coup de coeur bernard launois

Publié le 8 Mars 2020

CLIVAGES, quand la guerre civile s’installe dans une bourgade

Établie dans une petite ville quelque part en Europe, Juliana Brovic mène une vie bien remplie, entre son métier de médecin généraliste et sa fonction de conseillère municipale, sans parler de s’occuper de sa famille composée de deux enfants et d’un mari. Cette relative sérénité va bientôt voler en éclats avec la déclaration d’une guerre civile. Son village, si tranquille, ne va pas tarder à être envahi par une troupe de légitimistes bien décidée à en découdre pour éradiquer ceux des habitants du village qui ne seraient pas de leur bord. Passés les moments de surprise, de colère et d’incompréhension, il va bien falloir s’adapter pour la jeune médecin, et faire que cet envahissement se passe du mieux possible en ménageant les deux parties.

Voilà le sujet de la guerre civile, rarement traité en bande dessinée, auquel s’est attaqué le scénariste, féru d’histoire, Sylvain Runberg. Sans fioriture ni le moindre misérabilisme, le scénariste s’est attaché avec talent à montrer la guerre civile telle que la vivaient les deux camps : un déchirement peuplé d’incompréhensions. Le récit s’avère fort bien rythmé avec son lot de surprises, entraînant le lecteur dans une histoire des plus dramatiques.

Grâce à une remarquable mise en images par le dessinateur Joan Urgell, le lecteur sera transporté dans un beau décor rupestre qui contraste avec les horreurs de la guerre qui se déroulera sous ses yeux.

A l’heure où l’Europe vacille, les auteurs rappelleront au lecteur que les bruits de bottes ne sont peut-être pas si loin qu’on peut le penser, incitant ce dernier à réfléchir…

CLIVAGES RUNBERG/URGELL Editions ROBINSON 120 pages, 24,95 €

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 6 Mars 2020

LE BANQUIER DU REICH T1, ou les arcanes d’un génie de la finance

Nous sommes en 1951 et Hjalmar Schacht, banquier de son état, s’apprête à revenir à Rome, mais il n’avait pas prévu que son avion de retour d’Inde ferait  une escale technique à Tel-Aviv : cela l’obligera à poser le pied en Israël, pays où il n’est pas le bienvenu compte tenu de son passé nazi. Rassuré de ne finalement pas y avoir été arrêté, il croit souffler mais c’était sans compter sur un agent du Mossad qui l’enjoint à révéler des faits dont il aurait omis de parler au procès de Nuremberg. Que faire, sinon se plier à ses questions et se découvrir…

C’est par cette astuce scénaristique que le tandem d’auteurs Pierre Boisserie et Philippe Guillaume entame de fort belle manière lediptyque qui va narrer la vie peu ordinaire d’un surdoué de la finance. Tout d’abord à la tête de la Reichsbank, cet argentier aura trouvé les ressources intellectuelles et financières pour sauver une Allemagne au bord du gouffre, souffrant d’une inflation galopante. Puis, au fil de ce premier opus, le lecteur se trouvera transporté dans les méandres du pouvoir des années 30 où Hjalmar Schacht ne tardera pas à être reconnu par le Führer pour ses talents d’économiste. Avec des dialogues fournis et un découpage dynamique, les coscénaristes réalisent un premier tome intéressant, remarquablement mis en valeur par le dessin réaliste de Cyrille Ternon qui colle parfaitement au récit.

Voilà une excellente mise en scène et en images de la vraie vie d’Hjalmar Schacht qui devrait assurément intéresser bon nombre de lecteurs, férus d’histoire ou pas. Elle  aura également le mérite de revenir sur cette période trouble de notre histoire et d’apporter une indispensable pierre à l’édifice du devoir de mémoire, qui aurait tendance,  de nos jours, à être particulièrement bafoué.

