Publié le 20 Janvier 2018

Docteur Radar, T2 terreur en Italie, le retour du feuilleton inénarrable !

Il aura suffi que Mariana, la compagne du docteur Radar, s’évade alors qu’on l’extrayait de sa prison pour l’emmener à l’échafaud, pour que le Docteur Radar réapparaisse avec une série de meurtres. Décidément, le détective Ferdinand Straub ne sait plus par quel bout le prendre pour se débarrasser du suspect numéro 1, qui avait déjà défrayé la chronique dans une première aventure. S’ensuivra une poursuite effrénée qui mènera tout ce petit monde dans l’Italie fasciste de Mussolini pour essayer de déjouer les intentions du docteur, bien décidé à exterminer les savants.

Le scénariste Noël Simsolo en remet une couche avec ce diable de docteur Radar qui devient de plus en plus déterminé dans ses meurtres, rajoutant même une touche de sadisme. Le rythme s’avère encore plus effréné que précédemment, et la course contre la montre entre le détective et le docteur s’accélère entre Paris et Rome, aucun ne voulant céder. Le docteur Radar semble toujours avoir un temps d’avance sur Ferdinand, mais jusqu’à quand ? Dans cet opus, le lecteur ressentira encore un peu plus ce côté oppressant qui rend le scénario si haletant. Rien d’étonnant à cela quand on connait le parcours de Noël Simsolo, romancier, réalisateur de films, auteur de nombreux feuilletons radiophoniques. Aussi en ouvrant cet album, le lecteur va rapidement comprendre qu’il ne le quittera plus des yeux jusqu’à en connaître la fin… Et encore !

Avec les coups de crayon de Bézian, ciselés voire acérés et si caractéristiques, la narration est remarquablement servie par le dessin dont le lecteur appréciera la fluidité et le rythme tout aussi haletant que le scénario. Les couleurs volontairement lugubres renforcent le côté sombre du récit.

Du grand polar avec un opus assurément plus fort que le précédent et qui laisse augurer d’une suite des plus surprenantes.

Indispensable !

Docteur Radar T2, Terreur en Italie BEZIAN/SIMSOLO Collection Hors Collection Editions GLENAT, 72 pages grand format, 19.50 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 19 Janvier 2018

Mondo Reverso, le western féminin qui décoiffe !

Et si les filles étaient finalement des hommes et les hommes, des femmes ? C'est sur cette hypothèse que les comparses Arnaud Le Gouëfflec et Dominique Bertail se sont lancés dans une aventure plutôt borderline où tous les codes traditionnels du rapport homme/femme sautent pour une belle redistribution des cartes.

Le western n'apparait-il pas alors le terrain le mieux adapté à ce chamboulement ? Tous les clichés y sont présents, du côté traditionnellement macho plutôt exacerbé,  en opposition à la gente féminine rabaissée à assurer la gestion du foyer,  jusqu’au repos du guerrier sous toutes ses formes.

Le lecteur suivra avec intérêt Cornelia, une jeune desperadette entichée d'un homme au foyer ;  ils vont faire ensemble un bout de chemin, poursuivis par un passé pas toujours glorieux.

C'est sur le ton de la franche rigolade et de la dérision qu'Arnaud Le Gouëfflec, ce touche-à-tout de talent, écrivain, scénariste de Bd, musicien et parolier,  s'est lancé avec brio dans un scénario conçu sous forme de feuilleton. Si les premières pages loin des repères traditionnels apparaissent plutôt déroutantes, le récit va néanmoins très rapidement trouver son rythme et permettre au lecteur de savourer un album hors du commun.

On ne présente plus le talentueux dessinateur Dominique Bertail qui n'hésite pas à se remettre en question à chaque nouvel album ou série qu'il entreprend. Cette fois, il ose un dessin plutôt caricatural pour certains personnages qu'il fait évoluer dans des décors souvent somptueux renforcés par des couleurs sépia de bon aloi.

