Publié le 17 Septembre 2024

LA BELLE DE MAI, Fabrique de révolutions, quand les ouvrières font un tabac…

Être cigarière en 1886 à la Manufacture des tabacs de Marseille, voilà un travail des plus harassants : des horaires interminables, un labeur épuisant notamment à cause d’installations vétustes et surtout, cerise sur le gâteau, l’omniprésence d’un petit chef raciste et misogyne qui règne sur des ouvrières qui ne peuvent se contenter que d’un salaire d’appoint, sans espoir d’avenir.

Pour elles alors que faire, se taire et continuer à subir, ou réagir en mobilisant les ouvrières et déclencher une grève sur le tas afin que les bureaux de Paris prennent conscience des conditions de travail et surtout soient  incités à muter le petit chef sur une autre usine.

Mais nous sommes au crépuscule du 19ème siècle et se lancer dans un tel bras de fer à fortiori quand on n’est pas syndiquées et quand de plus on fait partie de la gent féminine s’avère périlleux, voire suicidaire.

La scénariste Mathilde Ramadier met en lumière un combat peu connu qui s’est déroulé dans le quartier phocéen de la Belle de Mai. Avec des dialogues enlevés colorés notamment par la gouaille des jeunes femmes, la scénariste entraîne le lecteur à vivre au cœur du conflit avec ces courageuses, emmenées par trois ouvrières d’origine italienne, qui ont décidé de ne plus se laisser faire. Le scénario s’avère bien construit, montant en puissance au fur et à mesure de la mobilisation et de ses doutes, ses remords, mais aussi avec la peur d’y perdre beaucoup.

Avec son trait noir, à l’image du récit, rehaussé quelquefois de bleus pour casser le rythme, la dessinatrice Elodie Durand croque les personnages avec talent.

Avec cet opus, fort de près de 150 pages, faire un focus sur ces femmes couillues permet une fois encore de montrer que le combat féminin ne date pas d’aujourd’hui et que c’est grâce à ces premières luttes que leur condition s’est améliorée, même si elle nécessite encore un combat de tous les instants.

LA BELLE DE MAI, Fabrique de révolutions Mathilde RAMADIER/ Elodie DURAND Editions FUTUROPOLIS 144 pages, 22,00 € 21/08/2024

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 16 Septembre 2024

Le Marsupilami sur les hauteurs de Rolleboise, il reste encore des places pour participer à cette 27ème rencontre-diner-dédicaces !

27ème rencontre diner-dédicace

Les diners-dédicace de Bulles de Mantes reprennent avec un illustre invité en la personne de BATEM pour la 27e rencontre, qui aura lieu le vendredi 4 octobre 2024.

Le célèbre dessinateur de l’emblématique Marsupilami se pliera à l’exercice de la formule bien éprouvée qui afait le succès de ces rencontres abritées dans le cadre prestigieux du Domaine de la Corniche à Rolleboise : une séance de dédicaces en seconde partie d’après-midi réservée exclusivement à ceux qui s’y seront inscrits, suivie d’un cocktail et d’un diner-débat avec l’auteur dans le savoureux restaurant bistronomique dépendant de l’hôtel, le 20 du Domaine.

 

C’est l’occasion rêvée pour les participants d’éprouver la sincérité, l’attention et l’humanisme du grand maître de la BD humoristique qu’est Batem, qui a su toucher les cœurs de maintenant plusieurs générations notamment avec le personnage unique et facétieux du Marsupilami. 

Voilà une rencontre qui ne dépareillera pas des précédentes, Batem succédant aux 26 invités de marque qui l’ont précédé : Philippe Aymond, Éric Liberge, Jean-François et Maryse Charles et Frédéric Bihel, Juanjo Guarnido, Pierre Christin et Annie Goetzinger, Franck Bonnet, Gil Formosa, Virginie Augustin, Martin Jamar, Emmanuel Lepage, Jacques Terpant, Joël Alessandra, Christian Lax, Miguelanxo Prado, Jean-Denis Pendanx, Julien Maffre, Jacques Ferrandez, Jérémie Moreau, Jérôme Lereculey, Jean-Claude Denis, Éric Stalner, Mayalen Goust, Arnaud Poitevin et Régis Hautière, Philippe Jarbinet, Brice Goepfert, et enfin Matthieu Durand.

