coup de coeur bernard launois

Publié le 2 Décembre 2019

The Kong crew T1, une sacrée histoire fantastique...

 

Manhattan jungle, voilà maintenant quatorze ans que Kong règne en maître sur New York City, devenue depuis une mégalopole envahie d’herbes folles et d’animaux préhistoriques, tous plus terrifiants les uns que les autres.

The Kong crew, unité d’élite de l’US Air Force, a la charge du contrôle de la zone et son chef veut débusquer un avion qui a franchi la zone tout en interdisant ses troupes d’y pénétrer sous peine d’y rester. Mais ça, c’est la théorie et tout le monde sait que les interdits sont faits pour être bravés.

Le jeune Virgil Price, poursuivi par un ptérodactyle dans la zone interdite, se demande bien comment va-t-il s’en sortir ? Finira-t-il sa brève carrière dans les bas fonds de New York, laissant son chien Spit orphelin, dans les bras de la superbe fille du chef d’unité ? Qui sont ces personnages qui volent à basse altitude dans la zone interdite ?

Toutes ces questions, habilement distillées au fur et à mesure de ce premier opus par l’auteur complet Eric HERENGUEL ne vont faire qu’aiguiser la curiosité du lecteur. L’histoire est rythmée, ponctuée de traits d’humour salvateurs dans un univers fantasmagorique des plus angoissants entre T-Rex, gorille et autres populations armées aux intentions des plus belliqueuses.

 

Le dessin est à l’image du scénario : dynamique avec des traits vifs dans des décors urbains grandioses. On ajoutera des couleurs numériques de belle facture et bien dans l’ère des années 50. Clairement du grand HERENGUEL que les lecteurs vont trouver plaisir à (re)découvrir.

Initialement prévu sous forme de comics de 32 pages en anglais, cette histoire a fini, pour le plus grand bonheur des lecteurs, par intéresser les éditions ANKAMA.

Un cahier graphique complète agréablement cet opus d’une nouvelle série qui apparait bien prometteuse.

 

THE KONG CREW T1 Manhattan jungle Editions ANKAMA, 64 pages 15,90€

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 27 Novembre 2019

Les Bidochon en intégrale, il ne manquait plus que ça !

Quelle noce d’émeraude ! Depuis le temps que bon nombre de lecteurs attendaient une intégrale du couple le plus glamour de la bande dessinée, les éditions Fluide Glacial se décident enfin à la sortir ! Quarante ans de chamailleries entre Raymonde et Robert, ça se fête et quoi de mieux que de sortir l’intégrale !

 

Avec ce  premier opus qui comporte les quatre premiers albums de la série, du roman d’amour à la maison, sucrée maison en passant par en vacances et en habitation à loyer modéré, l’auteur complet fait rapidement apparaitre les Bidochon pour un couple aussi attachant que drôle. L’auteur complet, narrant en images les facéties de ces deux protagonistes qui s’étalent au grand jour, rend le lecteur, spectateur d’une vie pas ordinaire, grossissant les défauts de chacun des deux protagonistes qui suscitent une irrésistible hilarité.

Entre un Robert Bidochon râleur, franchouillard jusqu’au bout des ongles et une Raymonde Galopin qui n’a pas vraiment inventé la poudre, ces deux êtres  qui n’ont pas pourtant, a priori, beaucoup de point commun malgré tout, arrivent néanmoins à cohabiter pour le grand plaisir des lecteurs.

Alors, comme toute bonne intégrale qui se respecte, cette dernière ne doit pas se résumer à une compilation brute des opus sans l’accompagner de bonus. Après une préface de Pierre Perret illustrée par Eddy Vaccaro, c’est au tour de Gérard Viry-Babel de présenter un biopic de Christian Binet. Enfin, un dossier additionnel, comportant notamment une interview de l’auteur, complètera cette belle intégrale qui ornera la bibliothèque de l’amateur des Bidochon.

Cette sortie,  à quelques jours des fêtes de fin d’année, arrive à point nommé et devraient ravir assurément bon nombre d’aficionados.

LES BIDOCHON L’INTEGRALE T1 BINET Editions Fluide Glacial 216 pages, 29,90 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 19 Novembre 2019

Mattéo, 5ème époque, quand l’étau  se resserre...

