Publié le 30 Septembre 2017

WINGED MERMAIDS T1, pleins feux sur terre, air et mer…

Asagito, jeune prince héritier du royaume d'Aizen déploie des trésors de diplomatie pour que son royaume redevienne aussi paisible qu'avant la rivalité du royaume d'Yggland.

Seulement, sa stratégie ne fait pas que des heureux et il se sait sans cesse menacé au point de se faire remplacer par un sosie dans les manifestations publiques car il craint les attentats sur sa personne.

C'est Ishito, jeune pilote d'une compagnie aérospatiale qui se voit intimé de remplacer au pied levé le jeune prince alors que ce dernier doit inaugurer une base militaire stratégique. Bien lui en a pris, la base est bombardée et Ishito, blessé, en réchappe et se retrouve en convalescence dans un camp d'entraînement. Misuzu, sa sœur, capitaine de l'air, est obsédée par l'idée de vengeance pour son frère et son prince qu'elle vénère et monte un stratagème pour contre-attaquer.

Arrivera-t-elle à ses fins, Ishito devenue doublure officielle du prince sera-t-il à la hauteur des espérances de sa sœur ?

L'auteur Etorouji Shiono affectionne tout particulièrement revisiter les standards mangas  que ce soit médiéval avec Übel Blatt ou romantique avec  Zelphy. Cette fois-ci il s'attaque au récit de guerre et c'est plutôt réussi. Prévu en trois tomes, le récit est bien ficelé et le lecteur s'appropriera rapidement les personnages plutôt attachants que ce soient les protagonistes comme la bande de jeunes femmes rencontrés dans le camp d'entraînement, bien décidées à en découdre auprès du héros Ishito.

Au dessin hyperréaliste s’ajoute un découpage dynamique, et l'on prendra plaisir à suivre les pérégrinations des personnages d'Etorouji Shiono, évoluant dans des décors fouillés dans tous les éléments, terre, mer et air.

Une mention particulière pour les combats d'hydravions des plus réalistes.

WINGED MERMAIDS T1 ETOROUJI Éditions DOKI-DOKI 204 pages 7,50 €

 

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 22 Septembre 2017

The dead hand T1, entre guerre et paix

Après une enfance paisible au fin fond de l’Amérique, bercée par les super-héros de papier, Carter Carlson rêve d’embrasser une carrière militaire et plus particulièrement celle d’espion. C’est ce qu’il fera en intégrant un commando de cinq agents, et une de ses missions l’emmènera au cœur d’une base soviétique où résident encore des scientifiques qui ont été abandonnés par leur hiérarchie. Les voyant désargentés et presque affamés, Carter décide de les épargner et de les remmener dans ses bagages.

 

Revenu aux States, Carter tire un trait sur son passé de baroudeur pour se reconvertir en parfait shérif dans Mountain View, une petite ville plutôt calme où aucun étranger ne franchit la porte jusqu’au jour où… Un randonneur échoue dans l’unique bar de la ville, hébété, déshydraté, voire amnésique. Que vient-il faire là ? Pourquoi cet homme surgi de nulle part affole tant les résidents ?

 

Le scénariste Kyle Higgins entraine tout d’abord le lecteur dans les méandres de la guerre froide où les ennemis d’hier, Russie, Angleterre, France, Allemagne et USA,  après s’être ingéniés pendant près de quarante ans à s’espionner,  vont devoir maintenant se serrer les coudes pour contrer un groupe terroriste qui se serait emparé d’un programme de défense nucléaire du Kremlin. Si avec ce premier opus, le récit semble s’installer tranquillement, le lecteur va très rapidement s’apercevoir que ce qui se trame n’a rien de classique et la tension monte au fil des pages, inexorablement. Le découpage en chapitres s’avère efficace et Kyle Higgins semble beaucoup s’amuser avec le lecteur, passant du coq à l’âne pour mieux le ferrer.

Le dessin de Stephen Mooney, de style comics, sert parfaitement ce thriller avec des personnages semi-réalistes, plutôt taillés à la serpe et servis par les couleurs numériques froides de Jordie Bellaire. Si le lecteur pourra paraître un peu dérouté par le format classique qui ne correspond pas vraiment aux standards du comics, il va vite s’y habituer et profiter d’un découpage des plus dynamiques.

