Publié le 3 Mai 2019

Joyride T1, si jeunesse savait…

Uma Akkolye, adolescente intrépide et réactionnaire, n’envisage pas un seul instant de rejoindre l’armée de la Jeunesse Alliée chargée de défendre la terre. Son seul objectif, c’est d’aller visiter au-delà du dôme et enfin de s’affranchir de la propagande télévisuelle pour citoyens lobotomisés qu’elle exècre.  Dewydd, éperdument amoureux de la jeune fille, va se laisser embringuer dans une aventure dépassant ce qu’il pouvait imaginer : dérober un vaisseau spatial au nez et à la barbe de ses gardiens et filer à travers l’univers, à la recherche de l’émetteur d’un étrange message reçu quelques jours plus tôt. Qui les attend derrière le dôme, un humain, un androïde ? Assurément une aventure hors du commun, d’autant plus que l’inexpérience due à leur jeunesse risque bien de leur jouer de mauvais tours.

Les scénaristes Jackson Lanzing et Collin P. Kelly, qui ont notamment déjà participé aux récits de Batman & Robin Eternal, renouent pour une nouvelle aventure des plus palpitantes, entraînant ces jeunes adolescents dans un pur décor de science-fiction, peuplé d’êtres hideux et d’animaux improbables mais assurément pas dénué de sensibilité.

Paru aux États-Unis en chapitres et en fascicules, comme à l’accoutumée outre-Atlantique,

l’album offre un  scénario fort bien construit qui rebondit à chaque fin de chapitre, relançant inexorablement le récit. Les dialogues sont alertes et non dénués d’humour, et le lecteur se complaira à suivre les aventures de ces adolescents aventureux.

Marcus To, dessinateur des séries New Warriors et The Flash : Season Zero, met en image de belle façon ce scénario haletant, montrant des cases très dynamiques qui alternent avec des temps plus calmes afin de mieux rebondir ensuite.

On remarquera les  couleurs psychédéliques qui ne sont pas sans rappeler les tons utilisés dans les années 60 pour les premières bandes dessinées de science-fiction.

Cet album de 240 pages se lit d’une traite et l’on peut espérer que les autres albums de Joyride, au nombre de douze aux États-Unis actuellement, seront édités par les éditions GLENAT pour le plus grand plaisir des adolescents mais également des adultes.

JOYRIDE LANZING/KELLY/TO Collection LOG-IN Editions GLENAT, 240 pages 25,00 €

Bernard Launois

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Publié le 30 Avril 2019

Chères élites, pauvres prolétaires…

Faites-vous partie du club très fermé des 0,01 %, ceux qui ne regardent jamais les étiquettes quand ils achètent, que ce soit place Vendôme ou encore à l’occasion du mouillage de leur yacht dans une île paradisiaque ? Donc, si vous gagnez moins de 60 000 € par mois et que votre patrimoine n’atteint pas les 30 millions d’euros, vous ne faites pas partie des hyper-riches et cet album est fait pour vous !

Le très prolifique auteur complet James, bien connu notamment des lecteurs de la revue Fluide Glacial, manie la dérision avec talent, et cette fois il prend un malin plaisir à se moquer des hyper-riches.

En ces périodes troubles où les salaires de dirigeants de grands groupes s’envolent à en devenir indécents, pendant que bon nombre de citoyens n’arrivent pas à boucler les fins de mois, les hyper-riches sont tour à tour enviés, car qui n’a pas rêvé un jour d’en avoir autant, et haïs. Alors, à l’heure : à l'heure où l'on réclame à cors et à cris le rétablissement de l'ISF, cette bande dessinée tombe à point.

Alternant les planches et les dessins humoristiques, le scénario se montre des plus caustiques, et si certains clichés sont volontairement exacerbés, ils n’en sont pas moins parfaitement hilarants.

Du pauvre gars qui se réjouit de gagner si peu et d’échapper ainsi à l’impôt, aux deux beaufs qui s’interrogent devant les intentions de l’auteur qui ne sont autres que de gagner sa croûte, les dialogues fusent et taillent leur cible comme un diamant.

