coup de coeur bernard launois

Publié le 15 Septembre 2019

BIJOU, Belliaciano, la pierre de légende qui roule

Qui n’a rêvé de posséder une des plus belles pierres du monde ? Seulement, ces fameux diamants, avant de se retrouver en pendentifs ou au bout d’un doigt, doivent être extraits du ventre de la terre, apportés chez un tailleur pour être dégrossis et enfin, être dignes d’être portés, adulés… convoités. Alors, quand Gregor Mc Gregor déniche dans une mine africaine un gros caillou, il prend rapidement conscience qu’il a touché le jackpot. Ce qu’il ne sait pas lorsqu’il le découvre, c’est le chemin que va parcourir ce bout de pierre, taillé, retaillé, mis en sautoir, en bague, vendu, revendu, perdu, volé. La liste est longue et le scénariste Fred Bernard va prendre un malin plaisir à promener le lecteur à travers 72 pages de péripéties de la pierre, marqués par des événements tantôt heureux, tantôt tragiques qui ont marqué le siècle dernier.

On ne présente plus Monsieur Jacques de Loustal, avec tout le talent qui le caractérise. Voilà un dessinateur qui aura su imposer, avec goût, un style de bande dessinée sans bulles mais avec un texte narratif sous chaque vignette. Ce style, que l’on pourrait croire sorti tout droit de l’art naïf,  lui appartient en propre dans le sens où il se dégage une dynamique hors du commun rehaussée par de belles couleurs éclatantes. Ici, 128 vignettes pour planter le décor et quel décor ! Tout y est et le lecteur se prendra au jeu de la pierre qui roule.

A lire, ne serait-ce que pour faire un retour sur le 20ème siècle qui aura vu tellement de transformations.

BIJOU BERNARD/LOUSTAL Éditions CASTERMAN 72 pages, 19,00 €

Bernard Launois

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Publié le 13 Septembre 2019

Chaplin en Amérique, l’irrésistible ascension !

Charles Spencer Chaplin trouve le continent européen et plus particulièrement l’Angleterre trop étriqués pour ses ambitions. Ce qu’il veut, c’est conquérir l’Amérique et s’y faire un nom ! Que de prétentions, peut-être bien présomptueuses, pour ce jeune homme ?  L’histoire nous montrera qu’il avait assurément raison… Le jeune homme débarqué de son Londres natal va devenir un monument  hollywoodien en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Quel contraste entre le jeune et pétillant Charlie et son ami Stanley, réservé et inquiet de leur devenir sur le Nouveau Continent !

Quel biopic de ses premières années de gloire : la narration est fluide et les dialogues sont alertes. Ainsi, tous les ingrédients d’un bon scénario sont présents pour un premier tome où l’on découvre le jeune Chaplin, prêt à tout pour réussir et se hisser en haut de l’affiche.

Voilà 72 pages tourbillonnantes, à l’image de la conquête de l’Amérique par le jeune acteur, qui deviendra rapidement réalisateur pour le bonheur de tous. Avec un découpage dynamique, alternant les doubles-pages et les planches de quatre à huit cases selon la narration, le dessinateur David François plante rapidement le décor, de l’arrivée tonitruante de Chaplin en paquebot à ses tournages dans les studios hollywoodiens. Le dessin semi-réaliste de David, reconnaissable entre tous, sied parfaitement au récit envoutant, parfois émouvant mais toujours captivant de Laurent Seksik. Alors François, quand son dessin est rehaussé par des couleurs pastel, il n’en est que plus expressif et accrocheur pour un lecteur qui sera rapidement conquis.

Un bel album qui laisse augurer une fort belle série. A ne pas manquer.

