Publié le 6 Janvier 2019

Batman White Knight, quand Gotham City sort son Joker !

Décidément, plus rien ne tourne correctement dans cette bonne ville de Gotham, gangrénée par la pègre qui règne en maître absolu  alors que Batman fait de son mieux pour endiguer ce fléau.

Rien d’extraordinaire sinon que Jack Napier, alias le Joker, n’est plus le même homme depuis qu’il ingurgite des médocs qui ont le pouvoir de le rendre bon, à des années-lumière du mauvais garçon combattu par Batman et haï de la population. Ce revirement de situation va engendrer bien des complications, à commencer par la conquête de la mairie de Gotham par le Joker, mais surtout va modifier également le regard de la population et des autorités de police sur les agissements de Batman, notamment sur ses méthodes, empreintes de violence, pour faire régner la paix sur cette ville de Gotham. Que faire, Batman se trouvant dans une impasse dont il ne sait se dépêtrer alors qu’il ne croit pas un seul instant au changement radical de son adversaire ?

Quelle idée géniale de l’auteur complet Sean Murphy,  d’inverser les rôles des héros et en les démystifiant tour à tour, créant de l’empathie auprès du lecteur pour le Joker et bientôt de l’aversion pour le super-héros Batman. Les personnages secondaires qui gravitent autour des deux protagonistes ne sont pas en reste, que ce soit la pétillante Harley ou encore Gordon le commissaire. Avec un récit rythmé, un Joker, alias Jack Napier, bien en verve et un batman dépité, Sean Murphy fait découvrir aux lecteurs de super-héros des facettes inédites où les psychologies des personnages se découvrent au fur et à mesure des chapitres.

Que dire du dessin, sinon qu’il est superbe et remarquablement bien mis en couleurs par Matt Hollingsworth ! Les découpages sont dynamiques, et les décors superbes dans une ville déjantée où évoluent dans les bas-fonds des caricatures de brute épaisse qui ne cherchent qu’à en découdre. On ajoutera une mention spéciale aux courses-poursuites en Batmobile, plus vraies que nature. Voilà tous les ingrédients pour en faire une super-série très prometteuse qui a déjà remporté déjà un franc succès outre-Atlantique.

BATMAN WHITE KNIGHT MURPHY Editions URBAN COMICS 240 pages, 22.50 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 2 Janvier 2019

No War T1, entre le bien et le mal…

Entre une mère activiste et un père ingénieur en charge d’un projet gouvernemental divorcés, Run, jeune homme de 17 ans, se trouve tiraillé. Alors, quand un projet de barrage sur l’île de Saarok prend forme, les tensions entre les partisans de laisser la terre à l’état naturel et les industriels désireux de moderniser un lieu stratégique entre l’Islande et le Groenland font rage, et ce n’est pas le décès d’un des employés de son père, dans des conditions restant à élucider, qui vont arranger les choses. Que faire pour Run qui ne désire pas prendre parti pour l’une de ces cultures opposées, celle d’une mère Kivik, résolument écologiste, ou celle de son père, investi dans ce projet hautement controversé et risqué pour sa vie ?

Voilà un scénario qui commence fort ! Tous les ingrédients d’un thriller détonant sont réunis et vont entrainer le lecteur dans une fiction superbement rythmée qui lui rappellera assurément des situations politiques réelles telles que le barrage de Sivens, la ZAD de Notre-Dame des Landes ou encore l’élection de Donald Trump. L’auteur complet Anthony Pastor distille dans ce premier opus tout un tas de pistes qui devraient lui permettre de rebondir selon lui, sur trois, six, neufs albums, du Kafikadik mystérieuse pierre trouvée sur l’ile de Saarok à l’entourage amical de Run qui ne lui apporte pas que des satisfactions, en passant par les conflits politiques que peuvent engendrer des orientations sociétales.

Le dessin d’Anthony Pastor est à l’image du scénario, tout aussi noir ! Avec un trait vif et acéré, le dessinateur taille les personnages comme les décors, à la serpe, renforçant le caractère anxiogène du récit, corroboré par des couleurs flashy des plus agressives.

