coup de coeur bernard launois

Publié le 30 Juin 2018

Arrêt de jeu où le monde impitoyable du football

Lucas DiLucca, jeune footballeur professionnel, est à l’apogée de sa gloire. Licencié d’une des plus grandes équipes de football de l’Hexagone, il est l’un des joueurs les plus courtisés.

Il a travaillé dur pour en arriver là, et les sacrifices ont été importants pour grimper les marches et en arriver à être un des meilleurs buteurs de la Ligue 1. Ferrari, vie facile, petites amies tarifiées car il pense que ces dernières ne lui causeront pas d’ennuis, pas comme toutes ces groupies qui rêvent de vivre aux crochets d’une telle vedette, voilà la vie de jeune homme qui élève seul son fils.

Les matchs, les entraînements, mais aussi les soirées organisées par les sponsors pour amortir les sommes colossales englouties dans les clubs sont des passages obligés pour entretenir la notoriété des joueurs tels que lui. Seulement cette vie faste où l’argent coule à flots ne va-t-elle pas exciter les jalousies, même parmi ses proches amis qui n’ont pas eu la réussite escomptée ? Les fréquentations sont-elles toutes bonnes à prendre ?

L’excellent scénariste Matz a encore frappé et de quelle manière ! Alors que la Coupe du monde se déroule en ce moment, Matz embarque le lecteur dans un récit des plus excitants, et l’on se demande bien comment va finir cette histoire dans laquelle le monde de l’argent est omniprésent. Dès les premières pages, le lecteur va vite s’apercevoir que Lucas est entraîné, malgré lui, dans une histoire dont il va avoir toutes les peines à se dépêtrer, mais n’aura de cesse d’engloutir les pages pour en connaître la fin.

Avec un dessin plutôt hyperréaliste, Xavier Lemmens sous le pseudonyme Lem, s’est rapidement approprié le scénario glaçant et cynique de Matz pour nous livrer un  bel opus.

Assurément et même si cela reste une fiction, après avoir lu la dernière page de l’album, le lecteur ne verra plus un match de football de la même manière.

ARRÊT DE JEU MATZ/LEM Editions CASTERMAN 96 pages, 16.50 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 29 Juin 2018

Blue Giant T1, quand la musique est bonne....

 

Dai est un jeune adolescent qui vit avec son père et sa sœur, partageant sa vie entre ses cours de terminale et deux passions, le basket et le jazz, avec une prédilection toute particulière pour le saxophone.

Petit à petit le saxo va envahir sa vie, au point de l'entraîner tous les jours dans la nature. Car qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il fasse chaud, au risque d'abîmer son instrument, Dai n’a plus qu’un objectif dans la vie, celuide devenir un grand saxophoniste. De Miles Davis à Bill Evans en passant par Charlie Parker, c’est décidé, c’est à eux qu’il ressemblera et il sera même plus fort !

 

 

Seulement Dai ne sait pas lire une partition et c’est à l’oreille qu’il entreprend de reproduire tous les standards du jazz des années 50, en s'entraînant dur tous les soirs. A cela s’ajoute le fait que personne ne l’a encore écouté jouer, et le doute commence à s’installer gentiment : saura-t-il réussir ?

Mais tout le monde sait que du rêve à la réalité, le pas à franchir est souvent insurmontable.

Malgré une belle ténacité et une grande opiniâtreté, Dai va devoir surmonter bon nombre de difficultés à commencer par devoir renoncer au basket, et en faire part à ses amis qui ne comprennent pas trop cette passion pour une musique dont ils connaissent à peine le nom. Que faire pour que le déclic se fasse et qu’enfin il croie à ses chances ? Trouvera-t-il son salut chez le marchand d’instruments qui le ravitaille en anches ?

L’auteur complet Schinichi Ishizuka transporte le lecteur, tant par son scénario bien construit que par son dessin alerte, dans l’univers de la musique au travers de Dai, qui appréhende le jazz avec candeur. Dès les premières pages, le lecteur s’attendrira sur ce jeune adolescent, son enthousiasme et son abnégation pour réussir à s’approprier un instrument des plus difficiles à maitriser.

