coup de coeur bernard launois

Publié le 5 Juillet 2019

L’agent T1, quand la magie s’en mêle…

A la tête d’une équipe dynamique et entraînée, Rhym jeune lieutenant des stups traque tous les trafics avec plutôt pas mal de réussite jusqu’au jour où… l’incompréhensible arrive. Alors qu’ils s’apprêtaient à coincer un indic sur les quais du métro,  considéré par Rhym comme le tocard plus facile à interpeler de Paris,  celui-ci est froidement descendu par un suspect qui protège sa fuite en balançant de l’herbe qui paralyse toute la station… sauf Rhym qui se lance à sa poursuite.

Pourquoi Rhym n’a-t-elle pas succombé à la même démence que les voyageurs ? Serait-elle douée de pouvoirs analogues à ceux du suspect qui lui a échappé ? Comment expliquer à ses supérieurs la cacophonie du métro alors qu’elle s’en sort fraîche et pimpante ? Va-t-on lui donner les renforts nécessaires pour poursuivre cette enquête des plus démoniaques ?

Le scénariste Mathieu Gabella plonge le lecteur dans les arcanes du renseignement, qu’il aura doublé de pouvoirs de sorcellerie dont seraient dotés des êtres conscients de leur pouvoir de malfaisance, et d’autres qui découvrent bien malgré eux qu’ils appartiennent à cet univers fantasmagorique. Le récit est haletant, bien rythmé, bien angoissant aussi. Bref, il rassemble tous les ingrédients d’un bon polar avec près de 120 pages de courses-poursuites et de découvertes macabres, qui aurait toute légitimité à être mis en scène au cinéma.

Collaborateur régulier auprès des éditeurs Dark Horse Comics et DC Comics, le dessinateur Fernando Dagnino s’est emparé avec talent de ce scénario diabolique. Avec un style plutôt réaliste, les personnages évoluent dans un décor et une atmosphère des plus effrayants, renforcés par des couleurs sombres.

Un dossier confidentiel, composé de fac-similés de courriers de services de police, de croquis de recherche de personnages, d’interviews des auteurs, complète ce premier opus voué à une suite assurément à rebondissements.

L’AGENT T1 Initiation GABELLA/DAGNINO Collection Grindhouse Editions GLENAT  144 pages, 19,95 €

Bernard Launois

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Publié le 1 Juillet 2019

Rio T4, un final à la hauteur de la série

La vie a bien changé à la favela Beija-Flor depuis que la bande de Rubeus a mis en place un marché parallèle permettant aux autochtones pauvres d’obtenir de la nourriture et des médicaments à moindre prix. Plus la communauté quasi indépendante prospère, plus elle exaspère les autorités brésiliennes qui cherchent par tous les moyens de se débarrasser de ce contre-pouvoir bien gênant.

Avec un scénario bien ciselé, les auteurs de Rio terminent en beauté la série par un final des plus haletants.

Quel avenir pour ces combattants des favelas épris de justice, alors qu’ils se sentent délaissés par les autorités brésiliennes ? Rubeus, avec ses troupes armées jusqu’aux dents et ses idées socialistes, arrivera-t-il à faire plier la police brésilienne ? Lucas règlera-t-il enfin ses affaires familiales avec son père militaire, qui s’est mobilisé contre les bandes armées des favelas ?

On ajoutera la magie vaudou qui interférera assurément dans le déroulé du récit pour un tableau des plus sombres.

Cette fois, toutes les cartes s’abattent et voici soixante-dix pages haletantes dans lesquelles les actions fusent à chaque page et où le lecteur n’en finira pas de rencontrer rebondissement sur rebondissement. Si certaines scènes sont parfois d’une grande cruauté et à ne pas mettre entre toutes les mains, il n’empêche que rien n’est jamais gratuit dans cette fiction largement inspirée de faits réels.

Saluons le travail du dessinateur Corentin Rouge qui a remarquablement mis en image cette belle histoire avec son trait hyperréaliste renforcé par des couleurs chatoyantes.

Alors pour ceux qui n’auraient pas encore plongé dans ce récit, c’est le moment de suivre les aventures de Rubeus, Démonio, Luana et tant d’autres, de vibrer à leur rythme, leurs émotions dans un Rio difficile, celui de la pauvreté, du trafic et autres prostitutions.

