coup de coeur bernard launois

Publié le 18 Septembre 2021

TANANARIVE, un attendrissant regard sur la fabulation

Mieux vaut tard que jamais ! C’est assurément ce que peut se dire Amédée, notaire octogénaire qui subitement va voir son existence se transformer. Il a toujours mené une petite vie pépère entre son étude, sa maison et… son voisin pour lequel il s’est pris d’amitié : Jo le baroudeur, qui lui fait vivre l’aventure par procuration. Les histoires sont éculées mais ce n’est pas grave, chaque soir, Amédée ne cesse de lui réclamer les aventures extraordinaires vécues aux quatre coins de la planète, ce que se complait à narrer l’ineffable Jo.

Seulement, un matin, Jo n’est plus, crise cardiaque et tout s’effondre, il va se retrouver avec sa bourgeoise qui passe son temps à lui dire que le courage ne l’étouffe pas ! Soudain, Amédée se souvient que Jo avait eu un fils et son sang ne fait qu’un tour, il faut le retrouver pour la succession. Voilà donc qu’Amédée, qui s’était juré de ne plus replonger, se lance dans l’aventure de retrouver ce fils mais… rapidement, cela se complique car Jo n’est jamais né à Tananarive, mais à Charleville-Mézières. Quelle claque, que cela cache-t-il, les surprises vont-elles s’arrêter là ou est-ce le commencement de la fin ?

Quel road-movie concocté par le scénariste Mark Eacersall où, au fur et à mesure du récit, Amédée tombe de Charybde en Scylla, apprenant beaucoup sur son meilleur ami mais également sur sa propre vie qu’il croyait tranquille ! Grâce à des dialogues souvent drôles, toujours justes, et des moments de tendresse, le lecteur se laisse rapidement envahir par cette tragi-comédie bien ficelée.

On ne présente plus Sylvain Vallée, l’auteur de bon nombre de séries à succès, d’une partie de Gil St André à Katanga en passant par Il était une fois en France, qui s’attaque pour la première fois à un roman graphique et de quelle manière ! L’album est bien rythmé, avec un dessin réaliste au style plutôt rond qui sied parfaitement aux personnages qui évoluent dans décors alternant entre le Nord de la France et l’Afrique. On ajoutera une jolie mise en couleurs de Delf pour parfaire ce beau roman graphique qui a tous les atouts pour devenir un succès de librairie.

TANANARIVE Mark EACERSALL/ Sylvain VALLEE Collection Millefeuilles Editions GLENAT, 120 pages, 19,50 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 15 Septembre 2021

BONS BAISERS DE LIMON, des photos surannées qui amènent à délier les langues

Ramiro ne pensait pas qu’en récupérant une boite remplie de photos, retrouvée par sa mère, il se lançait dans une aventure à la découverte de ses ancêtres qui avaient vécu dans les années 40-50 à Limón, un petit village côtier du Costa-Rica. Passée la surprise de découvrir ces tirages papier jaunis mais tant chargés d’histoires familiales, Ramiro décide d’aller interroger les protagonistes qui restent la mémoire de cette époque qu’ils qualifient de période dorée, alors que Limón était un village très pauvre.

Si les premières intentions de Ramiro étaient de recueillir des propos et des anecdotes, il était de loin de s’attendre à apprendre aussi un terrible secret de famille… Sans en dévoiler l’histoire, des destins tragiques, des amours contrariés ponctuent ce bel opus.

En voulant redonner vie à Limón, l’auteur Edo Brenes, originaire du Costa-Rica, immerge le lecteur dans cette oasis, aux travers des clichés et interviews d’une vie simple, loin des tumultes de la ville, où l’on n’avait d’autre solution que de survivre dans un environnement, heureusement adouci par les conditions climatiques et la proximité de la mer. Avec une narration fort bien construite alternant les photos noir et blanc, les récits d’un autre temps et la quête présente, Edo Brenes entremêle avec brio tous ces éléments rendant la fiction fluide.

Avec un dessin réaliste de bon aloi, Edo Brenes a su rendre son récit en s’appliquant à marquer les époques de son récit par des couleurs propres à chaque période et des polices distinguant le passé du présent.

