coup de coeur bernard launois

Publié le 31 Octobre 2018

Viravolta T1, quand l’Orchidée noire, fine fleur vénitienne, débarque à la cour du Roi-Soleil

Difficile de se faire une réputation d'espion à la cour du roi Louis XIV lorsqu'on est un ancien détenu vénitien. Heureusement Pietro Viravolta, plus communément connu sous le pseudo de "l'Orchidée noire", débarque en France avec de sérieux gages d'être une des plus fines lames d'Europe. Une tentative d'assassinat du roi va le propulser dans les arcanes du Tout-Paris où les comploteurs contre le roi sont légion. On constate une fois de plus que les ennemis peuvent être partout et ne sont pas souvent ceux que l'on croyait. Rapidement embringué dans un imbroglio des plus scabreux, sera-t-il alors à la hauteur de ses exploits vénitiens ?

Voilà une enquête policière des plus intéressantes, remarquablement bien scénarisée par l'écrivain Arnaud Delalande, qui connaît de nombreux succès avec des romans traduits dans une vingtaine de pays, tels que Notre-Dame sous la terre ou encore Les fables du sang. Pour cette première adaptation en bande dessinée tirée de sa série en 5 tomes, Le piège de Dante, autant dire que le contrat est rempli et ce, mené tambour battant ! Avec des dialogues alertes, des rebondissements divers nombreux,  le final de ce premier opus apparaît au lecteur pour le moins inattendu.

On retrouve avec grand plaisir un Éric Lambert au sommet de son art, avec son dessin hyperréaliste collant parfaitement au récit. Les décors sont particulièrement fouillés, particulièrement bien mis en valeur par la mise en couleurs numérique de Filippo Rizu. On ne pourra que s'extasier devant les paysages vénitiens, parisiens et versaillais du XVIIIème.

Les récits de cape et d'épée sont nombreux et variés mais ce dernier retient toute l'attention à la fois par sa construction de l'intrigue mais également le rendu d'un dessin efficace. Cette série, à priori conçue sous forme de one-shots devrait ravir assurément un large public.

VIRAVOLTA T1 L'Orchidée noire DELALANDE/LAMBERT  Collection 24x32 Éditions GLENAT 13,90 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 21 Octobre 2018

SERVIR LE PEUPLE, quel bel engagement !

Alors que la Chine populaire de Mao Tsé-Toung est en pleine expansion, la jeune mariée au soldat Petit Wu n’a pas conscience que dans ses trois demandes faites à son mari quand il retourne dans son régiment, le dernier sera exécuté à la lettre : «Tu dois me jurer que tu obéiras à tes chefs ! Sans avoir peur de souffrir pour monter en grade et me donner une vie heureuse ! ». Fort des injonctions de sa jeune épouse exigeante qu’il désire conserver, Petit Wu va donc devoir se plier à toutes les exigences de la vie militaire mais assurément pas comme il l’aurait imaginé. Voilà que désigné comme ordonnance auprès d’un colonel, ce dernier lui demande d’être à l’entière disponibilité de son épouse alors qu’il est appelé à Pékin pour une durée de deux mois. 

Petit Wu s’avère être un bon petit soldat révolutionnaire prêt à tout pour gravir les échelons hiérarchiques, et bien que plutôt naïf de nature il comprend rapidement qu’il doit s’apparenter à un parfait caméléon s’adaptant à toutes les situations, et quelles situations !

Mais que Tante Liu, jeune et jolie épouse du colonel, a-t-elle dans la tête ? Comment compte-t-elle traiter ce jeune freluquet, tout juste bon à lui servir des petits plats ?

Après Apache et l’excellente biographie du boxeur Panama Al Brown, l’auteur Alexandre Widendaele, plus connu sous le nom d’Alex W. Inker, frappe encore très fort avec ce troisième opus.

Sur une adaptation du très controversé livre éponyme de Yan Lianke, Alex W. Inker entraîne le lecteur dans une satire de l’univers de l’Armée rouge où cette organisation et sa propagande ne sont guère épargnées.  A chaque album sa technique de dessin et ses codes graphiques : Servir le peuple  apparait conçu comme les lianhuanhua, bandes dessinées chinoises qui recèlent de superbes illustrations très fouillées, remplies de décors et de personnages en pied.

Les dessins faussement naïfs sont rehaussés par des couleurs à dominante rouge et verte formant une ambiance surannée de bon aloi.

