Publié le 9 Septembre 2019

La marche, vers une fuite en avant

 

Mais que diable allaient-ils faire dans cette galère ? Nous sommes en plein hiver 1812, au fin fond de la Russie où un groupe d’une dizaine de femmes et d’hommes tente d’échapper aux troupes napoléoniennes qui marchent sur Moscou. Fuir pour quoi, pour qui, assurément pour un monde meilleur ? Comment toutes ces individualités se retrouvent à être soudées dans cette fuite en avant, par la force des choses, ne serait-ce que pour l’instinct de survie ? Aux difficultés du froid sibérien s’ajoute une neige tenace qui tapisse toutes les forêts qu’ils traversent, le but étant de ne se faire voir de personne. Rapidement, les ennuis et les tiraillements entre les protagonistes vont empoisonner les relations et déranger la bonne marche de cette déroute. Sont-ils voués à l’échec, seront-ils découverts ?

 

Le scénario d’Anne-Laure Reboul va tenir le lecteur en haleine pendant 120 pages. Pas de répit dans cette histoire où il faut lutter pour survivre, faire des concessions. Quand ce ne sont pas les loups qui se rapprochent dangereusement du campement, c’est l’une des carrioles qui les transporte qui vient à se renverser, obligeant à  éliminer le cheval qui la tirait. Petit à petit l’échiquier humain prend une dimension des plus dramatiques.

Régis Penet livre là un bel album, tout en noir et blanc, collant parfaitement au scénario angoissant d’Anne-Laure Reboul. Avec un dessin hyperréaliste, le lecteur va rapidement plonger dans ces forêts mystérieuses et inquiétantes où le danger est derrière chaque bouleau.

Magnifique !

LA MARCHE REBOUL/PENET Collection Integra Editions VENT D’OUEST  120 pages, 22,00 €

Bernard Launois

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 8 Septembre 2019

Mondo Reverso T2 La bonne, la brute et la truande, l’épopée mexicaine

Si Cornelia, devenue nouvellement shérife, et Lindbergh son mari potiche semblent mener maintenant une vie pépère, ce n’est que répit car bientôt la Shérife va devoir partir à la recherche du fils Thompson qui aurait été kidnappé par un cirque de Freaks. Autant dire que Lindbergh est jaloux, refuse d’être en reste et tente de rejoindre sa moitié. Vont s’en suivre des courses-poursuite endiablées au travers de la Rio Grande où Cornelia va finir enterrée vivante, ne devant son salut qu’à la sorcière Yaqui. Quant à Lindbergh, il trouvera le moyen, après forces rasades de Mezcal, d’atterrir dans un harem. Arriveront-ils à retrouver Thomson, et au-delà leur couple résistera-t-il à toutes les tentations qui se présentent à eux ?

Le délire continue et c’est avec un plaisir non dissimulé que le lecteur retrouvera tous ces personnages aussi loufoques les uns que les autres dans un road-movie endiablé. L’inversion des rôles homme/femme est encore plus en exergue dans ce deuxième tome, et les situations cocasses se multiplient, de la femme à barbe qui fume le cigare et joue du pétard, à l’homme soumis aux aléas de la gent féminine.

Le dessin de Dominique Bertail est toujours aussi efficace et sa couleur directe fait merveille. Si l’on peut penser dans les premières pages que la couleur bistre risque d’affadir le dessin, il n’en est rien et le lecteur va prendre à nouveau grand plaisir à se délecter de ses superbes décors mexicains. On sent encore que le dessinateur a pris un réel plaisir à réaliser l’album. De Myrtille, le Blueberry en anglais, à l’héroïne de Paris 2119 que l’on retrouve dans le harem, les clins d’œil sont nombreux. Quant à l’autodérision, elle va jusqu’au dessinateur qui se retrouve sous les traits de Lindbergh.

Cet album s’avère aussi jubilatoire que le premier et on se prend à regretter qu’on ne  retrouve pas ces biens singuliers personnages dans d’autres aventures.

MONDO REVERSO T2 LA BONNE, LA BRUTE ET LA TRUANDE LE GOUËFFLEC/BERTAIL Editions FLUIDE GLACIAL  96 pages 16,90 €

Bernard Launois

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 3 Septembre 2019

La fin du monde en trinquant… qui vivra, « verrat » !

