coup de coeur bernard launois

Publié le 8 Mai 2018

Je vais rester, ou l’art et la manière de faire son deuil

Palavas-les-Flots, station balnéaire du sud-est de la France, s’avère être le terrain de prédilection du couple Maturet pour profiter de vacances estivales.

Roland Maturet aime bien organiser leur vie jusqu’au bout des ongles et la semaine de vacances à Palavas ne fait pas exception. Tout est noté sur un petit calepin, de l’heure de départ de Châteauroux à l’heure d’arrivée à Montpellier, en passant par celle du rendez-vous chez la logeuse. Seulement, ça c’est la théorie… et la pratique est tout autre car si l’on pouvait tout programmer, et que tout ce passe sans anicroche, cela relèverait du miracle ! Hélas, un accident tragique va bouleverser l’ordre des choses alors qu’ils ne sont pas encore allés déposer les bagages dans leur location. Voilà que Fabienne se retrouve seule et les vacances n’ont pas vraiment commencé ! Que va-t-elle faire dans cette ville ? Retourner à la case départ, poursuivre les vacances si attendues ? C’est finalement la dernière solution qui sera retenue mais dans quel but ?

La stupeur passée, le refus d’un changement radical dans sa vie qui semblait si bien réglée avec Roland va-t-il pourtant permettre à Fabienne une découverte de l’inconnu ?

L’auteur complet Lewis Trondheim se consacre ici à un scénario pour le moins surprenant traitant le deuil quand il fait l’objet d’un déni. Show must go on, comme si aucun événement n’était venu troubler cette semaine de congé, le scénario va se dérouler au rythme du calepin de Roland, mais sans Roland. Le tour de force du scénariste aura été, tout au long de ces 120 pages, d’entraîner de belle manière le lecteur à suivre les errances de Fabienne dans ses rencontres. Beaucoup de tendresse, d’émotions, voilà une belle tranche de « vie » racontée par ce diable de Lewis Trondheim qui décidément surprendra toujours agréablement son lectorat.

Il est remarquablement accompagné par un Hubert Chevillard bien en verve, qui sert un dessin des plus efficaces, montrant un Palavas qu’il semble bien connaître - les connaisseurs du coin ne s’y tromperont pas ! On ajoutera les couleurs chaudes et saturées de l’été et celles des nuits étoilées qui rendent encore un peu réelle plus une histoire des plus plausibles.

Un album attachant à découvrir impérativement !

JE VAIS RESTER TRONDHEIM/CHEVILLARD Editions RUE DE SEVRES  pages, 18,00 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 5 Mai 2018

Sous les pavés… pas forcément la plage !

Mai 68, Jay, jeune photographe américain, suit un groupe d’anars alors que les mouvements estudiantins s’amplifient, notamment dans le Quartier Latin après l’évacuation de la Sorbonne par les forces de police. Mais les clichés de Jay s’attardent également sur Françoise, une petite bourgeoise débarquée de sa campagne et quelque peu perdue par tous ces événements qui la dépassent. Seulement, la belle est prise et Jay ne va pas tarder à le découvrir…

Après avoir revisité le XXème siècle avec Les Temps nouveaux, voilà que le tandem Warnauts & Raives s’attaque aux évènements de Mai 68 en France, mais pas seulement : cette période de trouble n’étant pas un épiphénomène français comme beaucoup se complaisent à le croire, mais aussi le théâtre de nombreux événements internationaux.

Au travers d’un interrogatoire policier de Jay, au lendemain des événements parisiens, le scénario entraîne le lecteur dans l’histoire de jeunes gens à la recherche d’un idéal sur fond de règlements de comptes dans le Paris de Mai 68.  

Le récit est bien rythmé et le lecteur aura plaisir à découvrir, sur fond de révolution, la vie de ces jeunes gens, pour la plupart des fils de bourgeois qui avaient l’intention de réformer le monde : de Sarah la jeune femme émancipée et légèrement accro aux substances interdites, à Armand son petit ami marié et culpabilisant, en passant par Didier le jeune Guadeloupéen attiré par les couguars…  mais aussi par le passé trouble du jeune Jay.

Férus d’histoire, les auteurs se sont attachés à retranscrire les événements en réalisant une très bonne histoire dans l’Histoire avec un dessin hyperréaliste fouillé et remarquablement mis en couleurs, invitant le lecteur à se (re)plonger dans une période des plus foisonnantes du vingtième siècle.