À l'heure du #denoncetonporc et autre #MeToo cet album rythmé et drôle apporte un océan de fraîcheur salutaire.

MONDO REVERSO BERTAIL/LE GOUËFFLEC Éditions FLUIDE GLACIAL 88 pages, 16.90 €

Bernard LAUNOIS

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 17 Janvier 2018

Brigade Verhoeven, Rosie. À ma mère, pour toujours...

L'inspecteur Verhoeven, commandant du deuxième groupe de la police criminelle, petit en taille mais tellement grand en talent et en expertise, mène de main de maître son équipe ; mais quand le chantage de Jean Garnier se profile à l'horizon, il ne sait par quel bout le prendre. Il faut dire que le compte à rebours est commencé, le jeune homme menaçant de faire péter une demi-douzaine de bombes dans des écoles en échange, entre autres, de la libération de sa mère, enfermée pour avoir tué sa petite amie. Mais alors, pourquoi tenter de faire libérer celle qui a occis son amour ? C'est l'énigme que va tenter de résoudre notre sympathique inspecteur qui n'est pas au bout de ses surprises. 

L’adaptation d’un roman n'a jamais été une tache facile et pourtant, le scénariste Pascal Bertho a su fort bien adapter le récit de Pierre Lemaitre en servant habilement un polar des plus tonitruants, avec un découpage très judicieux, brouillant les pistes au fur et à mesure de l'intrigue.

On ne présente plus le dessin "enlevé" de Yannick Corboz, tant apprécié notamment dans la série L'assassin qu'elle mérite, qui dynamise avec talent une histoire rondement menée.

Avec Rosie voici le premier opus d’une série prévue en quatre tomes où chaque album est une histoire à part entière, et qui devrait ravir assurément les amateurs de polars.

BRIGADE VERHOEVEN-ROSIE CORBOZ/BERTHO Éditions RUE DE SÈVRES 76 pages 16,00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 10 Janvier 2018

Jonas Fink, le libraire de Prague, quand les amours de jeunesse remontent à la surface !

L’année 68 rime en France avec révolution, ce qui est loin d’être le cas en Tchécoslovaquie où, bien que l’on vive le « Printemps de Prague », les autorités ont des velléités de reprendre le contrôle sur le peuple qui a trop cherché à « s’émanciper ». Jonas Fink tient maintenant la librairie qui lui a permis, quelques quinze ans  plus tôt, de trouver un emploi lorsque comme sa mère il était banni, à cause de son père injustement enfermé pour avoir voulu rester un homme libre. Alors qu’il partage sa vie entre sa librairie et une jeune médecin vietnamienne, voilà que Tatiana, son amour de jeunesse, refait surface à l’occasion d’un reportage sur Prague. Elle est en effet devenue journaliste après que ses parents l’ont renvoyée en Russie pour l’éloigner de ce paria de Jonas. Elle et Jonas pensent-ils pouvoir se retrouver dans une ville de Prague envahie par les chars russes en cet été 68 ? Comment Jonas va-t-il gérer le retour inespéré de son amour de jeunesse ? De nombreuses questions se bousculent sur fond de terreur, le passé s’entremêlant avec le présent.

L’auteur complet Vittorio Giardino livre là une petite perle dont il a le secret, et le lecteur va (re)prendre plaisir à suivre les deux tourtereaux sur fond d’oppression d’un système. Fort bien documenté, le scénario colle parfaitement aux évènements qu’ont vécus la Tchécoslovaquie et plus particulièrement Prague à la fin des années 60, entre rideau de fer et milice à la solde de Moscou.

Avec son superbe dessin hyperréaliste, Vittorio Giardino emmène le lecteur dans les quartiers historiques de Prague, œuvrant tout en sensibilité avec des touches de sensualité comme il sait si bien faire. Voilà vingt ans que bon nombre de lecteurs attendaient cette suite, se demandant si elle sortirait un jour ! Les éditions CASTERMAN ont eu la riche idée de rééditer les deux albums initialement parus en un seul volume sous le titre Ennemi du peuple, en même temps que la sortie de ce deuxième tome pour conclure une série qui aura marqué la bande dessinée des années 90.