Les personnages de François Ravard, bien caricaturaux, collent parfaitement aux scénarios, faisant de cet album un excellent divertissement.

CHERES ELITES RAVARD/JAMES CHERES ELITES Editions FLUIDE GLACIAL 56 pages, 14,50 €

Bernard Launois

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Publié le 25 Avril 2019

La Tuerie, une singulière enquête policière au milieu des abattoirs

Yannick atterrit à l’abattoir Gourdin comme homme à tout faire, en suivant les traces de son frère Kilian décédé d’overdose quelques mois plus tôt. Il faut dire qu’avec un passé d’ancien taulard, on doit pouvoir tout accepter pour se faire embaucher. Les conditions de travail sont très difficiles, entre les cadences infernales imposées par la direction, le découpage de carcasses de barbaque, le bruit des disqueuses et l’odeur de la mort qui flotte dans l’atmosphère. Et ce ne sont pas les blagues de potache destinées aux petits nouveaux qui vont égayer cette vie de forçat. Malgré tout, Yannick en veut et finit par gagner la confiance de son chef d’équipe, car il tient absolument à intégrer le secteur dénommé « la tuerie » où l’on abat les bovins.

Le lecteur ne tardera pas à comprendre les motifs de son empressement à travailler dans ce secteur, non point pour les primes, mais pour tenter de trouver les vraies raisons du décès de son frère. Son intervention auprès d’un ouvrier en pleine crise de démence lui vaudra, en remerciement, d’intégrer le secteur.

Les scénarios de Laurent Galandon, de Lip à L’appel en passant par vivre à en mourir,  sont souvent teintés politiquement, et cet album ne fait pas exception en brossant cette fois les pratiques d’un abattoir de campagne.

Mais au-delà des polémiques sur les conditions d’abattage des animaux, Laurent Galandon pose très justement le problème des conditions de travail souvent inhumaines. Un peu dans la même veine que le récent et très remarqué roman de Joseph Ponthus, À la ligne, qui évoque le rythme infernal imposé dans les conserveries de poisson et les abattoirs, Laurent Galandon pointe dans La Tuerie ce qui reste l’obsession des exploitants, le profit faisant fi de l’état physique et mental des ouvriers.

A la manière d’une enquête policière, les clés de l’énigme se distillent au fur et à mesure du récit.

Dessiner un tel album n’était certes pas une tâche facile, pour mettre en image l’inracontable et sensibiliser le lecteur sans le repousser, et Nicolas Otero a su réaliser les images qu’il fallait.

A lire et à faire lire.

LA TUERIE OTERO/GALANDON Editions LES ARENES BD 144 pages, 20,00 €

Bernard Launois

 

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Publié le 17 Avril 2019

Un putain de salopard T1 Isabel, un titre bien mérité ?

Quand Max débarque en forêt amazonienne à la recherche de son père, il ne sait dans quel guêpier il va se fourrer. C’est après le décès de sa mère qu’il découvre deux photos prises au même endroit, comprenant à chaque fois, sa mère, lui et... deux hommes au physique radicalement différent. Lequel des deux est son père ? Peut-être ni l'un ni l'autre mais ce qui est sûr, c'est que sa quête ne va pas être simple dans un univers hostile, tant géographiquement qu'humainement.

Des rencontres, il va en faire et certaines dont il se serait bien passé. De la nympho de service qui lui laissera des souvenirs cuisants aux ouvriers du camp à la mine patibulaire et prêts à tout pour arriver à leurs fins, mais aussi avec la jeune Brésilienne muette Baïa, qui saura lui servir de guide dans cette jungle, Max découvre un monde qu’il était loin d’imaginer.

L'auteur complet Régis Loisel délaisse, à nouveau, le dessin pour s'adonner à ses talents de conteur hors pair. Une fois de plus, Régis Loisel vend du rêve et Dieu sait s'il le fait bien ! Dès les premières pages, le lecteur se trouve embringué dans une histoire pas ordinaire avec des personnages atypiques dans un décor fantasmagorique, où les rapports psychologiques entre les hommes prennent toute leur importance. Sur fond de forêt brésilienne, le lecteur va découvrir la vie des autochtones, mais aussi celle des expatriés dans la moiteur d’une région où la nature reprend vite ses droits.