CHAPLIN EN AMERIQUE T1, SEKSIK/FRANCOIS Éditions RUE DE SÈVRES 72 pages, 17,00 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 9 Septembre 2019

La marche, vers une fuite en avant

 

Mais que diable allaient-ils faire dans cette galère ? Nous sommes en plein hiver 1812, au fin fond de la Russie où un groupe d’une dizaine de femmes et d’hommes tente d’échapper aux troupes napoléoniennes qui marchent sur Moscou. Fuir pour quoi, pour qui, assurément pour un monde meilleur ? Comment toutes ces individualités se retrouvent à être soudées dans cette fuite en avant, par la force des choses, ne serait-ce que pour l’instinct de survie ? Aux difficultés du froid sibérien s’ajoute une neige tenace qui tapisse toutes les forêts qu’ils traversent, le but étant de ne se faire voir de personne. Rapidement, les ennuis et les tiraillements entre les protagonistes vont empoisonner les relations et déranger la bonne marche de cette déroute. Sont-ils voués à l’échec, seront-ils découverts ?

 

Le scénario d’Anne-Laure Reboul va tenir le lecteur en haleine pendant 120 pages. Pas de répit dans cette histoire où il faut lutter pour survivre, faire des concessions. Quand ce ne sont pas les loups qui se rapprochent dangereusement du campement, c’est l’une des carrioles qui les transporte qui vient à se renverser, obligeant à  éliminer le cheval qui la tirait. Petit à petit l’échiquier humain prend une dimension des plus dramatiques.

Régis Penet livre là un bel album, tout en noir et blanc, collant parfaitement au scénario angoissant d’Anne-Laure Reboul. Avec un dessin hyperréaliste, le lecteur va rapidement plonger dans ces forêts mystérieuses et inquiétantes où le danger est derrière chaque bouleau.

Magnifique !

LA MARCHE REBOUL/PENET Collection Integra Editions VENT D’OUEST  120 pages, 22,00 €

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 8 Septembre 2019

Mondo Reverso T2 La bonne, la brute et la truande, l’épopée mexicaine

Si Cornelia, devenue nouvellement shérife, et Lindbergh son mari potiche semblent mener maintenant une vie pépère, ce n’est que répit car bientôt la Shérife va devoir partir à la recherche du fils Thompson qui aurait été kidnappé par un cirque de Freaks. Autant dire que Lindbergh est jaloux, refuse d’être en reste et tente de rejoindre sa moitié. Vont s’en suivre des courses-poursuite endiablées au travers de la Rio Grande où Cornelia va finir enterrée vivante, ne devant son salut qu’à la sorcière Yaqui. Quant à Lindbergh, il trouvera le moyen, après forces rasades de Mezcal, d’atterrir dans un harem. Arriveront-ils à retrouver Thomson, et au-delà leur couple résistera-t-il à toutes les tentations qui se présentent à eux ?

Le délire continue et c’est avec un plaisir non dissimulé que le lecteur retrouvera tous ces personnages aussi loufoques les uns que les autres dans un road-movie endiablé. L’inversion des rôles homme/femme est encore plus en exergue dans ce deuxième tome, et les situations cocasses se multiplient, de la femme à barbe qui fume le cigare et joue du pétard, à l’homme soumis aux aléas de la gent féminine.

Le dessin de Dominique Bertail est toujours aussi efficace et sa couleur directe fait merveille. Si l’on peut penser dans les premières pages que la couleur bistre risque d’affadir le dessin, il n’en est rien et le lecteur va prendre à nouveau grand plaisir à se délecter de ses superbes décors mexicains. On sent encore que le dessinateur a pris un réel plaisir à réaliser l’album. De Myrtille, le Blueberry en anglais, à l’héroïne de Paris 2119 que l’on retrouve dans le harem, les clins d’œil sont nombreux. Quant à l’autodérision, elle va jusqu’au dessinateur qui se retrouve sous les traits de Lindbergh.

Cet album s’avère aussi jubilatoire que le premier et on se prend à regretter qu’on ne  retrouve pas ces biens singuliers personnages dans d’autres aventures.

MONDO REVERSO T2 LA BONNE, LA BRUTE ET LA TRUANDE LE GOUËFFLEC/BERTAIL Editions FLUIDE GLACIAL  96 pages 16,90 €

Bernard Launois

 

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Publié le 3 Septembre 2019

La fin du monde en trinquant… qui vivra, « verrat » !

