coup de coeur bernard launois

Publié le 18 Mai 2019

Zibeline T1, sur l’autre rive, en route vers l’inconnu…

Quand, Tannicia, jeune enfant rebelle kidnappée pour un sacrifice vaudou, parvient à s’échapper vers le marécage où elle manquera de se noyer,  elle ne pense pas se réveiller au milieu d’humanoïdes à têtes d’animaux. Adieu, son grand frère Babou qui l’insupporte mais qu’elle aime tant, et bien évidemment Wawa, son oryctérope. Bienvenue à D’jo le lion, Choubère le chameau et Merline la crocodile, ses nouveaux compagnons de route qui ne savent pas d’où elle vient et qui vont faire tout ce qu’ils peuvent pour que Tannicia retrouve son village et sa famille. Seulement, si elle veut pouvoir dormir parmi eux et se faire accepter dans leur village, Tannicia doit choisir un nom dans le grand livre. Ainsi Tannicia, alias Zibeline maintenant, respecte la loi de la Mangrove et va pouvoir, affublée de ses trois compagnons, essayer de trouver des indices pour revenir parmi les siens.

Les coscénaristes Régis Hautière et Régis Goddyn transportent, dès les premières pages, le lecteur vers une aventure des plus extraordinaires, peuplée de sorciers vaudous, de personnages plus improbables les uns que les autres, et d’une adorable petite fille qui n’a pas froid aux yeux et qui n’a surtout pas la langue dans sa poche. Avec un  scénario rythmé, des dialogues enlevés et souvent cocasses, la lecture se fait d’une traite, et l’on regrette à son terme que le premier  tome soit déjà fini.

Quant au dessin, il nous montre un Mohammed Aouamri qui n’a pas son pareil pour illustrer les histoires d’heroïc fantasy et qui, cette fois encore, excelle en la matière. Des humanoïdes évoluant dans des décors fantasmagoriques qui ne sont pas sans rappeler l’univers de Disney.

Dès les premières pages le charme  opère, et le lecteur n’aura qu’à suivre avec délectation les mésaventures de cette petite gamine au milieu d’un monde étrange où les humanoïdes se comportent comme des humains, de Stroke l’espiègle souriceau qui ne pense qu’à monnayer ses services quitte à proposer n’importe quoi, au roi des singes qui se prend d’affection pour Zibeline.

Un cahier graphique vient compléter ce bel opus qui ne demande qu’une suite…

ZIBELINE T1 AOUAMRI/HAUTIERE/GODDYN Editions CASTERMAN 64 pages, 15,00 €

Bernard Launois

 

 

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Publié le 14 Mai 2019

La Curée,  l’argent tout-puissant au service du vice et de la débauche

Argent et sexe font souvent bon ménage et sont assurément les maîtres-mots de cet album.

En premier lieu, l’argent! Arrivé pauvre dans la capitale, Aristide Saccard n’a que ce mot à la bouche, et n’a qu’une seule obsession, celle de faire fortune à tout prix dans ce Paris de la fin du 19ème siècle, en pleine restructuration avec tous les projets haussmanniens qui fleurissent à chaque coin de rue.

L’ennui est le fruit de l’oisiveté et induit souvent l’envie de rompre la monotonie. Et quoi de mieux que le sexe, surtout quand il est interdit, pour tromper l’ennui tout en bravant l’interdit. Renée, la deuxième épouse de Saccard va s’y consacrer résolument en s’amourachant de son beau-fils, un jeune éphèbe promis à la fille d’un richissime bourgeois afin de conforter la position financière d’Aristide Saccard.

Les coscénaristes Cédric Simon et Éric Stalner livrent là une belle adaptation de l’œuvre de Zola, sans fioritures. La mise en dialogue et en images d’un tel texte n’avait rien d’évident et on peut dire que le pari est réussi, permettant au lecteur de s’y plonger avec délectation.

La mise en images d’Eric Stalner est toujours aussi précise, avec ses décors hyperréalistes et ses personnages aux gueules bien marquées.

Bref, l’alchimie est créée et cette version de La Curée donne une furieuse envie de se replonger dans le deuxième volume du grand œuvre d’Emile Zola : n’est-ce pas là le plus beau compliment que l’on puisse faire à cet album ?

