coup de coeur bernard launois

Publié le 8 Septembre 2017

La Vallée du diable, les terres de la désillusion

1925, Blanca la vieille, Florentin le jeune orphelin, Pauline la jeune veuve, et Arpin l'ancien poilu ne pensaient pas un seul instant que la fuite de leur Savoie natale pour la Nouvelle-Calédonie ressemblerait plus à un cauchemar qu'à un rêve. 

Eux qui pensaient refaire leur vie dans un paysage paradisiaque se retrouvent pris entre les colons, qui ne pensent qu'à les exploiter, les Kanaks, qui n'acceptent pas de se voir avilis par les colons et spoliés de leurs terres nourricières, et les anciens bagnards qui ne trouvent pas leur place. La colère gronde et la venue d'une tempête tropicale va servir de détonateur à un déclenchement de violence sans précédent.

Après la longue marche au travers des massifs alpins à la recherche d'un monde meilleur dans 'Le Sentier des reines', l'auteur complet Anthony Pastor transporte ses personnages et le lecteur dans un pays tout aussi difficile à vivre que ne l'était la Savoie, la froidure en moins mais la chaleur tropicale en sus. 

Une belle chronique sur les conditions sociales de l'après-guerre au fin fond de la Nouvelle-Calédonie, où les ressentiments se mêlent aux sentiments, jalousies et spoliations. L'amour n'a jamais tant côtoyé la haine, entre Arpin qui a fait un enfant à une jeune kanake convoitée par un local alors que sa Pauline, sa femme, se désespère de le retenir, et Florentin qui refuse de répondre aux avances de la fille du propriétaire qui les a recueillis.

Quant au dessin, il sublime le scénario en y rajoutant toute l'intensité. Avec un trait réaliste habillé de belles couleurs, l'auteur transporte le lecteur dans un univers rempli d’action.

Cet album, bien qu'il soit la suite de l'excellent road movie au travers des Alpes, peut se lire indépendamment et sans modération.

LA VALLÉE DU DIABLE PASTOR Éditions CASTERMAN 128 pages, 20,00 €

 

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 31 Août 2017

Titeuf T15, l’incontournable Titeuf a encore frappé, nom d’un slip !

De la calvitie naissante de Papa à laquelle il a décidé de remédier coûte que coûte aux couches de Zizie qu’il assimile à des déchets nucléaires qui puent du slip, le brave Titeuf essaie, tant bien que mal, de se confronter à la vie des adultes. Comme beaucoup d’enfants de son âge, cette chère tête blonde s’avère être une véritable éponge qui ingère les problématiques tant de sa génération que celle de ses parents et tente de les résoudre avec plus ou moins de bonheur.

Seulement, Titeuf n’est pas aidé et souvent tout ce qu’il entreprend prend des airs de catastrophe au point de ressembler au Caliméro de la première génération pour qui « c’est trop injuste ».

Si la belle Nadia est toujours d’actualité dans les histoires en une page qui composent cet album, elle n’est plus le centre du monde et c’est un Titeuf ouvert aux autres que l’on découvre, tantôt attendrissant, tantôt revendicatif mais toujours aussi drôle.

Au-delà du pipi-caca que son célèbre personnage vénère, on admirera la véritable performance de l’auteur complet Zep qui trouve encore le moyen de se renouveler après une quinzaine d’albums. Au long de cet opus, Zep au travers de Titeuf jette un regard des plus justes sur la société, traitant de sujets graves sur le ton de la badinerie.

Un Titeuf qui ravira petits et grands et qui devrait assurément faire partie des albums indispensables de la rentrée.

TITEUF T15 A FOND LE SLIP ! ZEP Tchaô collection éditions GLENAT, 48 pages 10,50 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 28 Août 2017

MULO T1 Crachin breton, à la recherche de ses origines...

Il aura fallu la réception d'un mystérieux courrier pour décider Mulo, jeune ânon orphelin, de se rendre sur une île bretonne où la conserverie Rocambole détiendrait dans un casier des éléments primordiaux de sa prime jeunesse. Peut-être va-t-il enfin découvrir qui sont ses parents, du moins c'est ce qu'il espère ? Seulement, rien  n'est simple et sa venue du continent ne va assurément pas faire que des îliens heureux.

Le scénariste Pog nous gratifie d'un bon polar animalier bien noir, au récit plutôt haletant dont les chapitres sont ponctués d'un intermède à propos, composé à chaque fois d'une maxime accompagnée de sa traduction en breton et d'un objet caractéristique. Quant aux dialogues, ils sont aussi percutants que les coups de poing et de fusil qui sont distribués tout au long de l’histoire.

Avec des personnages plutôt à croquer que l'on verrait bien dans les livres destinés à la  jeunesse, le dessinateur Cédric Le Bihan trompe bien son monde. En effet, le lecteur va  s'apercevoir très rapidement que les apparences sont trompeuses et que ces renard, belette, loup et autre ânon sont en fait taillés pour des règlements de compte à la ok corral.

