coup de coeur bernard launois

Publié le 22 Juin 2022

HAPPY FAMILY T2, ou les affres d’une famille recomposée

Céline se doutait bien qu’en plaquant son mari pour un nouveau mec en alternance, et en emportant enfants et chat vers d’autres aventures, elle allait rentrer dans une zone de turbulences. Seulement, s’attendait-elle à ce que la réalité dépasse largement la fiction ? Heureusement que l’amour ne se commande pas et va plutôt aider la jeune quadra à surmonter un monceau de tracas, ne serait-ce que trouver un nouveau nid pour y loger sa tribu et enfin, emménager dans des conditions des plus croquignolesques. Mais là, ne s’arrêtent pas les galères, le poids du quotidien pèse de plus en plus sur cette mère-amante qui ne cesse de se remettre en question.

Après avoir traité avec justesse et drôlerie les bouleversements qu’engendre le divorce et tout ce qui en découle dans le tome 1, l’auteure Céline Bailleux invite à nouveau le lecteur dans son intimité en lui faisant partager toutes les péripéties de la recherche d’un hébergement provisoire pour sa petite troupe et son amoureux. 

Initialement publiées sur le compte Instagram de l’auteure, ses aventures sont compilées en un album qui complète parfaitement ses posts. On appréciera l’autodérision que Céline Bailleux s’est appliquée à mettre en images dans des récits où vraiment rien ne lui est épargné ! Mais ce n’est pas que drôle, la tendresse et la sensibilité sont au rendez-vous, rendant cette « petite » famille bien sympathique.

Et finalement les situations sont sûrement applicables à bon nombre de familles aujourd’hui, à commencer par l’omniprésence de Céline sur qui tout repose, de la gestion de la maison à celle de la famille, ou par son amoureux que l’on doit gérer comme les enfants.

Souhaitons que la série rencontre le succès escompté afin de pouvoir suivre les tribulations de cette belle petite famille.

HAPPY FAMILY ! T2 Céline BAILLEUX éditions Michel LAFON 48 pages, 14,95 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 10 Juin 2022

CINQ AVRIL T1, en route pour l’aventure rocambolesque !

Quelle idée de se prénommer Avril, surtout quand on est l’héritier du savoir de Léonard de Vinci ! Orphelin de naissance, le jeune garçon a été élevé au sein des cuisinières du château du Clos-Lucé, où il fut initié à de nombreux secrets au contact du peintre et formé au maniement des armes par le maître des lieux.

Mais cette jeunesse studieuse et sportive va brusquement basculer au décès de Léonard de Vinci, quand il va apprendre dans une lettre posthume que s’il venait à connaître le secret de sa naissance, il aurait le pouvoir de changer le cours de l’Histoire. Voilà qu’il doit quitter le château dans les plus brefs délais car les langues se sont déliées à propos de l’héritier caché de Léonard de Vinci, et de sombres personnages veulent s’emparer d’Avril pour le questionner.

Quelle aventure que nous propose le duo Fred Duval et Michel Bussi ! Après nous avoir régalé avec Nymphéas noirs et Un avion sans elle, ils reviennent cette fois avec un scénario inédit se déroulant en pleine période de la Renaissance. Si l’action est omniprésente et sans cesse renouvelée, le lecteur appréciera de vite rentrer dans le vif du sujet, les informations essentielles à l’installation de la série étant distillées au fur et à mesure de l’album.

Pour un premier opus d’une série qui devrait en compter sept, la barre est haute mais à n’en point douter, les scénaristes sauront tenir le rythme et ce, pour le plus grand plaisir des lecteurs.

On aurait pu s’attendre à un dessin plus réaliste pour ce genre de récit que celui de Noë Monin mais finalement, dès les premières pages, force est de constater que celui-ci colle parfaitement au récit et est en parfaite harmonie avec l’esprit du journal Spirou. On ajoutera de superbes décors et bien sûr, les couleurs de Sedyas pour parfaire le tout et donner envie au lecteur de se lancer dans cette aventure.

CINQ AVRIL T1 L’Héritier de Da Vinci Noë MONIN/ Fred DUVAL et Michel BUSSI/SEDYAS collection Grand Public Éditions DUPUIS, 64 pages 12,50 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 7 Juin 2022

NETTOYAGE À SEC, un récit qui défripe !