LA CUREE STALNER/SIMON Editions LES ARENES BD 128 pages, 20,00€

Bernard Launois

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Publié le 12 Mai 2019

Torpedo 1972, toujours égal à lui-même 36 ans après

36 ans se sont écoulés, et c'est autant de bougies de plus pour Lucas Torelli, alias Torpedo,  qui a pris beaucoup de rides et qu'on retrouve plutôt diminué et fort taciturne. Par contre, il n’a pas perdu de son mordant et de son arrogance que lui confère son statut de caïd new-yorkais, toujours prêt à défourailler pour remplir un contrat et empocher la commission. Alors quand James Halliday, journaliste au Wall Street Journal flanqué de Wendy, photographe bimbo, décide de faire un reportage sur le fameux Torpedo, ils ne savent pas dans quel guêpier ils vont se fourrer. Personnage haut en couleurs, Torpédo va malgré tout se laisser aller à quelques confidences qui auraient du rester entre eux. Seulement, la séance photo se passe mal pour Wendy, et James, furieux que sa petite amie ait été malmenée par le caïd, décide de révéler les dites confidences, avec pour conséquence la vengeance de Torpédo.

Le lecteur va (re)découvrir les frasques d’une petite frappe remarquablement mise en scène par le  scénariste Enrique Sanchez Abuli  qui revient, avec bonheur, sur une série démarrée dans les années 80 et forte d’une quinzaine d’albums. Cette fois, ce sont  les démêlés de son héros 36 ans plus tard qu’il développe. Les dialogues sont toujours aussi percutants et le récit des plus plaisants pour les amateurs de cette période new-yorkaise, marquée par la prohibition et les règlements de compte.

Si le scénario affiche toujours la même signature, il n’en est pas de même pour le dessin réalisé aujourd’hui par Eduardo Risso, dessinateur plus spécialisé dans les comics, et qui livre là un graphisme bien dans le style de ses prédécesseurs, auquel on rajoutera cette fois la couleur des plus réussies, à la façon de Brüno.

Une mention spéciale pourra être décernée à cet opus pour le cahier graphique de recherches et d’esquisses de personnages mais également pour une nouvelle en fin d’album dont Enrique Sanchez a le secret.

TORPEDO 1972 ROSSI/ABULI Editions VENTS D’OUEST 64 pages 12,50 €

Bernard Launois

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Publié le 7 Mai 2019

Tokyo Revengers T1, vers un retour salutaire

La vie de Takemichi n'est guère reluisante. Il faut dire qu'à vingt-six ans, il n'a jamais été apte à  faire grand chose de ses dix doigts, incapable de se prendre en main et vivant de petits boulots qu'il n'assume pas.

Seulement deux événements tragiques et conjoints vont irrémédiablement transformer sa vie : l'information du décès d'Hinata, la seule petite amie qu'il a été capable d'avoir, et son grave accident de la circulation qui va le ramener douze ans en arrière. Pourquoi douze ans en arrière, jour pour jour ? Y aurait-il un rapport avec sa période de bad boy où il côtoyait des bandes de loubards qui ne pensaient qu'à se tabasser ?

« Si j'avais su, j'aurais sûrement fait autrement ! » Qui ne s’est pas posé un jour la question de refaire le monde à  l'envers pour améliorer son quotidien, voire transformer radicalement sa vie ou celle des autres ? C'est ce thème qu'aborde, avec beaucoup de talent, l'auteur complet Ken Wakui, en transcendant les capacités de son personnage pour l'amour de cette jeune adolescente femme.

Les dialogues traduits en français, plutôt enlevés, utilisent particulièrement le verlan cher à  notre jeunesse, et avec son dessin plutôt teinté d'hyperréalisme on pourrait aisément transposer le récit dans une banlieue de chez nous, si les décors et les personnages ne sortaient pas tout droit des banlieues tokyoïtes. Si bon nombre de bastons peuplent cet album, il n’en reste pas moins que le lecteur n’aura de cesse de connaître la façon dont Takemichi arrivera à ses fins pour sauver la belle Hinata.

Voici un premier opus d'une nouvelle série de mangas plutôt prometteuse qui devrait intéresser autant les adolescents que les adultes.

