coup de coeur bernard launois

Publié le 17 Février 2022

MFK2 T1, le retour tonitruant d’une série des plus délirantes !

MFK, plus connu sous le nom de Mutafukaz, revient avec un récit encore plus ravagé et drôle que le premier cycle qui avait déjà marqué les esprits par son côté vif en narrant le quotidien de trois jeunes Angelenos, Lino, un livreur de sushis flanqué de ses amis Vinz et Willy. L’histoire débute avec une fusillade dans le sushi bar alors que Lino récupère ses prochaines livraisons. Échappant de peu à la tuerie, il se lance au guidon de son scooter à la poursuite d’une des voitures des protagonistes et se livre à un règlement de comptes qui n’échappera pas aux caméras urbaines. Et voilà qu’en l’espace d’une demi-heure Lino ne va pas tarder à devenir l’ennemi public numéro 1, alors que c’était uniquement de la légitime défense. Que faire alors, sinon quitter la ville, accompagné par son ami Vinz qui, dans un premier temps et voyant les vidéos diffusées, refuse de suivre son ami qu’il considère comme un assassin, avant de se raviser quitte à être pris pour un complice.

Seulement, il faut faire vite car l’étau se resserre, et la seule échappatoire qu’ils voient pour espérer être sauvés, c’est de se mettre au vert en rejoignant Willy qu’ils n’ont pas vu depuis des lustres, au moyen d’un camping-car tout pourri acheté en liquide à la périphérie de Los Angeles.

L’auteur Run entraîne le lecteur dans une course effrénée à travers le désert du Nevada où les rencontres diverses et variées que font les trois héros vont mettre du piment dans leur fuite. Avec un rythme des plus effrénés pour une aventure ponctuée de dialogues plutôt drôles alors que le sujet du complot ne l’est point, Run dépoussière ce type de récit, interroge le lecteur sur la manipulation des médias pour cacher les affaires quitte à créer de toutes pièces des boucs émissaires.

Quant à son dessin semi-réaliste, il s’avère tout aussi dynamique que le récit et c’est un réel plaisir de retrouver un de ces titres qui aura fait le succès du Label 619 qui vient de rejoindre la belle maison d’édition Rue de Sèvres. Après avoir lu ce premier opus d’un cycle qui en comportera trois, le lecteur n’aura plus qu’à ronger son frein, dans l’attente de suivre les incroyables aventures de MFK.

MFK 2 RUN Collection LABEL 619 Éditions RUE DE SEVRES 144 pages, 16,90 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 14 Février 2022

3 MINUTES POUR COMPRENDRE 50 MOMENTS-CLES DE L’HISTOIRE DE LA BANDE DESSINÉE, un concentré de connaissances à (re)découvrir !

Après pas moins de soixante-dix livres de la collection Le Courrier du Livre édités avec le même concept du 3 minutes pour comprendre, traitant de sujets divers et variés allant des plus grandes théories philosophiques à L’histoire de la langue Française, les éditions Trédaniel ont eu la riche idée d’accepter le projet de l’auteur Benoit Peeters.

De la création de la bande dessinée en 1827 à nos jours, le scénariste Benoit Peeters dresse un tableau plutôt complet de l’évolution de ce qui allait être reconnu, depuis une cinquantaine d’années, comme le 9ème art. De Töpfler à Zep en passant par Batman, One Piece et autres Hugo Pratt, le lecteur va (re)découvrir l’univers de la bande dessinée et sa formidable diversité.

Si bon nombre d’entre nous ont une connaissance de la bande dessinée, peu sont capables de resituer chronologiquement les moments-clés de son histoire et l’on ne peut que saluer l’énorme travail de recherche de l’auteur qui aura trouvé le moyen de retenir l’attention du lecteur sur chaque page.

Alors, le principe du livre peut se résumer par un classement par thèmes d’une double page comprenant un condensé en 3 secondes, une réflexion en 30 secondes, des biographies en 3 secondes, un texte en 30 secondes correspondant à des propos rapportés par l’auteur ou un spécialiste en la matière, et enfin un développement en 3 minutes, le tout agrémenté de visuels correspondant aux couvertures, planches et autres photos du ou des auteurs.