 

Voilà une belle entrée en matière avec ce premier opus d’une série qui en comptera dix, où le lecteur aura assurément plaisir à se plonger dans l’univers des salles obscures, en écoutant les standards qui auront apporté toutes ses lettres de noblesse au jazz.

BLUE GIANT T1 Ténor saxophone ISHIZUKA Collection Seinen Éditions GLENAT 226 pages 7,60€

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 15 Juin 2018

Il faut flinguer Ramirez, sous le règne des tontons flingueurs…

Il y a plus d'un âne qui s'appelle Martin, maxime bien connue pour souligner un nom trop commun. Ici, pas de Martin mais un Ramirez,  patronyme largement usité l’histoire se déroulant à deux pas de la frontière mexicaine. Jacques Ramirez, quadragénaire muet, s’avère être un employé modèle plutôt doué de ses mains chez un fabricant d'aspirateurs, et qui va faire les frais d'une incroyable méprise car il aurait le même nom et à peu près le même profil qu’un gangster recherché par un cartel mafieux mexicain. 

Comme quoi, même quand on ne cherche pas les ennuis, ils viennent tout naturellement à soi.

La traque des gangsters pour neutraliser le jeune quadra, voire pour l'éliminer, contraste singulièrement avec l'attitude placide de l'employé modèle qui n'a pas réalisé la chasse à l'homme dont il fait l'objet, et l'auteur complet Nicolas Petrimaux embarque le lecteur dans une course-poursuite aux dialogues à la Audiard, où les cadavres s'alignent  à une vitesse déconcertante. Sur fond de villes d'Arizona aux belles couleurs saturées de Léo Siret, avec des véhicules des années 80, des courses-poursuites, le dessin s'avère des plus dynamiques et le lecteur n'aura de cesse de savoir si l'on a enfin fini par flinguer Ramirez !

Au format comics s'ajoute une pagination digne des productions américaines, avec des chapitres agrémentés de dessins pleine page de pin-up et autres aspirateurs, fierté de la société Robotop.

Cet album est une véritable réussite qui se dévore comme un bon film de Tarantino.

Avec un acte 1, tout dans la finesse et la délicatesse, cet opus fort prometteur laisse augurer une suite des plus tonitruantes.

Indispensable !

IL FAUT FLINGUER RAMIREZ PETRIMAUX collection GLENAT COMICS Éditions GLENAT 144 pages 19.95€

Bernard LAUNOIS

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Publié le 9 Juin 2018

Night's Dominion saison 1 ou le club des 5, version comics

"Qui se ressemble, s'assemble" a-t-on l'habitude de dire. Ces cinq personnages que sont le barde, l'acolyte, l'assassin,  le mage et la barmaid semblent ne pas correspondre au vieil adage, et pourtant ? Habitants d'Umber, une cité ancienne où les riches sont très riches et les pauvres, très pauvres, les cinq lascars ont décidé de refaire le monde et surtout de s'accaparer un trésor détenu dans les tréfonds de la tour d’Uhlume. Emerane, la servante à l'initiative du projet, a besoin de beaucoup d'argent, et l'occasion de remplir ses poches est trop bonne ! Réalité ou fantasme sur ce supposé trésor, le meilleur moyen de le savoir est d'aller y voir. Seulement, c'est là que tout se complique car l'endroit est fort bien gardé et ils ne seront pas trop de cinq, avec chacun sa spécialité, pour déjouer les gardes armés jusqu'aux dents et rompus à enrayer toutes les attaques.

Que recèle véritablement la tour ? Sont-ils attendus ?

Le suspense est entier et l'auteur complet Ted Naifeh, qui n'est pas un novice dans le comics, sert avec talent  un récit mouvementé où le réel côtoie l’heroic Fantasy, sans oublier nombre de traits d’humour. Pas ou peu de répits pour ce premier opus, qui propose de nombreux combats singuliers livrés par nos cinq compères face à des hordes de soldats aguerris.

Le dessin hyperréaliste rehaussé par des couleurs numériques chaudes renforce de belle manière un premier album prometteur.

Si le public de lecteurs est assurément ciblé parmi les 12-25 ans, cette série peut aussi intéresser des publics d’une autre génération, ne seraient-ce que ceux qui ont baigné dans la regrettée période Lanfeust de Troy et qui retrouveront dans ce comics les dynamismes du dessin et des dialogues.

