coup de coeur bernard launois

Publié le 27 Décembre 2018

Terre de feu, feux follets ou la fuite en avant…

Terre de feu, feux follets, lait de vache, vache de… et là s’arrête la ritournelle chantée par tous les enfants d’école primaire. La Patagonie, fin du XIXème siècle, n’est qu’une suite de vastes étendues de terre à l’infini où quelques propriétaires terriens exploitent des troupeaux de moutons. Univers uniquement masculin tellement la vie est rude et pourtant, Maria accompagne bien Antoine, son époux chargé de superviser le cheptel d’Emilio, le propriétaire.

Que sont-ils venus faire dans cette galère, à mille lieues de la civilisation ? Ont-ils quelque chose à cacher, à fuir ?  Antoine rentre du travail régulièrement saoul, Maria semble vouloir reconquérir Antoine, une mystérieuse bête décime les moutons du proprio, un Indien dépose régulièrement des statuettes sur les lieux de passage de Maria... Le tableau est dressé pour un récit des plus intrigants dont l’auteur complet Fred Bernard a le secret.

 

Cette fois encore, Fred Bernard s’attaque uniquement au scénario en confiant le dessin à Eddy Vaccaro. L’histoire est parsemée, au fur et à mesure du récit, d’indices permettant de connaitre les raisons de cette fuite en avant pour atterrir dans un endroit des plus inhospitaliers de la terre, sans parler d’événements qui vont venir émailler un drame psychologique pas banal.

Le superbe dessin semi-réaliste d’Eddy Vaccaro accompagne parfaitement l’ambiance dramatique qui s’installe au fur et à mesure de l’album. Il est remarquablement mis en couleurs par Anne-Claire Jouvray, qui a su sublimer le bel encrage du dessinateur.

Voilà un trio qui aura su faire passer beaucoup de poésie et de tristesse dans une bande dessinée de qualité que devrait apprécier bon nombre de lecteurs.

TERRE DE FEU, FEUX FOLLETS BERNARD/VACCARO Editions GLENAT 112 pages, 20,50 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 15 Décembre 2018

Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB  T3 – Quand les souvenirs resurgissent…

Avec ce troisième opus qui clôture la saga de son père, prisonnier de guerre au stalag IIB, c’est son retour de captivité en 1946 et sa lente reconstruction dans une Europe dévastée qui se cherche, que l’auteur Jacques Tardi va décrire.

Si le grand auteur Jacques Tardi aborde ses premières années de vie, ce n’est pas sous forme de biographie qu’il les narre, sa pudicité l’en aurait assurément empêché. C’est plutôt comme une manière de remettre dans le contexte de vie des générations meurtries, après tous ces soubresauts de luttes intestines et si dévastatrices, l’arrivée d’un enfant du baby boom, qui va essayer tant bien que mal de comprendre son père, notamment dans la persistance qu’il avait à rester militaire alors qu’il exécrait la guerre.

Ce dernier album de la trilogie sera aussi l’occasion pour l’auteur complet Jacques Tardi de revenir sur les périodes antérieures à la dernière guerre mondiale et retracer avec perspicacité, souvent sur un ton caustique, tous les éléments depuis 1870 qui auront amené à ce déferlement de haine et d’assouvissement de pouvoir dans une Europe qui n’avait pas su s’allier.

Si l’auteur s’était appuyé sur les cahiers de son père pour réaliser les deux premiers albums, c’est maintenant plutôt dans ses propres souvenirs d’enfance qu’il a puisé, ou dans des événements rapportés alors qu’il était bébé et qui lui ont permis de revenir jusqu’en 1953.

On retrouve dans cet album le ton alerte du narrateur, légèrement subversif, pour décrire avec justesse une période des plus difficiles du siècle dernier, en donnant au lecteur une belle leçon d’histoire. Avec son dessin ligne claire inimitable et des plus réussis, aux encrages profonds, le dessinateur Jacques Tardi fait mouche en transportant le lecteur.  

L’album se termine par un cahier instructif d’une dizaine de pages agrémenté de photos, relatant le retour aux sources de l’auteur lorsqu’il vécut en Allemagne alors que son père s’était réengagé dans l’armée.

Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB  T3 - Après la guerre TARDI Editions CASTERMAN 160 pages, 25,00 €

Bernard Launois

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 13 Décembre 2018

Villevermine T1, l’homme qui parlait à l’oreille des objets

Villevermine, voilà une ville bien nommée, tout l’archétype d’une cité à fuir tellement elle est sale, polluée, délabrée, remplie de petits malfrats toujours prêts à se faire du fric sur le dos des autres… Malgré tout, toute une population y vit ou plutôt y survit, et le privé Jacques Peuplier fait partie des « heureux » résidents. Il est chargé de résoudre l’énigme de la disparition de Christina, la fille Monk, famille de malfrats notoires : pour cela peu de pistes, mais un don dont il est doté, celui de pouvoir converser avec les objets, ce qui va lui permettre de glaner quelques indices dans la chambre de la demoiselle. L’enquête peut commencer, mais elle va être semée d’embûches car il s’approche trop du savant fou, que protègent les hommes-mouches. A trop vouloir remuer la matière fécale, elle finit par sentir et à devenir proprement incommodante. Arrivera-t-il à se sauver de ce pétrin qui le dépasse ? Sa rencontre avec un petit garçon accompagné du chat Mauvais-Poil lui sera peut-être salutaire… à moins que ne cela ne vienne des objets qu’il chérit ?

A la manière d’un bon polar, l’enquête se déroule avec son lot de retournements de situation, et la particularité qu’a le privé de parler aux objets n’est pas étrangère à l’originalité du scénario. Le dessin semi-réaliste plutôt efficace, rehaussé par des couleurs souvent ternes soulignant le côté crasseux et lugubre dans lequel évoluent les personnages, plante rapidement l’ambiance oppressante.

Villevermine a été nominé parmi les 42 albums sélectionnés officiellement par Angoulême 2019, quoi de plus naturel pour cet album de qualité qui se dévore à plein dents, et dont le lecteur aura assurément à cœur de découvrir le dénouement dans le deuxième opus.

A découvrir instamment.

VILLEVERMINE T1 –L’HOMME AUX BABIOLES LAMBERT Editions SARBACANE 92 pages, 15.00 €

Bernard Launois

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 9 Décembre 2018

SAMBRE, CELLE QUE MES YEUX NE VOIENT PAS, à quelques encablures du dénouement…

Alors que le jeune adolescent Bernard-Marie tente de s’émanciper aux côtés d’une tante possessive qui le sent s’éloigner de plus en plus d’elle, en s’échappant de son quotidien écrasant  grâce à sa passion pour la photographie et pour le théâtre parisien qu’il rêve de découvrir, la vie s’écoule doucement dans la bastide de ses parents.

On ne peut pas en dire autant de la vie tumultueuse de sa sœur jumelle, l’orpheline Judith, dans le Paris de la fin du 19ème siècle où règnent insouciance et luxure. C’est en vendant son corps dans le bordel dénommé le pays des Sphynges, qu’elle espère secrètement devenir l’égérie d’un mentor qui la ferait brûler les planches d’un théâtre bouffe parisien.

Pour ces deux jumeaux qui ne se connaissent pas, les rêves deviendront-ils réalité ? Sont-ils eux aussi atteints de la malédiction familiale des yeux rouges ? Vont-ils finir par se rencontrer ?  Autant de questions restées jusque là sans réponse.

Le talentueux auteur complet Bernard Yslaire livre là assurément un des ses albums les plus aboutis tant au niveau du scénario que du dessin. Le lecteur va déambuler dans la vie de ces deux êtres qui se cherchent, chacun à leur manière, sans encore se trouver. La série Sambre, chef d’œuvre du romantisme, commencée il y a maintenant plus de trente ans, a su garder toute sa fraicheur avec ses multiples rebondissements qui sont encore nombreux dans cet avant-dernier opus.

Pour ceux qui voudraient découvrir les originaux de l’album, une très belle exposition a lieu du 5 décembre au 16 janvier 2019 à la galerie Glénat, Carreau du temple 22, rue de Picardie 75003 Paris.

SAMBRE T8 CELLE QUE MES YEUX NE VOIENT PAS … YSLAIRE Editions GLENAT 72 pages, 17.50 €

Bernard Launois   

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 8 Décembre 2018

Peyo, une vie à schtroumpfer, mais pas que !

Résumer à son plus grand succès seulement la carrière de Pierre Culliford, plus connu sous le nom de Peyo, serait une hérésie tellement cet auteur complet avait plus d’une corde à son arc.

De Capitaine Coky à Benoit Brisefer en passant par les ineffables Schtroumpfs, l’auteur complet Peyo aura enchanté toute une jeune génération de lecteurs.

