

Junkie ou dealer, voilà la triste perspective qui s’offre aux jeunes nés dans un des quartiers défavorisés de la ville de Cartagena au Mexique, et pour Alvaro et Nacho le choix est vite trouvé.

Rêvant de mener la belle vie en gagnant de l’argent trop facilement pour assouvir leurs envies telles que se balader avec un flingue pour en imposer auprès de leur entourage, aller voir les filles, ou rouler en belle américaine… Il ne leur reste plus qu’à se faire un nom parmi les caïds.

Les voilà donc devenus tueurs à gages mais sans avoir encore tué, et le chef du cartel local El Cocho Arriega veut savoir s’ils ont les nerfs suffisamment bien trempés pour régler le compte de deux traitres menottés. Seulement, ça ne se passe pas comme prévu car après les avoir réduits au silence, voilà qu’ils se font traiter de lopettes par Benito, le neveu d’Arriega. Alvaro ne le supporte pas et finit par descendre le neveu.

L’affaire se complique particulièrement car après que nos deux lascars ont réussi à s’échapper, quel avenir se réservent-ils puisque dans tous les cas, se rendre ou fuir, c’est la mort qui les attend. Parallèlement, Félix, un flic en planque pour arrêter le chef du cartel, assiste à la fuite d’Alvaro et Nacho…

Le scénariste Yves Huppen offre à Hermann, son père, un dernier récit sur mesure comme il les aime, haletant, dur et sans concession. Après une belle collaboration d’une trentaine d’albums, ce dernier opus s’inscrit dans la continuité des scénarios tels que Duke et Brigantus où l’on retrouve une parfaite complicité entre les deux auteurs.

On retrouve avec grand plaisir, le trait si caractéristique du dessinateur Hermann, empreint de réalisme mais également de nervosité particulièrement dans ses personnages. La mise en page, faite de cadrages et de prises de vues cinématographiques épouse le scénario. Quant à la couleur directe, elle sublime toujours autant le trait.

Savoir que cet album sera le dernier du monument de la bande dessinée qu’est Hermann ne peut qu’attrister sinon que l’on aura toujours grand plaisir à le lire et à le relire.

 

CARTAGENA Yves H./HERMANN édition LE LOMBARD 64 pages 16,95 € 30/04/2026

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 1 Mai 2026

LA CUISINE DES OGRES T2 une vie de vaurien, un album attendu qui tient toutes ses promesses

Retrouver cet environnement tant féérique que cruel ravira bon nombre de lecteurs qui ont suivi la jeune héroïne Trois-Fois-Morte dans l’univers fantastique d’une montagne recelant une horde d’ogres prêts à toutes les extravagances pour se remplir la panse à commencer par l’ingrédient principal, la chair humaine de jeunes enfants.

Comme l’avait précisé le scénariste Fabien Velhmann lors de la sortie du premier tome du triptyque, chaque album s’attache à faire un focus sur un des protagonistes de l’histoire, en l’occurrence cette fois sur le biquet, ami de Trois-Fois-Morte qui n’est pas né sous une bonne étoile. Il faut dire que le pauvre traine ses origines au sein de la cuisine des ogres, rejeton d’une korrigane délurée et d’un père aux origines douteuses sans parler de son défaut de prononciation dû à des sévices subis dans sa tendre jeunesse.

Son avenir alors au sein de cette organisation ne s’avère guère brillant quand il est apostrophé par Maître Grignotte, l’ogre-en-chef de la brigade Tout-Sucre, qui décide de le prendre à l’essai à son service. Quel honneur pour Brèche-dent, il va enfin ne plus être considéré comme un vaurien mais hélas, le démoniaque Grignotte va lui demander l’impossible, celui de voler des recettes de son amie Trois-fois-Morte pour son compte.

Le scénario fort bien construit de Fabien Velhmann entraine le lecteur dans son univers fantasmagorique en revenant sur son aversion pour l’ostracisation, la méchanceté, la vanité… Mais également en soulignant des valeurs qui lui sont chères telles que le sens de l’amitié, la loyauté, la résilience.

Le dessinateur Jean-Baptiste Andrea continue d’enchanter le lecteur avec son dessin fouillé, ses décors extraordinaires dans lesquels évoluent des créatures tout autant extraordinaires, ses couleurs directes incroyables qui font que l’on a plaisir à lire le récit pour en connaitre la fin et le reprendre pour en admirer les planches, un must !