LE BANQUIER DU REICH T1 BOISSERIE/GUILLAUME/TERNON Collection 24X32 Editions GLENAT 56 pages, 14,50 €

Bernard Launois

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Publié le 2 Mars 2020

Sales mômes, sales vieux, décidément, on ne choisit pas sa famille

Peut-on encore être d’accord avec ce proverbe russe qui commence par  La vieillesse est plus sage que la jeunesse… en lisant Sales mômes, sales vieux ? Assurément non, l’auteur  James sert un scénario des plus grinçants prouvant le contraire, avec le constat que quand on est un sale gosse, on devient souvent un sale vieux !

Tout le monde en prend pour son grade, et pour certains sketchs le lecteur va assurément se demander s’il doit rire ou s’offusquer tellement les personnages sont abjects. Tout d’abord, les vieux, malmenés par des descendants qui ne respectent rien, et surtout pas le fait qu’ils sont âgés. Ensuite, les jeunes qui ne sont pas épargnés non plus, qu’ils soient au berceau ou en pleine crise d’adolescence.

Les conflits intergénérationnels sont légion dans cet opus de 96 pages que le lecteur compulsera d’abord par petites touches tellement il se dira que le scénariste James fait fort. Puis, la première vague d’indignation passée et même si on ne peut pas rire de tout, le lecteur finira par dévorer l’album et se dire que finalement, cet opus mériterait assurément une suite aussi caustique mais surtout aussi drôle ! Il faudra simplement s’assurer de ne pas le laisser surtout dans toutes les « vieilles » mains, au risque de se brouiller avec la quatrième génération.

Avec un dessin réaliste et des aplats de couleurs monochromes, sur un format maximum de 4 cases, la dessinatrice Mathilde Domecq croque, sans concession, les personnages qui collent parfaitement aux dialogues concoctés par James.

SALES MÔMES, SALES VIEUX JAMES/DOMECQ Editions FLUIDE GLACIAL 96 pages, 9,90€

 

 

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Publié le 27 Février 2020

Mary Jane, quand la misère vous colle à la peau

Un mari mineur aimant, une vie de femme au foyer, Mary Jane avait tout pour être heureuse au fin fond de la campagne galloise, quand sa vie bascula subitement suite à un coup de grisou emportant les mineurs, dont Davies son homme. Que faire alors, sinon rejoindre ce qui fait rêver bon nombre de paysans gallois, le Londres des années 1900 où l’industrialisation bat son plein, avec la promesse d’un monde meilleur où elle pourrait refaire sa vie ? Seulement, lorsqu’elle arrive dans cette ville crasseuse et empuantie par les suies et la sueur des travailleurs, personne ne l’attend. De mauvaises rencontres en guets-apens, ses rêves s’estompent et Mary se retrouve rapidement à la rue, à la merci de mauvais coups.

 

L’auteur complet Frank Le Gall réalise là un scénario des plus originaux en faisant un focus sur les derniers mois précédant l’assassinat de la cinquième et dernière victime de Jack l’Éventreur. Le lecteur suivra avec intérêt le parcours peu ordinaire de cette jeune femme qui finira dans de bien tristes circonstances, lesquelles ont fait les choux gras de la presse et semé la terreur dans la City. Au-delà des funestes tribulations de Mary Jane, le scénariste remet dans le contexte les conditions de vie des prostituées de la fin du XIXème, tant à Londres qu’à Paris, qui étaient encore moins prises en considération que des chiens, c’est dire.

Le dessinateur Damien Cuvillier s’est remarquablement emparé du scénario de Frank Le Gall en dressant un tableau de la vie urbaine à l’heure de l’avènement de l’ère industrielle, et en y apportant toute sa sensibilité et son talent.

Une belle postface, agrémentée de croquis et d’illustrations de Frank Le Gall, complète singulièrement l’album en expliquant notamment les raisons pour lesquelles le dessin n’a, cette fois, pas été réalisé par l’auteur complet.