Mais que diable allait-il faire dans cette galère, le cochon Nikita Petrovitch astronome de profession affublé d’Yvan le chien, son crétin d’assistant ? Nous sommes en janvier 1774 au fin fond de la Sibérie où les deux compères d’infortune sont chargés d’alerter la population locale de l’écrasement imminent d’une météorite sur leur terre. Seulement, les rustres et soudards qui les détroussent sont à des années-lumière de les croire et ils n’ont qu’une seule idée en tête, envoyer un émissaire auprès de l’impératrice, la Grande Catherine, pour obtenir une rançon. Dans l’attente du retour de l’estafette, les deux prisonniers tenteront d’amadouer leurs geôliers afin d’obtenir une séquestration plus douce. Ainsi, Yvan s’entiche d’une jeune renarde pas farouche avec qui il envisage de s’évader. Quand à Nikita, il se morfond à tenter de convaincre la bande de brigands du bien fondé de sa venue dans ces austères contrées.

L’émissaire reviendra-t-il avec des espèces sonnantes et trébuchantes ? La comète finira-t-elle par tomber et anéantir toute la population ?

L’auteur complet Jean-Paul Krassinsky réussit là une belle fable animalière, inspirée de l’improbable tandem que constituent Bourvil et Louis de Funès dans La grande vadrouille, le benêt et l’intellectuel qui vont devoir cohabiter coûte que coûte et finalement s’entraider même s’ils n’ont aucune estime l’un pour l’autre. La fatuité du jeune sot et la suffisance de l’intellectuel, confrontés à une population de rustauds aux premiers abords, ne finiront-elles pas par devenir un atout ? Avec un scénario bien construit et des dialogues drôles, le lecteur va découvrir toute la cruauté et la bêtise réunies dans un vaudeville de haute lignée.

Le dessin est à l’image du scénario, aussi bon ! Les animaux sont croqués avec délice et les expressions et mimiques de chacun sont un vrai régal ; la fine aquarelle complète merveilleusement le tableau. Un must, à lire instamment !

LA FIN DU MONDE EN TRINQUANT KRASSINSKY Editions CASTERMAN 230 pages, 25,00 €

Bernard Launois

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Publié le 30 Août 2019

Faut pas prendre les cons pour des gens, ça leur donnerait une importance qu’ils n’ont pas

« Les cons ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît », disait Michel Audiard et là, pas de mystère, chaque page en est truffée. La bêtise n’a pas de limite et là encore dès la première case, on croit avoir touché le fond : et bien non, les scénaristes Emmanuel Reuzé et Nicolas Rouhaud en remettent une couche et la chute n’en est que plus savoureuse ! Du patient en phase terminale qui tente de soudoyer son cancérologue en proposant une somme rondelette pour le sauver aux « télébraquages » bancaires, le braquage par appel téléphonique, la stupidité est partout.

 Le lecteur, peut-être incrédule à la première page, va vite entrer dans le jeu et se dire que ces saynètes sont peut-être loin d’être absurdes et qu’on ne serait pas étonné d’en voir certaines aux actualités dans un futur plus ou moins proche. Construite à la manière d’un sketch, chaque histoire pousse la satire à son maximum pour le plus grand plaisir du lecteur. Mais au-delà, n’est-ce pas une manière de flatter le lecteur en le positionnant comme moins con que les personnages de l’album ? Quoique…

Avec un dessin hyperréaliste des plus contemporains associé à un découpage efficace, Emmanuel Reuzé a réussi l’alchimie d’un album bien plaisant à lire.

Reste qu’une fois après avoir dévoré l’opus, on se complait à en redemander quand bien même l’on reste atterré par tant d’ineptie.    

