Publié le 3 Octobre 2017

AFTERZ, vers des après désenchantés

Afterz, quel drôle de titre pour un album ! Peut-être le pluriel d’after ? Assurément pour les fêtards une vie après, mais après quoi ? C’est toute la question, peut-être une recherche de moment que le commun des mortels n’aura pas le privilège de vivre : les instants d’après la fête, dans les petits matins où le jour ne va pas tarder à poindre. Peut-être encore la recherche d’un idéal que les personnages du récit pensent atteindre en vivant ces moments après qui n’appartiennent qu’à eux.

L’auteur complet Charles Berberian s'ingénie à dépeindre dans une description souvent plus grinçante les unes que les autres. Ils n’ont vraiment pas le sentiment d’être nés à la bonne période, traînant leur mélancolie et leur solitude au fin fond des boîtes de nuit, d'un canapé voire d’un plumard. Même les animaux domestiques de ces historiettes sont déroutés et déroutants. Comme à l’accoutumée, les dialogues sont drôles et la dérision est au rendez-vous de chaque strip.

A la manière des comics strips, où en peu de cases, deux, trois, voire quatre, le dessin et les textes doivent être percutants, pour aller à l’essentiel et dans cet exercice périlleux, Charles Berberian excelle. Si le découpage particulier en bande verticale apparait de prime abord déroutant, cette impression s’estompe très rapidement et le lecteur se délecte en découvrant les facéties de cette bande de loosers pour qui l’avenir se résume à vivre les après forcément mieux que les avant.

A lire, relire et relire et à déguster comme un drink, mais sans modération. 

AFTERZ BERBERIAN édition FLUIDE GLACIAL 120 pages, 18.90€

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 2 Octobre 2017

Avery's Blues lauréat du Prix 2017 de la BD aux couleurs du blues

Angux et Tamarit © Steinkis 2016

Le jury du Prix de la BD aux couleurs du blues a désigné le lauréat du millésime 2017: c'est l'album Avery's Blues, dessiné par Tamarit sur un scénario de Angux, et paru aux éditions Steinkis en septembre 2016.

Comme chaque année depuis 2014, date à laquelle il a été créé conjointement par Bulles de Mantes et Blues sur Seine, le Prix de la BD aux couleurs du blues choisit le meilleur album paru entre le 1er juin de l’année précédente et le 31 mai de l’année en cours, et illustrant une thématique autour du blues et des musiques qui lui sont proches, ou du contexte social et historique en relation.

Le prix 2017 sera remis aux lauréats pendant le festival Blues-sur-Seine, à l'occasion d'un concert dans l'Espace Maurice Béjart à Verneuil-sur-Seine, et en présence des deux auteurs venus tout droit d'Espagne pour cette soirée.

Une exposition des planches de l’album sera présentée à la fois à la Médiathèque Duhamel de Mantes-la-Jolie et à celle de Verneuil-sur-Seine pendant toute la durée du festival Blues-sur-Seine, du 10 au 26 novembre 2017.

http://www.bullesdemantes.fr

http://www.blues-sur-seine.com

http://steinkis.com

Jérôme Boutelier

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Publié le 1 Octobre 2017

CES JOURS QUI DISPARAISSENT, rêves, cauchemars ou réalité

 

 

Lubin, 23 ans, ne rêve que d'une chose, embrasser la carrière d'acrobate. Magasinier la journée, il s'entraîne dur pendant ses moments de détente jusqu'à une mauvaise chute sur la tête qui va bouleverser toute son existence. Voilà que Lubin se réveille chaque surlendemain sans se souvenir de ce qu'il a pu faire le lendemain. A-t-il dormi pendant 24 heures ? Fait-il des amnésies passagères ? Toujours est-il que chacun s'inquiète autour de lui car il n'assure plus son travail régulièrement, et manque les auditions prévues avec sa troupe.

 

 

 

 

L'histoire va se compliquer lorsqu'il découvre que le jour "manquant", un sosie prend sa place, avec la même enveloppe physique mais un caractère diamétralement opposé. 

Le surnaturel se mêle au quotidien déroutant.