Quelle vie de chien ! François n’en peut plus de cette ville où il pleut tout le temps, mais c’est aussi cette ville qui lui donne du travail, et qui lui permet d’avoir un semblant de vie sociale car il est seul. Coincé entre ses tournées de livraison de fringues repassées et le bistrot du coin où il refait le monde, il ne désespère pas de gagner un jour le jackpot du Loto avec ses chiffres fétiches qu’il ne manque pas une seule fois d’utiliser.

Heureusement pour égayer ses mornes journées, restent la kiosquière Maryvonne dont il s’est entiché et sa fille Romy, qu’il a toujours plaisir à retrouver dans son café pour lui remonter le moral. Et ce qu’il désire par-dessus tout, c’est devenir riche pour que tous les trois se sortent de cette ville.

Alors, quand à l’occasion d’une livraison dans une villa à l’écart, il tombe sur une scène de crime et surtout sur un sac rempli de billets de banque, son sang ne fait qu’un tour et il s’empare du butin. Voilà que la chance tourne et il va pouvoir réaliser tous ses vœux, enfin, c’est ce qu’il espère…

Après le succès mérité de Béatrice, voilà qu’avec Nettoyage à sec, l’auteur Joris Mertens semble avoir trouvé le filon pour entrainer le lecteur dans une chronique du quotidien, au demeurant plutôt ordinaire, et qui se densifie au fur et à mesure du récit pour un final des plus funestes. Quel contraste entre cette ambiance mouillée des plus intimistes et des dialogues au ton plutôt humoristique ! Joris Mertens aime l’ambiance des villes qu’il rend superbement avec un dessin des plus attirants. Voilà un petit bijou à déguster sans modération.

NETTOYAGE À SEC Joris MERTENS Éditions RUE DE SEVRES 152 pages, 25,00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 3 Juin 2022

URSA, loup y es-tu ? Hélas… Oui !

Hériter d’une maison de sa mère au fin fond de la montagne s’avère assurément un signe pour Jeanne qui n’a été guère gâtée par la vie depuis quelques années. Repartir de zéro, elle en rêve, et cette opportunité de redécouvrir la nature, de s’enfermer dans le cocon qu’est ce chalet se révèle salvatrice. Mais bien vite, elle éprouve le besoin de renouer avec des liens sociaux et quoi de plus naturel que d’ouvrir la porte du seul café du village pour faire connaissance. La douceur du lieu, le verre offert par un jeune homme, tous les éléments sont propices à la détente… jusqu’au verre qui ne contenait pas que de l’alcool et ce qui devait arriver arriva. Les réveils sont difficiles surtout quand ils sont remplis de regrets, et quand son corps commence à se transformer, ça se transforme en remords. Passés les moments d’abattement, il faut se ressaisir et prendre les bonnes décisions, alors que se présente un cruel dilemme, le garder ou pas ?

Charles Perrault n’aurait pas renié ce conte avec un loup des temps modernes, tout aussi prédateur, où le petit Chaperon rouge aurait pris les traits de la pauvre Jeanne. La scénariste Manu Causse signe là une fable contemporaine chargée de beaucoup d’émotion, mais aussi de réflexions devant des cas de conscience et des problèmes existentiels face aux drames de la vie qui s’enchaînent tout au long de la fiction.

Le dessin semi-réaliste d’Adrienne Barman sied parfaitement au récit, avec des personnages qui se métamorphosent, soit en loup, soit en ours selon leur rôle dans le récit, renforçant alors le côté anxiogène. On ajoutera une mise en couleurs sobre et sombre qui complètera le tableau d’un album qui ne pourra laisser le lecteur indifférent.

URSA Manu CAUSSE/Adrienne BARMAN Éditions SARBACANE 112 pages, 19,50 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 30 Mai 2022

AU NOM DU PAIN T1, un plat de résistance de circonstance

Alors que la boulangerie Martineau ne s’est installée que depuis deux ans dans cette bourgade de Saint–Jean, la Deuxième Guerre mondiale éclate, entrainant la mobilisation du père.

Si la concurrence avec l’établissement des Durand a rapidement tourné à l’avantage de la boulangerie Martineau, les deux familles doivent maintenant s’organiser pour faire tourner leurs exploitations sans les boulangers. Finis les moments heureux pour leur mère Marguerite, et pour Monique et Marcelin, les enfants Martineau, place à la rude vie sous l’occupation allemande qu’ils ne vont pas tarder à combattre à leur manière en facilitant le réseau de communication de la Résistance. Il faut dire que depuis le décès d’Henri le boulanger, Marguerite et Marcelin n’auront de cesse de se venger en menant la vie dure aux occupants.

