Publié le 6 Octobre 2020

L’Oxalis et l’or… En avant vers l’aventure de l’Ouest !

La rumeur de la ruée vers l’or en Californie s’est répandue comme une trainée de poudre jusqu’en Irlande où la Grande Famine fait rage. Nous sommes en 1849, Amelia la maitresse et son serviteur Conor ont perdu le peu qu’il leur restait et commencé à errer dans une Irlande où il ne fait plus bon vivre. Alors, décider de franchir l’Atlantique pour toucher leur part du gâteau ne tarde pas à les tarauder, et c’est seulement après avoir réussi, grâce à l’aide d’un inconnu, à réunir la somme exorbitante qu’ils embarquent sur un rafiot, entassés comme du bétail et remplis d’espoirs. Ballotés au gré des vagues pendant six longues semaines, leur temps partagé entre une cale nauséabonde remplie de lits crasseux et le pont battu par tous les vents, ils voient enfin l’Amérique bientôt s’offrir à eux !

Seulement, on ne les attend pas ou plutôt si, pour les plumer du peu d’argent qu’ils ont pu mettre de côté après l’achat de la traversée. Comment nos deux jeunes personnages vont-ils se sortir des bas-fonds de New-York où ils ont atterri ? Arriveront-ils à rejoindre cette côte Ouest qui les fait tant rêver ?

Narrer cette formidable et difficile transhumance des migrants irlandais au milieu du XIXe par le prisme d’un jeune auteur japonais en la personne d’Eiichi Kitano s’avère très intéressant. Avec le souci de coller du mieux possible à l’histoire avec un grand H, l’auteur entraîne le lecteur dans une aventure romanesque dans laquelle deux jeunes êtres, pleins de fougue et d’espoir d’une vie meilleure, se lancent dans l’aventure sans songer un seul instant que la route est longue et semée d’embûches. On appréciera les dialogues souvent drôles malgré un univers des plus pesants, avec un dessin réaliste et des décors plutôt fouillés.

Voici un premier album d’une série plutôt prometteuse dont on a hâte de connaitre le dénouement.

L’OXALIS ET L’OR Eiichi Kitano collection Seinen Editions Glénat 192 pages, 7,60 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 6 Octobre 2020

Appellation GOTLIB contrôlée,  un des grands crus classés de Fluide Glacial à consommer sans modération !

Qui ne connaît pas encore le  plus grand dessinateur d’humour de la fin du 20e siècle, en la personne de Marcel Gottlieb, dit « Gotlib », le dessinateur, entre autres, des fameux « Dingodossiers » avec le non moins célèbre scénariste René Goscinny, ne pourra que se jeter éperdument sur cet excellent recueil. Les années 70 voient fleurir les histoires désopilantes de ce trublion de génie de la bande dessinée, créateur de Fluide Glacial, et considéré par ses pairs comme le maître de l’humour.

Dans ce dernier volume de la série des Grands crus classés, les éditions Fluide Glacial ont réuni, avec le concours d’auteurs tels qu’Alain Chabat, Goossens, Zep… un florilège d’histoires de la période où tous ces gags paraissaient dans la revue Fluide Glacial et ce, pour le plus grand plaisir des aficionados. On notera que les saynètes, tout aussi désopilantes les unes que les autres, n’ont guère vieilli montrant une fois encore combien Gotlib aura marqué son époque et inspiré bon nombre de dessinateurs actuels.

Le lecteur appréciera le caractère impertinent, voire fripon d’histoires à ne pas mettre assurément entre toutes les mains. Plonger dans cette ambiance aura au moins le mérite de faire fonctionner vos muscles zygomatiques et rien que pour ça, c’est rien que du plaisir !

LES GRANDS CRUS CLASSES DE FLUIDE GLACIAL appellation GOTLIB contrôlée GOTLIB/Collectif Editions FLUIDE GLACIAL 96 pages, 19,90 €

Bernard Launois

 

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Rédigé par Bulles de Mantes

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Publié le 3 Octobre 2020

Sœurs d’Ys, une histoire de famille bien singulière !

Adapter, revisiter une fable ou une légende reste un exercice difficile dont le scénariste Matthew Tobin Anderson va s’affranchir avec talent et ce, dès les premières pages de cette légende celtique, en ménageant le suspense tout du long du récit alors que beaucoup de lecteurs en connaissent la funeste fin.

Après que dame Malgven a épousé le roi Gradlon, elle lui a donné deux filles, Rozenn l’ainée et Dahut la cadette, sans cesser d’avoir recours à la magie pour dresser des murailles afin de protéger la ville d’Ys. Seulement, le roi devient de plus en plus gourmand et la reine magicienne s’étiole à chaque fois qu’elle réalise un prodige pour faire plaisir à son roi. La dernière réalisation achevée, elle ne tarde pas à laisser un mari éploré et deux orphelines au caractère diamétralement opposé qui prennent rapidement de la distance. Entre Rozenn qui s’est retranchée dans les Landes, à vivre en pleine harmonie avec la nature et Dahut qui ne pense qu’à multiplier les conquêtes, leur père inconsolable sombre dans la débauche, jusqu’au  jour où les deux sœurs finissent par se disputer pour un prétendant de Rozenn chipé par Dahut. Alors qu’elles sont séparées définitivement, la magie opérée par leur mère ne va pas tarder à disparaître. Ce brusque changement ne risque-t-il-il pas alors de voir s’engloutir la cité si les immenses digues venaient à se rompre ? Les monstres marins, contenus à l’écart de la cité d’Ys depuis les exploits de la reine Malgven, ne vont-ils pas reprendre de la vigueur et retrouver leur suprématie ? La célèbre cité finira-t-elle par être engloutie par les mers ?

Après avoir enchanté ses jeunes lecteurs avec A Sam & Friends Family puis Cat’s cradle, la jeune dessinatrice et illustratrice d’origine canadienne Joséphine Rioux s’approprie de fort belle manière ce beau récit en 200 pages qui se lisent d’une traite. Grâce à un joli dessin semi-réaliste, qui par certains traits pourrait être l’œuvre d’une mangaka, le lecteur va être rapidement immergé dans cette atmosphère celtique.

Une belle découverte à mettre entre toutes les mains.

SŒURS D’YS La malédiction du royaume englouti Matthew Tobin Anderson/Jo Riou Editions Rue de Sèvres 218 pages, 20,00 €

Bernard Launois

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Rédigé par Bulles de Mantes

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