Peut-on attribuer son état à sa chute ? Ne sommes-nous pas devant un doublement de la personnalité ? L'auteur complet Thimothée LE BOUCHER jette le trouble chez ses lecteurs et pour les entraîner dans un tourbillon de questionnement. Voilà un scénario bien construit qui ne lâchera pas le lecteur jusqu'à la fin de ses 192 pages, avec le récit haletant d'une vie entière où le lecteur va sans cesse s'interroger sur le phénomène surnaturel qui habite Lubin.

Avec un dessin réaliste plutôt épuré, laissant place à la dramatique du sujet, Thimothée LE BOUCHER immerge le lecteur dans un univers pour le moins surréaliste qui ne laissera personne indifférent.

Indispensable !

CES JOURS QUI DISPARAISSENT LE BOUCHER collection 1000feuilles Éditions GLENAT 192 pages, 22,50€

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 30 Septembre 2017

WINGED MERMAIDS T1, pleins feux sur terre, air et mer…

Asagito, jeune prince héritier du royaume d'Aizen déploie des trésors de diplomatie pour que son royaume redevienne aussi paisible qu'avant la rivalité du royaume d'Yggland.

Seulement, sa stratégie ne fait pas que des heureux et il se sait sans cesse menacé au point de se faire remplacer par un sosie dans les manifestations publiques car il craint les attentats sur sa personne.

C'est Ishito, jeune pilote d'une compagnie aérospatiale qui se voit intimé de remplacer au pied levé le jeune prince alors que ce dernier doit inaugurer une base militaire stratégique. Bien lui en a pris, la base est bombardée et Ishito, blessé, en réchappe et se retrouve en convalescence dans un camp d'entraînement. Misuzu, sa sœur, capitaine de l'air, est obsédée par l'idée de vengeance pour son frère et son prince qu'elle vénère et monte un stratagème pour contre-attaquer.

Arrivera-t-elle à ses fins, Ishito devenue doublure officielle du prince sera-t-il à la hauteur des espérances de sa sœur ?

L'auteur Etorouji Shiono affectionne tout particulièrement revisiter les standards mangas  que ce soit médiéval avec Übel Blatt ou romantique avec  Zelphy. Cette fois-ci il s'attaque au récit de guerre et c'est plutôt réussi. Prévu en trois tomes, le récit est bien ficelé et le lecteur s'appropriera rapidement les personnages plutôt attachants que ce soient les protagonistes comme la bande de jeunes femmes rencontrés dans le camp d'entraînement, bien décidées à en découdre auprès du héros Ishito.

Au dessin hyperréaliste s’ajoute un découpage dynamique, et l'on prendra plaisir à suivre les pérégrinations des personnages d'Etorouji Shiono, évoluant dans des décors fouillés dans tous les éléments, terre, mer et air.

Une mention particulière pour les combats d'hydravions des plus réalistes.

WINGED MERMAIDS T1 ETOROUJI Éditions DOKI-DOKI 204 pages 7,50 €

 

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 22 Septembre 2017

The dead hand T1, entre guerre et paix

Après une enfance paisible au fin fond de l’Amérique, bercée par les super-héros de papier, Carter Carlson rêve d’embrasser une carrière militaire et plus particulièrement celle d’espion. C’est ce qu’il fera en intégrant un commando de cinq agents, et une de ses missions l’emmènera au cœur d’une base soviétique où résident encore des scientifiques qui ont été abandonnés par leur hiérarchie. Les voyant désargentés et presque affamés, Carter décide de les épargner et de les remmener dans ses bagages.

 

Revenu aux States, Carter tire un trait sur son passé de baroudeur pour se reconvertir en parfait shérif dans Mountain View, une petite ville plutôt calme où aucun étranger ne franchit la porte jusqu’au jour où… Un randonneur échoue dans l’unique bar de la ville, hébété, déshydraté, voire amnésique. Que vient-il faire là ? Pourquoi cet homme surgi de nulle part affole tant les résidents ?

