coup de coeur bernard launois

Publié le 17 Novembre 2022

LE CRIME PARFAIT, plus diabolique que ça, on meurt !

Comment est-ce possible d’avoir tant d’imagination pour arriver à ses fins ? Parfois, également, le crime si parfait révèle bien des surprises et assurément, pas celles que les protagonistes attendaient. Voilà ce que nous proposent quinze auteurs de bande dessinée, et pas des moindres, de scénariser et de mettre en images onze courts récits qui font le bonheur du lecteur.

Tous ces auteurs, de Gess à Christian de Metter en passant respectivement par Nicolas Barral, Richard Guérineau, Iñaki Holgado avec A. K. Seltzer, Christophe Chabouté, Pascal Rabaté, Jean-Philipe Peyraud avec Cyril Liéron, Tony Sandoval avec Miceal Beausang O’Griafa, Emmanuel Moynot, Jean-Paul Krassinsky, Cyril Pomès ont, au minimum un point commun, c’est celui d’aimer le polar et cela transpire dans toutes les pages de l’album.

Difficile de choisir parmi tel ou tel récit tellement ils sont tout aussi surprenants les uns que les autres. Que ce soit le meurtre du micheton fomenté par une de ses « protégées » à l’occasion d’une danse, ou encore la couardise d’un détective privé qui aurait laissé faire des meurtres sans jamais les dénoncer et qui finira par le payer, tous ces faits-divers intriguent, interrogent sur la condition humaine.

L’exercice de rendre un récit captivant en si peu de pages, puisque les histoires ne comportent pas plus de 5 feuilles, relève de la gageure et l’on ne peut que se féliciter de constater qu’on est tenu en haleine à chaque intrigue.

Chaque histoire est ponctuée d’une page remettant dans le contexte le récit et permettant ainsi de mieux appréhender ces crimes qui avaient fait la une des journaux à leur époque.

Alors, prêt à s’étonner, s’émouvoir, se questionner sur des méthodes et des savoir-faire hors du commun ? Peut-être que le lecteur regardera ses congénères d’une autre manière une fois qu’il aura lu cet album.

LE CRIME PARFAIT Collectif Éditions PHILEAS 112 pages, 19,90 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 15 Novembre 2022

CACHE-CACHE BATON, comme un goût de madeleine de Proust

Vivre dans une communauté dans les années 70 n’est certes pas banal, et lorsqu’on participe à cette expérience dans la petite enfance, cela laisse forcément des souvenirs que l’auteur Emmanuel Lepage s’était juré de raconter un jour.

Mais que reste-t-il aujourd’hui de ces moments passés en groupe, où enfants et adultes ont partagé des bouts de vie ?

Assurément des souvenirs qui sont souvent bien fugaces, et si l’on veut ne pas les perdre complètement, mais aussi les compléter, il ne faut pas tarder à les interroger ceux qui les ont vécus avant qu’ils ne disparaissent. C’est ce qu’Emmanuel Lepage a entrepris ces derniers temps avant de réaliser l’album, en interviewant les protagonistes qui ont répondu à son appel.

S’il ne reste principalement pour l’auteur que de bons souvenirs de ces cinq ans passés en communauté, il apparait que ce ne soit le cas de tout le monde, à commencer par ses parents qui auraient préféré que cette enquête soit réalisée après leur mort. La ténacité de l’auteur permettra d’écouter mais encore plus d’entendre comment tout un chacun a vécu cette expérience, assurément hors du commun eu égard à la période, et d’en retracer une histoire sociale.

Emmanuel Lepage signe là un scénario des plus intimes et on peut se demander si ce retour aux sources ne s’apparente pas, d’une certaine manière, à une certaine forme de thérapie.

Devant une formidable mise en images, le lecteur se prendra au jeu de l’enquête, découvrant alors un univers, un mode de vie assez révolutionnaire lorsque la tendance de l’époque virait plutôt à l’individualisme. On appréciera les aquarelles avec des changements d’ambiance de couleurs, rythmant les différentes périodes du récit, permettant ainsi une belle lisibilité. Voilà une belle pierre à l’édifice du talent d’Emmanuel Lepage qui ne pourra laisser personne indifférent.

A lire et (re)lire instamment !

