Publié le 1 Février 2019

Clément Oubrerie et Julie Birmant viendront rencontrer le public et se livrer à une séance de dédicaces samedi 9 février à la Médiathèque Christine de Pizan de Poissy : une jolie façon pour eux de clore les deux expositions consacrées à leur diptyque sur Isadora Duncan, que Bulles de Mantes a présentées du 7 janvier au 10 février 2019 dans le cadre de la seconde biennale de la danse de la Communauté Urbaine GPS&O.

 

Les deux albums, Il était une fois dans l’Est et Isadora, parus chez Dargaud en 2015 et 2016, évoquent la vie souvent tragique et la carrière prestigieuse de la mythique danseuse américaine Isadora Duncan. Venue s’installer en France à l’aube du vingtième siècle, elle a complètement révolutionné le genre et fut source d’inspiration pour nombre de célèbres artistes, tels Auguste Rodin et Antoine Bourdelle.

 

Chacun des deux tomes est exposé du 7 janvier au 10 février par Bulles de Mantes dans une médiathèque du territoire : le premier volume, Il était une fois dans l’Est, est présenté à Poissy sur les murs de la Médiathèque Christine de Pizan, et le second, Isadora, est exposé à la Médiathèque La Passerelle de Rosny-sur-Seine. L’exposition met en valeur le grand talent de Clément Oubrerie qui par son dessin inspiré et ses superbes couleurs directes a magnifiquement su nous faire vivre en plein cœur de la danse d’Isadora Duncan.

 

Exposition Il était une fois dans l’Est

Médiathèque Christine de Pizan,

31 Avenue Maurice Berteaux,

78300 Poissy

Séance de dédicaces:

9 février 2019 de 15h00 à 17h00

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Exposition Isadora

Médiathèque La Passerelle,

41 Rue nationale,

78710 Rosny-sur-Seine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jérôme Boutelier

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Publié le 22 Janvier 2019

PARIS 2119, si loin et pourtant déjà si près par certains côtés

2119, la Ville Lumière ne ressemble plus à celle que l’on peut arpenter encore aujourd’hui, au gré du vent, à s’émerveiller de ses trésors architecturaux et de ses quartiers si accueillants où il fait bon flâner. Elle n’a gardé que quelques vestiges de l’ancien temps à commencer par le métro que prend encore Tristan Keys, héros du récit à la recherche du Paris du 20e siècle dont il est nostalgique.

C’est à l’occasion d’une de ses nombreuses déambulations nocturnes dans le métro qu’il va trouver une femme sortie hagarde du nouveau moyen de transport, le Transcore, cabine individuelle de téléportation intercontinentale,  devenu le moyen de transport le plus usité.  Comment expliquer le comportement de cette femme ? Que se cache-t-il derrière la société Transcore ? Et si la téléportation était dangereuse ? Toujours est-il que Kloé, la compagne de Tristan, en a fait son moyen de transport préféré.

Beaucoup de questions qui aiguisent la curiosité de Tristan et le tracassent et… Il n’est pas au bout de sa peine car quand on commence à dérouler une pelote de laine, on ne sait comment elle va finir.

Le scénario de l’auteur complet Zep s’attaque cette fois au genre de l’anticipation, et ce de fort belle manière. A l’ère du télétravail s’ajoutera peut-être dans cent ans le télétransport, c’est sur cette idée que le scénario a été construit. Pris par le récit haletant, angoissant, le lecteur qui prendra le livre en main ne le lâchera pas avant sa fin. Pas de temps mort, le personnage principal met le doigt dans un engrenage infernal, en arrivant à douter de tout même de ses proches.

Cette fois, l’auteur complet Zep a confié le dessin et la couleur au dessinateur Dominique Bertail qui réalise là un bel album. Avec son dessin hyperréaliste, Dominique Bertail a su créer une ambiance particulière qui n’est pas sans rappeler des références tels que Bilal ou encore Moebius et renforce le côté narratif de l’album.

Voilà un opus qui était attendu et qui tient là toutes ses promesses.

Indispensable !