 

Avec ce principe fort astucieux, le lecteur aura tout le loisir de picorer au gré des pages pour aller glaner quelques informations, voire s’attarder sur le développement lorsque sa curiosité aura été éveillée. Les plus audacieux prendront le livre de la première à la dernière page pour en recueillir la substantifique moelle. Si cet l’ouvrage se veut didactique il n’en est pas moins agréable à compulser, et s’il ne peut être exhaustif - car il faut bien faire des choix surtout lorsqu’on est contraint par la pagination -, il a le mérite de donner une belle vision de ce monde de la bande dessinée et d’aller plus loin dans la découverte de son univers. Et n’est-ce pas là que l’auteur Benoit Peeters aura réussi son pari ?

Voilà donc un ouvrage bien écrit et fort bien documenté, qui aura assurément sa place sur l’étagère de la bibliothèque, au milieu de ses congénères.

 

3 MINUTES POUR COMPRENDRE 50 MOMENTS-CLES DE L’HISTOIRE DE LA BANDE DESSINÉE Collection Le Courrier du Livre Éditions Tredaniel, 160 pages 21,90 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 10 Février 2022

Le Petit Pape Pie 3,14, ou la quadrature du cercle

Il était une fois un petit pape, si petit qu’il n’était même pas assez grand pour saluer les fidèles venus l’acclamer après son élection. Mais peu importe, seule compte la grandeur intérieure, celle du cœur et Dieu sait si ce pape en a ! Seulement ça ne suffit pas, il va falloir assurer cette fonction et donner le change car tout le monde attend tellement de lui. Heureusement ou malheureusement pour Sa Sainteté, il s’est adjoint les services de son fidèle serviteur, Monseigneur Gontrand, qui contrairement à Sa Sainteté, se distingue par une carrure de boxeur… mais qui n’est pas toujours de bon conseil, croyant toujours bien faire alors qu’il est souvent un peu trop lourdaud rendant du coup les situations des plus rocambolesques.

Initialement paru dans la revue Fluide Glacial sous forme de six feuilletons, voilà que le récit sort en album pour le plus grand plaisir du lecteur qui va pouvoir (re)lire ces épisodes rigolos, souvent loufoques, parfois irrévérencieux mais jamais anticléricaux. Sorti de la période éprouvante que fut sa couverture du procès des attentats de 2015, l’auteur complet François Boucq avait besoin de se ressourcer dans quelque chose de plus léger. Et quand on sait que François Boucq adore l’idée de participer à des journaux, l’idée de la collaboration avec Fluide Glacial n’a pas tardé à germer.

L’auteur présente un Pape « nature », plutôt débonnaire, toujours optimiste, pas toujours sûr de lui et de la manière dont il remplit sa nouvelle charge, et qui au-delà de ses fonctions papales va vivre des expériences des plus surnaturelles.

François Boucq aime croquer les gens, forçant le trait jusqu’à parfois, une malicieuse caricature. Avec son dessin alerte, les situations cocasses s’enchaînent et le rire est au rendez-vous.

Signalons que l’album se décline également dans une version noir & blanc permettant ainsi d’apprécier l’encrage de l’auteur et toute sa virtuosité graphique.

LE PETIT PAPE PIE 3,14 François BOUCQ Editions FLUIDE GLACIAL 56 pages, 12,90 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 7 Février 2022

HOUBA GAGS, de la rigolade en strips à consommer sans modération !

On ne présente plus LE MARSUPILAMI, vous savez le marsupial bondissant né sous le crayon du génial André Franquin il y a maintenant 70 ans, et qui a vu sa première publication dans le journal Spirou n° 720 du 31 janvier 1952. Que de chemin parcouru depuis, dans les aventures de Spirou tout d’abord puis en série à partir de 1987 lorsque Franquin avait décidé de confier son personnage fétiche à BATEM, son assistant. Alors, pour fêter ses 70 printemps, pourquoi ne pas éditer des petits strips, à la manière des Peanuts, histoire de sortir du format traditionnel et surtout d’étonner encore le lecteur avec les facéties du petit animal si sympathique ?