Noir, c’est noir, il n’y a plus d’espoir, sans rappeler une chanson, n’en est pas moins le leitmotiv d’un premier opus des plus prometteurs.

A découvrir instamment !

NO WAR T1 PASTOR Editions CASTERMAN 130 pages, 15,00 €

Bernard Launois

 

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Publié le 27 Décembre 2018

Terre de feu, feux follets ou la fuite en avant…

Terre de feu, feux follets, lait de vache, vache de… et là s’arrête la ritournelle chantée par tous les enfants d’école primaire. La Patagonie, fin du XIXème siècle, n’est qu’une suite de vastes étendues de terre à l’infini où quelques propriétaires terriens exploitent des troupeaux de moutons. Univers uniquement masculin tellement la vie est rude et pourtant, Maria accompagne bien Antoine, son époux chargé de superviser le cheptel d’Emilio, le propriétaire.

Que sont-ils venus faire dans cette galère, à mille lieues de la civilisation ? Ont-ils quelque chose à cacher, à fuir ?  Antoine rentre du travail régulièrement saoul, Maria semble vouloir reconquérir Antoine, une mystérieuse bête décime les moutons du proprio, un Indien dépose régulièrement des statuettes sur les lieux de passage de Maria... Le tableau est dressé pour un récit des plus intrigants dont l’auteur complet Fred Bernard a le secret.

 

Cette fois encore, Fred Bernard s’attaque uniquement au scénario en confiant le dessin à Eddy Vaccaro. L’histoire est parsemée, au fur et à mesure du récit, d’indices permettant de connaitre les raisons de cette fuite en avant pour atterrir dans un endroit des plus inhospitaliers de la terre, sans parler d’événements qui vont venir émailler un drame psychologique pas banal.

Le superbe dessin semi-réaliste d’Eddy Vaccaro accompagne parfaitement l’ambiance dramatique qui s’installe au fur et à mesure de l’album. Il est remarquablement mis en couleurs par Anne-Claire Jouvray, qui a su sublimer le bel encrage du dessinateur.

Voilà un trio qui aura su faire passer beaucoup de poésie et de tristesse dans une bande dessinée de qualité que devrait apprécier bon nombre de lecteurs.

TERRE DE FEU, FEUX FOLLETS BERNARD/VACCARO Editions GLENAT 112 pages, 20,50 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 15 Décembre 2018

Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB  T3 – Quand les souvenirs resurgissent…

Avec ce troisième opus qui clôture la saga de son père, prisonnier de guerre au stalag IIB, c’est son retour de captivité en 1946 et sa lente reconstruction dans une Europe dévastée qui se cherche, que l’auteur Jacques Tardi va décrire.

Si le grand auteur Jacques Tardi aborde ses premières années de vie, ce n’est pas sous forme de biographie qu’il les narre, sa pudicité l’en aurait assurément empêché. C’est plutôt comme une manière de remettre dans le contexte de vie des générations meurtries, après tous ces soubresauts de luttes intestines et si dévastatrices, l’arrivée d’un enfant du baby boom, qui va essayer tant bien que mal de comprendre son père, notamment dans la persistance qu’il avait à rester militaire alors qu’il exécrait la guerre.

Ce dernier album de la trilogie sera aussi l’occasion pour l’auteur complet Jacques Tardi de revenir sur les périodes antérieures à la dernière guerre mondiale et retracer avec perspicacité, souvent sur un ton caustique, tous les éléments depuis 1870 qui auront amené à ce déferlement de haine et d’assouvissement de pouvoir dans une Europe qui n’avait pas su s’allier.

Si l’auteur s’était appuyé sur les cahiers de son père pour réaliser les deux premiers albums, c’est maintenant plutôt dans ses propres souvenirs d’enfance qu’il a puisé, ou dans des événements rapportés alors qu’il était bébé et qui lui ont permis de revenir jusqu’en 1953.

On retrouve dans cet album le ton alerte du narrateur, légèrement subversif, pour décrire avec justesse une période des plus difficiles du siècle dernier, en donnant au lecteur une belle leçon d’histoire. Avec son dessin ligne claire inimitable et des plus réussis, aux encrages profonds, le dessinateur Jacques Tardi fait mouche en transportant le lecteur.  