Enfin, une mention particulière est à décerner pour la double page consacrée à une chronologie historique qui permet de revoir tous les événements marquants de l’année 1968, des Etats-Unis à l’Europe en passant par le Vietnam.

A découvrir instamment !

SOUS LES PAVES WARNAUTS/RAIVES Collection SIGNE Editions LE LOMBARD 78 pages, 16.45 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 4 Mai 2018

Notre Amérique T2, un printemps mexicain ou l’espoir naissant d’une révolution.

1919, Julien, Max et Tina, après un voyage chaotique à bord du Libertad, pensaient pouvoir rejoindre la rive atlantique du Mexique et les rebelles dans les meilleures conditions, mais le comité d’accueil s’apparente à un règlement de comptes. En effet, l’armée planquée dans un train en station dans le village possède une redoutable mitrailleuse qui décime les guérilleros, lesquels ne possèdent que de vieux fusils incapables d’atteindre cette machine du diable ! Heureusement quand on n’a pas les moyens militaires pour riposter, on biaise en envoyant Julien à revers balancer des grenades ! Le retournement de situation va propulser le « gringo » français en sauveur. L’arrivée concomitante sur le champ de bataille du colonel Craven, compagnon de Tina la belle rebelle, va mettre fin aux combats.

Dire que Julien pensait  qu’en prenant le bateau pour le Nouveau Monde il allait pouvoir se laver d’être soldat, et enfin se déshabiller de cette drôle de guerre pour reprendre sa passion pour la photographie. Or, après avoir survécu à la boucherie de la guerre 14-18, voilà qu’il allait, en compagnie de son ami Max et de la ténébreuse Tina, embrasser une toute autre guerre. Car finalement, la soif de liberté est universelle et il faut assurément en passer par combattre les états totalitaires.

Le scénariste Kris, après avoir emmené le lecteur dans la saga Notre mère la guerre, le replonge dans un climat tout aussi belliqueux, où les rapports psychologiques sont souvent compliqués avec des personnages bruts de décoffrage, toujours prêts à en découdre pour la quête d’un improbable idéal. Peut-être une fuite en avant ? Le talent du dessinateur Maël n’est plus à démontrer, avec cette fois encore des personnages ou plutôt des « gueules » qui évoluent dans des paysages de toute beauté et rehaussés par une couleur directe efficace, du grand art !

On ne sait encore où cela nous mènera mais le trio infernal que composent Tina, Julien et Max devrait laisser encore de belles surprises à cette saga prévue en quatre volumes.

NOTRE AMERIQUE Deuxième mouvement UN PRINTEMPS MEXICAIN KRIS/MAËL Editions FUTUROPOLIS 64 pages, 16,00 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 2 Mai 2018

Le sentier de la guerre T1 Fort Buford ou le retour salutaire vers l’Ouest

Malgré le veto de sa mère, Diane Myers, une jeune peintre déjà auréolée de succès, décide par tous les moyens de rejoindre l’Ouest sauvage pour immortaliser la vie des Indiens des plaines. Seulement, à l’ère du soi-disant progrès, la lutte entre les politiques de Washington et les Indiens fait rage car ces derniers ne veulent pas être cantonnés sur des terres désertées par les bisons.

Aussi, quand avec l’aide de « Missouri » la jeune peintre finit par rejoindre  la tribu de Sitting Bull, le célèbre chef indien qu’elle rêvait de rencontrer, elle découvre un monde fascinant où les luttes intestines ne s’arrêtent pas à la couleur de peau. Va-t-elle pouvoir arriver à se faire intégrer dans ce monde de Peaux-rouges, elle la blanche bourgeoise qui n’a pour elle que son joli minois et ses talents de peintre ?

L’auteur complet Marc Bourgne nous livre encore une fois un fort beau scénario sur une période complexe avec des rapports difficiles, évoquant les guerres indiennes au travers de cette jeune femme fort attachante, souvent téméraire et bien naïve ; car la dure condition indienne où il faut défendre chaque jour son territoire et chasser pour nourrir les siens est fort loin de la vie dorée de Washington. 

Le dessinateur Didier Pagot sert remarquablement le scénario sur mesure de Marc Bourgne, avec un dessin hyperréaliste et dynamique, aux décors fouillés au point que le lecteur s’y croirait. On ajoutera les couleurs chatoyantes et tout à propos de Zuzanna Zielinska pour parfaire l’opus.

