coup de coeur bernard launois

Publié le 29 Juin 2017

L’été en pente douce, retour vers une descente aux enfers

L’arrivée de Lilas fleur de banlieue dans le bled natal de Fane, qui plus est le jour de l’enterrement de la mère de son nouveau compagnon, fait l’effet d’une bombe. Que vient donc faire cette bombasse, jupe ras les fesses, des lunettes de soleil pour cacher un beau coquard, dans cette famille ? Fuir sa précédente existence, faite de coups et d’humiliations et refaire sa vie auprès de Fane et de son frère, qui ne s’est jamais remis d’une trépanation alors qu’il avait une quinzaine d’années ?

Toujours est-il que sa venue ne remporte pas l’adhésion et plus particulièrement celle des voisins qui lorgnent depuis bon nombre d’années la maison de la mère maintenant décédée, pour leur permettre d’enfin réunir leurs deux garages en y adjoignant un restaurant à la place de la bicoque.

Trente ans après la sortie du film éponyme réalisé par Gérard Krawczyk, une adaptation du roman de Pierre Pelot, voilà une belle version revisitée par le romancier lui-même et mise en images par le dessinateur Jean-Christophe Chauzy pour en faire une belle bande dessinée. Les dialogues sont alertes et les réparties fusent autant que les coups, c’est dire !

Saluons ici la manière dont le dessinateur a su s’éloigner des personnages du film, pourtant bien ancrés dans les mémoires de ceux qui l’ont découvert à la fin des années 80, et plus particulièrement de la plantureuse Pauline Lafont dans le rôle de Lilas. Le tour de force de cet album est de faire (re)découvrir cette histoire sensuelle et sulfureuse avec un tandem Pelot/Chauzy qui fonctionne à merveille et donne au lecteur l’envie de (re)voir le film, voire (re)lire le roman.

L’ETE EN PENTE DOUCE PELOT/CHAUZY Editions FLUIDE GLACIAL 112 pages, 18,90 €

 

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 27 Juin 2017

Lady Whisky, à consommer sans modération !

Il aura fallu le décès de sa tante par alliance pour que le narrateur Joël Alessandra, d'origine marseillaise et plutôt porté habituellement à arpenter des contrées africaines, décide de traverser la Manche pour rejoindre la terre écossaise en quête d'un graal.

Il faut dire que sa tante, Helen Arthur, une des plus célèbres critiques de whisky du monde, vient à décéder en 2015, et qu'en découvrant ses carnets il apprend qu'elle cherchait à créer son propre whisky, un nectar qui serait la quintessence de tous les saveurs délicates trouvées lors de ses pérégrinations auprès des distilleries d'orge de la planète. Seulement voilà, chercher le divin breuvage qu'on ne connaît pas vraiment, dont on a bien goûté quelquefois le liquide... Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Néanmoins, c'est sur l'île d'Islay en compagnie de Caroline Dewar, grande amie d'Helen et journaliste experte en whisky, que Joël va entamer son voyage initiatique en même temps que le lecteur.

Sans tomber dans les travers d'un banal cours de dégustation de whisky au demeurant instructif, l'auteur complet Joël Alessandra captive rapidement son auditoire, qu’il soit béotien ou amateur inconsidéré du divin breuvage, avec la rencontre de personnages tout aussi complexes et attachants que ces malts distillés.

Le dessin de Joël Alessandra n'est pas en reste et le lecteur va vite se retrouver envoûté  par des superbes paysages mis en aquarelles avec ses talents de peintre que l'on n'a plus à présenter. Que ce soit au fin fond de l’Afrique ou de l’Asie, ou sur les chemins d’Ecosse, le dessin de Joël Alessandra transporte rapidement le lecteur dans son sillage, donnant une fois de plus l’envie de découvrir in situ et qui sait, peut-être faire les mêmes rencontres.

À déguster avec un whisky à la main, ou pas.