L’album se termine par un cahier instructif d’une dizaine de pages agrémenté de photos, relatant le retour aux sources de l’auteur lorsqu’il vécut en Allemagne alors que son père s’était réengagé dans l’armée.

Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB  T3 - Après la guerre TARDI Editions CASTERMAN 160 pages, 25,00 €

Bernard Launois

 

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Publié le 13 Décembre 2018

Villevermine T1, l’homme qui parlait à l’oreille des objets

Villevermine, voilà une ville bien nommée, tout l’archétype d’une cité à fuir tellement elle est sale, polluée, délabrée, remplie de petits malfrats toujours prêts à se faire du fric sur le dos des autres… Malgré tout, toute une population y vit ou plutôt y survit, et le privé Jacques Peuplier fait partie des « heureux » résidents. Il est chargé de résoudre l’énigme de la disparition de Christina, la fille Monk, famille de malfrats notoires : pour cela peu de pistes, mais un don dont il est doté, celui de pouvoir converser avec les objets, ce qui va lui permettre de glaner quelques indices dans la chambre de la demoiselle. L’enquête peut commencer, mais elle va être semée d’embûches car il s’approche trop du savant fou, que protègent les hommes-mouches. A trop vouloir remuer la matière fécale, elle finit par sentir et à devenir proprement incommodante. Arrivera-t-il à se sauver de ce pétrin qui le dépasse ? Sa rencontre avec un petit garçon accompagné du chat Mauvais-Poil lui sera peut-être salutaire… à moins que ne cela ne vienne des objets qu’il chérit ?

A la manière d’un bon polar, l’enquête se déroule avec son lot de retournements de situation, et la particularité qu’a le privé de parler aux objets n’est pas étrangère à l’originalité du scénario. Le dessin semi-réaliste plutôt efficace, rehaussé par des couleurs souvent ternes soulignant le côté crasseux et lugubre dans lequel évoluent les personnages, plante rapidement l’ambiance oppressante.

Villevermine a été nominé parmi les 42 albums sélectionnés officiellement par Angoulême 2019, quoi de plus naturel pour cet album de qualité qui se dévore à plein dents, et dont le lecteur aura assurément à cœur de découvrir le dénouement dans le deuxième opus.

A découvrir instamment.

VILLEVERMINE T1 –L’HOMME AUX BABIOLES LAMBERT Editions SARBACANE 92 pages, 15.00 €

Bernard Launois

 

 

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Publié le 10 Décembre 2018

Grand Prix de La Critique ACBD 2019 : Moi ce que j'aime, c'est les montres, un beau grand prix

Au terme d’un troisième tour de vote, l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée (ACBD) couronne Moi ce que j’aime, c’est les monstres — livre premier d’Emil Ferris, publié chez Monsieur Toussaint Louverture en Europe, et Alto au Québec, de son Grand Prix 2019.
Moi ce que j’aime, c’est les monstres est le premier roman graphique de l’Américaine Emil Ferris, née en 1962. Dans cet album puissant, au dessin ébouriffant, elle brasse les époques et les récits, d’inspiration autobiographique. Contant l’enfance d’une fillette des années 1960 dans un quartier miséreux de Chicago : la jeune Karen fait chaque jour face à l’horreur et à la souffrance, et se représente en monstre. Quand sa voisine meurt dans d’étranges circonstances, elle décide d’enquêter. L’occasion pour l’autrice de plonger ses lecteurs dans l’Allemagne nazie, où la victime a grandi et a été persécutée…

Cette bande dessinée succède à La Terre des fils de Gipi, Grand Prix 2018. Elle a été sélectionnée parmi cinq titres issus d’un premier choix des membres de l’ACBD après discussion lors du Festival bd Boum à Blois en novembre. Les quatre autres finalistes étaient :

● L’Âge d’or de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil, Dupuis

● Courtes distances de Joff Winterhart, Çà et là

● Malaterre de Pierre-Henry Gomont, Dargaud

● Servir le peuple d’Alex W. Inker, Sarbacane

Le Grand Prix de la Critique ACBD a pour ambition de « soutenir et mettre en valeur, dans un esprit de découverte, un livre de bande dessinée, publié en langue française, à forte exigence narrative et
graphique, marquant par sa puissance, son originalité, la nouveauté de son propos ou des moyens que l’auteur y déploie. »

