Publié le 3 Septembre 2019

La fin du monde en trinquant… qui vivra, « verrat » !

Mais que diable allait-il faire dans cette galère, le cochon Nikita Petrovitch astronome de profession affublé d’Yvan le chien, son crétin d’assistant ? Nous sommes en janvier 1774 au fin fond de la Sibérie où les deux compères d’infortune sont chargés d’alerter la population locale de l’écrasement imminent d’une météorite sur leur terre. Seulement, les rustres et soudards qui les détroussent sont à des années-lumière de les croire et ils n’ont qu’une seule idée en tête, envoyer un émissaire auprès de l’impératrice, la Grande Catherine, pour obtenir une rançon. Dans l’attente du retour de l’estafette, les deux prisonniers tenteront d’amadouer leurs geôliers afin d’obtenir une séquestration plus douce. Ainsi, Yvan s’entiche d’une jeune renarde pas farouche avec qui il envisage de s’évader. Quand à Nikita, il se morfond à tenter de convaincre la bande de brigands du bien fondé de sa venue dans ces austères contrées.

L’émissaire reviendra-t-il avec des espèces sonnantes et trébuchantes ? La comète finira-t-elle par tomber et anéantir toute la population ?

L’auteur complet Jean-Paul Krassinsky réussit là une belle fable animalière, inspirée de l’improbable tandem que constituent Bourvil et Louis de Funès dans La grande vadrouille, le benêt et l’intellectuel qui vont devoir cohabiter coûte que coûte et finalement s’entraider même s’ils n’ont aucune estime l’un pour l’autre. La fatuité du jeune sot et la suffisance de l’intellectuel, confrontés à une population de rustauds aux premiers abords, ne finiront-elles pas par devenir un atout ? Avec un scénario bien construit et des dialogues drôles, le lecteur va découvrir toute la cruauté et la bêtise réunies dans un vaudeville de haute lignée.

Le dessin est à l’image du scénario, aussi bon ! Les animaux sont croqués avec délice et les expressions et mimiques de chacun sont un vrai régal ; la fine aquarelle complète merveilleusement le tableau. Un must, à lire instamment !

LA FIN DU MONDE EN TRINQUANT KRASSINSKY Editions CASTERMAN 230 pages, 25,00 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

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Publié le 3 Septembre 2019

« Des cases à la toile », Boucq au Musée de l’Hôtel-Dieu à Mantes-la-Jolie, du 2 septembre au 30 décembre 2019

 

En parallèle du 8ème festival qui a lieu du 14 au 16 juin 2019, le musée de l’Hôtel-Dieu consacre pour la première fois une exposition à un artiste de bande dessinée : François Boucq, Grand prix de la ville d’Angoulême en 1998. Le choix de cet immense artiste réside dans sa manière de rendre hommage au travail de Maximilien LUCE, qui entre particulièrement en résonnance avec ses collections. Comme Maximilien Luce en son temps, Boucq met aussi son talent de dessinateur au service de la presse et des revues en illustrant ou caricaturant ses contemporains et les faits d’actualité. La Première Guerre mondiale a enfin intéressé ces deux artistes qui ont créé chacun une série d’œuvres à 90 ans d’intervalle.

 

L’exposition évoque aussi les multiples facettes de son œuvre : de l’emblématique série western Bouncer, scénarisée par Alessandro Jodorowsky, à son personnage fétiche de Jérôme Moucherot, sans cesse pris dans des aventures absurdes et comiques. Réunissant près de 80 œuvres, l’exposition présente des planches inédites, des très grands formats et même des peintures sur toiles. Le parcours permet de révéler la richesse et la variété du travail de Boucq et fait découvrir au public non initié les techniques de création d’une bande dessinée.

L’exposition, réalisée en partenariat avec Bulles de Mantes, présente pour la première fois un artiste dans un musée labellisé Musée de France.

L'association Bulles de Mantes remercient tout particulièrement Huberty & Breyne Gallery, les éditions du Lombard, les éditions e-invenit et I ainsi que les éditions Kanari Fims pour leurs contributions.

Musée de l’Hôtel-Dieu 1, rue Thiers - 78200 Mantes-la-Jolie

Tél. : 01 34 78 86 60 www.manteslajolie.fr / contact.musee@manteslajolie.fr

Bernard  Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Bulles en villes

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Publié le 2 Septembre 2019

Les Indes Fourbes

Une épopée flamboyante.