 Pour faire une bonne bande dessinée, le scénario est indispensable mais pas suffisant car le dessin est là pour le sublimer. On retrouve avec grand plaisir le talentueux Olivier Pont, très en verve, dans cette nouvelle série avec des paysages grandioses où évoluent des personnages singuliers qui bénéficient d’une belle mise en couleurs de François Lapierre.

Voilà tous les ingrédients d’un bel album dont la suite va se faire attendre avec impatience.

UN PUTAIN DE SALOPARD T1, ISABEL PONT/LOISEL Editions RUE DE SEVRES 88 pages, 18,00 €

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 15 Avril 2019

BUG livre 2, ou l’inlassable quête d’un père pour retrouver sa fille

Le cosmonaute Kameron Obb est revenu sur terre et aux séquelles de la vie en géostationnaire se sont ajoutées bon nombre de complications. Depuis l’apparition d’une tache bleue qui ne cesse de grandir sur son visage, c’est un homme doté d’un nouveau pouvoir, celui de contenir toute la mémoire du monde. Mais toute médaille a son revers, et il se retrouve traqué par tous les gouvernements du monde, les mafias et autres intégristes.

Kameron n’a cependant que faire de ce pouvoir qu’il n’a pas l’intention d’exercer. La seule chose qui l’obsède, c’est de retrouver Gemma, sa fille chérie, enlevée par un groupe mafieux. Pour arriver à ses fins, il tentera tout au péril de sa vie. Hélas, les ennuis arrivent toujours en escadrille et voilà que l’ex-petit ami de Gemma entre dans la danse en exigeant de Gemma qu’elle intervienne auprès de son père pour qu’il lui enraye sa dégénérescence physique.

Maintenant, ne faudrait-il pas ôter cette tache qui finira peut-être par envahir tout son corps ? Son pouvoir de connaître toutes les mémoires du monde sera-t-il suffisant pour retrouver sa fille ?

Beaucoup d’interrogations en ce début du livre 2 qui fait la part belle à l’amour filial entre un père et une fille, mais également au pouvoir qu’exerce la gent féminine sur l’échiquier mondial. C’est un album particulièrement rythmé que nous livre là l’auteur complet Enki Bilal dans lequel les situations, souvent dramatiques, s’entrelacent pour le plus grand plaisir du lecteur qui n’aura de cesse d’en voir la conclusion.

Le caractéristique dessin d’Enki Bilal explose cette fois encore dans ce livre 2 et on ne pourra que conseiller aux lecteurs d’acquérir la version grand format afin de profiter pleinement de son remarquable travail.

BUG T2 BILAL Editions CASTERMAN 88 pages, 18,00 € et 35,00 € la version grand format.

Bernard LAUNOIS

 

 

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Publié le 12 Avril 2019

Une île sur la Volga, la sérénité trompeuse…

Maksim, son épouse et son fils ont fui Moscou il y a maintenant quelques mois pour goûter les charmes d’une île sur la Volga afin de se ressourcer auprès de la nature, vivre de leur production de légumes bio et créer une maison d’hôte. Seulement, les arrivées concomitantes de Gala, sa mère venue voir sa petite famille, et d’un homme de main décidé à lui soutirer de l’argent vont transformer leur petite vie tranquille en un enfer. Voilà que Gala s’en mêle et intime à son fils de ne pas payer ces dessous-de-table, allant même jusqu’à menacer l’individu à la mine patibulaire. Le boss de la mafia locale n’apprécie pas du tout que l’on s’oppose à son petit trafic et va demander à Kolya et Stepan, deux jeunes désœuvrés, de faire peur à Gala qui se répand sur Internet en relatant les agissements des malfrats.  L’aubaine est trop bonne pour ces deux jeunes de profiter de leur mission pour enlever Gala et demander une rançon à son mari resté à Moscou.