Une mention particulière pour les éditions Sarbacane qui ont réalisé un bel objet, fort soigné, mettant un joli écrin à ce bel album, tout en sensualité.

Immanquable !

SERVIR LE PEUPLE W. INKER Editions SARBACANE 202 pages, 28,00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 18 Octobre 2018

CYBERFATALE T1, une bd qui tient « hacker » !

La cyber, préfixe mystérieux apparu il y a maintenant une cinquantaine d’années pour regrouper tout ce qui concerne la fameuse révolution numérique, est aujourd’hui volontiers mise à toutes les sauces. Et quand elle touche à la Défense nationale et qu’elle s’appelle cyberdéfense, elle revêt un caractère d’autant plus mystérieux qu’elle appartient à la « grande muette ».

Alors, quand un cliché représentant le chef de l’État en slip léopard dans les appartements de son amoureuse circule sur  le net et ce, de manière virale, cela s’apparente vite à  un scandale d’état qu’il faut tuer dans l’œuf. Et puis il faut redorer le blason d’un service qui aurait failli : rien de tel alors que de proposer à une émission d’actualité la présence d’un journaliste, pour montrer tout le sérieux d’une telle organisation. Seulement le reportage va-t-il se dérouler comme prévu ? Les situations plutôt cocasses s’enchainent et le lecteur va tomber de Charybde en Scylla, ne sachant plus s’il nage en plein délire ou pas.

Réalité ou fiction, telle est la question, que nous délivrent là les scénaristes regroupés sous le nom de Cépanou afin sans doute de ne pas être reconnus. Le lecteur jugera de lui-même… Le dessin de Clément Oubrerie, récemment mis à l’honneur au festival BD Quai des Bulles 2018, fait merveille, collant parfaitement au scénario.

Il n’empêche que malgré le caractère humoristique et d’autodérision que les auteurs ont voulu donner à cet opus, la cybercriminalité combattue par ce service reste un problème grave qui est pris à bras le corps et qui n’apparait pas toujours évident à endiguer. Car malgré les compétences avérées des personnels qui composent la cyberdéfense, force est de constater que les hackers ont toujours un coup d’avance et qu’il appartient non seulement de se prémunir contre les attaques mais également de les anticiper.

A la manière du diptyque « Quai d’Orsay » qui avait ravi bon nombre de lecteurs à commencer par les protagonistes, souhaitons que ce Cyberfatale remporte le même succès tout aussi mérité.

 

CYBERFATALE T1 si ça sort, on est morts Editions Rue de Sèvres 56 pages, 15.00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 12 Octobre 2018

XIII Mystery T13 le dernier opus...détonant !

De la Mangouste à Judith Warner en passant par colonel Amos, les albums XIII Mystery auront apporté un vrai plus à  la série mythique, qui a tenu en haleine des milliers de lecteurs et fait de cette saga une des plus marquantes en bd des trente dernières années. Si la suggestion d'Yves Shlirf, directeur éditorial de Dargaud Benelux, de faire un focus sur treize personnages de la série au travers de cette nouvelle collection apparaissait plutôt comme une machine à  cash pour continuer à  faire fructifier la série, elle s'est vite révélée comme une idée géniale. Il faut dire que les Éditions Dargaud avait mis les petits plats dans les grands en demandant aux plus grands scénaristes et dessinateurs du moment de se lancer dans le projet. Quel challenge pour ces auteurs que de marcher sur les pas du talentueux Jean Van Hamme au scénario et du regretté WilliamVance au dessin et de réaliser des albums d'exception.

L'ultime opus, Judith Warner, ne fait pas exception à la règle, avec le talent du dessinateur Olivier Grenson qui éclate encore de tous ses feux sur le scénario diabolique du scénariste créateur de la série.

 

L'histoire débute dans la station balnéaire de Santa Barbara où Jessica Martin tente d'oublier un passé de tueuse à gages, et d'échapper aux griffes du FBI qui la traque inlassablement. Il aura fallu la rencontre de sa logeuse d'un soir, la pharmacienne Judith Warner retranchée dans la petite bourgade, pour que leurs vies basculent. Jessica réalise rapidement que Judith a traversé comme elle la route de XIII. Les deux femmes se découvrent, se plaisent et se rapprochent : heureuse ou malheureuse circonstance, la nasse se referme petit à petit et Jessica n'a de solution que dans la fuite, entraînant Judith dans son sillage. Va s'ensuivre un incroyable et haletant road-movie dont Jean Van Hamme a notamment la spécialité, remarquablement mis en valeur par le beau trait hyperréaliste d'Olivier Grenson, et rehaussé par de belles couleurs chatoyantes dont il a le secret. Se sortiront-elles du guêpier dans lequel va l'entraîner Jessica ?