A signaler, une version luxe au lavis comprenant également un cahier graphique de 88 pages, qui fait de cet ensemble un fort joli produit.

 PARIS 2119 ZEP/BERTAIL PARIS 2119 Editions RUE DE SEVRES 80 pages, 17,00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 20 Janvier 2019

AGATA T1, dans les arcanes de la mafia chicagoane

Agata est une jolie jeune fille d’origine polonaise fraichement débarquée au cœur de Jackowo, et elle ne sait pas trop où elle met les pieds. Il faut dire que tout s’est fait dans la précipitation après son avortement clandestin qui l’a obligée à quitter sa terre natale. Il lui aura fallu mettre de côté sa passion immodérée pour la musique, et plus particulièrement pour sa pratique du piano.

Cette renaissance outre-Atlantique finira-t-elle par prendre forme ?  Agata ne va-t-elle pas plutôt lâcher la proie pour l’ombre alors que les rixes quotidiennes s’intensifient entre les bandes mafieuses de la Côte Est ? Son destin ne sera-t-il pas modifié, alors qu’elle fait l’objet d’un kidnapping, par sa rencontre bien malgré elle avec le tristement célèbre Lucky Luciano ?

L’auteur complet Olivier Berlion, rompu aux récits policiers, transporte le lecteur dans l’univers de la prohibition, et dès les premières pages le ton est donné : la gâchette facile et les coups tordus vont émailler cette histoire empreinte de faits divers réels. Si la période a été transposée nombre de fois au cinéma et en bande dessinée, on observe ici le scénariste  prendre le contrepied de la violence au travers du prisme d’Agata, cette frêle jeune fille qui n’aspire qu’à une vie des plus calmes.

Le dessin léché d’Olivier Berlion, rehaussé par des couleurs directes du plus bel effet, donne une dimension particulière à un premier tome prometteur qui devrait attirer bon nombre de lecteurs.

Un fort joli cahier graphique de douze  pages vient compléter ce premier opus, en levant le voile sur les travaux préparatoires à la réalisation de la série, et mettant en exergue les recherches qui en préfigurent la réalisation. 

AGATA T1 Le syndicat du crime collection 24X32 Editions GLENAT 88 pages, 15,50 €

Bernard Launois

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Publié le 9 Janvier 2019

La Venin T1, déluge de feu au pays du western

Juillet 1900, Sylver Creek aux confins du Colorado : voilà le bled poussiéreux où la jeune Emily atterrit par le train pour épouser Benjamin Cartridge, lequel vient, hélas, de changer de résidence pour le cimetière, six pieds sous terre ! Que faire alors qu’elle n’avait les sous que pour l’aller, vers ce qu’elle pensait être le paradis ?

Elle allait enfin s’affranchir de sa mère, prostituée dans un saloon de la Nouvelle Orléans, et voilà qu’elle allait devoir reproduire les mêmes schémas ici si elle voulait survivre. Mais cette version est-elle la bonne ? Serait-ce une simple coïncidence qu’Emily se retrouve dans la ville au même moment que le gouverneur, candidat le mieux placé pour remporter les élections sénatoriales ?

L’auteur complet Laurent Astier revient aux sources d’inspiration de son enfance et de son adolescence pour concocter une série prévue en cinq albums. Le scénario est des plus alertes, peuplé de flash-back permettant de comprendre le cheminement d’Emily. A la manière d’un road movie, Laurent Astier emmène le lecteur dans une course folle aux frontières mexicaines où les Indiens et les agents Pinkerton ne font pas bon ménage. Rapidement, la jeune Emily remporte l’empathie du lectorat qui aura plaisir à suivre ses péripéties.

Le dessin réaliste de Laurent Astier fait merveille et n’est pas sans rappeler quelques auteurs de renom dont les westerns ont peuplé les lectures de bon nombre, à commencer par Giraud et  son célèbre Blueberry.

On appréciera les carnets d’Emily qui viennent agrémenter l’histoire fabuleuse de cette aventurière plutôt hors du commun.

