Publié le 6 Janvier 2018

Le monde de Zhou Zhou T2, ou le difficile apprentissage de la lecture

 

Zhou Zhou est une enfant pleine de vie et plutôt espiègle, vivant avec sa maman qui travaille dur pour élever sa fille et lui trouver les meilleures conditions pour débuter une bonne scolarité. Envoyée chez sa tante, voilà qu’après s’être séparée de ses meilleurs amis elle doit affronter ses cousines, qui ne l’acceptent pas vraiment. Et comme un comme un malheur n’arrive jamais seul, Zhou Zhou a du mal à suivre à l’école et ne tarde pas à devenir la risée de la classe... seulement, ce petit bout de femme est volontaire et ne va pas tarder à s'élever et montrer de quoi elle est capable.

La scénariste Bayue Chang'an présente des enfants tous aussi attendrissants les uns que les autres, avec les soucis de ceux de leur âge : du petit amoureux transi aux jalousies basiques, en passant par une enfant souvent livrée à elle-même, ils doivent également subir le poids de l'éducation chinoise. 

Ainsi l'auteur dépeint une société chinoise où le culte de la réussite est omniprésent et ce, dès les débuts de l'école primaire. Aussi, tout est prétexte à concours pour inculquer l'esprit de compétition, mais également pour découvrir des talents en devenir qui pourraient représenter la nation.

On ne présente plus le talentueux dessinateur Golo Zhao que les lecteurs petits et grands, ont eu l'occasion de découvrir avec notamment la Balade de Yaya ou autre Kushi. Avec des personnages craquants qui évoluent dans une banlieue chinoise, le lecteur va se trouver immergé dans des décors que l’on croirait tout droit sortis d’un film d’animation.

Ce deuxième opus tient toutes ses promesses d’un bon manhwa à la française.

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 2 Janvier 2018

Les Damnés de la Commune, à la recherche de Lavalette

Les images de l'histoire.

Un jour de pluie Raphaël Meyssan entre s’abriter dans la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris. Attendant la fin de l’averse, il feuillette un livre et s’aperçoit qu’il vit dans un immeuble également habité quelques 150 ans plus tôt par un illustre inconnu, un certain Lavalette, qui était communard. Mais bien qu’ayant été un des acteurs de la Commune de Paris ce Lavalette n’a guère laissé de traces. Sa curiosité alors éveillée, Raphaël Meyssan se lance dans une minutieuse enquête historique.

 

Dans cette BD pas comme les autres, l’habile parti-pris de son maître d’œuvre Raphaël

Meyssan a été de décrire en filigrane les étapes de ses recherches documentaires qui s’immiscent au fil des pages et du déroulé des faits historiques, permettant de donner du piquant au récit. Respectant la chronologie des événements retracés de façon rigoureusement exacte, découpée en chapitres tels les feuilletons populaires de l’époque, la narration reste fluide, délicatement adoucie par le récit qui s’intercale de la vie émouvante de Victorine, une misérable Communarde de base.

 

Mais la véritable originalité de l’album réside dans sa conception, car Raphaël Meyssan, graphiste de métier, n’a réalisé aucun dessin ! Il a exclusivement utilisé la très riche iconographie de l’époque, se constituant une base documentaire de milliers de gravures qu’il a savamment découpées, recadrées ou agrandies, employant chaque détail avec un parfait à-propos. Plaquant dialogues et commentaires off, il donne vie aux images et sublime leur authenticité.

 

Parce qu’elle en utilise tous les codes, les Damnés de la Commune est à la fois une véritable bande dessinée et une jolie petite leçon d’histoire: une magnifique réussite.

 

 

 

Les Damnés de la Commune, T1 A la recherche de Lavalette

par Raphaël Meyssan, éditions Delcourt,  novembre 2017, 23,95 €

 

Illustrations ©Delcourt 2017

 

Jérôme Boutelier

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Publié le 29 Décembre 2017

Manhattan murmures, instantanés d’une vie…

Je m'appelle Sam, je suis photographe de métier et quand je ne vais pas bien dans ma tête, je file à New York mitrailler sur mon terrain de prédilection : Manhattan !