LADY WHISKY ALESSANDRA Editions CASTERMAN 142 pages, 22 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 9 Mai 2017

LES MIROIRS DU CRIME T1, ou le culte de la sulfateuse

Pigalle 1954, l’ère de la pègre et de la prostitution bat son plein  et il ne fait pas bon trainer dans les rues la nuit si l’on ne veut pas se retrouver criblé de plombs. C’est pourtant ce qui va arriver à Guy, propriétaire du club « La perle noire » célèbre pour ses stripteases, et qui n’aura la vie sauve que grâce à un clochard qui s’est interposé, prenant les pruneaux à sa place. Que reproche-t-on à Guy pour attenter à sa vie sinon  sa ferme  opposition à tremper dans des affaires de drogue ?

Guy est un homme d’honneur, et il va falloir sauver la vie au vagabond truffé de plombs. Mais qui est cet homme, pourquoi a-t-il pris tous les risques ? Comment finira cette guerre des gangs sinon dans un bain de sang ?

Le scénariste Noël Simsolo entraine le lecteur dans une drôle d’affaire qui, dès les premières pages, sent la poudre. Quand on y rajoute le sexe, le jeu, la drogue et l’argent facile, on obtient tous les ingrédients pour faire monter une mayonnaise bien noire. Avec des répliques bien senties, des personnages bien trempés, le scénario est plutôt bien construit, et le lecteur rentre vite dans une histoire qui a toutes les caractéristiques d’un cloaque dont on ne peut sortir indemne. Le talent graphique du dessinateur Dominique Hé, rehaussé par de superbes couleurs, n’est pas en reste et son trait réaliste, très ligne claire, colle parfaitement au récit. Les décors sont précis, et les personnages tout aussi patibulaires les uns que les autres renforcent un scénario digne des films policiers des années  60-70, tels le Samouraï ou encore le cercle rouge.

 

Les tueurs de Pigalle, voilà le premier opus d’un diptyque fort prometteur qui nous replonge avec délice dans le Paname des années 50.

LES MIROIRS DU CRIME T1 SIMSOLO/HE Collection Grafica Editions GLENAT 48 pages, 13.90 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 7 Mai 2017

COSMIK ROGER, l’intégrale délirante tant attendue !

Et si la réalité dépassait la fiction ? Il faudrait alors que l’humain envoyé par décision présidentielle chercher une planète aussi accueillante que la Terre, mais assurément moins polluée et surpeuplée, soit d’une autre trempe que le gugusse choisi par le président terrien de cette hilarante histoire.

Les connaisseurs auront vite fait le rapprochement avec la série Valérian dont le pauvre Roger est une bien pâle copie, mais tellement drôle. Cosmik Roger, voilà l’archétype du loser de première qui a le luxe de cumuler toutes les qualités de la terre : hâbleur, dragueur, alcoolique, bon vivant… peut-être pas si loin du Français moyen. Autant bouffeur de kilomètres que descendeur de boissons qui sont à consommer avec modération, Roger n’aura de cesse que de parcourir toute la galaxie à la recherche d’une hypothétique planète pour remplir la mission présidentielle. Réussira-t-il à remplir sa tâche, pourra-t-il revenir triomphant avec l’auréole de sauveur de l’humanité ?

La force des auteurs Julien et Mo/CDM réside assurément dans le capital sympathie qu’ils ont donné à leur héros au point que le lecteur ne peut qu’adopter cet aimable cosmonaute. Les répliques sont drôles, souvent percutantes et le lecteur n’aura de cesse de s’esclaffer devant toutes les frasques du personnage. On ajoutera des dessins fouillés peuplés d’extra-terrestres tout aussi hideux les uns que les autres et de jolies filles dans des paysages improbables, qui font de cette série une belle réussite.

Enfin, une mention toute particulière est à faire pour la belle réalisation de cette intégrale, qui comptera deux volumes, avec l’ajout de deux histoires inédites, un cahier graphique de 22 pages, sans oublier le clin d’œil délicieux de Jean-Claude Mézières avec la réalisation d’un dessin hilarant en préface.