MARY JANE LE GALL/CUVILLIER Editions FUTUROPOLIS 88 pages, 18,00 €

Bernard Launois

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Publié le 24 Février 2020

LA NUIT EST MON ROYAUME, un hymne des plus salutaires à la jeunesse

Quand Nawel, jeune fille issue de l’immigration, rencontre Alice, aux allures bien rangées, fraichement arrivée dans son immeuble, elle ne sait pas encore que l’inconditionnelle de Paul McCartney va devenir  sa meilleure amie. Tout irait bien si Nawel vivait bien son adolescence, mais elle est tiraillée entre ses parents qui s’opposent à son émancipation et l’appel de la liberté d’entreprendre, de créer et de jouer de la musique pour le duo Nuit Noire qu’elles viennent de fonder. Que faire pour vivre ses envies comme elle l’entend, faudra-t-il qu’elle quitte la maison au risque de se brouiller définitivement avec ses parents ? Nawel ne sait à quel saint se vouer… Jusqu’à la rencontre fortuite d’Isak, jeune prodige suédois multi-instrumentaliste, dans un concours où leur groupe se produit.

L’auteur complet Claire Fauvel entraîne le lecteur dans un tourbillon psychologique sur fond musical, où Nawel, l’héroïne du récit, ne va pas être ménagée : trahison, conflits parentaux intergénérationnels doublés d’un ancrage religieux. Les dialogues sont aussi vifs et percutants que cette jeunesse en espérance qu’a tant soulignée Claire Fauvel dans ce récit.

Le dessin de Claire Fauvel, tout en rondeur, met remarquablement en images son récit et, qui plus est, se voit rehaussé par de belles couleurs, souvent contrastées en fonction de l’état d’âme des personnages.

Voilà 150 pages qui se lisent d’une traite, tellement on est pressé d’en connaître le dénouement et… De prendre le temps de réfléchir, une fois le livre refermé, au proverbe de l’humaniste Henri Estienne « Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait ».

LA NUIT EST MON ROYAUME FAUVEL Editions RUE DE SEVRES 150 pages, 18,00 €

Bernard Launois

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Publié le 23 Février 2020

Birds Of Prey, Huntress, entre vengeance personnelle et règlements mafieux

Helena Bertinelli va avoir 21 ans dans quelques jours et n’a que de vagues souvenirs de son enfance heureuse auprès de ses parents, l’une des familles les plus puissantes de la pègre de Gotham avant qu’ils ont été massacrés sous ses yeux. Envoyée en Sicile auprès de ses cousins mafieux, elle réapprend à vivre mais pas seulement, à se battre et à chasser également grâce à Sal son frère de cœur, au point de devenir une redoutable chasseresse. Enfin majeure, elle s’entend dire par le notaire que son héritage reste dérisoire par rapport à ce qu’avaient amassé ses parents et constate qu’elle a été particulièrement  spoliée. Elle n’aura alors de cesse que de récupérer ce qu’on lui doit et ce, de manière expéditive et bien qu’elle ait juré de ne jamais remettre les pieds à Gotham, il faudra bien qu’elle s’y résolve pour se venger.

Helena, devenue Huntress, va donc s’attaquer aux criminels et particulièrement remonter la filière de ceux qui ont commandité la mort des siens en faisant sa propre justice, en contradiction avec les principes de Batman.

Le scénariste Ivory Madison entraîne rapidement le lecteur dans un tourbillon de règlements de comptes, avec à la tête de cette expédition une jeune femme déterminée qui a su se forger uncaractère. Les dialogues sont aussi vifs et prompts que les coups que distribue Huntress, la belle chasseresse charismatique, à qui il ne faut pas en promettre. Le dessinateur Cliff Richards n’est pas en reste en livrant là une chasseresse des plus dynamiques. Les actions s’enchaînent à une vitesse vertigineuse dans des décors chatoyants partagés entre l’Italie et les Etats-Unis qui devraient ravir bon nombre de lecteurs.