Avec une histoire fort bien construite, mise en valeur par un dessin efficace dans un format classique, voilà un concept des plus originals qui devrait combler les amateurs de comics et attirer ceux qui n’ont jamais franchi le pas.

THE DEAD HAND T1 LES RELIQUES DE LA GUERRE FROIDE HIGGINS/MOONEY Collection Grafica Editions GLENAT

Bernard LAUNOIS

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Publié le 18 Septembre 2017

Saint-Barthélemy T3, cette guerre de religion n’en finira-t-elle jamais ?

Avec Ainsi se fera l’histoire, troisième opus de la série Saint-Barthélemy, s’achève l’histoire d’une fratrie qui n’aura eu de cesse de se déchirer, tout d’abord séparée à l’occasion des guerres de religion puis divisée au moment du massacre de la Saint-Barthélemy.

Alors que s’est achevée LA journée terrifiante marquée par une incommensurable boucherie, Charles IX réalise la méprise et ordonne que cesse la traque des Huguenots, mais le lendemain ressemble hélas à la veille. L’odeur du sang est omniprésente dans les rues de Paris et il ne fait pas bon traîner dehors, surtout quand on ressemble à un Huguenot. Elie cherche désespérément un refuge après avoir retrouvé sa sœur, mais voilà que Clément, son frère catholique fanatisé, n’a de cesse de le retrouver pour le faire tuer et combattre les idéaux qu’il exècre. Pourquoi tant de haine entre les deux frères, quelle relation étroite le comploteur Scipion a-t-il avec la famille Sauveterre ?

Les cartes s’abattent et les rebondissements sont encore nombreux dans ce dernier opus remarquablement écrit à quatre mains par les complices Pierre Boisserie et Eric Stalner, qui ménagent le suspens jusqu’au bout de l’album. Narrer une histoire dans l’Histoire reste un exercice difficile car il faut rendre la fiction crédible sans pour autant dénaturer la grande Histoire : gageons que le contrat est rempli pour le plus grand bonheur des lecteurs.

L’auteur complet Eric Stalner a mis à nouveau tout son talent de dessinateur dans des personnages qui évoluent au milieu de décors particulièrement soignés, permettant de découvrir le Paris du XVIème siècle. Les scènes de tuerie auront été traitées sans complaisance mais néanmoins sans voyeurisme, relatant le climat de violence de ce qui restera une des plus sanglantes journées que notre histoire ait vécue. Une mention spéciale est à donner pour les belles couleurs de Florence Fantini qui auront sublimé le trait d’Eric Stalner.

Une série historique incontournable.

SAINT-BARTHÉLEMY AINSI SE FERA L’HISTOIRE T3 BOISSERIE/STALNER Éditions LES ARENES BD 56 pages 15,00 €



Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 16 Septembre 2017

L’Islande du moyen-âge a inventé le genre littéraire de la saga, récit réaliste de la vie d’un personnage remarquable que le destin a mis à l’épreuve et dont il a triomphé. La saga retrace tout le lignage du héros, et depuis la nuit des temps la généalogie et le culte de la famille ont été des fondements importants pour les Islandais.

 

Aussi, quand une éruption volcanique laisse Grimr orphelin, sans biens et privé d’histoire familiale, il ne représente plus rien pour la société islandaise du 18ème siècle et son avenir s’annonce des plus sombres. Mais sa force herculéenne, sa faroucherie et sa placidité à la fois, sont vite remarquées et des mentors le prennent sous leur aile pour l’aider à construire sa vie. Balloté au gré des événements et confronté aux épreuves les plus terribles, Grimr saura-t-il vaincre l’adversité et se construire un destin mémorable ?

 

En auteur complet, Jérémie Moreau est de nouveau aux manettes du scénario, comme il le fut déjà pour Max Winson, et nous révèle les valeurs de la saga et une solide observation des us islandais. L’implacable nature qui caractérise l’Islande l’a visiblement subjugué, pour lui donner une place éminente dans un album magnifique. De ces ingrédients il fait une harmonieuse composition en un récit tout en nuances, et nous entraine avec tendresse à suivre un héros auquel on est vite attaché.