On y ajoutera de belles couleurs mêlant l'aquarelle au numérique qui font de ce premier opus de la série Mulo, une histoire à découvrir instamment.

Enfin, la première édition comporte un cahier de jolis crayonnés qui devrait ravir bon nombre de lecteurs.

MULO T1 CRACHIN BRETON POG/LE BIHAN Éditions DARGAUD 96 pages 15,99 €

Bernard Launois

 

 

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Publié le 26 Juillet 2017

INFINITY 8 T4 Guérilla symbolique, en route pour l’aventure intergalactique…

Avec Guérilla symbolique, la série INFINITY 8 s'enorgueillit d'un quatrième opus toujours placé sous la symbolique du chiffre 8, avec autant de missions que d'agents chargés de reboots temporels qui devraient sauver l'INFINITY 8.

Tout un programme et on peut dire que la tâche confiée par le Capitaine de l'Infinity à Patty Zimmer n'est pas des plus aisées. Alors après cinq ans de préparation elle était enfin prête à infiltrer la Guérilla symbolique, un groupuscule politique chéri des réseaux, voilà que l'on lui casse la baraque au risque de lui griller sa filature en lui collant une mission d'urgence. Et quelle mission, celle consistant à aller fouiller dans une nécropole intergalactique dont on n'arrive à déterminer les origines malgré trois reboots ! 

Plaçant des dialogues vifs et souvent drôles, voire caustiques, les scénaristes Lewis Trondheim et Kris ont su, avec une histoire apparemment loufoque, entraîner le lecteur dans un récit plutôt bien construit. De l'implacable agent Zimmer au fallacieux Ron Digger  en passant par Moosh l'agaçant blogger qui ne pense qu'à augmenter ses followers, c'est une galerie de personnages plus pittoresques les uns que les autres qui évoluent dans un univers hallucinogène.

Le dessinateur Martin TRYSTAM est parfaitement parvenu à retranscrire un univers des plus psychédéliques, avec un dessin rehaussé de couleurs flashy en parfaite adéquation avec le récit.

L’album peut se lire indépendamment des trois opus précédents, et sa lecture donnera au lecteur l’envie irrésistible de (re)plonger dans cette attachante aventure fantasmagorique.

INFINITY 8 T4 GUERILLA SYMBOLIQUE TRONDHEIM/KRIS/TRYSTAM Editions RUE DE SEVRES, 96 pages, 17,00 €

 

Bernard LAUNOIS

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Publié le 8 Juillet 2017

AMBER BLAKE, la redresseuse de torts bien attachante !

Délaissée à 5 ans, Amber Blake fait connaissance avec les orphelinats qui appartiennent au

programme CLEVELAND, réputé pour faire des défavorisés l'élite de la nation. Ce réseau d'écoles, né de l'imagination d'un magnat indien philanthrope, va permettre à la jeune Amber d'acquérir des connaissances qui favoriseront assurément son insertion dans la vie active. Hélas, ce parcours linéaire et bien lisse va  bientôt être perturbé par les exactions du directeur de l'école londonienne qui passe son temps à abuser de ses élèves jusqu'au... meurtre de la meilleure amie d’Amber. Que faire, dénoncer le pervers au risque d'être désavouée, ou fuir ? Elle trouvera son refuge dans l'ARGON, une organisation secrète spécialisée dans la lutte contre les crimes comme la pédophilie et la prostitution et plus généralement dans la défense de l'être humain. Intelligente, sportive, déterminée dans ses combats, la jeune et belle Amber possède tous les atouts pour faire la justicière, et elle ne va pas s'en priver !

Rompue à tous les codes de la bande dessinée, la scénariste Jade Lagardère entraîne le lecteur dans une aventure des plus trépidantes. Le scénario est plutôt fluide, et à la manière d'un Largo Winch féminin le lecteur va vite se prendre au jeu de cette jeune femme qui paraît à la fois si fragile, et tellement forte quand il s'agit de mener à bien ses missions de « nettoyage ».

Avec un trait comics très dynamique,  le dessinateur Jackson Butch Guice colle parfaitement au récit, alternant des scènes d’action fort bien rythmées avec des moments plus sereins pour mieux apprécier la tempête.

Une mention spéciale pour les couleurs numériques réalisées par Dan Brown, qui renforcent particulièrement les encrages et donnent de la profondeur au dessin.

Beau démarrage sur les chapeaux de roue avec ce premier album prometteur qui laisse augurer d’une belle série.

AMBER BLAKE T1 LA FILLE DE MERTON CASTLE LAGARDERE/GUICE Collection Grafica Editions GLENAT 48 pages, 13.90 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 5 Juillet 2017

Street Fighting Cat, chat va chauffer !