Octobre 36, la guerre civile fait rage et Mattéo et ses hommes, retranchés à Alcetria, se sont installés chez Don Figueras, un petit bourgeois du village qui vieillit mal, condamné à circuler avec  sa chaise roulante et son aversion pour les personnes qui n’ont pas de convictions nationalistes. Une drôle de relation s’instaure entre Mattéo et le vieil homme, entre haine et attirance, qui débouchera sur  une révélation à laquelle Mattéo est loin de s’attendre. Amélie sera délivré en échange du curé et ce, grâce à l’intervention de Don Figueras.

 

Alors que les fascistes se font de plus en plus pressants, Mattéo ne cesse de douter sur son devenir mais également sur son entourage, partagé entre la blonde Aneschka et la brune Amélie qu’il affectionne particulièrement toutes les deux.

Que faire, rester cantonné dans ce village de repli ou sortir de la nasse dans laquelle ils sont enfermés, Mattéo et ses compagnons de fortune ?

Avec cet avant-dernier opus de cette remarquable série romanesque, l’auteur complet Jean-Pierre Gibrat alimente le suspens de cette série, tout particulièrement avec  ce pauvre Mattéo qui ne cesse et plus que jamais, de se chercher. A la guerre physique s’ajoute une guerre psychologique auquel personne n’est préparée, au point de se demander si la tempête n’est pas plus dévastatrice dans les boites crâniennes des protagonistes.   

 

Avec un dessin dynamique, les personnages hauts en couleurs  évoluent dans un décor de carte postale dont le dessinateur Jean-Pierre Gibrat a le secret et ce, pour le plus grand bonheur du lecteur.  A l’aube du dernier opus, nul ne doute que beaucoup de lecteurs seront partagés entre le désir de connaître le dénouement et celui de voir prolonger cette belle série.

MATTEO Cinquième époque (octobre 1936-janvier 1939) GIBRAT Editions FUTUROPOLIS 64 pages, 17,00 €

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 13 Novembre 2019

Minnie Mouse, le secret de tante Miranda, en route vers les aventures enneigées…

Noël approche et Minnie s’évertue à trouver des idées de cadeaux pour Mickey. Quand une lettre de sa vieille tante Miranda, émérite scientifique, bouleverse tout le programme : voilà qu’après avoir vécu des années dans l’Himalaya, dans le froid et la neige, à démontrer l’existence du Big Foot, elle décide de s’exiler au Mexique. Quelle nouvelle, toutes ses affaires vont  être vendues à Yellow Rock, et surtout, se souvient Minnie, un certain calepin noir ! Impossible pour Minnie de voir partir un tel souvenir et la voilà déterminée à retrouver l’objet de sa convoitise. Son amie Clarabelle ne comprend pas son engouement mais reste bien décidée à ne pas la laisser partir seule affronter la neige, le blizzard et qui sait, peut-être Big Foot, l’abominable homme des neiges, et qui d’autres encore ?

Après le superbe hommage au personnage de Mickey avec Une mystérieuse mélodie, l’auteur complet Bernard Cosey enchante à nouveau son lectorat avec une belle aventure dans les neiges, terrain de prédilection de l’auteur avec une intrépide Minnie, prête à tout affronter pour arriver à ses fins. Le scénario, bien construit, s’adresse à tous, petits et grands, où chacun y trouvera son compte, les anciens à qui cet opus rappellera les Silly Symphonies, aux jeunes, la magie Disney auquel s’ajoute le talent de cet auteur. On appréciera tout particulièrement les dialogues vifs mais également l’audace de l’auteur lorsqu’il va jusqu’à faire ronfler la si délicate Minnie.

Le dessin épuré et tout en rondeur, si caractéristique de Bernard Cosey, met remarquablement en valeur cette histoire et si on ne connaissait pas sa biographie, on se demanderait s’il n’avait pas dessiné des aventures de Disney toute sa vie.

MINNIE ET LE SECRET DE TANTE MIRANDA COSEY Collection Disney Editions GLENAT 72 pages, 17,00 €

Bernard Launois

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Publié le 20 Octobre 2019

Le Vagabond des étoiles, quand la souffrance pousse à l’imaginaire…

Darrel Standing, ingénieur agronome interné pour meurtre, sait que ses jours sont comptés à San Quentin, la prison d’état de Californie. Alors qu’il attend d’être pendu pour meurtre et pour d’autres faits, il ne peut s’empêcher de se livrer à des bravades face à une administration pénitentiaire bornée et belliqueuse. Cette attitude va lui valoir des sévices hors du commun, tels que la camisole de force endossée des jours entiers. Comment pouvoir affronter ses souffrances sans basculer dans la folie ? La solution réside peut-être dans sa propension à s’évader par les rêves en pratiquant l’auto-hypnose…

 De Guillaume de Saint-Maure dans le Paris de Louis XIII à l’ermite hystérique, en passant par la conquête de l’Ouest confrontée aux attitudes belliqueuses de Mormons, les pensées oniriques ne cessent d’affluer pour braver les souffrances et au-delà, résister aux gardiens et à leur direction qui n’ont de cesse de lui faire avouer des exactions qu’il n’a pas commises.