 

Au travers de ses précédents opus, on avait déjà apprécié son trait vif et expressif. Dans La Saga de Grimr, on est frappé par la douceur qui émane de son héros dans des éléments aussi âpres et contraires, une impression favorisée par l’utilisation de l’aquarelle pour le premier album qu’il ait réalisé tout en couleurs directes. L’effet est remarquable, faisant ressortir la grandiose hostilité de cette terre sauvage dont il a su sublimer la beauté. Jérémie Moreau montre là une nouvelle facette d’un talent dont il est pourtant déjà bien pourvu.

 

Une œuvre émouvante.

 

La Saga de Grimr

par Jérémie Moreau, éditions Delcourt,

septembre 2017, 25,50 €

Illustrations ©Delcourt 2017

 

 

 

Jérôme Boutelier

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Publié le 13 Septembre 2017

Cyparis, le prisonnier de Saint-Pierre

Avril 1902, à quelques semaines du cataclysme qui l’anéantira totalement, la ville de Saint-Pierre mérite toujours son surnom de « Perle des Antilles ». La capitale économique et culturelle de la Martinique étale sans complexe les splendeurs de sa nature luxuriante et les richesses générées par l’industrie rhumière. Un ouvrier agricole turbulent, Cyparis, est emprisonné après de nouvelles frasques. Venant rendre visite à son oncle une jeune Française débarque, qui tombe immédiatement sous le charme envoutant de la cité pierrotine et de ses beaux Créoles. Mais les prémices du désastre s’annoncent et se succèdent à un rythme qui va s’accélérant.

 

Le cadre historique est entièrement respecté, le scénario collant au plus près du déroulement

de la catastrophe pour y introduire les personnages, mêlant sujets réels et héros de fiction qui se côtoient sans toujours se croiser au fil des 256 pages de cet imposant album.  Pourtant le suspense prend toute sa puissance grâce au parti pris de l’auteur de suivre un compte à rebours qui captive littéralement le lecteur. Tel un tourbillon irrésistible, l’inexorable enchainement des événements est habilement rendu, et on assiste impuissant aux agitations des protagonistes de l’histoire qui se débattent dans l’étau qui se referme, pris entre les atermoiements politiques du maire et du gouverneur, et les avertissements frénétiques d’un professeur lucide mais inaudible, au milieu d’une population balançant entre insouciance et panique.

 

A la fois scénariste et dessinateur, Lucas Vallerie nous gratifie d’un dessin semi-réaliste maitrisé, sachant parfaitement allier la précision des détails à l’intrigue romanesque. Les couleurs chaudes et chatoyantes plongent le lecteur dans l’ambiance tropicale, qu’a su parfaitement rendre l’auteur grâce aux attitudes de ses personnages pittoresques, et aux dialogues drôles et plus vrais que nature.

Lucas Vallerie, qui réside dans l’île,  réalise ici sa première BD avec maestria, à l’appui d’une forte documentation et d’une excellente connaissance du terrain et de ses habitants.  On attend avec impatience de voir s’il peut renouveler aussi bien l’exercice dans un contexte moins historique.

 

Un album passionnant qui se lit sans reprendre sa respiration.

 

Cyparis, le prisonnier de Saint-Pierre

par Lucas Vallerie, éditions La Boite à Bulles septembre 2017, 32 €

Illustrations ©La Boîte à Bulles 2017

 

Jérôme Boutelier

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Publié le 13 Septembre 2017

Une aventure des spectaculaires T2, sur les traces de la mante religieuse

Après le Cabaret des ombres, l'équipe des Spectaculaires ne pouvaient pas être en reste et quand on leur a proposé de s'occuper de la garde rapprochée de la célèbre actrice Sarah Bernhardt, ils n'ont pas hésité à relever le défi.

Poursuivie par un infâme personnage déguisé en mante religieuse qui s'évertue à multiplier les tentatives d'attentat sur sa personne, Sarah Bernhardt décide d'emmener son aréopage d'amis et l’équipe des Spectaculaires à Belle-Ile, loin des turbulences parisiennes, espérant ainsi s'affranchir du tueur obstiné. Cette pérégrination ferroviaire, complétée par une traversée homérique pour atteindre enfin Belle-Ile-en-Mer, suffira-t-elle à dissuader la mante à abandonner son funeste dessein ? Les inventions diaboliques de Prospérité Pipolet, mises à disposition de l'équipe des Spectaculaires, seront-elles efficaces pour déjouer les plans diaboliques de la mante ? Un chassé-croisé entre le tueur et les Spectaculaires n’aura cesse de s’effectuer, jusqu’à…

Grâce à un scénario plutôt bien construit et souvent drôle, avec un brin de loufoquerie, le scénariste Régis Hautière transporte le lecteur dans l'univers légèrement décadent de cette fin 19ème, début 20ème, à l'ère des inventions chères à Jules Verne, au règne de l'insouciance où tout est possible avant le bruit des bottes.