 

« Gueux j’étais, gueux je resterai… ». Cherchant à échapper au destin misérable réservé à sa naissance, Pablos atteint le Nouveau Monde - les Indes – en quête de l’Eldorado, et se sert de tous les moyens pour assurer sa survie, déployant les ruses les plus perfides ou les roublardises les plus odieuses pour tromper les faibles comme les forts, suscitant mépris et ires vengeresses.

Le roman picaresque a marqué la littérature espagnole du 17e siècle. Alain Ayroles et Juanjo Guarnido se sont emparés d’un de ses fleurons, El Buscon, pour en imaginer la suite. Le scénario d’Alain Ayroles, dense et remarquablement complexe dans sa construction, engendre une suite de rebondissements rocambolesques et plonge le lecteur dans un récit haletant de la genèse à la conclusion de l’histoire.

Empruntant aux codes du genre, Ayroles livre un récit que raconte à la

première personne une voix off. Il déploie tout son art du verbe dans le style qu’il affectionne aux tournures un brin surannées et parfaitement écrit. Avec une extraordinaire maestria, les deux auteurs insufflent tout au long de l’album une force à souhait comique ou tragique au moyen de savants décalages : décalage entre le texte et l’image qui montre la réalité des événements, décalage entre les versions d’un chapitre à l’autre au gré des narrateurs successifs, décalage entre les émotions avec un dessin instillant ça et là un détail comique ou tragique à l’inverse de la situation.

 

Au sommet de son art, Juanjo Guarnido offre 145 planches époustouflantes. Illustrés dans un style réaliste, les paysages et les animaux sont sublimes, les décors somptueux, parés de couleurs aquarellées splendides et éclatantes.

Au cœur de l’album le récit glisse vers douze pages muettes sans qu’on s’en aperçoive tant la force expressive du dessin suffit. Les personnages, eux, sont croqués de façon semi-réaliste avec la verve cartoonesque dont il est passé maitre. Les références au peintre Velasquez sont nombreuses et plus particulièrement à l’un de ses tableaux les plus connus, Les Menines, dont l’énigmatique composition a subtilement inspiré les deux auteurs.

 

Dans une symbiose aboutie qui donne à chacun des deux toute sa place, le scénario et le dessin flamboyants de l’album font des Indes Fourbes un titre phare de l’année et qui restera immanquablement dans les annales.

 

 

 

Les Indes Fourbes,

par Alain Ayroles et Juanjo Guarnido

Delcourt août 2019

160 pages, 34,90 €

 

Illustrations : Ayroles et Guarnido© Delcourt 2019

 

 Jérôme Boutelier

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Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Chronique de Jérôme BOUTELIER

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Publié le 30 Août 2019

Faut pas prendre les cons pour des gens, ça leur donnerait une importance qu’ils n’ont pas

« Les cons ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît », disait Michel Audiard et là, pas de mystère, chaque page en est truffée. La bêtise n’a pas de limite et là encore dès la première case, on croit avoir touché le fond : et bien non, les scénaristes Emmanuel Reuzé et Nicolas Rouhaud en remettent une couche et la chute n’en est que plus savoureuse ! Du patient en phase terminale qui tente de soudoyer son cancérologue en proposant une somme rondelette pour le sauver aux « télébraquages » bancaires, le braquage par appel téléphonique, la stupidité est partout.

 Le lecteur, peut-être incrédule à la première page, va vite entrer dans le jeu et se dire que ces saynètes sont peut-être loin d’être absurdes et qu’on ne serait pas étonné d’en voir certaines aux actualités dans un futur plus ou moins proche. Construite à la manière d’un sketch, chaque histoire pousse la satire à son maximum pour le plus grand plaisir du lecteur. Mais au-delà, n’est-ce pas une manière de flatter le lecteur en le positionnant comme moins con que les personnages de l’album ? Quoique…

Avec un dessin hyperréaliste des plus contemporains associé à un découpage efficace, Emmanuel Reuzé a réussi l’alchimie d’un album bien plaisant à lire.