LA CUISINE DES OGRES T2 une vie de vaurien Fabien VELHMANN/Jean-Baptiste ANDREAE édition RUE DE SÈVRES 80 pages, 20,00 € 08/04/2026

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 26 Avril 2026

SUPERGIRL WOMAN OF TOMOROW, une belle réédition qui arrive à brûle-pourpoint

Kara Zor-El, alias Supergirl, traine sa carcasse sur terre depuis déjà quelques temps à la recherche de donner du sens à sa vie, évoluant toujours dans l’ombre de son cousin Superman. Un jour elle intervient dans une rixe entre Ruthye Mary Knoll la voyageuse et le mercenaire Krem des collines jaunes qui a tué son père. Le bilan s’avère lourd pour Supergirl, salement amochée par Krem qui de plus s’en est pris à son chien Krypton, et elle décide de s’associer à Ruthye pour le neutraliser.

Seulement, l’affaire se corse quand Krem s’empare du vaisseau de Supergirl pour une destination inconnue des deux poursuiteuses. S’ensuit alors une course-poursuite dans toute la galaxie où les péripéties diverses et variées s’accumulent.

Initialement créée en mini-série de 8 numéros en 2021, Supergirl woman of tomorow a rapidement connu un franc succès auprès du public comme des critiques, qui lui a valu les honneurs bien mérités du prix Eisner 2022 "Best Limited Series".

Le scénariste Tom King livre là un excellent scénario, plein de rebondissements, où l’on découvre des facettes de Supergirl jusque-là inconnues, à commencer par son côté particulièrement humain, notamment ses capacités de résilience mais également par sa mélancolie omniprésente, aux antipodes du superhéros que l’on a connu depuis sa création.

Quant à la talentueuse et prolifique dessinatrice Bliquis Evely, avec son dessin hyperréaliste au style particulièrement léché, elle ne lésine pas à entourer ses personnages emblématiques de décors fantasmagoriques tous plus beaux les uns que les autres sublimés par les couleurs de Matheus Lopes.

Se replonger dans cette petite pépite, alors que le film tiré de l’ album est annoncé début juillet, s’avère une excellente idée d’autant plus que cette nouvelle version comporte un bonus de 70 pages comportant respectivement des recherches graphiques et de couvertures ainsi que des couvertures alternatives, story-board et planches encrées par la dessinatrice Bliquis Evely ainsi qu’un intéressant scénario alternatif du numéro 6 inutilisé de Tom King.

SUPERGIRL WOMAN OF TOMOROW Tom KING/Evely BLIQUIS collection DC DELUXE éditions DC URBAN COMICS 280 pages 25,00 € 17/04/2026

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 25 Avril 2026

ESTAMPILLÉ JAPON, une belle parodie hilarante des clichés du Pays du Soleil Levant

Parodier, parodier… Il en restera toujours quelque chose et c’est tout ce que l’on peut souhaiter à cet album qui entraine le lecteur dans une farandole de drôleries, flirtant souvent avec l’absurdie. Et la débauche de gags commence dès la couverture en pastichant la célèbre estampe du peintre Katsushika Hokusai représentant la grande vague de Kanagawa tirée des 36 vues du mont Fuji.

Des braves Samuraïs aux sculpturales geishas en passant par les imposants sumos, mais également l’art des cérémoniaux du thé ou les malheureux ninjas toujours à côté de la plaque… tout y passe avec espièglerie.

Alternant les récits en une ou plusieurs pages avec des illustrations, le scénariste Erik Tartrais, rompu au dessin de presse humoristique, met là tout son talent pour faire marcher les zygomatiques de son lectorat et c’est réussi. La force de son album réside assurément dans la transposition d’images au pays du Soleil Levant qui auraient très bien pu se passer sur nos terres franchouillardes.

Quant au dessin d’Erik Tartrais, au trait très stylé et plutôt réaliste, il met bien en valeur les facéties des saynètes avec notamment de superbes décors dans lesquels évoluent des personnages qui ne manquent pas de piquant.

Une mention toute particulière s’impose pour la coloriste Annelise Sauvêtre qui a su donner le ton avec des couleurs que l’on retrouve dans les estampes traditionnelles renforçant le côté japonisant.

Voilà une belle surprise à déguster sans modération, rien que pour le plaisir de s’esclaffer à chaque planche ou illustration.