Avec un dessin dynamique semi-réaliste de belle facture, Arnaud Poitevin met remarquablement en images cette enquête policière peuplée de personnages tous aussi attachants les uns que les autres, dans des décors soignés rehaussés par les couleurs chatoyantes de Christophe Bouchard qui siéent parfaitement au récit.

Après un premier album fort prometteur, les auteurs confirment avec cet opus que les aventures des Spectaculaires s'inscrivent dans une belle série policière accessible à tout public.

UNE AVENTURE DES SPECTACULAIRES T2 LA DIVINE AMANTE HAUTIÈRE/POITEVIN Éditions RUE DE SÈVRES 60 pages, 14,00 €  

Bernard LAUNOIS

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Publié le 8 Septembre 2017

La Vallée du diable, les terres de la désillusion

1925, Blanca la vieille, Florentin le jeune orphelin, Pauline la jeune veuve, et Arpin l'ancien poilu ne pensaient pas un seul instant que la fuite de leur Savoie natale pour la Nouvelle-Calédonie ressemblerait plus à un cauchemar qu'à un rêve. 

Eux qui pensaient refaire leur vie dans un paysage paradisiaque se retrouvent pris entre les colons, qui ne pensent qu'à les exploiter, les Kanaks, qui n'acceptent pas de se voir avilis par les colons et spoliés de leurs terres nourricières, et les anciens bagnards qui ne trouvent pas leur place. La colère gronde et la venue d'une tempête tropicale va servir de détonateur à un déclenchement de violence sans précédent.

Après la longue marche au travers des massifs alpins à la recherche d'un monde meilleur dans 'Le Sentier des reines', l'auteur complet Anthony Pastor transporte ses personnages et le lecteur dans un pays tout aussi difficile à vivre que ne l'était la Savoie, la froidure en moins mais la chaleur tropicale en sus. 

Une belle chronique sur les conditions sociales de l'après-guerre au fin fond de la Nouvelle-Calédonie, où les ressentiments se mêlent aux sentiments, jalousies et spoliations. L'amour n'a jamais tant côtoyé la haine, entre Arpin qui a fait un enfant à une jeune kanake convoitée par un local alors que sa Pauline, sa femme, se désespère de le retenir, et Florentin qui refuse de répondre aux avances de la fille du propriétaire qui les a recueillis.

Quant au dessin, il sublime le scénario en y rajoutant toute l'intensité. Avec un trait réaliste habillé de belles couleurs, l'auteur transporte le lecteur dans un univers rempli d’action.

Cet album, bien qu'il soit la suite de l'excellent road movie au travers des Alpes, peut se lire indépendamment et sans modération.

LA VALLÉE DU DIABLE PASTOR Éditions CASTERMAN 128 pages, 20,00 €

 

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 31 Août 2017

Titeuf T15, l’incontournable Titeuf a encore frappé, nom d’un slip !

De la calvitie naissante de Papa à laquelle il a décidé de remédier coûte que coûte aux couches de Zizie qu’il assimile à des déchets nucléaires qui puent du slip, le brave Titeuf essaie, tant bien que mal, de se confronter à la vie des adultes. Comme beaucoup d’enfants de son âge, cette chère tête blonde s’avère être une véritable éponge qui ingère les problématiques tant de sa génération que celle de ses parents et tente de les résoudre avec plus ou moins de bonheur.

Seulement, Titeuf n’est pas aidé et souvent tout ce qu’il entreprend prend des airs de catastrophe au point de ressembler au Caliméro de la première génération pour qui « c’est trop injuste ».

Si la belle Nadia est toujours d’actualité dans les histoires en une page qui composent cet album, elle n’est plus le centre du monde et c’est un Titeuf ouvert aux autres que l’on découvre, tantôt attendrissant, tantôt revendicatif mais toujours aussi drôle.