Mais que diable allait-il faire dans cette galère, le cochon Nikita Petrovitch astronome de profession affublé d’Yvan le chien, son crétin d’assistant ? Nous sommes en janvier 1774 au fin fond de la Sibérie où les deux compères d’infortune sont chargés d’alerter la population locale de l’écrasement imminent d’une météorite sur leur terre. Seulement, les rustres et soudards qui les détroussent sont à des années-lumière de les croire et ils n’ont qu’une seule idée en tête, envoyer un émissaire auprès de l’impératrice, la Grande Catherine, pour obtenir une rançon. Dans l’attente du retour de l’estafette, les deux prisonniers tenteront d’amadouer leurs geôliers afin d’obtenir une séquestration plus douce. Ainsi, Yvan s’entiche d’une jeune renarde pas farouche avec qui il envisage de s’évader. Quand à Nikita, il se morfond à tenter de convaincre la bande de brigands du bien fondé de sa venue dans ces austères contrées.

L’émissaire reviendra-t-il avec des espèces sonnantes et trébuchantes ? La comète finira-t-elle par tomber et anéantir toute la population ?

L’auteur complet Jean-Paul Krassinsky réussit là une belle fable animalière, inspirée de l’improbable tandem que constituent Bourvil et Louis de Funès dans La grande vadrouille, le benêt et l’intellectuel qui vont devoir cohabiter coûte que coûte et finalement s’entraider même s’ils n’ont aucune estime l’un pour l’autre. La fatuité du jeune sot et la suffisance de l’intellectuel, confrontés à une population de rustauds aux premiers abords, ne finiront-elles pas par devenir un atout ? Avec un scénario bien construit et des dialogues drôles, le lecteur va découvrir toute la cruauté et la bêtise réunies dans un vaudeville de haute lignée.

Le dessin est à l’image du scénario, aussi bon ! Les animaux sont croqués avec délice et les expressions et mimiques de chacun sont un vrai régal ; la fine aquarelle complète merveilleusement le tableau. Un must, à lire instamment !

LA FIN DU MONDE EN TRINQUANT KRASSINSKY Editions CASTERMAN 230 pages, 25,00 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 3 Septembre 2019

« Des cases à la toile », Boucq au Musée de l’Hôtel-Dieu à Mantes-la-Jolie, du 2 septembre au 30 décembre 2019

 

En parallèle du 8ème festival qui a lieu du 14 au 16 juin 2019, le musée de l’Hôtel-Dieu consacre pour la première fois une exposition à un artiste de bande dessinée : François Boucq, Grand prix de la ville d’Angoulême en 1998. Le choix de cet immense artiste réside dans sa manière de rendre hommage au travail de Maximilien LUCE, qui entre particulièrement en résonnance avec ses collections. Comme Maximilien Luce en son temps, Boucq met aussi son talent de dessinateur au service de la presse et des revues en illustrant ou caricaturant ses contemporains et les faits d’actualité. La Première Guerre mondiale a enfin intéressé ces deux artistes qui ont créé chacun une série d’œuvres à 90 ans d’intervalle.

 

L’exposition évoque aussi les multiples facettes de son œuvre : de l’emblématique série western Bouncer, scénarisée par Alessandro Jodorowsky, à son personnage fétiche de Jérôme Moucherot, sans cesse pris dans des aventures absurdes et comiques. Réunissant près de 80 œuvres, l’exposition présente des planches inédites, des très grands formats et même des peintures sur toiles. Le parcours permet de révéler la richesse et la variété du travail de Boucq et fait découvrir au public non initié les techniques de création d’une bande dessinée.

L’exposition, réalisée en partenariat avec Bulles de Mantes, présente pour la première fois un artiste dans un musée labellisé Musée de France.

L'association Bulles de Mantes remercient tout particulièrement Huberty & Breyne Gallery, les éditions du Lombard, les éditions e-invenit et I ainsi que les éditions Kanari Fims pour leurs contributions.

