coup de coeur bernard launois

Publié le 5 Octobre 2018

JE REVIENS VERS VOUS, c’est fin, ça se mange sans faim

L’auteur complet Olivier Tallec revient avec un troisième recueil de gags désopilants et tout aussi déjantés. Après les recueils Bonne Journée et Bonne continuation, la verve de l’auteur n’a pas pris une ride et l’on prend plaisir à voir comment ce dernier arrive à prendre le contrepied d’histoires dramatiques qui en deviennent hilarantes. Alors, est-ce uniquement par un cynisme exacerbé que le lecteur interloqué à la première vue finit par s’esclaffer et presque avoir des remords d’avoir éclater de rire sur des situations des plus dramatiques.

Les exemples sont nombreux car rares sont ceux, sur les quarante dessins, qui ne déclenchent qu’un sourire.

De l’oie qui court alors qu’elle s’est fait décapiter la tête et qui se demande ce qu’elle a bien pu faire de ses lunettes, aux élucubrations des escargots sur une plage qui prennent la pause pour se dorer la pilule en se plaignant qu’ils sont toujours mal installés, Olivier Tallec manie la dérision avec malice. Mais les gags n’ont pas forcément besoin de texte pour être risibles : ainsi la situation absurde de deux vaches qui font du trampoline en se délectant de bananes, avec en toile de fond un panneau publicitaire vantant ici la vente directe de MilkShake goût banane, suffit à faire rire l’auditoire. Le dessin semi-réaliste, particulièrement efficace, rehaussé par de vives couleurs aquarelles  répond pleinement aux comiques de situation.

Contrairement à la citation de Pierre Desproges comme quoi l’on peut rire de tout mais pas avec tout le monde, il n’en est pas de même avec Olivier Tallec qui, avec talent, ravira assurément grand nombre de lecteurs.

Taciturnes, passez votre chemin !

JE REVIENS VERS VOUS TALLEC Editions RUE DE SEVRES 56 pages, 14,00 €

Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 3 Octobre 2018

TOUT LE PLAISIR EST POUR MOI, et nous donc !

 

Rien ne va plus entre les Indiens du Dakota et les troupes américaines, qui font preuve de toutes les bassesses tant physiques que psychologiques. Le lâche assassinat du valeureux guerrier indien Sitting Bull dans la réserve de Standing Rock va mettre le feu aux poudres, car  la période des explorateurs est bien révolue et son ultime compagnon de route, dit l’ « Indien », s’est mis en tête de le venger en exterminant toutes les personnes rencontrées. Jusqu’où ira-t-il dans cette course effrénée, sera-t-il rattrapé par ce capitaine français pétris d’humanisme, fraîchement arrivé sur les lieux ? Que faire, quel camp faut-il rallier, celui des soldats américains qui ne rêvent que de conquête de terres ou celui d’Indiens qui ont tout perdu, souvent femmes et enfants, et sont noyés par un mauvais alcool ?

Le scénariste Olivier Mau réalise ici une fiction des plus poignantes, décrivant le climat de haine entre deux peuples qui ne se comprennent pas ou ne veulent pas se comprendre, les idéaux étant assurément diamétralement opposés. Les dialogues, souvent crus, sont percutants et le récit est bien soutenu, au rythme des cavalcades pour un final aussi percutant qu’un uppercut clouant l’adversaire au sol.

Les remarquables dessins noir et blanc de Fred Druart soulignent le caractère anxiogène de cette course-poursuite. Les « gueules » des personnages évoluent dans des  paysages d’hiver, pluie ou neige, au milieu des étendues de forêt, et qui sont d’un réalisme criant.  Riche de deux cents pages, cet album devrait ravir les amateurs de western et au-delà les amoureux de belles histoires.

TOUT LE PLAISIR EST POUR MOI MAU/DRUART Collection HORS COLLECTION Editions GLENAT 200 pages, 22.00 €

Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 29 Septembre 2018

ORC STAIN T1, monstrueux mais si bon !