LA VENIN T1 Déluge de feu ASTIER Editions RUE DE SEVRES 64 pages, 15,00 €

Bernard Launois

 

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Publié le 8 Janvier 2019

Dans le cadre de la Biennale de la danse 2019 « Sur quel pied danser ? », orchestrée par la communauté urbaine, Bulles de Mantes propose une exposition autour du diptyque sur Isadora Duncan, créé par Julie Birmant et Clément Oubrerie et paru chez Dargaud. Chacun des deux tomes est exposé du 7 janvier au 10 février dans une médiathèque du territoire : le premier volume, Il était une fois dans l’est, est présenté à Poissy sur les murs de la médiathèque Christine de Pizan, et le second, Isadora, est exposé à la médiathèque La Passerelle de Rosny-sur-Seine.

Les deux auteurs ont retracé la vie de la mythique danseuse américaine Isadora Duncan, qui a révolutionné le genre au début du vingtième siècle et inspiré de nombreux artistes de toute discipline, d’Auguste Rodin à Antoine Bourdelle.

 L’exposition met en valeur le superbe travail de Clément Oubrerie qui par son dessin inspiré et ses couleurs directes splendides a magnifiquement su nous plonger en plein cœur de la danse d’Isadora Duncan.

 

Médiathèque Christine de Pizan, 31 Avenue Maurice Berteaux, 78300 Poissy.

Médiathèque La Passerelle, 41 Rue nationale, 78710 Rosny-sur-Seine.

 

Bulles de Mantes remercie les auteurs et les Editions Dargaud pour leur aide précieuse.

Jérôme Boutelier

 

 

www.gpseo.fr

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Publié le 6 Janvier 2019

Batman White Knight, quand Gotham City sort son Joker !

Décidément, plus rien ne tourne correctement dans cette bonne ville de Gotham, gangrénée par la pègre qui règne en maître absolu  alors que Batman fait de son mieux pour endiguer ce fléau.

Rien d’extraordinaire sinon que Jack Napier, alias le Joker, n’est plus le même homme depuis qu’il ingurgite des médocs qui ont le pouvoir de le rendre bon, à des années-lumière du mauvais garçon combattu par Batman et haï de la population. Ce revirement de situation va engendrer bien des complications, à commencer par la conquête de la mairie de Gotham par le Joker, mais surtout va modifier également le regard de la population et des autorités de police sur les agissements de Batman, notamment sur ses méthodes, empreintes de violence, pour faire régner la paix sur cette ville de Gotham. Que faire, Batman se trouvant dans une impasse dont il ne sait se dépêtrer alors qu’il ne croit pas un seul instant au changement radical de son adversaire ?

Quelle idée géniale de l’auteur complet Sean Murphy,  d’inverser les rôles des héros et en les démystifiant tour à tour, créant de l’empathie auprès du lecteur pour le Joker et bientôt de l’aversion pour le super-héros Batman. Les personnages secondaires qui gravitent autour des deux protagonistes ne sont pas en reste, que ce soit la pétillante Harley ou encore Gordon le commissaire. Avec un récit rythmé, un Joker, alias Jack Napier, bien en verve et un batman dépité, Sean Murphy fait découvrir aux lecteurs de super-héros des facettes inédites où les psychologies des personnages se découvrent au fur et à mesure des chapitres.

Que dire du dessin, sinon qu’il est superbe et remarquablement bien mis en couleurs par Matt Hollingsworth ! Les découpages sont dynamiques, et les décors superbes dans une ville déjantée où évoluent dans les bas-fonds des caricatures de brute épaisse qui ne cherchent qu’à en découdre. On ajoutera une mention spéciale aux courses-poursuites en Batmobile, plus vraies que nature. Voilà tous les ingrédients pour en faire une super-série très prometteuse qui a déjà remporté déjà un franc succès outre-Atlantique.

