coup de coeur bernard launois

Publié le 2 Juillet 2015

Antony Blunt vit un purgatoire en raison d’une période de sa vie qu'il ne regrette pas, mais qui reste incomprise de ses compatriote : quand on est anglais, et que la crise de 29 fait des ravages en Europe, décider de servir l'URSS aux dépens de la perfide Albion relève de la plus haute des trahisons. Cinquante ans plus tard, alors qu'il vit reclus dans un vieil immeuble, à l'abri des journalistes qui ne cessent de le harceler depuis que Margaret Thatcher a rendu publics ses faits d'armes, Antony Blunt finit par se confier aux neveux de l'oncle Edward avec lequel il a œuvré.

On va découvrir alors la vie de jeunes gens désemparés qui ne se retrouvent plus dans la politique de leur pays, et pour qui le monde communiste leurs apparait comme l'idéal politique du moment face aux démocraties décadentes. 

De façon très réussie, la scénariste Valérie Lemaire renoue avec l'histoire et la période trouble de l'entre deux guerres, offrant un récit des plus passionnants où les personnages, souvent hauts en couleurs, vont se fondre dans leur rôle d'espions. De l'action, de la réflexion, les ingrédients sont présents pour que le lecteur aille vite se passionner pour cette histoire réelle.

Le dessin ligne claire d'Olivier Neuray, rehaussé par des aplats de couleur du plus bel effet,  met bien en valeur cette période cruciale qui a vu naître un formidable et insoupçonné nid d'espions.

A recommander instamment...

 

LES CINQ DE CAMBRIDGE T1 TRINITY LEMAIRE/NEURAY Editions CASTERMAN 48 pages 13.50€

 

Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 24 Juin 2015

 

Maki Agari n'a pas tout compris ! Alors qu'elle se réveille au fin fond d'un centre de recherche pharmacologique, elle se demande encore si elle n'est pas encore en train de cauchemarder !

Hélas, le monde qu'elle croyait virtuel est bien réel et les propos d'un soldat gisant à côté d'elle sont édifiants au point de ne pas y croire : elle serait le fruit d'une expérience qui ferait d'elle, un des derniers humains non infectés par le virus "zombie".

Tokyo n'est plus qu'un immense chantier peuplé de créatures qui ne pensent qu'à se manger entre eux, toutes plus hideuses et sanguinolentes les unes que les autres. C'est accompagnée de Shota, jeune garçon également vacciné, qu'elle devra rejoindre le "dôme", le seul endroit où resteraient des humains non infectés, afin de leur inoculer l'unique dose de vaccin dont ils disposent !

Du suspens, le scénariste Tsuka Saimura en a revendre, et une fois passé le rejet physique que lui inspire les zombies, le lecteur va pouvoir se délecter d'un scénario bien construit, plutôt tourné à la manière d'un jeu vidéo.

Le dessin hyperréaliste de Kôzô Takahashi renforce ce road movie aux couleurs post-apocalyptiques, avec des décors fournis et des personnages humains bien attachants. Une mise en couleurs autait certainement apporté un plus à cette nouvelle série qui devraient satisfaire de nombreux lecteurs du genre.

A consommer "sang" modération !

CRUEL THAN DEAD T1 TAKAHASHI/SAIMURA Editions GLENAT Manga 208 pages 10,75 €

 

Bernatrd LAUNOIS

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 21 Juin 2015

11 mars 2011, le Japon est frappé par un séisme de magnitude 9 qui entraînera le fameux tsunami et la catastrophe nucléaire qui en découla. Nobumi, jeune père de famille, illustrateur de livres pour jeunesse se sent impuissant face à l'ampleur des dégâts, et décide de plaquer femme et enfants pour venir en aide à la population. Devenir bénévole dans la zone sinistrée pour soutenir les jeunes enfants auxquels il consacre sa vie d'illustrateur lui apparait tellement évident, qu'il n'hésite pas un seul instant à se rendre à leur rencontre.

Le lecteur va ainsi suivre, tout au long de ce one shot, la démarche de Nobumi, volontaire, généreux et dont les valeurs humanistes sont un exemple à suivre...

Il aura fallu la rencontre de Nobumi et du dessinateur Georges Morikawa, touché par "marchons la tête haute" pour que le projet se réalise au sein de la rédaction de l'hebdomadaire Shûkan Shônen, faisant de ce manga, une œuvre  à plusieurs mains de grande qualité, grâce au concours de nombreux mangakas qui ont réalisé chacun une planche.

