Publié le 10 Septembre 2013
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Tyler Cross
: un nom bien prédestiné aux ennuis car ne dit-on pas que lorsqu'on cherche les "crosses", on ne tarde pas à les trouver ?
Notre braqueur vient de "récupérer", non sans mal, 17 kgs d'héroïne appartenant à la mafia, en y laissant dans la bataille sa partenaire CJ. Mais ce combat n'est en rien comparable à ceux qu'il va devoir livrer pour conserver les fruits de son pactole. La découverte de la station service de Black Rock qui aurait dû être salvatrice alors qu'il venait de tomber en panne avec sa Chevrolet, va se révéler des plus dévastatrices ! Avec ses airs de dur à cuire, le gangster Tyler n'en reste pas moins un homme sensible au charme féminin et vous allez découvrir comment il tombe, à son corps défendant, de Charybde en Scylla.
Quatre-vingt dix pages de rebondissements où tous les coups sont permis font
de cette histoire de gangster des années 50 aux confins de la frontière mexicaine un polar noir par excellence ! On se complait à suivre les méfaits du personnage qui, par certains aspects,
s'avère des plus attachants. Le scénariste Fabien Nury nous a, une fois de plus, distillé une de ses pépites dont il a le secret et dont on ne se lasse pas !
Grâce à des découpages efficaces pour diffuser une intrigue des plus tonitruantes, avec un savant mélange de cases sans bulles et de plans larges dignes du meilleur cinéma américain, décidément, le dessin de Brüno est terriblement efficace ! Les couleurs de Laurence Croix complètent le caractère pesant qui sied si bien à cette histoire.
Les trois complices nous avaient déjà bluffé avec leur album Atar Gull et l'on peut dire là, qu'ils ont franchi encore une étape dans ce superbe one shot au point de regretter que les quatre-vingt dix pages ne soient suffisantes à assouvir notre faim.
Un clin d'œil final en forme d'illustrations des dessinateurs Richard Guerineau, Sylvain Vallée, Pierre Alary et Cyril Pedrosa vient parfaire l'album incontournable de la rentrée !
Tyler Cross BRÜNO/NURY/CROIX Editions DARGAUD 96 pages 16.95€
Bernard LAUNOIS
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"Que diable allait-il faire dans cette galère ?" semble bien être le leitmotiv de ce nouveau cycle qui démarre sur les chapeaux de roue ! A
peine Dantès est-il lavé de toute accusation dans le scandale financier de la banque BCGI (voir cycle 1), qu’une nouvelle affaire est à deux doigts d’éclater. Alors qu’il s’apprête à faire une
levée de capital pour son groupe, Dantès découvre qu’une de ses filiales,
spécialisée dans le retraitement de déchets toxiques, pratiquerait de drôles de méthodes. Un nouveau scandale en perspective ? Dantès ne s'en
remettrait pas. Nous retrouvons notre héros en terre africaine sur les traces des exactions et de leurs commanditaires.
Le parolier Yves Dessca écrivait en 1973 pour Michel Sardou une de ses plus célèbres chansons avec "la maladie d'amour". La
voici remise au goût du jour et ce, de fort belle manière par le scénariste et dessinateur Cyril Bonin. Voilà que mystérieusement depuis quelques semaines, on retrouve dans Paris une vingtaine de
personnes statufiées ayant pour dénominateur commun d'être passionnément amoureux. Alors que la maladie se propage extra-muros, les autorités médicales avouent leur impuissance devant
l'Asmorotasia. Des mesures drastiques sont prises, telles que le port d'un brassard obligatoire pour les femmes ayant déjà contaminé un homme, ce qui n’est pas sans rappeler le triste
souvenir de l'infamie imposée naguère aux juifs.
La jeune Olga Politoff, chargée de l'enquête, découvre à ses dépens que tout n’est si évident, lorsqu’elle paralyse un de ses collègues alors que son propre fiancé ne l’a pas été. Olga se
retrouve emplie de perplexité : est-elle vraiment amoureuse ? Ses réflexions sur l'amour ne vont pas s'arranger après une visite chez ses parents épargnés par la maladie...