Musée de l’Hôtel-Dieu 1, rue Thiers - 78200 Mantes-la-Jolie

Tél. : 01 34 78 86 60 www.manteslajolie.fr / contact.musee@manteslajolie.fr

Bernard  Launois

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Bulles en villes

Repost0

Publié le 2 Septembre 2019

Les Indes Fourbes

Une épopée flamboyante.

 

« Gueux j’étais, gueux je resterai… ». Cherchant à échapper au destin misérable réservé à sa naissance, Pablos atteint le Nouveau Monde - les Indes – en quête de l’Eldorado, et se sert de tous les moyens pour assurer sa survie, déployant les ruses les plus perfides ou les roublardises les plus odieuses pour tromper les faibles comme les forts, suscitant mépris et ires vengeresses.

Le roman picaresque a marqué la littérature espagnole du 17e siècle. Alain Ayroles et Juanjo Guarnido se sont emparés d’un de ses fleurons, El Buscon, pour en imaginer la suite. Le scénario d’Alain Ayroles, dense et remarquablement complexe dans sa construction, engendre une suite de rebondissements rocambolesques et plonge le lecteur dans un récit haletant de la genèse à la conclusion de l’histoire.

Empruntant aux codes du genre, Ayroles livre un récit que raconte à la

première personne une voix off. Il déploie tout son art du verbe dans le style qu’il affectionne aux tournures un brin surannées et parfaitement écrit. Avec une extraordinaire maestria, les deux auteurs insufflent tout au long de l’album une force à souhait comique ou tragique au moyen de savants décalages : décalage entre le texte et l’image qui montre la réalité des événements, décalage entre les versions d’un chapitre à l’autre au gré des narrateurs successifs, décalage entre les émotions avec un dessin instillant ça et là un détail comique ou tragique à l’inverse de la situation.

 

Au sommet de son art, Juanjo Guarnido offre 145 planches époustouflantes. Illustrés dans un style réaliste, les paysages et les animaux sont sublimes, les décors somptueux, parés de couleurs aquarellées splendides et éclatantes.

Au cœur de l’album le récit glisse vers douze pages muettes sans qu’on s’en aperçoive tant la force expressive du dessin suffit. Les personnages, eux, sont croqués de façon semi-réaliste avec la verve cartoonesque dont il est passé maitre. Les références au peintre Velasquez sont nombreuses et plus particulièrement à l’un de ses tableaux les plus connus, Les Menines, dont l’énigmatique composition a subtilement inspiré les deux auteurs.

 

Dans une symbiose aboutie qui donne à chacun des deux toute sa place, le scénario et le dessin flamboyants de l’album font des Indes Fourbes un titre phare de l’année et qui restera immanquablement dans les annales.

 

 

 

Les Indes Fourbes,

par Alain Ayroles et Juanjo Guarnido

Delcourt août 2019

160 pages, 34,90 €

 

Illustrations : Ayroles et Guarnido© Delcourt 2019

 

 Jérôme Boutelier

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Chronique de Jérôme BOUTELIER

Repost0

Publié le 30 Août 2019

Faut pas prendre les cons pour des gens, ça leur donnerait une importance qu’ils n’ont pas

« Les cons ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît », disait Michel Audiard et là, pas de mystère, chaque page en est truffée. La bêtise n’a pas de limite et là encore dès la première case, on croit avoir touché le fond : et bien non, les scénaristes Emmanuel Reuzé et Nicolas Rouhaud en remettent une couche et la chute n’en est que plus savoureuse ! Du patient en phase terminale qui tente de soudoyer son cancérologue en proposant une somme rondelette pour le sauver aux « télébraquages » bancaires, le braquage par appel téléphonique, la stupidité est partout.

 Le lecteur, peut-être incrédule à la première page, va vite entrer dans le jeu et se dire que ces saynètes sont peut-être loin d’être absurdes et qu’on ne serait pas étonné d’en voir certaines aux actualités dans un futur plus ou moins proche. Construite à la manière d’un sketch, chaque histoire pousse la satire à son maximum pour le plus grand plaisir du lecteur. Mais au-delà, n’est-ce pas une manière de flatter le lecteur en le positionnant comme moins con que les personnages de l’album ? Quoique…

Avec un dessin hyperréaliste des plus contemporains associé à un découpage efficace, Emmanuel Reuzé a réussi l’alchimie d’un album bien plaisant à lire.