Personne n'a oublié le drame qui a touché la région de Fukushima et le manga de Georges Morikawa revient avec justesse sur ces événements tragiques, qui ne font plus l'actualité mais qui demeurent, hélas, bien présents encore aujourd'hui.

Un témoignage poignant à lire, pour tout public.

JE REVIENDRAI VOUS VOIR MORIKAWA/NOBUMI éditions AKATA 180 pages 6.95€

 

Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 19 Juin 2015

Alors que la première guerre mondiale fait rage, la ville de Petrograd n'est pas en reste ! Le peuple est en colère et veut en découdre avec le pouvoir tsariste. Dans la foule révolutionnaire, deux êtres, Anastasia et Volodia se découvrent et tombent éperdument amoureux. Seulement Anastasia n'est pas une fille du peuple mais une  princesse, fille de tsar, qui a déjoué la surveillance du palais pour se mêler à la population. Quant à Volodia, misérable cosaque, il prend fait et cause pour le peuple, au risque d'y perdre la vie : quel attelage impossible ! Et pour corser l’histoire, surviennent les retrouvailles fortuites en plein milieu de la manifestation entre Volodia et Joseph Vissarionovitch Djougachvili, plus connu sous le nom de Staline, rencontre qui va être déterminante pour la suite du récit.


Passions dévorantes, soif d'un monde meilleur qui ne serait plus oppressé par le pouvoir, le tout dans un climat de suspicion où chacun épie son prochain : voilà un cocktail bien détonant pour un avenir plutôt incertain.


Les scénaristes Benoît Atey et Jean-Baptiste Dusséaux manient avec dextérité tant le style dramatique que l'amour-passion. Sans pour autant verser dans le pathologique, ils nous rappellent avec justesse les difficiles conditions de vie d'une société opprimée par le pouvoir et affamée par la première guerre mondiale.


Les dessins et couleurs de Mayalen Goust se révèlent remarquablement appropriés au scénario, et son trait faussement dépouillé est rehaussé de nuances de couleurs qui marient avec bonheur les tons chauds et froids.


Un début de triptyque prometteur qui ne demande qu'à être confirmé.


 
KAMARADES T1 ABTEY/DUSSÉAUX/GOUST Éditions RUE DE SEVRES 60 pages 13,50 €
 
 
Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 16 Juin 2015

 

Monika est aux abois, elle cherche sa sœur Erika disparue depuis quelques semaines et dont les derniers indices de vie correspondraient à une rencontre avec le politicien Christian Epson. Seulement, derrière la vie de jeune et ténébreux politicien le jour, Christian cache une vie nocturne moins glorieuse, où bals masqués et instants de débauches sont légion. Malgré les consignes de prudence de son vieux pote Théo, qu'elle cache chez elle alors qu'il est poursuivi pour des histoires de construction d'androïde convoité, elle décide de séduire Christian Epson afin d'en savoir plus sur la disparition d'Erika.

Arrivera-t-elle à ses fins sans tomber dans un piège ? Les masques vont-ils finir par tomber ? Finira-t-elle par retrouver sa sœur ? Des attentats autour du politicien vont finir de semer le trouble...

Voilà un diptyque qui démarre sur les chapeaux de roue où tout le monde se méfie de tout le monde sur fond d'enquête. La scénariste Thilde Barboni ménage le suspens, distillant petit à petit la toile d'un imbroglio tout aussi érotique que démoniaque. Le dessinateur Guillem March n'est pas en reste et nous gratifie d'un fort joli album, avec un style réaliste des plus convaincants et des couleurs pastel plutôt réussies.

Un cahier graphique de cinq pages montrant les différentes étapes de création de l'album, complète agréablement l'ouvrage.

Alors attention, le lecteur ne sortira pas indemne de cette lecture des plus palpitantes...

MONIKA T1, BARBONI/MARCH Collection "Grand public" Editions DUPUIS Editions 64 pages 14.50 €

 

Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 14 Juin 2015

Quand un grand peintre rencontre un autre grand peintre, cela donne "Le Caravage", un remarquable album biographique de l'un des plus grands génies de la peinture que l'Italie ait porté.

Le récit commence en automne 1592, alors que Michelangelo da Caravaggio dit « Le Caravage » décide de partir à l'assaut de la capitale italienne pour y percer. Hélas, son arrivée à Rome ne correspond pas à la vie dont il rêvait. Mais très vite, il va s'adapter à la situation, en fréquentant les mauvais garçons et les filles de joie qui peuplent les bas fonds de la ville. Un temps au service de Cesari, le chevalier d'Arpin qui le considère comme moins que rien, tout juste bon à peindre des guirlandes,  il réalise néanmoins, à ses heures perdues, des chefs d'œuvre qui ne vont pas tarder à être vus et appréciés. Seulement, comment concilier une vie de peintre reconnu par l'église et continuer à fréquenter les putains qui lui servent de modèle ?