TOKYO REVENGERS WAKUI Collection Shônen Editions GLENAT 192 pages 6,90€

Bernard Launois

 

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Publié le 3 Mai 2019

Joyride T1, si jeunesse savait…

Uma Akkolye, adolescente intrépide et réactionnaire, n’envisage pas un seul instant de rejoindre l’armée de la Jeunesse Alliée chargée de défendre la terre. Son seul objectif, c’est d’aller visiter au-delà du dôme et enfin de s’affranchir de la propagande télévisuelle pour citoyens lobotomisés qu’elle exècre.  Dewydd, éperdument amoureux de la jeune fille, va se laisser embringuer dans une aventure dépassant ce qu’il pouvait imaginer : dérober un vaisseau spatial au nez et à la barbe de ses gardiens et filer à travers l’univers, à la recherche de l’émetteur d’un étrange message reçu quelques jours plus tôt. Qui les attend derrière le dôme, un humain, un androïde ? Assurément une aventure hors du commun, d’autant plus que l’inexpérience due à leur jeunesse risque bien de leur jouer de mauvais tours.

Les scénaristes Jackson Lanzing et Collin P. Kelly, qui ont notamment déjà participé aux récits de Batman & Robin Eternal, renouent pour une nouvelle aventure des plus palpitantes, entraînant ces jeunes adolescents dans un pur décor de science-fiction, peuplé d’êtres hideux et d’animaux improbables mais assurément pas dénué de sensibilité.

Paru aux États-Unis en chapitres et en fascicules, comme à l’accoutumée outre-Atlantique,

l’album offre un  scénario fort bien construit qui rebondit à chaque fin de chapitre, relançant inexorablement le récit. Les dialogues sont alertes et non dénués d’humour, et le lecteur se complaira à suivre les aventures de ces adolescents aventureux.

Marcus To, dessinateur des séries New Warriors et The Flash : Season Zero, met en image de belle façon ce scénario haletant, montrant des cases très dynamiques qui alternent avec des temps plus calmes afin de mieux rebondir ensuite.

On remarquera les  couleurs psychédéliques qui ne sont pas sans rappeler les tons utilisés dans les années 60 pour les premières bandes dessinées de science-fiction.

Cet album de 240 pages se lit d’une traite et l’on peut espérer que les autres albums de Joyride, au nombre de douze aux États-Unis actuellement, seront édités par les éditions GLENAT pour le plus grand plaisir des adolescents mais également des adultes.

JOYRIDE LANZING/KELLY/TO Collection LOG-IN Editions GLENAT, 240 pages 25,00 €

Bernard Launois

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Publié le 30 Avril 2019

Chères élites, pauvres prolétaires…

Faites-vous partie du club très fermé des 0,01 %, ceux qui ne regardent jamais les étiquettes quand ils achètent, que ce soit place Vendôme ou encore à l’occasion du mouillage de leur yacht dans une île paradisiaque ? Donc, si vous gagnez moins de 60 000 € par mois et que votre patrimoine n’atteint pas les 30 millions d’euros, vous ne faites pas partie des hyper-riches et cet album est fait pour vous !

Le très prolifique auteur complet James, bien connu notamment des lecteurs de la revue Fluide Glacial, manie la dérision avec talent, et cette fois il prend un malin plaisir à se moquer des hyper-riches.

En ces périodes troubles où les salaires de dirigeants de grands groupes s’envolent à en devenir indécents, pendant que bon nombre de citoyens n’arrivent pas à boucler les fins de mois, les hyper-riches sont tour à tour enviés, car qui n’a pas rêvé un jour d’en avoir autant, et haïs. Alors, à l’heure : à l'heure où l'on réclame à cors et à cris le rétablissement de l'ISF, cette bande dessinée tombe à point.

Alternant les planches et les dessins humoristiques, le scénario se montre des plus caustiques, et si certains clichés sont volontairement exacerbés, ils n’en sont pas moins parfaitement hilarants.

Du pauvre gars qui se réjouit de gagner si peu et d’échapper ainsi à l’impôt, aux deux beaufs qui s’interrogent devant les intentions de l’auteur qui ne sont autres que de gagner sa croûte, les dialogues fusent et taillent leur cible comme un diamant.

Les personnages de François Ravard, bien caricaturaux, collent parfaitement aux scénarios, faisant de cet album un excellent divertissement.