 

Le scénariste Kyle Higgins entraine tout d’abord le lecteur dans les méandres de la guerre froide où les ennemis d’hier, Russie, Angleterre, France, Allemagne et USA,  après s’être ingéniés pendant près de quarante ans à s’espionner,  vont devoir maintenant se serrer les coudes pour contrer un groupe terroriste qui se serait emparé d’un programme de défense nucléaire du Kremlin. Si avec ce premier opus, le récit semble s’installer tranquillement, le lecteur va très rapidement s’apercevoir que ce qui se trame n’a rien de classique et la tension monte au fil des pages, inexorablement. Le découpage en chapitres s’avère efficace et Kyle Higgins semble beaucoup s’amuser avec le lecteur, passant du coq à l’âne pour mieux le ferrer.

Le dessin de Stephen Mooney, de style comics, sert parfaitement ce thriller avec des personnages semi-réalistes, plutôt taillés à la serpe et servis par les couleurs numériques froides de Jordie Bellaire. Si le lecteur pourra paraître un peu dérouté par le format classique qui ne correspond pas vraiment aux standards du comics, il va vite s’y habituer et profiter d’un découpage des plus dynamiques.

Avec une histoire fort bien construite, mise en valeur par un dessin efficace dans un format classique, voilà un concept des plus originals qui devrait combler les amateurs de comics et attirer ceux qui n’ont jamais franchi le pas.

THE DEAD HAND T1 LES RELIQUES DE LA GUERRE FROIDE HIGGINS/MOONEY Collection Grafica Editions GLENAT

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 18 Septembre 2017

Saint-Barthélemy T3, cette guerre de religion n’en finira-t-elle jamais ?

Avec Ainsi se fera l’histoire, troisième opus de la série Saint-Barthélemy, s’achève l’histoire d’une fratrie qui n’aura eu de cesse de se déchirer, tout d’abord séparée à l’occasion des guerres de religion puis divisée au moment du massacre de la Saint-Barthélemy.

Alors que s’est achevée LA journée terrifiante marquée par une incommensurable boucherie, Charles IX réalise la méprise et ordonne que cesse la traque des Huguenots, mais le lendemain ressemble hélas à la veille. L’odeur du sang est omniprésente dans les rues de Paris et il ne fait pas bon traîner dehors, surtout quand on ressemble à un Huguenot. Elie cherche désespérément un refuge après avoir retrouvé sa sœur, mais voilà que Clément, son frère catholique fanatisé, n’a de cesse de le retrouver pour le faire tuer et combattre les idéaux qu’il exècre. Pourquoi tant de haine entre les deux frères, quelle relation étroite le comploteur Scipion a-t-il avec la famille Sauveterre ?

Les cartes s’abattent et les rebondissements sont encore nombreux dans ce dernier opus remarquablement écrit à quatre mains par les complices Pierre Boisserie et Eric Stalner, qui ménagent le suspens jusqu’au bout de l’album. Narrer une histoire dans l’Histoire reste un exercice difficile car il faut rendre la fiction crédible sans pour autant dénaturer la grande Histoire : gageons que le contrat est rempli pour le plus grand bonheur des lecteurs.

L’auteur complet Eric Stalner a mis à nouveau tout son talent de dessinateur dans des personnages qui évoluent au milieu de décors particulièrement soignés, permettant de découvrir le Paris du XVIème siècle. Les scènes de tuerie auront été traitées sans complaisance mais néanmoins sans voyeurisme, relatant le climat de violence de ce qui restera une des plus sanglantes journées que notre histoire ait vécue. Une mention spéciale est à donner pour les belles couleurs de Florence Fantini qui auront sublimé le trait d’Eric Stalner.

Une série historique incontournable.

SAINT-BARTHÉLEMY AINSI SE FERA L’HISTOIRE T3 BOISSERIE/STALNER Éditions LES ARENES BD 56 pages 15,00 €



Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 16 Septembre 2017

L’Islande du moyen-âge a inventé le genre littéraire de la saga, récit réaliste de la vie d’un personnage remarquable que le destin a mis à l’épreuve et dont il a triomphé. La saga retrace tout le lignage du héros, et depuis la nuit des temps la généalogie et le culte de la famille ont été des fondements importants pour les Islandais.

 

Aussi, quand une éruption volcanique laisse Grimr orphelin, sans biens et privé d’histoire familiale, il ne représente plus rien pour la société islandaise du 18ème siècle et son avenir s’annonce des plus sombres. Mais sa force herculéenne, sa faroucherie et sa placidité à la fois, sont vite remarquées et des mentors le prennent sous leur aile pour l’aider à construire sa vie. Balloté au gré des événements et confronté aux épreuves les plus terribles, Grimr saura-t-il vaincre l’adversité et se construire un destin mémorable ?