 

Je n'aime pas le calcul et pourtant j'ai besoin de tout compter, les gens dans la rue qui s'adressent la parole, ceux qui s'embrassent, et hélas ça ne s'arrête pas là. Bref, je suis un être plein de contradictions. Plaqué récemment, je me réfugie dans la photo jusqu'au moment où des clichés vont révéler des choses que je croyais impossibles.

Faire découvrir l'univers de Sam au travers de son journal de bord, c'est le pari de l'auteur complet Giacomo Bevilacqua qui emmène le lecteur déambuler dans les rues new-yorkaises en compagnie d'un drôle de personnage plutôt énigmatique, qui s'est lancé le défi de ne pas décrocher un mot pendant trois mois, quoi qu'il arrive !

 

Les toutes premières pages de l'album, qui en compte près de 200, apparaissent plutôt déroutantes pour le lecteur qui aura du mal à comprendre où veut l'emmener le narrateur dans ce récit sans parole, qu’animent seulement quelques échanges par SMS de Sam avec son rédacteur en chef. Néanmoins, il sera vite rassuré et va vivre auprès de Sam une bien belle histoire aux accents romantiques.

Avec un dessin plutôt stylisé mais particulièrement fouillé, c'est un Manhattan haut en couleurs que le lecteur va découvrir à travers les pérégrinations de notre jeune personnage.

MANHATTAN MURMURES  BEVILACQUA Editions VENTS D’OUEST 192 pages, 20.00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 18 Décembre 2017

Le Mickey de Gottfredson, quand le dessin animé devient une bande dessinée

Si les débuts de Mickey dans la Bd ont commencé avec le dessinateur Ub Iwerks, c'est avec le génialissime auteur complet Floyd Gottfredson que la célèbre souris a pris toute sa dimension.

Initialement conçues dans les années 30 sous forme de strips comprenant une chute souvent drôle à chaque épisode, les histoires de Mickey vont rapidement constituer un récit s'étalant sur un semestre de parution. Grâce aux scénarios de Floyd Gottfredson, Mickey, héros déjà intemporel en dessin animé, va petit à petit devenir un personnage accessible à tous les publics avec une double lecture,  que ce soit pour les petits avec des gags et situations cocasses ou pour les grands, lorsque des sujets comme le racisme sont évoqués.

Mais l'apport de ce maître de la bande dessinée, aussi émérite que Carl Banks, ne s'arrête pas là et le lecteur, au fil des strips et des pages de présentation, va découvrir dans cet opus une nouvelle palette de personnages et d'univers graphiques bien plus riches qu’ils ne l'auront été dans les dessins animés.

On ajoutera un dessin des plus sophistiqués qui restera la référence pour tous les dessinateurs qui se frotteront à l’univers Disney.

Quelle heureuse initiative des éditions Glénat que d’éditer ce monument de la bande dessinée initialement réalisé par la maison d’édition américaine Fantagraphics ! Imprimé en format à l’italienne qui se prête fort bien au strips, le premier album d’une série qui comptera une quinzaine de volumes ravira les lecteurs petits et grands du plus célèbre personnage dessiné.

Mickey Mouse par Floyd Gottfredson N&B - Tome 1 1930 / 1931 - La Vallée de la mort et autres histoires Collection Les grands maîtres Editions GLENAT 288 pages, 29.50 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 10 Décembre 2017

Ar-Men, quand la lumière fut…

Ar-Men ne dit sûrement pas grand-chose à bon nombre de lecteurs, sinon à tous les Bretons et les amoureux de la mer. L’auteur complet Emmanuel Lepage, grand passionné de la mer, s’est lancé avec talent sur la fabuleuse et terrifiante histoire de la construction d’un des phares les plus mythiques, aujourd’hui classé monument historique. La décision de sa construction fait suite à une multiplication d’échouages, et plus particulièrement au naufrage en septembre 1859 de la Sané, une corvette à aubes.

