coup de coeur bernard launois

Publié le 29 Novembre 2018

Artbook, Bricoles, Gribouillis de Christophe Chabouté, quand les tiroirs recèlent des trésors…

Des Récits, album collectif sur Arthur Rimbaud au deuxième tome de Moby Dick, c’est près d’une vingtaine d’albums réalisés par l’auteur complet Christophe Chabouté qui enchantent les lecteurs toujours plus nombreux. Si le dessin noir et blanc n’a pas toujours remporté  l’adhésion du public, souvent plus attiré par des couleurs chatoyantes, souvent flatteuses, des artistes comme Christophe Chabouté ont transcendé le genre et lui ont donné toutes ses lettres de noblesse.

Cette fois, point d’histoire à raconter, mais plutôt un brillant florilège de somptueux dessins qui seraient sortis des cartons de l’artiste.

L’ArtBook  commence par une suite remarquablement bien orchestrée de  portraits de bluesmen, tous plus émouvants les uns que les autres. Suivent des illustrations de musiciens dont la réputation n’est plus à faire, tels que Jimmy Hendricks, Nick Cave ou Keith Richard, des pochettes de disques, des affiches de spectacle de blues… Seulement, l’émotion ne s’arrête pas là. S’ensuit une avalanche de dessins sur l’univers de la ville, peuplés de chats noirs, puis des instantanés de mégalopoles américaines. L’univers de l’enfance n’est pas oublié avec des clins d’œil à Calvin & Hobbes, Gaston Lagaffe, Spiderman, John Difool, Corto Maltese et… Didier Comès, l’autre grand spécialiste du dessin noir & blanc ; la fin du volume étant consacrée à bon nombre de travaux préparatoires aux albums conçus par l’auteur.

Bricoles, gribouillis, voire fonds de tiroirs, sont des mots retenus pour faire le titre de l’ArtBook qui ne sont, décidément, vraiment pas appropriés. Petites pépites auraient assurément mieux collé à ces dessins. Si Charlélie Couture, réalisateur d’une très belle préface, qualifie ce titre d’autodérision de son travail, il importe également de rajouter que la modestie de ce grand artiste est passée par là !

Voilà un ouvrage fait pour les inconditionnels des réalisations de Christophe Chabouté, mais également pour tous les amoureux d’un beau trait, souvent épuré, faisant toujours mouche. Gageons que ce bel objet de près de 300 pages réalisé par les éditions Glénat  ornera indubitablement de belle manière l’étagère de nombreuses bibliothèques, toujours prêt à être repris, relu, re-compulsé avec un bonheur et des émotions sans cesse renouvelés.

Indispensable !

BRICOLES GRIBOUILLIS FONDS DE TIROIR ARTBOOK CHABOUTE Editions GLENAT 290 pages, 39.00 €

Bernard Launois

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Publié le 21 Novembre 2018

Midnight Tales T2, où l'ésotérisme féminin au pouvoir

L'aventure fantastique continue avec ce deuxième opus tout aussi passionnant que le précédent, comprenant quatre bandes dessinées aux quatre coins de la planète, du Massachusetts à la Thaïlande avec la suite de Devil's garden, en passant par l'Egypte et l'Angleterre sans oublier deux nouvelles pas ordinaires agrémentées d’illustrations de Mathieu Bablet. On commence par l’histoire de Witch Winchester où les scénaristes Morse, Maudoux et Bablet rebondissent avec talent sur la légende de la malédiction de la famille Winchester qui veut que l'épouse du créateur de la carabine éponyme fasse construire une maison avec autant de pièces que de personnes tuées par la Winchester afin de recueillir leurs âmes.

L'Égypte des pyramides et ses mystères autour de la mort reste un terrain propice à l'hermétisme que n'hésite pas à revisiter l'auteur complet Mathieu Bablet avec la terrifiante histoire de Sir Bartholomew, lequel frappé d’un sortilège et devant tenir dans une urne, sera prêt à y laisser sa fortune pour recouvrer sa taille normale. Réussira-t-il à se sortir de ce guêpier avec le talent des midnight girls ? 

Résumer cet album de 136 pages à ces deux seuls récits serait particulièrement réducteur, compte tenu de la qualité des histoires tout aussi passionnantes les unes que les autres, mais n'est-ce pas là un stratagème pour inciter le lecteur à s’y plonger et découvrir par lui-même ces histoires fantasmagoriques ? Après tout, cette chronique n'aura peut-être comme seule finalité que de donner l'eau à la bouche ?

Quant aux dessins et aux couleurs, s'ils sont diamétralement opposés les uns les autres, il s'en dégage néanmoins une belle unité donnant sens à ce deuxième collectif.