Maintenant, réaliser des strips s’avère plus difficile qu’on ne le pense car il faut amuser, voire faire rire le lecteur sur un format de deux cases : et tout le monde sait que plus c’est concentré, plus c’est difficile à rendre efficace et là, on peut dire que c’est vraiment réussi ! Cette idée, tout droit sortie de l’imagination du précédent éditeur Jean-François Moyersoen dans les années 1990, a fini par mûrir pour aboutir à la réalisation de plus d’une centaine de strips. Et c’est avec la complicité du scénariste Désert que Batem s’est lancé dans l’aventure, avec tout le talent que l’on lui connait.

Le lecteur, déjà familier avec tous les personnages qui peuplent les albums du Marsu, du chasseur aussi méchant que stupide aux Chahutas qui parlent un dialecte très coloré sans oublier les artistes du cirque Zabaglione, s’esclaffera devant tant d’inepties.

Quant aux terrains de jeu, ils sont tous propices à des pitreries, que ce soit au fin fond de la jungle amazonienne ou en ville, voire aux sports d’hiver.

Alors, petits et grands, c’est le moment de fêter dignement cet anniversaire du Marsupilami, en espérant que le choix de ce format à l’italienne soit renouvelé par les éditions Dupuis pour le grand plaisir des lecteurs.

 HOUBA GAGS BATEM/DESERT Éditions DUPUIS 64 pages, 14,50 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 31 Janvier 2022

ROCKING CHAIR, une conquête de l’Ouest pas dans un fauteuil !

Combien de familles ont cru en la conquête de l’Ouest et combien ont réussi, entre ceux qui y ont laissé leur peau et ceux qui ont constaté que ce n’était pas l’Eldorado tant convoité ?

Les familles Koekelberg et Jansens sont venues du Vieux Continent, tout comme plein d’autres en ces périodes difficiles, espérant une vie meilleure que leur misérable condition, comme des mouches attirées par le miel, et n’ont gardé en souvenir de leur vie antérieure, que quelques outils, des provisions ainsi qu’un rocking chair, seul luxe qu’ils avaient consenti à les accompagner.

Alors que leur convoi chemine tant bien que mal, balloté sur des chemins à peine carrossables, ils passent de l’espoir d’arriver enfin au désespoir d’une route qui n’en finit pas, tellement semée d’embûches. Ils sont conduits par un certain Monsieur Bronson qui a passé un contrat avec eux pour les guider, mais cet homme affable ne leur inspire pas vraiment confiance et hélas, les mènera dans un traquenard auquel seuls les deux jeunes Kees et Daatje survivront.

Que faire alors, fuir ce massacre et continuer le chemin alors qu’il ne leur reste plus qu’un chariot, de quoi subsister quelques jours et le rocking chair qu’ils font finir par abandonner… Fauteuil qui ne sera pas perdu pour tout le monde ?

Comment ne pas adhérer à cette idée de fil rouge avec ce fauteuil qui va suivre parallèlement le trajet de nos deux jeunes rescapés ? Le scénariste Alain Kokor entraine le lecteur dans un road movie détonnant qui va souligner la rude vie des conquérants de l’ouest. Quand on ajoutera aux dialogues percutants de belles images singulièrement mises en scène par le dessinateur Jean-Philippe Peyraud, force est de constater que cet album apparait comme une belle réussite qui sort des sentiers battus du genre.