Mais cet album ne s’arrête pas à une description des difficultés rencontrées dans la construction d’Ar-Men, battu par la mer et les vents au large de l’ile de Sein. C’est au travers d’une histoire romancée de la difficile vie des gardiens de phare sur ce rocher maudit qu’Emmanuel Lepage, formidable conteur, va emporter le lecteur dans une épopée des plus incroyables. Germain, gardien du phare décrit comme l’enfer des enfers, alors que la mer déchainée vient à se répandre dans le bas de l’escalier et attaquer le crépi du mur, découvre le début de l’histoire du bâtiment entre mythe et réalité.

Emmanuel Lepage, spécialiste des récits d’aventure, réalise à nouveau la performance de rendre vivants tous les paysages qu’il dessine, que ce soient la mer aux couleurs changeantes ou les terres soumises au gré des éléments.

On soulignera l’excellente initiative des éditions Futuropolis d’adjoindre à la première édition un dvd , Les gardiens de nos côtes, film d’Herlé Jouon qui permettra au lecteur de prolonger le récit d’Emmanuel Lepage ainsi que découvrir la réalisation des aquarelles qui vont inspirer l’album.

Indispensable !

AR-MEN LEPAGE Editions FUTUROPOLIS 96 pages, 21.00 €

Bernard LAUNOIS

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Publié le 9 Décembre 2017

Undertaker T4, L’Ombre d’Hippocrate

Chute ou rédemption ?

 

Hanté par le remords, Jonas Crow l’Undertaker poursuit l’ogre de Sutter Camp, un certain Quint, chirurgien autant génialement habile que démoniaque : que n’avait-il supprimé ce monstre quelques années plus tôt, lorsqu’il en avait l’occasion ! Seulement Quint a su contraindre Rose à l’accompagner, après l’avoir blessée et promis de la soigner. Quel dilemme pour l’Undertaker ! Flanqué de Lin, saura-t-il vaincre ses démons et punir Quint sans condamner Rose ?

Avec un scénario particulièrement réussi, les rebondissements se succèdent à un rythme enlevé au fur et à mesure que se révèlent les plans machiavéliques de l’ogre, maitre de la manipulation. Mais derrière l’intrigue, le scénariste Xavier Dorison a su aussi nourrir de sens un récit dans lequel tous les protagonistes convergent vers le dénouement, suivant chacun leur chemin vers la chute ou la rédemption. Les auteurs nous incitent à réfléchir à des questions existentielles toujours actuelles, laissant au lecteur le soin d’y répondre : un criminel sauvant dix fois plus de vies qu’il n’en prend doit-il rester libre ? Peut-on faire des concessions à la morale lorsque notre vie en dépend ? Aider malgré soi des assassins vous en rend-il complice ?

Au dessin, Ralph Meyer se montre tout aussi efficace, son trait réaliste campant brillamment des personnages expressifs au milieu de décors soignés et bien servis par les couleurs de Caroline Delabie.

Avec de tels ingrédients, nul doute que L’Ombre d’Hippocrate, qui clôt le second diptyque d’Undertaker, rencontrera le même succès que les précédents opus, un succès amplement mérité !

 

Undertaker, tome 4 L’Ombre d’Hippocrate

par Xavier Dorison et Ralph Meyer, Dargaud, novembre 2017, 13,99 €

 

Illustrations ©Dargaud 2017

 

Jérôme Boutelier

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Publié le 6 Décembre 2017

Les Chats du Louvre

La poésie de Matsumoto

 

La nuit tous les chats sont gris, dit-on. Et pourtant depuis des siècles, chaque soir après que les salles du Louvre sont désertées par les visiteurs, une harde de chats rode dans les couloirs silencieux du musée, chacun portant son propre secret. Bien que tenus à la clandestinité, il leur arrive de croiser furtivement un regard au risque de se faire démasquer.