Enfin, le lecteur appréciera de retrouver, en encart dans la couverture, les sources qui ont permis de bâtir les récits pour lui donner l'envie d'en connaître un peu plus.

Voilà un pari bien réussi pour ce deuxième collectif placé sous le signe de l'ésotérisme féminin, qui réussit à captiver son lectorat de la première à la dernière page.

MIDNIGHT TALES Collectif Label 619 Éditions ANKAMA 136 pages 13,90 €

Bernard Launois

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Publié le 17 Novembre 2018

DAS FEUER, quand l’horreur est universelle...

« Un mètre cinquante de longueur sur soixante-dix centimètres de largeur et sur quatre-vingt centimètres de profondeur », c’est le trou que le croque-mort réalise pour enterrer le cercueil ? Que nenni, c’est l’excavation que doit faire chaque soldat allemand pour se « protéger » face aux attaques du front français. C’est sur ces propos cyniques que s’illustre le récit d’un épisode de la  « drôle de guerre ». S’ensuit une longue litanie de toutes les misères qu’ont pu supporter les différents protagonistes de cette boucherie organisée par des gradés des deux camps, Allemands et Français.

La suite, bon nombre de personnes la connaissent pour avoir eu dans leur famille, leurs amis, parmi leurs arrière-grands-pères, des personnes qui ont subi les affres de la guerre. L’originalité de cet album réside dans une très bonne adaptation du roman « Le feu » d’Henri Barbusse (prix Goncourt 1916) par le scénariste Patrick Pécherot qui a transposé l’action dans le camp allemand.

De troufion Kropp au caporal Müller en passant par Katczinsky, c’est bientôt trois générations de poilus qui croupissent dans leurs trous en attendant de se faire canarder par les Français. Le scénariste Patrick Pécherot a su très justement tirer toute la quintessence du poignant roman d’Henri Barbusse sublimé par le dessin de Joe Pinelli sans cesse renouvelé, album après album. Les crayonnés poussés sont renforcés par un gris soutenu, accentuant le caractère angoissant du récit.

Tout est là, le texte percutant, accablant, le dessin vif, haletant et si cet album vient s’ajouter aux innombrables ouvrages consacrés, à juste titre, à ces horreurs, il fait assurément partie de ceux incontournables au devoir de mémoire pour les nouvelles générations.

  DAS FEUER PECHEROT/PINELLI Collection Ecritures Editions CASTERMAN 200 pages, 22.00 €

Bernard Launois

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Publié le 12 Novembre 2018

APOSIMZ – LA PLANETE DES MARIONNETTES T1, bienvenue dans le monde des zombies !

Aposimz, astre artificiel venu de nulle part, à l’air raréfié et traversé par un froid sibérien, abrite une poignée d’hommes essayant de survivre dans ce cloaque. A l’occasion d’une sortie en vue de trouver de l’eau et de la nourriture, Ao, Biko et Esserow rencontrent une jeune fille agonisante poursuivie par une horde de soldats qui ont décidé de lui faire la peau. Alors qu’ils s’approchent d’elle pour venir à son secours, la jeune fille remet à Ao un code et sept espèces de balles qui auraient le pouvoir de détruire le monde… Info, intox, toujours est-il qu’après avoir caché les corps des soldats de l’empire, que vont-ils pouvoir faire ? Taire leur découverte avec un sentiment de culpabilité pour ne pas s’être assurés de la véracité des  dires de la jeune fille morte dans leurs bras, ou bien tout raconter au risque d’encourir de graves soucis ? Et puis, lorsque l’on s’apercevra que les soldats de l’empire ont failli à leur mission, ne tentera-t-on pas par tous les moyens de retrouver le précieux présent ?

L’auteur complet Tsutomi Nihei embarque le lecteur, dès les premières pages, dans un univers de science fiction plutôt original où les héros du récit disparaissent les uns après les autres pour faire place à des êtres immortels, plus proches du zombie que de la marionnette. S’engage une course contre la mort entre les êtres qui ont la capacité de pouvoir se régénérer en marionnettes et les autres. Aux dialogues alertes s’ajoute un dessin réaliste tout autant alerte et du plus bel effet. Les personnages  de l’équipe aventurière sont attachants, évoluant dans un univers  glauque des plus hostiles. On regrettera assurément que cet opus  n’ait pas été mis en couleurs, ne serait-ce que pour renforcer le côté anxiogène du récit.