Quand on est un Orc, on ne pense qu'à bâfrer, se battre rien que pour le plaisir et conquérir de nouveaux territoires et bien sûr, s'adonner aux plaisirs de la chair. Les Orcs, pas toujours futés, voire crétins, sont regroupés en  peuplades nombreuses et indisciplinées, chacune cherchant à tirer la couverture à elle et il a fallu toute la diplomatie et la force de frappe du grand TsarOrc et de ses troupes pour enfin les réunifier. Mais cette paix apparait bien fragile, les bruits courent qu'un Orc borgne particulièrement rusé et aguerri a bien l'intention de détrôner grand TsarOrc quitte à tout détruire sur son passage et tout faire péter. Si les chances qu’il puisse arriver à ses fins sont bien réelles, l'affaire est encore loin d'être dans le sac.

On sent dès les premières pages de l’opus que l'auteur complet James Stockoe a pris un malin plaisir à réaliser cette saga sanguinolente où règne celui qui saura faire la nique à l'autre. Les dialogues sont fleuris et peuplés d'onomatopées, de mots nouveaux aisément compréhensibles compte tenu des situations rencontrées souvent cocasses.

Ici, pas de prétention, mais de la baston jubilatoire aux quatre coins des pages avec un dessin réaliste des plus fouillés et qui n'est pas sans rappeler la belle époque d'un Philippe Druillet tout en verve. Les monstres sont tous plus hideux les uns que les autres, mais malgré tout le lecteur s'attachera rapidement à « Qu'un œil », le héros bien malgré lui de l’opus. Tricheur, menteur, hâbleur, bagarreur, tous les qualificatifs qu'on détesterait chez un humain finiraient du coup, pour cette créature décharnée, par paraître sympathique.

On ajoutera des décors fantasmagoriques agrémentés de couleurs pétantes où le vert, le marron et le rouge sang, bien à propos, envahissent les pages avec talent !

Avec cette histoire étonnante publiée dans un format comics, les Editions CASTERMAN ont assurément déniché une petite pépite qui ne demande qu'à briller au fur et à mesure des albums.

ORC STAIN T1 STOKOE Editions CASTERMAN, 168 pages 17,00 €

Bernard LAUNOIS

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 14 Septembre 2018

MUJIRUSHI ou le signe des rêves T1 : variations autour de la dentelière de Wermeers

L’étroite collaboration entre les éditions Futuropolis et le Musée du Louvre perdure, et ce pour le plus grand plaisir des lecteurs qui découvrent les différentes facettes d’auteurs tout aussi prestigieux les uns que les autres, et qui placent dans leurs récits le Musée du Louvre. Les mangakas sont de nouveau mis à l’honneur avec le monstre sacré Naoko Urasawa, après Hirokiro Araki, le regretté Jirô Taniguchi et enfin Taiyö Matsumoto.

Autant dire que recevoir dans cette belle collection Louvre éditions ce grand artiste, adulé au Japon comme une pop star, primé dans son pays et à Angoulême, qui trouve le moyen d’avoir vendu 127 millions de ses albums dans le monde, est un événement.

L’auteur complet propose dans ce diptyque le récit d’un père, gérant ruiné après s’être fait embarquer dans des affaires douteuses, et de sa fille Kasumi,  qui essaie de le protéger contre toutes les arnaques qui lui sont proposées. Désemparés, hagards, ils tombent nez à nezavec un étrange « signe des rêves ». Prémonitions heureuses ou cauchemardesques traquenards, toujours est-il que leur périple les mène à l’Institut de France au Japon auprès d’Iyami,  mystérieux dandy qui se met en tête de les envoyer en France et plus particulièrement au Louvre. Kasumi sent l’arnaque mais son père n’en a cure.  Dans quelle galère s’embarquent-ils, après quelles chimères Takashi Kamoda, le père naïf, court-il?

Remarquablement documenté comme dans tout ce qu’il entreprend, l’auteur complet Naoki Urasawa emmène le lecteur notamment au travers des salles du Musée du Louvre, mais également dans les coulisses où se déroulent de sacrés chassés-croisés avec les gardiens de l’institution. Les dialogues sont enlevés et les situations parfois grotesques, et l’ensemble est assurément déjanté. Quant au dessin réaliste, il bénéficie d’un découpage plutôt classique au regard du récit.

Passée la difficulté, comme pour tout bon manga qui se respecte,  de lire l’album de gauche à droite, le lecteur entrera facilement dans le récit et appréciera assurément le traitement de cette belle pépite.