Une histoire bien attachante qui fait que ce roman graphique ne peut laisser indifférent…

BONS BAISERS DE LIMÓN Edo BRENES Édition CASTERMAN 272 pages, 23,00 €

Bernard LAUNOIS

 

 

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Publié le 11 Septembre 2021

LES CONTES DROLATIQUES, une remarquable mise en images des écrits d’Honoré de Balzac

Des Cent contes drolatiques écrits par Honoré de Balzac à partir de 1832 et qui se sont finalement résumés à une trentaine, les auteurs Paul et Gaëtan Brizzi ont scénarisé et mis en images avec le talent qu’on leur connait quatre contes tirés du premier dixain, aussi truculents et légers les uns que les autres.

De La belle impéria à La Connétable en passant par Le péché véniel et L’héritier du diable, les nouvelles prennent vie dans les 120 pages qui constituent cet album à ne pas mettre entre toutes les mains.

Après une introduction pour chaque récit mettant en scène l’écrivain Honoré de Balzac alors qu’il écrit ses contes, c’est au tour de découvrir les historiettes. Tout d’abord, les frasques de La belle impéria qui n’hésite pas à s’encanailler avec des ecclésiastiques. Puis, Le péché véniel, où la très jolie Blanche d’Azay-Le-Ridel va très vite comprendre la subtilité de faire la différence entre péché mortel et péché véniel afin d’assouvir ses pulsions. Ne jamais sous-estimer les ressources d’un vieillard soi-disant en fin de vie, au risque de l’apprendre à ses dépens, c’est ce que relate L’héritier du diable. Enfin, La Connétable, avec l’aventure d’une belle comtesse qui n’aura de cesse de trouver tous les stratagèmes pour tromper son mari sans aiguiser sa jalousie.

Si l’œuvre originale est écrite en « vieux françois », à la manière de Rabelais qu’Honoré de Balzac admirait tant, les frères Buzzi l’ont retranscrite et adaptée pour une belle lisibilité. Les dialogues sont alertes et les histoires souvent satiriques de la bourgeoisie tourangelle s’enchaînent, pour le grand plaisir du lecteur, qui (re)découvre un pan plutôt méconnu des écrits d’Honoré de Balzac avec un style plus lâché et que n’aurait assurément pas renié Rabelais.

Avec un dessin hyperréaliste, Paul et Gaëtan Bruzzi magnifient le tout par de superbes planches en sépia mettant de belle manière les nouvelles en images.

A découvrir instamment !

LES CENT CONTES DROLATIQUES Honoré de BALZAC/ Paul et Gaëtan BRUZZI Editions FUTUROPOLIS 120 pages, 21,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 8 Septembre 2021

RENÉ.E AU BOIS DORMANT ou le pouvoir de l’imagination

René vit avec sa maman dans un gratte-ciel de Toronto, souvent seul, car elle travaille dur et n’a guère de temps à lui consacrer. René ne sent pas bien, nulle part, que ce soit dans sa chambre où il se réfugie alors parmi les jouets qu’il affectionne, notamment ses petits soldats avec lesquels il organise des batailles mémorables, mais également lorsqu’il en sort pour se rendre à l’école, réalisant rapidement qu’il n’est pas comme tous les autres enfants de race blanche, lui, l’enfant typé.

Les sarcasmes et les réflexions sont monnaie courante et il en vient jusqu’à demander à sa mère s’il n’a pas été volé. Devant le mutisme de cette mère dure, froide, il va se réfugier dans le monde fantasmagorique de ses rêveries. La fuite de Sucre-doux, son lapin-doudou, va l’entraîner dans une quête effrénée où, tour à tour, créatures avenantes et effrayantes vont peupler son rêve qui s’apparente, cette fois, plus à un cauchemar. Où cela le mènera-t-il, sortira-t-il indemne de ce voyage onirique ? Pourquoi René devient Renée au fil du récit ?

Pour son premier roman graphique, l’auteure Elene Usdin livre là un beau scénario des plus originaux en transportant le lecteur dans un univers imaginaire où se découvrent petit à petit les raisons du mal-être de ce petit bonhomme. Elene Usdin revient sur cette période douloureuse de l’Amérique avec ce que l’on appelle plus communément la « rafle des années soixante », où bon nombre d’enfants autochtones ont été volés à leurs familles pour permettre l’adoption à des gens de la classe moyenne des États-Unis et du Canada.

Fort de ses 272 pages, ce « pavé » se lit d’une traite pour en connaitre le dénouement après tant et tant de rebondissements, et se relit tranquillement pour apprécier tant le découpage que les peintures, tout aussi belles les unes que les autres.