Tsutomi Nihei fait partie des incontournables dans le monde du manga dark fantasy et le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême ne s’y trompe pas, en lui consacrant une grande exposition en janvier 2019 qui devrait ravir tous les amateurs de manga et au-delà, tellement son univers est riche et varié.

APOSIMZ La Planète des marionnettes NIHEI Editions GLENAT, 180 pages 7,60 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 4 Novembre 2018

Mozart à Paris, où la musique n’adoucit pas forcément les mœurs de tout le monde !

Après bien des années à faire le tour de l’Europe pour se produire, bien que très jeune, accompagné de son père et de sa sœur Maria-Anna, Wolfgang Amadeus Mozart se retrouve au point de départ, à Salzbourg, la ville qu’il n’a jamais aimée. Enfin, l’opportunité d’en partir se dessine quand le prince-archevêque qui l’emploie lui rend sa liberté.

C’est accompagné de sa mère, son père n’en ayant pas été autorisé par le prince-archevêque, que Wolfgang Amadeus Mozart entreprend de conquérir Paris avec les appuis du diplomate et homme d’affaires Melchior Grimm. Arrivera-t-il à se faire un nom dans la Ville Lumière alors que personne ne l’attend ?

 

L’auteur complet Frantz Duchazeau, féru et fin connaisseur de musique classique et plus particulièrement de celle du génie Wolfgang Amadeus Mozart, raconte en images une période peu glorieuse pour le jeune musicien compositeur. Du fait de sa petite taille et de son aspect juvénile, il était considéré encore comme un gamin tout juste bon à agrémenter les soirées et à donner des cours à des nobles pour qui il ne servait que de faire valoir. Le scénario romance de fort belle manière la vie chaotique d’un Mozart tiraillé entre son père resté à Salzbourg et sa mère qui s’étiole chaque jour dans un appartement parisien, et ne rêvant que de retour. Les dialogues sont vifs et percutants, à la manière de la fougue d’un jeune prodige en quête de reconnaissance.

Avec un dessin semi-réaliste, chaque fois renouvelé dans ses différentes œuvres, Frantz Duchazeau transporte le lecteur dans le Tout-Paris de cette fin du XVIIIème siècle, utilisant l’artifice de grandir ou réduire ses personnages en fonction de l’ascendant psychologique qu’il veut leur donner dans la case. On ajoutera une mise en couleurs des plus agréables réalisée par Walter pour cet opus, une belle réussite qui donne assurément l’envie de se replonger dans les chefs d’œuvre du maître.

MOZART A PARIS DUCHAZEAU Editions CASTERMAN 94 pages, 18.95 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 31 Octobre 2018

Viravolta T1, quand l’Orchidée noire, fine fleur vénitienne, débarque à la cour du Roi-Soleil

Difficile de se faire une réputation d'espion à la cour du roi Louis XIV lorsqu'on est un ancien détenu vénitien. Heureusement Pietro Viravolta, plus communément connu sous le pseudo de "l'Orchidée noire", débarque en France avec de sérieux gages d'être une des plus fines lames d'Europe. Une tentative d'assassinat du roi va le propulser dans les arcanes du Tout-Paris où les comploteurs contre le roi sont légion. On constate une fois de plus que les ennemis peuvent être partout et ne sont pas souvent ceux que l'on croyait. Rapidement embringué dans un imbroglio des plus scabreux, sera-t-il alors à la hauteur de ses exploits vénitiens ?

Voilà une enquête policière des plus intéressantes, remarquablement bien scénarisée par l'écrivain Arnaud Delalande, qui connaît de nombreux succès avec des romans traduits dans une vingtaine de pays, tels que Notre-Dame sous la terre ou encore Les fables du sang. Pour cette première adaptation en bande dessinée tirée de sa série en 5 tomes, Le piège de Dante, autant dire que le contrat est rempli et ce, mené tambour battant ! Avec des dialogues alertes, des rebondissements divers nombreux,  le final de ce premier opus apparaît au lecteur pour le moins inattendu.

On retrouve avec grand plaisir un Éric Lambert au sommet de son art, avec son dessin hyperréaliste collant parfaitement au récit. Les décors sont particulièrement fouillés, particulièrement bien mis en valeur par la mise en couleurs numérique de Filippo Rizu. On ne pourra que s'extasier devant les paysages vénitiens, parisiens et versaillais du XVIIIème.

Les récits de cape et d'épée sont nombreux et variés mais ce dernier retient toute l'attention à la fois par sa construction de l'intrigue mais également le rendu d'un dessin efficace. Cette série, à priori conçue sous forme de one-shots devrait ravir assurément un large public.