L’auteur complet Riff Reb’s a encore frappé et ce, de belle manière. Le scénario de ce premier opus, qui sera suivi d’un second tome, libre adaptation du roman éponyme de Jack London, transporte le lecteur dans un univers carcéral des plus terrifiants où l’avilissement des êtres reste la constante. Le scénario, fort bien construit, alterne les périodes de rebellion et des sévices subis en retour avec les transports chimériques de son cerveau.

La force de cette histoire réside notamment dans la faculté du scénariste à réaliser un récit dynamique adapté à la bande dessinée sans altérer le contenu du roman. Encore récemment, pas Riff Reb’s a déjà réalisé d’excellentes adaptations pour la bande dessinée, plus particulièrement dans le monde de la mer. Ici, le changement de cap s’avère des plus réussis avec un univers en vase clos contrebalancé par des saynètes délirantes et chevaleresques.

Le dessin réaliste de Riff Reb’s n’est pas en reste et sert de belle manière son scénario avec des encrages profonds, renforcés par des aplats numériques qui corroborent le côté tragique du récit.

Indispensable !

LE VAGABOND DES ETOILES RIFF REB’S Collection Noctambule Editions SOLEIL, 96 pages, 17,95 €

Bernard Launois

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Publié le 7 Octobre 2019

No Direction, no future

 

Quand Jebediah, dit Jeb, rencontre la jeune Bessie, sa vie de paumé est déjà bien entamée, entre une prime jeunesse à faire des petits boulots merdiques et à commettre des larcins qui vont rapidement finir en tuerie. Jeb est une petite frappe qui s’est aperçu que toute sa puissance résidait dans le couteau qu’il avait façonné de ses mains et avec lequel il signe maintenant tous ses méfaits. La vie de Bessie n’est guère plus attractive, retranchée derrière un comptoir de bar au fin fond de l’Amérique profonde à servir des pochtrons. Las de cette vie vraiment pas folichonne, elle va sauter sur l’occasion de s’enfuir avec ce jeune tueur qui l’attire, alors qu’il vient de régler son compte à une jeune femme qui cherchait à lui soutirer du fric. Les présentations sont vite faites et ce qui importe, c’est tout d’abord de voler une voiture pour partir loin de cette région où ils ne sont plus les bienvenus. Et comme rien ne se passe comme ils l’auraient souhaité, ils commencent tous les deux à semer la mort sur leur passage, coursés par la Police en les personnes de  Brett Edmund, le shérif-adjoint de Sugar Love et la pulpeuse Thomson, agent spécial.

Les agents fédéraux arriveront-ils à stopper leur cavale sanglante et si oui, à quel prix ?

L’auteur complet Emmanuel Moynot emmène le lecteur dans un road-movie au rythme endiablé, et ce dernier se demandera, tout le long des vingt chapitres qui composent l’opus, jusqu’où les deux jeunes tourtereaux  seront capables d’aller à mener une telle vie à 200 à l’heure, peut-être contre la mort. Au long de cette féroce fuite, le scénariste distille au fur et à mesure des 160 pages d’autres vies guère plus reluisantes, de paumés qui ne pourront que croiser, au détour d’un chemin, nos deux jeunes amants déterminés à en découdre.

Conçu comme un comics avec des feuillets de 8 pages ponctués d’un visuel couleurs, le dessin réaliste d’Emmanuel Moynot, rehaussé par des couleurs monochromes, colle parfaitement à ce récit haletant qui devrait ravir les amoureux de policiers américains.

NO DIRECTION MOYNOT Editions SARBACANE 160 pages, 24,00 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 4 Octobre 2019

Snow blind, la pièce manquante du puzzle

Voilà bientôt près d’une vingtaine d’années que le jeune Teddy a atterri  en Alaska, en compagnie de ses parents. Teddy ne sait jusqu’à maintenant pourquoi ils sont venus s’enterrer dans une région froide et désertique alors qu’il est né sous le soleil de la Louisiane. Son post sur les réseaux sociaux d’une photo de son père en train de cuver dans la neige, après un barbecue bien arrosé,  ne va pas tarder à enclencher une machinerie dont il était loin de s’imaginer. Voilà qu’il apprend que son père fait partie d’un programme de protection des témoins ! Qu’a-t-il fait pour en arriver là, que s’était-il passé pour que ses parents lui aient caché peut-être quelque chose d’inavouable ? Les agents du FBI ne tardent pas à débarquer sur leur propriété après avoir appris qu’un homme décidé à en découdre était également sur la trace de son père.