RIO T4 Chacun pour soi GARCIA/ROUGE collection 24X32 Editions GLENAT 80 pages, 18,00 €

Bernard Launois

 

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Publié le 10 Juin 2019

Après l’enfer T1, le jardin d’Alice, un grand parfum d’amertume

L’été 1865 voit la guerre de Sécession se terminer après quatre ans de boucherie, faisant plus de 600 000 morts et laissant beaucoup de rage, de soif de revanche de part et d’autre. Le retour de trois anciens confédérés sur les terres sudistes ravagées par les pillages est le théâtre d’une rencontre avec deux jeunes filles marquées par ces années de sévices : Dorothy, traumatisée par le pillage de sa ferme et Alice, recroquevillée dans son mutisme, comme si elle se réfugiait derrière un miroir pour oublier.

Quel avenir pour les cinq rescapés qui n’auront de cesse de tenter de se reconstruire après cet affrontement fratricide ? Quel drame Alice a-t-elle vécu pour agir ainsi ?

Le scénario fort bien construit de Damien Marie embarque le lecteur dans une pathétique fin de guerre, où les vainqueurs n’en finissent pas de prendre leur revanche. Avec le premier opus de ce diptyque, les nombreux flashbacks, matérialisés par un traitement en mono-couleur, permettent de mieux comprendre le cheminement présent des protagonistes de l’histoire.  

Le talentueux dessinateur Fabrice Meddour s’est parfaitement approprié le scénario en faisant évoluer des personnages abimés tant physiquement que moralement par des années de guerre dans un bayou à feu et à sang. Son dessin hyperréaliste, rehaussé de belles aquarelles et autres encres acryliques, sublime le récit.

Un seul regret cependant, c’est de devoir encore attendre quelques mois pour connaître le destin de ces personnages.

APRES L’ENFER T1 Le jardin d’Alice MEDDOUR/MARIE Collection GRAND ANGLE Editions BAMBOO 54 pages, 14,90€

Bernard Launois

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Publié le 27 Mai 2019

LIBERTY BESSIE T1, sur les pas de son père

 

Quand on a une vingtaine d’années au fin fond de l’Alabama dans les années 40, ce n’est pas simple pour une jeune fille noire de s’adonner à  la passion de l’aviation. Alors, entre les difficultés dues à la ségrégation et celles occasionnées par le sexisme, vouloir passer le brevet de pilote relève de la gageure. Mais peu importent les vexations et les dénégations de la famille, Bessie Bates a une volonté de fer. Après trois ans d’efforts grâce au concours de Roscoe, un ancien pilote afro-américain des « Tuskegee Airmen » qui, pendant la deuxième guerre mondiale, a effectué notamment des missions d’escorte sur l’Italie, elle décroche enfin le sésame !

Maintenant qu’elle détient le fameux brevet, que va-t-elle en faire ? Pour quelles raisons Roscoe s’est-il  particulièrement occupé de la tempétueuse Bessie?

Toutes ces questions ne vont pas tarder à obtenir des réponses dans un opus où la vie de Bessie va véritablement se transcender. Les scénaristes Jean-Pierre Djian et Pierre-Roland Saint-Dizier dressent rapidement le tableau en entraînant le lecteur dans une histoire romanesque des plus intéressantes et haletantes, où l’aviation sert admirablement de vecteur pour narrer la vie pas ordinaire d’une jeune fille téméraire et déterminée dans tout ce qu’elle entreprend. Les évènements se succèdent à vitesse grand V qui devraient trouver leur dénouement à la fin du diptyque.

Les dessins hyperréalistes et les couleurs léchées de Vincent font merveille dans une histoire taillée pour lui. Des scènes de combat remarquables qui n’ont rien à envier à celles de spécialistes du sujet, aux vicissitudes de Bessie évoluant dans de superbes décors régaleront bon nombre de lecteurs.

Alors, en route pour l’aventure à travers le ciel…

LIBERTY BESSIE T1 UN PILOTE DE L’ALABAMA VINCENT/DJIAN/ SAINT-DIZIER Collection 24X32 Editions GLENAT 56 pages, 14,50 €

Bernard Launois

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Publié le 21 Mai 2019

Le Loup, ou le berger et ses brebis, faut-il choisir ?