VIRAVOLTA T1 L'Orchidée noire DELALANDE/LAMBERT  Collection 24x32 Éditions GLENAT 13,90 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 21 Octobre 2018

SERVIR LE PEUPLE, quel bel engagement !

Alors que la Chine populaire de Mao Tsé-Toung est en pleine expansion, la jeune mariée au soldat Petit Wu n’a pas conscience que dans ses trois demandes faites à son mari quand il retourne dans son régiment, le dernier sera exécuté à la lettre : «Tu dois me jurer que tu obéiras à tes chefs ! Sans avoir peur de souffrir pour monter en grade et me donner une vie heureuse ! ». Fort des injonctions de sa jeune épouse exigeante qu’il désire conserver, Petit Wu va donc devoir se plier à toutes les exigences de la vie militaire mais assurément pas comme il l’aurait imaginé. Voilà que désigné comme ordonnance auprès d’un colonel, ce dernier lui demande d’être à l’entière disponibilité de son épouse alors qu’il est appelé à Pékin pour une durée de deux mois. 

Petit Wu s’avère être un bon petit soldat révolutionnaire prêt à tout pour gravir les échelons hiérarchiques, et bien que plutôt naïf de nature il comprend rapidement qu’il doit s’apparenter à un parfait caméléon s’adaptant à toutes les situations, et quelles situations !

Mais que Tante Liu, jeune et jolie épouse du colonel, a-t-elle dans la tête ? Comment compte-t-elle traiter ce jeune freluquet, tout juste bon à lui servir des petits plats ?

Après Apache et l’excellente biographie du boxeur Panama Al Brown, l’auteur Alexandre Widendaele, plus connu sous le nom d’Alex W. Inker, frappe encore très fort avec ce troisième opus.

Sur une adaptation du très controversé livre éponyme de Yan Lianke, Alex W. Inker entraîne le lecteur dans une satire de l’univers de l’Armée rouge où cette organisation et sa propagande ne sont guère épargnées.  A chaque album sa technique de dessin et ses codes graphiques : Servir le peuple  apparait conçu comme les lianhuanhua, bandes dessinées chinoises qui recèlent de superbes illustrations très fouillées, remplies de décors et de personnages en pied.

Les dessins faussement naïfs sont rehaussés par des couleurs à dominante rouge et verte formant une ambiance surannée de bon aloi.

Une mention particulière pour les éditions Sarbacane qui ont réalisé un bel objet, fort soigné, mettant un joli écrin à ce bel album, tout en sensualité.

Immanquable !

SERVIR LE PEUPLE W. INKER Editions SARBACANE 202 pages, 28,00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 18 Octobre 2018

CYBERFATALE T1, une bd qui tient « hacker » !

La cyber, préfixe mystérieux apparu il y a maintenant une cinquantaine d’années pour regrouper tout ce qui concerne la fameuse révolution numérique, est aujourd’hui volontiers mise à toutes les sauces. Et quand elle touche à la Défense nationale et qu’elle s’appelle cyberdéfense, elle revêt un caractère d’autant plus mystérieux qu’elle appartient à la « grande muette ».

Alors, quand un cliché représentant le chef de l’État en slip léopard dans les appartements de son amoureuse circule sur  le net et ce, de manière virale, cela s’apparente vite à  un scandale d’état qu’il faut tuer dans l’œuf. Et puis il faut redorer le blason d’un service qui aurait failli : rien de tel alors que de proposer à une émission d’actualité la présence d’un journaliste, pour montrer tout le sérieux d’une telle organisation. Seulement le reportage va-t-il se dérouler comme prévu ? Les situations plutôt cocasses s’enchainent et le lecteur va tomber de Charybde en Scylla, ne sachant plus s’il nage en plein délire ou pas.

Réalité ou fiction, telle est la question, que nous délivrent là les scénaristes regroupés sous le nom de Cépanou afin sans doute de ne pas être reconnus. Le lecteur jugera de lui-même… Le dessin de Clément Oubrerie, récemment mis à l’honneur au festival BD Quai des Bulles 2018, fait merveille, collant parfaitement au scénario.

Il n’empêche que malgré le caractère humoristique et d’autodérision que les auteurs ont voulu donner à cet opus, la cybercriminalité combattue par ce service reste un problème grave qui est pris à bras le corps et qui n’apparait pas toujours évident à endiguer. Car malgré les compétences avérées des personnels qui composent la cyberdéfense, force est de constater que les hackers ont toujours un coup d’avance et qu’il appartient non seulement de se prémunir contre les attaques mais également de les anticiper.

A la manière du diptyque « Quai d’Orsay » qui avait ravi bon nombre de lecteurs à commencer par les protagonistes, souhaitons que ce Cyberfatale remporte le même succès tout aussi mérité.