Ici les chefs d’œuvre ne sont plus que figurants et décorent les pérégrinations nocturnes de Marcel, le vieux gardien flanqué du petit nouveau, et de Cécile la guide, sensible et curieuse. Mais Marcel parviendra-t-il à retrouver sa sœur, disparue cinquante ans plus tôt dans un tableau ? Peut-on entendre la voix des peintures ? Flocon est-il un passe-tableau ? Pourquoi les chats changent-ils de forme sur les toits ?

Confondant en un album singulier son style de mangaka et le monde de la bande dessinée européenne, le réputé Taiyô Matsumoto répand au fil des pages un récit tout empreint de poésie, parvenant à habiter les murs de son univers onirique. Pudeur et délicatesse habillent les relations entre les personnages, que souligne la douceur du dessin au milieu d’un décor hachuré.

Après Taniguchi et quelques autres fameux dessinateurs mangakas qui l’ont précédé dans la réalisation d’un album pour le Musée du Louvre et Futuropolis, le talentueux Japonais Matsumoto réussit à son tour un coup de maitre avec le premier tome d’un diptyque dont on attend l’épilogue avec impatience.

 

Les Chats du Louvre, Tome 1

par Taiyô Matsumoto, Futuropolis & Musée du Louvre éditions, novembre 2017, 26,00 €

 

Illustrations ©Matsumoto / Shôgakukan, 2016 / Futuropolis – Musée du Louvre éditions, 2017

 

Jérôme Boutelier

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Publié le 5 Décembre 2017

Airborne 44 T7, Génération perdue

Enjeux majeurs

Mars 1945, alors que l’étau commence à se former autour de Berlin, une poignée d’Allemands cherche à échapper au chaos dans une ambiance crépusculaire propice à la panique. Parmi eux un officier sans scrupules, Geisel, est chargé de préparer en éclaireur leur fuite à l’étranger, et pour y parvenir il contraint à l’accompagner Aurélius, un soldat hostile aux exactions nazies mais fidèle à son devoir d’obéissance. Accompagnés par Solveig, la fille d’un dignitaire du régime, ils croisent sur leur route deux adolescents juifs évadés du camp de Dora, et un savant en fuite spécialiste des V2.

 

 

Après les premières pages consacrées à mettre en place les divers protagonistes du récit, l’intrigue se déploie savamment, louvoyant entre bassesses et vengeances, complots et trahisons. Au détour de quelques cases la Shoah est montrée, sans ostentation mais avec suffisamment de présence pour rappeler que les personnages incarnés ici avec humanité, appartenant à un peuple éminemment cultivé, se sont pourtant laissé entrainer à se vautrer dans la plus immonde des boues.

Le dessin de Philippe Jarbinet est toujours aussi réaliste et précis dans les détails, et ses couleurs splendides accompagnent parfaitement l’atmosphère lugubre de l’horreur dans une Allemagne en déroute.

Dans la droite ligne d’une série devenue une référence de la bande dessinée relative à la Seconde guerre mondiale, Jarbinet, en parfait raconteur d’histoires qu’il est, amorce ainsi avec ce nouvel album passionnant la transition entre le conflit vu à travers son aspect le plus terrible et le plus essentiel, et les enjeux majeurs de l’après-guerre qui se dessinent déjà et dont on devine dans l’intrigue naissante qu’ils se joueront sous nos yeux au fil des pages.

Airborne 44 T7, Génération perdue

par Philippe Jarbinet, éditions Casterman, novembre 2017, 14,50 €

 

Illustrations ©Casterman 2017

Jérôme Boutelier

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Publié le 3 Décembre 2017

WILL MIRAGES, l’indispensable biographie du créateur de Choc !

Voilà un bel hommage rendu à l’un des plus talentueux dessinateurs par l’auteur par Vincent Odin, avec ce bel ouvrage édité par les éditions Daniel Maghen.