ROCKING CHAIR Alain Kokor/Jean-Philippe PEYRAUD Éditions FUTUROPOLIS 152 pages, 23,00 €

Bernard Launois

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Publié le 18 Janvier 2022

VILLEVERMINE, LE TOMBEAU DU GÉANT, une drôle d’enquête dans les bas-fonds…

Voilà que Jacques Peuplier, le célèbre détective qui parle aux objets, revient dans de nouvelles aventures ! Après une enquête rondement menée (voir le diptyque précédent), cette nouvelle affaire s’avère beaucoup plus ardue car il va falloir retrouver le Fendeur, l’arme qui aurait servi il y a maintenant un demi-siècle à détailler un géant qui se terrait dans les égouts de Villevermine. Et pourquoi me direz-vous, si ce n’est satisfaire la petite fille de Boris Tassard, le sauveur de la ville, et brandir l’objet lors de la fête du cinquantenaire donnée en l’honneur de son grand-père ? Ne reculant devant rien - surtout lorsqu’il s’agit de se faire rétribuer pour sa prestation – Jacques Peuplier  ne va pas hésiter à s’immerger dans cet univers souterrain où il va découvrir tout un monde parallèle des plus singuliers.

 

Du géant aux fleuvistes, nettoyeurs d’égouts, le détective ne sait où marcher ni surtout s’il ressortira de ce trou : peut-être les pieds devant car ces gens du bas-fonds, les rejetés de la société, aiment leur tranquillité et leurs petits secrets pas toujours avouables. Son don de pouvoir dialoguer avec les objets va-t-il lui servir cette fois-ci ?

L’auteur Julien Lambert réalise un one shot qui s’avère tout aussi plaisant que le diptyque, pour autant que l’on aime les univers glauques avec des personnages qui le sont tout autant. Si le récit démarre avec un simple objet, certes ancien, à retrouver, l’affaire va vite se complexifier au fur et à mesure et tenir le lecteur en haleine. Pour accompagner le scénario, on retrouvera un dessin semi-réaliste aux traits hachurés et torturés, avec lequel Julien Lambert crée une ambiance des plus lugubres, propice au récit.

VILLEVERMINE, LE TOMBEAU DES GÉANTS Julien LAMBERT Éditions SARBACANE 96 pages 18,90 €

Bernard Launois

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Publié le 15 Janvier 2022

U4, une série culte qui vous tient et… Ne vous lâchera pas !

Il n’aura fallu qu’une dizaine de jours pour que la planète voie disparaitre quatre-vingts pour cent de sa population et ce, à un cause d’un virus ! Seule une tranche de population, celle des 15-18 ans, a résisté. La France n’est, hélas, pas épargnée et parmi ces jeunes disséminés dans tout l’Hexagone, Stéphane la Lyonnaise, Yannis le jeune métissé marseillais, Julien le Parisien et Koridwen la Bretonne, atterrés par l’étendue du désastre, ne tardent pas à se ressaisir pour un but commun, celui de se rejoindre sous la plus vieille horloge de Paris.

Mais qu’est-ce qui peut bien les motiver de se retrouver alors qu’ils ne se sont jamais rencontrés auparavant ? Qu’attendent-ils de ce rendez-vous parisien ? La réponse se trouve assurément dans Warriors of Time, un jeu en ligne auquel ces quatre adolescents excellaient et où Khronos, le maître du jeu leur a donné, avant que le réseau soit coupé, rendez-vous le 24 décembre pour réécrire le passé et qui sait, empêcher cette terrible pandémie. Rêve, fiction, utopie, restent que ce sont les seuls éléments auxquels ils se raccrochent pour un avenir moins cauchemardesque.

Adaptant librement les quatre romans éponymes U4 respectivement d'Yves Grevet, Florence Hinckel, Carole Trébor et Vincent Villeminot, les scénaristes Pierre-Paul Renders et Denis Lapière réalisent le tour de force de captiver le lecteur de bout en bout et ce, indifféremment dans chacun des quatre albums de la série. De Stéphane à Yannis, les quatre ados, issus de milieux radicalement différents mais unis par le jeu, ne doivent leur survie qu’à leur capacité de s’adapter à un monde apocalyptique, un monde dans lequel ils n’auraient pu imaginer vivre le moindre événement contrairement à l’univers virtuel dans lequel ils s’immergent pour échapper à leur quotidien.  