A l’heure de fêter dignement les soixante ans des Schtroumpfs, petits personnages bleus apparus pour la première fois dans la série de Johan et Pirlouit avec la Flûte à six Schtroumpfs, les éditions Daniel Maghen ont gâté leur lectorat en lui offrant une formidable biographie, fort documentée, richement agrémentée de calques, de mises en couleurs… qui en font un bel objet à lire et à relire.

Bien évidemment, cette encyclopédie sur Peyo ne pouvait pas commencer sans la préface d’un de ses plus fidèles lieutenants, François Walthéry, jeune dessinateur de 17 ans à l’époque de leur rencontre et  qui aura été à ses côtés pendant plus de dix ans. Avec cette biographie, les auteurs Vincent Odin et José Grandmont  réalisent là un remarquable travail tant  dans la description de la vie de Peyo, peuplée d’anecdotes, que dans le choix des illustrations. Cette présentation chronologique a le mérite de montrer l’évolution du dessin d’un des plus grands dessinateurs de bande dessinée, mais également de permettre au lecteur de se rendre compte de la somme de travail qui a pu être abattue pour mener de front les nombreuses séries et satisfaire l’industrie cinématographique qui s’était entichée, à juste titre, de ces petits hommes bleus, toujours autant adorés aujourd’hui par petits et grands.

On notera, pour les mordus de Peyo qui en veulent encore plus, une version limitée à 250 exemplaires comprenant les quatre chapitres du volume sous forme de carnets séparés, ainsi qu’un cinquième carnet.

A ne surtout pas schtroumpfer à quelques encablures de Noël, à moins de s’en mordre les doigts !

UNE VIE A SCHTROUMPFER PEYO/ODIN Editions DANIEL MAGHEN  370 pages, 59.00 €

Bernard Launois

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 29 Novembre 2018

Artbook, Bricoles, Gribouillis de Christophe Chabouté, quand les tiroirs recèlent des trésors…

Des Récits, album collectif sur Arthur Rimbaud au deuxième tome de Moby Dick, c’est près d’une vingtaine d’albums réalisés par l’auteur complet Christophe Chabouté qui enchantent les lecteurs toujours plus nombreux. Si le dessin noir et blanc n’a pas toujours remporté  l’adhésion du public, souvent plus attiré par des couleurs chatoyantes, souvent flatteuses, des artistes comme Christophe Chabouté ont transcendé le genre et lui ont donné toutes ses lettres de noblesse.

Cette fois, point d’histoire à raconter, mais plutôt un brillant florilège de somptueux dessins qui seraient sortis des cartons de l’artiste.

L’ArtBook  commence par une suite remarquablement bien orchestrée de  portraits de bluesmen, tous plus émouvants les uns que les autres. Suivent des illustrations de musiciens dont la réputation n’est plus à faire, tels que Jimmy Hendricks, Nick Cave ou Keith Richard, des pochettes de disques, des affiches de spectacle de blues… Seulement, l’émotion ne s’arrête pas là. S’ensuit une avalanche de dessins sur l’univers de la ville, peuplés de chats noirs, puis des instantanés de mégalopoles américaines. L’univers de l’enfance n’est pas oublié avec des clins d’œil à Calvin & Hobbes, Gaston Lagaffe, Spiderman, John Difool, Corto Maltese et… Didier Comès, l’autre grand spécialiste du dessin noir & blanc ; la fin du volume étant consacrée à bon nombre de travaux préparatoires aux albums conçus par l’auteur.

Bricoles, gribouillis, voire fonds de tiroirs, sont des mots retenus pour faire le titre de l’ArtBook qui ne sont, décidément, vraiment pas appropriés. Petites pépites auraient assurément mieux collé à ces dessins. Si Charlélie Couture, réalisateur d’une très belle préface, qualifie ce titre d’autodérision de son travail, il importe également de rajouter que la modestie de ce grand artiste est passée par là !

Voilà un ouvrage fait pour les inconditionnels des réalisations de Christophe Chabouté, mais également pour tous les amoureux d’un beau trait, souvent épuré, faisant toujours mouche. Gageons que ce bel objet de près de 300 pages réalisé par les éditions Glénat  ornera indubitablement de belle manière l’étagère de nombreuses bibliothèques, toujours prêt à être repris, relu, re-compulsé avec un bonheur et des émotions sans cesse renouvelés.

Indispensable !