 

Alors, si vous n'avez pas encore franchi le pas et découvert la série Mystery XIII, cet album vous donnera assurément l'envie d'en savoir plus.

Indispensable.

XIII Mystery T13 Judith Warner VAN HAMME/GRENSON éditions DARGAUD 48 pages 12,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 8 Octobre 2018

L’OGRE AMOUREUX, il ne manquait plus que cela !!!

Ours et Renard en ont assez de ne pas trouver de quoi remplir leurs panses et comme dit le proverbe, changement d’herbe réjouit les veaux ! Les voilà donc partis à l’aventure dans une contrée où ils ne sont pas attendus ! Ici, le chapardage coûte cher et Renard va en faire les frais puisqu’il se retrouve chez le comte de Barback, un ogre qui mange plus que de raison. Seulement, il a d’autres projets pour Renard, celui de l’aider à trouver une épouse. Voilà Renard bien embêté, affublé d’un ogre laideron  et au sujet duquel il se demande bien ce  que ce dernier va pouvoir lui trouver comme promise.

L’auteur complet Nicolas Dumontheuil n’a pas fini de nous étonner et surtout de nous ravir avec des histoires bien ficelées. Cette fois, c’est une fable des plus réussies qui va nous être narrée, entre Le Roman de Renard et Shrek. Grâce à des dialogues drôles, des situations ubuesques, beaucoup d’imagination et un zeste de folie, le lecteur sera vite emporté dans cette saga. Reste que le tour de force de ce diable de scénariste réside dans le fait que les caractères et personnalités de chacun se révèlent souvent contraires à celles que l’on pourrait attendre !

Quant au dessin, entre Sylvain et Sylvette et le canard Gédéon, tout à fait approprié à l’histoire, il permettra au lecteur de bien s’immerger dans ce petit bijou. Les animaux croquignolets évoluent dans un décor  luxuriant aux couleurs chatoyantes.

Riche de près d’une centaine de pages, cet opus ravira petits et grands avec une fable bien revisitée, à l’apparence naïve.

 L’OGRE AMOUREUX DUMONTHEUIL Editions FUTUROPOLIS 92 pages, 19,00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 5 Octobre 2018

JE REVIENS VERS VOUS, c’est fin, ça se mange sans faim

L’auteur complet Olivier Tallec revient avec un troisième recueil de gags désopilants et tout aussi déjantés. Après les recueils Bonne Journée et Bonne continuation, la verve de l’auteur n’a pas pris une ride et l’on prend plaisir à voir comment ce dernier arrive à prendre le contrepied d’histoires dramatiques qui en deviennent hilarantes. Alors, est-ce uniquement par un cynisme exacerbé que le lecteur interloqué à la première vue finit par s’esclaffer et presque avoir des remords d’avoir éclater de rire sur des situations des plus dramatiques.

Les exemples sont nombreux car rares sont ceux, sur les quarante dessins, qui ne déclenchent qu’un sourire.

De l’oie qui court alors qu’elle s’est fait décapiter la tête et qui se demande ce qu’elle a bien pu faire de ses lunettes, aux élucubrations des escargots sur une plage qui prennent la pause pour se dorer la pilule en se plaignant qu’ils sont toujours mal installés, Olivier Tallec manie la dérision avec malice. Mais les gags n’ont pas forcément besoin de texte pour être risibles : ainsi la situation absurde de deux vaches qui font du trampoline en se délectant de bananes, avec en toile de fond un panneau publicitaire vantant ici la vente directe de MilkShake goût banane, suffit à faire rire l’auditoire. Le dessin semi-réaliste, particulièrement efficace, rehaussé par de vives couleurs aquarelles  répond pleinement aux comiques de situation.

Contrairement à la citation de Pierre Desproges comme quoi l’on peut rire de tout mais pas avec tout le monde, il n’en est pas de même avec Olivier Tallec qui, avec talent, ravira assurément grand nombre de lecteurs.