Gaspard, vieux berger encore dans la force de l’âge, vit toute l’année dans le massif des Écrins avec pour seule compagnie Max, son chien. Depuis que son fils est mort en combattant au Mali et que sa femme n’arrive pas à se sortir d’une dépression, il a pris la décision de ne plus redescendre dans la vallée, hormis à l’occasion de son ravitaillement annuel, au moment de la vente des ovidés. Seulement les saisons se suivent et ne se ressemblent pas et il faudra tuer la louve qui avait égorgé une cinquantaine de brebis et d’agneaux, devant son louveteau qui la tétait encore.

Le jeune loup va grandir et devenir un beau mâle qui va investir le territoire de sa mère décédée, territoire qui est aussi celui du berger et surtout de ses brebis.

Va s’engager un combat de titan entre les deux antagonistes, le loup qui lutte pour sa survie et Gaspard qui défend bec et ongles son gagne-pain. Et à ce jeu du qui perd gagne, il faudra attendre la fin de l’album pour connaitre le vainqueur.

L’auteur complet Jean-Marc Rochette livre là un récit fort, avec des relations humaines souvent rudes voire violentes, dictées par les aléas de la vie : le décès du fils de Gaspard et tout ce que ça engendre, mais également la dureté du métier et ses relations avec la nature. On rajoutera cette relation particulière avec le loup, animal haï par Gaspard et toute une profession qui défend son beefsteak. Avec un scénario fort bien construit qui va crescendo dans son déroulement, Jean-Marc Rochette tient son lecteur en haleine tout au long de l’album.

Le dessin réaliste aux encrages marqués de Jean-Marc Rochette fait merveille, et se retrouve sublimé par  les talents de la coloriste Isabelle Merlet.

Pour les amateurs de la montagne, de la nature, de l’humain, cet opus est assurément à découvrir.

LE LOUP ROCHETTE Editions CASTERMAN 112 pages 18,00 €

 

Bernard Launois

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Publié le 18 Mai 2019

Zibeline T1, sur l’autre rive, en route vers l’inconnu…

Quand, Tannicia, jeune enfant rebelle kidnappée pour un sacrifice vaudou, parvient à s’échapper vers le marécage où elle manquera de se noyer,  elle ne pense pas se réveiller au milieu d’humanoïdes à têtes d’animaux. Adieu, son grand frère Babou qui l’insupporte mais qu’elle aime tant, et bien évidemment Wawa, son oryctérope. Bienvenue à D’jo le lion, Choubère le chameau et Merline la crocodile, ses nouveaux compagnons de route qui ne savent pas d’où elle vient et qui vont faire tout ce qu’ils peuvent pour que Tannicia retrouve son village et sa famille. Seulement, si elle veut pouvoir dormir parmi eux et se faire accepter dans leur village, Tannicia doit choisir un nom dans le grand livre. Ainsi Tannicia, alias Zibeline maintenant, respecte la loi de la Mangrove et va pouvoir, affublée de ses trois compagnons, essayer de trouver des indices pour revenir parmi les siens.

Les coscénaristes Régis Hautière et Régis Goddyn transportent, dès les premières pages, le lecteur vers une aventure des plus extraordinaires, peuplée de sorciers vaudous, de personnages plus improbables les uns que les autres, et d’une adorable petite fille qui n’a pas froid aux yeux et qui n’a surtout pas la langue dans sa poche. Avec un  scénario rythmé, des dialogues enlevés et souvent cocasses, la lecture se fait d’une traite, et l’on regrette à son terme que le premier  tome soit déjà fini.

Quant au dessin, il nous montre un Mohammed Aouamri qui n’a pas son pareil pour illustrer les histoires d’heroïc fantasy et qui, cette fois encore, excelle en la matière. Des humanoïdes évoluant dans des décors fantasmagoriques qui ne sont pas sans rappeler l’univers de Disney.

Dès les premières pages le charme  opère, et le lecteur n’aura qu’à suivre avec délectation les mésaventures de cette petite gamine au milieu d’un monde étrange où les humanoïdes se comportent comme des humains, de Stroke l’espiègle souriceau qui ne pense qu’à monnayer ses services quitte à proposer n’importe quoi, au roi des singes qui se prend d’affection pour Zibeline.