 

En auteur complet, Jérémie Moreau est de nouveau aux manettes du scénario, comme il le fut déjà pour Max Winson, et nous révèle les valeurs de la saga et une solide observation des us islandais. L’implacable nature qui caractérise l’Islande l’a visiblement subjugué, pour lui donner une place éminente dans un album magnifique. De ces ingrédients il fait une harmonieuse composition en un récit tout en nuances, et nous entraine avec tendresse à suivre un héros auquel on est vite attaché.

 

Au travers de ses précédents opus, on avait déjà apprécié son trait vif et expressif. Dans La Saga de Grimr, on est frappé par la douceur qui émane de son héros dans des éléments aussi âpres et contraires, une impression favorisée par l’utilisation de l’aquarelle pour le premier album qu’il ait réalisé tout en couleurs directes. L’effet est remarquable, faisant ressortir la grandiose hostilité de cette terre sauvage dont il a su sublimer la beauté. Jérémie Moreau montre là une nouvelle facette d’un talent dont il est pourtant déjà bien pourvu.

 

Une œuvre émouvante.

 

La Saga de Grimr

par Jérémie Moreau, éditions Delcourt,

septembre 2017, 25,50 €

Illustrations ©Delcourt 2017

 

 

 

Jérôme Boutelier

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 13 Septembre 2017

Cyparis, le prisonnier de Saint-Pierre

Avril 1902, à quelques semaines du cataclysme qui l’anéantira totalement, la ville de Saint-Pierre mérite toujours son surnom de « Perle des Antilles ». La capitale économique et culturelle de la Martinique étale sans complexe les splendeurs de sa nature luxuriante et les richesses générées par l’industrie rhumière. Un ouvrier agricole turbulent, Cyparis, est emprisonné après de nouvelles frasques. Venant rendre visite à son oncle une jeune Française débarque, qui tombe immédiatement sous le charme envoutant de la cité pierrotine et de ses beaux Créoles. Mais les prémices du désastre s’annoncent et se succèdent à un rythme qui va s’accélérant.

 

Le cadre historique est entièrement respecté, le scénario collant au plus près du déroulement

de la catastrophe pour y introduire les personnages, mêlant sujets réels et héros de fiction qui se côtoient sans toujours se croiser au fil des 256 pages de cet imposant album.  Pourtant le suspense prend toute sa puissance grâce au parti pris de l’auteur de suivre un compte à rebours qui captive littéralement le lecteur. Tel un tourbillon irrésistible, l’inexorable enchainement des événements est habilement rendu, et on assiste impuissant aux agitations des protagonistes de l’histoire qui se débattent dans l’étau qui se referme, pris entre les atermoiements politiques du maire et du gouverneur, et les avertissements frénétiques d’un professeur lucide mais inaudible, au milieu d’une population balançant entre insouciance et panique.

 

A la fois scénariste et dessinateur, Lucas Vallerie nous gratifie d’un dessin semi-réaliste maitrisé, sachant parfaitement allier la précision des détails à l’intrigue romanesque. Les couleurs chaudes et chatoyantes plongent le lecteur dans l’ambiance tropicale, qu’a su parfaitement rendre l’auteur grâce aux attitudes de ses personnages pittoresques, et aux dialogues drôles et plus vrais que nature.

Lucas Vallerie, qui réside dans l’île,  réalise ici sa première BD avec maestria, à l’appui d’une forte documentation et d’une excellente connaissance du terrain et de ses habitants.  On attend avec impatience de voir s’il peut renouveler aussi bien l’exercice dans un contexte moins historique.

 

Un album passionnant qui se lit sans reprendre sa respiration.

 

Cyparis, le prisonnier de Saint-Pierre

par Lucas Vallerie, éditions La Boite à Bulles septembre 2017, 32 €

Illustrations ©La Boîte à Bulles 2017

 

Jérôme Boutelier

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 13 Septembre 2017

Une aventure des spectaculaires T2, sur les traces de la mante religieuse

Après le Cabaret des ombres, l'équipe des Spectaculaires ne pouvaient pas être en reste et quand on leur a proposé de s'occuper de la garde rapprochée de la célèbre actrice Sarah Bernhardt, ils n'ont pas hésité à relever le défi.