Taciturnes, passez votre chemin !

JE REVIENS VERS VOUS TALLEC Editions RUE DE SEVRES 56 pages, 14,00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 3 Octobre 2018

TOUT LE PLAISIR EST POUR MOI, et nous donc !

 

Rien ne va plus entre les Indiens du Dakota et les troupes américaines, qui font preuve de toutes les bassesses tant physiques que psychologiques. Le lâche assassinat du valeureux guerrier indien Sitting Bull dans la réserve de Standing Rock va mettre le feu aux poudres, car  la période des explorateurs est bien révolue et son ultime compagnon de route, dit l’ « Indien », s’est mis en tête de le venger en exterminant toutes les personnes rencontrées. Jusqu’où ira-t-il dans cette course effrénée, sera-t-il rattrapé par ce capitaine français pétris d’humanisme, fraîchement arrivé sur les lieux ? Que faire, quel camp faut-il rallier, celui des soldats américains qui ne rêvent que de conquête de terres ou celui d’Indiens qui ont tout perdu, souvent femmes et enfants, et sont noyés par un mauvais alcool ?

Le scénariste Olivier Mau réalise ici une fiction des plus poignantes, décrivant le climat de haine entre deux peuples qui ne se comprennent pas ou ne veulent pas se comprendre, les idéaux étant assurément diamétralement opposés. Les dialogues, souvent crus, sont percutants et le récit est bien soutenu, au rythme des cavalcades pour un final aussi percutant qu’un uppercut clouant l’adversaire au sol.

Les remarquables dessins noir et blanc de Fred Druart soulignent le caractère anxiogène de cette course-poursuite. Les « gueules » des personnages évoluent dans des  paysages d’hiver, pluie ou neige, au milieu des étendues de forêt, et qui sont d’un réalisme criant.  Riche de deux cents pages, cet album devrait ravir les amateurs de western et au-delà les amoureux de belles histoires.

TOUT LE PLAISIR EST POUR MOI MAU/DRUART Collection HORS COLLECTION Editions GLENAT 200 pages, 22.00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 29 Septembre 2018

ORC STAIN T1, monstrueux mais si bon !

Quand on est un Orc, on ne pense qu'à bâfrer, se battre rien que pour le plaisir et conquérir de nouveaux territoires et bien sûr, s'adonner aux plaisirs de la chair. Les Orcs, pas toujours futés, voire crétins, sont regroupés en  peuplades nombreuses et indisciplinées, chacune cherchant à tirer la couverture à elle et il a fallu toute la diplomatie et la force de frappe du grand TsarOrc et de ses troupes pour enfin les réunifier. Mais cette paix apparait bien fragile, les bruits courent qu'un Orc borgne particulièrement rusé et aguerri a bien l'intention de détrôner grand TsarOrc quitte à tout détruire sur son passage et tout faire péter. Si les chances qu’il puisse arriver à ses fins sont bien réelles, l'affaire est encore loin d'être dans le sac.

On sent dès les premières pages de l’opus que l'auteur complet James Stockoe a pris un malin plaisir à réaliser cette saga sanguinolente où règne celui qui saura faire la nique à l'autre. Les dialogues sont fleuris et peuplés d'onomatopées, de mots nouveaux aisément compréhensibles compte tenu des situations rencontrées souvent cocasses.

Ici, pas de prétention, mais de la baston jubilatoire aux quatre coins des pages avec un dessin réaliste des plus fouillés et qui n'est pas sans rappeler la belle époque d'un Philippe Druillet tout en verve. Les monstres sont tous plus hideux les uns que les autres, mais malgré tout le lecteur s'attachera rapidement à « Qu'un œil », le héros bien malgré lui de l’opus. Tricheur, menteur, hâbleur, bagarreur, tous les qualificatifs qu'on détesterait chez un humain finiraient du coup, pour cette créature décharnée, par paraître sympathique.

On ajoutera des décors fantasmagoriques agrémentés de couleurs pétantes où le vert, le marron et le rouge sang, bien à propos, envahissent les pages avec talent !

Avec cette histoire étonnante publiée dans un format comics, les Editions CASTERMAN ont assurément déniché une petite pépite qui ne demande qu'à briller au fur et à mesure des albums.