Seulement, cacher des messages dans les miches de pain à distribuer aux résistants ne va-t-il pas les mener droit dans le pétrin ? Et puis, comment Monique va-t-elle pouvoir se débarrasser du lieutenant Feldberg qui s’intéresse plus à sa petite personne qu’au pain qu’il vient chercher ?

Voilà le début d’une saga bien orchestrée par le scénariste Jean-Charles Gaudin qui, à partir du pain, l’aliment principal et souvent unique pour certains en ces périodes difficiles, narre la vie d’un village envahi par les nazis, entre occupation et résistance mais aussi entre jalousies et mesquineries en tout genre.

L’intérêt de la série, prévue en deux cycles de deux albums, réside tout d’abord dans son application à s’appuyer sur une documentation solide pour retracer une trentaine d’années de l’Histoire de France, mais également dans celui de susciter de l’attachement pour les personnages. Quant au dessin réaliste de Steven Lejeune, de bonne facture et mis en couleurs par Roberto Burgazzoli Cabrera, il donnera sans nul doute envie aux lecteurs de se plonger dans le récit.

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 27 Mai 2022

PARTITIONS IRLANDAISES, quand l’amour se mêle à la guerre

Que peut bien réunir Tim et Mary sinon l’amour, un amour improbable dans une Irlande meurtrie par le conflit opposant deux communautés religieuses ?

Jeune protestant mais pas vraiment pratiquant, Tim a vu mourir son père Frankie Brown lâchement assassiné vingt ans plus tôt, et fuit ce passé qui lui colle à la peau.

Quand à Mary, catholique et fille de Patrick Pearse, un ancien activiste de l’IRA retiré depuis une vingtaine d’années alors que les accords de paix du Vendredi Saint n’avaient pas encore été signés, elle assure les activités de barmaid dans le troquet nouvellement fréquenté par Tim.

Attirés l’un par l’autre comme des aimants alors que tout les oppose, ils ne tardent à faire meilleure connaissance, mais cette union fugace a-t-elle un avenir quand on connait leurs parcours et le poids des traditions qu’ils trainent comme un boulet ? Ne seront-ils pas obligés de mentir, de tricher auprès des leurs s’ils désirent défendre leur amour naissant et improbable ?

Avec le premier opus de ce diptyque, le talentueux scénariste Kris immerge rapidement le lecteur dans un univers glauque post IRA où des évènements vont raviver des blessures jamais réellement jamais refermées. Les événements s’enchaînent, comme si tout était inéluctable, et la pression monte crescendo avec des tragédies aussi attendues que redoutées au point de se demander comment va se concrétiser la fin du deuxième tome.

Vincent Bailly rend parfaitement l’univers du récit, d’un trait ici aussi écorché que peuvent l’être les deux protagonistes du mélodrame, et qu’il relève par des couleurs de bon aloi.

PARTITIONS IRLANDAISES KRIS/Vincent BAILLY Éditions FUTUROPOLIS 64 pages, 14,90 €

Bernard Launois

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Publié le 30 Avril 2022

PIGALLE, 1950 quand les Corses règnent sur le Paris de la nuit

Antoine n’a que 18 ans quand il décide de délaisser les hauts plateaux de l’Aubrac, comme bon nombre de ses compatriotes, pour tenter l’aventure dans le Paris qui le fait tant rêver. Seulement, l’arrivée chez son oncle, bougnat de profession, n’a rien de glamour et il va lui falloir une dose de courage pour intégrer un milieu qui ne lui est guère familier jusqu’à… l’opportunité d’être au service d’une boite de nuit où l’alcool et les petites pépées sont monnaie courante quand la nuit recouvre la capitale.

Antoine est jeune, plutôt beau gosse, toujours prêt à rendre service et ses aptitudes ne vont pas tarder à être reconnues tant par le dirigeant de La lune bleue qu’auprès des filles. Alors c’est la belle vie, loin des burons où l’on bouffe du lard rance et du pain rassis sans jamais voir personne sinon ses compagnons d’infortune : place aux girls qui lèvent la jambe et à une vie aux apparences plus faciles !