Dans un opus réalisé sur un superbe papier, le lecteur va découvrir toutes les facettes du talent de Willy Maltaite, connu sous le nom de Will. L’ouvrage comprend une dizaine de fascicules retraçant chronologiquement toute sa carrière, de ses premiers pas de dessinateur encouragé par sa maman qui le prenait pour un petit génie, à sa passion pour les peintures qu’il affectionnait tout particulièrement faire, faisant découvrir au lecteur un être plein de sensibilité qui aurait plutôt voulu consacrer toute sa vie à peindre des femmes.

Après son premier essai, Le mystère du Bambochal, le jeune artiste avait saisi l’opportunité de reprendre les Tif et Tondu, personnages initialement créés par Fernand Dineur. Et c’est avec cette série qu’il gagnera toute sa notoriété, notamment grâce à la création du célèbre Choc, personnage mystérieux toujours prêt à déjouer les enquêtes de Tif et Tondu.

Mais Will, c’est également Isabelle, avec Yvan Delporte au scénario, une série à la fois poétique et fantasmagorique qui aura enchanté toute une jeune génération, mais également les plus anciens. 

Soulignons ici la somme colossale de travail qu’il a fallu mettre en œuvre pour réaliser un tel volume, riche et complet. Les éditions Daniel Maghen poursuivent, pour le plus grand bonheur des amateurs et professionnels, la collection  Biographies en images. Après celui des Laurent Vicomte, André Juillard, Cosey, Maurice Tillieux et Tibet, il était important que le talent du dessinateur Will investisse cette belle collection.

Enfin, le lecteur pourra prolonger la lecture de cet opus en se rendant à la galerie Daniel Maghen, 47 quai des Grands Augustins à Paris (75006)  admirer une soixante d’originaux du regretté Will, du 24 novembre au 16 décembre 2017.

« Will – Mirages » Odin Éditions Maghen 408 pages, 59,00 €

Bernard LAUNOIS

 

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Publié le 25 Novembre 2017

BUG, le commencement de la fin...

13 décembre 2041, la terre continue de tourner tant que bien que mal ! Et si le monde numérique venait à s'effondrer brusquement, bouleversant la vie des terriens ? C'est à partir de cette fiction que l'auteur complet Enki Bilal va transporter le lecteur dans une histoire des plus terrifiantes, d'autant plus que la perte de mémoire de tous les disques durs de la Terre coïncide avec le retour d'un cosmonaute atteint d’un alien qui anesthésierait ses émotions. A cela s’ajoute une hypermnésie, phénomène mal connu de nos scientifiques mais qui, en la disparition des mémoires numériques, deviendrait un enjeu planétaire…

La liste des dérèglements ne cesse chaque heure de s’allonger, du plus risible avec les répertoires téléphoniques désespérément vierges pour des terriens qui ont oublié depuis fort longtemps de faire fonctionner leur mémoire, au plus dramatique lorsque les hôpitaux déplorent la perte d’un nombre incalculable de patients pour lesquels les opérations assistées par ordinateur ont échoué, les chirurgiens n’étant plus formés pour pratiquer des opérations sans la béquille numérique.

L’auteur complet Enki Bilal s’ingénie à travers un scénario des plus apocalyptiques à faire réfléchir le lecteur sur sa condition de dépendance aux nouvelles technologies, chaque jour de plus en plus omniprésentes, et dont on a du mal à mesurer si elles ne vont pas mener la planète à sa perte. Et si sa vision du monde n’était pas si farfelue que ça [ajouter une virgule], et que sa vision s’apparentait plutôt à un lancement d’alerte ?

On ne présente plus le trait puissant et acéré d’un dessinateur qui restera un des auteurs majeurs du 9ème art, rehaussé par des couleurs électriques qui font de ce thriller un petit bijou.

Soulignons aussi qu’une version grand format dotée d’un ex-libris permettra aux inconditionnels de l’artiste de profiter pleinement des dessins.

Bernard LAUNOIS

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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