Associé aux couleurs numériques de bon aloi d’Ampero Crespo, le dessin semi-réaliste d’Adriãn Huelvan colle parfaitement aux scénarios et l’on soulignera la belle homogénéité entre les quatre opus.

Alors, attention, qui mettra le nez dans un des quatre albums, qui peuvent se lire séparément, n’aura qu’une hâte, c’est celle de dévorer les trois autres… avant un cinquième album qui viendra, en mai prochain, clore le cycle.

U4 tomes 1 à 4 Pierre-Paul Renders/Denis Lapière/ Adriãn Huelvan Editions DUPUIS 144 pages chacun, 14,50 €

Bernard Launois

 

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Publié le 14 Janvier 2022

SHADOW LIFE, un beau pied de nez à la mort !

Du haut de ses 76 printemps, Kumiko ne s’en laisse pas conter et n’a pas hésité à déserter la maison de retraite choisie par ses enfants pour un petit appartement où elle pourra séjourner seule. Lire, manger, dormir, sortir, faire des longueurs à la piscine et ce, quand elle veut, à son rythme, tout ce à quoi elle aspirait depuis le décès de son mari : voilà, le moment est arrivé de s’émanciper.

Après tout, on ne choisit pas la période pour faire sa crise d’adolescence. Seulement, ses enfants ne l’entendent pas ainsi et elle n’a pas eu deux semaines de répit que sa boite mail déborde de messages angoissés, voire menaçants de sa progéniture qui pense qu’elle est hospitalisée, ou peut-être morte, et qui l’enjoint à répondre sous peine d’appeler les forces de l’ordre. Il faut dire que quelques semaines auparavant, la Grande Faucheuse est venue lui rendre visite sans arriver à ses fins. Aussi, ne risque-t-elle pas de revenir rapidement et de lui gâcher ces quelques moments de sérénité et d’indépendance ? Voilà alors qu’elle se met en tête de se procurer un appareil qui lui permettrait de neutraliser cette empêcheuse de vivre. Mais où donc cela la mènera-t-elle ?

La scénariste Hiromi Goto n’est pas à son coup d’essai en mettant en scène des personnes âgées, considérant que cette tranche d’âge n’est jamais vraiment représentée dans la littérature et encore moins dans la bande dessinée et qu’au fond, elle a tout sa place.

Avec un ton tour à tour enjoué ou grave, la scénariste rend rapidement son personnage rebelle très attachant dans sa quête de liberté et le lecteur aura grand plaisir à suivre tous ses démêlés pour tenter d’arriver à ses fins.

Servie par le beau dessin réaliste d’Ann Xu, cette belle histoire narrée sur près de 400 pages se lit d’une traite et devrait ravir tous les âges.

SHADOW LIFE Hiromi GOTO/Ann XU Collection ANKAMA BD 368 pages, 22,90 €

Bernard Launois

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Publié le 6 Janvier 2022

LES ÉTOILES S’ÉTEIGNENT À L’AUBE, vers un voyage initiatique bien singulier

Quand Franklin Starlight, jeune garçon de seize ans élevé par Red, est appelé au chevet de Eldon, son père, il sait qu’il va trouver un homme malade, bouffé par l’alcool, mais il ne s’attendait pas à le voir parvenu à ce stade de fin de vie. Et quand Eldon lui demande de le conduire dans les montagnes pour en faire sa dernière demeure, il se résigne à respecter ses dernières volontés. Mais, nous sommes en hiver et la montagne du fin fonds de la Colombie britannique ne fait pas de cadeaux : arriveront-ils à leurs fins ?

C’est au travers de ce long voyage initiatique, ponctué de nombreux arrêts pour reprendre un semblant de souffle de vie afin d’atteindre le but, que père et fils se découvrent. De leurs origines indiennes et des difficultés que cela leur aura causé depuis leur naissance, aux terribles concessions concédées par ce père au nom de l’amour, Frank va réaliser beaucoup de choses. Mais Elden finira-t-il par avoir le courage de raconter l’histoire qu’il a vécue avec la mère de Frank et les raisons pour lesquelles Frank a été élevé par ce monsieur qui répond au nom de Red ?