 

 

 

 

NIGHT'S DOMINION Saison 1 NAIFEH Collection LOGG-IN Éditions GLÉNAT 176 pages, 12.50€

Bernard LAUNOIS

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Publié le 8 Juin 2018

Aspirine T1, la vampire qui n’arrive pas à vieillir

La vie est injuste, même chez les vampires. Voilà 300 ans qu’Aspirine essaie de dépasser le stade de l’adolescence qu'elle exècre, en vain ! Ce n’est pas comme Josacine, sa superbe sœur ainée de vingt-trois ans qui vit pleinement cette période, multipliant les conquêtes qu’elle emmène régulièrement dans son lit, alors qu’Aspirine se contente de subir ses éternelles crises d’adolescence. Que faire, suivre des cours de philo à la fac, passer ses nerfs sur les hommes qu’elle trouve lourds en… les dégustant car, comme tout vampire qui se respecte, elle aime le sang ? Lui faut-il continuer à exterminer tous ceux qu’elle trouve « relous » ? Entraîner son prof de philo dans une aventure fantastique ? Il y aurait bien Ydgor, un éternel ado plutôt doux rêveur , qui aurait un peu d’intérêt à ses yeux…

 

 

Le très prolifique Joan Sfar n’est pas à sa première histoire de vampires et l’on peut dire qu’il s’en sort plutôt bien. Les lecteurs assidus de l’auteur auront assurément apprécié les histoires du Grand vampire mais également du Petit vampire relancées dernièrement aux éditions Rue de Sèvres. Après avoir traversé notamment les albums Grand Vampire et L'homme-Arbre, voilà qu’Aspirine devient l’héroïne d’une histoire. Cet album ne fait pas exception à la qualité des précédents avec un scénario plutôt original, dans lequel le lecteur aura plaisir à suivre les déambulations de cette adolescente en perpétuelle rébellion contre la terre entière mais surtout contre elle-même, à cause de ce mal de vivre à force de ne pas trouver encore sa place dans la société, d’autant plus que cela fait trois siècles que ça dure !

Les dialogues sont alertes, les répliques souvent drôles et le personnage sanguinaire attirera l’empathie du lecteur par ses côtés candides, voire fleur bleue.

On ne présente plus le dessin vif et acéré de l’auteur complet Joan Sfar qui aura dessiné pas loin d’une centaine d’albums en une trentaine d’années et marqué toute une génération de lecteurs. On soulignera les belles couleurs de sa fidèle et incontournable coloriste Brigitte Findkaly qui donne toute la dimension à ce dessin inimitable et attachant.

A lire expressément !

ASPIRINE SFAR Editions RUE DE SEVRES 130 pages, 16.00€

Bernard LAUNOIS  

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Publié le 1 Juin 2018

Moins qu'hier (Plus que demain), une satire de la vie de couple moderne

La vie de couple est rarement un long fleuve tranquille, et quand c’est l’auteur Fabcaro qui se met à la dépeindre le lecteur ne va pas être déçu !

Toute vérité n’est pas bonne à dire, et assurément cette maxime apparait dans l’album comme un leitmotiv cinglant. De l’homme ou de la femme, c’est à celui qui balancera les remarques les plus désobligeantes, mettant tellement mal à l’aise le lecteur que c’en finit par être drôle. Sous forme de sketchs d’une page, tour à tour les déboires de Fabien s’évertuant dans son lit à appeler sa femme Géraldine, laquelle n’a visiblement pas l’intention de le rejoindre, et les dizaines de couples qui ont du mal à cohabiter, bouffés par leur quotidien, le scénariste étale avec talent, toutes les frasques de couples souvent désabusés. La difficulté à vivre ensemble est mise en exergue par l’auteur Fabcaro, qui n’hésite pas à grossir les traits de couples s’évertuant à se jeter à la tête toutes les horreurs qu’ils ont accumulées au fil du temps.

Dans un premier temps, le lecteur ne pourra s’empêcher de rire sur les bons mots, les réparties et les situations cocasses que cela occasionne puis… peut-être sera-t-il tenté de faire un parallèle avec sa propre vie ou celle de personnes qu’il côtoie au quotidien. Prises au premier comme au deuxième degré, selon l’état d’esprit dans lequel on sera à leur lecture, ces historiettes ne pourront laisser indifférent.