Indispensable !

JONAS FINK T2 LE LIBRAIRE DE PRAGUE GIARDINO Editions CASTERMAN 176 pages, 22.00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 6 Janvier 2018

Le monde de Zhou Zhou T2, ou le difficile apprentissage de la lecture

 

Zhou Zhou est une enfant pleine de vie et plutôt espiègle, vivant avec sa maman qui travaille dur pour élever sa fille et lui trouver les meilleures conditions pour débuter une bonne scolarité. Envoyée chez sa tante, voilà qu’après s’être séparée de ses meilleurs amis elle doit affronter ses cousines, qui ne l’acceptent pas vraiment. Et comme un comme un malheur n’arrive jamais seul, Zhou Zhou a du mal à suivre à l’école et ne tarde pas à devenir la risée de la classe... seulement, ce petit bout de femme est volontaire et ne va pas tarder à s'élever et montrer de quoi elle est capable.

La scénariste Bayue Chang'an présente des enfants tous aussi attendrissants les uns que les autres, avec les soucis de ceux de leur âge : du petit amoureux transi aux jalousies basiques, en passant par une enfant souvent livrée à elle-même, ils doivent également subir le poids de l'éducation chinoise. 

Ainsi l'auteur dépeint une société chinoise où le culte de la réussite est omniprésent et ce, dès les débuts de l'école primaire. Aussi, tout est prétexte à concours pour inculquer l'esprit de compétition, mais également pour découvrir des talents en devenir qui pourraient représenter la nation.

On ne présente plus le talentueux dessinateur Golo Zhao que les lecteurs petits et grands, ont eu l'occasion de découvrir avec notamment la Balade de Yaya ou autre Kushi. Avec des personnages craquants qui évoluent dans une banlieue chinoise, le lecteur va se trouver immergé dans des décors que l’on croirait tout droit sortis d’un film d’animation.

Ce deuxième opus tient toutes ses promesses d’un bon manhwa à la française.

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 2 Janvier 2018

Les Damnés de la Commune, à la recherche de Lavalette

Les images de l'histoire.

Un jour de pluie Raphaël Meyssan entre s’abriter dans la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris. Attendant la fin de l’averse, il feuillette un livre et s’aperçoit qu’il vit dans un immeuble également habité quelques 150 ans plus tôt par un illustre inconnu, un certain Lavalette, qui était communard. Mais bien qu’ayant été un des acteurs de la Commune de Paris ce Lavalette n’a guère laissé de traces. Sa curiosité alors éveillée, Raphaël Meyssan se lance dans une minutieuse enquête historique.

 

Dans cette BD pas comme les autres, l’habile parti-pris de son maître d’œuvre Raphaël

Meyssan a été de décrire en filigrane les étapes de ses recherches documentaires qui s’immiscent au fil des pages et du déroulé des faits historiques, permettant de donner du piquant au récit. Respectant la chronologie des événements retracés de façon rigoureusement exacte, découpée en chapitres tels les feuilletons populaires de l’époque, la narration reste fluide, délicatement adoucie par le récit qui s’intercale de la vie émouvante de Victorine, une misérable Communarde de base.

 

Mais la véritable originalité de l’album réside dans sa conception, car Raphaël Meyssan, graphiste de métier, n’a réalisé aucun dessin ! Il a exclusivement utilisé la très riche iconographie de l’époque, se constituant une base documentaire de milliers de gravures qu’il a savamment découpées, recadrées ou agrandies, employant chaque détail avec un parfait à-propos. Plaquant dialogues et commentaires off, il donne vie aux images et sublime leur authenticité.

 

Parce qu’elle en utilise tous les codes, les Damnés de la Commune est à la fois une véritable bande dessinée et une jolie petite leçon d’histoire: une magnifique réussite.