L’ACBD compte 95 journalistes et critiques qui parlent régulièrement de bande dessinée dans la presse régionale et nationale écrite, audiovisuelle et numérique. Le Grand Prix de la Critique ACBD 2019 a été choisi parmi les 4133 nouveaux titres publiés dans l’espace francophone européen (France, Belgique, Suisse) entre le 1er novembre 2017 et le 31 octobre 2018.
Le bureau de l’ACBD :

- Fabrice PIAULT (Livres Hebdo) Laurent TURPIN (bdzoom.com) Antoine GUILLOT (France Culture) Anne DOUHAIRE (franceinter.fr) Laurence LE SAUX (Télérama, BoDoï) Benoît CASSEL (PlaneteBD.com) Patrick GAUMER (Dictionnaire mondial de la BD “Larousse”)

Bernard LAUNOIS

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Publié le 9 Décembre 2018

SAMBRE, CELLE QUE MES YEUX NE VOIENT PAS, à quelques encablures du dénouement…

Alors que le jeune adolescent Bernard-Marie tente de s’émanciper aux côtés d’une tante possessive qui le sent s’éloigner de plus en plus d’elle, en s’échappant de son quotidien écrasant  grâce à sa passion pour la photographie et pour le théâtre parisien qu’il rêve de découvrir, la vie s’écoule doucement dans la bastide de ses parents.

On ne peut pas en dire autant de la vie tumultueuse de sa sœur jumelle, l’orpheline Judith, dans le Paris de la fin du 19ème siècle où règnent insouciance et luxure. C’est en vendant son corps dans le bordel dénommé le pays des Sphynges, qu’elle espère secrètement devenir l’égérie d’un mentor qui la ferait brûler les planches d’un théâtre bouffe parisien.

Pour ces deux jumeaux qui ne se connaissent pas, les rêves deviendront-ils réalité ? Sont-ils eux aussi atteints de la malédiction familiale des yeux rouges ? Vont-ils finir par se rencontrer ?  Autant de questions restées jusque là sans réponse.

Le talentueux auteur complet Bernard Yslaire livre là assurément un des ses albums les plus aboutis tant au niveau du scénario que du dessin. Le lecteur va déambuler dans la vie de ces deux êtres qui se cherchent, chacun à leur manière, sans encore se trouver. La série Sambre, chef d’œuvre du romantisme, commencée il y a maintenant plus de trente ans, a su garder toute sa fraicheur avec ses multiples rebondissements qui sont encore nombreux dans cet avant-dernier opus.

Pour ceux qui voudraient découvrir les originaux de l’album, une très belle exposition a lieu du 5 décembre au 16 janvier 2019 à la galerie Glénat, Carreau du temple 22, rue de Picardie 75003 Paris.

SAMBRE T8 CELLE QUE MES YEUX NE VOIENT PAS … YSLAIRE Editions GLENAT 72 pages, 17.50 €

Bernard Launois   

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 8 Décembre 2018

Peyo, une vie à schtroumpfer, mais pas que !

Résumer à son plus grand succès seulement la carrière de Pierre Culliford, plus connu sous le nom de Peyo, serait une hérésie tellement cet auteur complet avait plus d’une corde à son arc.

De Capitaine Coky à Benoit Brisefer en passant par les ineffables Schtroumpfs, l’auteur complet Peyo aura enchanté toute une jeune génération de lecteurs.

A l’heure de fêter dignement les soixante ans des Schtroumpfs, petits personnages bleus apparus pour la première fois dans la série de Johan et Pirlouit avec la Flûte à six Schtroumpfs, les éditions Daniel Maghen ont gâté leur lectorat en lui offrant une formidable biographie, fort documentée, richement agrémentée de calques, de mises en couleurs… qui en font un bel objet à lire et à relire.