Nous sommes à la fin du XIXème siècle dans le berceau du cinéma américain, le célèbre Hollywood où trois amis, Max
Lester, Tom Mix et Janet Cannary revendiquent, face à Thomas Edison, d'avoir été les précurseurs de l'invention du cinéma. Alors que nos trois compères décident de créer leur propre studio, Janet
Cannary va être accusée par la veuve de Wallace Reid d'avoir tué son acteur de mari, en l'incitant à se droguer. D'autres événements vont, hélas, s'enchainer pour un final des plus
captivants.
historique
pointue, vont nous transporter dans les arcanes de l'art cinématographique naissant. Les dialogues percutants du scénariste Jack Manini sont mis en images par l'excellent Marc Malès, dessinateur
aux facettes multiples (de "Hemingway"
1 semaine sur 2 et peut-être heureusement pour
ce père qui a la garde de sa fille, et s'avère vite dépassé par les événements avec une gamine de 7 ans qu'il n'accepte pas de voir grandir !
Le dessin réaliste minimaliste - car on ne peut
pas dire que l'on soit envahis par les décors -
Pour les 50 ans de carrière de ce fringant jeune homme de soixante-huit ans, les Éditions Noir Dessins Production ont eu la riche idée de décider Monsieur Walthéry à
dépoussiérer ses tiroirs pour nous sortir des petites pépites de bonheur.
Un dessin
« gros nez » du plus bel effet avec un dynamisme qu’envieraient bon nombre de ses jeunes congénères vient servir de bien prestigieux scénaristes tels Mittéï, Deliège, Duchâteau…Et j'en
passe, tellement la liste est longue !
De la découverte d'un homme statufié au cimetière du Père Lachaise au décès suspect d'une jeune femme qui visiblement en savait trop,
Tristan Sphalt, jeune journaliste fraichement embauché dans un canard à sensation, s'évertue à dénouer les fils de cette intrigue macabre.
Marc PISKIC nous transporte à
Perpignan où le journaliste est intiment convaincu que son enquête va avancer...mais, hélas, malheureusement pas comme il l'aurait espéré ! L'intrigue est prenante, voire insoutenable à certains
moments de l'album ; on sent bien que lorsque le héros est prêt à découvrir le pot aux roses, un élément humain ou extraordinaire vient contrarier ses plans. On ajoutera un dessin à l'image
du scénario, avec des "gueules" aux contours anguleux, que vous ne serez pas prêts d'oublier. Des décors tout aussi fantasmagoriques les uns que les autres sont présents dans une France du second
empire où les classes sociales sont bien marquées : la haute bourgeoisie bien pensante et la pègre de la rue que vont côtoyer notre jeune journaliste. Une couleur, souvent sombre, est bien
en adéquation avec le climat pesant qui règne sur cette série, une réussite !
De l'édito, toujours aussi "fendard" de Diego Aranega aux tribulations d'Edika, pilier incontournable du magazine, en passant par la nouvelle
de Pierre Pelot sur un dessin de Chauzy, vous allez en avoir pour votre argent.
Monument incontournable du rire,
l'univers du cimetière géré d'une main de maître par le gardien Pierre Tombal n'a cessé de nous faire mourir de rire depuis maintenant trente ans et ce dernier album apportera une stèle
supplémentaire à l'édifice. De la cougar en mal de sensations fortes au psychiatre qui brave Le personnage de la série, la mort, au point de la côtoyer de trop près, tout est prétexte au
comique. Avec Pierre Tombal, pas d'OStracisme, chacun en prend pour son grade et la série rappelle avec humour que nous sommes égaux devant la mort !
Le thème de la mort n'était pas simple à aborder pour nos deux compères car si l'on peut rire de tout, on ne peut pas toujours le
faire avec tous ! Gageons qu'avoir su se renouveler sur 29 albums relève de la gageure et ce dernier opus est encore là pour prouver que le sujet parait inépuisable.
Ce secret, si bien gardé depuis
plus de sept siècles, va-t-il voler en éclats alors que des voleurs se sont introduits dans le château d'Angers ?