Ce premier album laisse augurer une belle série que nous espérons aussi réussie que Les Pirates de Barataria, réalisée par le duo Bourgne/Bonnet. Peut-être que le succès des bandes dessinées d’aventure, c’est d’imaginer une jolie romance dans un environnement historique des plus documentés ? Toujours est-il que l’alchimie fonctionne bien avec le premier opus du Sentier de la guerre auquel il faut souhaiter de nombreuses suites !

A regarder de très près !

LE SENTIER DE LA GUERRE T1 FORT BUFORD collection GRAFICA Editions GLENAT 48 pages, 13,90 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 28 Avril 2018

L’été fantôme, en attendant l’adolescence…

 

Chaque été immuablement, Louison et sa grande sœur se retrouvent en vacances chez Mamy, dans le sud. Seulement cette année le fossé générationnel se creuse entre les deux sœurs car les centres d’intérêt ne sont plus les mêmes. Aussi, pour combattre l’ennui qui la gagne, l’héroïne va s’inventer Lise, un fantôme qui n’est autre que l’ombre de sa grand-tante décédée ici dans des circonstances qu’elle aimerait bien connaître. Que vient faire Lise au milieu de tout ça, qu’attend Louison de cette apparition qui la terrifie dans un premier temps ? Est-ce que ce fameux fantôme finira par lui faire accepter cette tante qu’elle n’a connue qu’aux travers des photos et des récits de sa grand-mère ?

La jeune autrice réalise une belle performance en accomplissant son deuxième opus avec un pavé de 250 pages avec lequel le lecteur aura du mal à s’ennuyer. Cette bande dessinée, très fluide tant dans la narration que dans le découpage des planches, coule à la vitesse des vacances au bord de la mer où la maison de famille accueille une préadolescente, pas toujours très bien dans ses baskets mais qui, à force de s’ennuyer ferme, va s’inventer un univers onirique où un(e) fantôme tient toute sa place. C’est frais, comme les moments passés sous les arbres de la propriété à se demander s’il convient d’aller à la plage avec ses cousines adolescentes qui ne veulent pas s’embarrasser d’elle ou rester avec Mamy et son chien Rodin, à jouer aux cartes.

Pour plusieurs générations de jeunes filles et garçons, ces vacances familiales auront été souvent le passage de l’âge de l’enfance à l’âge adulte, tant attendu mais aussi tant redouté. Le dessin apparait simpliste mais il n’en est rien, les planches sont fouillées avec de beaux encrages rehaussés par les couleurs saturées de l’été, traduisant parfaitement l’ambiance en contraste avec les noirs de la pénombre d’une maison qui vit volets fermés pour empêcher la chaleur de l’investir.

A lire instamment, avant de retourner sur ses lieux de villégiature.

L’ETE FANTÔME HOLLEVILLE Collection MILLE FEUILLES Editions GLENAT 256 pages, 25,00 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 26 Avril 2018

HABANA 2150 T1, quand les papys se rafraichissent la mémoire, ça décoiffe !

Cuba 2190, Alors que les señors Waldo et Rico croupissent dans une maison de retraite, voilà que deux jeunes et pimpantes hôtesses attristées et compatissantes devant les regards affables des jeunes retraités, décident de faire faire un tour à leurs fauteuils roulants.

Seulement nos deux compères ont plus d’un tour dans leur sac et les infirmières ne vont pas tarder à comprendre que le mot grabataire ne fait pas partie du vocabulaire de ces deux retraités. Aussitôt arrivés dans la clairière, adieu la chaise roulante, bonjour le plaid et en piste pour un pique-nique de première classe pendant lequel les retraités ne vont pas tarder à raconter leurs exploits, lorsqu’ils avaient quelques années de moins et qu’ils fréquentaient la pègre cubaine. Affabulations ou réalité, toujours est-il que le tableau est dressé pour le récit d’une aventure des plus déjantées où l’humour et la décontraction sont au rendez-vous.

Le scénariste Thierry Cailleteau sert là un récit des plus trépidants où la précédente vie de ces septuagénaires n’engendrait pas la mélancolie, dans un premier album tout au long duquel les actions sont omniprésentes.