Bien évidemment, cette encyclopédie sur Peyo ne pouvait pas commencer sans la préface d’un de ses plus fidèles lieutenants, François Walthéry, jeune dessinateur de 17 ans à l’époque de leur rencontre et  qui aura été à ses côtés pendant plus de dix ans. Avec cette biographie, les auteurs Vincent Odin et José Grandmont  réalisent là un remarquable travail tant  dans la description de la vie de Peyo, peuplée d’anecdotes, que dans le choix des illustrations. Cette présentation chronologique a le mérite de montrer l’évolution du dessin d’un des plus grands dessinateurs de bande dessinée, mais également de permettre au lecteur de se rendre compte de la somme de travail qui a pu être abattue pour mener de front les nombreuses séries et satisfaire l’industrie cinématographique qui s’était entichée, à juste titre, de ces petits hommes bleus, toujours autant adorés aujourd’hui par petits et grands.

On notera, pour les mordus de Peyo qui en veulent encore plus, une version limitée à 250 exemplaires comprenant les quatre chapitres du volume sous forme de carnets séparés, ainsi qu’un cinquième carnet.

A ne surtout pas schtroumpfer à quelques encablures de Noël, à moins de s’en mordre les doigts !

UNE VIE A SCHTROUMPFER PEYO/ODIN Editions DANIEL MAGHEN  370 pages, 59.00 €

Bernard Launois

 

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Publié le 29 Novembre 2018

Le Domaine de la Corniche décolle avec Tanguy et Laverdure, Matthieu Durand aux commandes

L’association Bulles de Mantes, en partenariat avec Le Domaine de la Corniche, a l'honneur de recevoir pour sa deuxième rencontre de l'année 2018 et sa vingt-sixième depuis le lancement de ce concept novateur en 2010, l’auteur Matthieu Durand, notamment de la série « Tanguy et Laverdure ».

Il vient présenter le tome 2 de TANGUY ET LAVERDURE « Classic » aux éditions DARGAUD.

Aussi, l'association Bulles de Mantes est ravie de recevoir, pour notre plus grand plaisir, cet artiste de talent, dans le cadre prestigieux du Domaine de la Corniche le vendredi 30 novembre 2018.

Alors, pour ceux qui découvrent le concept, ces rencontres sont des moments privilégiés réservés aux seuls membres de l’association (c'est donc le moment ou jamais d'adhérer à l'association : adhésion annuelle 2017 de 15 €), dans le cadre prestigieux du « Domaine de La Corniche » de Rolleboise au restaurant « Le Panoramique », partenaire historique du festival Bulles de Mantes.

Tout commence par une séance de dédicaces de l’auteur invité, suivi d’un cocktail et d’un dîner/débat que nous partageons avec lui, dans ce superbe endroit.

Chaque adhérent inscrit à la rencontre peut se faire accompagner d’une personne de son choix, qui participera au dîner, mais n’aura pas droit à dédicace.

Les dédicaces commenceront à 16h00, le cocktail sera servi autour de 20 h, le dîner étant prévu après et un débat sera engagé en fin de repas. Enfin, une carte souvenir n° et signée, agrémentée d'une illustration sera offert à chaque participant à la soirée.

Matthieu Durand est né dans les années 1970... Mais il n'a pas connu bien longtemps la folie de cette décennie puisqu'il a vu le jour à son crépuscule, en novembre 1979.

Alors qu'il n'a pas encore 10 ans, il découvre les bandes dessinées aéronautiques scénarisées par Jean-Michel Charlier, en particulier "Les aventures de Tanguy et Laverdure" (Dargaud), avec un coup de coeur pour le trait d'Albert Uderzo. Ces lectures lui apportent à la fois une passion pour l'aviation et un objectif professionnel : devenir dessinateur de BD. Son rêve, qui, à l'époque, relève plus de l'utopie, est de se retrouver un jour aux commandes de la série.

Son attrait pour les choses de l'air le pousse à passer un bac scientifique, mais, le diplôme en poche, il préfère privilégier sa fibre créatrice et choisit des études d'arts plastiques pour, éventuellement, se diriger vers l'enseignement. Cependant, il garde toujours à l'esprit son objectif de faire de la BD d'aviation son métier. Pendant sa deuxième année de DEUG, il découvre l'infographie et passe une licence professionnelle dans ce domaine. Avec son diplôme de graphiste multimédia, il débute une carrière de web designer au sein d'agences de communication. En parallèle, et en autodidacte, il continue de travailler à son aspiration, pas du tout inavouée, de devenir dessinateur de romans illustrés.