BATMAN WHITE KNIGHT MURPHY Editions URBAN COMICS 240 pages, 22.50 €

Bernard Launois

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Publié le 2 Janvier 2019

No War T1, entre le bien et le mal…

Entre une mère activiste et un père ingénieur en charge d’un projet gouvernemental divorcés, Run, jeune homme de 17 ans, se trouve tiraillé. Alors, quand un projet de barrage sur l’île de Saarok prend forme, les tensions entre les partisans de laisser la terre à l’état naturel et les industriels désireux de moderniser un lieu stratégique entre l’Islande et le Groenland font rage, et ce n’est pas le décès d’un des employés de son père, dans des conditions restant à élucider, qui vont arranger les choses. Que faire pour Run qui ne désire pas prendre parti pour l’une de ces cultures opposées, celle d’une mère Kivik, résolument écologiste, ou celle de son père, investi dans ce projet hautement controversé et risqué pour sa vie ?

Voilà un scénario qui commence fort ! Tous les ingrédients d’un thriller détonant sont réunis et vont entrainer le lecteur dans une fiction superbement rythmée qui lui rappellera assurément des situations politiques réelles telles que le barrage de Sivens, la ZAD de Notre-Dame des Landes ou encore l’élection de Donald Trump. L’auteur complet Anthony Pastor distille dans ce premier opus tout un tas de pistes qui devraient lui permettre de rebondir selon lui, sur trois, six, neufs albums, du Kafikadik mystérieuse pierre trouvée sur l’ile de Saarok à l’entourage amical de Run qui ne lui apporte pas que des satisfactions, en passant par les conflits politiques que peuvent engendrer des orientations sociétales.

Le dessin d’Anthony Pastor est à l’image du scénario, tout aussi noir ! Avec un trait vif et acéré, le dessinateur taille les personnages comme les décors, à la serpe, renforçant le caractère anxiogène du récit, corroboré par des couleurs flashy des plus agressives.

Noir, c’est noir, il n’y a plus d’espoir, sans rappeler une chanson, n’en est pas moins le leitmotiv d’un premier opus des plus prometteurs.

A découvrir instamment !

NO WAR T1 PASTOR Editions CASTERMAN 130 pages, 15,00 €

Bernard Launois

 

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Publié le 27 Décembre 2018

Terre de feu, feux follets ou la fuite en avant…

Terre de feu, feux follets, lait de vache, vache de… et là s’arrête la ritournelle chantée par tous les enfants d’école primaire. La Patagonie, fin du XIXème siècle, n’est qu’une suite de vastes étendues de terre à l’infini où quelques propriétaires terriens exploitent des troupeaux de moutons. Univers uniquement masculin tellement la vie est rude et pourtant, Maria accompagne bien Antoine, son époux chargé de superviser le cheptel d’Emilio, le propriétaire.

Que sont-ils venus faire dans cette galère, à mille lieues de la civilisation ? Ont-ils quelque chose à cacher, à fuir ?  Antoine rentre du travail régulièrement saoul, Maria semble vouloir reconquérir Antoine, une mystérieuse bête décime les moutons du proprio, un Indien dépose régulièrement des statuettes sur les lieux de passage de Maria... Le tableau est dressé pour un récit des plus intrigants dont l’auteur complet Fred Bernard a le secret.

 

Cette fois encore, Fred Bernard s’attaque uniquement au scénario en confiant le dessin à Eddy Vaccaro. L’histoire est parsemée, au fur et à mesure du récit, d’indices permettant de connaitre les raisons de cette fuite en avant pour atterrir dans un endroit des plus inhospitaliers de la terre, sans parler d’événements qui vont venir émailler un drame psychologique pas banal.

Le superbe dessin semi-réaliste d’Eddy Vaccaro accompagne parfaitement l’ambiance dramatique qui s’installe au fur et à mesure de l’album. Il est remarquablement mis en couleurs par Anne-Claire Jouvray, qui a su sublimer le bel encrage du dessinateur.

Voilà un trio qui aura su faire passer beaucoup de poésie et de tristesse dans une bande dessinée de qualité que devrait apprécier bon nombre de lecteurs.

TERRE DE FEU, FEUX FOLLETS BERNARD/VACCARO Editions GLENAT 112 pages, 20,50 €

Bernard Launois

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Publié le 15 Décembre 2018

Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB  T3 – Quand les souvenirs resurgissent…

Avec ce troisième opus qui clôture la saga de son père, prisonnier de guerre au stalag IIB, c’est son retour de captivité en 1946 et sa lente reconstruction dans une Europe dévastée qui se cherche, que l’auteur Jacques Tardi va décrire.

