Publié le 12 Mai 2013
Quand Soizic,
une jeune bretonne, décide de rejoindre l'ile d'Ouessant pour ouvrir une maison d'hôtes, elle ne réalise pas tout à fait qu’elle n’est pas attendue les bras ouverts ! La défiance des iliens
envers les "terriens" est légendaire, et l'ile d'Ouessant contribue largement à entretenir le mythe.
Hélas, le soutien de la vieille Marie, qui aura pris Soizic en affection, sera de courte durée puisqu'on la retrouve un matin pendue dans sa maison. La volonté testamentaire de Marie va renforcer la haine de ses amies, qui ne comprennent pas qu'elle ait pu léguer quoi que ce soit à cette fille du "continent", et en rajoute au désarroi de Soizic.
Tantôt tendre, tantôt dure, l’histoire va être ballotée par l'envie de Soizic de s'intégrer dans un
monde qui ne lui voue qu'hostilité, hormis
Marie… mais aussi l'instituteur de l'île, qui a le béguin pour la "terrienne" et sa volonté de connaitre les raisons du suicide de Marie.
On découvre que la vie d'un ilien n'est pas simple, et l'on comprend assez rapidement les raisons de ce repli sur soi qu’engendre l’existence sur un morceau de terre battu par les vents et qui ne respire qu'au rythme des marins.
Le scénario de Patrick Weber est fort bien construit et l'on se prend vite au jeu de la petite Soizic qui se bat pour découvrir la vérité. Le dessin de Nicoby, assez épuré, se prête plutôt bien à ce polar maritime ! Bref, voici un beau polar en jupon, qui saura tenir le lecteur en haleine pendant plus de cent pages. On notera une heureuse initiative, à la fin de l'histoire, d'une présentation de l'ile d'Ouessant en une dizaine de pages, accompagnées de belles photos sur lesquelles la petite Soizic s'est malicieusement glissée !
A lire, pour l'enquête policière mais aussi pour l’envie de découvrir l'ile d'Ouessant et...ses habitants.
Ouessantines Nicoby/Weber Collection Hors Collection Editions Vents d'Ouest 128 pages 18,25 €
Bernard Launois
/image%2F0868648%2Fob_2171d3_165145-105001912907254-661559-n.jpg)
La guerre entre les hommes et les bêtes bat son plein. Tandis que les cadavres se comptent par milliers de part et d'autre, la
superbe Aube et le seigneur Clam, mi-homme, mi-loup, réussissent à s'enfuir du Bois des Vierges, en flammes. Mais chaque monde a ses règles et celui des hommes n'accepte pas les hybrides. Clam
devra choisir son camp entre Homme et Loup, au risque de perdre son aimée... Poils et peaux s'uniront
Le talentueux scénariste Jean Dufaux avait-il pressenti que cette histoire d'amour "hors norme" ne serait jamais tant
d'actualité aujourd'hui en France avec les clivages générés par le mariage pour tous ? Toujours est-il qu’il a eu l'idée de nous conter une très belle histoire qui donnera à chacun,
assurément des éléments de réflexion.
Quand après des mois d'errance Long John Silver, Lady Vivian Hasting et le Dr Liversey atteignent enfin la cité Guyanacapac,
entre terres et mers, ils ne savent pas que l'objet de leur rêve va se transformer en cauchemar.
Voici le quatrième et dernier album, tant attendu, d’une série dont l'intrigue aura tenu en haleine le lecteur pendant près de
six ans ! De l'aventure certes, mais également une dimension fantasmagorique qui sied si bien à cette légende, celle de Long John Silver ! Du rêve, de l'espoir mais aussi du découragement dans la
quête du graal, le fameux trésor de la cité Guyanacapac, tant rêvé et tellement inaccessible. Ici dans le milieu impitoyable de la piraterie, la trahison est monnaie courante et cette histoire
n'y déroge pas !
Pour ceux qui n'auraient pas encore succombé à la série, c'est le moment de plonger dans l'aventure que ne renierait par un certain Spielberg
!
On peut dire que le jeune paysan Calabrais Giovanni a de la suite dans les idées. Ne vivant que dans l'espoir de revoir la
princesse Elena Contarini, Giovanni va s'inventer des talents d'astrologue pour gagner la confiance de l'intelligentsia de la Venise du XVIème siècle et retrouver son amour.