Poursuivie par un infâme personnage déguisé en mante religieuse qui s'évertue à multiplier les tentatives d'attentat sur sa personne, Sarah Bernhardt décide d'emmener son aréopage d'amis et l’équipe des Spectaculaires à Belle-Ile, loin des turbulences parisiennes, espérant ainsi s'affranchir du tueur obstiné. Cette pérégrination ferroviaire, complétée par une traversée homérique pour atteindre enfin Belle-Ile-en-Mer, suffira-t-elle à dissuader la mante à abandonner son funeste dessein ? Les inventions diaboliques de Prospérité Pipolet, mises à disposition de l'équipe des Spectaculaires, seront-elles efficaces pour déjouer les plans diaboliques de la mante ? Un chassé-croisé entre le tueur et les Spectaculaires n’aura cesse de s’effectuer, jusqu’à…

Grâce à un scénario plutôt bien construit et souvent drôle, avec un brin de loufoquerie, le scénariste Régis Hautière transporte le lecteur dans l'univers légèrement décadent de cette fin 19ème, début 20ème, à l'ère des inventions chères à Jules Verne, au règne de l'insouciance où tout est possible avant le bruit des bottes.

Avec un dessin dynamique semi-réaliste de belle facture, Arnaud Poitevin met remarquablement en images cette enquête policière peuplée de personnages tous aussi attachants les uns que les autres, dans des décors soignés rehaussés par les couleurs chatoyantes de Christophe Bouchard qui siéent parfaitement au récit.

Après un premier album fort prometteur, les auteurs confirment avec cet opus que les aventures des Spectaculaires s'inscrivent dans une belle série policière accessible à tout public.

UNE AVENTURE DES SPECTACULAIRES T2 LA DIVINE AMANTE HAUTIÈRE/POITEVIN Éditions RUE DE SÈVRES 60 pages, 14,00 €  

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 8 Septembre 2017

La Vallée du diable, les terres de la désillusion

1925, Blanca la vieille, Florentin le jeune orphelin, Pauline la jeune veuve, et Arpin l'ancien poilu ne pensaient pas un seul instant que la fuite de leur Savoie natale pour la Nouvelle-Calédonie ressemblerait plus à un cauchemar qu'à un rêve. 

Eux qui pensaient refaire leur vie dans un paysage paradisiaque se retrouvent pris entre les colons, qui ne pensent qu'à les exploiter, les Kanaks, qui n'acceptent pas de se voir avilis par les colons et spoliés de leurs terres nourricières, et les anciens bagnards qui ne trouvent pas leur place. La colère gronde et la venue d'une tempête tropicale va servir de détonateur à un déclenchement de violence sans précédent.

Après la longue marche au travers des massifs alpins à la recherche d'un monde meilleur dans 'Le Sentier des reines', l'auteur complet Anthony Pastor transporte ses personnages et le lecteur dans un pays tout aussi difficile à vivre que ne l'était la Savoie, la froidure en moins mais la chaleur tropicale en sus. 

Une belle chronique sur les conditions sociales de l'après-guerre au fin fond de la Nouvelle-Calédonie, où les ressentiments se mêlent aux sentiments, jalousies et spoliations. L'amour n'a jamais tant côtoyé la haine, entre Arpin qui a fait un enfant à une jeune kanake convoitée par un local alors que sa Pauline, sa femme, se désespère de le retenir, et Florentin qui refuse de répondre aux avances de la fille du propriétaire qui les a recueillis.

Quant au dessin, il sublime le scénario en y rajoutant toute l'intensité. Avec un trait réaliste habillé de belles couleurs, l'auteur transporte le lecteur dans un univers rempli d’action.

Cet album, bien qu'il soit la suite de l'excellent road movie au travers des Alpes, peut se lire indépendamment et sans modération.

LA VALLÉE DU DIABLE PASTOR Éditions CASTERMAN 128 pages, 20,00 €

 

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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