CACHE-CACHE BATON Emmanuel LEPAGE Éditions FUTUROPOLIS 304 pages, 29,90 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 10 Novembre 2022

LE PARIS DES MERVEILLES T1, celui des années folles, pleines d’enchantements et de magie

Le Paris des années 1900 n’empêche pas, hélas, le Paris des escrocs et des roublards qui n’ont qu’en tête de se faire de l’argent facile sur le dos de la bourgeoisie. C’est ainsi que le directeur d’un cercle de jeu privé, devant la chance surnaturelle d’un nouveau joueur, mandate le mage et gentleman Louis Denisart Hippolyte Griffont afin de déjouer celui qu’il soupçonne de tricher grâce à ses talents de magie. Et lorsqu’on ajoute le retour d’une jeune cambrioleuse qui recommence à sévir sur la capitale et une affaire d’État qu’il devra démêler pour couronner le tout, cela fait beaucoup d’enquêtes diverses et variées pour un seul homme qui devra mettre en avant ses talents tant de magicien que de fin limier.   

Ce titre de livre aura sûrement rappelé à bon nombre de lecteurs les univers de Pierre Pevel, auteur de romans fantasy à succès et plus particulièrement ce titre éponyme. Après avoir créé le scénario de bande dessinée Les artilleuses pour le dessinateur Étienne Willem, pourquoi s’arrêter en si bon chemin alors qu’il y a encore tant à faire ? Voilà que Pierre Pevel et Étienne Willem décident l’adaptation du roman éponyme qui permettra au lecteur de (re)découvrir ce roman au travers des traits d’Étienne Willem sur des dialogues de Pierre Pevel.

Dès les premières pages, le décor du Paris des années folles de Pierre Pevel est planté, avec notamment des animaux volants et autres gargouilles parlantes évoluant dans de beaux décors comme sait les réaliser Étienne Willem. Le cadrage, l’organisation des cases, tout concourt à divertir le lecteur sans l’éloigner des intrigues du récit. On ajoutera la belle mise en couleurs de Tanja Wenish pour le plaisir des yeux.

Voilà un premier opus fort attractif, d’un diptyque correspondant au tome 1 du roman éponyme, qui commence sur les chapeaux de roue et qui laisse augurer un étrange voyage mélangeant steampunk et extraordinaire.

LE PARIS DES MERVEILLES T1 Les enchantements d’Ambremer Pierre PEVEL/Etienne WILLEM Éditions DRAKOO 48 pages, 14,90 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 5 Novembre 2022

HOKA HEY !, des cris de désespoir à l’apaisement de la colère

« En avant ! », traduction du titre de l’album, reflète bien cette fuite en avant d’un groupe de jeunes adultes et un d’un gamin qui n’ont, a priori, aucun point commun et pas plus de raisons de se rencontrer et de s’associer.

Georges, jeune Lakota, recueilli et éduqué par le pasteur Clemente, ne sait pas ou peu de choses de ses origines mais rêve du modèle américain insufflé par le pasteur. La rencontre fortuite avec Little Knife, personnage violent et cynique, également Amérindien et de ses deux compères vont bouleverser sa vie. Little Knife, à la recherche de l’assassin de sa mère, décide de tuer Georges, témoin du meurtre de son tuteur puis se ravise et décide de l’emmener de force dans son aventure meurtrière.

Pourquoi Little Knife décide-t-il de garder un témoin si gênant qui ne peut que ralentir leur quête, d’autant plus le trio infernal sait qu’ils sont traqués par un chasseur de primes ?

Avec ce western peu commun, dans le sens où il fait la part belle aux Indiens du Lakota, l’auteur Neyef met l’accent sur l’appartenance culturelle, influencée par l’éducation qu’a reçue tout un chacun. Entre Georges, le jeune Lakota et les trois compagnons, il y a un monde qui les sépare dans le mode de vie, l’espérance, etc, et il s’avère intéressant de voir comme l’auteur va, petit à petit, amener à réfléchir sur leur condition respective.

Le récit est remarquablement mis en images par Neyef, et le lecteur sera tiraillé dès les premières pages entre dévorer cet album de plus de 200 pages pour en connaître le dénouement, ou s’arrêter sur les splendides aquarelles pour les contempler.

 

HOKA HEY ! NEYEF Collection Label 619 Éditions RUE DE SEVRES 224 pages, 22,90 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 22 Octobre 2022

TAÏ DAM TRAVERSER LE MEKONG… Vers un retour aux sources des plus salutaires !

Marijah, d’origine Taï Dam, n’a que quelques mois en 1976 lorsqu’elle débarque en France après avoir fui la guerre du Vietnam, en compagnie de ses parents et de ses frère et sœur. Mais que reste-t-il de cette période trouble pour la jeune Laotienne ? Les années ont passé, les bribes de souvenirs se sont petit à petit estompées. Maintenant elle exprime ses sentiments, ses sensations au travers la peinture dont elle a fait son métier et ses origines sont loin… Mais, ne suffirait-il pas de franchir le pas, de retourner sur ses terres ?