A consommer sans modération.

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 30 Avril 2017

TER T1, une belle réussite à découvrir instamment !

On m’appelle Mandor, depuis que Maître Pip le dépouilleur de sépultures, vient de me découvrir nu et allongé dans une des tombes qu’il vient de visiter. J’ai approximativement trente ans et pour le plus grand malheur de Pip et des membres de son village, je suis amnésique et je ne parle pas ! Qui suis-je, d’où je viens, ne serais-je pas une sorte de messager, de guide, comme le professe une prédiction d’un psaume des prêtres d’en haut ? Toujours est-il que je suis l’attraction du village, allant même jusqu’à faire peur puisque je serais capable de réaliser des prophéties. Avec le concours d’Yss, la sœur de Pip et de la maitresse d’école, j’ai appris à parler mais hélas, je ne me souviens toujours pas de ma vie précédente.

Le scénariste Rodolphe, grand narrateur de fort belles histoires, excelle tout particulièrement dans les récits de science-fiction et frappe encore là très fort avec le premier tome de la série TER, entraînant le lecteur dans une intrigue dont il a le secret, et distillant petit à petit des indices à la fois pour découvrir le monde fantasmagorique dans lequel a atterri Mandor et pour suivre la quête de son identité.

Quel dessin, Christian Dubois signe là un superbe opus, avec le premier album du triptyque de la série TER ! Un découpage dynamique des planches avec une foultitude de décors tout aussi beaux que  fantastiques où évoluent des personnages de belle facture. Quant aux couleurs, elles sont chatoyantes et complètent admirablement le dessin.

Une mention spéciale pour les quinze pages d’illustrations, entre crayonnés et recherches de personnage qui agrémentent de fort belle manière ce premier épisode.

Alors, c’est le moment de franchir le pas et partager la vie et les émotions de Mandor.

TER T1 RODOLPHE/DUBOIS Editions MAGHEN 80 pages, 16,00 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 26 Avril 2017

Geisha ou le jeu du shamisen, la longue quête de l’art du raffinement

Rien ne prédestinait la jeune Tsuda Setsuko à embrasser la carrière d’une geisha. Il aura fallu la longue et triste déchéance de son père pour que celui-ci décide, après la perte accidentelle d’une jambe, de la vendre à une maison réputée de geisha. Huit ans, est-ce un âge pour découvrir ce monde d’adulte, et se plier à un apprentissage des arts des plus rigoureux ? Maintenant, si elle ne veut pas devenir une vulgaire servante ou pire une prostituée à vie dans cette maison, il lui faudra maîtriser l’art du chant, de la danse, de l’élégance et de la musique. Hélas, son visage disgracieux et ses difficultés à acquérir tous ces arts s’avèrent un frein à ses ambitions. Heureusement, le shamisen, guitare à trois cordes sera assurément sa planche de salut : elle va se révéler très douée dans le maniement de l’instrument et qui sait, peut-être pourra-t-elle gagner suffisamment d’argent pour aider ses parents dans le besoin ?

Avec talent, le scénariste Christian Perrissin immerge le lecteur dans le monde encore si mystérieux de la vie de ces femmes japonaises cultivées des années 20, vouées au culte du raffinement. Formidablement bien documenté, ce premier album d’un diptyque fort prometteur entraîne le lecteur au long des vicissitudes de l’émouvante jeune enfant, dans les arcanes d’une okiya tenue par une maîtresse femme à poigne.

Avec un trait plutôt réaliste, le dessinateur Christian Durieux manie à la perfection toutes les palettes du noir et blanc, allant même jusqu’à transcender ses paysages de jour comme de nuit. On ajoutera une mention particulière au découpage particulièrement réussi, alternant paysages et gros plans des personnages.

A lire instamment.

