coup de coeur bernard launois

Publié le 23 Février 2020

Birds Of Prey, Huntress, entre vengeance personnelle et règlements mafieux

Helena Bertinelli va avoir 21 ans dans quelques jours et n’a que de vagues souvenirs de son enfance heureuse auprès de ses parents, l’une des familles les plus puissantes de la pègre de Gotham avant qu’ils ont été massacrés sous ses yeux. Envoyée en Sicile auprès de ses cousins mafieux, elle réapprend à vivre mais pas seulement, à se battre et à chasser également grâce à Sal son frère de cœur, au point de devenir une redoutable chasseresse. Enfin majeure, elle s’entend dire par le notaire que son héritage reste dérisoire par rapport à ce qu’avaient amassé ses parents et constate qu’elle a été particulièrement  spoliée. Elle n’aura alors de cesse que de récupérer ce qu’on lui doit et ce, de manière expéditive et bien qu’elle ait juré de ne jamais remettre les pieds à Gotham, il faudra bien qu’elle s’y résolve pour se venger.

Helena, devenue Huntress, va donc s’attaquer aux criminels et particulièrement remonter la filière de ceux qui ont commandité la mort des siens en faisant sa propre justice, en contradiction avec les principes de Batman.

Le scénariste Ivory Madison entraîne rapidement le lecteur dans un tourbillon de règlements de comptes, avec à la tête de cette expédition une jeune femme déterminée qui a su se forger uncaractère. Les dialogues sont aussi vifs et prompts que les coups que distribue Huntress, la belle chasseresse charismatique, à qui il ne faut pas en promettre. Le dessinateur Cliff Richards n’est pas en reste en livrant là une chasseresse des plus dynamiques. Les actions s’enchaînent à une vitesse vertigineuse dans des décors chatoyants partagés entre l’Italie et les Etats-Unis qui devraient ravir bon nombre de lecteurs.

BIRDS OF PREY, HUNTRESS MADISON/RICHARDS Collection DC DE LUXE, Editions URBAN COMICS 152 pages, 15,50 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 16 Février 2020

Quelquefois, il ne suffit pas de grand-chose pour transformer sa vie. C’est assurément ce que sont dit Béa et Lou, deux jeunes filles, lorsqu’elles se sont rencontrées dans une station-service du fin fond du Texas, l’une rejoignant sa tante en voiture et l’autre fuguant pour échapper à une famille trop envahissante.

Qu’ont-elles en commun, sinon de partager les mêmes orientations sexuelles et surtout d’avoir vécu des expériences cuisantes dont elles n’avaient jamais parlé, préférant les enfouir au tréfonds de leur mémoire ?

Seulement, tandis qu’elles apprennent à se connaître et se confient l’une à l’autre, tout au long du ruban texan, elles vont rencontrer des moments heureux avec notamment l’apparition d’une chatte aux mystérieux pouvoirs mais également des moments plus difficiles avec la survenue de deux obscurs personnages qui n’auront de cesse de les poursuivre. Vont-elles arriver à se libérer de ces poids qui les obsèdent et à exorciser leurs peurs enfouies ?

Après l’imposant roman graphique Dans un rayon de soleil, qui avait transporté le lecteur dans un univers onirique et enchanteur, la jeune et talentueuse Tillie Walden nous gratifie à nouveau d’un remarquable ouvrage de plus de 300 pages que le lecteur  ne lâchera pas jusqu’à la dernière, tellement le suspense en est maintenu tout au long.

La force du récit réside particulièrement dans la présence d’êtres réels qui naviguent entre réalité et fantastique, au point de dérouter le lecteur pour mieux le retrouver dans une fin des plus surprenantes.

Le dessin semi-réaliste est à l’image du scénario, tout aussi onirique et fantastique. Les décors d’hiver se succèdent à une allure vertigineuse, dans une débauche de couleurs vives qui contrastent avec l’état d’âme des deux protagonistes si attachants.