FAUT PAS PRENDRE LES CONS POUR DES GENS REUZE/ROUHAUD Editions FLUIDE GLACIAL 56 pages, 12,90€

Bernard Launois

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Publié le 28 Août 2019

Mojo Hand, au temps de la Louisiane ségrégationniste

Hurricane, l’ouragan de 1926, a tout balayé sur son passage et le Bayou n’a pas été épargné. Alors quand Wilson Dardonne, descendant d’esclave, trouve un enfant blanc apeuré près des marécages, que croyez-vous qu’il en fit ? Le garder, bien sûr, malgré l’opposition de sa femme… Faut dire que son fils Cletus est aveugle et qu’il va trouver en Bellerophon la béquille oculaire. Les enfants grandissent ensemble loin de la ville car les parents ne veulent pas que l’on sache qu’ils hébergent un blanc. L’apprentissage de la musique révèlera un talent certain, notamment chez Cletus, qui les incitera à montrer leurs dispositions à la ville. Ce fut, hélas, le commencement des ennuis… A l’incompréhension de la communauté noire de voir un blanc jouer parmi eux s’ajoute bientôt une rivalité entre les deux « frères » car c’est à celui qui saura le mieux se mettre en valeur, tant sur la scène qu’auprès d’une conquête féminine. Jusqu’où iront-ils dans l’incompréhension l’un de l’autre ?

Après Emmett Till, l’auteur complet Arnaud Floc'h replonge le lecteur  dans  le Sud américain, pendant la période ségrégationniste qui a gangréné tout un pays et plus particulièrement la Louisiane, exploiteuse d’esclaves. Grâce à un scénario fort bien construit, le lecteur va être tenu en haleine pendant tout le récit avec une montée en puissance, une escalade de la violence, de la haine qui, petit à petit, gangrène toute relation humaine. Cette chronique sociale aurait pu très bien se passer dans n’importe quel pays. Elle est encore bien plus mise en exergue dans une Louisiane à feu et à sang où seule la musique serait à même d’adoucir les mœurs. Le dessin réaliste d’Arnaud Floc'h, rehaussé par un bel encrage noir et des aplats de couleur, met rapidement le lecteur dans l’ambiance chaude du Sud et classe cet album comme une belle réussite de rentrée.

MOJO HAND FLOC’H Editions Sarbacane 112 pages, 19,50€

Bernard Launois

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Publié le 24 Août 2019

Voltaire, le culte de l’ironie ou les dernières années d’une vie bien mouvementée

Narrer la vie de Voltaire a déjà été beaucoup fait en littérature comme en bande dessinée, ce grand philosophe ne laissant personne indifférent. Cette fois encore, la magie opère avec un scénario original de Philippe Richelle, lequel a volontairement axé son récit sur les dernières années du pamphlétaire qui lui semblaient la période la plus intéressante de sa vie tumultueuse. Alors qu’il vit ses dernières années, retiré dans sa propriété de Ferney, Voltaire est approché par Monsieur Lasalle qui s’est mis en tête de raconter sa vie. Le lecteur va ainsi découvrir, au travers des questionnements de son biographe, la vie mouvementée de Voltaire, partagée entre de nombreux  séjours en prison voire de périodes d’exil et une intense vie mondaine.  L’originalité du scénario réside dans le fait que le lecteur ne va pas trouver un biopic classique mais plutôt un dialogue des plus vivants entre le biographe et le philosophe. On appréciera tout particulièrement le récit du combat de Voltaire pour la réhabilitation du jeune chevalier de La Barre, injustement condamné et exécuté par décapitation, qui avait chanté des refrains blasphématoires envers le Christ.

Avec une couleur directe des plus réussies, le dessinateur Jean-Michel Beuriot réalise un bel album dense, avec de jolies mises en scène qui rendent le récit très fluide.

Quel bel intermède que nous livre là le tandem Richelle/Beuriot, avant de se replonger dans la saga des « amours fragiles » !