Sur réservation uniquement : écrire à contact@bullesdemantes.fr

Bulles de mantes remercie son partenaire Le Domaine de la Corniche.

 

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Publié le 13 Septembre 2024

Le prix Comics de la critique ACBD 2024 a été décerné à AU-DEDANS de Will McPHAIL

 

Depuis 2019, l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée récompense une bande dessinée issue d’un pays de culture anglophone et adaptée en français par un éditeur francophone.

Le Prix Comics de la Critique ACBD 2024 est remis à Au-dedans, écrit et dessiné par Will McPhail, publié aux États-Unis par Mariner Books et adapté en version française par les éditions 404 Graphic, sur une traduction de Basile Béguerie. Il succède à Echolands tome 1 de W.Haden Blackman et JH Williams III.

Une première œuvre impressionnante de maîtrise, dans le dessin comme dans le scénario. C’est une plongée dans l’âme d’un homme qui ressemble à tant d’urbains, perdus, dans le doute. Mais d’un homme qui le sait et cherche à changer. Par petites touches, l’auteur crée une empathie totale entre le lecteur et le non-héros qu’il met en scène. Une relation qui se construit par la finesse du dessin, sa tendresse et la poésie de ses rares pages en couleur. L’intelligence de la construction se perçoit, mais ne se subit pas. Chez Will McPhail, il n’y a que de l’humanité.

Les quatre autres titres en compétition étaient :

● Eerie & Creepy présentent Alex Toth, d’Alex Toth, traduction Doug Headline, publié par Delirium

● Doctor Strange Fall Sunrise, de Tradd Moore, traduction Benjamin Viette, publié par Panini Comics

● It’s lonely at the centre of the Earth, de Zoe Thorogood, traduction Maxime Le Dain, publié par Hi Comics

● Victory Parade, de Leela Corman, traduction Jean-Paul Jennequin, publié par Çà et là

Le prix Comics ACBD de la Critique sera remis pendant le festival Quai des Bulles de Saint-Malo, le samedi 26 octobre à 14h, à la médiathèque La Grande Passerelle.

La remise sera suivie d’une rencontre sur le thème « La mutation du comic-book en France » en présence de Nicolas Beaujouan, éditeur de 404 Graphic, Alain David, éditeur chez Futuropolis et Frédérick Sigrist, animateur et chroniqueur sur France Inter.

Yaneck Chareyre Coordonnateur du Prix Comics ACBD de la Critique & le bureau de l’ACBD :

Président : Laurent Gianati | Vice-présidentes : Marine Lannot, Loraine Adam | Secrétaire général : Benoît Cassel | Secrétaire adjoint : Yaneck Chareyre | Trésorier : Daniel Muraz | Trésorier adjoint : Frédéric Michel

Communiqué de presse ACBD

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Publié le 7 Septembre 2024

JOURNAL DE 1985, et s’il y avait un après 1984

Grâce à la machinerie Big Brother, le parti continue d’imposer sa dictature auprès du peuple somme toute résigné, hormis une tranche de population regroupée autour d’une organisation secrète de résistance qui s’oppose à l’inquisition notamment en tentant de diffuser des livres édités clandestinement. Et c’est à l’occasion de la réalisation d’un tag représentant un énorme visage surmonté d’un W que son auteur a laissé échapper l’un des livres dissidents, celui de Winston, personnage insoumis assassiné pendant son internement. Il ne reste plus au camarade O’Brien, l’un des pontes du parti, qu’à faire questionner et torturer les geôliers qui ont gardé Winston afin de connaître l’origine du livre, en vain. Et voilà que la dernière personne à avoir côtoyé Winston s’avère O’Brien qui ne tarde pas à être arrêté et exécuté devant une foule haineuse excepté le jeune Lloyd pressé de rejoindre la fameuse organisation.

Quel avenir pour ce peuple oppressé par des laveurs de cerveau et pour cette résistance héroïque ?

Après l’excellente adaptation du roman 1984 de George Orwell, l’auteur Xavier Coste accompagné de Philip Börgn co-scénariste, remet le couvert en prolongeant le récit avec 1985 l’an I du nouveau régime où la terreur s’intensifie encore afin de mieux asservir le peuple.