 

 

 

Les Damnés de la Commune, T1 A la recherche de Lavalette

par Raphaël Meyssan, éditions Delcourt,  novembre 2017, 23,95 €

 

Illustrations ©Delcourt 2017

 

Jérôme Boutelier

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Publié le 29 Décembre 2017

Manhattan murmures, instantanés d’une vie…

Je m'appelle Sam, je suis photographe de métier et quand je ne vais pas bien dans ma tête, je file à New York mitrailler sur mon terrain de prédilection : Manhattan !

 

Je n'aime pas le calcul et pourtant j'ai besoin de tout compter, les gens dans la rue qui s'adressent la parole, ceux qui s'embrassent, et hélas ça ne s'arrête pas là. Bref, je suis un être plein de contradictions. Plaqué récemment, je me réfugie dans la photo jusqu'au moment où des clichés vont révéler des choses que je croyais impossibles.

Faire découvrir l'univers de Sam au travers de son journal de bord, c'est le pari de l'auteur complet Giacomo Bevilacqua qui emmène le lecteur déambuler dans les rues new-yorkaises en compagnie d'un drôle de personnage plutôt énigmatique, qui s'est lancé le défi de ne pas décrocher un mot pendant trois mois, quoi qu'il arrive !

 

Les toutes premières pages de l'album, qui en compte près de 200, apparaissent plutôt déroutantes pour le lecteur qui aura du mal à comprendre où veut l'emmener le narrateur dans ce récit sans parole, qu’animent seulement quelques échanges par SMS de Sam avec son rédacteur en chef. Néanmoins, il sera vite rassuré et va vivre auprès de Sam une bien belle histoire aux accents romantiques.

Avec un dessin plutôt stylisé mais particulièrement fouillé, c'est un Manhattan haut en couleurs que le lecteur va découvrir à travers les pérégrinations de notre jeune personnage.

MANHATTAN MURMURES  BEVILACQUA Editions VENTS D’OUEST 192 pages, 20.00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 18 Décembre 2017

Le Mickey de Gottfredson, quand le dessin animé devient une bande dessinée

Si les débuts de Mickey dans la Bd ont commencé avec le dessinateur Ub Iwerks, c'est avec le génialissime auteur complet Floyd Gottfredson que la célèbre souris a pris toute sa dimension.

Initialement conçues dans les années 30 sous forme de strips comprenant une chute souvent drôle à chaque épisode, les histoires de Mickey vont rapidement constituer un récit s'étalant sur un semestre de parution. Grâce aux scénarios de Floyd Gottfredson, Mickey, héros déjà intemporel en dessin animé, va petit à petit devenir un personnage accessible à tous les publics avec une double lecture,  que ce soit pour les petits avec des gags et situations cocasses ou pour les grands, lorsque des sujets comme le racisme sont évoqués.

Mais l'apport de ce maître de la bande dessinée, aussi émérite que Carl Banks, ne s'arrête pas là et le lecteur, au fil des strips et des pages de présentation, va découvrir dans cet opus une nouvelle palette de personnages et d'univers graphiques bien plus riches qu’ils ne l'auront été dans les dessins animés.

On ajoutera un dessin des plus sophistiqués qui restera la référence pour tous les dessinateurs qui se frotteront à l’univers Disney.

Quelle heureuse initiative des éditions Glénat que d’éditer ce monument de la bande dessinée initialement réalisé par la maison d’édition américaine Fantagraphics ! Imprimé en format à l’italienne qui se prête fort bien au strips, le premier album d’une série qui comptera une quinzaine de volumes ravira les lecteurs petits et grands du plus célèbre personnage dessiné.