 

CYBERFATALE T1 si ça sort, on est morts Editions Rue de Sèvres 56 pages, 15.00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 12 Octobre 2018

XIII Mystery T13 le dernier opus...détonant !

De la Mangouste à Judith Warner en passant par colonel Amos, les albums XIII Mystery auront apporté un vrai plus à  la série mythique, qui a tenu en haleine des milliers de lecteurs et fait de cette saga une des plus marquantes en bd des trente dernières années. Si la suggestion d'Yves Shlirf, directeur éditorial de Dargaud Benelux, de faire un focus sur treize personnages de la série au travers de cette nouvelle collection apparaissait plutôt comme une machine à  cash pour continuer à  faire fructifier la série, elle s'est vite révélée comme une idée géniale. Il faut dire que les Éditions Dargaud avait mis les petits plats dans les grands en demandant aux plus grands scénaristes et dessinateurs du moment de se lancer dans le projet. Quel challenge pour ces auteurs que de marcher sur les pas du talentueux Jean Van Hamme au scénario et du regretté WilliamVance au dessin et de réaliser des albums d'exception.

L'ultime opus, Judith Warner, ne fait pas exception à la règle, avec le talent du dessinateur Olivier Grenson qui éclate encore de tous ses feux sur le scénario diabolique du scénariste créateur de la série.

 

L'histoire débute dans la station balnéaire de Santa Barbara où Jessica Martin tente d'oublier un passé de tueuse à gages, et d'échapper aux griffes du FBI qui la traque inlassablement. Il aura fallu la rencontre de sa logeuse d'un soir, la pharmacienne Judith Warner retranchée dans la petite bourgade, pour que leurs vies basculent. Jessica réalise rapidement que Judith a traversé comme elle la route de XIII. Les deux femmes se découvrent, se plaisent et se rapprochent : heureuse ou malheureuse circonstance, la nasse se referme petit à petit et Jessica n'a de solution que dans la fuite, entraînant Judith dans son sillage. Va s'ensuivre un incroyable et haletant road-movie dont Jean Van Hamme a notamment la spécialité, remarquablement mis en valeur par le beau trait hyperréaliste d'Olivier Grenson, et rehaussé par de belles couleurs chatoyantes dont il a le secret. Se sortiront-elles du guêpier dans lequel va l'entraîner Jessica ?

 

Alors, si vous n'avez pas encore franchi le pas et découvert la série Mystery XIII, cet album vous donnera assurément l'envie d'en savoir plus.

Indispensable.

XIII Mystery T13 Judith Warner VAN HAMME/GRENSON éditions DARGAUD 48 pages 12,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 8 Octobre 2018

L’OGRE AMOUREUX, il ne manquait plus que cela !!!

Ours et Renard en ont assez de ne pas trouver de quoi remplir leurs panses et comme dit le proverbe, changement d’herbe réjouit les veaux ! Les voilà donc partis à l’aventure dans une contrée où ils ne sont pas attendus ! Ici, le chapardage coûte cher et Renard va en faire les frais puisqu’il se retrouve chez le comte de Barback, un ogre qui mange plus que de raison. Seulement, il a d’autres projets pour Renard, celui de l’aider à trouver une épouse. Voilà Renard bien embêté, affublé d’un ogre laideron  et au sujet duquel il se demande bien ce  que ce dernier va pouvoir lui trouver comme promise.

L’auteur complet Nicolas Dumontheuil n’a pas fini de nous étonner et surtout de nous ravir avec des histoires bien ficelées. Cette fois, c’est une fable des plus réussies qui va nous être narrée, entre Le Roman de Renard et Shrek. Grâce à des dialogues drôles, des situations ubuesques, beaucoup d’imagination et un zeste de folie, le lecteur sera vite emporté dans cette saga. Reste que le tour de force de ce diable de scénariste réside dans le fait que les caractères et personnalités de chacun se révèlent souvent contraires à celles que l’on pourrait attendre !

Quant au dessin, entre Sylvain et Sylvette et le canard Gédéon, tout à fait approprié à l’histoire, il permettra au lecteur de bien s’immerger dans ce petit bijou. Les animaux croquignolets évoluent dans un décor  luxuriant aux couleurs chatoyantes.

Riche de près d’une centaine de pages, cet opus ravira petits et grands avec une fable bien revisitée, à l’apparence naïve.

 L’OGRE AMOUREUX DUMONTHEUIL Editions FUTUROPOLIS 92 pages, 19,00 €

Bernard LAUNOIS

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