Seulement, Antoine comprend rapidement que ce milieu de la fête attire une pègre qui n’est là que pour s’enrichir auprès des clients venus s’encanailler, et que le patron de l’établissement s’avère obligé de composer avec les véritables boss, des Corses qui règnent en maîtres sur la nuit parisienne. D’abord spectateur, Antoine ne risque-t-il pas, à moment donné, de se retrouver embringué dans de drôles de situations et finalement servir d’acteur pour des tâches bien particulières auxquelles il n’est pas préparé ?

Quel plaisir de retrouver le scénariste Pierre Christin qui renoue avec un récit sur la période des années 50 qu’il avait déjà mise en scène en partenariat avec la tant regrettée dessinatrice Annie Goetzinger dans la série L’agence Hardy. Avec un scénario, qui se déroule comme un bon feuilleton qu’on aurait pu découvrir dans un des journaux de l’époque, Pierre Christin passionne le lecteur dès les premières pages, l’entraînant dans le tourbillon de la nuit et toutes ses vicissitudes. Les dialogues s’avèrent alertes et l’on retrouve sans déplaisir l’argot tel qu’il était pratiqué dans la capitale dans les années 50.

Plutôt habitué à voir tout le talent du dessinateur Jean-Michel Arroyo dans des aventures aériennes où il n’a pas son pareil pour croquer les carlingues, le lecteur prendra rapidement la mesure d’un dessin noir et blanc réaliste qui colle parfaitement au récit.

Alors pour les nostalgiques de cette époque ou ceux qui ne l’ont pas connue, c’est le moment de se lancer dans la période d’insouciance de l’après-guerre en découvrant cette belle pépite.

PIGALLE, 1950 Pierre CHRISTIN/Jean-Michel ARROYO Collection AIRE LIBRE Éditions DUPUIS 152 pages, 25,95 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 27 Avril 2022

AÏDA, quand les repères de la vie sont perdus

Aïda, est une jeune étudiante milanaise passionnée de photos qui se cherche depuis quelques années, tiraillée entre des amies dont elle sent bien que leurs relations sont d’un superficiel et d’une mère divorcée de son père qu’elle considère comme tyrannique. Crise d’adolescence assurément, mais n’est-ce que ça, n’y a-t-il pas de raisons plus profondes que celle-là ?

Jusqu’à la découverte d’un panneau publicitaire vantant la possibilité « d’offrir du temps » à tout un chacun, en scannant un QR code pour en savoir plus, qui va l’attirer. Et si elle suivait celui qui vient de placarder cette affiche ? Sa curiosité l’amène dans les bas-fonds de Milan où se sont réfugiés de jeunes marginaux réunis pour activer « The virus », commando artistique qui n’a pour but que de détourner la population d’un univers virtuel omniprésent pour la recentrer vers une vraie vie, telles que l’on pu connaître les générations précédentes.

Et ce premier coup d’éclat consistant à désactiver les portables en cliquant sur ce fameux QR code ne va-t-il pas être sans conséquence pour des centaines de milanais avides de « gagner du temps » et finalement, privés de leurs joujoux ? Rapidement séduite par ces jeunes gens qui la change de ses copines fadasses, de ses études qui ne l’intéressent pas plus et sans parler de sa mère qu’elle ne supporte plus, Aïda ne va pas tarder à rejoindre le groupe et multiplier les exactions. Mais jusqu’où ira-t-elle pour se fondre dans ce groupe et rejeter tous ces idéaux ?

Avec ce scénario plutôt bien construit, l’auteur Sergio Gerasi aborde des sujets d’actualité à commencer par l’éveil des consciences, au travers d’Aïda son personnage principal qui va découvrir qu’elle vit depuis son adolescence dans un monde superficiel et que cette révolution culturelle est peut-être l’opportunité à saisir de changer le monde dans laquelle on vit. Peut-être alors, de repasser à la réalité après s’être fait envahir par le virtuel ?

Il ne faudra pas s’arrêter au dessin semi-réaliste de Sergi Gerasi, rehaussé par des couleurs saturés, qui force le trait de son scénario jusqu’à interpeller son lectorat risquant de le déstabiliser dans un premier temps.  En fait, toute la substantifique moelle réside dans une alchimie réussie entre scénario et dessin qui reste à saluer.