VOLTAIRE LE CULTE DE L’IRONIE RICHELLE BEURIOT Editions CASTERMAN  104 pages, 20,00 €

Bernard Launois

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Publié le 22 Août 2019

Les fils d’El Topo T2, Abel ou la longue quête spirituelle

De la suite dans les idées, Alejandro Jodorowsky n’en manque pas, et bientôt cinquante ans après la sortie du film éponyme ce remarquable scénariste prolonge l’œuvre cinématographique par un triptyque des plus passionnants, accompagné du virtuose mexicain José Ladrönn au dessin et aux couleurs.

Nul besoin de se procurer le film pour se plonger dans cette série baroque où le scénariste s’ingénie à transporter le lecteur dans un western, a priori déjanté, où le mythe de Caïn et Abel est revisité avec talent. La vie d’El Topo, bandit de grand chemin au cœur d’or, a été jalonnée de nombreux faits et miracles qu’il a réalisés auprès de la population, qui lui donnera le statut de saint à sa mort. Au décès de sa mère, Caïn décide, coûte que coûte, d’aller l’enterrer auprès de son géniteur, sur l’île sainte. S’ensuit une longue traversée, peuplée de péripéties.

Avec ce deuxième opus, on comprend un peu mieux les relations que peuvent avoir les deux demi-frères dont l’un a été promis à une fin funeste par leur défunt père. L’histoire est dense et pleine de rebondissements. Alors, jusqu’où iront-ils pour assouvir leurs envies ?

Le trait réaliste de José Ladrönn s’accorde parfaitement au scénario, rempli de scènes dantesques peuplées de personnages plus improbables les uns que les autres, de la nonne affublée d’une barbe aux intrépides pistoleros, en passant par une jeune vierge emmourachée de Caïn. On ajoutera une remarquable mise en couleurs des paysages arides de l’Ouest en contraste avec les marécages boueux du fleuve, où évoluent les personnages hauts en couleur.

Voilà une facette de western plutôt inhabituelle et des plus intéressantes qui mérite que l’on s’y attarde.

LES FILS D’EL TOPO T2 ABEL JODOROWSKY/LADRÖNN Collection 24X32 Editions GLENAT 72 pages, 15,50 €

Bernard Launois

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Publié le 27 Juillet 2019

Jack Wolfgang T3 un amour de panthère, quand gastronomie et CIA font bon ménage !

Notre héros, le beau loup Jack Wolfgang joue sur les deux tableaux, agent de la CIA et critique gastronomique en couverture. Alors quand il se rapproche un peu trop près d’Antoinette, la panthère, il ne pense pas un seul instant qu’il n’est pas le seul à jouer double jeu. Aussi, sa déception est grande quand en pistant son amour, il s’aperçoit qu’elle n’hésite pas tuer une éminente personne chargée de défendre la cause animale. Pourquoi l’a-t-elle trahi alors qu’il la croyait sincère dans sa défense de la gent animale ? On croit connaître les gens et puis... c’est la vie qui continue, et les enquêtes qu’on lui  confie vont amener Jack à faire des recoupements avec ce qu’il croit être une trahison.

Avec ce troisième opus, le scénariste Stephen Desberg emmène le lecteur dans une enquête policière à tiroirs où les rebondissements sont nombreux et variés, et où  dualité entre les animaux et quête de pouvoir n’ont jamais été aussi marquées. Ce parallèle avec les humains n’est jamais très loin et Stéphen Desberg se complait avec talent à travailler la psychologie des personnages, entre un Jack Wolfgang, très professionnel mais également très fleur bleue dans ses relations amoureuses, et une bardée d’animaux prêts à en découdre, faisant fi de toute moralité.

Le dessinateur Henri Reculé excelle dans sa réalisation d’animaux aussi vrais que nature, les expressions des personnages s’apparentent à des gestuels  humains et  ce troisième opus s’avère des plus réussis. Les personnages dynamiques évoluent dans des paysages fouillés rehaussés par de belles couleurs, faisant de ce tome 3 un excellent divertissement qu’on ne peut que recommander aux amateurs de polar animalier.

JACK WOLFGANG T3 UN AMOUR DE PANTHERE RECULE/DESBERG Editions LE LOMBARD 64 pages, 13,99 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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