SUR LA ROUTE DE WEST Tillie WALDEN Collection Hors Collection Editions GALLIMARD Bande Dessinée, 320 pages 24,50 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 14 Février 2020

L’œil du STO, quand l’infamie vous tombe dessus sans l’avoir méritée

Alors que Justin vient d’apprendre qu’on le pousse gentiment vers la case « retraite » et bien qu’il n’ait pas toutes ses annuités pour partir avec une retraite décente, il refuse de comptabiliser l’année 1944, la funeste année noire, celle où il a servi pour le Service du Travail Obligatoire institué par le gouvernement de Vichy à la demande des pouvoirs allemands. Cette croix, il va la porter toute sa vie alors qu’il n’a jamais été volontaire. Hélas, comme tous ceux qui y ont participé à raison de près de 600 000 travailleurs, il va être considéré, par bon nombre, comme un planqué à la solde de l’armée allemande, un sale collabo.

Cette blessure des plus humiliantes, il n’en parlera jamais et c’est au crépuscule de sa vie qu’il se décide à raconter cette période douloureuse, ou sévices et humiliations sont légion. Pourquoi ne pas avoir désobéi et pris le maquis au moment de l’embrigadement ? Car Julien ne savaitpas où il mettait les pieds ni quel prix il devrait payer à accepter de s’expatrier pour le camp d’Hennigsdorf, en Allemagne.

Le scénario, bien construit, relate un sujet rarement traité et plus particulièrement dans un roman graphique. L’écriture concise et sobre du scénariste Julien Frey convient parfaitement au sujet grave qu’est l’enrôlement d’une jeunesse qui, à défaut de servir de chair à canon au front, a laissé beaucoup d’hommes sur le carreau et ce, dans des conditions déplorables qui devaient plutôt être proches des camps de concentration.

Le dessin de Nadar est sobre et terriblement efficace, avec des aplats profonds et d’une noirceur tout aussi conséquente que le sujet traité.

Voilà un livre particulièrement indispensable, ne serait-ce déjà pour son apport pédagogique, pour ne pas oublier cette triste période de notre civilisation.

L’ŒIL DU STO Julien FREY/NADAR Editions FUTUROPOLIS 200 pages, 24,00 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 11 Février 2020

SENGO, que la défaite est lourde à porter !

1945, la guerre sino-japonaise a tourné à l’avantage des Chinois et c’est la tête basseque les soldats rescapés regagnent, tant bien que mal, un Tokyo occupé par l’armée américaine et qui ressemble à un champ de ruine. Kadomatsu, bonhomme débonnaire et sans famille, se demande bien comment il va pouvoir refaire sa vie. C’est alors que la chance tourne lorsqu’il retrouve Toku, son supérieur hiérarchique dans l’armée. Mais cette opportunité est-elle bonne pour tout le monde dans un environnement de magouilles, et de trafics, sans oublier la prostitution ? Retrouveront-ils la solidarité qu’ils avaient tissée dans l’adversité ?

Le mangaka Sansuke Yamada développe une histoire des plus originales sur les rapports humains plutôt particuliers, quand ils se sont initiés dans un climat de survie. Loin d’être plombant, eu égard au sujet, le ton drôle et décalé s’avère de mise. On prend alors plaisir à suivre les péripéties, au travers de dialogues truculents parfois réservés à un public averti, des  deux acolytes que tout oppose mais qui n’oublient pas qu’ils ont partagé des moments difficiles, voire insoutenables. C’est également une chronique acerbe des conditions de vie pendant et après le conflit sino-japonais.

Avec un dessin réaliste au dynamisme certain, les personnages sont croqués avec talent et évoluent dans un décor plutôt épuré mais terriblement efficace.

Inaugurant une série prévue en sept tomes, les deux premiers tomes sont particulièrement attachants et apparaissent très prometteurs.

Distinguée par le prix Osamu Tseuka et le grand prix de la Japan Cartonnist Association, cette série s’affirme comme l’une des plus belles réussites de l’année 2019 qui est promue également à une belle carrière en France.

A suivre avec grand intérêt !

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 6 Février 2020

Harley Quin et les sirènes de Gotham, quand de drôles de dames s’associent !

Depuis que le Chevalier Noir a disparu, rien de va plus à Gotham city où de drôles de dames ont décidé de s’allier, et l’on peut s’attendre à tout !