Si le grand auteur Jacques Tardi aborde ses premières années de vie, ce n’est pas sous forme de biographie qu’il les narre, sa pudicité l’en aurait assurément empêché. C’est plutôt comme une manière de remettre dans le contexte de vie des générations meurtries, après tous ces soubresauts de luttes intestines et si dévastatrices, l’arrivée d’un enfant du baby boom, qui va essayer tant bien que mal de comprendre son père, notamment dans la persistance qu’il avait à rester militaire alors qu’il exécrait la guerre.

Ce dernier album de la trilogie sera aussi l’occasion pour l’auteur complet Jacques Tardi de revenir sur les périodes antérieures à la dernière guerre mondiale et retracer avec perspicacité, souvent sur un ton caustique, tous les éléments depuis 1870 qui auront amené à ce déferlement de haine et d’assouvissement de pouvoir dans une Europe qui n’avait pas su s’allier.

Si l’auteur s’était appuyé sur les cahiers de son père pour réaliser les deux premiers albums, c’est maintenant plutôt dans ses propres souvenirs d’enfance qu’il a puisé, ou dans des événements rapportés alors qu’il était bébé et qui lui ont permis de revenir jusqu’en 1953.

On retrouve dans cet album le ton alerte du narrateur, légèrement subversif, pour décrire avec justesse une période des plus difficiles du siècle dernier, en donnant au lecteur une belle leçon d’histoire. Avec son dessin ligne claire inimitable et des plus réussis, aux encrages profonds, le dessinateur Jacques Tardi fait mouche en transportant le lecteur.  

L’album se termine par un cahier instructif d’une dizaine de pages agrémenté de photos, relatant le retour aux sources de l’auteur lorsqu’il vécut en Allemagne alors que son père s’était réengagé dans l’armée.

Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB  T3 - Après la guerre TARDI Editions CASTERMAN 160 pages, 25,00 €

Bernard Launois

 

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Publié le 13 Décembre 2018

Villevermine T1, l’homme qui parlait à l’oreille des objets

Villevermine, voilà une ville bien nommée, tout l’archétype d’une cité à fuir tellement elle est sale, polluée, délabrée, remplie de petits malfrats toujours prêts à se faire du fric sur le dos des autres… Malgré tout, toute une population y vit ou plutôt y survit, et le privé Jacques Peuplier fait partie des « heureux » résidents. Il est chargé de résoudre l’énigme de la disparition de Christina, la fille Monk, famille de malfrats notoires : pour cela peu de pistes, mais un don dont il est doté, celui de pouvoir converser avec les objets, ce qui va lui permettre de glaner quelques indices dans la chambre de la demoiselle. L’enquête peut commencer, mais elle va être semée d’embûches car il s’approche trop du savant fou, que protègent les hommes-mouches. A trop vouloir remuer la matière fécale, elle finit par sentir et à devenir proprement incommodante. Arrivera-t-il à se sauver de ce pétrin qui le dépasse ? Sa rencontre avec un petit garçon accompagné du chat Mauvais-Poil lui sera peut-être salutaire… à moins que ne cela ne vienne des objets qu’il chérit ?

A la manière d’un bon polar, l’enquête se déroule avec son lot de retournements de situation, et la particularité qu’a le privé de parler aux objets n’est pas étrangère à l’originalité du scénario. Le dessin semi-réaliste plutôt efficace, rehaussé par des couleurs souvent ternes soulignant le côté crasseux et lugubre dans lequel évoluent les personnages, plante rapidement l’ambiance oppressante.

Villevermine a été nominé parmi les 42 albums sélectionnés officiellement par Angoulême 2019, quoi de plus naturel pour cet album de qualité qui se dévore à plein dents, et dont le lecteur aura assurément à cœur de découvrir le dénouement dans le deuxième opus.

A découvrir instamment.

VILLEVERMINE T1 –L’HOMME AUX BABIOLES LAMBERT Editions SARBACANE 92 pages, 15.00 €

Bernard Launois

 

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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