Impossible de rester avec trop de questions, Teddy n’a qu’une idée en tête, découvrir la vérité, mais surtout pas en questionnant ses parents qui n’ont pas eu le courage de la dévoiler à leur fils unique.

Le scénariste Ollie Masters embarque le lecteur dans un comics pas ordinaire où Teddy va découvrir que la vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Le suspense, accompagné de ses sueurs froides, monte au fil des pages à mesure que tourne l’engrenage, et l’enquête va se révéler des plus périlleuses avec une fin des plus détonantes.

Quant au dessin de Tyler Jenkins, taillé à la serpe à l’image du scénario, il met bien en valeur ce thriller au pays du froid polaire qui ne pourra assurément pas laisser le lecteur tiède.

Une mention particulière est à décerner à cette nouvelle collection dénommée Grindhouse Stories forte déjà de six albums et qui devrait ravir les amateurs de comics et de série B.

SNOW BLIND MASTERS/JENKINS SNOW BLIND Collection Grindhouse Editions GLENAT 112 pages, 19,95 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 1 Octobre 2019

Purple Heart T1 Le Sauveur, quand le poids des souvenirs empêche de vivre…

Tous les gars qui ont vécu la guerre de trop près et qui ont eu la chance d’en revenir ne sont plus jamais les mêmes après une telle expérience ! Joshua ne fait pas exception à la règle, et alors qu’il foule depuis déjà quelques mois ses terres américaines ancestrales, il ne cesse de ressasser cette sale période dans les Ardennes belges en 44 quand il fallait tuer pour sauver sa peau. Que faire après, sinon trouver un job de privé pour lequel ses compétences de débrouillard ne sont plus à prouver ? Et le voici embringué dans une affaire bien singulière de racket à cause de photos compromettantes pour une épouse volage qui pourraient, si elles venaient à sortir, mettre à mal les visées politiques du mari bafoué. Parallèlement, à cette histoire, à priori banale mais qui va vite se compliquer, Joshua met à  mal deux anciens nazis qui recherchent trois tableaux chez Aron, un de ses amis. Dans quels guêpiers s’est fourré ce diable de Joshua, se trouvant maintenant en charge de deux affaires qu’il va lui falloir mener de front ? 

Quel plaisir avec ce premier opus de Purple Heart de retrouver, par certains côtés, la série Lou Cale réalisée à la fin des années 80 par déjà nos deux compères et qui a fait le bonheur de nombreux lecteurs amateurs de policiers, sous le ciel américain !

Après plus de trente ans de collaboration, le tandem Warnauts/Raives fait toujours merveille et  le lecteur va découvrir un polar bien construit avec des personnages, souvent torturés, dans les décors newyorkais des années 50 au charme suranné d’une Amérique fort contrastée, tantôt flamboyante où l’argent coule à flots et peuplée de belles limousines et de petites pépées qui cherchent à se faire un nom, tantôt misérable, où la pègre règne en maître. Le découpage est précis, les dialogues vifs avec un dessin réaliste rehaussé par des couleurs chatoyantes.

Un cahier graphique avec notamment des propositions de couverture vient compléter ce bel album à découvrir instamment.

PURPLE HEART T1 LE SAUVEUR RAIVES/WARNAUTS Editions LE LOMBARD 64 pages, 14,45 €

Bernard Launois

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Publié le 29 Septembre 2019

Le Château des animaux T1, ou le règne du despotisme

Les hommes ont quitté depuis fort longtemps le château et ont été rapidement remplacés par les animaux pour leur plus grand plaisir de ces derniers. Hélas, ce que tous les animaux ont pris pour une victoire  va rapidement se transformer en cauchemar pour quasiment tous, hormis quelques despotes qui ont décidé de faire régner la terreur. Exploiter ses congénères en les terrorisant, n’est-ce pas une triste méthode déjà bien rôdée et adaptée par bon nombre de tyrans ?