Assurément une des plus belles découvertes de cette rentrée. Indispensable !

RENÉ.E AU BOIS DORMANT Elene USDIN Éditions SARBACANE 272 pages, 29,50 € 

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 25 Août 2021

Madeleine, Résistante T1, un devoir de mémoire bien salutaire pour les générations futures

Madeleine Riffaud vient d’avoir à peine 18 ans lorsqu’elle intègre en 1942 un groupe de résistants parisiens, alors que la guerre fait rage. C’est une jeune fille frêle, au point d’être surnommée la « crevette » par ses pairs, mais tellement forte dans sa tête, allant jusqu’à éliminer un soldat nazi pour montrer que la résistance sait faire face à l’hégémonie de l’occupant. N’ayant peur de rien même de la mort, elle puise sa force dans son caractère bien trempé et sa détermination à combattre l’ennemi.

Avec cet émouvant premier volume d’une série qui en comptera trois, commence la saga de cette grande dame, hors du commun et au parcours hors norme, qui aura marqué la fin du 20ème siècle. C’est à partir de plusieurs centaines d’heures d’enregistrement que le scénariste Jean-David Morvan a confectionné un scénario dense tout en étant fluide, entraînant le lecteur dans un incroyable récit.

De sa prime jeunesse pleine d’insouciance aux affres de la Deuxième Guerre mondiale, le scénariste s’est attaché à respecter les propos de cette jeune résistante.

L’histoire est remarquablement mise en images par Dominique Bertail avec son dessin hyperréaliste rehaussé par des couleurs aux dégradés de bleu, comme si l’on assistait dans une salle obscure aux actualités diffusées avant le grand film.

Une belle réussite pour ce premier opus d’un biopic qui tient toutes ses promesses.

MADELEINE, RÉSISTANTE T1 la rose dégoupillée Jean-David MORVAN/Dominique BERTAIL Collection AIRE LIBRE ÉDITIONS DUPUIS 91 pages, 23,50 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 24 Juillet 2021

VEI, ou le récit fantastique d’une guerrière qui ne renonce jamais…

Quel destin pour Vei, cette jeune et belle jeune fille née à Jötunheim dans la tribu des géants, sinon qu’elle est née pour combattre ? Mi-humaine, mi-géante, ses pouvoirs sont colossaux, à commencer par la maîtrise des combats : cela va lui servir alors qu’elle doit affronter l’arène pour remporter le Meistarileikir, tournoi tant convoité par les dieux et dont l’enjeu reste le contrôle de Midgard, la terre des humains. Seulement, avant de démontrer ses talents de combattante, il lui faut s’extirper d’un bateau, enchaînée et confrontée aux déchainements de la mer. Arrivera-t-elle à se sortir de ce mauvais pas en se déjouant de ces Vikings, et rejoindre la terre ferme ?

Revisiter la mythologie nordique en la dynamisant n’était assurément pas gagné ! Force est de constater que le pari est réussi. Avec un récit de plus de 300 pages, la scénariste Sara Bergmark Elfgren envoute le lecteur et ce, dès les premières pages, dans une aventure héroïc fantasy de qualité où les actions s’enchainent sans relâche. On (re)découvre avec plaisir les dieux d’Asgard, d’Odin à Thor en passant par Freyja, etc., toujours prêts à combattre les géants de Jôtunheim qui ne s’en laissent pas compter.

Au scénario remarquablement construit s’ajoute toute la maîtrise graphique du dessinateur Karl Johnsson. Avec un dessin réaliste, digne des meilleurs albums d’Héroïc Fantasy, les personnages évoluent de manière dynamique dans des décors fantasmagoriques fouillés et servis par de belles couleurs numériques.

Pour une première collaboration des deux auteurs, on peut dire que c’est un coup de maître et il faudra assurément suivre de près ce duo détonant, pétri de talent.

VEI Sara Bergmark ELFGREN/ Karl JOHNSSON Editions ANKAMA 344 pages, 26,90 €

Bernard Launois

 

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Publié le 14 Juillet 2021

LA FILLE DU QUAI, un conte qui ne laisse pas indifférent !