Va-t-on découvrir la supercherie ? Le jeune homme devenu Signor Da Scola, n'est pas celui qu'on pense, hormis bien sûr pour sa dulcinée, à
laquelle il s'est confié ! Va s'ensuivre une vie de rêve, partagée entre les fastes de la bourgeoisie qu'il affectionne et ses nuits avec sa belle, jusqu'à...
des années 90, avec des décors sublimes et des couleurs éclatantes dont nous gratifie encore le dessinateur Griffo.
Nanami, jeune
adolescente japonaise des années 80, tente de survivre entre une vie estudiantine qui l'occupe la journée et un grand-père Tokushirô, dont elle a la charge morale dans la maison familiale le
reste du temps.
Nanami adore son grand-père
mais elle doit, hélas, faire face à un vieil homme excentrique et dépensier, dilapidant la maigre pension à peine reçue. La nécessaire participation de sa mère exilée en Italie n'est pas
suffisante, ce qui va inciter Nanami a cherché un travail pour subvenir à leurs besoins. De son côté, Tokushirô s'en veut de ne pas savoir résister à la tentation de tout dépenser et essaie de
comprendre sa petite fille et ses angoisses d'adolescente.
Thermae Romae, en étant, notamment, lauréat du grand prix du manga, le
Prix Manga Taishõ. En piochant dans ses souvenirs d'enfance, elle nous montre que les conflits intergénérationnels ne sont pas l'apanage de nos contrées européennes. Un dessin très alerte vient
compléter des dialogues parfois empreints de la violence propre à la jeunesse, qui en contraste avec une infinie tendresse pour ce vieil homme faisant, malgré tout, tout ce qu'il peut pour rendre
heureuse sa Nanami.
Un beau
début prometteur d'une saga que les coscénaristes Christophe Bec et Stéphane Betbeder ont su apporter au talentueux dessinateur italien Pasquale Del Vecchio, qui donne toute sa mesure
notamment dans les paysages de Milan, sa ville. Une mention spéciale aux couleurs de Jean-Jacques Chagnaud qui magnifie tant les décors urbains que la campagne milanaise.
Deux belles histoires
d'amour autour de la découverte de la période nuptiale. Tout d'abord, celle vécue par de jeunes époux désemparés devant leur nouveau statut et ensuite, au gré des quatre saisons, le retour de
l'amour d'une veuve âgée, à la solitude pesante, et qui ne croyait plus pouvoir se laisser entraîner dans une histoire aussi attachante.
découverte du corps de leur
partenaire, au contraste avec le monologue plutôt cru de la veuve devant sa redécouverte tardive de la vie à deux, Kim Dong-Hwa a toujours le don de sublimer les périodes ancestrales de sa Corée
et donner envie de la découvrir telle qu'elle était .
Quelle idée ont-ils eue ces colons de la côte est des Etats-Unis de tenter un raccourci pour rejoindre le Far West, l'eldorado tant rêvé ? Leur expédition, du nom de Donner, à la fin
du 19ème siècle, sera fatale pour nombre de ses hommes et femmes qui auront laissé leur peau dans la neige et le froid des Montagnes [des] Rocheuses. Mary Graves, rare rescapée de l'apocalypse,
devenue institutrice, va devoir se remémorer un des moments les plus douloureux de sa vie quand le petit-fils d'un colon vient lui demander de raconter le Donner Party.
Un grand
récit, pris à bras le corps par Christophe Bec qui aura su nous tenir en haleine pendant près de cent pages et nous faire partager les tourments de ces courageux. Le dessin très épuré de Daniel
Bretch, qui n'est pas sans rappeler dans certaines cases celui de Cosey, colle parfaitement au scénario. Les couleurs, tout en pastels, viennent atténuer avec justesse la dureté d'un récit qui en
a bien besoin.
Berlin 1947,
alors que la guerre froide s'installe, la découverte d'une mallette contenant des fiches de prisonniers détenus dans les camps soviétiques va redonner espoir à Thomas. Il n'aura de cesse de
remuer ciel et terre pour délivrer Assounta Lorca, son amoureuse.
n'aura jamais été aussi grande, au point de croire qu'ils
ne font qu'un. Avec ce diptyque, les deux artistes nous livrent un solide scénario qui prolonge "Aux temps nouveaux" et nous fait vivre à nouveau au rythme d'amis d'enfance qui n'ont pas suivi le
même chemin mais n'en restent pas moins liés... Les couleurs sont justes, en pleine adéquation avec un dessin hyperréaliste de belle facture. Un découpage judicieux donne une belle fluidité au
premier album de ce nouveau diptyque sur les traces des années d'après-guerre.