BIRDS OF PREY, HUNTRESS MADISON/RICHARDS Collection DC DE LUXE, Editions URBAN COMICS 152 pages, 15,50 €

Bernard Launois

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Publié le 16 Février 2020

Quelquefois, il ne suffit pas de grand-chose pour transformer sa vie. C’est assurément ce que sont dit Béa et Lou, deux jeunes filles, lorsqu’elles se sont rencontrées dans une station-service du fin fond du Texas, l’une rejoignant sa tante en voiture et l’autre fuguant pour échapper à une famille trop envahissante.

Qu’ont-elles en commun, sinon de partager les mêmes orientations sexuelles et surtout d’avoir vécu des expériences cuisantes dont elles n’avaient jamais parlé, préférant les enfouir au tréfonds de leur mémoire ?

Seulement, tandis qu’elles apprennent à se connaître et se confient l’une à l’autre, tout au long du ruban texan, elles vont rencontrer des moments heureux avec notamment l’apparition d’une chatte aux mystérieux pouvoirs mais également des moments plus difficiles avec la survenue de deux obscurs personnages qui n’auront de cesse de les poursuivre. Vont-elles arriver à se libérer de ces poids qui les obsèdent et à exorciser leurs peurs enfouies ?

Après l’imposant roman graphique Dans un rayon de soleil, qui avait transporté le lecteur dans un univers onirique et enchanteur, la jeune et talentueuse Tillie Walden nous gratifie à nouveau d’un remarquable ouvrage de plus de 300 pages que le lecteur  ne lâchera pas jusqu’à la dernière, tellement le suspense en est maintenu tout au long.

La force du récit réside particulièrement dans la présence d’êtres réels qui naviguent entre réalité et fantastique, au point de dérouter le lecteur pour mieux le retrouver dans une fin des plus surprenantes.

Le dessin semi-réaliste est à l’image du scénario, tout aussi onirique et fantastique. Les décors d’hiver se succèdent à une allure vertigineuse, dans une débauche de couleurs vives qui contrastent avec l’état d’âme des deux protagonistes si attachants.

SUR LA ROUTE DE WEST Tillie WALDEN Collection Hors Collection Editions GALLIMARD Bande Dessinée, 320 pages 24,50 €

Bernard Launois

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Publié le 14 Février 2020

L’œil du STO, quand l’infamie vous tombe dessus sans l’avoir méritée

Alors que Justin vient d’apprendre qu’on le pousse gentiment vers la case « retraite » et bien qu’il n’ait pas toutes ses annuités pour partir avec une retraite décente, il refuse de comptabiliser l’année 1944, la funeste année noire, celle où il a servi pour le Service du Travail Obligatoire institué par le gouvernement de Vichy à la demande des pouvoirs allemands. Cette croix, il va la porter toute sa vie alors qu’il n’a jamais été volontaire. Hélas, comme tous ceux qui y ont participé à raison de près de 600 000 travailleurs, il va être considéré, par bon nombre, comme un planqué à la solde de l’armée allemande, un sale collabo.

Cette blessure des plus humiliantes, il n’en parlera jamais et c’est au crépuscule de sa vie qu’il se décide à raconter cette période douloureuse, ou sévices et humiliations sont légion. Pourquoi ne pas avoir désobéi et pris le maquis au moment de l’embrigadement ? Car Julien ne savaitpas où il mettait les pieds ni quel prix il devrait payer à accepter de s’expatrier pour le camp d’Hennigsdorf, en Allemagne.

Le scénario, bien construit, relate un sujet rarement traité et plus particulièrement dans un roman graphique. L’écriture concise et sobre du scénariste Julien Frey convient parfaitement au sujet grave qu’est l’enrôlement d’une jeunesse qui, à défaut de servir de chair à canon au front, a laissé beaucoup d’hommes sur le carreau et ce, dans des conditions déplorables qui devaient plutôt être proches des camps de concentration.

Le dessin de Nadar est sobre et terriblement efficace, avec des aplats profonds et d’une noirceur tout aussi conséquente que le sujet traité.

Voilà un livre particulièrement indispensable, ne serait-ce déjà pour son apport pédagogique, pour ne pas oublier cette triste période de notre civilisation.