 ESTAMPILLÉ JAPON Erik TARTRAIS éditions FLUIDE GLACIAL 56 pages, 13,90 € 04/03/2026

Bernard LAUNOIS

 

 

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 17 Avril 2026

DIABLE PÂLE… ET POUR QUELQUES WINCHESTER DE PLUS T1, une très intéressante plongée dans le monde des Apaches

Diable pâle, quel drôle de surnom pour Taglito, mais que l’on comprend rapidement quand on apprend que c’est un blanc élevé par les Apaches, qui a décidé de prendre fait et cause pour eux, ses frères de cœur, au détriment des cow-boys avec qui il fricote quand ça arrange ses affaires.

Seulement, tenter de gagner sur les deux tableaux relève de l’équilibrisme et quand, travesti en cow-boy,  Taglito débarque dans la ville de Tucson en vue de rencontrer des fournisseurs de carabines Winchester, il est surveillé de près par le shérif qui se demande comment cette gueule d’ange a fait pour déposer une telle somme d’argent dans la Trust bank : héritage d’une vieille tante comme il le prétend, butin récolté alors qu’une attaque de diligence aux environs de Green Valley a eu lieu dernièrement ? Toujours est-il que le shérif l’a dans le collimateur.

De surcroit, apprendre de Taglito qu’il veut devenir l’un des premiers revendeurs dans l’ouest du pays déplait fortement au shérif désireux de tout contrôler dans sa ville et d’en tirer les meilleurs bénéfices. La partie s’avère serrée et Taglito n’aura pas de trop du soutien de Truth, la jeune Apache et de Jo pour mener à bien son entreprise.

Les récits de western s’évertuent depuis quelques temps à être plus réalistes, moins caricaturaux et le scénario de Vincent Brugeas n’y fait pas exception en s’ingéniant, avec talent, à inverser les codes du western en plaçant son récit du côté des Apaches avec ce jeune blanc qui se sent plus proche d’eux dans leur relation à autrui, leur philosophie de la vie, que de ces cow-boys conquérants qu’il exècre et qu’il rêve de berner.

On retrouve avec plaisir le trait vif hyperréaliste du dessinateur Nicolas Siner embelli de superbes couleurs chaudes propices à retrouver l’ambiance de l’Arizona et ses terres désertiques à l’infini.

Voilà un tome 1 bien prometteur qui laisse augurer d’une belle série.

DIABLE PÂLE… ET POUR QUELQUES WINCHESTERS DE PLUS T1 Vincent BRUGEAS/Nicolas SINER éditions LE LOMBARD

 

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 10 Avril 2026

DORTMUNDER, une fiction qui se déroule de Charybde en Scylla

Quand on tient un couteau, il vaudrait mieux le tenir par le manche, c’est assurément la réflexion que le poissard John Dortmunder aurait pu faire quand son génial plan a dérapé.

Pourtant, il était entouré d’une équipe de petits truands tous rompus aux arts de la cambriole, avec cette idée qui semblait saugrenue au départ mais avait toutes les chances de fonctionner et à eux la fortune !

Transférer une agence bancaire en travaux de Main Street dans un mobile home en face de cette dernière pour ne pas chambouler les habitudes de ses clients s’apparente plutôt à une bonne idée, d’autant plus que les moyens mis en œuvre pour la sécurité apparaissent efficaces sur le papier. Seulement, c’est sans compter sur la perspicacité de John Dortmunder qui a flairé le bon coup à moindre frais en subtilisant le mobile home pour pouvoir s’attaquer tranquillement au coffre-fort.

« Les emmer…, ça vole toujours en escadrille » disait le président Jacques Chirac et là, on peut dire que l’on est servi dans ce thriller bien construit par le scénariste Doug Headline, dont le récit se révèle plutôt haletant alors même que l’on sait rapidement que ce casse s’avère voué à l’échec.

De la constitution de l’équipe de malfrats à l’exécution du projet en passant par toutes les phases de sa préparation minutieuse où tout semble parfaitement bien huilé, le scénario a été construit de telle manière à ce que le lecteur vive au cœur de l’action.

Avec son dessin réaliste, singulièrement mis en couleurs par Isabelle Merlet, le dessinateur Jesús Alonso Iglesias taille les personnages avec son trait nerveux, dynamisant la fiction.

DORTMUNDER Doug HEADLINE/ Jesús Alonso IGLESIAS/Isabelle MERLET collection Aire Noire édition DUPUIS 128 pages, 21,00 € 10/04/2026

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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