Hige n'est pas un chat bien né, avec plutôt un pédigrée de chat de gouttière, version mal famée. Seulement, sa triste condition ne le satisfait point et il va tout faire pour s'en sortir, quitte à se battre avec tous les Raminagrobis de la planète.

Et pourquoi ne pas intégrer un gang ? Ce n'est hélas pas une solution de facilité car pour être accepté dans un groupe, il faut faire ses preuves. Hors Hige n'est pas l'exemple type du courageux et il ne va tarder à se trouver confronté à un choix cornélien : fuir l'ennemi ou défendre son compagnon de route.

Le chat est un félin, prédateur certes domestiqué par les humains mais qui reprend vite ses instincts lorsqu'il part chasser la nuit, quand tous ses congénères sont gris. Avec des dialogues aussi rugueux que les coups de griffe assénés tout au long de la série, le scénariste SP emmène le lecteur dans un univers des plus étranges où la loi du plus fort reste toujours d'actualité. Les dessins de Nakatera sont alertes avec des bouilles de chat plutôt sympathiques... en apparence car ils sortent les griffes et les crocs, et il ne fait pas bon tomber dans leurs pattes.

On regrettera des ambiances de nuit un peu trop prononcées qui auraient tendance à nuire quelque peu à la lisibilité de l'album. Néanmoins, le lecteur devrait y trouver son compte et réaliser rapidement que le matou qu’il a l’habitude de voir se prélasser devant la cheminée se transforme en Mr. Hyde une fois la nuit apparue, et pour son plus grand plaisir.

STREET FIGHTING CAT tomes 1 & 2 SP/NAKATEMA Editions DOKI DOKI 192 pages, 7.50€ (série en 4 volumes)

Bernard LAUNOIS

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Publié le 3 Juillet 2017

Edelweiss, la fleur de l'espoir à préserver

Olympe, fille de politicien, ne rêve que de reproduire l'exploit d'Henriette d'Angeville son

aïeule, celui de conquérir le Mont Blanc. Seulement voilà, la période de la deuxième guerre mondiale alors qu'elle habite Paris n'est guère des plus favorables pour réaliser cet exploit. Il faudra la rencontre d'Edmond, jeune ouvrier chez Renault qui s'est très vite entiché de la jeune fille, pour que peut-être le rêve se réalise. Edmond souffre particulièrement de sa condition ouvrière et ne se sent pas à la hauteur de la famille bourgeoise d’Olympe. Malgré

tout il s’avère tenace, et serait prêt à tout sacrifier pour le bonheur de sa dulcinée et qu’enfin cette montagne mythique soit conquise. Seulement, pour que les rêves deviennent réalité, il y a souvent un pas difficile à franchir.

Le scénariste Cédric Mayen transporte avec talent le lecteur dans le tourbillon de la vie de ce jeune couple amoureux confronté aux aléas de la vie. Une vie semée d'embûches qui va assurément renforcer leur amour, voire le transcender. Les dialogues alertes et le découpage plutôt bien ficelé sont remarquablement mis en image par la talentueuse dessinatrice Lucy Mazel qui avait déjà montré tout son art dans l'album Communardes ! - Les éléphants rouges (Editions Glénat). On appréciera autant les couleurs chatoyantes de sa période parisienne que les pastels des paysages de montagne où évoluent de belles personnes.

C’est frais, attendrissant, parfois mélancolique mais tellement attachant. Voilà une belle histoire émouvante qui ne devrait pas laisser le lecteur indifférent.

À lire instamment !

EDELWEISS MAYEN/MAZEL Hors Collection Editions GLENAT 96 pages, 17,50 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 29 Juin 2017

L’été en pente douce, retour vers une descente aux enfers

L’arrivée de Lilas fleur de banlieue dans le bled natal de Fane, qui plus est le jour de l’enterrement de la mère de son nouveau compagnon, fait l’effet d’une bombe. Que vient donc faire cette bombasse, jupe ras les fesses, des lunettes de soleil pour cacher un beau coquard, dans cette famille ? Fuir sa précédente existence, faite de coups et d’humiliations et refaire sa vie auprès de Fane et de son frère, qui ne s’est jamais remis d’une trépanation alors qu’il avait une quinzaine d’années ?

Toujours est-il que sa venue ne remporte pas l’adhésion et plus particulièrement celle des voisins qui lorgnent depuis bon nombre d’années la maison de la mère maintenant décédée, pour leur permettre d’enfin réunir leurs deux garages en y adjoignant un restaurant à la place de la bicoque.

Trente ans après la sortie du film éponyme réalisé par Gérard Krawczyk, une adaptation du roman de Pierre Pelot, voilà une belle version revisitée par le romancier lui-même et mise en images par le dessinateur Jean-Christophe Chauzy pour en faire une belle bande dessinée. Les dialogues sont alertes et les réparties fusent autant que les coups, c’est dire !