Reste qu’une fois après avoir dévoré l’opus, on se complait à en redemander quand bien même l’on reste atterré par tant d’ineptie.    

FAUT PAS PRENDRE LES CONS POUR DES GENS REUZE/ROUHAUD Editions FLUIDE GLACIAL 56 pages, 12,90€

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 28 Août 2019

Mojo Hand, au temps de la Louisiane ségrégationniste

Hurricane, l’ouragan de 1926, a tout balayé sur son passage et le Bayou n’a pas été épargné. Alors quand Wilson Dardonne, descendant d’esclave, trouve un enfant blanc apeuré près des marécages, que croyez-vous qu’il en fit ? Le garder, bien sûr, malgré l’opposition de sa femme… Faut dire que son fils Cletus est aveugle et qu’il va trouver en Bellerophon la béquille oculaire. Les enfants grandissent ensemble loin de la ville car les parents ne veulent pas que l’on sache qu’ils hébergent un blanc. L’apprentissage de la musique révèlera un talent certain, notamment chez Cletus, qui les incitera à montrer leurs dispositions à la ville. Ce fut, hélas, le commencement des ennuis… A l’incompréhension de la communauté noire de voir un blanc jouer parmi eux s’ajoute bientôt une rivalité entre les deux « frères » car c’est à celui qui saura le mieux se mettre en valeur, tant sur la scène qu’auprès d’une conquête féminine. Jusqu’où iront-ils dans l’incompréhension l’un de l’autre ?

Après Emmett Till, l’auteur complet Arnaud Floc'h replonge le lecteur  dans  le Sud américain, pendant la période ségrégationniste qui a gangréné tout un pays et plus particulièrement la Louisiane, exploiteuse d’esclaves. Grâce à un scénario fort bien construit, le lecteur va être tenu en haleine pendant tout le récit avec une montée en puissance, une escalade de la violence, de la haine qui, petit à petit, gangrène toute relation humaine. Cette chronique sociale aurait pu très bien se passer dans n’importe quel pays. Elle est encore bien plus mise en exergue dans une Louisiane à feu et à sang où seule la musique serait à même d’adoucir les mœurs. Le dessin réaliste d’Arnaud Floc'h, rehaussé par un bel encrage noir et des aplats de couleur, met rapidement le lecteur dans l’ambiance chaude du Sud et classe cet album comme une belle réussite de rentrée.

MOJO HAND FLOC’H Editions Sarbacane 112 pages, 19,50€

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 24 Août 2019

Voltaire, le culte de l’ironie ou les dernières années d’une vie bien mouvementée

Narrer la vie de Voltaire a déjà été beaucoup fait en littérature comme en bande dessinée, ce grand philosophe ne laissant personne indifférent. Cette fois encore, la magie opère avec un scénario original de Philippe Richelle, lequel a volontairement axé son récit sur les dernières années du pamphlétaire qui lui semblaient la période la plus intéressante de sa vie tumultueuse. Alors qu’il vit ses dernières années, retiré dans sa propriété de Ferney, Voltaire est approché par Monsieur Lasalle qui s’est mis en tête de raconter sa vie. Le lecteur va ainsi découvrir, au travers des questionnements de son biographe, la vie mouvementée de Voltaire, partagée entre de nombreux  séjours en prison voire de périodes d’exil et une intense vie mondaine.  L’originalité du scénario réside dans le fait que le lecteur ne va pas trouver un biopic classique mais plutôt un dialogue des plus vivants entre le biographe et le philosophe. On appréciera tout particulièrement le récit du combat de Voltaire pour la réhabilitation du jeune chevalier de La Barre, injustement condamné et exécuté par décapitation, qui avait chanté des refrains blasphématoires envers le Christ.

Avec une couleur directe des plus réussies, le dessinateur Jean-Michel Beuriot réalise un bel album dense, avec de jolies mises en scène qui rendent le récit très fluide.

Quel bel intermède que nous livre là le tandem Richelle/Beuriot, avant de se replonger dans la saga des « amours fragiles » !