CHERES ELITES RAVARD/JAMES CHERES ELITES Editions FLUIDE GLACIAL 56 pages, 14,50 €

Bernard Launois

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Publié le 25 Avril 2019

La Tuerie, une singulière enquête policière au milieu des abattoirs

Yannick atterrit à l’abattoir Gourdin comme homme à tout faire, en suivant les traces de son frère Kilian décédé d’overdose quelques mois plus tôt. Il faut dire qu’avec un passé d’ancien taulard, on doit pouvoir tout accepter pour se faire embaucher. Les conditions de travail sont très difficiles, entre les cadences infernales imposées par la direction, le découpage de carcasses de barbaque, le bruit des disqueuses et l’odeur de la mort qui flotte dans l’atmosphère. Et ce ne sont pas les blagues de potache destinées aux petits nouveaux qui vont égayer cette vie de forçat. Malgré tout, Yannick en veut et finit par gagner la confiance de son chef d’équipe, car il tient absolument à intégrer le secteur dénommé « la tuerie » où l’on abat les bovins.

Le lecteur ne tardera pas à comprendre les motifs de son empressement à travailler dans ce secteur, non point pour les primes, mais pour tenter de trouver les vraies raisons du décès de son frère. Son intervention auprès d’un ouvrier en pleine crise de démence lui vaudra, en remerciement, d’intégrer le secteur.

Les scénarios de Laurent Galandon, de Lip à L’appel en passant par vivre à en mourir,  sont souvent teintés politiquement, et cet album ne fait pas exception en brossant cette fois les pratiques d’un abattoir de campagne.

Mais au-delà des polémiques sur les conditions d’abattage des animaux, Laurent Galandon pose très justement le problème des conditions de travail souvent inhumaines. Un peu dans la même veine que le récent et très remarqué roman de Joseph Ponthus, À la ligne, qui évoque le rythme infernal imposé dans les conserveries de poisson et les abattoirs, Laurent Galandon pointe dans La Tuerie ce qui reste l’obsession des exploitants, le profit faisant fi de l’état physique et mental des ouvriers.

A la manière d’une enquête policière, les clés de l’énigme se distillent au fur et à mesure du récit.

Dessiner un tel album n’était certes pas une tâche facile, pour mettre en image l’inracontable et sensibiliser le lecteur sans le repousser, et Nicolas Otero a su réaliser les images qu’il fallait.

A lire et à faire lire.

LA TUERIE OTERO/GALANDON Editions LES ARENES BD 144 pages, 20,00 €

Bernard Launois

 

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Publié le 17 Avril 2019

Un putain de salopard T1 Isabel, un titre bien mérité ?

Quand Max débarque en forêt amazonienne à la recherche de son père, il ne sait dans quel guêpier il va se fourrer. C’est après le décès de sa mère qu’il découvre deux photos prises au même endroit, comprenant à chaque fois, sa mère, lui et... deux hommes au physique radicalement différent. Lequel des deux est son père ? Peut-être ni l'un ni l'autre mais ce qui est sûr, c'est que sa quête ne va pas être simple dans un univers hostile, tant géographiquement qu'humainement.

Des rencontres, il va en faire et certaines dont il se serait bien passé. De la nympho de service qui lui laissera des souvenirs cuisants aux ouvriers du camp à la mine patibulaire et prêts à tout pour arriver à leurs fins, mais aussi avec la jeune Brésilienne muette Baïa, qui saura lui servir de guide dans cette jungle, Max découvre un monde qu’il était loin d’imaginer.

L'auteur complet Régis Loisel délaisse, à nouveau, le dessin pour s'adonner à ses talents de conteur hors pair. Une fois de plus, Régis Loisel vend du rêve et Dieu sait s'il le fait bien ! Dès les premières pages, le lecteur se trouve embringué dans une histoire pas ordinaire avec des personnages atypiques dans un décor fantasmagorique, où les rapports psychologiques entre les hommes prennent toute leur importance. Sur fond de forêt brésilienne, le lecteur va découvrir la vie des autochtones, mais aussi celle des expatriés dans la moiteur d’une région où la nature reprend vite ses droits.

 Pour faire une bonne bande dessinée, le scénario est indispensable mais pas suffisant car le dessin est là pour le sublimer. On retrouve avec grand plaisir le talentueux Olivier Pont, très en verve, dans cette nouvelle série avec des paysages grandioses où évoluent des personnages singuliers qui bénéficient d’une belle mise en couleurs de François Lapierre.