Le jeune Haurel, alors âgé de 8 ans, va trouver sa vie transformée lorsqu’il aperçoit sur le bout du quai la silhouette d’une élégante jeune femme abritée sous une ombrelle. Il faut dire que cette dernière traine une légende singulière, celle d’exterminer tous les gens qui auront eu la malchance de la rencontrer ! Ce conte incroyable n’est-il pas encore une de ces vieilles chimères qui se transmet de génération en génération sans aucun fondement, sinon de glacer les sangs des pauvres hères qui l’ont vue au détour d’une rue, d’un quai. Toujours est-il qu’Haurel ne vit plus et espère que la fameuse jeune fille ne viendra plus hanter ses jours et ses nuits. Hélas, il n’en est rien, plus il tente de lui échapper, plus son emprise grandit au point d’empêcher un amour… Que faire, quelle fin à ce destin qui ne cesse devenir funeste ?

La scénariste Alexine entraine avec talent le lecteur dans ce conte hallucinatoire, où le suspense s’avère omniprésent. S’attardant sur les caractères et la psychologie des protagonistes, particulièrement marqués, Alexine joue avec les extrêmes, de l’amour à l’horreur.

Les dialogues sont alertes et le découpage efficace remarquablement mis en images par le dessinateur Fabrice Meddour. Son dessin réaliste rehaussé par de superbes aquarelles, renforçant les situations, ravira le lecteur qui sera partagé entre s’attarder sur les dessins et n’avoir de cesse de connaitre la fin de cette fiction qui ne le laissera pas indifférent.

Un cahier graphique complète de belle manière cet opus en montrant tout le talent du dessinateur, si tant soit peu que l’album ne l’aurait démontré.

LA FILLE DU QUAI ALEXINE/Fabrice MEDDOUR collection 24X32 éditions GLENAT, 64 pages 15,50 €

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 2 Juin 2021

LA CHANSON DE RENART T2, toute une fable à déguster

Après Le Seigneur des entourloupes, aux accents plus enjoués, La Magie sans miracle termine ce diptyque de manière plus noire avec un Renart moins sarcastique et plutôt conscient que sa tâche de sauver le monde qui court à la catastrophe s’avère des plus difficiles. Et c’est sans son fidèle compère le loup Ysengrin, laissé en famille, qu’il s’adjoint les services de l’apprenti sorcier Takka alors que Merlin l’enchanteur reste désespérément momifié en pierre.

Que faire alors quand on est un goupil que tout le monde rencontré considère comme un chien ? Doit-on se révolter, le revendiquer ou se fondre dans la masse si l’on ne veut pas être chassé comme un vulgaire gibier ? Renart a fort à faire pour espérer sauver le monde et qui sait, arrivera-t-il à redonner vie à Merlin l’enchanteur ?  

Les talents de conteur de Joann Sfar ne se discutent pas et cette fois, il étonne et interroge son lectorat en le transportant au Moyen-Age, période où la magie s’apparentait au satanisme. L’auteur Joann Sfar aime faire parler les animaux et ce, de belle manière, en les rendant souvent plus intelligents que bon nombre d’humains.

Le lecteur se plaira à suivre le téméraire goupil au travers de cités du sud-ouest de la France, grâce au dessin vif de Joann Sfar, toujours remarquablement mis en valeur par les couleurs de Brigitte Findakly.

On pourra simplement regretter que cet hommage inédit au récit médiéval se finisse avec ce deuxième tome mais qui sait, il suffira d’une idée nouvelle de son créateur pour que rejaillissent de nouvelles aventures de la Chanson de Renart ?

LA CHANSON DE RENART T2 Le Seigneur des entourloupes Joann SFAR Editions GALLIMARD BANDE DESSINEE 56 pages, 16,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 31 Mai 2021

Exposition UDERZO, COMME UNE POTION MAGIQUE ... A consommer sans modération !

Exposer Monsieur Albert UDERZO dans ce bel écrin qu’est le Musée Maillol s’avère une excellente idée.

Quelle exposition ! Assurément l’une des plus réussies, tant par la richesse des pièces montrées que dans la mise en scène, sobre et soignée comme l’aurait aimée le Maître disparu depuis le 24 mars 2020.

Quand on sait combien il est difficile de monter une exposition d’une telle ampleur, et a fortiori dans ces périodes compliquées et dans des temps très courts, on mesure le travail accompli en découvrant cette belle rétrospective, menée de main de maître par sa fille Sylvie UDERZO assistée de l’agence Artcurial Culture, au travers de dessins, planches et autres crayonnés réalisés par l’artiste tout au long de sa vie. On peut aussi y découvrir la présence de figurines et autres objets.