Dès les premières pages, l’émotion est palpable et ce tout au long du récit, à commencer par la peur de Marijah de revenir sur son passé quarante-sept ans plus tard alors qu’elle se sent française. Mais est-ce la vraie raison, n’a-t-elle surtout pas peur de ne pas être capable de parler sa langue maternelle à l’occasion de la rencontre avec les siens, à la découverte de sa famille dont elle a surtout les souvenirs entretenus par ses parents ? Tous ces questionnements ne pouvant rester en suspens, place à l’aventure, la découverte de ces Taïs noirs qui résident entre la Thaïlande, le Vietnam et le Laos.

L’auteur Joël Alessandra a pris le parti dans cet opus, d’être à la fois acteur pour un voyage d’accompagnement de sa compagne dans des contrées dont il lui reste quelques vagues souvenirs, mais également spectateur de scènes vraies, souvent attendrissantes, un rôle qu’il matérialise par une voix off sous les cases.

Si ses talents de conteur de Joël Alessandra sont éprouvés, il y a mis plus encore cette fois toute son âme, au service du parcours initiatique de sa compagne et ce, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Des rappels historiques de ces pays colonisés sous influence française, agrémentés d’aquarelles mais également de dessins d’époque remettent bien dans le contexte, et si le trait reste alerte, il est sublimé par de superbes aquarelles dont Joël Alessandra a le secret.

Enfin, au détour de quelques aquarelles, on découvrira, avec plaisir, les talents de peintre de Marijah, tout en sensibilité.

A découvrir instamment !

TAÏ DAM TRAVERSER LE MEKONG Joël Alessandra Éditions STEINKIS 154 pages, 23,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 19 Octobre 2022

KISS THE SKY Jimi Hendrix 1942-1970, ou les débuts difficiles d’une légende du rock

Noir c’est noir, le titre des Los Bravos repris par Johnny Halliday aurait pu faire le titre de cet album tellement les débuts dans la vie de cet artiste de génie ont été misérables. Né d’un père qui aura passé sa vie à chercher des petits boulots pour faire vivre sa famille et d’une mère des plus volages qui désertait régulièrement la maison pour chercher du réconfort auprès d’autres hommes, Jimi est trimballé de famille tout court en famille d’accueil, toujours en attente de retrouver Lucille, sa mère pour des apparitions aussi inopinées que furtives.

Ce chemin de croix, il le portera tout au long de sa jeunesse et ce jusqu’à ses vingt-quatre ans où il commencera enfin à se faire un nom. La musique aura été son refuge de tous les instants et s’il a été empêché de connaitre la consécration plus tôt, il le doit notamment à son souci de l’expérimentation musicale qui ne lui permettait pas de s’intégrer au sein de formations.

Le scénariste Jean-Michel Dupont signe là encore un scénario ciselé, s’attachant aux faits historiques en retraçant le parcours chaotique de l’artiste sans faire dans le pathos. Les dialogues sont enlevés et c’est avec talent que les différentes facettes du personnage sont dévoilées : de ses difficultés relationnelles avec la gent féminine, alors qu’il aura passé le plus clair de son temps à collectionner les demoiselles qui ressemblaient le plus à sa mère, à son caractère indépendant mais aussi à sa violence, qui lui vaudront bien des déboires.

On retrouve avec plaisir les dispositions de conteur de Jean-Michel Dupont, déjà ressenties dans Love in vain et une fois encore, l’association avec le talentueux dessinateur Mezzo fonctionne à merveille. Le dessin réaliste fouillé transcende le scénario et pour ceux qui ont vécu cette période, on s’y croirait. Des décors de la chambre intimiste aux envolées lyriques sur les scènes des cabarets où il se produisait, les effets s’avèrent envoutants.

Alors, pour compléter le tout et s’immerger dans l’atmosphère, il ne reste plus qu’à accompagner la lecture par une écoute des titres proposés en fin de l’album concernant les artistes évoqués dans les cases.

Dommage qu’il faille encore attendre quelques temps le deuxième album de ce diptyque à consommer sans modération.

KISS THE SKY Jimi Hendrix 1942-1970 Jean-Michel DUPONT/MEZZO Hors Collection Éditions GLENAT 88 pages, 24,50 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 17 Octobre 2022

CELLE QUI FIT LE BONHEUR DES INSECTES, un conte fantastique à prendre au vol !