MUJIRUSHI ou le signe des rêves T1 URASAWA Editions FUTUROPOLIS 144 pages, 20.00 €

Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 7 Septembre 2018

LE CHEMISIER, où les péripéties d’un bout de tissu de soie.

« L’habit ne fait pas le moine », mais néanmoins, il pourrait y contribuer. Voilà un proverbe qui pourrait aller à Séverine comme un gant alors que sa vie d’étudiante se déroule de manière plutôt classique, conciliant des cours de lettres modernes en fac, son petit ami Thomas  avec qui elle partage un appartement, et enfin des petits jobs de garde d’enfant afin d’être moins dépendante de ses parents.  Alors qu’elle garde la petite Eva, cette dernière vient à rendre tout son diner sur son sage corsage et le papa, rentré seul, propose à la baby-sitter d’endosser un chemisier de sa femme afin qu’elle puisse rentrer décemment chez elle. Quoi de plus banal comme situation sinon que ce chemisier « class » va transformer la vie de Séverine. Voilà, depuis qu’elle arbore ce chemisier de marque, on s’attarde sur elle, on ose l’aborder, lui faire des compliments et finalement, elle y prend goût. Seulement ce soudain pouvoir de séduction ne va-t-il pas avoir des conséquences sur sa petite vie bien rangée ?

 

 

L’auteur complet Bastien Vivès entraine le lecteur dans une histoire des plus singulières, et sur un terrain peu habituel pour lui, où les rapports sociaux apparaissent modifiés par le simple changement d’un vêtement. Le scénario, fort bien construit, dévoile petit à petit tous les rouages d’une mécanique implacable qui mènera à une fin des plus inattendues.

Le dessin de Bastien Vivès est, comme à l’habitude, efficace, sans fioritures particulières, avec des décors quand cela s’impose pour la bonne compréhension du récit.  A cela, on rajoutera des dégradés de gris et un noir qui renforcent un trait alerte.

A découvrir instamment. 

LE CHEMISIER VIVES Editions CASTERMAN 208 pages, 20.00€

Bernard LAUNOIS

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 29 Août 2018

UN MONDE EN PIÈCES T1, l'échiquier diabolique !

Le récit se déroule sur un plateau où les luttes de pouvoir, des rois aux pions en passant par les fous et les cavaliers, vont bon train, les protagonistes n'hésitant pas à faire régner un climat de terreur où corruptions, malversations et autres actes d'incivisme demeurent le quotidien.

 

Alors, quand Idrisse, jeune reine migrante issue d'un autre plateau, tente de refaire sa vie ici-bas, il lui faut déployer des trésors d'ingéniosité et de charme pour ne pas se retrouver dans un camp, à flétrir le restant de son existence. Servir d’indic, monnayer sa survie et tenter de faire sortir ses congénères qui n’ont hélas, pas eu sa chance, vont devenir les moteurs de son existence, mais à quel prix ? Toutes les affaires s’imbriquent et le scénario de Gaspard Gry se déroule immuablement avec tact et délicatesse. Les scènes d’action sont nombreuses, ponctuées notamment de jeux de mots sur le monde du jeu d'échecs.

Au scénario déjà réussi on ajoutera un graphisme noir & blanc du dessinateur Ulysse Gry des plus époustouflants, pour faire de ce premier opus un véritable petit bijou démoniaque où les pièces de l'échiquier jouent sur tous les tableaux, à celui qui saura tirer la couverture à soi et ce, avec d'autant plus de plaisir si c'est au détriment des autres. Mais ce monde pernicieux ne s’apparente-t-il pas au nôtre ?

Le découpage des planches, sans cesse renouvelé tout au long de l’album, s’avère particulièrement intéressant, apportant une dynamique salutaire. On appréciera les clins d’œil à la grosse pomme, ou encore au tableau Nighthawks d'Edward Hopper.

Voilà donc un excellent thriller à découvrir instamment !

 

 

UN MONDE EN PIÈCES T1 GRY Éditions PRESQUE LUNE 112 pages 18€

Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 17 Août 2018

Moi, ce que j'aime, c'est les monstres : MONSTRUEUSEMENT bon !