Un cahier graphique vient compléter ce bel opus qui ne demande qu’une suite…

ZIBELINE T1 AOUAMRI/HAUTIERE/GODDYN Editions CASTERMAN 64 pages, 15,00 €

Bernard Launois

 

 

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Publié le 14 Mai 2019

La Curée,  l’argent tout-puissant au service du vice et de la débauche

Argent et sexe font souvent bon ménage et sont assurément les maîtres-mots de cet album.

En premier lieu, l’argent! Arrivé pauvre dans la capitale, Aristide Saccard n’a que ce mot à la bouche, et n’a qu’une seule obsession, celle de faire fortune à tout prix dans ce Paris de la fin du 19ème siècle, en pleine restructuration avec tous les projets haussmanniens qui fleurissent à chaque coin de rue.

L’ennui est le fruit de l’oisiveté et induit souvent l’envie de rompre la monotonie. Et quoi de mieux que le sexe, surtout quand il est interdit, pour tromper l’ennui tout en bravant l’interdit. Renée, la deuxième épouse de Saccard va s’y consacrer résolument en s’amourachant de son beau-fils, un jeune éphèbe promis à la fille d’un richissime bourgeois afin de conforter la position financière d’Aristide Saccard.

Les coscénaristes Cédric Simon et Éric Stalner livrent là une belle adaptation de l’œuvre de Zola, sans fioritures. La mise en dialogue et en images d’un tel texte n’avait rien d’évident et on peut dire que le pari est réussi, permettant au lecteur de s’y plonger avec délectation.

La mise en images d’Eric Stalner est toujours aussi précise, avec ses décors hyperréalistes et ses personnages aux gueules bien marquées.

Bref, l’alchimie est créée et cette version de La Curée donne une furieuse envie de se replonger dans le deuxième volume du grand œuvre d’Emile Zola : n’est-ce pas là le plus beau compliment que l’on puisse faire à cet album ?

LA CUREE STALNER/SIMON Editions LES ARENES BD 128 pages, 20,00€

Bernard Launois

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Publié le 12 Mai 2019

Torpedo 1972, toujours égal à lui-même 36 ans après

36 ans se sont écoulés, et c'est autant de bougies de plus pour Lucas Torelli, alias Torpedo,  qui a pris beaucoup de rides et qu'on retrouve plutôt diminué et fort taciturne. Par contre, il n’a pas perdu de son mordant et de son arrogance que lui confère son statut de caïd new-yorkais, toujours prêt à défourailler pour remplir un contrat et empocher la commission. Alors quand James Halliday, journaliste au Wall Street Journal flanqué de Wendy, photographe bimbo, décide de faire un reportage sur le fameux Torpedo, ils ne savent pas dans quel guêpier ils vont se fourrer. Personnage haut en couleurs, Torpédo va malgré tout se laisser aller à quelques confidences qui auraient du rester entre eux. Seulement, la séance photo se passe mal pour Wendy, et James, furieux que sa petite amie ait été malmenée par le caïd, décide de révéler les dites confidences, avec pour conséquence la vengeance de Torpédo.

Le lecteur va (re)découvrir les frasques d’une petite frappe remarquablement mise en scène par le  scénariste Enrique Sanchez Abuli  qui revient, avec bonheur, sur une série démarrée dans les années 80 et forte d’une quinzaine d’albums. Cette fois, ce sont  les démêlés de son héros 36 ans plus tard qu’il développe. Les dialogues sont toujours aussi percutants et le récit des plus plaisants pour les amateurs de cette période new-yorkaise, marquée par la prohibition et les règlements de compte.

Si le scénario affiche toujours la même signature, il n’en est pas de même pour le dessin réalisé aujourd’hui par Eduardo Risso, dessinateur plus spécialisé dans les comics, et qui livre là un graphisme bien dans le style de ses prédécesseurs, auquel on rajoutera cette fois la couleur des plus réussies, à la façon de Brüno.

Une mention spéciale pourra être décernée à cet opus pour le cahier graphique de recherches et d’esquisses de personnages mais également pour une nouvelle en fin d’album dont Enrique Sanchez a le secret.

TORPEDO 1972 ROSSI/ABULI Editions VENTS D’OUEST 64 pages 12,50 €

Bernard Launois

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Publié le 7 Mai 2019

Tokyo Revengers T1, vers un retour salutaire

La vie de Takemichi n'est guère reluisante. Il faut dire qu'à vingt-six ans, il n'a jamais été apte à  faire grand chose de ses dix doigts, incapable de se prendre en main et vivant de petits boulots qu'il n'assume pas.