L’auteur complet Iwan Lépingle, remarquable conteur, entraîne le lecteur dans une fiction des plus angoissantes où la tension monte à chaque page, à se demander comment cela va finir. Le découpage scénaristique s’avère des plus efficaces, alternant les moments d’action et les moments de répit qui s’avèrent souvent les plus inquiétants. Le dessin est à la hauteur du récit, plutôt réaliste mais sans fioritures, tout dans l’efficacité. Les couleurs pastel sont troublantes dans un premier temps car elles contrastent avec le récit, mais finalement le lecteur s’en accommodera  très vite.

UNE ILE SUR LA VOLGA LEPINGLE Editions SARBACANE 112 pages, 19,50 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 9 Avril 2019

Fables amères T2, détails futiles, pas si sûr !

Du militant raciste invectivant les immigrés, pris en stop par l’un d’eux alors qu’il rentre à pied de sa manifestation, au cul-de-jatte qui passe en fauteuil roulant devant un magasin de chaussures pratiquant les soldes, ce sont plus d’une dizaine de fables amères dont les détails ne sont certainement pas futiles.

Avec ce deuxième opus, l’auteur complet Christophe Chabouté nous livre à nouveau ses fables contemporaines avec le talent qu’on lui connait : l’art de la concision avec des historiettes d’une dizaine de pages qui font mouche, un brin cyniques, relatant les absurdités des situations ainsi que  la bêtise des protagonistes. Le dessin n’est bien sûr pas en reste, réaliste, aussi noir que les récits. Des textes, il y en a peu puisque sept histoires sont sans paroles, mais la force du récit réside certainement dans les dessins suffisamment éloquents pour prendre toute la quintessence des sujets développés.

Le lecteur, balloté tout le long des 102 pages, ne sortira assurément pas indemne de sa lecture et en reviendra peut-être à pousser la réflexion sur des faits divers criants de vérité et dont il a peut-être été un jour, le spectateur.

On regrettera néanmoins deux choses, d’une part qu’il ait fallu attendre près de dix ans après la sortie du premier tome… et d’autre qu’il n’y ait pas plus d’histoires dans ce livre tellement on en redemanderait.

FABLES AMERES T2 DETAILS FUTILES CHABOUTE Collection INTEGRA VENTS D’OUEST 104 pages, 13,90 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 26 Mars 2019

Le Caravage, vu par Milo Manara, investit les Foyers des Jeunes Travailleurs de Mantes-la-Jolie

Alors que Le Caravage est à l’honneur au Musée Jacquemart à Paris depuis l’automne dernier jusqu'à fin janvier, le deuxième album du diptyque Caravage de Milo Manara sortait aux éditions GLENAT. Aussi, c’était l’occasion de découvrir ce peintre qui aura bouleversé la peinture du XVIIème  siècle par son caractère naturaliste, son réalisme parfois brutal et l'emploi appuyé de la technique du clair-obscur allant jusqu'au ténébrisme, par le prisme de l’auteur complet Milo Manara. Assurément, l’œuvre de sa vie d’auteur, Milo Manara fait exploser son talent à chaque page, narrant de belle manière, la vie tumultueuse d’un homme aussi prompt à se battre qu’à prendre le pinceau.

C’est avec ces deux expositions, respectivement dans les foyers des Jeunes Travailleurs du 21, de la rue d’Alsace et du 3, de la rue d’Arnouville, que l’association Bulles de Mantes entame la série des expositions dans le cadre des avant-premières au festival qui se déroulera cette les 14,15 et 16 juin 2019. Le visiteur (re)découvrira, du 4 avril au 15 juillet 2019, les reproductions de pages les plus emblématiques de ce diptyque choisies par Bulles de Mantes et accompagnées des couvertures des albums ainsi qu’une partie éditoriale et ce, pour chaque site. Comme à l’accoutumée, les curieux devront se déplacer sur les deux sites s’ils désirent voir l’ensemble des reproductions.