L’auteur Vincent Turhan livre là une belle adaptation du roman de Richard Wagamese en en tirant toute la quintessence, s’exprimant avec talent tour à tour par des dialogues forts, emprunts de pudeur et d’amour par ce père qui a vécu une vie des plus difficiles, et par des cases où les images se suffisent à elles-mêmes pour exprimer toute la sensibilité à fleur de peau des deux êtres meurtris par la vie.

De superbes dessins s’égrènent au fur et à mesure de l’avancée dans des paysages où la sauvagerie de la  nature s’ajoute à la rudesse des découvertes. Un beau moment émouvant à découvrir instamment !

LES ETOILES S’ETEIGNENT À L’AUBE Vincent Turhan adaptation du roman de Richard Wagamese Éditions SARBACANE 152 pages 24,00 €

Bernard Launois

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Publié le 8 Décembre 2021

René.e aux bois dormants, Grand Prix de l'ACBD 2022 !

Au terme d’un troisième tour de vote, l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée (ACBD) couronne René.e aux bois dormants de Elene Usdin, publié aux éditions Sarbacane, de son Grand Prix 2022.

Comme Alice au pays des merveilles, René cherche un lapin, son doudou en peluche, mystérieusement disparu. Sa quête mène le petit garçon dans un monde étrange et beau, où il questionne ses origines, lui qui ne se sent bien nulle part – en particulier avec sa mère, à qui il ne ressemble pas. Dans René.e aux bois dormants, son premier album de bande dessinée, l'illustratrice et photographe Elene Usdin interroge le sort des enfants des peuples autochtones enlevés à leurs familles, au Canada dans les années 1960. Elle le fait de façon onirique et engagée, traitant aussi le thème du genre, avec un graphisme riche, puissant, très coloré.
Le prix sera remis à l’autrice et à son éditeur le jeudi 27 janvier 2022 à 12h30, premier jour du Festival International de Bande dessinée d’Angoulême, au Musée de la Bande Dessinée.René.e aux bois dormants succède à Peau d’homme de Hubert et Zanzim, Grand Prix 2021. L’album a été choisi par les membres de l’ACBD parmi les cinq titres de leur dernière sélection établie en novembre.

Les quatre autres finalistes étaient :

● Écoute, jolie Márcia, par Marcello Quintanilha (éditions Çà et Là)

● Le Grand Vide, par Léa Murawiec (éditions 2024)

● Les Grands Cerfs, par Gaëtan Nocq, d’après Claudie Hunzinger (éditions Daniel Maghen)

● Jours de sable, par Aimée de Jongh (éditions Dargaud Benelux)

Les prix de l’ACBD ont pour ambition de « soutenir et mettre en valeur, dans un esprit de découverte, des livresde bande dessinée, publiés en langue française, à forte exigence narrative et graphique, marquants par leur puissance, leur originalité, la nouveauté de leur propos ou des moyens que les auteurs et autrices y déploient ».

L’ACBD compte 96 journalistes et critiques actifs qui parlent régulièrement de bande dessinée dans la presse régionale et nationale écrite, audiovisuelle et numérique. Le Grand Prix de la Critique ACBD 2022 a été choisi parmi les 4196 nouveaux titres publiés dans l’espace francophone européen (France, Belgique, Suisse) entre le 1er novembre 2020 et le 31 octobre 2021.

 

Le bureau de l’ACBD : Fabrice Piault (Livres Hebdo), Antoine Guillot (France Culture),

Laurence Le Saux(Télérama, BoDoï),

Laurent Turpin (bdzoom.com),

Anne Douhaire (franceinter.fr),

Patrick Gaumer (Dictionnaire mondial de la BD “Larousse”),

Benoît Cassel (PlaneteBD.com).

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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