Comme l’indique le scénariste du présent ouvrage, Xavier Dorison, si l’excellente fable animalière de Georges Orwell, La Ferme des animaux, « met en exergue le processus de confiscation des idéaux démocratiques par des dictateurs sanguinaires », sa vision reste irrémédiablement sans avenir. Peut-être existe-t-il une lueur d’espoir pour une rémission ? C’est assurément avec une ténacité et une volonté de fer que la néanmoins timide chatte Miss Bengalore va s’employer, avec l’aide de quelques amis, lapin et rat, à tenter de renverser dans la douceur et la dérision le pouvoir de ce diable de président Sylvio, taureau de son état, et de ses sbires de chiens. Seulement, le chemin est semé d’embûches et les soi-disant amis se rallient au pouvoir, de peur d’être attachés au poteau d’exécution. Vont-ils réussir l’impossible, renverser le pouvoir ?

Xavier Dorison livre là une histoire bien singulière, peuplée d’animaux souvent plus humains que le commun des mortels, et qui va assurément faire réfléchir le lecteur et lui rappeler que le despotisme ne date pas, hélas, d’hier et qu’il est encore bien présent dans bon nombre de pays. Des dialogues percutants, souvent drôles alors que les situations ne s’y prêtent pas forcément, entraînent le lecteur dans une aventure qui ne laissera pas indifférent. Avec le premier opus d’une série qui en comptera quatre, Xavier Dorison plante bien le décor d’une barbare autocratie que bon nombre d’animaux ne se sont pas encore résignés à subir ad vitam aeterman.

Avec un scénario pareil, le dessinateur Félix Delep ne pouvait être en reste et nous gratifie d’un splendide dessin animalier, que beaucoup de ses collègues rêveraient de pouvoir exécuter avec autant de talent. Les animaux sont plus vrais que nature et leurs expressions et mimiques dignes de productions de dessins animés.

Enfin, on attribuera une mention particulière à la coloriste Jessica Bodard qui met bien en valeur le dessin de Félix Delep.

LE CHATEAU DES ANIMAUX T1 Miss Bengalore  DORISON/DELEP Editions CASTERMAN 72 pages, 15,95€

Bernard Launois

 

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Publié le 25 Septembre 2019

Notre part des ténèbres, quand l’énergie du désespoir mène à toutes les extrémités…

Adapté de son roman éponyme, le scénariste Gérard Mordillat relate un drame de la révolte sociale. Un de ces drames, hélas, vécu par bon nombre de salariés depuis quelques années, sous le joug des fonds spéculatifs qui ne cherchent qu’à rentabiliser leurs investissements, quitte à faire retrouver sur la paille la main d’œuvre dont on fait peu cas et qui détruit la vie des salariés et de toutes leurs familles.

Milan, employé de Mondial Laser fait partie du lot des laissés-pour-compte, tout juste bon à pointer au chômage, après bon nombre d’années de bons et loyaux services. Mais le drame de Milan ne s’arrête pas là, son fils employé stagiaire est également renvoyé comme un malpropre et ne l’a pas supporté au point de mettre fin à ses jours.  Vengeance ! Milan n’a que ça en tête et l’opportunité de frapper un grand coup contre ces actionnaires va voir le jour à l’occasion d’une croisière organisée sur le Nausicaa pour la nuit de la Sylvestre. Prendre les commandes du bateau, en compagnie de ses collègues, va s’avérer des plus simples car c’était sur ce projet que travaillait le fils de Milan. La fête sera alors vite gâchée lorsque les convives, comprenant notamment des pontes et des membres du gouvernement, apprendront que le bateau est miné et que la détermination des ex-employés s’avère des plus prégnantes. Quelle angoisse ! Jusqu’où les preneurs d’otage iront-ils ? Les autorités vont-ils pouvoir enrayer cette machination diabolique ?

Ces questions vont trouver leurs réponses tout au long des 96 pages de cet album haletant.

Gérard Mordillat dépeint avec cynisme notamment la couardise et l’égoïsme de dirigeants d’entreprises et membres du gouvernement, prêts à tout eux aussi, pour sauver leurs peaux. Le suspens est bien ménagé et sur fonds de remake du Titanic, le lecteur suivra avec intérêt la partie de poker-menteur qui se développe entre les actionnaires et les ex-salariés mais également, chacuns entre eux.

Remarquablement mis en scène par le dessin hyperréaliste du dessinateur Eric Liberge, le lecteur va vite se prendre au jeu. On ajoutera des couleurs particulièrement sombres, renforçant encore un peu plus le côté anxiogène de cet opus.

NOTRE PART DES TENEBRES MORDILLAT/LIBERGE Editions LES ARENES BD 96 pages, 20,00€

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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