 

 Illustrations Milo Manara © Glénat

Vernissage le 4 avril 2019 à 19h00, 21 rue d’Alsace à Mantes-la-Jolie

Exposition du 4 avril au 15 juillet 2019

De 9h à 19h, du lundi au samedi

Entrée gratuite

Contact 01 30 33 20 03

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 26 Mars 2019

Voilà la vingt-troisième fois déjà que se tient la Foire aux disques, BD et cinéma de Limay, une manifestation que Bulles de Mantes affectionne et à laquelle elle participe depuis plusieurs années.

Pour fêter cette occasion, les organisateurs (Big Band Vexinée) ont battu le rappel de nombreux exposants disques et BD, et de cinéma. La foire, qui attire chaque année plus de mille passionnés pour tenter de dénicher la parle rare, fera salle comble avec 80 exposants mettant à la disposition du public plus de 300 mètres de bacs remplis de pièces de collection. Pour le cinéma, le public pourra trouver des dvd, affiches, photos, dossiers de presse, figurines sur l’univers du cinéma.

Comme il est fait depuis plusieurs années, Big Band Vexinée confie à Bulles de Mantes le soin d’organiser les séances de dédicaces avec des auteurs de BD. Pour cette édition, six auteurs sont invités : Frédéric Bihel (Milady, L’Or, Africa Dreams), Philippe Guillaume (La Banque, Dantès) Pierre-Emmanuel Dequest (Retour à la Montagne), Erik Arnoux (Sara Lone), Jeronaton (El Nakom) et Juan-Maria Cordoba (Nono & Moumoune).

Côté cinéma, les organisateurs se réjouissent aussi de la venue du célèbre réalisateur Jean-Pierre Mocky qui viendra dédicacer son dernier livre la journée du samedi.

Foire aux disques, BD et cinéma

Gymnase Guy Moquet, Rue Charles Tellier, 78520 Limay

30 et 31 mars 2019 de 10h à 18h

Jérôme Boutelier

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 19 Mars 2019

La Planète aux cauchemars ou l’endroit qu’il faudrait éviter…

Quand on ne peut pas se payer des vols directs,  la seule alternative consiste à prendre un omnibus. C’est ce à quoi doit se résoudre une jeune fille qui désire rejoindre sa famille en prenant la barge qui fait escale à Innsmouth,  avant de rejoindre Arkham. Malgré les avertissements du guichetier sur l’inhospitalité de la ville d’Innsmouth, à commencer par le Gilman’s, seul hôtel en ville et qu’il ne faut pas fréquenter, elle se dit qu’elle y passera tellement peu de temps qu’il lui suffira d’attendre dans la salle de l’aérogare avant de reprendre la barge spatiale de 20 heures. Intriguée quand même par le tableau apocalyptique dressé par le guichetier, elle décide de tenter l’aventure.

Seulement ça, c’est le scénario idéal, et il va immanquablement se dérouler d’une manière radicalement différente. Que va-t-elle découvrir dans cette ville ? Pourquoi la population est-elle affublée de visages tous plus horribles les uns que les autres, comme si une contamination avait sévi ? Et si finalement elle devait rester coucher au Gilman’s ?

Librement adaptée du Cauchemar d'Innsmouth, la nouvelle d’Howard Phillips Lovercraft prend une nouvelle dimension sous la plume de Mathieu Sapin qui transcrit le récit en science fiction.

Mathieu Sapin s’en tire fort bien car si déjà transposer un roman n’est jamais aisé, il s’ajoute ici une pression d’autant plus grande qu’il est écrit par un célèbre romancier. Les dialogues sont alertes et le découpage, à la manière des feuilletons, relance le suspense à chaque fin de page, entraînant le lecteur dans une spirale infernale, propre à faire de terribles cauchemars.

Le dessin réaliste de Patrick Pion, peuplé de décors et de personnages fantasmagoriques, sied parfaitement au scénario angoissant. Une mention toute particulière au coloriste Walter Pezzali qui, par ses touches froides, a su renforcer l’ambiance pesante du récit.

Le lecteur restera assurément sur sa faim, bien décidé à attendre une suite qui devrait certainement promettre…

LA PLANETE AUX CAUCHEMARS SAPIN/PION Editions RUE DE SEVRES 60 pages, 15,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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