L’ŒIL DU STO Julien FREY/NADAR Editions FUTUROPOLIS 200 pages, 24,00 €

Bernard Launois

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Publié le 11 Février 2020

SENGO, que la défaite est lourde à porter !

1945, la guerre sino-japonaise a tourné à l’avantage des Chinois et c’est la tête basseque les soldats rescapés regagnent, tant bien que mal, un Tokyo occupé par l’armée américaine et qui ressemble à un champ de ruine. Kadomatsu, bonhomme débonnaire et sans famille, se demande bien comment il va pouvoir refaire sa vie. C’est alors que la chance tourne lorsqu’il retrouve Toku, son supérieur hiérarchique dans l’armée. Mais cette opportunité est-elle bonne pour tout le monde dans un environnement de magouilles, et de trafics, sans oublier la prostitution ? Retrouveront-ils la solidarité qu’ils avaient tissée dans l’adversité ?

Le mangaka Sansuke Yamada développe une histoire des plus originales sur les rapports humains plutôt particuliers, quand ils se sont initiés dans un climat de survie. Loin d’être plombant, eu égard au sujet, le ton drôle et décalé s’avère de mise. On prend alors plaisir à suivre les péripéties, au travers de dialogues truculents parfois réservés à un public averti, des  deux acolytes que tout oppose mais qui n’oublient pas qu’ils ont partagé des moments difficiles, voire insoutenables. C’est également une chronique acerbe des conditions de vie pendant et après le conflit sino-japonais.

Avec un dessin réaliste au dynamisme certain, les personnages sont croqués avec talent et évoluent dans un décor plutôt épuré mais terriblement efficace.

Inaugurant une série prévue en sept tomes, les deux premiers tomes sont particulièrement attachants et apparaissent très prometteurs.

Distinguée par le prix Osamu Tseuka et le grand prix de la Japan Cartonnist Association, cette série s’affirme comme l’une des plus belles réussites de l’année 2019 qui est promue également à une belle carrière en France.

A suivre avec grand intérêt !

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 6 Février 2020

Harley Quin et les sirènes de Gotham, quand de drôles de dames s’associent !

Depuis que le Chevalier Noir a disparu, rien de va plus à Gotham city où de drôles de dames ont décidé de s’allier, et l’on peut s’attendre à tout !

Mais qu’est-ce qui peut bien leur donner envie à nos trois justicières, Catwoman, Poison Ivy  et Harley Quinn, de s’entendre ainsi et d’aller jusqu'à partager un appartement ? N’y a-t-il pas anguille sous roche ? Peut-être un désir de se ranger des affaires pour couler une petite vie tranquille toutes les trois, ou plutôt s’allier pour enfin régner sur Gotham city ? Le lecteur va vite être mis dans le bain car après l’irruption du bad boy Boneblaster qui a l’intention de leur faire mordre la poussière, les ennuis volent en escadrilles, avec notamment l’affreux Edward Nigma qui entre dans la danse et qui fera qu’elles ne seront pas trop de trois pour répondre aux agressions diverses et variées.

Voilà un scénario, écrit par le trio Paul Dini, Scott Lobdell et Guillem March, des plus enlevés, peuplé de rebondissements et laissant peu de place à la respiration et à la méditation, que l’éditeur Urban Comics a eu la riche idée de mettre à son catalogue !

Quel plaisir de suivre les aventures de ces trois créatures, fort complémentaires, de l’univers de Batman, remarquablement croquées par le dessinateur espagnol Guillem March. Elles évoluent dans les décors fouillés de cette ville maudite, peuplée d’êtres malfaisants toujours prêts à faire un mauvais coup qui pourrait rapporter de l’argent ou du pouvoir.

A l’heure de la sortie imminente du film Birds of Prey, la « fantabuleuse » histoire d’Harley Quinn, c’est le moment idoine de se plonger dans ce « classique » américain de très bonne facture.

HARLEY QUINN & LES SIRENES DE GOTHAM DINI/MARCH/LOBDELL 256 pages, 22,50 €

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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