 

Le dessinateur Heloret n’est pas en reste et l’on sent, au travers de ses dessins réalistes, qu’il a pris un réel plaisir à raconter la vie tumultueuse de ces deux personnages. Des poursuites en side-car à la présence de monstres que n’auraient pas renié la série Sillage, tous les ingrédients pour une bonne série sont là et c’est avec impatience que le lecteur attendra la suite des aventures des «  los ancienos ».

HABANA 2150 T1 VEGAS PARAISO Collection HORS COLLECTION Editions VENTS D’OUEST 48 pages, 13.90 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 24 Avril 2018

The End, et si la réalité dépassait la fiction ?

Alors que le stagiaire Théodore Atem rejoint dans la forêt de DoKsla au fin fond de la Suède l’équipe du professeur Richard Frawley, spécialisée dans l’étude des arbres, la région de Santa Cruz de la Serós recense des décès humains massifs et inexpliqués. Souvent décrié par ses pairs, le professeur Frawley qui ne peut vivre sans entendre en boucle The end, un standard des Doors, est intimement convaincu que les arbres ressentent les désordres écologiques avant les humains et qu’ils émettent des signaux pour prévenir leurs congénères.

 

Et si les arbres étaient intelligents ? Après tout, pourquoi la nature n’observerait-elle pas également les humains ? Des signaux inquiétants et concordants, tels que la présence de champignons inconnus qui d’un seul coup prolifèrent alors qu’un laboratoire expérimente de drôles de substances, ne confirmeraient-ils pas les thèses du professeur ? C’est sur ce précepte que s’est appuyé le talentueux auteur Zep pour créer le bel et terrifiant album qu’est The end.

On est a des années lumière du Titeuf facétieux et drôle que tout un chacun connait ! Seulement, le talent de ZEP ne s’arrête assurément pas à ce personnage adulé par les enfants et même par beaucoup d’adultes : il éclate aussi dans ses albums adulte comme Une Histoire d'hommes ou encore Un bruit étrange et beau, qui ont fait le bonheur des Editions Rue de Sèvres et bien sûr du lecteur. Et si les relations psychologiques entre les êtres sont le cœur des récits pour adultes de Zep, cette dernière revêt un caractère plus effrayant dans lequel la nature prend toute sa place.

Le lecteur, interpellé dès les premières pages par les phénomènes extraordinaires, va se laisser entraîner dans une histoire bien singulière où les personnages, tout aussi attachants les uns que autres, évoluent dans une nature qu’ils découvrent, du professeur Frawlay partagé entre ses doutes et ses certitudes, à Moon, sa jeune assistante qui n’a d’yeux que pour le ténébreux stagiaire…

Le dessin hyperréaliste de Zep, rehaussé par des aplats de couleurs qui correspondent à chaque période et lieu du récit, renforce le caractère anxiogène de l’histoire.

Assurément, l’un des meilleurs albums de ce premier semestre 2018.

THE END ZEP Editions RUE DE SEVRES 92 pages, 19,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 13 Avril 2018

Les Ducon & Ducon T2, plus bêtes que ça, tu meurs !

Attention, les Ducons reviennent ! Mais sont-ils un jour partis ?

Patacrêpe et Couyalère sont deux bons vieux célibataires qui, lors de la distribution de l'intelligence, n'étaient assurément pas au rendez-vous !

Dans un premier album sorti en 2006, nos deux compères sévissaient dans leur campagne profonde en concourant à qui ferait la plus grosse bêtise. Voilà que dans cet opus ils décident d’exporter leurs conneries dans le monde entier et là, le lecteur va vite comprendre que leurs âneries sont interplanétaires. 

Sous forme d'historiettes, l'auteur complet Didier Tronchet distille près d'une trentaine de récits tous aussi loufoques les uns que les autres.

On est toujours le con d'un autre et le lecteur va se dire qu’il tient là des spécimens rares : de leurs souvenirs d’enfance où la bêtise régnait déjà en maître, aux tirades patriotiques et xénophobes lorsqu’ils s’installent sur leur canapé, le drapeau tricolore au bout des doigts pour vilipender les adversaires du coq gaulois, rien ne manque. Affligeant, l’humour au deuxième degré fonctionne à plein et l’auteur se complait à faire de ses personnages les êtres les plus abjects, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Malgré tout, ils sont tellement bêtes qu'ils en deviennent attachants, et la lourdeur des deux personnages est tellement atterrante que l'on arrive à être surpris. Mais ce n’est pas tout hélas, ils sont également chauvins, racistes voire méchants, toutes les qualités qui sont souvent l’apanage des cons !