Reste qu’une fois après avoir dévoré l’opus, on se complait à en redemander quand bien même l’on reste atterré par tant d’ineptie.    

FAUT PAS PRENDRE LES CONS POUR DES GENS REUZE/ROUHAUD Editions FLUIDE GLACIAL 56 pages, 12,90€

Bernard Launois

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Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

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Publié le 28 Août 2019

Mojo Hand, au temps de la Louisiane ségrégationniste

Hurricane, l’ouragan de 1926, a tout balayé sur son passage et le Bayou n’a pas été épargné. Alors quand Wilson Dardonne, descendant d’esclave, trouve un enfant blanc apeuré près des marécages, que croyez-vous qu’il en fit ? Le garder, bien sûr, malgré l’opposition de sa femme… Faut dire que son fils Cletus est aveugle et qu’il va trouver en Bellerophon la béquille oculaire. Les enfants grandissent ensemble loin de la ville car les parents ne veulent pas que l’on sache qu’ils hébergent un blanc. L’apprentissage de la musique révèlera un talent certain, notamment chez Cletus, qui les incitera à montrer leurs dispositions à la ville. Ce fut, hélas, le commencement des ennuis… A l’incompréhension de la communauté noire de voir un blanc jouer parmi eux s’ajoute bientôt une rivalité entre les deux « frères » car c’est à celui qui saura le mieux se mettre en valeur, tant sur la scène qu’auprès d’une conquête féminine. Jusqu’où iront-ils dans l’incompréhension l’un de l’autre ?

Après Emmett Till, l’auteur complet Arnaud Floc'h replonge le lecteur  dans  le Sud américain, pendant la période ségrégationniste qui a gangréné tout un pays et plus particulièrement la Louisiane, exploiteuse d’esclaves. Grâce à un scénario fort bien construit, le lecteur va être tenu en haleine pendant tout le récit avec une montée en puissance, une escalade de la violence, de la haine qui, petit à petit, gangrène toute relation humaine. Cette chronique sociale aurait pu très bien se passer dans n’importe quel pays. Elle est encore bien plus mise en exergue dans une Louisiane à feu et à sang où seule la musique serait à même d’adoucir les mœurs. Le dessin réaliste d’Arnaud Floc'h, rehaussé par un bel encrage noir et des aplats de couleur, met rapidement le lecteur dans l’ambiance chaude du Sud et classe cet album comme une belle réussite de rentrée.

MOJO HAND FLOC’H Editions Sarbacane 112 pages, 19,50€

Bernard Launois

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Publié le 24 Août 2019

Voltaire, le culte de l’ironie ou les dernières années d’une vie bien mouvementée

Narrer la vie de Voltaire a déjà été beaucoup fait en littérature comme en bande dessinée, ce grand philosophe ne laissant personne indifférent. Cette fois encore, la magie opère avec un scénario original de Philippe Richelle, lequel a volontairement axé son récit sur les dernières années du pamphlétaire qui lui semblaient la période la plus intéressante de sa vie tumultueuse. Alors qu’il vit ses dernières années, retiré dans sa propriété de Ferney, Voltaire est approché par Monsieur Lasalle qui s’est mis en tête de raconter sa vie. Le lecteur va ainsi découvrir, au travers des questionnements de son biographe, la vie mouvementée de Voltaire, partagée entre de nombreux  séjours en prison voire de périodes d’exil et une intense vie mondaine.  L’originalité du scénario réside dans le fait que le lecteur ne va pas trouver un biopic classique mais plutôt un dialogue des plus vivants entre le biographe et le philosophe. On appréciera tout particulièrement le récit du combat de Voltaire pour la réhabilitation du jeune chevalier de La Barre, injustement condamné et exécuté par décapitation, qui avait chanté des refrains blasphématoires envers le Christ.

Avec une couleur directe des plus réussies, le dessinateur Jean-Michel Beuriot réalise un bel album dense, avec de jolies mises en scène qui rendent le récit très fluide.

Quel bel intermède que nous livre là le tandem Richelle/Beuriot, avant de se replonger dans la saga des « amours fragiles » !