Mais qu’est-ce qui peut bien leur donner envie à nos trois justicières, Catwoman, Poison Ivy  et Harley Quinn, de s’entendre ainsi et d’aller jusqu'à partager un appartement ? N’y a-t-il pas anguille sous roche ? Peut-être un désir de se ranger des affaires pour couler une petite vie tranquille toutes les trois, ou plutôt s’allier pour enfin régner sur Gotham city ? Le lecteur va vite être mis dans le bain car après l’irruption du bad boy Boneblaster qui a l’intention de leur faire mordre la poussière, les ennuis volent en escadrilles, avec notamment l’affreux Edward Nigma qui entre dans la danse et qui fera qu’elles ne seront pas trop de trois pour répondre aux agressions diverses et variées.

Voilà un scénario, écrit par le trio Paul Dini, Scott Lobdell et Guillem March, des plus enlevés, peuplé de rebondissements et laissant peu de place à la respiration et à la méditation, que l’éditeur Urban Comics a eu la riche idée de mettre à son catalogue !

Quel plaisir de suivre les aventures de ces trois créatures, fort complémentaires, de l’univers de Batman, remarquablement croquées par le dessinateur espagnol Guillem March. Elles évoluent dans les décors fouillés de cette ville maudite, peuplée d’êtres malfaisants toujours prêts à faire un mauvais coup qui pourrait rapporter de l’argent ou du pouvoir.

A l’heure de la sortie imminente du film Birds of Prey, la « fantabuleuse » histoire d’Harley Quinn, c’est le moment idoine de se plonger dans ce « classique » américain de très bonne facture.

HARLEY QUINN & LES SIRENES DE GOTHAM DINI/MARCH/LOBDELL 256 pages, 22,50 €

Bernard Launois

 

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Publié le 24 Janvier 2020

Un auteur de bd en trop, à la recherche d’un succès inespéré !

Daniel, dessinateur de bd qui n’arrive pas à percer, dispense des cours à de jeunes étudiants désirant embrasser la carrière. De projets non retenus par les éditeurs aux bandes dessinées dont les sujets ne passionnent guère, Daniel se pose beaucoup de questions, sans vraiment se remettre en question quand… Kévin, un jeune ado débarque dans sa vie ! Bien que bd ne le passionne pas vraiment car il a en tête de se réaliser dans l’art contemporain, il jette quand même quelques planches qu’il soumet à Daniel et c’est la claque ! L’idée est géniale, le scénario est une vraie tuerie : comment un gamin, à peine pubère, peut-il pondre un truc pareil ? La comparaison avec ses sujets minables est trop insupportable ! Et s’il envoyait ce projet à son éditeur en se faisant passer pour le génial géniteur ?  

Le résultat ne se fait pas attendre, voilà que l’éditeur lui propose un pont d’or pour réaliser cet album qui devrait assurément faire partie de la sélection d’Angoulême ! Daniel en rêve depuis tellement longtemps, et l’occasion ne se reproduira pas deux fois ! Seulement, comment convaincre Kévin d’aller au bout de ce projet ? Aura-t-il le courage de lui annoncer qu’il lui a piqué son idée ou laissera-t-il pourrir la situation au risque d’être accusé de plagiat ?

L’auteur complet Daniel Blancou dépeint avec talent et justesse l’angoisse de la page blanche et toutes les affres qui y sont attachées. C’est aussi l’occasion de revenir avec une pointe d’humour et de cynisme sur la précarité d’un métier de plus en plus difficile à exercer. Le tour de force du scénariste réside assurément à confronter le lecteur à un cruel dilemme : soutenir ce pauvre looser qui fait souvent pitié ou le vilipender pour ses attitudes amorales.

Avec un dessin semi-réaliste rehaussé par des aplats de couleurs vives, Daniel Blancou accompagne son héros malheureux, sans fioriture et finalement de façon terriblement efficace.

Une mention spéciale sera donnée au crédit de l’éditeur Sarbacane avec la réalisation d’un bel album toilé.