GEISHA OU LE JEU DU SHAMISEN PERRISSIN/DURIEUX Editions FUTUROPOLIS 88 pages, 19,00 €

Bernard LAUNOIS

 

 

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Publié le 22 Avril 2017

Les années rouge & noir T2, retour vers un douloureux passé

Paris, hiver 1946, la dernière guerre est finie, vive la nouvelle ! Plus larvée et avec une odeur nauséabonde de règlements de comptes !

Entre Alain Véron, OS dans les ateliers Renault qui cherche vainement à connaitre la sombre vérité sur l’assassinat de son frère Jean en août 1944, et Agnès Laborde qui cherche à taire la vérité car elle est directement responsable du traquenard qui aura coûté notamment la vie de Jean, la pelote est difficile à démêler. Mais peut-être que l’ancienne informatrice des réseaux communistes, devenue journaliste pour le magazine Elle, vendra la mèche ? On ajoutera le drôle de jeu d’influence de Bacchelli, ex-dirigeant du Rassemblement National Populaire de Vichy, du fond de sa prison, pour se faire libérer.

Le dessin réaliste de Stéphane Douay, servi par des couleurs de Marie Galopin aussi sombres que le récit, sert tout particulièrement un scénario bien découpé, où le suspense ne faiblit pas.

Les scénaristes Pierre Boisserie et Didier Convard tissent petit à petit les fils d’une intrigue de plus en plus trouble, avec en filigrane la récupération de ces fameuses fiches perforées rédigées par les agents du gouvernement de Vichy, remplies d’information sur le passé plus ou moins douteux de bon nombre de personnes influentes pendant la guerre. Relations politiques, tendance religieuse, orientation sexuelle, ces fiches sont une mine de renseignements  qui donneront un sacré pouvoir à celui qui arrivera à mettre la main dessus.

Le lecteur va découvrir petit à petit tous les rouages d’un passé pas très glorieux, pour nombre de personnes qui ont contribué à servir un pouvoir proche de l’envahisseur et cherché par tous les moyens à se débarrasser de leur passé gênant pour se refaire une virginité.

 

A lire instamment.

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 18 Avril 2017

Evel O'Neil, ancienne gloire de la période bénie des compétitions automobiles vintage, et sa fille Cristal coulent depuis déjà quelques années des jours tranquilles dans leur vieille station-service au fin fond du désert continental. L'arrivée de Billy Joël, jeune baroudeur aux idées loufoques, ne va pas tarder à bouleverser la quiétude de la famille Neil.

Voilà que cet olibrius, armé d'une Winchester, a décidé que Lisa Dora Station servirait de base à l'organisation d'une course auto extrême dans laquelle tous les coups seront permis, un peu à la manière des fameuses courses de chars romaines. L'information va se répandre comme une traînée de poudre et la station et ses alentours ne vont pas tarder à être envahis de personnages à la mine patibulaire, des médias à l'affût d'un reportage à sensation, ou des agents fédéraux dévoyés du Secret Service. Bref, une population plutôt hétéroclite venue en découdre pour des raisons diverses.

Un scénario bien ciselé avec des dialogues percutants, le ton est vite donné dès les premières pages et les "quelques" 160 pages sont dévorées aussi rapidement que la vitesse de bolides sur les sables du désert. Comment cela va-t-il bien pouvoir finir ? La course aura-t-elle bien lieu, quel sera le vainqueur qui remportera la Winchester, trophée appartenant encore à Billy ? Le suspense est à son comble !

On ajoutera le trait acéré et demi-réaliste du dessinateur de Joe Bar Team dans des couleurs jaunes dominantes pour faire de ce premier album du diptyque Streamliner un des meilleurs road-movie depuis longtemps !

Pour les amateurs d’huile de ricin mais aussi de suspense, de belles réparties associées à de belles bagarres, c'est le moment de dévorer à pleines dents cet album.