Avec 1984 il s’avérait déjà difficile de s’attaquer à ce monument de littérature de science-fiction, et prolonger l’œuvre du maître apparaissait comme une gageure. Force est de constater que le défi a été bien relevé tant dans le scénario que dans le dessin et que l’on a plaisir à poursuivre le récit et retrouver ainsi l’atmosphère si particulière qui s’en dégage. Dès les premières pages, l’ambiance anxiogène étreint le lecteur pour ne plus le quitter.

Quant au dessin, Xavier Coste a su imposer depuis quelques albums un style graphique qui ne peut laisser indifférent. Ainsi, on retrouve l’architecture imposante des bâtiments de l’État où les personnages apparaissent écrasés dans l’environnement oppressant voulu par le parti, le tout agrémenté d’aplats de couleurs qui rythment les scènes et les lieux.

JOURNAL DE 1985 Xavier COSTE/Philippe BÖRGN Editions SARBACANE 272 pages 29,00 € 04/09/2024

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 5 Septembre 2024

JOKER, the winning card, les prémices d’un psychopathe hors du commun.

Et si l’on revenait sur la genèse de ce personnage qui défie Batman depuis la nuit des temps ? C’est ce que proposent les auteurs Tom King au scénario et Mitch Gerads au dessin avec un récit des plus terrifiants du Joker qui s’ingénie à multiplier les meurtres sans mobile apparent et semer la terreur dans Gotham.

Sous-estimé dans un premier temps par le commissaire Gordon qui ne croit guère au pouvoir de nuisance du tueur, Joker ne va pas tarder à se faire une réputation de psychopathe hors pair et contrarier les méthodes d’investigation des services de police de la ville.

Avec du cynisme à revendre et des situations meurtrières dignes de bons thrillers, Tom King magnifie son clown dans des situations abracadabrantes qui devraient ravir les amateurs de la série. Et bien que Batman se trouve récemment confronté à ce personnage torturé, il en trouve rapidement la mesure et s’évertue déjà à le contrer.

Dans la droite lignée de Batman année un, Tom King nous offre, avec le talent qu’on lui connaît, de multiples facettes de la perversion du Joker qui n’a de clown que son maquillage.

Si le scénario s’avère particulièrement sombre, il apparaît superbement mis en valeur par le trait de Mitch Gerads. Un découpage inhabituel montre les répliques du Joker incrustées en blanc sur un fond carré noir, à la manière des films noir et blanc de la genèse du cinéma, mettant en exergue ses litanies.

Une mention particulière est à donner pour la mise en couleur très réussie qui renforce l’atmosphère pesante du récit.

JOKER, the winning card Tom KING/ Mitch GERADS collection DC Deluxe éditions URBAN COMICS 112 pages 17,00 € 05/07/2024

Bernard LAUNOIS

 

 

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Publié le 30 Août 2024

ANTIPODES, une histoire dans l’Histoire, une fable bien singulière

1557, au fin fond de la jungle brésilienne dans la baie de Rio, Nicolas prisonnier des Tupinambas a su se faire accepter parmi ses ravisseurs grâce à ses talents de chanteur, et finalement ne pas être mangé contrairement au Portugais capturé quelques semaines plus tôt. Flanqué de Pépin, son épouse donnée par le chef, Nicolas découvre et adopte les coutumes de ce peuple qui l’a adopté comme celle de vivre nu.

Ces échanges, des plus fructueux, entre lui et les Tupinambas ne l’incite guère à retrouver Fort-Coligny et la mission française d’évangélisation dont il avait été arraché mais plutôt à continuer de découvrir et partager avec eux leurs modes de vie respectifs au grand dam de la mission qui considère que sa place n’est pas au milieu de ce peuple.

À partir de faits réels, l’auteur David B. tisse une trame intéressante sur les relations entre les peuples colonisateurs et les autochtones en revenant sur les préjugés de chacun sur la manière de vivre, les uns et les autres étant convaincus qu’ils détiennent la vérité. L’approche de situer l’action au sein des Tupinambas s’avère judicieuse car cela permet de voir la manière dont la tribu perçoit la tentative de colonisation.

Le lecteur prendra plaisir à découvrir les échanges, sans préjugé, entre Nicolas et les Tupinambas au travers de dialogues particulièrement savoureux ainsi que l’importance de la musique, grâce au chant interprété par Nicolas qui ponctue le récit.

La mise en images s’avère plutôt réussie, le dessinateur Éric Lambé faisant la part belle aux corps dénudés des protagonistes afin d’en mettre en valeur la gestuelle dans les tâches quotidiennes ponctuées par la danse omniprésente tout au long du récit.

