Publié le 26 Avril 2017
Rien ne prédestinait la jeune Tsuda Setsuko à embrasser la carrière d’une geisha. Il aura fallu la longue et triste déchéance de son père pour que celui-ci décide, après la perte accidentelle d’une jambe, de la vendre à une maison réputée de geisha. Huit ans, est-ce un âge pour découvrir ce monde d’adulte, et se plier à un apprentissage des arts des plus rigoureux ? Maintenant, si elle ne veut pas devenir une vulgaire servante ou pire une prostituée à vie dans cette maison, il lui faudra maîtriser l’art du chant, de la danse, de l’élégance et de la musique. Hélas, son visage disgracieux et ses difficultés à acquérir tous ces arts s’avèrent un frein à ses ambitions. Heureusement, le shamisen, guitare à trois cordes sera assurément sa planche de salut : elle va se révéler très douée dans le maniement de l’instrument et qui sait, peut-être pourra-t-elle gagner suffisamment d’argent pour aider ses parents dans le besoin ?
Avec talent, le scénariste Christian Perrissin immerge le lecteur dans le monde encore si
mystérieux de la vie de ces femmes japonaises cultivées des années 20, vouées au culte du raffinement. Formidablement bien documenté, ce premier album d’un diptyque fort prometteur entraîne le lecteur au long des vicissitudes de l’émouvante jeune enfant, dans les arcanes d’une okiya tenue par une maîtresse femme à poigne.
Avec un trait plutôt réaliste, le dessinateur Christian Durieux manie à la perfection toutes les palettes du noir et blanc, allant même jusqu’à transcender ses paysages de jour comme de nuit. On ajoutera une mention particulière au découpage particulièrement réussi, alternant paysages et gros plans des personnages.
A lire instamment.
GEISHA OU LE JEU DU SHAMISEN PERRISSIN/DURIEUX Editions FUTUROPOLIS 88 pages, 19,00 €
Bernard LAUNOIS
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Les scénaristes Pierre Boisserie et Didier Convard tissent petit à petit les fils d’une intrigue de plus en plus trouble, avec en filigrane la récupération de ces fameuses fiches perforées rédigées par les agents du gouvernement de Vichy, remplies d’information sur le passé plus ou moins douteux de bon nombre de personnes influentes pendant la guerre. Relations politiques, tendance religieuse, orientation sexuelle, ces fiches sont une mine de renseignements
à l'organisation d'une course auto extrême dans laquelle tous les coups seront permis, un peu à la manière des fameuses courses de chars romaines. L'information va se répandre comme une traînée de poudre et la station et ses alentours ne vont pas tarder à être envahis de personnages à la mine patibulaire, des médias à l'affût d'un reportage à sensation, ou des agents fédéraux dévoyés du Secret Service. Bref, une population plutôt hétéroclite venue en découdre pour des raisons diverses.

attristants, sans fioritures mais sans non plus chercher à apitoyer le lecteur. Le récit est fluide et le lecteur va s'attacher très rapidement à ce diable d'homme qui aura bravé tous les interdits pour venir en aide à ses congénères, sans jamais chercher à sauver sa peau.




Après le succès fort mérité de Love in Vain, le scénariste Jean-Michel Dupont nous livre là, sur près de 120 pages, un scénario plus intimiste sur la dure condition des ouvriers du début du XXème siècle et plus particulièrement des mineurs, et l’hégémonie de la bourgeoisie bien pensante qui ne pense qu’à faire du profit au risque de mettre en péril la vie des ouvriers. Jean-Michel Dupont dépeint également avec talent les conditions de vie des troupes itinérantes des Indiens, qui après avoir subi les invasions se retrouvent à faire des démonstrations au travers de toute l’Europe pour continuer à survivre. Mais le tour de force de cette histoire aura sûrement été de faire rencontrer, au travers de ce récit, des gens de conditions tout aussi difficiles avec des univers de vie aux antipodes les uns des autres, et susciter à la fois de l’émotion devant les événements vécus, de l’angoisse et aussi des moments d’émerveillement devant les cavalcades de ces Indiens poursuivis par un tonitruant Buffalo Bill.





souvenirs heureux et malheureux, notamment avec la belle Mila Moric qui lui avait fait une promesse s’ils se retrouvaient un jour à Venise… Que lui reste-t-il à faire devant la dépouille sanguinolente, classer l’affaire sans suite ou poursuivre l’enquête au risque peut-être d’y trouver des déconvenues ? Qui sait, la clé de l’énigme se trouverait peut-être sur la cité lacustre ?