Saluons ici la manière dont le dessinateur a su s’éloigner des personnages du film, pourtant bien ancrés dans les mémoires de ceux qui l’ont découvert à la fin des années 80, et plus particulièrement de la plantureuse Pauline Lafont dans le rôle de Lilas. Le tour de force de cet album est de faire (re)découvrir cette histoire sensuelle et sulfureuse avec un tandem Pelot/Chauzy qui fonctionne à merveille et donne au lecteur l’envie de (re)voir le film, voire (re)lire le roman.

L’ETE EN PENTE DOUCE PELOT/CHAUZY Editions FLUIDE GLACIAL 112 pages, 18,90 €

 

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 27 Juin 2017

Lady Whisky, à consommer sans modération !

Il aura fallu le décès de sa tante par alliance pour que le narrateur Joël Alessandra, d'origine marseillaise et plutôt porté habituellement à arpenter des contrées africaines, décide de traverser la Manche pour rejoindre la terre écossaise en quête d'un graal.

Il faut dire que sa tante, Helen Arthur, une des plus célèbres critiques de whisky du monde, vient à décéder en 2015, et qu'en découvrant ses carnets il apprend qu'elle cherchait à créer son propre whisky, un nectar qui serait la quintessence de tous les saveurs délicates trouvées lors de ses pérégrinations auprès des distilleries d'orge de la planète. Seulement voilà, chercher le divin breuvage qu'on ne connaît pas vraiment, dont on a bien goûté quelquefois le liquide... Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Néanmoins, c'est sur l'île d'Islay en compagnie de Caroline Dewar, grande amie d'Helen et journaliste experte en whisky, que Joël va entamer son voyage initiatique en même temps que le lecteur.

Sans tomber dans les travers d'un banal cours de dégustation de whisky au demeurant instructif, l'auteur complet Joël Alessandra captive rapidement son auditoire, qu’il soit béotien ou amateur inconsidéré du divin breuvage, avec la rencontre de personnages tout aussi complexes et attachants que ces malts distillés.

Le dessin de Joël Alessandra n'est pas en reste et le lecteur va vite se retrouver envoûté  par des superbes paysages mis en aquarelles avec ses talents de peintre que l'on n'a plus à présenter. Que ce soit au fin fond de l’Afrique ou de l’Asie, ou sur les chemins d’Ecosse, le dessin de Joël Alessandra transporte rapidement le lecteur dans son sillage, donnant une fois de plus l’envie de découvrir in situ et qui sait, peut-être faire les mêmes rencontres.

À déguster avec un whisky à la main, ou pas.

LADY WHISKY ALESSANDRA Editions CASTERMAN 142 pages, 22 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 9 Mai 2017

LES MIROIRS DU CRIME T1, ou le culte de la sulfateuse

Pigalle 1954, l’ère de la pègre et de la prostitution bat son plein  et il ne fait pas bon trainer dans les rues la nuit si l’on ne veut pas se retrouver criblé de plombs. C’est pourtant ce qui va arriver à Guy, propriétaire du club « La perle noire » célèbre pour ses stripteases, et qui n’aura la vie sauve que grâce à un clochard qui s’est interposé, prenant les pruneaux à sa place. Que reproche-t-on à Guy pour attenter à sa vie sinon  sa ferme  opposition à tremper dans des affaires de drogue ?

Guy est un homme d’honneur, et il va falloir sauver la vie au vagabond truffé de plombs. Mais qui est cet homme, pourquoi a-t-il pris tous les risques ? Comment finira cette guerre des gangs sinon dans un bain de sang ?

Le scénariste Noël Simsolo entraine le lecteur dans une drôle d’affaire qui, dès les premières pages, sent la poudre. Quand on y rajoute le sexe, le jeu, la drogue et l’argent facile, on obtient tous les ingrédients pour faire monter une mayonnaise bien noire. Avec des répliques bien senties, des personnages bien trempés, le scénario est plutôt bien construit, et le lecteur rentre vite dans une histoire qui a toutes les caractéristiques d’un cloaque dont on ne peut sortir indemne. Le talent graphique du dessinateur Dominique Hé, rehaussé par de superbes couleurs, n’est pas en reste et son trait réaliste, très ligne claire, colle parfaitement au récit. Les décors sont précis, et les personnages tout aussi patibulaires les uns que les autres renforcent un scénario digne des films policiers des années  60-70, tels le Samouraï ou encore le cercle rouge.

 

Les tueurs de Pigalle, voilà le premier opus d’un diptyque fort prometteur qui nous replonge avec délice dans le Paname des années 50.

LES MIROIRS DU CRIME T1 SIMSOLO/HE Collection Grafica Editions GLENAT 48 pages, 13.90 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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