ANTIPODES David B./Éric LAMBE Éditions CASTERMAN 112 pages, 22,00 € Parution le 28/08/2024

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 26 Août 2024

MISSION IN THE APOCALYPSE T1, reste-t-il seulement encore une vie ?

C’est ce que Saya Ushimitsu, jeune rescapée d’un monde détruit par le Mal cristallin qui semble avoir supprimé toute trace humaine sur sa ville, va tenter de retrouver. Flanquée de Ku, étrange créature ressemblant vaguement à un chien, Saya s’est donné pour mission de quadriller petit à petit tous les secteurs de la ville afin de chercher des créatures non infectées, mais également de traquer les personnes infectées par le mal afin de décontaminer les secteurs.

D’où vient le Mal cristallin, pourquoi a-t-elle été épargnée, trouvera-t-on un remède au fléau qui s’est abattu sur la métropole et qui sait, au-delà ? Toutes ces questions taraudent Saya qui n’aura de cesse de s’acquitter de sa mission, au péril de sa vie.

Pour une première œuvre, l’auteur Haruo Iwamune fait preuve d’une grande maturité tant dans le scénario que dans le dessin.

De zone en zone, l’angoisse de la découverte monte crescendo, l’auteur ménageant savamment le suspense pour cette jeune fille, dont on suppose qu’elle est humaine, qui traine sa solitude avec dans sa quête le secret espoir de trouver âme qui vive et qui sait, refaire du lien social dont elle semble dénuée depuis la catastrophe.

Haruo Iwamune sert un dessin hyperréaliste, très fouillé, jouant avec talent sur les contrastes dans les détours de une ville détruite à la découverte de personnages mystérieux dans un monde postapocalyptique.

Voilà donc un premier tome très prometteur qui demande à être confirmé au fur et à mesure des tomes, actuellement au nombre de trois en version originale.

MISSION IN THE APOCALYPSE T1 Haruo IWAMUNE collection Moonlight Manga Éditions DELCOURT, 224 pages 8,50 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 24 Août 2024

SHUBEIK LUBEIK, meilleurs vœux… Quoique !

Quelle idée a bien pu passer par la tête de ce vieux kiosquier cairote lorsqu’il achète des bouteilles contenant des vœux, dits de première catégorie, qui vont s’avérer si difficiles à écouler ? Car pour se rendre acquéreur de tels vœux susceptibles d’amener la félicité, le client doit avoir les moyens de se les procurer alors que la situation géographique du magasin dans un quartier populaire n’est guère propice à la vente. Il ne restera plus au kiosquier qu’à utiliser tous les subterfuges pour écouler au meilleur prix ces satanés vœux.

Néanmoins, petit à petit, les vœux vont susciter auprès de la population du quartier du rêve, de l’envie, voire de la convoitise et enfin, vont finir par se vendre.

Seulement, quel génie va sortir de la bouteille, pour quels résultats et au-delà le bonheur sera-t-il au rendez-vous ?

Au travers des trois personnages qui ont franchi le pas pour les acquérir, respectivement Aziza, Nour et Shokry, l’autrice Deena Mohamed dresse un portrait des plus caustiques de la société égyptienne du 21ème siècle en revenant sur les notions du désir, du bonheur et de leurs attentes pas toujours au rendez-vous.

Présentés sous forme de contes modernes, remarquablement construits à la manière des Mille et une nuits, et publiés initialement en 3 volumes correspondant à chaque personnage, les éditions STEINKIS ont fait le choix de réunir les portraits en un seul album et de le publier dans le sens de lecture arabe. Passée cette difficulté dès les premiers pages, le lecteur se prendra au jeu du récit et ne lâchera plus l’album jusqu’à sa dernière page.

Avec son dessin noir et blanc réaliste, aux profonds encrages, qui n’est pas sans rappeler celui de Craig Thomson dans Habibi, Deenad Mohamed sert parfaitement son récit, transportant le lecteur dans les méandres de la vie cairote.

Une belle réussite qui mérite de figurer parmi les meilleurs titres sortis de ce premier semestre.