Avec une telle vie pleine de débauches et de combats de rue, mais aussi vouée à la création de chef d'œuvres principalement à caractère religieux, Le Caravage ne pouvait laisser insensible l'auteur complet Milo Manara.  Le lecteur va se trouver rapidement emporté dans la vie tourbillonnante du jeune peintre par un récit fort bien rythmé et servi par le remarquable talent du dessinateur Milo Manara, qui n'a pas son pareil pour magnifier la gente féminine et ce, dans un décor flamboyant de la Rome du 16ème siècle.

Voilà une manière bien agréable de (re)découvir la vie de Le Caravage, ce génie de la peinture, au travers d’un diptyque qui ne devrait laisser aucun lecteur indifférent.

 

LE CARAVAGE MANARA Collection Caractère Editions GLENAT 64 pages 13.95 €

 

Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 12 Mai 2015

La deuxième  guerre mondiale  a apporté son lot d'exactions et d'horreurs dans toute l'Europe, et la Corse n'a malheureusement pas fait exception.

Nous sommes au début de l'été 42 à Marseille et la famille Cohen ne se sent plus en sécurité sur le continent, et décide de rallier la Palestine en passant par la Corse. Hélas, Henri, le père de Sacha va être arrêté par la police française puis déporté pour ne jamais réaliser son rêve. Capturée à son arrivée en Corse, Suzanne la mère de Sacha finit par retrouver son fils qui a été recueilli par des insulaires.

Entre un préfet qui se prend d'amitié pour Suzanne, et un commissaire suspicieux qui n'a qu'un objectif, celui de rafler tous les juifs pour les faire déporter, sans parler des dénonciations de villageois bien pensants et d’un curé qui met sa vie en danger pour les sauver, la vie de nos expatriés n'est pas simple... Qu'adviendra-t-il d'eux ? Arriveront-ils à rejoindre la Palestine, la terre d'accueil tant espérée ?

Les récits de la deuxième guerre fleurissent, se ressemblent souvent mais celui-ci est plutôt original, ne serait-ce que par le lieu où il se déroule. Mais heureusement, ce n'est pas que ça, Stéphane Piatzszek réalise un scénario des plus réussi, avec la présence, tantôt de personnages attendrissants, tantôt d'autres abjects jusqu'au bout des ongles ! De l'espoir au désespoir, nos deux êtres sont ballotés dans un univers qu'ils ont toutes les peines du monde à maitriser. Le dessin réaliste d'Espé sert particulièrement bien le scénario, de la bonhomie des personnages du curé et du préfet  aux faciès ignobles du commissaire de Police et de ses sbires, le tout dans le décor de l'Ile de Beauté qui porte si bien son nom. On s'attardera particulièrement sur les belles couleurs chaudes d'Irène Häfliger qui viennent égayer le récit.

A lire instamment...

L'île des justes espé/piatzszek Collection Grafica éditions glénat 88 pages 18.50 €

 

Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bernard LAUNOIS

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 3 Mai 2015

Comment décrire l'inracontable ? Comme si les horreurs de la guerre et la survie dans un camp de concentration n'avaient pas été un fardeau suffisant à supporter, et que son retour au village natal, alors qu'il fait partie des rescapés de la curée nazie, n'est pas bien vécu par la population.

Autant dire, qu'oser parler à un étranger, voire le défendre contre toute une population relève de l'impensable. Seulement, cette haine de l'étranger va mal finir et voilà que Bradeck, étranger à l’exécution de l’homme, se voit confier la rédaction d'un rapport relatant les circonstances de son décès et ce, d'une drôle de manière : travestir la réalité ! Le voilà obligé d’arranger les conditions d'exécution d'un pauvre malheureux pour contenter les assassins...

En aura-t-il la force ? Va-t-il pouvoir y surseoir, au risque de représailles qui pourraient aller jusqu'au châtiment suprême ?

Pour une première adaptation, on peut dire qu'elle est réussie et ce, de manière magistrale ! Du roman de Philippe Claudel, Manu Larcenet tire la quintessence pour nous livrer le premier album d'un diptyque des plus poignants. Des textes durs, alternant avec des vignettes qui se suffisent à elles-mêmes, martèlent cette incroyable histoire. L'auteur complet a trouvé le ton juste pour décrire des événements sans faire dans le pathologique ou le voyeurisme !