BRICOLES GRIBOUILLIS FONDS DE TIROIR ARTBOOK CHABOUTE Editions GLENAT 290 pages, 39.00 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 21 Novembre 2018

Midnight Tales T2, où l'ésotérisme féminin au pouvoir

L'aventure fantastique continue avec ce deuxième opus tout aussi passionnant que le précédent, comprenant quatre bandes dessinées aux quatre coins de la planète, du Massachusetts à la Thaïlande avec la suite de Devil's garden, en passant par l'Egypte et l'Angleterre sans oublier deux nouvelles pas ordinaires agrémentées d’illustrations de Mathieu Bablet. On commence par l’histoire de Witch Winchester où les scénaristes Morse, Maudoux et Bablet rebondissent avec talent sur la légende de la malédiction de la famille Winchester qui veut que l'épouse du créateur de la carabine éponyme fasse construire une maison avec autant de pièces que de personnes tuées par la Winchester afin de recueillir leurs âmes.

L'Égypte des pyramides et ses mystères autour de la mort reste un terrain propice à l'hermétisme que n'hésite pas à revisiter l'auteur complet Mathieu Bablet avec la terrifiante histoire de Sir Bartholomew, lequel frappé d’un sortilège et devant tenir dans une urne, sera prêt à y laisser sa fortune pour recouvrer sa taille normale. Réussira-t-il à se sortir de ce guêpier avec le talent des midnight girls ? 

Résumer cet album de 136 pages à ces deux seuls récits serait particulièrement réducteur, compte tenu de la qualité des histoires tout aussi passionnantes les unes que les autres, mais n'est-ce pas là un stratagème pour inciter le lecteur à s’y plonger et découvrir par lui-même ces histoires fantasmagoriques ? Après tout, cette chronique n'aura peut-être comme seule finalité que de donner l'eau à la bouche ?

Quant aux dessins et aux couleurs, s'ils sont diamétralement opposés les uns les autres, il s'en dégage néanmoins une belle unité donnant sens à ce deuxième collectif.

Enfin, le lecteur appréciera de retrouver, en encart dans la couverture, les sources qui ont permis de bâtir les récits pour lui donner l'envie d'en connaître un peu plus.

Voilà un pari bien réussi pour ce deuxième collectif placé sous le signe de l'ésotérisme féminin, qui réussit à captiver son lectorat de la première à la dernière page.

MIDNIGHT TALES Collectif Label 619 Éditions ANKAMA 136 pages 13,90 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 17 Novembre 2018

DAS FEUER, quand l’horreur est universelle...

« Un mètre cinquante de longueur sur soixante-dix centimètres de largeur et sur quatre-vingt centimètres de profondeur », c’est le trou que le croque-mort réalise pour enterrer le cercueil ? Que nenni, c’est l’excavation que doit faire chaque soldat allemand pour se « protéger » face aux attaques du front français. C’est sur ces propos cyniques que s’illustre le récit d’un épisode de la  « drôle de guerre ». S’ensuit une longue litanie de toutes les misères qu’ont pu supporter les différents protagonistes de cette boucherie organisée par des gradés des deux camps, Allemands et Français.

La suite, bon nombre de personnes la connaissent pour avoir eu dans leur famille, leurs amis, parmi leurs arrière-grands-pères, des personnes qui ont subi les affres de la guerre. L’originalité de cet album réside dans une très bonne adaptation du roman « Le feu » d’Henri Barbusse (prix Goncourt 1916) par le scénariste Patrick Pécherot qui a transposé l’action dans le camp allemand.

De troufion Kropp au caporal Müller en passant par Katczinsky, c’est bientôt trois générations de poilus qui croupissent dans leurs trous en attendant de se faire canarder par les Français. Le scénariste Patrick Pécherot a su très justement tirer toute la quintessence du poignant roman d’Henri Barbusse sublimé par le dessin de Joe Pinelli sans cesse renouvelé, album après album. Les crayonnés poussés sont renforcés par un gris soutenu, accentuant le caractère angoissant du récit.

Tout est là, le texte percutant, accablant, le dessin vif, haletant et si cet album vient s’ajouter aux innombrables ouvrages consacrés, à juste titre, à ces horreurs, il fait assurément partie de ceux incontournables au devoir de mémoire pour les nouvelles générations.

  DAS FEUER PECHEROT/PINELLI Collection Ecritures Editions CASTERMAN 200 pages, 22.00 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 12 Novembre 2018

APOSIMZ – LA PLANETE DES MARIONNETTES T1, bienvenue dans le monde des zombies !