Le royaume oriental de Shandramabad, plutôt calme en temps normal, va vivre de biens douloureux moments métamorphosant la vie du palais et de tout son peuple. Imaginez, le prince décède dans un accident de chasse quelques semaines avant la naissance de ses jumeaux, Jalna et Gorakh.

Devenue reine, Skirara va reporter tout son amour sur ses deux bébés, les couvrant de cadeaux avec notamment deux oiseaux-volcan, lesquels remplissent de joie ses jeunes enfants qui aiment particulièrement les oiseaux. Ces moments d’apaisement ne vont, hélas, guère durer avec le décès de Gorakh, défenestré alors qu’il tentait de récupérer son oiseau qu’il avait laissé en liberté dans sa chambre.

Anéantie par la douleur, la souveraine ne supporte plus les pépiements des oiseaux et ordonne à son armée de les occire, jusqu’au dernier. Le royaume s’enferme alors dans un silence mortuaire, attristant toute la population.

Quel impact va avoir cette infâme extermination ? Mais comme si cela ne suffisait pas, voilà que la reine apprend que sa fille reçoit un va-nu-pieds dans sa chambre, et elle va s’empresser de le faire condamner à un horrible châtiment.

Le prolifique et talentueux scénariste Benoit Drousie, plus connu sous le pseudonyme de Zidrou, transporte le lecteur dans un conte des mille et une nuits où tendresse et horreur se côtoient sans que l’une prenne le dessus sur l’autre. Le récit s’avère bien construit avec bon nombre de temps forts jusqu’à un final que le lecteur aura hâte d’atteindre.

Voilà une belle histoire remarquablement mise en images par un Paul Salomone qui y apporte tout son talent. On retrouve, avec plaisir, ce dessin plutôt classique mais terriblement efficace que l’on avait apprécié notamment dans la série L’homme qui n’aimait pas les armes à feu. Ici, le lecteur prendra plaisir à voyager dans des décors luxuriants et un palais aux mille facettes en appréciant les superbes aquarelles qui subliment le dessin.

CELLE QUI FIT LE BONHEUR DES INSECTES Paul SALOMONE/ZIDROU Éditions Daniel MAGHEN 96 pages, 19,50 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 6 Octobre 2022

HOLLYWOOLAND T1, ou l’envers du décor de l’industrie cinématographique américaine

Nous sommes dans les années 50, à l’heure où l’Amérique a les yeux braqués sur la planète Hollywood, capitale du 7ème art où les tournages de films vont bon train. Ce sont les années tiroirs-caisses pour une profession qui amasse les dollars grâce notamment aux légendes du cinéma que sont, Gary Cooper, Elisabeth Taylor, Cary Grant, Montgomery Clift et nous en passons, tellement la liste est longue. Cette Amérique-là fait rêver : l’argent facile, les strass et les paillettes, les starlettes et les jeunes premiers dans de belles américaines. Mais ce tableau idyllique, c’est la face A, celle immergée de l’iceberg ; la face B s’avère beaucoup moins reluisante avec son lot de déceptions de carrières avortées, d’exploitations souvent peu ragoûtantes pour bon nombre qui ont tenté l’aventure, au risque de s’y briser les ailes.

C’est sur ce thème que le scénariste Zidrou incite le lecteur à découvrir neuf histoires courtes, de H, comme à Hayworth à D, comme Doug, en passant par W, comme Woody, reformant ainsi le nom d’HOLLYWOOD. Ainsi, à partir de faits souvent romancés, le scénariste distille chacune des neuf tranches de vie avec un ton humoristique plutôt grinçant. On appréciera l’exercice, souvent difficile, de planter un décor, une histoire en si peu de pages et de finir en beauté ou pas et Zidrou excelle plutôt dans ce genre d’exercice.

On retrouve avec plaisir un Éric Maltaite qui n’est pas en reste et livre là son dessin réaliste « rond » qui sied parfaitement au récit, rehaussé par des couleurs années 50 de Philippe Ory, une belle réussite.

Saluons ici l’éditeur Fluide Glacial d’avoir accepté un projet qui finalement, rentre bien dans le catalogue et souhaitons que ce premier opus en amène d’autres.

Enfin, signalons l’édition noir et blanc, grand format, dos toilé, agrémentée d’une histoire supplémentaire et de 8 cartes postales.

HOLLYWOOLAND T1 ZIDROU/ Éric MALTAITE Editions FLUIDE GLACIAL 56 pages 13,90 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 5 Octobre 2022

ELVIRA & OTTO dans la jungle, quelle ménagerie !