VOLTAIRE LE CULTE DE L’IRONIE RICHELLE BEURIOT Editions CASTERMAN  104 pages, 20,00 €

Bernard Launois

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Publié le 22 Août 2019

Les fils d’El Topo T2, Abel ou la longue quête spirituelle

De la suite dans les idées, Alejandro Jodorowsky n’en manque pas, et bientôt cinquante ans après la sortie du film éponyme ce remarquable scénariste prolonge l’œuvre cinématographique par un triptyque des plus passionnants, accompagné du virtuose mexicain José Ladrönn au dessin et aux couleurs.

Nul besoin de se procurer le film pour se plonger dans cette série baroque où le scénariste s’ingénie à transporter le lecteur dans un western, a priori déjanté, où le mythe de Caïn et Abel est revisité avec talent. La vie d’El Topo, bandit de grand chemin au cœur d’or, a été jalonnée de nombreux faits et miracles qu’il a réalisés auprès de la population, qui lui donnera le statut de saint à sa mort. Au décès de sa mère, Caïn décide, coûte que coûte, d’aller l’enterrer auprès de son géniteur, sur l’île sainte. S’ensuit une longue traversée, peuplée de péripéties.

Avec ce deuxième opus, on comprend un peu mieux les relations que peuvent avoir les deux demi-frères dont l’un a été promis à une fin funeste par leur défunt père. L’histoire est dense et pleine de rebondissements. Alors, jusqu’où iront-ils pour assouvir leurs envies ?

Le trait réaliste de José Ladrönn s’accorde parfaitement au scénario, rempli de scènes dantesques peuplées de personnages plus improbables les uns que les autres, de la nonne affublée d’une barbe aux intrépides pistoleros, en passant par une jeune vierge emmourachée de Caïn. On ajoutera une remarquable mise en couleurs des paysages arides de l’Ouest en contraste avec les marécages boueux du fleuve, où évoluent les personnages hauts en couleur.

Voilà une facette de western plutôt inhabituelle et des plus intéressantes qui mérite que l’on s’y attarde.

LES FILS D’EL TOPO T2 ABEL JODOROWSKY/LADRÖNN Collection 24X32 Editions GLENAT 72 pages, 15,50 €

Bernard Launois

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Publié le 27 Juillet 2019

Jack Wolfgang T3 un amour de panthère, quand gastronomie et CIA font bon ménage !

Notre héros, le beau loup Jack Wolfgang joue sur les deux tableaux, agent de la CIA et critique gastronomique en couverture. Alors quand il se rapproche un peu trop près d’Antoinette, la panthère, il ne pense pas un seul instant qu’il n’est pas le seul à jouer double jeu. Aussi, sa déception est grande quand en pistant son amour, il s’aperçoit qu’elle n’hésite pas tuer une éminente personne chargée de défendre la cause animale. Pourquoi l’a-t-elle trahi alors qu’il la croyait sincère dans sa défense de la gent animale ? On croit connaître les gens et puis... c’est la vie qui continue, et les enquêtes qu’on lui  confie vont amener Jack à faire des recoupements avec ce qu’il croit être une trahison.

Avec ce troisième opus, le scénariste Stephen Desberg emmène le lecteur dans une enquête policière à tiroirs où les rebondissements sont nombreux et variés, et où  dualité entre les animaux et quête de pouvoir n’ont jamais été aussi marquées. Ce parallèle avec les humains n’est jamais très loin et Stéphen Desberg se complait avec talent à travailler la psychologie des personnages, entre un Jack Wolfgang, très professionnel mais également très fleur bleue dans ses relations amoureuses, et une bardée d’animaux prêts à en découdre, faisant fi de toute moralité.

Le dessinateur Henri Reculé excelle dans sa réalisation d’animaux aussi vrais que nature, les expressions des personnages s’apparentent à des gestuels  humains et  ce troisième opus s’avère des plus réussis. Les personnages dynamiques évoluent dans des paysages fouillés rehaussés par de belles couleurs, faisant de ce tome 3 un excellent divertissement qu’on ne peut que recommander aux amateurs de polar animalier.

