Publié le 14 Avril 2013
C'est la guerre civile en 1947 en Grèce et il ne fait pas bon être un résistant communiste. Chronis Missios, seulement âgé de 17 ans, va en faire l'amère expérience car il va devenir, selon ses termes, un prisonnier professionnel". Vingt-et-un ans enfermé, subissant brimades, tabassages, menaces journalières de passer au peloton d'exécution, tel est le quotidien de Chronis Missios.
Le résistant communiste n'a jamais lâché devant l'oppression militaire. Passant de l'effondrement au désespoir, Chronis raconte que "le plus dur a été les premiers jours, par moments, le désespoir est tel qu'il nous vient l'envie d'en finir, et tant pis pour la ligne du parti"
Mais tant de souffrance pour défendre une idéologie et réaliser que "c'est seulement après avoir beaucoup lu et beaucoup vécu que j'ai compris combien la route révolutionnaire est unique et solitaire", c’est assurément un constat difficile à admettre maintenant pour Chronis, sinon que c'est grâce à des hommes de sa trempe que tombent les dictatures.
Les dialogues et la narration de Sylvain Ricard et Myrto Reiss sont percutants, souvent poignants ; le dessin de Daniel Cazenave très sobre, voire dépouillé, est aussi noir que la narration, et simplement souligné par des sanguines qui portent si bien leur nom dans cette histoire.
Quelle leçon de bravoure, au travers de ces 175 pages qui ne peuvent laisser indifférent !
Toi au moins, tu es mort avant
CASANAVE/RICARD/REISS
Editions FUTUROPOLIS 188 pages 24,00€
Bernard LAUNOIS
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Un beau
début prometteur d'une saga que les coscénaristes Christophe Bec et Stéphane Betbeder ont su apporter au talentueux dessinateur italien Pasquale Del Vecchio, qui donne toute sa mesure
notamment dans les paysages de Milan, sa ville. Une mention spéciale aux couleurs de Jean-Jacques Chagnaud qui magnifie tant les décors urbains que la campagne milanaise.
Deux belles histoires
d'amour autour de la découverte de la période nuptiale. Tout d'abord, celle vécue par de jeunes époux désemparés devant leur nouveau statut et ensuite, au gré des quatre saisons, le retour de
l'amour d'une veuve âgée, à la solitude pesante, et qui ne croyait plus pouvoir se laisser entraîner dans une histoire aussi attachante.
découverte du corps de leur
partenaire, au contraste avec le monologue plutôt cru de la veuve devant sa redécouverte tardive de la vie à deux, Kim Dong-Hwa a toujours le don de sublimer les périodes ancestrales de sa Corée
et donner envie de la découvrir telle qu'elle était .
Quelle idée ont-ils eue ces colons de la côte est des Etats-Unis de tenter un raccourci pour rejoindre le Far West, l'eldorado tant rêvé ? Leur expédition, du nom de Donner, à la fin
du 19ème siècle, sera fatale pour nombre de ses hommes et femmes qui auront laissé leur peau dans la neige et le froid des Montagnes [des] Rocheuses. Mary Graves, rare rescapée de l'apocalypse,
devenue institutrice, va devoir se remémorer un des moments les plus douloureux de sa vie quand le petit-fils d'un colon vient lui demander de raconter le Donner Party.
Un grand
récit, pris à bras le corps par Christophe Bec qui aura su nous tenir en haleine pendant près de cent pages et nous faire partager les tourments de ces courageux. Le dessin très épuré de Daniel
Bretch, qui n'est pas sans rappeler dans certaines cases celui de Cosey, colle parfaitement au scénario. Les couleurs, tout en pastels, viennent atténuer avec justesse la dureté d'un récit qui en
a bien besoin.
Berlin 1947,
alors que la guerre froide s'installe, la découverte d'une mallette contenant des fiches de prisonniers détenus dans les camps soviétiques va redonner espoir à Thomas. Il n'aura de cesse de
remuer ciel et terre pour délivrer Assounta Lorca, son amoureuse.
n'aura jamais été aussi grande, au point de croire qu'ils
ne font qu'un. Avec ce diptyque, les deux artistes nous livrent un solide scénario qui prolonge "Aux temps nouveaux" et nous fait vivre à nouveau au rythme d'amis d'enfance qui n'ont pas suivi le
même chemin mais n'en restent pas moins liés... Les couleurs sont justes, en pleine adéquation avec un dessin hyperréaliste de belle facture. Un découpage judicieux donne une belle fluidité au
premier album de ce nouveau diptyque sur les traces des années d'après-guerre.
Aller
s'enterrer dans une contrée inconnue que l'on baptiserait l'Australie, il fallait être fou... ou rebut de la société anglaise. C'est ainsi qu'à la fin du 18ème siècle, près de 1 500 hommes et
femmes ont subi la déportation sur les bateaux de sa majesté.
option. Bagarres, sévices, mais aussi rationnement
de nourriture et scorbut deviennent le lot des voyageurs de l'impossible. Et tout ça pourquoi, pour quel avenir ? Celui de découvrir un monde inconnu qui leur fait peur, marins comme prisonniers,
et l'inquiétude de ne pas en revenir.

Les aventures de Ratafia sont toujours désopilantes mais celle-ci remporte la palme de la loufoquerie. Tous les moyens sont bons pour entraîner le lecteur
dans une histoire dont on se demande si la finalité n'est pas d'offrir une série impressionnante de calembours. Heureusement, ils sont plus hilarants les uns que les autres et on finit par ne
plus suivre le récit pour décortiquer chaque phrase et s'assurer de ne pas manquer un seul bon mot.
Frédérik
Ido Grötendick, jeune radio allemand, ne sait pas dans quelle galère il s'engage lorsqu'il rejoint l'U-boot dirigé d'une main de fer par le capitaine
Kaleunt. Il suffira d'un ouvrage apparemment subversif trouvé dans son paquetage et que le capitaine lui intime de jeter immédiatement, pour semer le trouble dans le bâtiment.
Si José Alcano, entrepreneur trentenaire, a fort bien réussi dans un nouveau concept d'agence matrimoniale, il ne se doute pas qu'il va devoir, pour se
sauver d'une faillite certaine, mettre sa technique au service d'un cas des plus désespérés.