Voilà qu’Elvira la gazelle et Otto, l’éléphant, s’aiment d’amour tendre. Quelle affaire en pleine savane, où le mélange des genres n’est vraiment pas d’actualité ! Cela va provoquer l’ire de beaucoup d’autres d’animaux de la savane, à commencer par les buffles qui leur enjoignent d’arrêter car les touristes en safari se tordent de rire en les observant. Mais nos deux tourtereaux n’en ont cure et continuent effrontément à se pavaner, bras dessus, bras dessous jusqu’à ce qu’ils tombent sur un drôle de boitier tombé d’une jeep et qui répond au nom de Siri.

S’engage un drôle de dialogue avec cette voix, développée par une pomme en Californie, et les voilà à découvrir sur l’écran du boitier perdu la ville d’où est issu son propriétaire. Qu’est-ce donc que la ville, qui ressemble à une termitière où vivent ces singes qui viennent les filmer régulièrement ? Les images défilent devant leurs yeux ébahis et leur curiosité s’aiguise. Et si nos deux amoureux franchissaient le pas, et se rendaient sur place ?

Le scénariste Martin Baltscheit, couronné régulièrement pour de nombreux récits jeunesse, aime le monde animalier et le fait partager avec bonheur à son public. Cette fois, ce sont les animaux qui partent à la découverte des humains, qui n’ont pas fini de les étonner par leur mode de vie.

Le récit est drôle, les dialogues sont bien enlevés et le lecteur ne peut que prendre plaisir à rentrer dans le jeu du scénariste qui se complait malicieusement à nous montrer sous un jour pas très à notre avantage. Mais au-delà de ces sarcasmes, Martin Baltscheit s’ingénie à nous sensibiliser sur la place des animaux dans le monde.

Le dessin semi-réaliste de Max Fielder, rehaussé des couleurs chatoyantes de Claire Pag, complète de belle manière le récit.

Alors, en attendant le deuxième tome où les protagonistes vont pouvoir réaliser leur rêve de visiter la ville, c’est le moment de déguster cette petite pépite dans la savane, aussi cocasse qu’attachante.

ELVIRA & OTTO T1 Dans la jungle Martin BALTSCHEIT/Max FIELDER Éditions RUE DE SEVRES 64 pages 14,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 4 Octobre 2022

CRISTAL 417, ou les tribulations d’une jeune policière au sein de la Crim’

Rejoindre la prestigieuse Crim’ s’avère être, pour un fonctionnaire de police, une sorte de graal. Alors, quand Pauline, jeune policière fraîchement émoulue dans un commissariat de province, apprend qu’elle est acceptée comme stagiaire à la Crim’, elle n’en croit pas ses oreilles !

Passées les présentations dans ce nouveau service mais aussi les railleries de certains de ses collègues quant à ses attitudes un peu gauches, voilà que l’on rentre dans le dur. Fini, l’éventail de toutes les misères sociales rencontrées dans son commissariat de Metz, place aux dossiers réservés à la Crim’, les plus sordides, mais surtout les dossiers qui risquent d’être rendus médiatiques et pour lesquels, il ne faut pas se louper, sous peine d’écorner sa carrière. C’est à Pauline que sera un confié un vieux dossier pour lequel elle va devoir revoir toutes étapes afin de s’assurer que rien n’a été oublié, et au besoin reprendre les questionnements, engendrant un vrai travail de fourmi. Parallèlement, la stagiaire est invitée à parfaire sa formation sur le terrain en suivant ses collègues dans des filatures.

Comme si vous y étiez, voilà ce que nous proposent les scénaristes, Mark Eacersall et Henri Scala avec cet album, en plongeant le lecteur dans les arcanes de la Crim’. Il faut dire qu’avec Henri Scala, par ailleurs, commissaire de police, on ne peut pas être plus au cœur de ce service dont il a fait partie. Alors, si elle apparait prestigieuse sur le papier, générant beaucoup de fantasmes, la réalité est tout autre et l’on va constater que dans les faits, c’’est souvent loin d’être rose.

Au-delà des méthodes d’action décrites tout au long du récit, le lecteur va également découvrir les luttes de pouvoir entre chefs et services. On retrouve, avec plaisir, le style narratif efficace de Mark Eacersall qui rend accessible une matière obscure aux profanes, le tout servi par le dessin réaliste de Boris Golzio.

CRISTAL 417 Mark EACERSALL/Henri SCALA/Boris GOLZIO Éditions GLÉNAT collection 1000 feuilles 120 pages, 19,50 €

Bernard LAUNOIS

 

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