Mickey Mouse par Floyd Gottfredson N&B - Tome 1 1930 / 1931 - La Vallée de la mort et autres histoires Collection Les grands maîtres Editions GLENAT 288 pages, 29.50 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 10 Décembre 2017

Ar-Men, quand la lumière fut…

Ar-Men ne dit sûrement pas grand-chose à bon nombre de lecteurs, sinon à tous les Bretons et les amoureux de la mer. L’auteur complet Emmanuel Lepage, grand passionné de la mer, s’est lancé avec talent sur la fabuleuse et terrifiante histoire de la construction d’un des phares les plus mythiques, aujourd’hui classé monument historique. La décision de sa construction fait suite à une multiplication d’échouages, et plus particulièrement au naufrage en septembre 1859 de la Sané, une corvette à aubes.

Mais cet album ne s’arrête pas à une description des difficultés rencontrées dans la construction d’Ar-Men, battu par la mer et les vents au large de l’ile de Sein. C’est au travers d’une histoire romancée de la difficile vie des gardiens de phare sur ce rocher maudit qu’Emmanuel Lepage, formidable conteur, va emporter le lecteur dans une épopée des plus incroyables. Germain, gardien du phare décrit comme l’enfer des enfers, alors que la mer déchainée vient à se répandre dans le bas de l’escalier et attaquer le crépi du mur, découvre le début de l’histoire du bâtiment entre mythe et réalité.

Emmanuel Lepage, spécialiste des récits d’aventure, réalise à nouveau la performance de rendre vivants tous les paysages qu’il dessine, que ce soient la mer aux couleurs changeantes ou les terres soumises au gré des éléments.

On soulignera l’excellente initiative des éditions Futuropolis d’adjoindre à la première édition un dvd , Les gardiens de nos côtes, film d’Herlé Jouon qui permettra au lecteur de prolonger le récit d’Emmanuel Lepage ainsi que découvrir la réalisation des aquarelles qui vont inspirer l’album.

Indispensable !

AR-MEN LEPAGE Editions FUTUROPOLIS 96 pages, 21.00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 9 Décembre 2017

Undertaker T4, L’Ombre d’Hippocrate

Chute ou rédemption ?

 

Hanté par le remords, Jonas Crow l’Undertaker poursuit l’ogre de Sutter Camp, un certain Quint, chirurgien autant génialement habile que démoniaque : que n’avait-il supprimé ce monstre quelques années plus tôt, lorsqu’il en avait l’occasion ! Seulement Quint a su contraindre Rose à l’accompagner, après l’avoir blessée et promis de la soigner. Quel dilemme pour l’Undertaker ! Flanqué de Lin, saura-t-il vaincre ses démons et punir Quint sans condamner Rose ?

Avec un scénario particulièrement réussi, les rebondissements se succèdent à un rythme enlevé au fur et à mesure que se révèlent les plans machiavéliques de l’ogre, maitre de la manipulation. Mais derrière l’intrigue, le scénariste Xavier Dorison a su aussi nourrir de sens un récit dans lequel tous les protagonistes convergent vers le dénouement, suivant chacun leur chemin vers la chute ou la rédemption. Les auteurs nous incitent à réfléchir à des questions existentielles toujours actuelles, laissant au lecteur le soin d’y répondre : un criminel sauvant dix fois plus de vies qu’il n’en prend doit-il rester libre ? Peut-on faire des concessions à la morale lorsque notre vie en dépend ? Aider malgré soi des assassins vous en rend-il complice ?

Au dessin, Ralph Meyer se montre tout aussi efficace, son trait réaliste campant brillamment des personnages expressifs au milieu de décors soignés et bien servis par les couleurs de Caroline Delabie.

Avec de tels ingrédients, nul doute que L’Ombre d’Hippocrate, qui clôt le second diptyque d’Undertaker, rencontrera le même succès que les précédents opus, un succès amplement mérité !

 

Undertaker, tome 4 L’Ombre d’Hippocrate

par Xavier Dorison et Ralph Meyer, Dargaud, novembre 2017, 13,99 €

 

Illustrations ©Dargaud 2017

 

Jérôme Boutelier

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