UN AUTEUR DE BD EN TROP BLANCOU Editions SARBACANE 80 pages, 22,50 €

Bernard Launois

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Publié le 19 Janvier 2020

ALDOBRANDO, ou le sens de l’honneur

Le père d’Aldobrando se sachant perdu alors qu’il doit combattre dans la « fosse », décide de confier son jeune garçon chétif à un mage qui lui était redevable et à qui il a fait promettre d’en faire un homme. Les années passent, Aldobrando grandit gentiment, chéri par le mage qui parfait chaque jour son éducation et alors que l’heure de découvrir le monde et toutes ses vicissitudes a sonné, ALdobrando, en ratant une potion, cause une blessure au vieux mage. Que faire, sinon se lancer dans l’aventure à la recherche de l’herbe du loup, seul remède pour soigner son œil griffé ? Aldobrando quitte alors précipitamment la chaumière à la quête de l’ingrédient indispensable à la guérison, ingrédient dont il ne connait pas la forme, ni ne sait où le trouver. Adieu le cocon familial et bonjour les mauvaises rencontres ! Aldobrando arrivera-t-il à se sortir des pétrins dans lesquels il a la candeur et la naïveté de royalement se mettre  et finira-t-il par sauver son père adoptif qu’il chérit tout particulièrement ?

Les lecteurs habitués à lire des albums entièrement réalisés par l’auteur complet Gipi se contenteront ici de ne le retrouver qu’au scénario, mais quel scénario ! En deux cents pages, ce formidable conteur transporte le lecteur dans un grand récit d’initiation que n’aurait pas renié l’écrivain Rabelais. L’histoire est originale, fort bien construite avec un suspense qui est maintenu tout au long de l’album. Après l’album Terre des fils, qui traitait de la transmission du savoir et de l’éducation avec un grand E, Gipi revient avec talent sur ce thème qu’il affectionne tout particulièrement et ce, pour le plus grand plaisir du lecteur. Alors, quand on ajoute le talent du dessinateur Luigi Critone et les mises en couleurs de Francesco Daniele et Claudia Palescando, on se retrouve assurément avec une belle pépite dans les mains à déguster sans modération.

Une version luxe noir et blanc, qui permettra d’encore mieux apprécier le dessin fouillé de Luigi Critone, vient compléter ce bel opus.

ALDOBRANDO CRITONE/GIPI Editions CASTERMAN 200 pages, 23,00 €

Bernard Launois

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Publié le 16 Janvier 2020

Moi, Mikko et Annikki, quand un quartier s’insurge contre sa destruction…

Annikki reste encore un des rares quartiers historiques de la ville finlandaise de Tempere à être conservé quasiment comme il a été construit deux siècles plus tôt. Mais pour combien de temps encore ?

La folie immobilière guette ce quartier historique qui pourrait devenir un « joli » petit îlot bien rentable pour les promoteurs. Heureusement, les habitants de ses petites maisons de bois ne l’entendent pas de la sorte, et un combat acharné s’engage entre la municipalité favorable au modernisme et les habitants soudés en communauté et qui n’ont qu’un rêve, c’est qu’on les laisse tranquilles rénover au lieu de tout détruire. Le combat du pot de fer contre le pot de terre peut commencer et le lecteur, après avoir découvert l’histoire du charmant petit quartier, anciennement un des plus industrialisés de la région, va suivre pas à pas les actions menées de part et d’autre par des protagonistes tous persuadés qu’ils œuvrent pour le bien de l’îlot.

Après avoir vécu de l’intérieur tous les démêlés avec les autorités municipales puis nationales, l’auteur complet Tiitu Takalo s’est lancé dans un récit autobiographique qui pourrait, hélas, être transposé dans bon nombre de quartiers et ce, à travers le monde entier, tellement le sujet est omniprésent : la quête du soi-disant bien-être de l’habitant qui n’a, en fait, de finalité que celle d’enrichir les promoteurs immobiliers et les donneurs d’ordre.

Rafraîchir et redonner le lustre d’antan plutôt que faire table rase d’un patrimoine historique ? Tel est le leitmotiv que Tiitu Takalo ne cesse de marteler tout au long de son album.

Le récit bien ficelé se voit mis en valeur par un dessin semi-réaliste de bon aloi ajouté à des couleurs chatoyantes qui rendent la lecture de cet opus très agréable, et l’on comprend rapidement les raisons pour lesquelles cet album a reçu des honneurs.

Saluons ici l’heureuse initiative des éditions de Rue de l’Echiquier BD pour avoir édité cette bande dessinée, lauréate du prix Finlandia en 2015, qui devrait ravir celles et ceux qui se battent pour la défense du patrimoine quel qu’il soit.