Avec son dessin alerte et réaliste et ses belles couleurs directes, Didier Tronchet en rajoute une couche en dépeignant les deux zouaves comme des benêts, moches et habillés comme des ploucs avec leurs salopettes et leurs pulls à rayures, convaincus intimement d'avoir inventé le fil à couper le beurre, c'est dire !

Les Ducon & Ducon T2 TRONCHET Editions FLUIDE GLACIAL 48 pages, 10.95 €

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 8 Avril 2018

Les petites distances sont souvent celles qui sont les plus dures à parcourir !

 

Max est l’archétype du gars qu’on ne voit pas, toujours très effacé, tellement effacé qu’il finit par disparaître pour de bon. Léo est une jeune femme atteinte d’anxiété pantophobique qui a une fâcheuse tendance à lui gâcher la vie, et celle des autres. Son imagination débordante n’a pas de limite, et lorsque Max s’installe chez elle, à son insu, une drôle de relation s’installe. Que cherche Max en investissant l’espace de Léo ? A la séduire alors qu’il est transparent, à exister au travers d’elle ? Et qu’attend Léo de cette vie, somme toute pas ordinaire ? Mais après tout, la présence de Max ne va-t-il pas la soulager d’une bonne partie de ses phobies ?

 

La scénariste Benyamina entraîne le lecteur dans une comédie romantique où le fantastique prend toute sa place. Des scènes de la vie courante dans une atmosphère des plus déconcertantes font tout le charme de cette belle histoire de deux êtres qui se cherchent sans vraiment se trouver, jusque…

Les dialogues sont souvent cocasses tout autant que les situations d’une vie au quotidien, jonchées d’imprévus et bien mises en valeur par la dessinatrice Véro Carot qui s’est appropriée l’histoire avec brio. Avec un dessin hyperréaliste, des couleurs pastel, parfaites pour traduire la mélancolie latente, la dessinatrice installe une ambiance au fur et à mesure des pages, avec des personnages tout aussi attachants les uns que les autres, faisant de cet album une petite pépite des plus agréables.

A déguster sans modération.

LES PETITES DISTANCES BENYAMINA/CAZOT Editions CASTERMAN 152 pages, 20.00 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 6 Avril 2018

Tyler Cross T3 Miami, l’heure des comptes a sonné !

Miami, c’est synonyme de soleil, de plages interminables où farniente et volupté sont légion mais… avec Tyler Cross, ça aurait plutôt tendance à virer au sombre, voire au très sombre. En effet, le troisième opus commence avec un Tyler Cross qui a le curieux pressentiment de s’être fait blousé par un agent immobilier dont la réputation n’est plus à faire ! Et quand Tyler Cross ne sent pas bien, il défouraille à tout va pour reprendre son bien, quitte à faire éclabousser l’hémoglobine et ce, sans modération !

Si notre héros n’a pas toujours été à son avantage dans les deux premiers opus, il n’est pas décidé du tout à se laisser embobiner dans celui-ci et le talentueux scénariste Fabien Nury embarque le lecteur dans un feuilleton à suspense où la mélancolie ne fait pas partie du catalogue. Les dialogues sont aussi percutants que les bastos que distille Tyler Cross quand les événements ne correspondent pas à ses attentes, et Dieu sait si les contrariétés ne manquent pas.

Nul besoin de discours, de fioritures, la voix off assène des uppercuts qui font mal, très mal [ajouter une virgule], et son encre noire renforce l’ambiance anxiogène. Le récit s’égrène sur près de cent pages qui se lisent avec avidité, et l’on en viendrait presque à regretter qu’il n’en contient pas plus tant on ne veut quitter ce personnage diabolique, mais tellement attachant que l’on finirait par s’en faire un ami s’il n’avait autant de sang sur les mains.

Que dire de l’excellent dessin de Brüno, sinon qu’il épouse parfaitement le scénario. Comme dans un bon thriller cinématographique, le dessinateur a su trouver le rythme qui va bien, qu’il accompagne de ses parfaits encrages.

Une mention toute particulière pour l’excellent travail de la coloriste Laurence Croix qui renforce avec ses aplats de couleurs le trait noir et si contrasté de Brüno.

Une belle réussite !

TYLER CROSS T3 Miami Editions DARGAUD 96 pages, 16.95 €

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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