Du 1er étage où débute l’exposition avec la jeunesse d’Albert UDERZO, au rez-de-chaussée consacré principalement à ce phénomène de l’édition qu’est la série Astérix traduite en près de 120 langues et créée avec son ami René GOSCINNY, les visiteurs vont clairement en prendre plein les yeux !

De ses cahiers d’écolier richement agrémentés de dessins qui montraient déjà ses fortes prédispositions pour le 9ème art, aux planches d’Astérix, en passant par Belloy, Johan Pistolet, Oumpah-Pah, Tanguy et Laverdure… Les talents de l’artiste sont multiples et variés. Ainsi, son trait vif et dynamique éclate aux yeux du visiteur ébahi et admiratif de tant de maîtrise, tant dans les crayonnés poussés que dans les profonds encrages, infiniment mieux mis en valeur que dans les albums.  

Ainsi l’on mesure mieux, à travers cette remarquable rétrospective riche de plus de 300 originaux, l’incroyable parcours de cet autodidacte de génie qui aura marqué le monde entier.

Alors, par Toutatis, ce n’est pas le moment de rater l’exposition de tels trésors, pour la plupart sortis de la collection personnelle familiale et que l’on n’aura sûrement plus l’occasion de revoir avant longtemps. Il ne vous reste donc plus qu’à vous précipiter au musée Maillol pour découvrir toutes les facettes d’un grand homme, discret, humble, qui a fait et fera encore rêver toutes les générations.

Enfin, signalons la réalisation par les éditions Hazan d’un superbe catalogue, riche de 288 pages, qui restera la mémoire de cette exposition.

Exposition UDERZO, Comme une potion magique Musée MAILLOL 61, Rue De Grenelle 75007 Paris, du Jeudi 27 mai 2021 au jeudi 30 septembre 2021

Catalogue UDERZO, Comme une potion magique éditions HAZAN 288 pages, 35,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 25 Mai 2021

ENTRE LES LIGNES, une affaire de famille bien singulière, tout en émotion

Baptiste se souvient de Moïse, son grand-père, comme quelqu’un de taciturne et de renfermé, voire acariâtre, qui ne s’est jamais étendu sur sa vie, sinon qu’il aura vécu la guerre avec toutes ses vicissitudes. Il aura fallu que le père de Baptiste retrouve les retranscriptions de lettres écrites par Moïse et consignées dans trois carnets, pour découvrir que la vie du nonagénaire avait été loin d’être un fleuve tranquille. Voilà que Moïse a tu à toute sa famille la présence dans sa vie d’une certaine Anne-Lise Schmidt. Qui est-elle, quelle relation a-t-elle tissée avec Moïse et ce, depuis 1960, date de la première lettre jusqu’à 2004 ? Pourquoi n’en avait-il jamais parlé ?

Si Baptiste accuse le coup, son père s’en trouve très perturbé et n’a qu’une idée en tête, celle de partir à la recherche de cette personne. Seulement, sa santé se dégrade brusquement et c’est Baptiste qui décide de le faire pour son père, peut-être un moyen de se rapprocher de lui et de renouer tous les liens familiaux à travers sa quête ?

Passée la stupéfaction engendrée par cette découverte, Baptiste décide de partir à la recherche de la fameuse Anne-Lise à laquelle Moïse semble vouer un amour immodéré.

L’enquête va se révéler compliquée d’autant plus que les années ont passé et c’est un Baptiste conquérant que les lecteurs vont découvrir dans son improbable quête.

L’auteur Dominique Mermoux a eu l’excellente idée de prendre le parti pris d’alterner les lettres de Moïse, remarquablement mises en images, avec une bande dessinée narrant tout son cheminement.  Celui-ci l’amène à découvrir des lieux, des personnages qui auraient approché Anne-Lise de près ou de loin, mais également à développer leur relation père-fils. Le récit s’avère fluide et le lecteur est tenu en haleine tout le long des 168 pages.

Voilà donc un roman graphique digne du roman de Baptiste Beaulieu, Toutes les histoires d’amour du monde, dont le récit est tiré.

ENTRE LES LIGNES Baptiste BEAULIEU/Dominique MERMOUX Éditions RUE DE SÈVRES 168 pages, 20,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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