Quand on a dix ans et que l'on se complaît dans un univers peuplé de fantômes, vampires et autres monstres en tout genre, c'est que c'est peut-être un moyen d'échapper à la réalité humaine. 

Karen Rennes, jeune Chicagolaise, vient d'apprendre le destin tragique de sa voisine Anka Silverberg, qui se serait supprimée d'une balle dans le cœur. Info, intox, Karen a de sérieux doutes concernant les conditions du suicide et ne va pas tarder à mener sa propre enquête. Le passé d’Anka va la conduire dans une Allemagne nazie peuplée de monstres, où prostitution et conditions de vie déplorables sont monnaie courante. Mais les monstres méchants ou bons ne se trouvent pas seulement dans sa quête, ils peuplent la vie de tous les jours de cette enfant, partagée entre le bien et le mal, entre une mère dépressive et son étrange compagnon.

Ce premier opus d’un diptyque fort de 800 pages, transportera le lecteur dans un univers mêlant habilement l'hyperréalisme et le fantasmagorique, aux accents souvent torturés mais également pleins d’espoir d’une vie meilleure. L’attachement à cette fascinante gamine qui ne sait à quel saint se vouer sera le fil conducteur d’une histoire hors du commun et remarquablement dessinée.

Quand on apprend que l’auteure complète Emil Ferris a réalisé ce récit alors qu’elle sortait notamment d’une période de paralysie des membres, on comprend mieux la force de son dessin entièrement réalisé au crayon bille. A la manière d’un calepin écrit et dessiné au jour le jour, le trait ciselé si caractéristique du stylo bille renforce un prodigieux dessin.

On ne peut que remercier les éditions indépendantes Fantagraphics d’avoir accepté ce manuscrit pas ordinaire qui aura amplement mérité d’être publié. La belle version française réalisée par les éditions Monsieur Toussaint Louverture permettra aux lecteurs de découvrir une œuvre incontournable largement plébiscitée aux Etats-Unis.

MOI CE QUE J'AIME, C'EST LES MONSTRES T1 FERRIS Éditions MONSIEUR TOUSSAINT LOUVERTURE 416 pages 34,90€

Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 4 Août 2018

SILENCIO, enfant de la balle au rebond

La Californie, beaucoup de monde en rêve ! Le soleil, les plages de sable fin, les pin-up qui déambulent, mais ça c'est le côté fun. A contrario, le pénitencier du comté de Los Angeles que découvre Silencio a bien le soleil, qui en l’espèce est plutôt un handicap ; la plage ressemble plus à une aire de béton. Quant aux pin-up, elles sont travesties en matons pas commodes, et on ne parle même pas des congénères qui peuplent cet univers carcéral. Silencio appréhende cet univers qui lui est inconnu mais a néanmoins bien l'intention d'y faire son trou. Le basket sera assurément la planche de salut pour ce jeune et beau garçon qui se demande ce qu'il fait ici. S'en sortira-t-il et si oui, de quelle manière ? 

Pour un premier scénario de bd, Waxx, plus connu dans le monde musical, sort le grand jeu en entraînant le lecteur dans l'univers impitoyable de la prison, où la raison du plus fort est la meilleure et ce, quelle que soit la méthode. Avec des dialogues alertes, de belles réparties, le lecteur se prendra rapidement au jeu.

Le dessinateur Gabriel Germain a rapidement pris la mesure de la tâche en traitant cet opus façon comics, que beaucoup d'amateurs de Bd américaine pourraient apprécier tellement cet album ferait les choux gras de la Marvel ou toute autre compagnie américaine. Un dessin dynamique, des personnages patibulaires taillés à la serpe, rehaussés de couleurs saturées par le soleil omniprésent en contraste avec les couleurs lugubres des geôles.

L’originalité de l’opus réside notamment dans une sortie en fascicule souple, à la manière US, qui permettra de suivre les péripéties de Silencio sur trois volumes, et ce avant la fin de l’année.

Voilà une belle idée de lecture pour agrémenter l’été.

SILENCIO WAXX/GERMAIN collection HORS COLLECTION Éditions GLÉNAT 32 pages 4,95€

 

Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 31 Juillet 2018

CHAROGNE, ou le récit d'un cercueil bien encombrant

Voilà que Joseph, premier magistrat de la commune, vient à trouver la mort dans sa localité alors qu'il traverse son champ. Rendez-vous compte, un si brave homme et qui aura tant fait pour le village et tous ses administrés : il serait impensable de ne pas dire une messe avant de le transporter dans sa dernière demeure.