VOLTAIRE LE CULTE DE L’IRONIE RICHELLE BEURIOT Editions CASTERMAN  104 pages, 20,00 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 22 Août 2019

Les fils d’El Topo T2, Abel ou la longue quête spirituelle

De la suite dans les idées, Alejandro Jodorowsky n’en manque pas, et bientôt cinquante ans après la sortie du film éponyme ce remarquable scénariste prolonge l’œuvre cinématographique par un triptyque des plus passionnants, accompagné du virtuose mexicain José Ladrönn au dessin et aux couleurs.

Nul besoin de se procurer le film pour se plonger dans cette série baroque où le scénariste s’ingénie à transporter le lecteur dans un western, a priori déjanté, où le mythe de Caïn et Abel est revisité avec talent. La vie d’El Topo, bandit de grand chemin au cœur d’or, a été jalonnée de nombreux faits et miracles qu’il a réalisés auprès de la population, qui lui donnera le statut de saint à sa mort. Au décès de sa mère, Caïn décide, coûte que coûte, d’aller l’enterrer auprès de son géniteur, sur l’île sainte. S’ensuit une longue traversée, peuplée de péripéties.

Avec ce deuxième opus, on comprend un peu mieux les relations que peuvent avoir les deux demi-frères dont l’un a été promis à une fin funeste par leur défunt père. L’histoire est dense et pleine de rebondissements. Alors, jusqu’où iront-ils pour assouvir leurs envies ?

Le trait réaliste de José Ladrönn s’accorde parfaitement au scénario, rempli de scènes dantesques peuplées de personnages plus improbables les uns que les autres, de la nonne affublée d’une barbe aux intrépides pistoleros, en passant par une jeune vierge emmourachée de Caïn. On ajoutera une remarquable mise en couleurs des paysages arides de l’Ouest en contraste avec les marécages boueux du fleuve, où évoluent les personnages hauts en couleur.

Voilà une facette de western plutôt inhabituelle et des plus intéressantes qui mérite que l’on s’y attarde.

LES FILS D’EL TOPO T2 ABEL JODOROWSKY/LADRÖNN Collection 24X32 Editions GLENAT 72 pages, 15,50 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 27 Juillet 2019

Jack Wolfgang T3 un amour de panthère, quand gastronomie et CIA font bon ménage !

Notre héros, le beau loup Jack Wolfgang joue sur les deux tableaux, agent de la CIA et critique gastronomique en couverture. Alors quand il se rapproche un peu trop près d’Antoinette, la panthère, il ne pense pas un seul instant qu’il n’est pas le seul à jouer double jeu. Aussi, sa déception est grande quand en pistant son amour, il s’aperçoit qu’elle n’hésite pas tuer une éminente personne chargée de défendre la cause animale. Pourquoi l’a-t-elle trahi alors qu’il la croyait sincère dans sa défense de la gent animale ? On croit connaître les gens et puis... c’est la vie qui continue, et les enquêtes qu’on lui  confie vont amener Jack à faire des recoupements avec ce qu’il croit être une trahison.

Avec ce troisième opus, le scénariste Stephen Desberg emmène le lecteur dans une enquête policière à tiroirs où les rebondissements sont nombreux et variés, et où  dualité entre les animaux et quête de pouvoir n’ont jamais été aussi marquées. Ce parallèle avec les humains n’est jamais très loin et Stéphen Desberg se complait avec talent à travailler la psychologie des personnages, entre un Jack Wolfgang, très professionnel mais également très fleur bleue dans ses relations amoureuses, et une bardée d’animaux prêts à en découdre, faisant fi de toute moralité.

Le dessinateur Henri Reculé excelle dans sa réalisation d’animaux aussi vrais que nature, les expressions des personnages s’apparentent à des gestuels  humains et  ce troisième opus s’avère des plus réussis. Les personnages dynamiques évoluent dans des paysages fouillés rehaussés par de belles couleurs, faisant de ce tome 3 un excellent divertissement qu’on ne peut que recommander aux amateurs de polar animalier.

JACK WOLFGANG T3 UN AMOUR DE PANTHERE RECULE/DESBERG Editions LE LOMBARD 64 pages, 13,99 €

Bernard Launois

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0