Le dessin est aussi noir que le récit, à l'image de la remarquable série BLAST. Des gueules de ses bourreaux dans le camp de concentration au regard candide de la fille de Bradeck, la sensibilité de l'auteur transpire à chaque page, ne laissant pas le lecteur indifférent. Le format à l'italienne se prête particulièrement au récit d'un album de près de 160 pages qui se lit d'une traite.

Du grand Larcenet, au point qu’il devient de plus en plus difficile de trouver des qualificatifs à cet auteur qui, au fil de ses réalisations, apparait comme un des plus talentueux de sa génération.

Indispensable !

LE RAPPORT DE BRADECK T1 LARCENET Editions DARGAUD, 158 pages 22,00 €

Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bernard LAUNOIS

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 28 Avril 2015

Los Angeles, à l'aube des années 60, Callie, une petite fille américaine vient de perdre sa maman, séparée de son père parti noyer son désespoir dans l'alcool. Callie ne lui a jamais pardonné d'avoir fui la maison mais voilà, sa mère partie c'est Paul Ares, son père qui doit s'occuper d'elle. Va-t-elle parvenir à cohabiter avec l'ancien vétéran de la guerre de Corée qui dans sa tête, n'en est jamais revenu ? Dans quelle circonstance sa mère s'est-elle retrouvée assassinée dans une chambre d'hôtel ?  Comme si ces interrogations n'étaient pas suffisantes, voilà que Callie se met à avoir des hallucinations la nuit: le fantôme de sa mère tenterait de lui révéler les circonstances de sa mort.

Le scénariste KOLDO signe là un polar fantastique des plus réussis avec des énigmes à tiroirs dont il a le secret. Avec le premier tome d'un diptyque dont l'écheveau se tisse au fil des pages, le lecteur se trouve rapidement embarqué dans une drôle d'aventure où la réalité dépasse allègrement la fiction. Avec un dessin comics du plus effet, bien dans le ton des années 60, le dessinateur Angel Unzueta transporte le lecteur dans les arcanes de l'Amérique profonde. On ajoutera une mention particulière aux couleurs rétro, rappelant la belle époque des Marvel.

A consommer sans modération...

FACE D'ANGE KOLDO/UNZUETA Collection GRAFICA Editions GLENAT 48 pages 13.90€

 

Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bernard LAUNOIS

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0

Publié le 14 Avril 2015

Il aura fallu une invitation de l'Institut Français pour que l'auteur complet Joël Alessandra se décide à revenir sur la terre de ses aïeux et se confronte à son histoire, découvrant enfin l'Algérie et plus particulièrement Constantine autrement que par les vieilles photos jaunies retrouvées dans sa famille. Immigrés italiens venus chercher du travail au début du XXe  siècle, ses ancêtres ont travaillé dur pendant des décennies pour s'en sortir et leur départ précipité vers la France, pays d'adoption, va laisser des traces indélébiles.

Alors, avant de franchir la Méditerranée, l'auteur hanté par les images de ses parents et les paroles de ses ascendants, se demande bien ce qu'il va découvrir... leurs réalisations lorsqu'ils exerçaient leurs talents de bâtisseurs et surtout au-delà de cela, qui étaient-ils vraiment ? Des gens bien, ou d'ignobles racistes qui ne pensaient qu'à s'enrichir sur le dos de la population locale ? L'inquiétude ne cesse d'augmenter au fur et à mesure qu'il investit les lieux, partagé entre la beauté du site et la réaction des autochtones à l'évocation de la famille Alessandra.

Initialement parue dans l'excellente revue XXI en version "courte", l'auteur a eu l'heureuse idée d'étoffer cette histoire pour offrir au lecteur un émouvant témoignage, avec des flashbacks sur la période de "plein" emploi qui a sauvé bon nombre d'immigrés, mais également la période sombre de l'OAS et son lot d'atrocités et d'incompréhensions. Avec ce récit, taillé comme un reportage, Joël Alessandra affirme encore un peu plus son talent de conteur et d'aquarelliste hors pair, jamais aussi bon que dans les décors du continent africain qu'il affectionne tant.

Alors, en route pour un retour aux sources des plus réussis.

Petit-fils d'Algérie ALESSANDRA Collection univers d'auteurs Éditions CASTERMAN 128 pages 19.00 €

 

Bernard LAUNOIS

Voir les commentaires

Rédigé par Bulles de Mantes

Publié dans #Coup de coeur Bernard LAUNOIS

Repost0