Seulement, voilà que l'église du village est délabrée et que le curé a décrété qu'il était hors de question d'y célébrer quoi que ce soit tant qu'elle n'aurait pas repris une allure décente.

Que faire, la distance qui sépare le village du bourg étant longue et le chemin de montagne semé d'embûches faute de pouvoir emprunter la route coupée ? De plus, le défunt maire ne fait partie des poids plume, et le cercueil de bois ajoute au fardeau. Reste à trouver des costauds du village qui ne sont, hélas, pas légion. Néanmoins, une équipe est constituée pour entamer une descente... Arriveront-ils à temps pour que le curé les reçoive alors que l'orage se fait de plus en plus menaçant ?

Le tableau est dressé et les scénaristes Benoit Vidal et Borris vont entraîner le lecteur dans un road movie des plus surprenants, où les difficultés ne vont pas se cantonner aux vicissitudes du transport par le chemin pentu qu'il leur faut dévaler.

L'histoire est fort bien construite et le lecteur va découvrir que ce village pyrénéen, au demeurant fort tranquille, recèle de drôles d'histoires, à commencer par des guerres de clans ravivées par ces pérégrinations impromptues. Les dialogues sont alertes et le lecteur se prendra au jeu à découvrir la vie locale montagnarde.

Le dessin demi-réaliste de Borris, bien noir, rehaussé par des demi-teintes de gris renforce le caractère pesant de cette descente aux enfers qui ne devrait pas laisser le lecteur de marbre.

 

CHAROGNE VIDAL/BORRIS collection TREIZE ÉTRANGE éditions GLÉNAT 160 pages 19.00€

 

Bernard LAUNOIS

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 6 Juillet 2018

Jackal, l'univers impitoyable du western

Le fin fond du Colorado, alors que le 19ème siècle  en est aux trois quarts, n'est pas un havre de paix, et entre les Navajos et les cow-boys on est loin d'avoir enterré la hache de guerre. Jackal lui, a enterré sa femme, ses enfants, et toutes les missions même les plus périlleuses ne seront à jamais pour lui que de la petite bière. Alors quand Scarlett, une belle jeune fille, lui demande de l'accompagner pour récupérer un tas de bijoux qui servirait de rançon pour sauver son père d'une mort certaine, il n'hésite pas une seconde! Seulement, l'enfer sur terre existe et il va assurément le rencontrer, surtout que son goût immodéré pour la gent féminine risque bien de lui jouer de vilains tours... De Scarlett à Nasha en passant par Mme Bass, il va les mettre dans son lit mais le plaisir ne dure qu’un temps, souvent bref, comparé aux tonnes d’ennuis qui l’accompagnent. Se sortira-t-il de tous les ennuis dans lesquels il s’est mis ?

Les histoires du scénariste Philippe Thirault ne sont jamais un fleuve tranquille et Jackal, son dernier opus, ne fait pas exception. La cohabitation des cow-boys et des Indiens a toujours été compliquée et souvent teintée de sang. Ici, on n’y va pas avec le dos de la cuillère ! Le scénariste transporte les lecteurs dans un univers impitoyable où tout le monde veut faire la loi et où seul l’argent compte pour assouvir luxure et beuveries. Avec un scénario bien construit dans lequel l’angoisse monte crescendo, le lecteur n’aura de cesse, même s’il est souvent tantôt édifié, tantôt horrifié par les agissements des protagonistes, de connaître le dénouement.

Le dessin de Bingono est à l’image du scénario, aussi noir. De beaux décors tranchent avec les horreurs que le scénariste a distillées tout au long de l’album.

L’album tient bien sa place dans la collection « Flesh & Bones » et devrait ravir les amateurs d’histoires bien gore. Mais après tout, n’était-ce pas alors la vraie (sur)vie telle que l’on vécue ces femmes et ces hommes ?

JACKAL THIRAULT/BINGONO Collection Flesh & Bones Editions GLENAT 128 pages, 9.99 €

Bernard LAUNOIS

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0