Avec un dessin épuré au maximum, et quelques couleurs jetées pour renforcer le trait parce que l’essentiel n’est pas là, seules comptent les joutes verbales.

A consommer sans modération !

MOINS QU’HIER (Plus que demain) FABCARO Collection GlénAARG ! Editions GLENAT 64 pages, 12.75 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 27 Mai 2018

Midnight Tales T1, âmes sensibles s'abstenir !

On pourrait aisément reprendre le titre d'une chanson d'Alice Cooper, Welcome to my nightmare, tellement ses histoires sont cauchemardesques : de The last dance à Devil's garden en passant par Samsara et Nightmare from the shore, le premier album collectif créé et dirigé par le talentueux Mathieu Bablet démarre très fort. 

Aussi, le lecteur n'aura pas de mal à se prendre rapidement au jeu des scénarios, tous signés de Mathieu Bablet (accompagné de Gax pour Devil's garden #1) qui mettent en scène des personnages féminins ayant pris leur destin en main pour combattre les forces du mal. Du suspense, de l'action, des découvertes incroyables, tous les ingrédients fantasmatiques sont présents pour se régaler dans ces histoires incroyables.

 

 

Il faut apporter une mention spéciale pour les dossiers conçus par Claire Barbe qui accompagnent chaque histoire, remettant dans le contexte des éléments qui se seraient déroulés ou pas et qui ont servi de fil conducteur aux récits.

Enfin, pour compléter ce premier opus, le récit glaçant d'Elsa Bordier, illustré par l'auteur complet Mathieu Bablet, entraîne le lecteur dans un déménagement vraiment pas ordinaire.

Bien que les styles des dessinateurs présents dans l’album soient différents, il ressort de l’ensemble une belle homogénéité, avec des dessins plutôt hyperréalistes qui vont transporter le lecteur en Virginie-Occidentale mais également en Inde ou en Angleterre…

Dans un support souple au format comics, ce premier opus s’avère une belle réussite qui mérite le détour et qui préfigure une bonne série.

A frissonner instamment !

MIDNIGHT TALES COLLECTIF Editions ANKAMA 140 pages, 13.90 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 21 Mai 2018

MADE IN ABYSS T1, en avant pour l’aventure dans les profondeurs…

Depuis la nuit des temps, la ville d'Orse vit au rythme d'une faille incommensurable qui recèlerait d'étranges créatures, mais également des vieilles reliques qui auraient été déposées au fur et à mesure des siècles, excitant des convoitises. Rico, jeune adolescente orpheline, fait partie de ces "caverniers", des aventuriers qui ne vivent que pour descendre au fond du trou. Marcher sur les pas de sa mère qui, jadis, a été l’une de ces conquistadors, et peut-être découvrir les raisons pour lesquelles elle est orpheline sont assurément les éléments moteurs de sa détermination. Alors que les descentes se suivent, avec leur lot de difficultés, Rico découvre le corps inanimé d’un jeune garçon, Legu, qu'elle entreprend de ramener à la vie. Qui est-il, comment est-il arrivé là ? Vient-il d'une autre planète pour être ainsi capable de résister aux conditions surhumaines qu'engendre la vie des profondeurs ? Toutes ces interrogations, une à une élucidées, vont bouleverser le destin de Rico.

Voilà un scénario plutôt original que nous propose l'auteur complet Tsukushi AKIHITO, en situant une bonne partie de son récit dans les tréfonds de la Terre où les protagonistes apprennent à se découvrir, à se soutenir dans un univers des plus hostiles. Par certains côtés, on retrouve dans Made in Abyss l’esprit du Voyage au centre de la terre de Jules Verne, auquel on ajoutera beaucoup de poésie.

Le talent de Tsukushi AKIHITO s’exprime également dans un dessin semi-réaliste où le travail du crayonné apparait très poussé, et auquel on aurait appliqué une mise en couleurs à base de variations de gris et de noir soulignant le côté oppressant des profondeurs.

Pas difficile donc de comprendre que cette série ait déjà été primée par le Prix Manga Taisho 2018, sans parler de la diffusion de son adaptation animée en 2017.

A lire instamment !