SHUBEIK LUBEIK, VOS DESIRS SONT DES ORDRES Deena MOHAMED Éditions STEINKIS 516 pages, 35,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 2 Juillet 2024

PLUS VITE, PLUS HAUT, PLUS SPORT ! quand la réalité dépasse la fiction

Serions-nous en année olympique, qui plus est en France, tout à chacun ne peut l’ignorer ? Aussi, c’est assurément l’occasion rêvée de revenir sur la genèse du sport en général et pourquoi pas sur les plus folles anecdotes qui ont marqué ses disciplines.

C’est sur ce thème plutôt original que le scénariste Julien Hervieux s’est lancé un défi, et pas des moindres, celui de réaliser pas moins de dix récits tous plus incroyables les uns que les autres, au point de se demander s’ils ne sont pas sortis de son imagination. Il s’avère qu’il n’en est rien car la lecture de la page documentaire accompagnant chaque récit assure de la véracité de ses dires.

Ainsi, le lecteur découvrira la légende de Milon de Crotone, l’origine du surf ou encore les raisons qui ont poussé les organisateurs du Tour de France à introduire les voitures-balais…

Accompagné d’une dizaine de dessinateurs, tout aussi talentueux les uns que les autres, de Virginie Augustin à Julien Solé en passant par François Boucq, Luigi Critone etc., le tout mis en couleurs par Robin Le Gall, le scénariste Julien Hervieux a placé toutes ces histoires sous la bannière de la rigolade et que de mieux, que de s’instruire en s’amusant.

Avec un travail conséquent de concision car il convenait de faire un récit qui ne dépasse pas les 7 pages tout en étant dynamique, il faut reconnaître que le challenge a été relevé avec panache. Quant aux dialogues, ou plutôt les réparties, elles s’avèrent truculentes pour le plus grand plaisir du lecteur.

Saluons également le talent des auteurs qui ont su mettre en valeur les histoires plus vraies que nature.

Voilà une lecture saine et distractive que le lecteur pourra tout d’abord, compulser avec plaisir puis s’il le désire, utiliser pour étonner et instruire son auditoire lors de réunions sportives ou non.

PLUS VITE, PLUS HAUT, PLUS SPORT ! Julien HERVIEUX, Collectif de dessinateurs Éditions FLUIDE GLACIAL, 68 pages 16,90 €   

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 29 Juin 2024

ZORRO, D’ENTRE LES MORTS et s’il renaissait de ces cendres ?

On ne badine pas avec la légende du vengeur masqué d’autant plus lorsqu’on réside à La Vega, petite ville du Mexique qui aurait vu le « Z » signé sur la porte de son église il y a 180 ans. Et quelle meilleure occasion pour Antonio, son fervent admirateur, que de célébrer son héros auprès de la population en se grimant à l’occasion de la fête d’El dia de Los Muertos.

Seulement, cette animation n’est guère du goût d’El Rojo, le chef du Cartel, qui la prend pour une révolte populaire et tue Antonio sur scène devant ses enfants, lesquels n’ont d’autre solution que de se faire oublier : Diego est alors recueilli dans une hacienda par le dernier descendant de Diego de la Vega tandis que Rosa trouve refuge au village.

Vingt ans plus tard, Diego a appris à manier l’épée et à monter à cheval. Quant à Rosa, elle a gagné la confiance de l’assassin de son père et elle est devenue son chauffeur. Mais tous deux n’ont pas oublié le lourd tribu payé avec le décès de leur père et il aura suffi d’un renforcement de la tyrannie du Cartel auprès des habitants pour faire d’une pierre, deux coups en ravivant la vengeance et leur envie de débarrasser la ville de ce tyran d’El Rojo.

Il est difficile de s’emparer de cette légende pour en faire un récit contemporain qui tienne en haleine le lecteur. C’est pourtant la gageure fort réussie par l’auteur Sean Murphy qui revient sur le mythe avec une épopée chevaleresque moderne où Diego, transformé en Zorro plus vrai que nature, va affronter accompagné de sa sœur l’équipée du Cartel armée jusqu’aux dents et prête à éliminer l’empêcheur de tourner en rond. Le récit s’avère très rythmé avec bon nombre de rebondissements.

On sent, dès les premières pages, que le dessinateur Sean Murphy a pris un malin plaisir à mettre cette fiction en image avec son dessin précis, vif et sans fioriture et que l’on reconnait dès les premiers traits.

ZORRO, D’ENTRE LES MORTS Sean MURPHY collection URBAN COMICS 128 pages, 19,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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