Voilà tous les ingrédients d’un bel album dont la suite va se faire attendre avec impatience.

UN PUTAIN DE SALOPARD T1, ISABEL PONT/LOISEL Editions RUE DE SEVRES 88 pages, 18,00 €

Bernard Launois

 

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Publié le 15 Avril 2019

BUG livre 2, ou l’inlassable quête d’un père pour retrouver sa fille

Le cosmonaute Kameron Obb est revenu sur terre et aux séquelles de la vie en géostationnaire se sont ajoutées bon nombre de complications. Depuis l’apparition d’une tache bleue qui ne cesse de grandir sur son visage, c’est un homme doté d’un nouveau pouvoir, celui de contenir toute la mémoire du monde. Mais toute médaille a son revers, et il se retrouve traqué par tous les gouvernements du monde, les mafias et autres intégristes.

Kameron n’a cependant que faire de ce pouvoir qu’il n’a pas l’intention d’exercer. La seule chose qui l’obsède, c’est de retrouver Gemma, sa fille chérie, enlevée par un groupe mafieux. Pour arriver à ses fins, il tentera tout au péril de sa vie. Hélas, les ennuis arrivent toujours en escadrille et voilà que l’ex-petit ami de Gemma entre dans la danse en exigeant de Gemma qu’elle intervienne auprès de son père pour qu’il lui enraye sa dégénérescence physique.

Maintenant, ne faudrait-il pas ôter cette tache qui finira peut-être par envahir tout son corps ? Son pouvoir de connaître toutes les mémoires du monde sera-t-il suffisant pour retrouver sa fille ?

Beaucoup d’interrogations en ce début du livre 2 qui fait la part belle à l’amour filial entre un père et une fille, mais également au pouvoir qu’exerce la gent féminine sur l’échiquier mondial. C’est un album particulièrement rythmé que nous livre là l’auteur complet Enki Bilal dans lequel les situations, souvent dramatiques, s’entrelacent pour le plus grand plaisir du lecteur qui n’aura de cesse d’en voir la conclusion.

Le caractéristique dessin d’Enki Bilal explose cette fois encore dans ce livre 2 et on ne pourra que conseiller aux lecteurs d’acquérir la version grand format afin de profiter pleinement de son remarquable travail.

BUG T2 BILAL Editions CASTERMAN 88 pages, 18,00 € et 35,00 € la version grand format.

Bernard LAUNOIS

 

 

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Publié le 12 Avril 2019

Une île sur la Volga, la sérénité trompeuse…

Maksim, son épouse et son fils ont fui Moscou il y a maintenant quelques mois pour goûter les charmes d’une île sur la Volga afin de se ressourcer auprès de la nature, vivre de leur production de légumes bio et créer une maison d’hôte. Seulement, les arrivées concomitantes de Gala, sa mère venue voir sa petite famille, et d’un homme de main décidé à lui soutirer de l’argent vont transformer leur petite vie tranquille en un enfer. Voilà que Gala s’en mêle et intime à son fils de ne pas payer ces dessous-de-table, allant même jusqu’à menacer l’individu à la mine patibulaire. Le boss de la mafia locale n’apprécie pas du tout que l’on s’oppose à son petit trafic et va demander à Kolya et Stepan, deux jeunes désœuvrés, de faire peur à Gala qui se répand sur Internet en relatant les agissements des malfrats.  L’aubaine est trop bonne pour ces deux jeunes de profiter de leur mission pour enlever Gala et demander une rançon à son mari resté à Moscou.

L’auteur complet Iwan Lépingle, remarquable conteur, entraîne le lecteur dans une fiction des plus angoissantes où la tension monte à chaque page, à se demander comment cela va finir. Le découpage scénaristique s’avère des plus efficaces, alternant les moments d’action et les moments de répit qui s’avèrent souvent les plus inquiétants. Le dessin est à la hauteur du récit, plutôt réaliste mais sans fioritures, tout dans l’efficacité. Les couleurs pastel sont troublantes dans un premier temps car elles contrastent avec le récit, mais finalement le lecteur s’en accommodera  très vite.

UNE ILE SUR LA VOLGA LEPINGLE Editions SARBACANE 112 pages, 19,50 €

Bernard Launois

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