MADE IN ABYSS T1 AKIHITO Éditions OTOTO 160 pages, 8.99 €

Bernard LAUNOIS 

 

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Publié le 13 Mai 2018

Pas d’panique ! Edika est là et bien là !

 

Pour les amateurs de franche rigolade et d’histoires abracadabrantes, la sortie d’un album d’Edika est toujours un événement et celui-ci en est encore la preuve ! Beaucoup de détracteurs diront qu’avec Edika c’est toujours pareil, la longue litanie de son alter-ego Bronsky Proko, toujours en quête d’histoires et qui se retrouve à chaque fois dérangé par un ou plusieurs membres de sa petite famille. Et quelle famille, entre sa femme Olga stoïque en toute circonstance, son fils (Paga) Nini qui a toujours besoin de quelque chose et l’inénarrable Clark Gaybeul, matou destroy et débonnaire.

Mais justement, là réside tout le talent d’Edika, il est capable de se renouveler.  

C’est au milieu de cette famille peu ordinaire que le pauvre Bronsky tente de surnager, entre le stress de la page blanche, l’ineffable pâté d’encre venant malencontreusement envahir une case qui a déjà bien du mal à émerger, et les appels incessants du rédacteur en chef de Fluide Glacial contraint par les délais d’impression de la revue.

Et ça fait trente-sept ans et pas loin d’une quarantaine d’albums que ça dure, c’est dire si la longévité de Bronsky n’est pas usurpée !

Proposant une quinzaine d’histoires toutes aussi hilarantes les unes que les autres, l’auteur complet EDIKA emmène le lecteur dans ses délires, voire ses fantasmes avec des créatures aux formes plantureuses qui surgissent au détour d’une case, bouleversant le pauvre Bronsky qui ne sait où donner de la tête.

A consommer sans modération, à l’unique condition de ne pas se décrocher la mâchoire tellement c’est drôle.

PAS D’PANIQUE EDIKA Editions FLUIDE GLACIAL 64 pages, 12.90 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 10 Mai 2018

Morts par la France, Thiaroye 1944, le récit d’un massacre organisé, fiction ou réalité ?

Le devoir de mémoire est tellement important pour les générations présentes et futures qui n’ont pas connu les affres de la guerre, mais encore faut-il que la mémoire n’ait pas été travestie.

C’est sur ce précepte qu’Armelle Mabon, alors étudiante en histoire, s’est appuyée quand elle a commencé à creuser les conditions dans lesquelles des soldats indigènes qui se sont battus dans les rangs de l’armée française ont été abattus, dans des circonstances qui restent à élucider. Tout d’abord, combien furent-ils à être passés par les armes ? Assurément plus que les 35 morts et 35 blessés dont le rapport des officiers fait état. Y avait-il eu une rébellion des soldats indigènes mettant en difficulté les troupes françaises qui venaient de les rapatrier de Morlaix, peu après la libération, pour qu’un gradé ait pris la décision de les neutraliser de la sorte ?

Trop de questions sans réponse pour cette jeune femme à l’apparence frêle, qui va se jeter à corps perdu pendant plus de vingt ans dans une recherche historique sur les fusillés de Thiaroye, recherche qui s’apparente plus d’ailleurs à un travail d’investigation, de journaliste. Les embûches et les non-dits sont légion et il lui faut se battre contre les autorités, fouiller les boites enfouies dans les archives militaires pour tenter de comprendre ce qui s’est réellement passé.

Le scénariste Pat Perna s’est emparé avec brio de l’histoire d’Armelle Mabon en le traitant à la manière d’une enquête, comme celles que l’excellente revue XXI édite trimestriellement dans ses colonnes. Les propres investigations sur le terrain des auteurs ont assurément permis de mieux appréhender l’histoire et la restituer le plus fidèlement possible.

Le dessin alerte de Nicolas Otero, rehaussé des couleurs pastel de 1ver2anes permet au lecteur de s’immerger rapidement dans le récit et ne plus quitter l’album jusqu’à son funeste épilogue.

Le lecteur pourra, s’il le désire, (re)découvrir l’article dans la revue XXI n° 39 d’été 2017 afin de compléter l’album BD.

Indispensable !

MORTS PAR LA France Thiarore 1944 PERNA/MABON/OTERO Editions LES ARENES BD 146 pages, 20,00 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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