STREAMLINER 'FANE ÉDITIONS RUE DE SÈVRES 160 pages 22,50 €

 

Bernard LAUNOIS

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Publié le 31 Mars 2017

Ma guerre de La Rochelle à Dachau, des images sur des maux.

De La Rochelle à Dachau le lecteur va découvrir le parcours de l'horreur de Guy-Pierre Gautier, un jeune homme épris de liberté qui se sera révolté contre l'oppression nazie, pour échouer dans le tristement célèbre camp de travail de Dachau.

En 1943, Guy-Pierre Gautier sort à peine de l'adolescence lorsqu'il se lance à corps perdu dans la résistance, multipliant les sabotages en tout genre, ou réalisant des tracts pour les diffuser au risque de se faire prendre. Hélas, la fougue et l'insouciance de la jeunesse vont faire partie des éléments qui vont contribuer à le faire tomber, lui et une bonne partie de son réseau de résistance. Arrêté, interrogé, torturé par la Gestapo, il est interné dans les prisons françaises puis transporté par les trains de la mort vers Dachau, où l'enfer commence...

Quel récit que le parcours de ce jeune adulte qui n'aura eu de cesse, comme des milliers d'autres, de faire face à l'oppression nazie!

Les auteurs Guy-Pierre Gautier lui-même et Tiburce Oger livrent là un parcours des plus attristants, sans fioritures mais sans non plus chercher à apitoyer le lecteur. Le récit est fluide et le lecteur va s'attacher très rapidement à ce diable d'homme qui aura bravé tous les interdits pour venir en aide à ses congénères, sans jamais chercher à sauver sa peau.

Le dessin semi-réaliste avec ce trait acéré, caractéristique de Tiburce Oger, colle parfaitement au biopic, et les couleurs souvent accentuées renforcent certaines cases qui sont au-delà du soutenable.

 

Au-delà du devoir de mémoire indispensable pour les générations présentes et futures qui rappelle combien les conditions de vie à Dachau ont été inhumaines, ce rescapé des camps de la mort aura souligné tout au long du récit sa formidable envie de vivre: une belle leçon d'humilité et d'indispensable grandeur d'âme !

MA GUERRE DE LA ROCHELLE À DACHAU GAUTIER/OGER Éditions RUE DE SÈVRES 88 pages 17 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 22 Mars 2017

Morocco jazz, toute bonne chose a une fin...

Il aura fallu l'arrivée d'un paquet chez Louise la vieille dame Parisienne pour raviver des souvenirs à jamais enfouis dans sa mémoire. Un come back saisissant soixante ans plus tôt va lui rappeler sa vie lorsqu'elle était chanteuse dans les cabarets de Casablanca. À cette époque, elle passait le plus clair de son temps avec ses deux amies Sybil et Camille à faire la fête, alors que les tensions entre les indépendantistes et le pouvoir Français s'intensifiaient. Attentats journaliers, descentes de police et exactions en tout genre faisaient rage sans entamer l'insouciance des donzelles jusqu'à...

Auteur complet, Julie Ricossé dresse sans complaisance un portrait plutôt grinçant de la relation de pouvoir et de l'hégémonie française sur un peuple marocain en quête d'indépendance, sur fond d'amitié et de complicité particulièrement indéfectibles entre les trois copines. 

Devant un dessin réaliste aquarellé du plus bel effet rappelant les ambiances de Jacques Ferrandez, on s'attardera sur les rues ensoleillées de la capitale marocaine, les couchers de soleil contrastant avec les geôles peuplées de jeunes gens pris dans une rafle attendant un interrogatoire musclé.

Ce roman graphique de plus d'une centaine de pages, agrémenté d'un riche cahier graphique, se lit d'une traite et au travers du parcours de Louise donne l'envie de (re)découvrir l'époque trouble où la France tentait encore de régner sur ses colonies.

MOROCCO JAZZ RICOSSE collection Hors Collection Éditions GLENAT 112 pages 19,50€

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Rédigé par Bulles de Mantes

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