Aposimz, astre artificiel venu de nulle part, à l’air raréfié et traversé par un froid sibérien, abrite une poignée d’hommes essayant de survivre dans ce cloaque. A l’occasion d’une sortie en vue de trouver de l’eau et de la nourriture, Ao, Biko et Esserow rencontrent une jeune fille agonisante poursuivie par une horde de soldats qui ont décidé de lui faire la peau. Alors qu’ils s’approchent d’elle pour venir à son secours, la jeune fille remet à Ao un code et sept espèces de balles qui auraient le pouvoir de détruire le monde… Info, intox, toujours est-il qu’après avoir caché les corps des soldats de l’empire, que vont-ils pouvoir faire ? Taire leur découverte avec un sentiment de culpabilité pour ne pas s’être assurés de la véracité des  dires de la jeune fille morte dans leurs bras, ou bien tout raconter au risque d’encourir de graves soucis ? Et puis, lorsque l’on s’apercevra que les soldats de l’empire ont failli à leur mission, ne tentera-t-on pas par tous les moyens de retrouver le précieux présent ?

L’auteur complet Tsutomi Nihei embarque le lecteur, dès les premières pages, dans un univers de science fiction plutôt original où les héros du récit disparaissent les uns après les autres pour faire place à des êtres immortels, plus proches du zombie que de la marionnette. S’engage une course contre la mort entre les êtres qui ont la capacité de pouvoir se régénérer en marionnettes et les autres. Aux dialogues alertes s’ajoute un dessin réaliste tout autant alerte et du plus bel effet. Les personnages  de l’équipe aventurière sont attachants, évoluant dans un univers  glauque des plus hostiles. On regrettera assurément que cet opus  n’ait pas été mis en couleurs, ne serait-ce que pour renforcer le côté anxiogène du récit.

Tsutomi Nihei fait partie des incontournables dans le monde du manga dark fantasy et le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême ne s’y trompe pas, en lui consacrant une grande exposition en janvier 2019 qui devrait ravir tous les amateurs de manga et au-delà, tellement son univers est riche et varié.

APOSIMZ La Planète des marionnettes NIHEI Editions GLENAT, 180 pages 7,60 €

Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 4 Novembre 2018

Mozart à Paris, où la musique n’adoucit pas forcément les mœurs de tout le monde !

Après bien des années à faire le tour de l’Europe pour se produire, bien que très jeune, accompagné de son père et de sa sœur Maria-Anna, Wolfgang Amadeus Mozart se retrouve au point de départ, à Salzbourg, la ville qu’il n’a jamais aimée. Enfin, l’opportunité d’en partir se dessine quand le prince-archevêque qui l’emploie lui rend sa liberté.

C’est accompagné de sa mère, son père n’en ayant pas été autorisé par le prince-archevêque, que Wolfgang Amadeus Mozart entreprend de conquérir Paris avec les appuis du diplomate et homme d’affaires Melchior Grimm. Arrivera-t-il à se faire un nom dans la Ville Lumière alors que personne ne l’attend ?

 

L’auteur complet Frantz Duchazeau, féru et fin connaisseur de musique classique et plus particulièrement de celle du génie Wolfgang Amadeus Mozart, raconte en images une période peu glorieuse pour le jeune musicien compositeur. Du fait de sa petite taille et de son aspect juvénile, il était considéré encore comme un gamin tout juste bon à agrémenter les soirées et à donner des cours à des nobles pour qui il ne servait que de faire valoir. Le scénario romance de fort belle manière la vie chaotique d’un Mozart tiraillé entre son père resté à Salzbourg et sa mère qui s’étiole chaque jour dans un appartement parisien, et ne rêvant que de retour. Les dialogues sont vifs et percutants, à la manière de la fougue d’un jeune prodige en quête de reconnaissance.

Avec un dessin semi-réaliste, chaque fois renouvelé dans ses différentes œuvres, Frantz Duchazeau transporte le lecteur dans le Tout-Paris de cette fin du XVIIIème siècle, utilisant l’artifice de grandir ou réduire ses personnages en fonction de l’ascendant psychologique qu’il veut leur donner dans la case. On ajoutera une mise en couleurs des plus agréables réalisée par Walter pour cet opus, une belle réussite qui donne assurément l’envie de se replonger dans les chefs d’œuvre du maître.

MOZART A PARIS DUCHAZEAU Editions CASTERMAN 94 pages, 18.95 €

Bernard LAUNOIS

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0