MOI, MIKKO ET ANNIKKI TAKALO Editions RUE DE L’ECHIQUIER BD 248 pages, 21,90 €

Bernard Launois

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Publié le 15 Janvier 2020

Le Tueur, Affaires d’état T1, ou le retour en fanfare du tueur à gages

Voilà bientôt cinq ans que le lecteur est orphelin de la série Le Tueur, qui avait marqué en 1998 le genre en bande dessinée policière en treize albums et trois cycles. On ne pourra que se féliciter de son retour avec le duo historique scénariste/dessinateur.

Pour cette nouvelle saison appelée Le Tueur, Affaires d’état, finies les cavales solitaires à travers le monde entier pour remplir des contrats, en temps que privé : le scénariste Matz campe son récit dans des missions sur le territoire français pour le compte des services d’état.

En effet, le tueur à gages a fini par être rattrapé par les services français et s’est trouvé acculé à accepter ce nouveau type de missions, s’il ne voulait pas terminer sa vie entre les barreaux.

Nous sommes dans la ville du Havre, où de drôles de trafics se font au sein des installations portuaires, et le Tueur et ses deux acolytes sont chargés de faire le ménage avec tact et discernement. Mission difficile, eu égard aux enjeux politiques, où il faut se fondre dans le décor et attendre son heure pour frapper. C’est un genre de mission que le Tueur affectionnerait de faire seul, mais là, il lui faut composer et ce n’est pas dans sa nature. Arrivera-t-il à ses fins sans dégâts collatéraux ?

On retrouve, avec plaisir, les scénarios ciselés de Matz remarquablement mis en images par Luc Jacamon qui pour l’occasion, a repris ses pinceaux pour coloriser son ouvrage.

Cet album sent la poudre, à fusil ou à sniffer, et l’on retrouve avec plaisir le cynisme et la froideur du personnage. Si l’album comporte peu de dialogues bien que souvent très percutants, on appréciera la voix « off » qui rythme parfaitement ce premier opus.

Alors, c’est le moment opportun de se (re) plonger dans ce monde malsain peut-être pas si loin de la réalité comme se complait à le préciser le scénariste Matz en quatrième de couverture : toute ressemblance avec des événements réels serait évidemment très regrettable…

LE TUEUR AFFAIRES D’ÉTAT T1 MATZ/JACAMON Éditions CASTERMAN 56 pages, 11,50 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 12 Janvier 2020

Muertos, une longue fuite en avant…

Alors que la vie s’écoule paisiblement dans l’hacienda où de riches propriétaires exploitent autant les terres que ceux qui la cultivent et qui n’ont que leurs mains pour survivre, un événement des plus extraordinaires va survenir : l’apparition de morts-vivants. D’où sortent-ils et pourquoi se sont-ils mis en tête de traquer toutes les personnes de l’hacienda en vue de les exterminer ? Les traqués auront-ils l’opportunité de réfléchir ? Difficile de se concentrer face à l’adversité, surtout quand elle est d’un genre nouveau.

L’auteur complet Pierre Place signe là un scénario des plus angoissants, maniant un suspense souvent insoutenable tout au long des 150 pages que contient cet opus.

Sous forme de feuilleton, l’auteur complet Pierre Place emmène le lecteur dans une sarabande de morts-vivants qui n’ont de cesse de traquer les survivants d’une ville du fin fond du Mexique. Va s’ensuivre une longue fuite en avant où le lecteur va découvrir au fil de l’eau les tenants et les aboutissants d’une terrifiante histoire.

Mais au-delà de la course-poursuite, c’est aussi une réflexion sur la manière qu’ont les humains d’appréhender la peur, le truc viscéral qui peut vous terroriser et anéantir toute forme de réaction ou au contraire, vous donner l’adrénaline qui vous pousse à se sublimer, à faire des choses que l’on se serait cru incapable de faire car il reste l’instinct de survie, celui de sauver sa peau devant quelque chose d’irrationnel.

Avec de profonds encrages qui renforcent le caractère anxiogène de cette traque par des morts-vivants, Pierre Place transporte le lecteur dans un univers fantasmagorique qui ne laissera personne indifférent et l’empêchera peut-être, après sa lecture, de faire quelques nuits sereines.

MUERTOS PLACE Collection Hors collection Editions GLENAT 152 pages, 25,50 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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