Seulement deux événements tragiques et conjoints vont irrémédiablement transformer sa vie : l'information du décès d'Hinata, la seule petite amie qu'il a été capable d'avoir, et son grave accident de la circulation qui va le ramener douze ans en arrière. Pourquoi douze ans en arrière, jour pour jour ? Y aurait-il un rapport avec sa période de bad boy où il côtoyait des bandes de loubards qui ne pensaient qu'à se tabasser ?

« Si j'avais su, j'aurais sûrement fait autrement ! » Qui ne s’est pas posé un jour la question de refaire le monde à  l'envers pour améliorer son quotidien, voire transformer radicalement sa vie ou celle des autres ? C'est ce thème qu'aborde, avec beaucoup de talent, l'auteur complet Ken Wakui, en transcendant les capacités de son personnage pour l'amour de cette jeune adolescente femme.

Les dialogues traduits en français, plutôt enlevés, utilisent particulièrement le verlan cher à  notre jeunesse, et avec son dessin plutôt teinté d'hyperréalisme on pourrait aisément transposer le récit dans une banlieue de chez nous, si les décors et les personnages ne sortaient pas tout droit des banlieues tokyoïtes. Si bon nombre de bastons peuplent cet album, il n’en reste pas moins que le lecteur n’aura de cesse de connaître la façon dont Takemichi arrivera à ses fins pour sauver la belle Hinata.

Voici un premier opus d'une nouvelle série de mangas plutôt prometteuse qui devrait intéresser autant les adolescents que les adultes.

TOKYO REVENGERS WAKUI Collection Shônen Editions GLENAT 192 pages 6,90€

Bernard Launois

 

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Publié le 3 Mai 2019

Joyride T1, si jeunesse savait…

Uma Akkolye, adolescente intrépide et réactionnaire, n’envisage pas un seul instant de rejoindre l’armée de la Jeunesse Alliée chargée de défendre la terre. Son seul objectif, c’est d’aller visiter au-delà du dôme et enfin de s’affranchir de la propagande télévisuelle pour citoyens lobotomisés qu’elle exècre.  Dewydd, éperdument amoureux de la jeune fille, va se laisser embringuer dans une aventure dépassant ce qu’il pouvait imaginer : dérober un vaisseau spatial au nez et à la barbe de ses gardiens et filer à travers l’univers, à la recherche de l’émetteur d’un étrange message reçu quelques jours plus tôt. Qui les attend derrière le dôme, un humain, un androïde ? Assurément une aventure hors du commun, d’autant plus que l’inexpérience due à leur jeunesse risque bien de leur jouer de mauvais tours.

Les scénaristes Jackson Lanzing et Collin P. Kelly, qui ont notamment déjà participé aux récits de Batman & Robin Eternal, renouent pour une nouvelle aventure des plus palpitantes, entraînant ces jeunes adolescents dans un pur décor de science-fiction, peuplé d’êtres hideux et d’animaux improbables mais assurément pas dénué de sensibilité.

Paru aux États-Unis en chapitres et en fascicules, comme à l’accoutumée outre-Atlantique,

l’album offre un  scénario fort bien construit qui rebondit à chaque fin de chapitre, relançant inexorablement le récit. Les dialogues sont alertes et non dénués d’humour, et le lecteur se complaira à suivre les aventures de ces adolescents aventureux.

Marcus To, dessinateur des séries New Warriors et The Flash : Season Zero, met en image de belle façon ce scénario haletant, montrant des cases très dynamiques qui alternent avec des temps plus calmes afin de mieux rebondir ensuite.

On remarquera les  couleurs psychédéliques qui ne sont pas sans rappeler les tons utilisés dans les années 60 pour les premières bandes dessinées de science-fiction.

Cet album de 240 pages se lit d’une traite et l’on peut espérer que les autres albums de Joyride, au nombre de douze aux États-Unis actuellement, seront édités par les éditions GLENAT pour le plus grand plaisir des adolescents mais également des adultes.

JOYRIDE LANZING/KELLY/TO Collection LOG-IN Editions GLENAT, 240 pages 25,00 €

Bernard Launois

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