ORC STAIN T1 STOKOE Editions CASTERMAN, 168 pages 17,00 €

Bernard LAUNOIS

 

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 14 Septembre 2018

MUJIRUSHI ou le signe des rêves T1 : variations autour de la dentelière de Wermeers

L’étroite collaboration entre les éditions Futuropolis et le Musée du Louvre perdure, et ce pour le plus grand plaisir des lecteurs qui découvrent les différentes facettes d’auteurs tout aussi prestigieux les uns que les autres, et qui placent dans leurs récits le Musée du Louvre. Les mangakas sont de nouveau mis à l’honneur avec le monstre sacré Naoko Urasawa, après Hirokiro Araki, le regretté Jirô Taniguchi et enfin Taiyö Matsumoto.

Autant dire que recevoir dans cette belle collection Louvre éditions ce grand artiste, adulé au Japon comme une pop star, primé dans son pays et à Angoulême, qui trouve le moyen d’avoir vendu 127 millions de ses albums dans le monde, est un événement.

L’auteur complet propose dans ce diptyque le récit d’un père, gérant ruiné après s’être fait embarquer dans des affaires douteuses, et de sa fille Kasumi,  qui essaie de le protéger contre toutes les arnaques qui lui sont proposées. Désemparés, hagards, ils tombent nez à nezavec un étrange « signe des rêves ». Prémonitions heureuses ou cauchemardesques traquenards, toujours est-il que leur périple les mène à l’Institut de France au Japon auprès d’Iyami,  mystérieux dandy qui se met en tête de les envoyer en France et plus particulièrement au Louvre. Kasumi sent l’arnaque mais son père n’en a cure.  Dans quelle galère s’embarquent-ils, après quelles chimères Takashi Kamoda, le père naïf, court-il?

Remarquablement documenté comme dans tout ce qu’il entreprend, l’auteur complet Naoki Urasawa emmène le lecteur notamment au travers des salles du Musée du Louvre, mais également dans les coulisses où se déroulent de sacrés chassés-croisés avec les gardiens de l’institution. Les dialogues sont enlevés et les situations parfois grotesques, et l’ensemble est assurément déjanté. Quant au dessin réaliste, il bénéficie d’un découpage plutôt classique au regard du récit.

Passée la difficulté, comme pour tout bon manga qui se respecte,  de lire l’album de gauche à droite, le lecteur entrera facilement dans le récit et appréciera assurément le traitement de cette belle pépite.

MUJIRUSHI ou le signe des rêves T1 URASAWA Editions FUTUROPOLIS 144 pages, 20.00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 7 Septembre 2018

LE CHEMISIER, où les péripéties d’un bout de tissu de soie.

« L’habit ne fait pas le moine », mais néanmoins, il pourrait y contribuer. Voilà un proverbe qui pourrait aller à Séverine comme un gant alors que sa vie d’étudiante se déroule de manière plutôt classique, conciliant des cours de lettres modernes en fac, son petit ami Thomas  avec qui elle partage un appartement, et enfin des petits jobs de garde d’enfant afin d’être moins dépendante de ses parents.  Alors qu’elle garde la petite Eva, cette dernière vient à rendre tout son diner sur son sage corsage et le papa, rentré seul, propose à la baby-sitter d’endosser un chemisier de sa femme afin qu’elle puisse rentrer décemment chez elle. Quoi de plus banal comme situation sinon que ce chemisier « class » va transformer la vie de Séverine. Voilà, depuis qu’elle arbore ce chemisier de marque, on s’attarde sur elle, on ose l’aborder, lui faire des compliments et finalement, elle y prend goût. Seulement ce soudain pouvoir de séduction ne va-t-il pas avoir des conséquences sur sa petite vie bien rangée ?

 

 

L’auteur complet Bastien Vivès entraine le lecteur dans une histoire des plus singulières, et sur un terrain peu habituel pour lui, où les rapports sociaux apparaissent modifiés par le simple changement d’un vêtement. Le scénario, fort bien construit, dévoile petit à petit tous les rouages d’une mécanique implacable qui mènera à une fin des plus inattendues.

Le dessin de Bastien Vivès est, comme à l’habitude, efficace, sans fioritures particulières, avec des décors quand cela s’impose pour la bonne compréhension du récit.  A cela, on rajoutera des dégradés de gris et un noir qui renforcent un trait alerte.

A découvrir instamment. 

LE CHEMISIER VIVES Editions CASTERMAN 208 pages, 20.00€

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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