Au-delà du pipi-caca que son célèbre personnage vénère, on admirera la véritable performance de l’auteur complet Zep qui trouve encore le moyen de se renouveler après une quinzaine d’albums. Au long de cet opus, Zep au travers de Titeuf jette un regard des plus justes sur la société, traitant de sujets graves sur le ton de la badinerie.

Un Titeuf qui ravira petits et grands et qui devrait assurément faire partie des albums indispensables de la rentrée.

TITEUF T15 A FOND LE SLIP ! ZEP Tchaô collection éditions GLENAT, 48 pages 10,50 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 28 Août 2017

MULO T1 Crachin breton, à la recherche de ses origines...

Il aura fallu la réception d'un mystérieux courrier pour décider Mulo, jeune ânon orphelin, de se rendre sur une île bretonne où la conserverie Rocambole détiendrait dans un casier des éléments primordiaux de sa prime jeunesse. Peut-être va-t-il enfin découvrir qui sont ses parents, du moins c'est ce qu'il espère ? Seulement, rien  n'est simple et sa venue du continent ne va assurément pas faire que des îliens heureux.

Le scénariste Pog nous gratifie d'un bon polar animalier bien noir, au récit plutôt haletant dont les chapitres sont ponctués d'un intermède à propos, composé à chaque fois d'une maxime accompagnée de sa traduction en breton et d'un objet caractéristique. Quant aux dialogues, ils sont aussi percutants que les coups de poing et de fusil qui sont distribués tout au long de l’histoire.

Avec des personnages plutôt à croquer que l'on verrait bien dans les livres destinés à la  jeunesse, le dessinateur Cédric Le Bihan trompe bien son monde. En effet, le lecteur va  s'apercevoir très rapidement que les apparences sont trompeuses et que ces renard, belette, loup et autre ânon sont en fait taillés pour des règlements de compte à la ok corral.

On y ajoutera de belles couleurs mêlant l'aquarelle au numérique qui font de ce premier opus de la série Mulo, une histoire à découvrir instamment.

Enfin, la première édition comporte un cahier de jolis crayonnés qui devrait ravir bon nombre de lecteurs.

MULO T1 CRACHIN BRETON POG/LE BIHAN Éditions DARGAUD 96 pages 15,99 €

Bernard Launois

 

 

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Publié le 26 Juillet 2017

INFINITY 8 T4 Guérilla symbolique, en route pour l’aventure intergalactique…

Avec Guérilla symbolique, la série INFINITY 8 s'enorgueillit d'un quatrième opus toujours placé sous la symbolique du chiffre 8, avec autant de missions que d'agents chargés de reboots temporels qui devraient sauver l'INFINITY 8.

Tout un programme et on peut dire que la tâche confiée par le Capitaine de l'Infinity à Patty Zimmer n'est pas des plus aisées. Alors après cinq ans de préparation elle était enfin prête à infiltrer la Guérilla symbolique, un groupuscule politique chéri des réseaux, voilà que l'on lui casse la baraque au risque de lui griller sa filature en lui collant une mission d'urgence. Et quelle mission, celle consistant à aller fouiller dans une nécropole intergalactique dont on n'arrive à déterminer les origines malgré trois reboots ! 

Plaçant des dialogues vifs et souvent drôles, voire caustiques, les scénaristes Lewis Trondheim et Kris ont su, avec une histoire apparemment loufoque, entraîner le lecteur dans un récit plutôt bien construit. De l'implacable agent Zimmer au fallacieux Ron Digger  en passant par Moosh l'agaçant blogger qui ne pense qu'à augmenter ses followers, c'est une galerie de personnages plus pittoresques les uns que les autres qui évoluent dans un univers hallucinogène.

Le dessinateur Martin TRYSTAM est parfaitement parvenu à retranscrire un univers des plus psychédéliques, avec un dessin rehaussé de couleurs flashy en parfaite adéquation avec le récit.

L’album peut se lire indépendamment des trois opus précédents, et sa lecture donnera au lecteur l’envie irrésistible de (re)plonger dans cette attachante aventure fantasmagorique.

INFINITY 8 T4 GUERILLA SYMBOLIQUE TRONDHEIM/KRIS/TRYSTAM Editions RUE DE SEVRES, 96 pages, 17,00 €

 

Bernard LAUNOIS

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