En 2006, les portes du 9e art s'entrouvrent à lui quand les éditions Zéphyr BD l'enrôlent pour mettre en images une nouvelle série policière se déroulant dans l'Amérique de l'après-guerre et ayant pour héros un pilote dénommé Jack Blues. S'ensuit une évolution vers son domaine de prédilection, à savoir l'aviation de chasse française, puisqu'il se voit proposer de collaborer à "Team Rafale" (Zéphyr) et, trois ans plus tard, on lui confie la création graphique de la série "Rafale leader". Enfin, après 8 huit albums d'aventures aériennes à son actif, son rêve devient réalité : en 2014, il intègre les éditions Dargaud pour dessiner la collection "Classic" des aventures de Tanguy et Laverdure. (biographie copyright Dargaud)

Domaine de la Corniche, restaurant Le Panoramique, 5, route de la Corniche 78270 ROLLEBOISE : 2 toques dans le guide gastronomique Gault et Millau et sélection table distinguée d'Alain Ducasse en 2010.

http://www.domainedelacorniche.com

Bernard LAUNOIS

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Publié le 29 Novembre 2018

Artbook, Bricoles, Gribouillis de Christophe Chabouté, quand les tiroirs recèlent des trésors…

Des Récits, album collectif sur Arthur Rimbaud au deuxième tome de Moby Dick, c’est près d’une vingtaine d’albums réalisés par l’auteur complet Christophe Chabouté qui enchantent les lecteurs toujours plus nombreux. Si le dessin noir et blanc n’a pas toujours remporté  l’adhésion du public, souvent plus attiré par des couleurs chatoyantes, souvent flatteuses, des artistes comme Christophe Chabouté ont transcendé le genre et lui ont donné toutes ses lettres de noblesse.

Cette fois, point d’histoire à raconter, mais plutôt un brillant florilège de somptueux dessins qui seraient sortis des cartons de l’artiste.

L’ArtBook  commence par une suite remarquablement bien orchestrée de  portraits de bluesmen, tous plus émouvants les uns que les autres. Suivent des illustrations de musiciens dont la réputation n’est plus à faire, tels que Jimmy Hendricks, Nick Cave ou Keith Richard, des pochettes de disques, des affiches de spectacle de blues… Seulement, l’émotion ne s’arrête pas là. S’ensuit une avalanche de dessins sur l’univers de la ville, peuplés de chats noirs, puis des instantanés de mégalopoles américaines. L’univers de l’enfance n’est pas oublié avec des clins d’œil à Calvin & Hobbes, Gaston Lagaffe, Spiderman, John Difool, Corto Maltese et… Didier Comès, l’autre grand spécialiste du dessin noir & blanc ; la fin du volume étant consacrée à bon nombre de travaux préparatoires aux albums conçus par l’auteur.

Bricoles, gribouillis, voire fonds de tiroirs, sont des mots retenus pour faire le titre de l’ArtBook qui ne sont, décidément, vraiment pas appropriés. Petites pépites auraient assurément mieux collé à ces dessins. Si Charlélie Couture, réalisateur d’une très belle préface, qualifie ce titre d’autodérision de son travail, il importe également de rajouter que la modestie de ce grand artiste est passée par là !

Voilà un ouvrage fait pour les inconditionnels des réalisations de Christophe Chabouté, mais également pour tous les amoureux d’un beau trait, souvent épuré, faisant toujours mouche. Gageons que ce bel objet de près de 300 pages réalisé par les éditions Glénat  ornera indubitablement de belle manière l’étagère de nombreuses bibliothèques, toujours prêt à être repris, relu, re-compulsé avec un bonheur et des émotions sans cesse renouvelés.

Indispensable !

BRICOLES GRIBOUILLIS FONDS DE TIROIR ARTBOOK CHABOUTE Editions GLENAT 290 pages, 39.00 €

Bernard Launois

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