AÏDA Sergio GERASI Éditions ANKAMA BD 176 pages, 18,90 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 21 Avril 2022

SAKAMATO DAYS, quand le passé revient à la surface

La réputation de l’assassin Taro Sakamoto n’est plus à faire, allant jusqu’à terroriser tous les malfrats de la planète et puis… Pfuitt, plus rien ! Voilà maintenant cinq ans qu’il ne fait plus les unes des journaux, sûrement éliminé par une bande rivale, jusqu’à ce que Shin, un jeune assassin télépathe, le reconnaisse bien que la plastique du Sakimoto d’aujourd’hui ne ressemble plus à celle d’antan !

Grossi voire empâté, l’incroyable gangster s’est mué en un tranquille épicier, homme à tout faire de tout le quartier au point d’être devenu incontournable auprès de la population. Alors, pourquoi ce revirement, l’envie de tirer un trait sur une période peu glorieuse ? La raison s’appelle Aoi, une jolie jeune femme dont il est fort épris et à qui il a promis qu’il serait rangé à tout jamais des affaires.

Seulement le sieur Sakamoto a quitté l’organisation et Shin est commandité pour l’éliminer, car on ne quitte jamais cette mafia sinon que les pieds devant. Que faire alors, s’en débarrasser, en a-t-il le courage, lui qui était l’adjoint de Taro Sakamoto et s’il s’y risque, ne va-t-il pas tomber sur un os ?

La cause est grave et c’est à partir de ce moment que la machine s’emballe ! L’auteur Yuto Suzuki manie l’humour et la dérision avec talent dans un monde où la violence n’est jamais très loin. Avec des dialogues enlevés dans des scènes qui se déroulent à un rythme effréné, le lecteur n’a clairement pas le temps de s’ennuyer, se demandant continuellement comment cela va se finir, comment ce diable de Sakomoto va se sortir de ce pétrin tout en respectant ses engagements.

Le dessin est à la hauteur du scénario, plutôt riche, transportant le lecteur dans les décors urbains d’une mégalopole japonaise. Voilà une série qui commence sous les meilleurs auspices et qui, si elle tient ses promesses, a beaucoup d’avenir.

SAKAMATO DAYS T1 Yuto SUZUKI Shonen Manga Editions GLENAT 200 pages, 6,90 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 18 Avril 2022

FRITZ LANG LE MAUDIT, retour sur un génie du 7ème art

De Metropolis au Testament du docteur Mabuse en passant M le maudit, qui ne connait pas ces chefs d’œuvre du cinéma des années 20 et 30 réalisés par Friedrich Christian Anton Lang, plus connu sous le nom de Fritz Lang ? Ce que l’on connait moins par contre, c’est dans quels contextes et avec la collaboration de qui ses films ont été réalisés.

C’est ce que Arnaud Delalande, le scénariste de Fritz Lang le maudit, accompagné du dessinateur Éric Liberge, propose au lecteur en le plongeant dans un univers des plus étranges eu égard déjà à la période placée sous le signe de la guerre mais aussi à la personnalité si particulière de l’artiste.

Après La jeunesse de Staline en deux tomes et Le cas Alan Turing, déjà édités chez Les Arènes bd, c’est une nouvelle collaboration que nous offrent les deux auteurs en s’attaquant au biopic de ce monstre du cinéma. On retrouve avec plaisir les scénarii du romancier Arnaud Delalande, avec ses récits linéaires bien construits et remarquablement documentés qui ont le don de captiver le lectorat dès les premières pages.

Fort d’une centaine de pages, l’album déroule toute la première partie de la vie de Fritz Lang qu’elle soit professionnelle ou amoureuse, permettant ainsi de mieux comprendre comment ce génie est arrivé à laisser un tel patrimoine cinématographique.

Pour accomplir sa magnifique réalisation graphique, le dessinateur Éric Liberge s’est immergé dans la vie du cinéaste et livre là une belle œuvre, tout en finesse, avec des décors fantasmagoriques à couper le souffle en arrivant notamment à créer un drôle de climat.

Au-delà du divertissement que pourra procurer la lecture de l’opus, la qualité de sa réalisation tant scénaristique que graphique incitera assurément bon nombre de lecteurs à se (re)plonger dans l’univers cinématographique de Fritz Lang et qui sait, le regarder d’un œil nouveau.

FRITZ LANG LE MAUDIT Arnaud DELALANDE/ERIC LIBERGE Éditions LES ARENES BD, 112 pages, 22,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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