JACK WOLFGANG T3 UN AMOUR DE PANTHERE RECULE/DESBERG Editions LE LOMBARD 64 pages, 13,99 €

Bernard Launois

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Publié le 5 Juillet 2019

L’agent T1, quand la magie s’en mêle…

A la tête d’une équipe dynamique et entraînée, Rhym jeune lieutenant des stups traque tous les trafics avec plutôt pas mal de réussite jusqu’au jour où… l’incompréhensible arrive. Alors qu’ils s’apprêtaient à coincer un indic sur les quais du métro,  considéré par Rhym comme le tocard plus facile à interpeler de Paris,  celui-ci est froidement descendu par un suspect qui protège sa fuite en balançant de l’herbe qui paralyse toute la station… sauf Rhym qui se lance à sa poursuite.

Pourquoi Rhym n’a-t-elle pas succombé à la même démence que les voyageurs ? Serait-elle douée de pouvoirs analogues à ceux du suspect qui lui a échappé ? Comment expliquer à ses supérieurs la cacophonie du métro alors qu’elle s’en sort fraîche et pimpante ? Va-t-on lui donner les renforts nécessaires pour poursuivre cette enquête des plus démoniaques ?

Le scénariste Mathieu Gabella plonge le lecteur dans les arcanes du renseignement, qu’il aura doublé de pouvoirs de sorcellerie dont seraient dotés des êtres conscients de leur pouvoir de malfaisance, et d’autres qui découvrent bien malgré eux qu’ils appartiennent à cet univers fantasmagorique. Le récit est haletant, bien rythmé, bien angoissant aussi. Bref, il rassemble tous les ingrédients d’un bon polar avec près de 120 pages de courses-poursuites et de découvertes macabres, qui aurait toute légitimité à être mis en scène au cinéma.

Collaborateur régulier auprès des éditeurs Dark Horse Comics et DC Comics, le dessinateur Fernando Dagnino s’est emparé avec talent de ce scénario diabolique. Avec un style plutôt réaliste, les personnages évoluent dans un décor et une atmosphère des plus effrayants, renforcés par des couleurs sombres.

Un dossier confidentiel, composé de fac-similés de courriers de services de police, de croquis de recherche de personnages, d’interviews des auteurs, complète ce premier opus voué à une suite assurément à rebondissements.

L’AGENT T1 Initiation GABELLA/DAGNINO Collection Grindhouse Editions GLENAT  144 pages, 19,95 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 1 Juillet 2019

Rio T4, un final à la hauteur de la série

La vie a bien changé à la favela Beija-Flor depuis que la bande de Rubeus a mis en place un marché parallèle permettant aux autochtones pauvres d’obtenir de la nourriture et des médicaments à moindre prix. Plus la communauté quasi indépendante prospère, plus elle exaspère les autorités brésiliennes qui cherchent par tous les moyens de se débarrasser de ce contre-pouvoir bien gênant.

Avec un scénario bien ciselé, les auteurs de Rio terminent en beauté la série par un final des plus haletants.

Quel avenir pour ces combattants des favelas épris de justice, alors qu’ils se sentent délaissés par les autorités brésiliennes ? Rubeus, avec ses troupes armées jusqu’aux dents et ses idées socialistes, arrivera-t-il à faire plier la police brésilienne ? Lucas règlera-t-il enfin ses affaires familiales avec son père militaire, qui s’est mobilisé contre les bandes armées des favelas ?

On ajoutera la magie vaudou qui interférera assurément dans le déroulé du récit pour un tableau des plus sombres.

Cette fois, toutes les cartes s’abattent et voici soixante-dix pages haletantes dans lesquelles les actions fusent à chaque page et où le lecteur n’en finira pas de rencontrer rebondissement sur rebondissement. Si certaines scènes sont parfois d’une grande cruauté et à ne pas mettre entre toutes les mains, il n’empêche que rien n’est jamais gratuit dans cette fiction largement inspirée de faits réels.

Saluons le travail du dessinateur Corentin Rouge qui a remarquablement mis en image cette belle histoire avec son trait hyperréaliste renforcé par des couleurs chatoyantes.

Alors pour ceux qui n’auraient pas encore plongé dans ce récit, c’est le moment de suivre les aventures de Rubeus, Démonio, Luana et tant d’autres, de vibrer à leur rythme, leurs émotions dans un Rio difficile, celui de la pauvreté, du trafic et autres prostitutions.

RIO T4 Chacun pour soi GARCIA/ROUGE collection 24X32 Editions GLENAT 80 pages, 18,00 €

Bernard Launois

 

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